- Speaker #0
Salut Julien.
- Speaker #1
Alors Gainogy, tu es entrepreneur, tu es spécialisé sur les questions de souveraineté. Alors je te présente rapidement, tu as passé 15 ans dans le conseil en technologie. Tu as lancé des tas de projets, enfin tu as géré des tas de projets. Tu as lancé également des fonctionnalités liées à la souveraineté lorsque tu étais chez Google, puisque tu es un ancien de Google.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Et tu es là aujourd'hui parce qu'en fait... tu es un spécialiste des questions de souveraineté qui est un sujet tout à fait structurant actuellement et tu lances une start-up qui s'appelle Sovereignty dont tu vas nous parler est-ce que c'est bien ça ?
- Speaker #0
Jusque là tu as tout bon bientôt 20 ans de carrière une bonne partie passée dans le conseil mais j'ai aussi travaillé chez un groupe du K40 et puis j'ai eu des expériences chez des éditeurs de logiciels donc Microsoft et Google et donc j'ai quitté Google l'année dernière à l'été dernier, l'été dernier 2025, pour me lancer dans l'aventure entrepreneuriale et puis continuer de faire ce que je faisais déjà dans ma précédente entreprise. Moi, je travaille sur la sphère numérique depuis 2019, donc ce n'est pas tout récent, mais j'ai voulu le faire avec un modèle un petit peu différent.
- Speaker #1
Amien, donc tu vas nous en dire plus. Comme je le disais au départ, la souveraineté, c'est vraiment un sujet structurant, surtout actuellement avec les tensions que connaissent les relations entre l'Europe et les États-Unis. Et justement, au niveau de l'Europe et de nos entreprises tech, ou de nos entreprises tout court d'ailleurs, je suis tombé sur une donnée qui est assez emblématique. Alors, je ne veux pas être réducteur, mais quand même, cette donnée, elle est, comme je disais, emblématique. C'est l'âge moyen des entreprises du CAC 40, qui est d'une centaine d'années, 112 ans. alors que celle du S&P 500 aux États-Unis, c'est 15 ans. Donc, il y a un gap qui est assez frappant. On a en Europe des ingénieurs de classe mondiale puisqu'on a justement beaucoup de Français chez les GAFAM à San Francisco et ailleurs. On a des prix Nobel régulièrement, dernièrement d'économie. On a des écoles de très grande qualité, des écoles d'ingénieurs, des business schools. Donc, qu'est-ce qui, selon toi, nous retient finalement alors qu'on a le marché unique ? Alors qu'on a toutes ces caractéristiques, je dirais, très positives, pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas, nous aussi, à avoir des hyperscalers ?
- Speaker #0
Alors, je pense que, tu vois, il y a plusieurs facteurs. La version courte que j'aime bien donner quand tu n'as pas le temps, c'est de dire, va lire le rapport Draghi. Donc, c'est le rapport qui a été fait par Mario Draghi en 2024. En fait, il a fait une analyse de la compétitivité de l'Europe. Et je trouve que c'est un document qui est assez intéressant parce que même s'il est long, il fait un peu plus de 40 pages, en fait, il résume assez bien l'état de l'Europe. Une différence en termes d'investissement, une différence en termes de compétitivité, une différence en termes de croissance entre l'Europe et les États-Unis. Et en plus, il y a aussi le sujet des chantiers qui sont à venir sur les prochaines années. Il y a le numérique. dont on va parler, il y a le changement climatique, il y a aussi les investissements en matière de défense et de sécurité. Donc, il y a pas mal de choses. Après, les raisons que les gens citent pour faire la différence entre les États-Unis et la France ou l'Europe, on parle souvent d'un accès au capital qui est un peu plus compliqué. On a aussi une vraie différence dans la culture du risque. Donc, moi, j'ai travaillé avec les Amériques tous les jours pendant plusieurs années. Y'a clairement une différence culturelle qui est non négligeable. Après, tu sais, tu parlais du marché unique, et souvent les gens disent, oui, mais on a un marché unique, c'est vrai, mais en même temps, c'est très fragmenté, l'Europe. Ça, c'est une différence avec les États-Unis. Tu as une bonne idée aux US, tu as théoriquement accès tout de suite à 300 millions d'utilisateurs, tu as une bonne idée en France, tu dois ensuite, après, essayer de t'étendre. vers 27 autres pays. Mais moi, après la fragmentation, je ne la vois pas forcément comme une des raisons principales parce qu'on ne pourrait pas forcément se dire qu'il faudrait qu'il y ait moins de pays ou que ce soit juste une seule entité. Puis il y a d'autres endroits dans le monde où globalement, il y a aussi cette fragmentation, l'Afrique, l'Asie, etc. Et donc, on voit quand même des progrès. Mais clairement, je dirais, l'accès au capital, oui, Meeew. Ce n'est pas complètement aussi une excuse. Et moi, je mettrais plutôt la culture du risque en premier, l'accès au capital en deuxième, et la fragmentation pour les boîtes qui ont besoin d'accélérer ou de passer à l'échelle.
- Speaker #1
Alors effectivement, la culture, c'est quelque chose qui revient beaucoup, en fait, quand on parle de ces sujets, de pourquoi l'Europe ne fait pas aussi bien, voire mieux que les États-Unis. On cite souvent l'exemple très connu, on n'a pas de GAFAM, ou alors en fait, on a très peu d'équivalents. C'est-à-dire quand on lance un équivalent, souvent c'est à beaucoup plus petite échelle. Il y a le cas de Mistral, dernièrement, donc si on parle des boîtiers, qui est une très belle réussite européenne et française. mais qui, en termes de capitalisation, en termes d'éco-culturel, si je puis dire, ne peut pas se comparer ou difficilement à Anthropique ou à OpenAI, alors que la technologie est presque au même niveau que celle de ses équivalents américains.
- Speaker #0
Oui. Après, je pense que c'est difficile de généraliser. tu vois, sur l'IA... Il y a le sujet du capital et après, il y a aussi le sujet de la stratégie d'entreprise. Quand tu prends OpenEA et Anthropique, ils n'ont clairement pas la même stratégie sur ce marché, avec des résultats aujourd'hui qui sont différents. Et donc, si on fait parallèle avec Mistral, Mistral aujourd'hui, de ce que j'en ai retenu, c'est que c'est plutôt une approche aujourd'hui orientée sur le B2B. Et donc, en fait, la partie consumer aujourd'hui, elle est probablement un peu moins priorisée, en tout cas dans l'organisation. Il y aurait peut-être la place de faire quelque chose sur ce segment-là par rapport à un open AI. Et puis après, c'est aussi comment se projeter à l'international. Donc, il y a aussi des questions quand même de stratégie de produits, des stratégies d'entreprise qui peuvent aussi parfois expliquer les différences. Après, il y a aussi des questions d'accès au capital. Aujourd'hui, faire entraîner des modèles, ça coûte. ça coûte cher et donc c'est important d'avoir accès, pour lire en tout cas, l'accès à des sources de financement. Après, sur d'autres secteurs technologiques, c'est un petit peu différent. Moi, je pense que sur la technologie, je suis relativement optimiste. En fait, je ne me dis pas qu'investir en Europe fait que c'est plus compliqué si tu as la bonne idée, si tu as la bonne stratégie pour te projeter, mais il faut aller assez vite à l'international, il faut assez vite penser. global dès le premier jour.
