- Speaker #0
Là on s'est dit, attends, en fait on nous appelle et je pense qu'on est hyper calés sur la technique, mais aussi sur le conseil global pour monter ces plateformes. Donc c'est pour ça qu'on a monté CapSens, très opportuniste, tout simplement.
- Speaker #1
Donc toi aussi, comme les Monoués, tu fournis des pelles et des pioches aux chercheurs d'or.
- Speaker #0
Ouais, exactement. J'étais chercheur d'or, je n'ai pas trouvé, mais j'ai vu plein d'autres le trouver à ma place avec mes pelles.
- Speaker #1
Si un VC voulait investir 10 millions chez toi, tu dis non aujourd'hui.
- Speaker #0
Bah non. C'est pas le modèle, on a quand même une liberté immense maintenant.
- Speaker #1
Quel serait ton meilleur argument à ceux qui voudraient lancer une plateforme fintech et qui ne savent pas s'il faut le faire tout seul ou à travers toi ?
- Speaker #0
Mon meilleur argument c'est mes clients, c'est-à-dire qu'on a développé des plateformes qui cartonnent.
- Speaker #1
Bienvenue sur Show Me The Money, le podcast européen de la finance alternative. Je m'appelle Damien Guermond-Pré, je suis président exécutif de l'Emonway, l'établissement de paiement au service des places de marché. Nous allons ensemble tenter de décrypter la finance alternative à travers ceux qui la vivent au quotidien. Vous allez voir, ça bouge beaucoup. Donc installez-vous confortablement. C'est parti ! Bonjour Nicolas Dabadjian.
- Speaker #0
Bonjour Damien.
- Speaker #1
CEO fondateur de CapSense. CapSense, c'est pas trop connu, mais c'est partout à la fois. C'est-à-dire qu'en fait, tu as fabriqué une centaine de plateformes fintech. Vous êtes à Soaz. Vous êtes combien ? 70 ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. On est 70 dans la boîte.
- Speaker #1
Vous réalisez 6,5 millions de revenus en 2025, en progression de 45%. C'est impressionnant. Tout cela sans jamais avoir levé d'argent. Donc, on va revenir là-dessus. C'est magnifique. Mais on va commencer par toi, si tu veux bien. Tes racines sur ton compte LinkedIn. Tu expliques que ton papa était banquier et qu'il te parlait de son métier. Est-ce que c'est l'origine de la vocation ? pour construire des plateformes FinTech ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Oui, mon père était banquier et il nous parlait beaucoup, beaucoup business. On parlait presque que de ça, déjà tout petit. Il nous faisait calculer les cours d'évolution de la bourse en nous affichant les trucs à la télé et tout ça. Et donc, on avait un peu l'impression, mon frère et moi, qu'il n'y avait presque que ça qui existait. Donc, c'est en grandissant qu'on a découvert que le monde était plus complexe et aussi plus intéressant. Mais c'est sûr que ça a mis chez moi cet intérêt pour la finance en général. Et je dirais même plus pour l'entrepreneuriat, pour le fait qu'on peut créer des choses. Tout est possible parce que lui, il finançait des entrepreneurs, des chefs d'entreprise. Et c'est ce goût de l'aventure surtout qui m'a donné. D'accord.
- Speaker #1
Alors donc, tu sors de l'école, tu crées SPIR.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
S-P-E-R. Oui. Qui est... Une des premières plateformes de financement solidaire lancée en France.
- Speaker #0
Oui, exactement. Même pendant nos études avec François, mon associé, on a monté Spire qui permettait de financer des projets à impact social ou environnemental. Et à l'époque, il n'y avait aucun agrément qui le permettait. Donc, on a créé un statut de coopérative qui est très particulier pour pouvoir lever de l'argent de façon assez tranquille. Et c'était aussi complètement dans l'ADN du projet. Et donc, les gens qui épargnaient de l'argent sur Spire, ils prenaient des parts. de la coopérative. On avait des sociétaires, on organisait des assemblées générales qui ont pu monter jusqu'à 800 sociétaires. Et c'est comme ça qu'on a mis notre doigt dans les FinTech. À travers cette plateforme qu'on a fait un peu par hasard parce que François m'a chauffé pour le faire.
- Speaker #1
Il semblerait que cette plateforme existe toujours. En tout cas, les sociétaires sont toujours là sur Peppers, non ?
