Speaker #0Bonjour, bienvenue dans le troisième épisode de Prendre sa place. Si tu nous rejoins maintenant, il y a eu deux épisodes avant celui-là, mais tu peux très bien commencer ici parce que chaque épisode se suffit à lui-même. Prendre sa place, c'est un programme avec six outils pour faire de ton hypersensibilité une force au travail. Un par semaine cet automne. Si tu veux nous rejoindre gratuitement, je t'envoie la boîte à outils. Tu peux aussi rejoindre le groupe WhatsApp, le lien... et en description de cet épisode, tu peux arriver quand tu veux. Donc la semaine dernière, on a parlé des émotions au travail, du fait que le plus dur, c'est pas forcément l'émotion, c'est la lutte contre ces émotions. Cette semaine, on va s'attaquer à un truc que tu connais sûrement trop bien. C'est tu réussis quelque chose, une promotion, un nouveau poste, un projet qui marche, mais au lieu de le savourer, tu te dis que tu as eu de la chance. que les autres sont bien meilleurs que toi. Ou au pire, un jour quelqu'un va se rendre compte que je ne suis pas compétente. En fait, cette impression finalement d'avoir un peu bluffé tout le monde, de ne pas être vraiment à ta place, de ne pas te sentir légitime et d'attendre le moment où on va te démasquer. Et ça, ça porte un nom, c'est le fameux syndrome de l'imposteur. Alors, on va commencer par ce qui ne marche pas. Ce qu'on te dit d'habitude, c'est mais regarde tout ce que tu as fait. T'as des diplômes, t'as de l'expérience ou t'as des résultats ? Autrement dit, raisonne-toi, rationalise. Et tu sais quoi ? Souvent, ça marche pas. Tu peux aligner toutes les preuves du monde, tu peux avoir de la reconnaissance de ta hiérarchie, ton cerveau, lui, il balaie ça en deux secondes. Parce qu'en fait, le syndrome de l'imposteur, c'est pas un problème de preuves. Des preuves, t'en as déjà. C'est un problème souvent d'estime de soi. et de peur du jugement des autres. Tant que tu te regardes avec cette peur, aucune preuve ne sera suffisante. Et chez nous, les hypersensibles, il y a un petit truc en plus. C'est qu'en fait, on capte tout. Un regard, un silence dans une réunion, un mail un peu sec. Et on va l'interpréter avec ce petit filtre. Donc le manque d'estime de soi, ils ont vu que je ne suis pas à la hauteur. Ton radar, celui qui est... une force, il peut nourrir le doute. Alors je vais te dire une chose importante. Le doute, ce n'est pas le signe que tu es un imposteur. C'est le signe que tu prends ton travail au sérieux. Les gens qui ne sont pas vraiment au niveau en général, souvent ils ne doutent pas forcément une seconde. Ceux qui doutent, c'est souvent les plus sérieux, les plus impliqués, les plus engagés. Alors voilà l'outil de la semaine. Il est en deux temps. Premier temps, tu acceptes le doute. J'ai bien dit accepter, pas faire taire. Parce que le doute, il ne va pas disparaître et ce n'est pas grave. Tout le monde le vit. Je ne sais pas si tu connaissais ce chiffre, mais je crois qu'il y a plus de 70 personnes qui ont vécu à un moment donné ce fameux syndrome de l'imposteur. Tout le monde le vit à un moment donné de sa carrière. Tout le monde s'est senti à un moment donné pas légitime. Même les gens que tu admires, surtout... eux d'ailleurs. Donc le but, c'est pas le zéro doute. Le but, c'est d'arrêter de le laisser décider à ta place. Et concrètement, quand le doute arrive, au lieu de lutter, tu le nommes. Tiens, voilà le doute. Tu le laisses être là, sans le nourrir. Comme un petit bruit de fond, mais pas comme une vérité. Le deuxième temps, c'est de déplacer ton regard. Parce que le vrai problème, c'est que tu te regardes avec un oeil. impitoyable, un œil dur, que tu réserves qu'à toi. Et c'est là qu'on parle de manque d'estime de soi. Alors la question, c'est finalement qu'est-ce que je dirais à quelqu'un que j'aime dans exactement la même situation ? Ta meilleure amie, ton meilleur ami, qui aurait par exemple le même parcours que toi, les mêmes résultats, les mêmes doutes, tu lui dirais jamais « Ouais, t'as raison, t'as bluffé tout le monde, t'es pas compétente. » Tu lui dirais la vérité, qu'elle a bossé, qu'elle est là pour de bonnes raisons, qu'elle mérite sa place. Et cette vérité-là, elle est aussi valable pour toi. Tu sais déjà la voir pour les autres. Donc cette semaine, tu t'entraînes à la tourner vers toi. Maintenant, encore une fois, il y a certainement plusieurs choses qui vont arriver dans ta tête. La première, c'est que tu vas te dire, oui, mais moi, c'est différent. Moi, j'ai vraiment eu de la chance. Moi, je ne suis vraiment pas au niveau parce que je n'ai pas ce diplôme-là, je n'ai pas fait ci. Écoute-moi bien. Ce « moi, c'est différent » , c'est exactement ce que le syndrome de l'imposteur dit à tout le monde. C'est sa signature. Donc si tu penses ça... Je t'assure, t'es pas l'exception, t'es en plein dedans. La deuxième, c'est que tu vas te dire me parler comme à mon ami, c'est me faire des compliments faciles. C'est me mentir. Non. À ton ami, tu dirais pas des trucs faux. Tu lui dirais des trucs vrais qu'elle arrive pas à voir toute seule. C'est pas te flatter, c'est juste arrêter d'être injuste avec toi. La troisième, c'est peut-être que tu vas te dire si j'accepte le doute, c'est que je me résigne, que je vise plus haut. C'est l'inverse. Le doute reste et c'est lui qui te pousse à bien faire. Ce que tu lâches, ce n'est pas ton exigence. C'est l'idée que tout doit être parfait pour que tu aies le droit d'être là. Et pour les jours pressés, la version un petit peu express, si le doute arrive, tu le nommes. Tiens, le doute, tu peux lui donner un nom si tu veux. Et tu te demandes, qu'est-ce que je dirais à quelqu'un que j'aime dans la même situation ? Et tu te le dis à toi. Voilà pour cette semaine. Accepter le doute et déplacer le regard. Et si t'as envie de le faire avec nous, plutôt que dans ton coin, le lien est en description, tu reçois la boîte à outils, tu rejoins le groupe et tout ça c'est gratuit. On se retrouve lundi prochain et on parlera de ce dossier que tu repousses depuis des jours. Celui que tu ouvres, que tu refermes et que tu recules encore. La fameuse procrastination. Et je vais te montrer que ça n'a rien à voir avec de la paresse ou un manque de volonté. Allez, prends soin de toi et je te dis à lundi prochain.