- Speaker #1
Alors oui, ça, effectivement, le fait de penser global, c'est quelque chose qui revient régulièrement. Le fait que tu te sois optimiste, c'est aussi très intéressant. Je ne te cache pas que c'est une des raisons pour lesquelles je tenais à t'avoir aujourd'hui dans le podcast. Parce qu'on entend, on lit beaucoup d'arguments, de prises d'opposition d'entrepreneurs français, notamment, qui disent que l'Europe, c'est quand même... très compliqué en ce moment, qui vaut peut-être mieux lancer sa start-up aux Etats-Unis ou en tout cas envisager de déménager aux Etats-Unis rapidement parce qu'en Europe, tout va plus doucement, que l'accès au capital est un problème, comme tu le faisais remarquer, que la culture du risque n'est pas là en fait. Donc autant de raisons finalement, quand on écoute ces personnes, de se dire l'Europe c'est un peu fichu et le match aujourd'hui sur la technolatec, c'est entre les Etats-Unis et la Chine. Alors ça m'amène en fait à peut-être une... Question un peu plus géopolitique, c'est-à-dire on dit aussi parfois que l'Europe est en train de devenir une colonie numérique, donc elle l'est déjà. Alors, la formulation est sans doute discutable, mais il y a quand même une dépendance numérique qui est indéniable, c'est-à-dire quand on va dans une entreprise aujourd'hui, on utilise des logiciels Microsoft, des logiciels Google, les serveurs, enfin le cloud c'est AWS ou Azure de Microsoft, c'est bien placé pour... pour en parler, puisque tu connais ces sujets-là parfaitement. Donc, est-ce que finalement, cette dépendance numérique, ce n'est pas un problème ? Est-ce qu'on est condamné finalement à être que des consommateurs de technologies américaines ?
- Speaker #0
Alors, plusieurs choses. Moi aussi, je n'aime pas forcément utiliser le terme de colonie numérique. Après, aujourd'hui, quand tu analyses le marché mondial de la technologie, Je vais un peu sursimplifier, mais tu as deux stacks. Tu as la stack américaine et tu as la stack chinoise. On va dire ça. Ça, c'est un petit peu le constat. Et il est vrai que globalement, aujourd'hui, l'Europe tourne majoritairement sur une stack américaine. Il y a Atari Crim que je pense que tu connais, qui est souvent des boîtes noires. C'est-à-dire qu'il y a la boîte noire du desktop, il y a la boîte noire du mobile, du cloud, de l'intelligence artificielle. Et quand tu regardes ces différents éléments de la stack technologique, c'est… essentiellement des technologies américaines. Donc aujourd'hui, oui, l'Europe tourne sur une stack européenne. Après, il y a la question de qu'est-ce que l'Europe veut pour le futur ? Est-ce que l'Europe veut avoir sa stack ou est-ce que l'Europe se dit je continue à utiliser une stack américaine et puis je me concentre sur un certain nombre de sujets spécifiques, le quantique, la robotique, la biotech, etc. Ça, pour moi, en fait, ce sont des choix. Ensuite, si on revient à la première partie de ta question, c'est qu'il y a des gens qui partent aux États-Unis en se disant que l'herbe est plus verte là-bas plutôt que l'Europe parce que c'est plus compliqué, etc. En fait, il y a deux sujets. C'est qu'est-ce que tu veux faire ? Ça dépend vraiment du projet entrepreneurial que tu veux avoir et ensuite de te dire où est-ce qu'il est mieux de commencer. Si tu as une vision... globale, c'est-à-dire je veux créer, je prends un exemple, je ne sais pas moi, le meilleur CRM du monde, par exemple. En fait, tu dois te poser la question, quel est l'endroit que je commence pour arriver à mon objectif ? Et parfois, ça peut être, en effet, plus pertinent de commencer aux États-Unis. Il y a aussi, sur certains autres sujets, où tu dis, c'est plus pertinent de commencer mon entreprise en Europe. L'un des bons exemples, qu'on voit dans l'actualité, c'est Yann Lecun qui a quitté Meta et en fait, qui crée une nouvelle startup et tu vois, dans les critères de décision, j'imagine que ce n'est pas le seul, mais il y a, dans ces critères de décision, c'est le fait de commencer en fait cette entreprise à Paris parce qu'il y a un vivier de talent et que ça permettra de faire un certain nombre de choses. Donc en fait, ça dépend aussi des projets. Mais après, moi, si tu veux, quand j'ai réfléchi, par exemple, à mon projet entrepreneurial, Je ne dis pas que c'est forcément les États-Unis le point de départ de tout projet d'entreprenariat. Je dis que c'est un peu au cas par cas. Et après, ça dépend vraiment de ce que tu veux faire, de ton objectif.
- Speaker #1
Oui, alors moi, je suis assez d'accord là-dessus. C'est-à-dire que si on se dit que les États-Unis ont des atouts inténiables, on ne va pas le nier. Mais si on se dit qu'on ne peut rien faire de valable, en fait, sauf si on s'expatrie là-bas, c'est un petit peu triste. Et puis, c'est surtout pas vrai. Puisqu'effectivement, le retour d'Yann Lequin en France, c'est un bon message, je trouve. L'émergence de Mistral aussi. Alors, on cite toujours Mistral en exemple, mais c'est vrai que c'est une des réussites récentes. Donc voilà, on a envie de les mettre en avant. Je pense qu'il y a aussi toutes sortes de startups qui marchent très bien, qui ne sont peut-être pas des géants comme OpenAI ou Google, mais qui, mine de rien, ont prouvé leur valeur. Je parle de la France, mais c'est vrai aussi pour l'Europe, notamment sur les entreprises de défense, où il y a quand même beaucoup de choses qui se passent.
- Speaker #0
Ouais. Après, ce que je veux dire, c'est que même si tu démarres en France ou en Europe, ça ne t'empêche pas d'avoir quand même une stratégie qui prend en compte le fait qu'à un moment, il va falloir se battre sur les marchés mondiaux. Tu vois, donc en fait, il y a le point de départ. Et bien, quand même, quand je disais qu'il faut penser global dès le premier jour, ça veut dire que tu peux commencer en France, en Allemagne, en Espagne, au Portugal. Mais ensuite, c'est si le projet, c'est de se dire, c'est de s'étendre. Il faut que ta stratégie soit quand même alignée avec ça. Après, moi, tout mon temps que j'ai fait chez Google, j'ai travaillé avec des équipes aux États-Unis, en Inde, et je l'ai fait depuis Bordeaux, depuis ce même bureau où on enregistre ce podcast. C'est possible aussi de piloter des équipes à l'international tout en restant en France, etc. Donc, tu vois, moi, je suis beaucoup moins sûr qu'il faut aller là-bas pour réussir, etc. Il y a un aspect qui est quand même... assez spécifique, c'est qu'il y a certains clusters dans le monde où il y a une concentration de talent, de capital, d'opportunités. Donc là, Silicon Valley, c'est le bon exemple. C'est que tu ne peux pas nier le fait que quand tu vas là-bas, ça va beaucoup plus vite sur certains sujets. Tu as accès à des opportunités, tu es au courant de l'actualité un peu plus facilement que dans d'autres clusters dans le monde. Donc ça, pareil, c'est qu'il faut que tu... Prenne ça en compte dans ta stratégie en te disant si je reste en Europe, à Bordeaux, je serai peut-être un peu moins exposé. Et après, tu peux mettre en place des moyens pour t'exposer sans être sur place. Ce que je fais moi, par exemple, tu vois, pour ma veille technologique. Je suis câblé, en fait, à des gens qui sont dans cet endroit-là pour pouvoir quand même capter certains signaux sans forcément se dire que je prends... Enfin, mais enfin... et puis je fais un San Francisco. Voilà, mais encore une fois, il faut que ton plan prenne en compte les avantages et les inconvénients de créer un projet à un endroit ou à l'autre.
- Speaker #1
Oui, c'est une question de stratégie, si je résume ce que tu dis. C'est de bien prendre en compte l'aspect global de ta startup. C'est un truc qui était reproché d'ailleurs à certaines entreprises françaises il y a encore quelques temps, où on considérait finalement que le marché français et puis quelques marchés européens, quand je dis ça peut être quelques pays européens, l'Allemagne, voire le Royaume-Uni, et on oubliait en fait la dimension globale du projet. Oui. Oui, vas-y, je t'en prie.
