Shot de philo #13 : le langage cover
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Shot de philo #13 : le langage

Shot de philo #13 : le langage

04min |10/06/2021|

80446

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Shot de philo #13 : le langage

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Description

Bienvenue dans notre treizième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion centrale du programme : le langage. Peut-on penser sans langage ? L’expression des pensées est-elle l’unique but du langage ?

→ Si langage et pensée peuvent être distincts…

Bergson : les mots limitent notre pensée complexe

Ecole nominaliste : les mots ont été inventés de manière arbitraire

→...cependant, on ne peut pas penser sans les mots, pensée et langage sont indissociables...

Boileau : quand une notion est claire dans notre esprit, nous pouvons l’expliquer clairement

Hegel : “On ne peut penser sans les mots”

→...dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme un outil politique !

Wittgenstein : liens entre langage et éthique

George Orwell, 1984 : la novlangue réduit le nombre de mots dans la langue afin de réduire le champ de pensée


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons traiter le thème du langage.

  • Speaker #0

    Tous les ans, à la fin du bac, les examinateurs se rendent compte qu'une partie des copies a été rédigée en breton, ou alors en basque, au lieu du français, et cela pour revendiquer leur région d'origine. Mais que faire de ces copies ? Faut-il les corriger ? Nous verrons que le langage, au-delà d'exprimer des idées, peut aussi être un outil politique.

  • Speaker #1

    Mais revenons aux bases. Le langage, c'est un ensemble de signes et de mots qui ont pour but de délivrer un message. Il sert principalement à exprimer nos idées et nos pensées. Les principales tensions que vous devrez donc explorer au bac sur ce sujet concernent donc les liens entre pensée et langage. Peut-on penser sans langage ? L'expression des pensées est-elle l'unique but du langage ?

  • Speaker #0

    Premièrement, on pourrait se dire que penser et parler, ce sont deux choses indépendantes. Le langage et la pensée sont alors deux choses distinctes. En effet, on pense, puis on dit quelque chose. C'est la thèse de Bergson. Pour lui, les mots sont comme des boîtes dans lesquelles on veut ranger nos pensées complexes. Et les mots ne font qu'essayer d'exprimer la complexité de notre pensée.

  • Speaker #1

    Donc si je te suis bien, on pourrait prendre l'exemple des sentiments amoureux. Si je te dis je t'aime, c'est un mot en fait un peu général, qui finalement n'exprime pas la finesse et la précision de ma pensée et de mes sentiments.

  • Speaker #0

    Exactement. Et nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie nominaliste. Cette école philosophique sépare le signifié et le signifiant. Le signifié, c'est ce qui est désigné. l'objet sur lequel je m'assois actuellement. Et le signifiant, c'est le mot que j'emploie pour le caractériser, la chaise. En gros, pour les nominalistes, les mots sont inventés de manière arbitraire. Ils ne renvoient à rien spécifiquement. Il s'agit juste d'une invention humaine pour faciliter la compréhension de notre langage. Pour faire encore plus clair, on s'est tous déjà demandé Mais pourquoi est-ce qu'un chien s'appelle un chien ? Qui a décidé de ça ? Les nominalistes pensent que ce sont les hommes, sans fondement clair, qui ont inventé leur langage. Jacques Lacan, psychanalyste héritier de Freud, dira Le mot chien n'aboit pas Pour faire le lien avec Bergson, les nominalistes voient le langage comme un simple outil de communication.

  • Speaker #1

    Ok, mais est-ce que ce n'est pas un peu de la mauvaise foi que de dire que si on a du mal à s'exprimer, c'est de la faute des mots et pas de la nôtre ?

  • Speaker #0

    C'est justement la critique de Boileau. Il énonce que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement En gros, selon lui, lorsque nous avons très clairement une idée en tête, nous pouvons l'expliquer très clairement aux autres. Pas d'excuses. Hegel partage son analyse en disant Donc on pense lorsqu'on parle, on parle lorsqu'on pense. Les deux actions vont ensemble. Nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie essentialiste, qui énonce, contrairement à la théorie nominaliste, que les mots ont par essence un sens. Chaque objet renverrait ainsi à une idée.