- Speaker #0
Oui, exactement. En fait, on a financé des projets. Si les gens prêtent de l'argent au projet, il faut que les projets remboursent et que ça suive son compte. Donc, on a arrêté de financer des projets en 2019. Pendant assez longtemps, on avait Spire et CapSense en même temps. Et en 2019, on a arrêté ça. Et en fait, on a les projets qui s'écoulent. Et donc, on termine les derniers remboursements cette année, en 2026. Donc, on va liquider Spire en 2026, sept ans après la fin de Spire. Donc, ça aurait été une sacrée aventure.
- Speaker #1
Bravo d'avoir tenu parole. En 2013, tu lances CapSense. Donc tu changes, tu vas de l'autre côté de la barrière. Tu vas créer des plateformes plutôt que d'en gérer une. Qu'est-ce qui t'a pris ?
- Speaker #0
En fait, c'est simple. Spire, c'était un modèle hyper intéressant. On était... assez médiatisé pour ça, parce que c'était nouveau, on était jeunes, etc. Mais en vrai, ça ne cartonnait pas vraiment. Et par contre, il y a plein de gens qui nous appelaient parce qu'ils voulaient des plateformes de crowdfunding. Donc ils nous appelaient en nous disant, non, moi, je ne veux pas épargner, je ne veux pas présenter de projet. En fait, je serais intéressé de faire ce que vous faites là, mais pour financer des projets en Afrique ou pour prêter de l'argent à des pharmacies. Je ne sais pas quoi. Et là, on s'est dit, attends, en fait, on nous appelle et je pense qu'on est hyper calés sur la technique, mais aussi sur le... conseil global pour monter ces plateformes. C'est pour ça qu'on a monté CapSense.
- Speaker #1
C'est opportuniste. Donc toi aussi, comme les Monoués, tu fournis des pelles et des pioches aux chercheurs d'or.
- Speaker #0
Oui, exactement. J'étais chercheur d'or, je n'ai pas trouvé, mais j'ai vu plein d'autres le trouver à ma place avec mes pelles et mes pioches. Mais finalement,
- Speaker #1
en 2013, c'est presque trop tôt. On doit éduquer le marché, non ? C'est plus facile aujourd'hui de lancer, paradoxalement, une plateforme de financement participatif. Oui,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
Les investisseurs connaissent.
- Speaker #0
Exactement. À l'époque, il fallait être un hurluberlu pour prêter 10 000 euros en ligne à un projet qu'il ne connaissait pas cinq minutes avant.
- Speaker #1
La loi arrive en 2014. Et là, tu cofondes l'association Financement Participatif France, FPF.
- Speaker #0
Exactement, l'association que tu connais bien toi-même. On l'a cofondée. On était les quelques acteurs du crowdfunding de l'époque. Il y avait les Ulule, Anaxago et autres. tous ensemble.
- Speaker #1
Vous avez co-rédigé les lois ?
- Speaker #0
En tout cas, on était... À l'initiative ? On était à l'initiative. On a régulièrement vu Fleur Pellerin, Montebourg, même François Hollande, Jacques Attali, toutes les personnes qui étaient autour de ces sujets de la libération de la croissance. Et quand on leur disait, c'est simple, en ce moment, il y a le sujet du chômage, de la croissance qui est molle, etc. Il y a des Français qui sont prêts à prêter de l'argent pour financer des projets entrepreneuriaux en France. Pourquoi est-ce qu'on les empêche ? Et donc ça, ça leur parlait complètement. Donc oui, on n'a pas tenu la plume, mais on était juste à côté.
- Speaker #1
Alors, ton offre est spéciale parce que ce n'est pas un mode SaaS. Les plateformes possèdent leur code.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Tu as devancé l'IA. Du coup, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Évidemment, ce que tu veux dire, c'est intéressant. En fait, à l'époque, quand on se lançait, c'était vraiment la mode du SaaS. Parce qu'avec le SaaS, tu peux lever des fonds. Tu es hyper scalable, tu peux ouvrir dans tous les pays du monde en quelques clics. Alors que faire du sur-mesure et faire en sorte que tes clients possèdent le code, ça fait que tu es moins scalable, que ta boîte vaut moins et qu'il faut faire les choses à la sueur de ton front. Je caricature un petit peu, mais c'est ça. Donc évidemment, on ne va pas pour chaque client réinventer la roue. On a des briques, des squelettes qui nous permettent d'aller très vite pour nos clients. Mais à la fin, les plateformes qu'on leur développe leur appartiennent. Et on a décidé de faire ça. Parce que les plateformes dans la finance, en tout cas quand elles sont ambitieuses, se différencient beaucoup les unes des autres.