- Speaker #0
Ouais, donc moi, alors moi, je suis plutôt... Alors après, c'est parce que j'ai été exposé à ça, c'est que les produits que j'ai développés, les designs que je faisais, on le faisait pour le monde entier. Donc en fait, ça fait qu'en effet, même si tu as un petit bout de projet, en fait, tu le penses quand même, tu le penses global. Et puis, rien ne t'interdit en tant qu'entrepreneur de te dire ce que tu veux réussir. Et donc, de se poser la question, si ça doit réussir et si ça doit s'étendre, comment ça va se faire ? Quelles sont les possibilités ? Quels sont les moyens ? Etc. Mais encore une fois, tu peux créer depuis la France, depuis l'Espagne, depuis le Portugal. Moi, personnellement, j'y crois. Après, il faut penser à la suite assez rapidement.
- Speaker #1
Alors, il y a aussi quelque chose qu'on fait en Europe qui nous caractérise. Alors, je vais reprendre une formule un peu caricaturale. Mais on dit que l'Amérique innove, que la Chine copie et que l'Europe régule. Alors, c'est très caricatural parce que je pense qu'il y a de l'innovation partout. Je pense que tout le monde copie un petit peu tout le monde. Mais c'est vrai que par contre, on n'est quand même peut-être pas les seuls à réguler, mais les seuls à le faire comme on fait. Et il y a deux discours très tranchés sur la régulation européenne. Donc, pour citer quelques lois récentes que tout le monde connaît, il y a le RGPD. le DMA, le Digital Markets Act il y a le LAI Act récemment il y a eu le règlement MICA sur les crypto assets donc tout ça c'est la régulation européenne qui permet, enfin la promesse c'est de dire qu'on va évoluer dans un cadre structuré, serein avec des règles qui s'appliquent à tout le monde Il y a des personnes qui vont dire que tout ça, c'est formidable parce que ça nous permet déjà de tenir un peu la dragée haute aux GAFAM américains et de leur montrer que ce n'est pas tout à fait le Far West en Europe. Et puis, il y a des personnes qui vont te dire que tout ça brille la croissance, que c'est pour ça qu'on n'a pas d'entreprise, en tout cas de startup, qui émerge aussi rapidement qu'aux États-Unis et qu'on marque un peu un but contre notre camp avec toutes ces régulations. Alors... Comme souvent, je soupçonne que la vérité soit un petit peu entre les deux, parce que ces discours très tranchés, derrière, il y a souvent des parties prises là aussi très tranchées. C'est quoi ta vision, toi, en fait, de cette régulation européenne ?
- Speaker #0
Moi, j'ai un avis aussi assez tranché, c'est qu'on a quand même pas mal de réglementations. On aime bien ça.
- Speaker #1
On aime bien ça, oui.
- Speaker #0
On aime bien ça. Et surtout, pour moi, c'est... Typiquement, ça fait deux ans que je lis... tout ce qu'il faut lire sur la souveraineté numérique, mais vraiment dans le détail. Les rapports, les lois, les réglementations, voilà, tout ce que tu veux. Et en fait, un des constats, souvent, je me dis, c'est que ça part toujours d'une bonne intention. Toujours. Ça part, tout le RGPD, DMA, DSA, ça part toujours d'une bonne intention. Mais en fait, après, il y a l'intention et après, il y a la réalisation. Et après, surtout, il y a l'impact que ça a derrière. Et en fait, on ne peut pas négliger le fait Merci. qu'aujourd'hui, si tu veux suivre toutes les réglementations, tu veux les appliquer et les mettre en œuvre, c'est assez compliqué. Donc moi, je ne suis pas forcément un grand fan de l'empilement des réglementations. Et moi, du coup, ce que je fais, c'est que quand il y a des réglementations, j'essaie surtout de comprendre les intentions, les bonnes pratiques qui sont derrière, en fait, pour s'en inspirer, mais en fait, ne pas tomber dans ce que, typiquement, dans le monde de la cybersécurité, on appelle ça le compliance theater. C'est le théâtre autour de la conformité où il faut cocher 40 000 cases, etc. Sans vraiment se poser la question du bien fondé, en fait, de quel est l'objectif recherché derrière les 40 cases de ton fichier Excel que tu as reçu parce que tu vas avoir un auditeur qui va passer pour voir que tout est bon. Donc, moi, je pense, oui, franchement, il y en a beaucoup. Deux, derrière, il y a, je dirais, les sous-jacents que je vois, c'est un, On réglemente parce qu'on a une aversion au risque. Et là, tu l'as beaucoup vu quand on a fait les IACT, en 2024, tout le monde écoutant disait « Super, on a été les premiers à réglementer » alors qu'on avait du mal à avoir des GPU pour entraîner des modèles. Et donc, en fait, il y a ce côté, cette chose assez… puissante est en train d'arriver, il faut absolument qu'on mette des garde-fous parce qu'on ne sait pas ce que ça va devenir. Donc il y a quand même ce côté aversion au risque qui est là avec la réglementation. Et après, moi, le deuxième sujet qui est plus problématique, c'est que je vois des gens qui pensent que réglementé, ça va résoudre le problème. Et ça, pour moi, je suis au fond très convaincu que ce n'est pas en réglementant qu'on résout un problème, c'est en produisant, c'est en créant des choses. Moi, je suis plutôt sur créons des produits d'abord et réglementons après que l'inverse.
- Speaker #1
Je suis assez en phase avec ça, d'autant que la réglementation, c'est bien, on ne va pas la condamner complètement, mais... Comme l'IA bouge quand même très, très vite et qu'elle n'est pas amenée à ralentir, c'est vrai qu'en fait, la régulation risque d'avoir souvent un train de retard et que passer par l'éducation, passer par la création de produits et ensuite voir un petit peu quel peut être leur impact et corriger le tir si besoin est, me paraît être plus sensé, on va dire, dans l'époque qui est la nôtre.
- Speaker #0
Je voulais juste te dire, il y a une anecdote là-dessus. J'ai vu ça sur LinkedIn, mais dans le monde de la cybersécurité, on a un certain nombre de réglementations. Et notamment, il y en a une qui s'appelle NIS2, qui est une réglementation au niveau de l'Europe. Nous, en France, on n'a même pas encore fait la transposition de NIS2. C'est toujours en cours. Et l'Europe vient de décider, là, en janvier, de mise à jour, en fait, de son approche de la cybersécurité. Donc, tu vois, en fait, ce qui est marrant, c'est que, tu vois, on est... On est sur le train, l'avant-dernier train, on n'a même pas encore fini de mettre en œuvre les choses, que tu vas avoir un nouveau qui va arriver, et puis en fait, après, ça va faire un peu l'effet de boule de neige. Et entre-temps, est-ce qu'on a concrètement mieux sécurisé les organisations ou pas ? Ça reste un point d'interrogation.