  • Speaker #1

    Je vois, mais pour le moment, le langage, on l'a uniquement mis en lien avec la pensée. Est-ce qu'on ne pourrait pas aller plus loin et reconnaître un rôle au langage qui ne se limiterait pas simplement qu'à désigner les choses ?

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est ce que nous propose la théorie de Wittgenstein, un philosophe qui fait le lien entre langage et éthique. Pour reprendre notre exemple du début du podcast, le fait que des bacheliers utilisent une langue qui n'est pas le français pour composer au bac, c'est très politique. Le langage permet dans ce cas de marquer une appartenance régionale. Au bac, vous pouvez aussi évidemment citer l'œuvre de George Orwell, 1984, qui est une dystopie, c'est-à-dire un récit de fiction qui décrit un monde sombre. dans lequel un régime totalitaire met en place une nouvelle langue, la novlangue, qui a pour but de diminuer continuellement le nombre de mots pour restreindre le champ de pensée. Avec de moins en moins de mots, la population ne peut plus penser la contestation. Les gens sont plus facilement manipulables. Gardez toujours en tête que les mots que vous employez ont une portée politique.

  • Speaker #1

    Ok, donc si le langage et pensée peuvent être compris comme deux choses distinctes, l'un vient après l'autre.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Bergson et le nominalisme.

  • Speaker #1

    Cependant, on ne peut pas penser sans les mots. Pensée et langage sont donc indissociables.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Boileau et Hegel.

  • Speaker #1

    Dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme n'étant pas seulement un outil d'expression de la pensée, mais comme un outil politique.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Wittgenstein et Orwell.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, atSciencePiste, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

Description

Bienvenue dans notre treizième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion centrale du programme : le langage. Peut-on penser sans langage ? L’expression des pensées est-elle l’unique but du langage ?

→ Si langage et pensée peuvent être distincts…

Bergson : les mots limitent notre pensée complexe

Ecole nominaliste : les mots ont été inventés de manière arbitraire

→...cependant, on ne peut pas penser sans les mots, pensée et langage sont indissociables...

Boileau : quand une notion est claire dans notre esprit, nous pouvons l’expliquer clairement

Hegel : “On ne peut penser sans les mots”

→...dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme un outil politique !

Wittgenstein : liens entre langage et éthique

George Orwell, 1984 : la novlangue réduit le nombre de mots dans la langue afin de réduire le champ de pensée


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons traiter le thème du langage.

  • Speaker #0

    Tous les ans, à la fin du bac, les examinateurs se rendent compte qu'une partie des copies a été rédigée en breton, ou alors en basque, au lieu du français, et cela pour revendiquer leur région d'origine. Mais que faire de ces copies ? Faut-il les corriger ? Nous verrons que le langage, au-delà d'exprimer des idées, peut aussi être un outil politique.

  • Speaker #1

    Mais revenons aux bases. Le langage, c'est un ensemble de signes et de mots qui ont pour but de délivrer un message. Il sert principalement à exprimer nos idées et nos pensées. Les principales tensions que vous devrez donc explorer au bac sur ce sujet concernent donc les liens entre pensée et langage. Peut-on penser sans langage ? L'expression des pensées est-elle l'unique but du langage ?

  • Speaker #0

    Premièrement, on pourrait se dire que penser et parler, ce sont deux choses indépendantes. Le langage et la pensée sont alors deux choses distinctes. En effet, on pense, puis on dit quelque chose. C'est la thèse de Bergson. Pour lui, les mots sont comme des boîtes dans lesquelles on veut ranger nos pensées complexes. Et les mots ne font qu'essayer d'exprimer la complexité de notre pensée.

