Speaker #0Bonjour, bienvenue dans le deuxième épisode de Prendre sa place. Si tu nous rejoins maintenant, il y a eu un premier épisode la semaine dernière, mais tu peux très bien commencer par celui-là. Prendre sa place, c'est un de ces outils pour faire de ton hypersensibilité une force au travail. Un par semaine cet automne. Et chaque épisode se suffit à lui-même. Si tu veux nous rejoindre, je t'envoie la boîte à outils gratuitement et tu peux aussi rejoindre le groupe WhatsApp, le lien est en description. Tu peux arriver à n'importe quel moment. Donc la semaine dernière, on a fait le tri des responsabilités, ce qui dépend de toi et ce qui dépend des autres. Cette semaine, on va rester un petit peu dans ce qui te traverse au travail, mais on va descendre un petit peu d'un cran, on va parler de tes émotions. Alors imagine une réunion qui dérape, un feedback qui pique un peu, une remarque injuste, un conflit que tu n'avais pas vu venir et d'un coup, ça monte. La gorge qui se serre, les yeux qui piquent, le cœur qui s'accélère. et ta première pensée, c'est surtout pas maintenant, pas ici, pas au travail. Alors tu luttes, tu serres les dents, tu retiens, tu fais comme si de rien. Et ça, ça t'épuise encore plus que l'émotion en elle-même. Alors je vais te dire un petit peu d'où ça vient. En fait, on t'a appris qu'au travail, les émotions n'ont pas leur place, qu'il faut rester pro, garder de la distance et laisser ça à la maison. Dès qu'une émotion monte, tu la combats, tu te dis il faut pas que je ressente ça, il faut pas que ça se voit. Et c'est exactement là qu'est vraiment le vrai problème. Le problème, c'est pas l'émotion, c'est la lutte contre l'émotion. Parce qu'une émotion, si tu la laisses passer, elle dure quelques secondes. La lutte contre elle, elle, elle peut durer des heures, des jours. Et chez nous, les hypersensibles, il y a une petite couche en plus et ça va venir un petit peu amplifier tout ça. Donc on va avoir encore plus peur, peur que ça déborde, peur que ça se voit, peur qu'on nous prenne pour quelqu'un de trop. Je vais te dire quelque chose que peut-être personne ne t'a dit au travail. En fait, l'émotion c'est une information. La colère te dit par exemple qu'une limite a été franchie. La tristesse te dit qu'un truc compte vraiment pour toi. Et la peur te dit qu'il y a un... enjeu. Ressentir, c'est pas un défaut, c'est une donnée en plus. C'est même ce qui fait que tu comprends les gens mieux que personne. Donc je vais te raconter un petit peu une anecdote par rapport à ça. Comme je te l'ai déjà dit dans mon précédent épisode, j'ai travaillé pendant plus de 15 ans dans les ressources humaines et je suis aussi hypersensible. C'est-à-dire qu'en plus, on voit très clairement mes émotions sur mon visage. Alors, c'est pas que je pleurais toutes les cinq minutes ou que je m'énervais ou autre, mais voilà, on va dire que quand je riais, on m'entendait. Quand ça allait pas, ça se voyait aussi. Mais voilà, il y a quand même encore beaucoup de personnes pour qui les émotions, ça reste quelque chose de tabou. Et donc, mon responsable hiérarchique à l'époque m'avait dit, voilà, il faut que tu apprennes à contrôler tes émotions, à paraître en fait un peu plus distante, un petit peu plus froide. Il ne me l'avait pas dit comme ça, mais c'était un peu ça. En fait, il me reprochait par exemple qu'on dise de moi que j'étais quelqu'un de sympa. Voilà, par rapport au niveau de poste que j'avais, pour lui, ce n'était pas quelque chose de normal. Donc moi, en fait, ce que j'ai fait à ce moment-là, alors j'avais déjà travaillé un peu sur moi à ce moment-là, je lui ai posé une question. Je lui ai dit, ok, à quel moment mes émotions impactent la qualité de mon travail ou l'atteinte de mes objectifs ? Est-ce que tu as un exemple concret pour que je puisse savoir ? Dans quelles situations mes émotions ont posé problème ? Et en fait, il n'a pas su me répondre. Et moi, par contre, je lui ai donné des exemples. Je lui ai dit, moi, par contre, je peux te donner des exemples et des cas concrets qui font que ça joue positivement sur mon travail, notamment dans le fait d'arriver à créer des relations de confiance avec les managers, notamment. Si je te raconte ça, en fait, c'est parce que moi, j'ai mis des années à comprendre un truc simple. J'avais pas à choisir entre ressentir et faire mon travail. Je pouvais faire les deux. Alors voilà l'outil de la semaine que je te propose. C'est une petite séquence en trois temps, pour le moment où tu sens l'émotion monter. Le premier temps, c'est déjà de te rappeler une chose, ressentir ne dessert pas forcément ton travail, ok ? Ça