- Speaker #1
Oui, alors c'est effectivement beaucoup de points d'interrogation, et puis on revient sur cette notion de... d'appétence au risque qu'on n'a visiblement pas puisqu'on veut se prémunir de problèmes éventuels. C'est un peu le principe de précaution qu'on applique dans le domaine du médicament, par exemple, où c'est tout à fait sensé, mais où pousser à l'extrême, ça peut se retrouver peut-être contre-productif. Si on pousse sur la question de la stratégie, parce que finalement la régulation, c'est notre stratégie européenne en tout cas pour le moment. Il y a souvent aussi deux alternatives. Alors là aussi, sans vouloir être caricatural, mais l'idée, c'est est-ce qu'on bâtit notre stack, comme tu le disais tout à l'heure, ou est-ce qu'on essaie de s'intégrer finalement dans un écosystème ? En l'occurrence, l'écosystème américain, c'est deux alternatives. Parce que l'indépendance, finalement, elle a un coût au-delà du coût financier, qui est réel, mais qui, je pense, est supportable parce qu'on a quand même des moyens en Europe. Mais est-ce que c'est réaliste aujourd'hui de vouloir bâtir des infrastructures, c'est-à-dire une infrastructure cloud, parce qu'on en a… en tout cas pas de comparable à celle des Américains, de Google, de Microsoft et d'AWS Amazon. Est-ce qu'on bâtit nos propres LLM ? Là aussi, on en a, mais est-ce qu'ils sont capables de faire la course en tête ? Ça reste à prouver. Ils ne sont pas trop mal placés. Je reviens sur Mistral, mais c'est un peu le seul. Est-ce qu'on va créer également nos puces, c'est-à-dire un équivalent à TSMC, Donc le producteur... Enfin, le créateur des Taiwanese. Voilà, c'est ça. En fait, ma question, c'est, est-ce que notre retard n'est pas immense pour vouloir créer notre stack ? Est-ce que ça vaut le coup de le faire, en fait, aujourd'hui, en 2026 ?
- Speaker #0
Ouais, donc, alors, il y a plusieurs sujets dans la question. En fait, souvent, quand les gens disent est-ce que c'est réaliste ou pas, en fait, souvent, j'aime bien challenger la question et, en fait, en me disant, oui, mais au fond, c'est quoi l'objectif ? En fait, tu vois, à quoi ça sert d'avoir sa stack ? En fait, c'est ça. Pourquoi les Américains font tout pour avoir leur stack ? Ils pourraient très bien se dire aussi, je vais aller prendre la stack de quelqu'un d'autre et puis je me concentre sur autre chose. Pourquoi les Chinois se disent, je vais avoir ma stack ? En fait, c'est plutôt ça qu'il faut arriver à définir. C'est quoi l'objectif ? Et là aussi, j'ai fait ça la semaine dernière. En fait, c'est assez intéressant quand tu prends n'importe quelle entité géographique dans le monde. d'aller et de regarder, de lire leurs documents de stratégie nationale. Parce qu'en fait, ça te donne, tu vois, un peu une compréhension de pourquoi ils font tout ce qu'ils font. Et le mérite, en tout cas, que je vois avec les documents américains et chinois, c'est leur clarté. Donc, tu vois, dernièrement, les États-Unis, ils ont publié leurs documents de stratégie nationale de sécurité en novembre. Alors, on n'est pas d'accord en Europe. parfois c'est même un peu infrayant quand tu lis le document mais en tout cas c'est clair les objectifs qui sont poursuivis sont assez clairs pareil pour la Chine ça fait 20-25 ans qu'ils investissent pour avoir leur stack parce qu'ils se disent je veux être autosuffisant sur un certain nombre de secteurs critiques et stratégiques et donc ça va nous prendre 20-25 ans mais on va investir tous les ans et puis on aura notre stack et là force est de constater qu'ils ont ils ont plutôt bien exécutés parce que ils arrivent à avoir des LLM, ils arrivent à avoir des clouds qui ne sont pas les trois hyperscalers américains, etc. L'Europe, la France, quel que soit le niveau, l'échelon de la collectivité que tu prends, il faut juste arriver à se définir. C'est quoi l'objectif ? C'est quoi l'objectif d'avoir sa stack ? Pourquoi c'est important d'avoir sa stack ? Et après, en face de ça, en effet, tu as deux choix. Soit tu dis, l'effort que j'ai à faire sur les 20, 30 prochaines années est tellement important sur un certain nombre de sujets. que je vais me concentrer sur le changement climatique et sur la défense. Et par contre, sur le numérique, on va rester sur une approche de partenariat transatlantique avec les États-Unis. Ou sinon, tu dis non, le numérique, c'est critique, l'IA sera partout. Donc, il faut que je puisse maîtriser cet élément critique, comme l'énergie, comme l'eau, etc. Et donc, je dois être en maîtrise de cet élément-là. Donc là, au mieux, il faut... investir et construire sa stack. Mais pour moi, c'est vraiment une question d'effort et d'investissement. Globalement, tu vois, pourquoi je parle du rapport Draghi, c'est qu'en fait, il ne monte que sur Olé. Globalement, sur les 20 dernières années, on a beaucoup moins investi que les autres. Et en fait, la difficulté derrière, c'est que globalement, quand tu investis moins que les autres, à un moment, quand il faut investir, ça fait un peu plus mal. L'effort chinois, tu vois, il est fait depuis... Depuis 20 ans, ils ont investi en continu. Nous, en Europe, on a investi, mais beaucoup moins que les autres. La stack américaine, ça aussi, parfois j'en parle avec des gens, je me rappelle très bien, le lancement commercial d'Azure, c'était en 2006. En 2006, on avait déjà OVH en France, par exemple. Donc en fait, si tu veux, les Américains, ils ont construit leur stack, ils ont investi dans leur stack. Après, ils ont... des business models, des business existants qui leur ont permis de financer cette expansion. Mais fondamentalement, il y a bien des capitaux qui ont été mis pour développer la stack et pour l'exploiter. Donc en fait, si l'Europe veut sa stack, il faut investir pour le faire. Après, est-ce que c'est possible ? La réponse est clairement oui. On a des gens en Europe qui savent faire du cloud, qui savent faire de la base de données, se faire... des LLM, on a même des entreprises qui, sur le secteur des semi-conducteurs, s'affairent. Donc c'est possible. Après, pour moi, c'est plus une question de choix parce que, encore une fois, tu as quelques grands sujets dans les décennies à venir et il faut mettre l'argent.
- Speaker #1
Oui, c'est comme la défense finalement pour laquelle on veut avoir cette autonomie stratégique. On en parle. pour l'Europe et on a quand même des atouts à faire valoir, notamment en France puisqu'on a des entreprises de défense comme Dassault, Thalès et d'autres qui sont des références dans leur secteur. Dans le numérique, c'est moins le cas, mais effectivement, il faut avoir une vision de long terme et mettre les moyens parce que c'est toujours ça. Au-delà de la compétence, il faut la volonté politique, il faut la capacité du monde du business à se positionner, à se mobiliser et derrière tout ça, évidemment, des moyens financiers.
- Speaker #0
Je peux donner une conviction forte là-dessus, moi, que j'ai. C'est pareil, c'est comme ça fait six ans que je suis là-dedans. Souvent, quand j'essayais de faire une blague, je disais que le sujet de la souveraineté numérique, il est assez simple, c'est qui va payer. En gros, globalement, ça se résume à ça. C'est quand tu vois, en fait, toutes les discussions, la question, en fait, c'est qui va payer. Et encore en général, qui va payer, il n'y a pas 40 000 solutions. soit ce sont les entreprises privées tu vois typiquement quand tu as des appels des gens à ce que les grandes entreprises à ce que les grands donneurs d'ordre favorisent les entreprises européennes etc la traduction en fait concrète de ça c'est quoi ? C'est qu'il faut que dans ton budget technologique globalement tu sois tu alloues une part à des acteurs domestiques, locaux, ou bien que tu acceptes aussi de faire l'effort quand les solutions sont un peu plus chères parce qu'il y a un surplus qui va aider les gens à investir pour augmenter la maturité de leurs produits. Mais donc, ça veut bien dire qu'il y a quelqu'un à la fin qui va devoir payer cette montée en gamme, cette expansion-là. Et si ce ne sont pas les entreprises, à un moment... Ce sont les impôts, parce qu'on va demander à Bercy de faire des chèques pour soutenir des acteurs. Après, la capacité à faire, la capacité ingénierie, technologie, la France, l'Europe, tous les experts que tu veux sur tous les sujets. Les Français dans la tech, il y en a partout. Vraiment partout. Donc en fait, ce n'est pas un problème de savoir-faire, c'est juste, pour moi, c'est une question de capacité, donc je dis souvent, tu vas payer.