  • Speaker #1

    Donc si je te suis bien, on pourrait prendre l'exemple des sentiments amoureux. Si je te dis je t'aime, c'est un mot en fait un peu général, qui finalement n'exprime pas la finesse et la précision de ma pensée et de mes sentiments.

  • Speaker #0

    Exactement. Et nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie nominaliste. Cette école philosophique sépare le signifié et le signifiant. Le signifié, c'est ce qui est désigné. l'objet sur lequel je m'assois actuellement. Et le signifiant, c'est le mot que j'emploie pour le caractériser, la chaise. En gros, pour les nominalistes, les mots sont inventés de manière arbitraire. Ils ne renvoient à rien spécifiquement. Il s'agit juste d'une invention humaine pour faciliter la compréhension de notre langage. Pour faire encore plus clair, on s'est tous déjà demandé Mais pourquoi est-ce qu'un chien s'appelle un chien ? Qui a décidé de ça ? Les nominalistes pensent que ce sont les hommes, sans fondement clair, qui ont inventé leur langage. Jacques Lacan, psychanalyste héritier de Freud, dira Le mot chien n'aboit pas Pour faire le lien avec Bergson, les nominalistes voient le langage comme un simple outil de communication.

  • Speaker #1

    Ok, mais est-ce que ce n'est pas un peu de la mauvaise foi que de dire que si on a du mal à s'exprimer, c'est de la faute des mots et pas de la nôtre ?

  • Speaker #0

    C'est justement la critique de Boileau. Il énonce que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement En gros, selon lui, lorsque nous avons très clairement une idée en tête, nous pouvons l'expliquer très clairement aux autres. Pas d'excuses. Hegel partage son analyse en disant Donc on pense lorsqu'on parle, on parle lorsqu'on pense. Les deux actions vont ensemble. Nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie essentialiste, qui énonce, contrairement à la théorie nominaliste, que les mots ont par essence un sens. Chaque objet renverrait ainsi à une idée.

  • Speaker #1

    Je vois, mais pour le moment, le langage, on l'a uniquement mis en lien avec la pensée. Est-ce qu'on ne pourrait pas aller plus loin et reconnaître un rôle au langage qui ne se limiterait pas simplement qu'à désigner les choses ?

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est ce que nous propose la théorie de Wittgenstein, un philosophe qui fait le lien entre langage et éthique. Pour reprendre notre exemple du début du podcast, le fait que des bacheliers utilisent une langue qui n'est pas le français pour composer au bac, c'est très politique. Le langage permet dans ce cas de marquer une appartenance régionale. Au bac, vous pouvez aussi évidemment citer l'œuvre de George Orwell, 1984, qui est une dystopie, c'est-à-dire un récit de fiction qui décrit un monde sombre. dans lequel un régime totalitaire met en place une nouvelle langue, la novlangue, qui a pour but de diminuer continuellement le nombre de mots pour restreindre le champ de pensée. Avec de moins en moins de mots, la population ne peut plus penser la contestation. Les gens sont plus facilement manipulables. Gardez toujours en tête que les mots que vous employez ont une portée politique.

  • Speaker #1

    Ok, donc si le langage et pensée peuvent être compris comme deux choses distinctes, l'un vient après l'autre.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Bergson et le nominalisme.

  • Speaker #1

    Cependant, on ne peut pas penser sans les mots. Pensée et langage sont donc indissociables.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Boileau et Hegel.

  • Speaker #1

    Dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme n'étant pas seulement un outil d'expression de la pensée, mais comme un outil politique.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Wittgenstein et Orwell.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, atSciencePiste, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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Bienvenue dans notre treizième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion centrale du programme : le langage. Peut-on penser sans langage ? L’expression des pensées est-elle l’unique but du langage ?

→ Si langage et pensée peuvent être distincts…

Bergson : les mots limitent notre pensée complexe

Ecole nominaliste : les mots ont été inventés de manière arbitraire

→...cependant, on ne peut pas penser sans les mots, pensée et langage sont indissociables...