- Speaker #1
Très bien. Côté exploitation, production, comment font-elles ? Elles font tourner le code ?
- Speaker #0
Non, c'est nous qui avons ce service qui est un service important, qui est l'hébergement et la maintenance pour nos clients. Donc une fois qu'on a développé leur plateforme, on ne leur envoie pas un zip en leur disant bon courage, mais on s'occupe de tout ça.
- Speaker #1
Donc tu as une centaine d'environnements différents.
- Speaker #0
Oui, exactement. Oui, exactement. C'est une de nos spécialités de gérer beaucoup de plateformes.
- Speaker #1
Et d'être des connecteurs avec des PSP, dont l'Emonway.
- Speaker #0
Exactement. L'Emonway qui est le PSP qu'on connecte le plus depuis quelques années.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #0
Et qu'on est très content de connecter, mais je tiens à préciser qu'on est indépendant. Oui, il y en a d'autres. Il y en a d'autres et on cherche le meilleur pour nos clients à chaque fois. En tout cas,
- Speaker #1
c'était osé en 2013 de te concentrer sur le Dev IT pour la FinTech. Tu es d'accord ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
on pense que c'est évident, mais à l'époque, ce n'était pas si évident.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Et moi, je me rappelle d'un de mes premiers salariés qui m'a dit « Mais des plateformes de crowd, il y a déjà deux, trois. » Il me dit « Il n'y en aura pas plus. » Il y a déjà tout ce qu'il faut. Et nous-mêmes, on disait « C'est vrai. Pourquoi est-ce qu'il y aurait encore des plateformes de crowd ? Pourquoi est-ce qu'on fait ça ? » Et après, on s'est rapidement élargi sur d'autres métiers que juste le crowdfunding, sur la finance en général.
- Speaker #1
Alors, comme je le disais au début, tu as réussi à développer ton entreprise en étant profitable assez vite et depuis toujours profitable. Et donc, tu n'as pas levé d'argent.
- Speaker #0
Alors, en fait,
- Speaker #1
c'est pas la mode. A l'époque, c'était pas la mode.
- Speaker #0
La réalité, c'était déjà à la mode. On a un investisseur qui nous a bien aidé parce qu'il a mis 100 000 euros à la création. Donc ça, il faut que je le dise. Donc, c'était un compte courant d'associés. Donc, il nous a prêté cet argent. et il nous a aidé à nous lancer, évidemment. Après, on n'a pas eu d'autres aides et en fait, ce qui nous a aidé à lever de l'argent, c'est simplement qu'on était étudiants. Donc en fait, nous les deux fondateurs, on n'avait pas vraiment besoin de se payer. C'était le deal avec nos parents qu'on vivait chez eux, comme des étudiants. Et après, c'est la première année après où tu vois tes potes qui commencent à avoir des bons jobs, etc. Et toi, tu es trop content de te payer un SMIC grâce à ce que tu as facturé. Et au fur et à mesure, on a grandi comme ça et on a pu rembourser notre investisseur initial assez rapidement. et grandir sans lever d'argent.
- Speaker #1
Donc si un VC voulait investir 10 millions chez toi, tu dis non aujourd'hui ?
- Speaker #0
En vrai, ce n'est pas le modèle. On a quand même une liberté immense maintenant.
- Speaker #1
Je partage ton avis que souvent, trop souvent, les levées trop faciles se traduisent par des dépenses, donc des pertes et puis une sorte de cercle vicieux finalement parce que l'entreprise fait des pertes et elle doit relever. Et finalement, au fur et à mesure, en tant qu'entrepreneur, ton capital est grignoté et tu perds le contrôle. Et donc, tu n'es plus l'entrepreneur que tu rêvais d'être.
- Speaker #0
Je pense que tu l'as bien résumé.
- Speaker #1
On est en phase.
- Speaker #0
On est complètement d'accord.
- Speaker #1
La gestion extinctive. Donc là, il faut qu'on explique que le cadre réglementaire français est devenu européen. Il s'appelle PSFP, Prestataire de Service de Financement Participatif. oblige les plateformes à signer une clause de gestion extinctive. Au cas où elle disparaissait, quelqu'un s'occuperait de continuer de gérer le portefeuille qui n'est pas remboursé, afin de collecter auprès des emprunteurs et rembourser les prêteurs. Donc ça, c'est quelque chose que vous faites.