- Speaker #1
Oui, alors qui va payer et qui va avoir le courage finalement de mettre ce sujet sur la table, puisqu'il y a des échéances électorales qui arrivent très prochainement. Et j'espère qu'on va débattre du numérique, de l'IA, de son impact, de comment ça transforme la société, même si j'ai un petit doute, puisqu'on risque d'avoir les sujets habituels qui ne sont pas négligeables, parce que c'est vrai que la technologie peut sembler un peu loin des gens parfois, mais c'est quelque chose, je pense, qu'il faudrait mettre sur la table. On n'en est pas là, en fait. Oui,
- Speaker #0
alors moi, tu vois, je suis presque sûr que ça ne sera pas le cas, parce qu'en fait, tu vois, le bon exemple, c'est quand tu étudies l'exemple chinois, c'est qu'en fait, ils ont commencé il y a 20 ans. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si tu fais un peu un retour en arrière, c'est la capacité que la Chine a à faire des LLM. La personne qui a 20 ans a décidé qu'il faut qu'on soit au top de la technologie, il n'est plus là pour voir les fous. Oui, en fait, de ces décisions passées. Et là, c'est clairement un investissement. On ne parle pas de quelque chose que tu vas faire où tu vas voir parfois le résultat dans 6 mois, 12 mois, 18 mois, etc. Donc, il y a certaines choses qui sont très tactiques, très court terme. Mais globalement, si tu dis je veux avoir ma stack sur les sujets principaux, on va dire du numérique, c'est de l'effort à long terme. Et il faut surtout que ça soit continu, tu vois, sur... sur 10 ans et pas en d'en-dessus parce qu'en fait, bon, c'est de l'investissement à long terme. Et donc après, en effet, ça, c'est pas forcément très, très populaire de se dire, bon, on se lance dans quelque chose dont globalement, les résultats, tu vas les voir vraiment dans 10 ans ou dans 15 ans. La Chine, elle a ça pour elle d'avoir cette capacité de se dire on va faire quelque chose et puis dans 15 ans, ça va porter des fruits. Moi, je me rappelle, tu vois, je suis sorti d'école d'ingénieur En 2006, je me rappelle très bien quand les Chinois avaient dit qu'on va faire un avion court-courrier pour pouvoir concurrencer le 737 et l'A320. Tout le monde se moquait. Les gens se moquaient en se disant, « Ah non, mais ils n'y arriveront jamais, c'est trop compliqué l'aéronautique, etc. » Ils ont fait ça pendant 20 ans. Et aujourd'hui, j'ai lu dans un article que le Comac avait déjà 30% de part de marché intérieur chinois. Tu vois, c'est cette capacité à se dire, on va investir. Ça fait du gros capex à mettre tous les ans pendant longtemps. Et puis après, tu as une capacité industrielle, tu as une autonomie, etc. Donc, tu vas payer.
- Speaker #1
Oui, je pense que dans un premier temps, il faut se convaincre de notre capacité à faire. On a peut-être un peu perdu de vue, alors qu'on l'avait il y a encore quelques décennies. Si on parle de planifier à long terme, je suis d'accord que la Chine est très forte pour ça. C'est vrai qu'il y a peut-être moins de débats qu'en France, donc ça aide de ce point de vue-là. Les États-Unis sont aussi quand même, il faut le reconnaître, dans la continuité vis-à-vis de l'ascension de la technologie. Quand il y a une alternance entre les Républicains et les Démocrates, il n'y a toujours qu'une politique très pro-business, très pro-tech qui se confirme en ce moment. Mais en France, mine de rien, si on prend l'exemple de notre pays, On a su faire, après la Deuxième Guerre mondiale, dans les années 50-60, des grands projets industriels. On a fait le nucléaire, on a eu le programme Concorde, on a eu le TGV. Alors c'est un peu vintage tout ça aujourd'hui. On fait ça tout le temps, ouais. Oui, mais c'est la preuve quand même qu'on a su le faire il y a 50 ans, voire plus. Donc c'est quand même sans doute encore possible aujourd'hui. Mais pour ça, il faut que les fonds alloués en fait... à ces grands projets industriels ou technologiques aujourd'hui ne deviennent pas des variables d'ajustement quand il faut une rallonge sur le budget ou quand on cherche un peu d'argent pour contenter des personnes qui manifestent. Là, je caricature encore une fois, mais c'est aussi un peu vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. Et puis après, moi, je suis quand même assez pessimiste. On a un haut commissariat au plan. On a des choses comme ça.
- Speaker #1
Il y a des rapports de temps en temps.
- Speaker #0
On est censé avoir des gens qui pensent sur les sujets à long terme et qui disent qu'on se positionne et qu'est-ce qu'il faut allouer, etc. Donc moi, je suis relativement... Je n'attends pas forcément à ce que ça arrive de là. Moi, je parlais plus pour l'initiative privée. Les entrepreneurs, des gens qui vont avoir des idées et qui vont arriver à créer des dynamiques parce qu'aujourd'hui, chez le pays, il y a beaucoup de problèmes. Quand tu vois le budget, comment c'était compliqué d'accrocher quelque chose. Alors, aller dire qu'il faut mettre 20 milliards sur la table tous les ans pour construire une infrastructure numérique pour le pays, C'est vraiment pas simple. Tu vois, il y a beaucoup de gens qui disent que l'Europe est vraiment à la croisée des chemins parce que, encore une fois, je te disais, les gros sujets qu'il y a, ce ne sont pas des petits sujets. Et donc, il faut faire ça bien, sérieusement, à l'échelle. Et en même temps, on a beaucoup de difficultés aujourd'hui à se dire qu'on va investir à long terme sur tel ou tel sujet. Après, moi, je suis comme toi, je pense qu'on a zéro problème de compétence et après, je ne suis même pas sûr qu'on a un problème de financement. Il faut juste parfois aussi arriver à fléchir sur des sujets un peu plus risqués que le livret A.
- Speaker #1
Alors, en effet, et pour ça, heureusement, il y a des entrepreneurs qui prennent des initiatives, qui livrent le combat, on va dire. Et donc, voilà, petite transition vers ta mission à toi, ce que tu fais avec Sovereignty, qui est ta startup. Ouais. Explique-nous le rôle que tu joues dans ce combat-là, le combat de la souveraineté. Pourquoi est-ce que c'est crucial finalement de posséder ses propres outils de souveraineté ? Ça en a déjà un petit peu parlé. Mais en fait, quel rôle tu penses jouer dans ce combat-là ?