Boileau : quand une notion est claire dans notre esprit, nous pouvons l’expliquer clairement

Hegel : “On ne peut penser sans les mots”

→...dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme un outil politique !

Wittgenstein : liens entre langage et éthique

George Orwell, 1984 : la novlangue réduit le nombre de mots dans la langue afin de réduire le champ de pensée


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  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons traiter le thème du langage.

  • Speaker #0

    Tous les ans, à la fin du bac, les examinateurs se rendent compte qu'une partie des copies a été rédigée en breton, ou alors en basque, au lieu du français, et cela pour revendiquer leur région d'origine. Mais que faire de ces copies ? Faut-il les corriger ? Nous verrons que le langage, au-delà d'exprimer des idées, peut aussi être un outil politique.

  • Speaker #1

    Mais revenons aux bases. Le langage, c'est un ensemble de signes et de mots qui ont pour but de délivrer un message. Il sert principalement à exprimer nos idées et nos pensées. Les principales tensions que vous devrez donc explorer au bac sur ce sujet concernent donc les liens entre pensée et langage. Peut-on penser sans langage ? L'expression des pensées est-elle l'unique but du langage ?

  • Speaker #0

    Premièrement, on pourrait se dire que penser et parler, ce sont deux choses indépendantes. Le langage et la pensée sont alors deux choses distinctes. En effet, on pense, puis on dit quelque chose. C'est la thèse de Bergson. Pour lui, les mots sont comme des boîtes dans lesquelles on veut ranger nos pensées complexes. Et les mots ne font qu'essayer d'exprimer la complexité de notre pensée.

  • Speaker #1

    Donc si je te suis bien, on pourrait prendre l'exemple des sentiments amoureux. Si je te dis je t'aime, c'est un mot en fait un peu général, qui finalement n'exprime pas la finesse et la précision de ma pensée et de mes sentiments.

  • Speaker #0

    Exactement. Et nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie nominaliste. Cette école philosophique sépare le signifié et le signifiant. Le signifié, c'est ce qui est désigné. l'objet sur lequel je m'assois actuellement. Et le signifiant, c'est le mot que j'emploie pour le caractériser, la chaise. En gros, pour les nominalistes, les mots sont inventés de manière arbitraire. Ils ne renvoient à rien spécifiquement. Il s'agit juste d'une invention humaine pour faciliter la compréhension de notre langage. Pour faire encore plus clair, on s'est tous déjà demandé Mais pourquoi est-ce qu'un chien s'appelle un chien ? Qui a décidé de ça ? Les nominalistes pensent que ce sont les hommes, sans fondement clair, qui ont inventé leur langage. Jacques Lacan, psychanalyste héritier de Freud, dira Le mot chien n'aboit pas Pour faire le lien avec Bergson, les nominalistes voient le langage comme un simple outil de communication.

  • Speaker #1

    Ok, mais est-ce que ce n'est pas un peu de la mauvaise foi que de dire que si on a du mal à s'exprimer, c'est de la faute des mots et pas de la nôtre ?

  • Speaker #0

    C'est justement la critique de Boileau. Il énonce que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement En gros, selon lui, lorsque nous avons très clairement une idée en tête, nous pouvons l'expliquer très clairement aux autres. Pas d'excuses. Hegel partage son analyse en disant Donc on pense lorsqu'on parle, on parle lorsqu'on pense. Les deux actions vont ensemble. Nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie essentialiste, qui énonce, contrairement à la théorie nominaliste, que les mots ont par essence un sens. Chaque objet renverrait ainsi à une idée.

  • Speaker #1

    Je vois, mais pour le moment, le langage, on l'a uniquement mis en lien avec la pensée. Est-ce qu'on ne pourrait pas aller plus loin et reconnaître un rôle au langage qui ne se limiterait pas simplement qu'à désigner les choses ?

