Speaker #0Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Shift Your Mindset. Dans l'épisode précédent, on a parlé des résolutions de début d'année et comment les tenir. Aujourd'hui, je t'emmène sur le terrain, dans un endroit où tu crois que c'est ton corps qui lâche, alors que c'est ton regard qui bascule. Le vrai shift commence quand tu comprends ce que ton mental te cache. Tu vois cette ligne droite ? Porte de Versailles à Paris, 80 mètres. Les Burpee Bro Jump. Pour certains, c'est juste une station. Pour moi, c'est un terrain d'observation du mental. Une sorte de liroir géant de ce qui se passe dans ta tête quand tu es face à toi-même. J'étais bénévole ce jour-là à l'Irons de Paris. Et honnêtement, je m'attendais à voir de la sueur, des grimaces, des sportifs qui se traînent sur le sol comme des phoques. Mais j'ai surtout vu des visages sur deux. prêts à tout démonter, qui se sont littéralement désintégrés au bout de 10 mètres. Pas parce qu'ils étaient mal préparés, pas parce qu'ils étaient blessés, non. Juste parce qu'ils ont regardé derrière eux. Le mur mental, il n'est pas au sol, il est dans ton regard. On va être honnête, le Burki Bro Jump, c'est un des trucs un peu sadiques que le coaching sportif ait inventé pour tester ta faim. Et après... porte de Versailles, tu cours tes 4 kilomètres. On te recoupait des stations. Yank, cette pouche, cette poule. Et là, quand tu arrives sous cette arche jaune et noire, derrière la toute première ligne blanche, on te dit maintenant tu vas alterner pendant 80 mètres. Jette-toi au sol, relève-toi, saute. Jette-toi au sol, relève-toi, saute. Et pense à sourire au photographe. On a tous un pack de centaines de photos avec des expressions plus qu'aléatoires. Bienvenue à la station des Burpee Bro Jump. BBJ pour les intimes. Et à Porte de Versailles, tu as une belle ligne droite quadrillée, celle où tu vois la ligne de fin, mais elle te paraît à 10 km. Le genre de ligne qui te juge. Tu vois ce que je veux dire ? Tu arrives déjà essoufflé, parfois crompé, et si tu fais les choses bien, tu es essoufflé et crompé. La congestion musculaire, ça fait partie du concept. Et donc, me voilà à la station des Burpee Bro Jump, bénévole, avec mes consignes de juge, et cette curiosité de préparatrice mentale, qui adore observer les sportifs dans les forts, et guettait le moment. Ce moment où le mental passe de « Allez, je gère ! » à « Mais qu'est-ce que je fous là ? » Et ce moment-là, je l'ai vu des dizaines de fois, presque toujours au même endroit. quand ton regard quitte le sol, quand tu te retournes pour voir combien de mètres tu as fait et que tu aperçois au loin la ligne d'arrivée. Les 10-15 premiers mètres, tout va bien. Le regard fixe, le rythme régulier, et puis, dès que tu regardes derrière, l'incertitude, la démotivation, des fois la panique qui monte d'un coup. Ton regard change, ton souffle aussi. Ton cerveau commence à calculer. Ok, j'ai fait 10 mètres, il m'en reste 70. Et là, le combat commence. Pas avec les jambes, avec le mental. Le Vortigo Jump, pour ton cerveau, c'est un enchaînement chaotique. Tu te jettes au sol, tu fuis, tu te relèves, tu sautes, tu repars. Ce chaos déclenche un stress brutal. Ton système archaïque s'active, fuit ou frise. Il ne sait pas quoi choisir. Et tu n'as même pas le temps d'y penser. Ton corps réagit avant que ton esprit ne comprenne ce qui se passe. Et là, on bascule, naturellement dans un vrai sketch à la Douyne en Malcolm. Tu vis, tu meurs, tu vis, tu meurs. Tu la vois la scène ? Dans ta tête, ça fait. Je ne veux pas y aller, puis deux secondes après, ok, j'y retourne. Sauf que toi, c'est en version grandeur nature. et en bonus, tu as payé pour souffrir. Nous sommes des paradoxes fascinants. Même moi, à un moment donné, je me suis demandé pourquoi j'avais payé quand j'ai fait Grand Palais. Ça pourrait être une réplique culte de l'Aérox. Et j'ai payé pour faire ça. On en était où déjà ? Ah oui. Pendant que toi, tu vis ton drame existentiel sur 80 mètres. Ton cerveau, lui, il adore s'en mêler. C'est trop long, je n'y arriverai pas. Je n'ai plus d'air. Je crois que je sens trop mes jambes. On va mourir ? Mon chrono j'en suis haut ? Allez, on reste quelques... seconde au sol, ça va aider. Et franchement, si tu fais partie de ceux qui aiment faire un petit câlin à la moquette, celle qui a vu passer plus de sueur que la salle de muscu d'un film de Rocky, c'est ok. Chacun son petit rituel, on n'est pas là pour juger. Le mire mental, il n'est pas au départ. Il n'est pas dans la douleur. Il n'est même pas dans la fatigue. Il est dans la comparaison. Le moment où tu veux savoir où tu en es, où tu regardes derrière. où tu vérifies ta montre pour voir si tu tiens