- Speaker #0
Alors, première chose, moi, je n'ai pas de combat. Il y a aussi une chose un petit peu que... Ce n'est pas que je reproche, mais si tu veux, c'est que dans le... dans les débats sur la souveraineté numérique ou autre, on est tout de suite dans du vocabulaire soit un peu guerrier ou sur des choses de ce genre. Moi, en fait, je ne dis pas que je mène un combat. En fait, par contre, j'ai une thèse. Ma thèse, moi, c'est simplement de dire que pour être pertinent à l'avenir, il faut faire deux choses. Il faut que tu continues à innover. Et moi, je parle toujours de ça en premier. Et il faut aussi que tu puisses garder le contrôle à l'échelle. Mais il faut faire les deux. Donc ça, c'est la thèse que je défends avec l'attraction de mon entreprise. C'est d'aider les gens à trouver le chemin de passage pour pouvoir faire les deux en même temps et pas que seulement une chose. Tu vois, par exemple, ça me surprend toujours quand tu peux regarder les débats autour de la souveraineté numérique et en fait, tu vas avoir... Merci. 30 minutes de débat, on va parler de contrôle, on va parler d'accès aux données, on va parler de mettre des forteresses, des barricades, etc. À aucun moment, personne ne se dit, et en faisant ça, c'est quoi la conséquence sur la performance ? C'est quoi la conséquence sur l'innovation ? C'est quoi la conséquence sur les coûts ? En fait, il y a une chose aussi qui, là aussi, c'est assez… Assez frappant, c'est que parfois tu peux voir des émissions sur la souveraineté numérique et à aucun moment il n'y a quelqu'un qui dit combien ça coûte ou comment ça se finance, etc. On est toujours dans cette approche, il faut qu'on contrôle, il faut qu'on développe nos capacités, il faut qu'on sécurise, etc. Mais en fait, on oublie de parler aussi de l'aspect innovation et de l'aspect coût. Or, en fait, quand tu t'intéresses à ces sujets, quand tu t'intéresses aux gens qui décident... comment les gens décident. En fait, les gens ne décident pas en silo en se disant juste je vais contrôler, je vais contrôler, je vais contrôler et puis je prends une décision. Non, en fait, c'est toujours un arbitrage entre trois choses, entre l'innovation, le contrôle et aussi le coût, l'investissement. Et donc moi, dans ma startup, ce que je fais, c'est qu'en fait, on fait les trois en même temps.
- Speaker #1
Alors oui, parce que ce qui est intéressant, c'est que dans les débats, et moi je te rejoins là-dessus, on est beaucoup dans l'intention. Donc l'intention, c'est bien parce que c'est gratuit en fait, ça ne coûte rien. On explique qu'il faut se prémunir contre les acteurs étrangers, qu'on va réguler, que ceci, que cela. Très bien. Après, donc on n'explique pas vraiment comment, on n'explique pas le coût qu'il y a derrière, c'est-à-dire le coût de performance, de compétitivité. Et je pense peut-être qu'on ne l'explique pas parce qu'on ne l'a pas suffisamment pensé, parce qu'on n'a pas... n'a peut-être pas mis des chiffres ou en tout cas de vrais jalons en face de ses intentions. Donc toi, tu fais tout ça à la fois. Comment ça se traduit concrètement pour tes clients ? C'est-à-dire, qu'est-ce que tu leur apportes concrètement ?
- Speaker #0
En fait, si tu veux, la mission, c'est quoi ? C'est de se dire, c'est travailler avec les leaders technologiques dans les organisations et surtout ceux qui veulent allier ces deux sujets, l'innovation et le contrôle. Et donc après, si tu veux, le focus de ce qu'on fait, c'est quoi ? Il y a un certain nombre de paramètres que tu ne contrôles pas. Tu vois, l'évolution de la situation géopolitique dans 6 mois, dans 12 mois, dans 24 mois. Franchement, personne n'est capable de dire est-ce que M. Trump va bien se lever de la Maca ? Qu'est-ce qui va se passer ? Donc en fait, il y a un certain nombre de sujets. qu'on ne contrôle pas. Mais quand tu es dans ton entreprise, en fait, quels sont les éléments sur lesquels tu peux agir qui font que tu vas quand même rester en contrôle et tu vas quand même continuer à pouvoir exercer l'activité économique principale de ta structure. Donc, en fait, trois choses. Un, plutôt que de dire on va se lancer dans le combat pour la souveraineté numérique, ce que j'essaie de dire aux gens, c'est on oublie les grands mots. on se concentre sur des choses très pragmatiques. Et la première chose, c'est est-ce que tu comprends, tu maîtrises tes dépendances et tes risques ? Voilà, ça, c'est le truc vraiment de base, très opérationnel qu'il faut avoir. Donc, en fait, il faut être en capacité de dire, bon, OK, il y a la souveraineté numérique, il y a la géopolitique, mais moi, concrètement, dans mon organisation, c'est explique-moi très, très rapidement c'est quoi tes dépendances et tes risques. Ça, ça démarre toujours par là, parce que si tu ne sais pas faire ça, Globalement, tout le reste... ça ne sert à rien. Ensuite, le deuxième sujet, c'est de se dire quelles sont les options sur la table. Il ne faut pas qu'on investisse dans l'Europe, etc. C'est quelles sont tes options technologiques qui sont sur la table. Et en général, il n'y en a pas 46 000. Il y en a 2 ou 3 à chaque fois, quelles que soient les technologies, quel que soit ton état de maturité, il y en a 2 ou 3. Et donc, en fait, il faut que tu sois aussi extrêmement clair sur quelles sont tes options technologiques. Et après, la troisième chose, et c'est vraiment pour ça que j'ai démarré cet entrepôt-proprié, c'est qu'il faut décider. En fait, il faut décider. Et donc, moi, toute la thèse et tout ce que je fais, c'est vraiment centraliser sur comment tu décides. Comment tu décides une option ou une autre. Il y a certaines entreprises, en regardant tous ces éléments, vont arriver à la conclusion que notre meilleure option, C'est de rester sur du cloud US en mettant un certain nombre de contrôles en place, de mitigations parce qu'on n'a pas les moyens de transformer notre système, etc. Il y en a d'autres qui vont se dire, moi j'investis, je fais le choix de déplacer des composants de mes infrastructures actuelles vers des infrastructures d'un acteur souverain européen. Ça va me coûter tant, ça comporte un certain nombre de risques, mais à long terme, pour mes activités, ça fait sens. Mais donc, on se focalisait vraiment sur la décision. Et là, pareil, il n'y a pas non plus 40 000 options qui sont sur la table. Et donc, moi, j'ai passé, tu vois, neuf mois à construire, en fait, ce que j'ai appelé un playbook, en fait, qui te permet de passer par, globalement, quatre grandes étapes qui te permettent de dire, qu'est-ce que je fais aujourd'hui ? Dans la situation actuelle, est-ce que je peux assez rapidement me dire est-ce que je reste là où je suis ? Est-ce que je fais évoluer mon infrastructure ?
- Speaker #1
Ce qui est frappant dans tout ça, c'est que tu pars du réel.
- Speaker #0
On n'est pas dans l'intention.
- Speaker #1
On n'est pas dans les principes de dire pour ou contre les GAFAM, pour ou contre la technologie américaine, la technologie chinoise. C'est qu'on dit qu'est-ce qui est à ma disposition aujourd'hui par rapport à qui je suis comme entreprise, le business dans lequel je suis et quels sont mes objectifs à moyen et long terme.