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est ce que nous propose la théorie de Wittgenstein, un philosophe qui fait le lien entre langage et éthique. Pour reprendre notre exemple du début du podcast, le fait que des bacheliers utilisent une langue qui n'est pas le français pour composer au bac, c'est très politique. Le langage permet dans ce cas de marquer une appartenance régionale. Au bac, vous pouvez aussi évidemment citer l'œuvre de George Orwell, 1984, qui est une dystopie, c'est-à-dire un récit de fiction qui décrit un monde sombre. dans lequel un régime totalitaire met en place une nouvelle langue, la novlangue, qui a pour but de diminuer continuellement le nombre de mots pour restreindre le champ de pensée. Avec de moins en moins de mots, la population ne peut plus penser la contestation. Les gens sont plus facilement manipulables. Gardez toujours en tête que les mots que vous employez ont une portée politique.

  • Speaker #1

    Ok, donc si le langage et pensée peuvent être compris comme deux choses distinctes, l'un vient après l'autre.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Bergson et le nominalisme.

  • Speaker #1

    Cependant, on ne peut pas penser sans les mots. Pensée et langage sont donc indissociables.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Boileau et Hegel.

  • Speaker #1

    Dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme n'étant pas seulement un outil d'expression de la pensée, mais comme un outil politique.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Wittgenstein et Orwell.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, atSciencePiste, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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Bienvenue dans notre treizième shot de philo. En moins de 5 minutes, nous allons te donner les clés d'une notion centrale du programme : le langage. Peut-on penser sans langage ? L’expression des pensées est-elle l’unique but du langage ?

→ Si langage et pensée peuvent être distincts…

Bergson : les mots limitent notre pensée complexe

Ecole nominaliste : les mots ont été inventés de manière arbitraire

→...cependant, on ne peut pas penser sans les mots, pensée et langage sont indissociables...

Boileau : quand une notion est claire dans notre esprit, nous pouvons l’expliquer clairement

Hegel : “On ne peut penser sans les mots”

→...dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme un outil politique !

Wittgenstein : liens entre langage et éthique

George Orwell, 1984 : la novlangue réduit le nombre de mots dans la langue afin de réduire le champ de pensée


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous et bienvenue dans le Shot de Philo, le podcast proposé par Science Piste et animé par moi-même, Stéphania, et mon camarade Alexandre.

  • Speaker #1

    Salut à tous !

  • Speaker #0

    On est là pour vous faire réviser le bac de philo en traitant une des notions de programme en 5 minutes chrono. C'est parti !

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, nous allons traiter le thème du langage.

  • Speaker #0

    Tous les ans, à la fin du bac, les examinateurs se rendent compte qu'une partie des copies a été rédigée en breton, ou alors en basque, au lieu du français, et cela pour revendiquer leur région d'origine. Mais que faire de ces copies ? Faut-il les corriger ? Nous verrons que le langage, au-delà d'exprimer des idées, peut aussi être un outil politique.

  • Speaker #1

    Mais revenons aux bases. Le langage, c'est un ensemble de signes et de mots qui ont pour but de délivrer un message. Il sert principalement à exprimer nos idées et nos pensées. Les principales tensions que vous devrez donc explorer au bac sur ce sujet concernent donc les liens entre pensée et langage. Peut-on penser sans langage ? L'expression des pensées est-elle l'unique but du langage ?

  • Speaker #0

    Premièrement, on pourrait se dire que penser et parler, ce sont deux choses indépendantes. Le langage et la pensée sont alors deux choses distinctes. En effet, on pense, puis on dit quelque chose. C'est la thèse de Bergson. Pour lui, les mots sont comme des boîtes dans lesquelles on veut ranger nos pensées complexes. Et les mots ne font qu'essayer d'exprimer la complexité de notre pensée.