ton chrono, si tu as avancé assez vite. Et à partir de là, ton mental commence à t'arnaquer. Il te dit, « Regarde, tu es encore loin, tu perds du temps. Tu ne tiendras pas ton time cap. Les autres vont bien plus vite. » Et toi, tu le crois. Tu crois que c'est ton corps qui lâche, alors que c'est juste ton cerveau qui dramatise pour reprendre le contrôle. C'est trop souvent comme ça. Tu tiens, tu gères, tu respires, jusqu'à ce que tu lèves la tête et que tu réalises combien de mètres il reste. Et là, c'est le drame. Le doute s'invite. Cette petite fissure invisible, celle qui change ton souffle, ton rythme, ton regard. Pimental, c'est un scénariste hollywoodien. Il adore les drames inutiles. Et le Burpee Bro Jump, c'est juste son plateau de tournage préféré. Tu veux connaître le secret ? Le mental fort, ce n'est pas celui qui se bat contre la douleur. C'est celui qui coupe court au dialogue mental quand il devient toxique. Parce que c'est doute. Ce sont eux qui rallument tes réflexes archaïques. Fuis-toi, frise. Alors ton cerveau cherche une sortie facile. Mais la bonne nouvelle, c'est que tu peux reprendre la main. Tu recadres tes pensées. Tu ramènes ton regard au bon endroit et les automatismes vont perdre de leur pouvoir. Le mental fort, il regarde. Deux ou trois mètres devant, pas 80. Tu veux survivre à cette station ? Reste focalisé sur le prochain geste. Juste ça. Pas de chrono, pas de montre, pas de « il reste combien de temps » . À chaque saut, tu poses ton regard, tu bouges, tu respires, tu te relèves. Et si d'habitude tu sautes à 70 cm, ce n'est clairement pas le jour de tester ta carrière de grenouille. Trouve ton rythme, celui que ton corps connaît déjà. Parce qu'ici, ce n'est pas la puissance qui compte, c'est la régularité. Et ton cerveau, lui, n'aura plus d'argument. Tu auras arrêté de l'alimenter en chiffres, en combien de temps et en combien de mètres. Et tu verras, sans t'en rendre compte, tu seras sur la ligne d'arrivée. C'est ça la clé. La constance, la cadence, la régularité. Celle qui t'amène à la performance. Tu sais, dans les box, on valorise souvent le toujours plus. Mais la vraie force, parfois, ce n'est pas de pousser davantage, c'est de tenir l'instant présent. De rester ancré, de garder son propre rythme. Tu as encore un doute ? Ok. Tu les vois, ceux qui partent pleines balles en début de road, comme s'ils jouaient une finale des Games ? Pendant que toi, tu démarres ton road à ton rythme, version le livre et la tortue assumée, la différence, elle commence à se voir au troisième ou quatrième tour sur 8. E commence à ralentir, cramé, déjà en PLS intérieur. Et toi, avec ton tempo régulier, tu gères ton effort et tu tiens ton time cap. Pendant que E termine, frustré, pas satisfait que ça aurait dû passer. Alors, la prochaine fois que tu seras sur le floor, ou même dans ta vie, parce qu'on ne va pas se mentir, le Burpee Brow Jump, ça pourrait être une métaphore bien délisée. Souviens-toi de ça. Le mur mental, c'est rarement le corps. C'est le regard. Pose ton regard sur le prochain maître. Pas sur la ligne d'arrivée, pas sur les autres. Juste sur toi, ici, maintenant. Et si tu sens la panique monter, rappelle-toi. Ton cerveau, c'est une drama queen. Il veut du contrôle. Alors fais-lui croire que tu en as. Structure ton effort, régule ton souffle, donne-lui des micro-objectifs. Encore un saut, encore un mouvement, encore une respiration. Et tu verras, 80 mètres plus loin, tu lèveras la tête et tu n'auras pas compris comment tu es déjà arrivé. Pas parce que c'était facile, mais parce que tu as arrêté de rendre ça plus dur que ça ne l'était. Le mental, ce n'est pas d'être plus fort, c'est d'être plus vrai. Et si tu as envie de voir ce que ça donne en situation réelle, va écouter le témoignage de Marie Dumeu, à tête à Erox, qui a fait les championnats du monde à Chicago. On a travaillé ensemble une prépa mentale d'urgence, et crois-moi, en quelques jours, elle a complètement reprogrammé son mental. C'est la preuve vivante que quand tu changes ton dialogue intérieur, tu peux transformer ta course, ton mindset, et ta confiance. Et pour demain, sur tes Burpee Bro Jump, fixe un mètre devant toi. Respire avant de partir, jette-toi au sol, lève-toi, saute. Un cycle, un choix, une présence. Le reste, c'est du bruit. Parce que derrière chaque performance, il y a un mental qui tient, un corps qui parle et un humain qui choisit d'y croire. Et c'est ça l'ultime performance. Dans le prochain épisode, on va démonter le « c'est dans ta tête » et voir pourquoi cette phrase mal utilisée te fait souvent perdre bien plus que gagner. Merci pour ton écoute. Si ça te parle autant que ça te dérange, abonne-toi pour t'entraîner autrement.