- Speaker #0
Et surtout, ça m'est venu d'où ? globalement... que ce soit chez Google ou dans ma carrière avant, c'est que j'ai travaillé avec des DSI, j'ai travaillé avec des RSSI, des responsables de systèmes de sécurité d'information. J'ai moi-même fait des appels d'offres, j'ai travaillé avec les gens des écosystèmes. Et en fait, moi, je me suis vraiment focalisé sur comment les gens décident. Parce qu'en fait, tu peux dire tout ce que tu veux sur il faut qu'on ait de la souveraineté numérique. À la fin des fins, c'est qu'il faut qu'il y ait des gens qui décident de mettre en œuvre des projets, des nouvelles technologies, etc. Et donc, en fait, mon entreprise, elle est vraiment orientée autour de cet acte de décision-là. Et je suis en train de préparer un certain nombre de ressources, de produits, de services qui viennent soutenir tout ça. Mais en fait, le point important fondamentalement, c'est moi, en gros, je dis c'est comment on fait. Tu vois, c'est on rentre dans le concret, on n'a plus besoin de conférences, de white paper, de réglementation, de labels. C'est comment on fait aujourd'hui si tu dis, OK, je veux privilégier des technologies européennes. OK, comment tu fais aujourd'hui ? Un exemple qui me fait souvent rire, c'est quand je vais sur LinkedIn, je vois plein de posts sur, moi, j'appelle ça les sovereignty shopping list. C'est-à-dire, on te dit, voilà les alternatives européennes. J'ai dit, non, mais c'est bien, mais en fait, c'est pas comme ça que ça se passe dans la vraie vie je suis DSI d'une boîte de 1000 personnes, je prends pas un tableau sur LinkedIn et puis c'est bon, on y va tu vois le métier serait plus facile sinon je pense que beaucoup de gens pourraient être DSI voilà donc en fait moi je veux pas faire tout le monde arrête Outlook, on va sur Proton ou je sais pas quel autre email européen ça c'est facile Merci. Mais un DSI qui a une boîte de 1 000, 5 000, 300 000, comme j'avais quand j'étais chez Google, à mes clients, c'est comment tu fais concrètement. Donc en fait, mon travail, c'est de faire que ça soit plus facile, plus rapide pour les gens de décider, comparer, et puis prendre des décisions. Et après, encore une fois, moi je ne suis pas manichéen, je ne suis pas, on reste tous chez les clouds américains, Oui, oui. on sort des clouds américains, c'est qu'en fait, les situations sont vraiment différentes. Encore une fois, il y a certains business aujourd'hui qui sont très peu critiques, qui sont en taille très faible, où globalement, ça ne vaut pas forcément le but, je veux dire, de sortir de là où ils sont aujourd'hui. Et ça, c'est quelque chose qu'il faut aussi savoir entendre parce que la criticité est faible. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on fait en France. En France, si tu regardes vraiment euh La doctrine, cloud au centre, etc. En fait, ce qu'on dit, c'est qu'on a un secteur qu'on appelle sensible, quelle que soit la définition de sensible, et on dit pour cela, on va dire 20% de l'économie, eux, ils ont droit à des réglementations et des règles plus strictes. Et donc, on va mettre en place des choses plus strictes. Et pour tout le reste, c'est moins sensible et on met en place des règles moins strictes où on leur dit, bon là, vous utilisez globalement ce que vous voulez. On fait déjà entre guillemets de la classification parce que tout ne se vaut pas dans la vie. Là, c'est pareil. Quand tu veux faire de la souveraineté numérique européenne, tout ne se vaut pas. Et il faut que tu aies une capacité de dire quelles sont les deux, trois options. Et encore une fois, je te dis, il n'y en a pas 40 000. Donc ça aussi, c'est ce que j'essaie d'expliquer aux gens. C'est que tout le monde te dit, non, mais c'est très compliqué. Il y a plein d'options, etc. En fait, ce n'est pas très compliqué. Il n'y a que trois approches en termes de... le produit, tu n'as que deux ou trois approches en matière de contrôle. Et donc, il suffit de connaître les approches et après, tu les répliques sur tous les domaines technologiques.
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, je pense qu'il faut déterminer le degré de souveraineté qu'on souhaite atteindre en fonction de la criticité de son business, de ce qu'on fait. Je pense qu'on n'a pas le même besoin de souveraineté si on est une entreprise de défense que si on est… une PME qui fait, je ne sais pas, qui manufacture des produits de grande consommation. Et je pense que ça ne vaut pas le coup dans ce cas-là de se passer complètement de grandes entreprises étrangères ou alors c'est vraiment un choix idéologique mais qui n'a pas de vraie traduction concrète en fait.
- Speaker #0
Oui, alors après, deux choses que je veux dire, Julien. Alors déjà, un, moi, aussi une des spécificités, c'est que moi, dans mon entreprise, alors le nom, c'est sovereignty. Après, à l'intérieur, on parle de contrôle. Moi, en fait, ce que je dis aux gens, je dis, c'est, bon, oubliez le mot souveraineté numérique parce que c'est très chargé, etc. On oublie un instant. La question, en fait, que vous devez vous poser, c'est qu'est-ce que vous voulez contrôler ? Et en fait, quand tu te poses la question de qu'est-ce que je veux contrôler ? C'est beaucoup plus opérationnel, c'est beaucoup plus pragmatique que des grands discours sur l'avenir du pays en 2050. Et donc, en fait, c'est qu'est-ce que tu veux contrôler ? Et en fait, après, tu te poses la question. Et donc, si tu prends l'exemple de ta petite entreprise de manufacturing, du retail, le cabinet d'expertise comptable, de 10 personnes, etc. La question, elle reste la même. C'est qu'est-ce que tu veux contrôler ? Qu'est-ce qui est sensible pour toi ? business, etc. Un exemple très concret, c'est alors j'ai fait une étude pour un cabinet d'expertise comptable récemment, où globalement c'est dans l'ensemble de tout le périmètre informationnel, les données clients, ça c'est un actif critique pour cette petite boîte. Et donc en fait tu vas regarder, pour cet actif critique là, qu'est-ce que tu dois mettre en place pour que tu restes en contrôle. Et donc, ça peut prendre un certain nombre de moyens. Tu peux chiffrer, tu peux déplacer, etc. Mais tu vois, c'est beaucoup plus opérationnel et concret que de faire le grand discours sur la souveraineté numérique. Et donc, en fait, j'ai développé un certain nombre d'outils comme ça, vraiment pratico-pratiques, pour que les gens, assez rapidement, ils en viennent à des choses vraiment très, très concrètes. Et puis, on va en faire beaucoup plus que je vais publier assez rapidement pour que les gens puissent puissent s'utiliser. Mais encore une fois, quand les Américains disent qu'il n'y a pas de one-size-fits-all, c'est...
- Speaker #1
C'est moins vrai que jamais, en effet. Oui. Sur la question, justement, de la souveraineté au sens large, est-ce que l'open source, ça peut être une solution ? Parce qu'on voit beaucoup de modèles d'IA, notamment très performants, qui sont open source aujourd'hui, à tel point que les frontiers modèles, on n'aura peut-être plus besoin demain pour des tâches du... quotidien, même des tâches professionnelles, c'est déjà sans doute le cas. Comment est-ce que tu vois ça ? Est-ce que ça peut être une réponse, justement, à ce besoin de souveraineté ?