  • Speaker #1

    Donc si je te suis bien, on pourrait prendre l'exemple des sentiments amoureux. Si je te dis je t'aime, c'est un mot en fait un peu général, qui finalement n'exprime pas la finesse et la précision de ma pensée et de mes sentiments.

  • Speaker #0

    Exactement. Et nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie nominaliste. Cette école philosophique sépare le signifié et le signifiant. Le signifié, c'est ce qui est désigné. l'objet sur lequel je m'assois actuellement. Et le signifiant, c'est le mot que j'emploie pour le caractériser, la chaise. En gros, pour les nominalistes, les mots sont inventés de manière arbitraire. Ils ne renvoient à rien spécifiquement. Il s'agit juste d'une invention humaine pour faciliter la compréhension de notre langage. Pour faire encore plus clair, on s'est tous déjà demandé Mais pourquoi est-ce qu'un chien s'appelle un chien ? Qui a décidé de ça ? Les nominalistes pensent que ce sont les hommes, sans fondement clair, qui ont inventé leur langage. Jacques Lacan, psychanalyste héritier de Freud, dira Le mot chien n'aboit pas Pour faire le lien avec Bergson, les nominalistes voient le langage comme un simple outil de communication.

  • Speaker #1

    Ok, mais est-ce que ce n'est pas un peu de la mauvaise foi que de dire que si on a du mal à s'exprimer, c'est de la faute des mots et pas de la nôtre ?

  • Speaker #0

    C'est justement la critique de Boileau. Il énonce que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement En gros, selon lui, lorsque nous avons très clairement une idée en tête, nous pouvons l'expliquer très clairement aux autres. Pas d'excuses. Hegel partage son analyse en disant Donc on pense lorsqu'on parle, on parle lorsqu'on pense. Les deux actions vont ensemble. Nous pouvons rapprocher cette thèse de la théorie essentialiste, qui énonce, contrairement à la théorie nominaliste, que les mots ont par essence un sens. Chaque objet renverrait ainsi à une idée.

  • Speaker #1

    Je vois, mais pour le moment, le langage, on l'a uniquement mis en lien avec la pensée. Est-ce qu'on ne pourrait pas aller plus loin et reconnaître un rôle au langage qui ne se limiterait pas simplement qu'à désigner les choses ?

  • Speaker #0

    En tout cas, c'est ce que nous propose la théorie de Wittgenstein, un philosophe qui fait le lien entre langage et éthique. Pour reprendre notre exemple du début du podcast, le fait que des bacheliers utilisent une langue qui n'est pas le français pour composer au bac, c'est très politique. Le langage permet dans ce cas de marquer une appartenance régionale. Au bac, vous pouvez aussi évidemment citer l'œuvre de George Orwell, 1984, qui est une dystopie, c'est-à-dire un récit de fiction qui décrit un monde sombre. dans lequel un régime totalitaire met en place une nouvelle langue, la novlangue, qui a pour but de diminuer continuellement le nombre de mots pour restreindre le champ de pensée. Avec de moins en moins de mots, la population ne peut plus penser la contestation. Les gens sont plus facilement manipulables. Gardez toujours en tête que les mots que vous employez ont une portée politique.

  • Speaker #1

    Ok, donc si le langage et pensée peuvent être compris comme deux choses distinctes, l'un vient après l'autre.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Bergson et le nominalisme.

  • Speaker #1

    Cependant, on ne peut pas penser sans les mots. Pensée et langage sont donc indissociables.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Boileau et Hegel.

  • Speaker #1

    Dès lors, nous pouvons concevoir le langage comme n'étant pas seulement un outil d'expression de la pensée, mais comme un outil politique.

  • Speaker #0

    Ça, c'est Wittgenstein et Orwell.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. N'hésitez pas à partager ce podcast avec vos amis qui sont en train de réviser. N'oubliez pas de faire un tour sur notre Instagram, atSciencePiste, pour enregistrer la mini-fiche de synthèse associée à ce podcast. Et à vous abonner !

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