- Speaker #0
Oui, exactement. Quand ce nouvel agrément est sorti, il y avait ce besoin, au départ chez nos clients, plateformes, d'avoir un prestataire de gestion extinctive. Et donc aujourd'hui, on est ce prestataire pour près d'une quarantaine de plateformes en Europe. Et on a déjà quatre plateformes qui se sont arrêtées. C'est-à-dire que quand elles s'arrêtent, elles déposent le bilan ou autre, il y a de l'argent qui doit toujours être remboursé parce que des prêts ont été faits. Et donc pour qu'elles évitent de faire ce que j'ai fait sur Spire, de rester sept ans la boîte ouverte à gérer des flux, et voilà. On s'en occupe, nous, CapSense. Donc, on a une plateforme de gestion instinctive où les investisseurs vont retrouver leur portefeuille de prêts, d'investissements qu'ils ont faits et toucher sur cette plateforme leurs coupons, leurs remboursements. Et on va gérer la fiscalité, la transmission aux impôts, etc. et échanger avec les partenaires de recouvrement, de représentation de la masse, pour être précis également. Donc, on a géré une plateforme il y a un an qui est... qui s'est arrêtée avec plus de 150 millions d'euros d'encours au moment où elle s'est arrêtée. Donc, c'est 150 millions d'euros qui ont été prêtés et pas encore remboursés.
- Speaker #1
Chorégraphes, par exemple.
- Speaker #0
Exactement, chorégraphes. Et cette plateforme-là, c'est un beau challenge de le faire. Et on est très content et fier de le faire pour les investisseurs.
- Speaker #1
C'est une très bonne chose pour le marché, pour la place, de montrer aux investisseurs que quoi qu'il arrive, de toute façon, CapSens est là pour assurer cette gestion extinctive. Qui l'a payé ? C'est la plateforme au départ qui a payé des commissions et après vous assurez, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est une sorte d'assurance ? Non, ce n'est pas une assurance parce que si la plateforme nous payait, j'en sais rien, six mois de commission et qu'on doit faire la gestion extinctive pendant sept ans, ce qui est plutôt un délai réaliste, six mois de commission ne suffirait certainement pas. On a aujourd'hui des personnes à temps plein sur la gestion extinctive. La gestion extinctive a un business model où on se... paie en prenant un pourcentage sur les flux de retour des remboursements, tout simplement. Donc aujourd'hui...
- Speaker #1
Juridiquement, c'est carré.
- Speaker #0
Ah ben, il y a intérêt, oui.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Il y a intérêt. On échange avec l'AMF maintenant plusieurs fois par an pour s'assurer que ce qu'on fait corresponde aux standards réglementaires et eux-mêmes font évoluer leurs recommandations et on s'y colle à fond.
- Speaker #1
Très bien. Alors, ce qui m'intéresse aussi, c'est la croissance. parce qu'au départ, vous êtes quelques-uns, et puis 10, puis 70. Qu'est-ce qui s'est surpris dans cette croissance ? Qu'est-ce qui se passe entre 10 personnes et 70 personnes ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup de choses. C'est passionnant comme sujet. Il y a beaucoup de différences. Je dirais deux éléments. Le premier, c'est que c'est hyper excitant, quand même, c'est grisant.
- Speaker #1
La croissance ?
- Speaker #0
Oui, la croissance, c'est un petit peu comme la chute libre en parachute. C'est beau. il faut faire très attention, il faut être hyper vigilant surtout, parce que tout va très vite, tu prends des décisions très rapidement, là où avant tu recrutais en prenant beaucoup ton temps, en faisant très attention, là tu dois aller plus rapidement, donc tu peux commettre des erreurs plus nombreuses, etc. Donc il y a ça, ce qui rend le travail beaucoup moins monotone et très appréciable, en tout cas moi c'est ce que j'aime beaucoup. Et il y a aussi un autre volet qui est peut-être une contrepartie, c'est-à-dire qu'à 10, tout est simple. Tu es une seule équipe. Si tu vas prendre un verre après le travail, c'est avec tout le monde, etc. À 70, c'est une autre entreprise avec plusieurs équipes. On a de la chance, on s'entend encore très, très bien. On a une ambiance vraiment... C'est ce que j'aime le plus, je pense, chez CapSense. Mais la communication est plus corporate, si je puis dire, à notre taille. C'est-à-dire que... Si je communique à la boîte, maintenant, il faut que je prépare ce que je vais dire. Alors qu'avant, je n'avais pas nécessairement besoin de préparer. On était d'accord, c'était un peu informel.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Et alors, certains ne vont pas s'épanouir aussi vite que la boîte. Et donc, ne pourront plus dépendre du CEO. Tu as connu ça ? Au départ, tu es accompagné par une dizaine de personnes. Cinq dépendent de toi. Et puis, à la fin, parmi les cinq, tu dois leur dire, désormais, j'ai recruté un... Ainsi à faux, parce que finalement, tu étais un responsable comptable très bien, mais tu n'as pas grandi aussi vite. Et puis, tu n'as pas cette expérience sur la fiscalité, le rachat d'entreprise, le M&A, j'en sais rien.