- Speaker #0
Là aussi, on va commencer par le positif et après, on va venir sur les choses que je vois où je veux dire aussi attention. C'est un, le côté positif déjà de l'open source, il faut le dire, parce que parfois, je trouve que les gens, en fait, ils l'oublient un peu, mais tu vois, à la base, l'open source, c'est code ouvert. Donc, en fait, l'avantage de ça, c'est que tu vois ce qui est fait et tu peux expliquer ce qui est fait. Donc, en fait, ça génère de la transparence. Et puis, un autre des aspects positifs, c'est que pour la partie sécurité, c'est que ça permet à des personnes tierces de tester ton code, de voir s'il y a des failles de sécurité, etc. Donc, en fait, même pour l'aspect, en fait, sécurisation, l'open source, c'est bien. Après, la chose que je veux dire, c'est que... par rapport à la souveraineté, pourquoi je te disais que je remplace souveraineté numérique souvent par contrôle ? Parce qu'en fait, il faut que tu te poses la question quand j'utilise de l'open source, est-ce que je suis en contrôle ? C'est-à-dire qu'en fait, tu vois, la question, elle reste toujours d'actualité, même si tu utilises un composant open source. Et en fait, souvent, ce qu'on dit, c'est que l'open source, ça reste quand même une dépendance. Tu dépends d'un composant qui est open source, mais tu dépends toujours de... d'une brique technologique. Et si tu penses en contrôle, si tu penses en dépendance, tu vas quand même te poser un certain nombre de questions qui sont valables, même si c'est de l'open source. OK, j'ai intégré ce composant open source, c'est mieux. Mais est-ce qu'il est maintenu ? Est-ce qu'il est sécurisé ? Par qui il est fourni ? Et donc, en fait, ça va rejoindre ensuite la question sur les LLM. C'est que tu vois la stratégie, la Chine a une stratégie, tu vois, de mettre à disposition des LLM. relativement performant, en plus à des coûts qui sont globalement souvent parfois dix fois moins que les modèles propriétaires américains. Mais il faut que tu te poses la question, il faut que tu te dises c'est un composant open source, mais je me crée une dépendance avec l'acteur qui maintient ce composant open source. Et donc parfois, ça n'enlève pas toutes les questions de contrôle, parce que quand tu vois l'acteur qui est derrière le composant open source, et bien... en fait, tu te poses un certain nombre de questions. Donc, open source, oui, pour la partie transparence, mais il ne faut pas oublier que ça reste une dépendance. Tu vois, c'est si tu remplaces une dépendance par une autre, mais que ça ne résout pas forcément ton problème de contrôle, tu n'as pas forcément progressé sur la partie maîtrise de tes dépendances technologiques. Donc, il faut regarder chaque composant. Donc, quand je te disais maîtriser tes dépendances et tes risques, là, concrètement, ça, ça en fait partie. Est-ce qu'aujourd'hui, dans mon IT, je dépends d'un gros projet open source sur lequel j'ai bâti toute ma stratégie data ? Si la réponse est oui, tu as intérêt quand même à regarder ce projet open source-là sur lequel tu as... bâti en fait ton architecture, il est maintenu, il est sécurisé, il est maintenu par des gens dont les intérêts sont alignés avec les tiens. Il y a pas mal d'exemples aussi dans la communauté open source de projets où il y a eu des changements, tu vois, de licensing qui ont fait que ça a parfois pu mettre en difficulté en fait certains choix que tu as faits parce que tu t'es reposé sur ce composant. Donc, il faut vérifier.
- Speaker #1
Oui, si je résume finalement, quand on parle de souveraineté, qu'on soit un État, une grande entreprise ou une PME, comme tu le disais plus tôt, la question à se poser, c'est qu'est-ce qu'on veut contrôler ? Qu'est-ce qu'on veut maîtriser ? Quels sont les risques qu'on veut réduire au minimum ? Donc, en fait, c'est ça les questions à se poser. C'est comme ça qu'on définit son degré de souveraineté.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Parce que si je comprends bien, il n'y a pas de souveraineté ou d'absence de souveraineté. C'est un degré, en fait, de souveraineté qu'on arrive à atteindre.
- Speaker #0
Donc, moi, tu vois, ce que j'ai découvert, c'est que alors un un de mes anciens collègues, Thiebaud, il se reconnaîtra un jour, il m'a dit au café, il m'a dit « Tu sais, la souveraineté numérique, c'est qu'une question de risque. » Et donc, en fait, quand il m'avait dit ça, au moins,
- Speaker #1
je me disais
- Speaker #0
« Tu simplifies un peu la chose. » Mais en fait, après, j'ai pris vraiment son centre d'observation et j'ai creusé. Et en fait, ça rejoint vraiment ce que tu dis. C'est-à-dire que... Soit, quelle que soit l'entité que tu prends, tu te dis, je dois exister, je dois continuer à fonctionner et mon activité comporte des risques. Et donc, dans ces risques, il y a le risque technologique. Et donc, je regarde ce risque et je me dis, qu'est-ce que je dois maîtriser ? Est-ce que j'ai mis suffisamment des contrôles pour que je sois certain que rien ne m'arrive, etc. Mais en fait, ça, c'est la traduction concrète et opérationnelle. de la chose. Et souvent, en fait, aussi, j'ai dit aux gens, mais dans le monde industriel, je ne sais pas, quand tu fais de l'automobile, ton fournisseur de pneus, c'est une dépendance critique.
- Speaker #1
Absolument, mais c'est vrai.
- Speaker #0
Et donc, en fait, tu vois, le partenariat que tu as avec ton fournisseur de pneus, c'est quelque chose que tu regardes très précisément. Si mon fournisseur de pneus... de pneus me trompent le dos, c'est compliqué, etc. Et donc, en fait, souvent, je dis aux gens, mais en fait, il faut traiter le numérique comme si c'est une industrie, des choses qu'on sait très bien faire en Europe depuis des décennies et des décennies. Et donc, en fait, dans cette industrie, dans cette chaîne de valeur comme l'automobile, il y a des dépendances critiques. Il y a, franchement, ton fournisseur de boulons, s'il fait faux pas, peut-être que tu pourras en trouver un autre très, très facilement. Par contre, celui qui te fournit le moteur... C'est un peu compliqué. Dans l'aéronautique, tu vois, les constructeurs de moteurs, Safran, Pratt & Whitney, etc., c'est des fournisseurs critiques à l'aviation. Tu ne les traites pas de la même façon que celui qui te fournit des gobelets pour les clients de l'avion. Donc, en fait, c'est de la gestion de dépendance et de risque. Et puis après, tu fais ça assez classiquement, si je dois dire.
- Speaker #1
Très bien. Écoute, merci pour tout ça. Merci. Pour terminer, peut-être, parce que je vais revenir quand même avec le début de l'entretien, on disait que pour certaines personnes, le match est déjà un peu plié entre les États-Unis et la Chine, qu'en Europe, on a raté le train et que maintenant, c'est un peu trop tard. Quel message tu as envie de faire passer finalement, toi qui crées une startup en France aujourd'hui, sur une question justement de souveraineté qui est pour le coup tout à fait critique ? C'est quoi ton message sur ce discours-là ?
- Speaker #0
Moi, j'ai un message à deux niveaux. Au niveau, je dirais, un petit peu plus de la collectivité, c'est définir clairement ce qu'on souhaite. Sans ça, tout le reste, c'est de la discussion, c'est du bruit parce qu'on n'a pas défini ce qu'on veut. Et donc, comme tu ne définis pas clairement ce que tu veux, C'est impossible de venir avec une stratégie claire, avec une mise en œuvre de tous les chantiers qui vont bien. Donc ça, c'est au niveau de la collectivité. Et après, au niveau plus unitaire, élémentaire des organisations, voilà, moi, ce que je dis aux gens, c'est oubliez les grands mots, concentrez-vous sur ce que vous voulez contrôler et soyez sûrs sur ces sujets de parler à chaque fois de trois choses, l'innovation, le contrôle et puis parlons aussi un peu argent, le coût. parce que personne n'évolue sans contrainte. Et donc, ce sont les trois choses qu'on fait. Voilà, donc c'est un petit peu le message que je veux laisser aux gens. Après, s'ils veulent en savoir plus sur comment on fait ça concrètement au quotidien, très rapidement, sans se prendre la tête, eh bien... Restez informés. En fait, j'ai quelques lancements à venir dans les semaines qui arrivent. Donc, tout ça sera encore plus illustré, matérialisé par des choses que les gens pourront utiliser.
- Speaker #1
Pas bien. Écoute, le rendez-vous est pris. Où est-ce qu'on peut te retrouver justement pour ces lancements ? C'est sur les réseaux ? Alors, LinkedIn,
- Speaker #0
principalement. Voilà, vous allez sur LinkedIn. Vous tapez Gail Nogy ou Sovereignty, S-O-V-E-R-N-T-I. Vous vous retrouverez là-dessus. C'est vraiment le canal que je suis principalement. Donc, voilà. LinkedIn pour...
- Speaker #1
me trouver et puis là vous verrez les lancements il y a plein de choses à venir très bien super les liens seront dans la description donc ton profil LinkedIn et puis le site de Sovereignty merci encore pour ton éclairage en fait sur cette question super importante et puis je te dis à très bientôt Gelnogy à très bientôt Julien merci au revoir tout le monde