n'enlève en rien tes compétences. Tu as le droit de ressentir et d'être pro. Les deux ? en même temps. Juste te dire ça, déjà ça coupe déjà un peu la moitié de la lutte, on va dire. Le deuxième temps, c'est d'apaiser ton mental. En fait, il faut rappeler à un moment donné que nos émotions sont générées par nos pensées. Et donc là, ça vient du mental. Parce que ce qui s'emballe, c'est pas que l'émotion, c'est toutes ces pensées autour. Qu'est-ce qu'ils vont penser ? J'aurais pas dû, ça va se voir. Donc pour calmer tout ça, le plus simple, c'est la respiration. Tu peux faire comme par exemple de la cohérence cardiaque. Tout simplement aussi de faire une inspiration et une expiration profonde. Tu fais ça trois fois, quelques minutes. Tu vas voir, ça va calmer ton corps et du coup, le mental, lui, il suit le corps. Et ça, c'est pratique, tu peux le faire n'importe où, en réunion, dans le couloir, personne ne va le voir. Le troisième temps, c'est de regarder un petit peu ce qu'il y a derrière cette émotion, sans te juger. Une question, c'est qu'est-ce qu'elle essaie de me dire ? Qu'est-ce qui compte là, pour que je ressente ça aussi fort ? Et là, tu décides de quoi en faire. Poser une limite, peut-être, dire quelque chose, ou juste te laisser passer. Mais tu décides au lieu de subir. Maintenant, je vais te prévenir de trois choses, parce qu'elles vont arriver. La première, c'est que tu vas certainement te dire, si je laisse venir l'émotion, je vais fondre en larmes devant tout le monde. Ou exploser. C'est faux. Ce qui fait déborder, c'est justement cette lutte. En fait, tu as peut-être cette sensation de vivre un peu les montagnes russes émotionnelles. Ça, c'est parce que justement, tu contrôles, tu contrôles, tu contrôles tout le temps, Et du coup, tes émotions, tu ne les libères pas. Donc, tu les accumules. Et c'est là que ça va déborder. Le couvercle va sauter et tu vas exploser, pleurer, etc. Accueillir une émotion, c'est pas lui laisser le volant. C'est juste la reconnaître. Et une émotion reconnue, la plupart du temps, parfaite, elle redescend. Tu la libères. La deuxième, c'est que tu vas te dire... respirer, écouter mon émotion, j'ai pas le temps pour ça au boulot, bah en fait ça, ça prend vraiment 30 secondes. La troisième, et c'est peut-être la plus forte, c'est que tu vas te dire mes émotions au travail c'est pas pro. Là c'est pareil, c'est la peur du jugement qui te parle. Les gens qui font semblant de rien ressentir, c'est pas eux les plus solides. Là c'est pareil, je vais te redonner une anecdote qui m'est arrivée quand j'étais tout au début de ma carrière professionnelle, donc c'est pareil, je travaillais dans les ressources humaines. Et j'ai ma responsable hiérarchique à l'époque, DRH, qui a pleuré devant moi. Elle a craqué, tout simplement. Et ça n'a eu aucun impact sur mon regard sur elle ou sur notre relation professionnelle. Je ne me suis pas dit, elle est moins pro, etc. Au contraire, ça m'a donné encore plus envie de lui faire confiance parce qu'en fait, elle était authentique face à moi. Je te donne cet exemple, c'est important parce que souvent... On se dit, voilà, si je pleure, ça veut dire que je suis fragile. Et en fait, pour moi, c'est l'inverse. C'est d'accepter sa vulnérabilité qui te rend forte. Et les personnes qui sont toujours lisses, qui font toujours semblant de rien ressentir, eh bien, personnellement, eh bien, ils sont moins authentiques et je vais avoir plus de mal à avoir confiance. Et à les suivre. Donc, ressentir et rester fonctionnel quand même, ça, c'est vraiment la vraie maturité pour moi. C'est ça, quelqu'un qui est vraiment... professionnel. Et pour les jours où t'as pas la tête à tout ça, il y a une petite version express. Si l'émotion monte, tu te dis déjà j'ai le droit. Tu souffles trois fois, des expirations un petit peu plus longues que les inspirations. Et puis tu te demandes qu'est-ce qu'elle me dit cette émotion, c'est tout. Donc voilà pour cette semaine. Quand une émotion monte, tu luttes plus, tu l'accueilles, tu respires, tu écoutes ce qu'elle te dit. Et si t'as envie de le faire avec nous, plutôt que dans ton coin, le lien est en description, tu peux rejoindre le programme, tu reçois gratuitement la boîte à outils, tu peux aussi rejoindre le groupe WhatsApp. Allez, on se retrouve lundi prochain et on va parler d'un truc que tu connais sûrement trop bien, cette impression de ne pas être à ta place, de ne pas être légitime, d'avoir eu de la chance et qu'un jour, quelqu'un va s'en rendre compte. Je pense que tu l'as reconnu, le fameux syndrome de l'imposteur. Allez, prends soin de toi. et je te dis à lundi prochain.