- Speaker #0
En vrai, pour être honnête, on n'a pas encore connu ça. Je ne suis pas contre cette manière de faire. Je pense qu'elle est nécessaire parfois. Mais vraiment, notre modèle, c'est que quand des nouveaux postes s'ouvrent, on fait monter des personnes en interne bien sûr C'est facile parce qu'on existe depuis longtemps et on a grandi, mine de rien, assez tranquillement pendant une bonne période. Mais là, par exemple, notre directeur technique s'en va après presque dix ans chaque absence. C'est un développeur qui était déjà là, qui prend sa place. Et c'est comme ça sur tous les postes. En fait, notre CEO, notre directrice projet, c'est des personnes qui sont entrées en stage, en alternance, il y a sept ans et qui ont grandi dans la boîte et qui ont fait grandir la boîte. Et j'aime bien ce signal aussi pour l'équipe, c'est de se dire que si tu es excellent, si tu te démarques positivement, les places sont pour toi et on ne va pas te dire « bon, en fait, merci d'avoir cradaché, mais j'ai pris quelqu'un à l'extérieur qui va faire tout le travail à ta place, sinon ça va être décourageant » . Donc il y a ce système-là. Après, parfois c'est nécessaire, évidemment, d'aller chercher des talents qui ont déjà de l'expérience et qu'on n'a pas nous en interne.
- Speaker #1
Est-ce que tu as vécu le fait que, comme les doigts d'une main, Au départ... Quand les services se créent, la communication entre les services est plus difficile.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est clair. Comment faire en sorte que le chiffre d'affaires et la comptabilité, enfin je veux dire les sales et la comptabilité se parlent ?
- Speaker #0
C'est la nouveauté de la croissance. C'est le truc que tu aimes moins dans la croissance, c'est sûr. Et que tu dois bien connaître également.
- Speaker #1
Et c'est intéressant parce que du coup, les solutions IT permettent de résoudre ces problèmes.
- Speaker #0
Oui, exactement. Bien sûr, je sais d'ailleurs avant, ça devait être beaucoup plus lent dans les entreprises. Pour croître. Pour croître. Donc toi,
- Speaker #1
tu utilises des solutions SaaS, par exemple, pour faire en sorte que tu aies un CRM, etc.
- Speaker #0
On est à fond.
- Speaker #1
On est tous les mêmes. La parité homme-femme. Dans une entreprise de dev IT, ce n'est pas évident.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas évident. Je pense que ça dépend pas mal des métiers. On le voit naturellement. Quand on ouvre un poste de développeur, il y a très peu de femmes qui postulent. Quand on ouvre un poste de chef de projet, il y a plus de femmes que d'hommes. Et d'ailleurs, chez nos chefs de projet, je crois qu'on est... trois quarts de femmes. Donc, ça dépend des métiers. Après, aujourd'hui, on doit être un tiers de femmes, deux tiers d'hommes. Je n'ai pas pour objectif principal d'avoir 50-50. J'ai pour objectif principal d'avoir la meilleure équipe possible.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce que tu utilises des équipes en IR ou offshore ?
- Speaker #0
Oui, depuis un an, on a deux développeurs au Liban qui sont donc... nirshor et francophone et presque sur notre fuseau horaire et je suis moi-même d'origine libanaise et je parle libanais et mes parents vivent là-bas donc ça me permet de savoir un petit peu ce qui se passe donc c'est pas anodin que ça soit au Liban avant que je n'oublie il y a un lien avec ta holding qui s'appelle 1450 non il n'y a pas de lien avec ça 1450 c'est parce que c'est le début de l'imprimerie c'est le début du monde moderne Et donc maintenant, on pourrait plus l'appeler 2025, vu ce que nous sort Claude avec le nouveau monde qui est en train de sortir.
- Speaker #1
Comment tu gardes ta légitimité dans une solution, dans une entreprise qui fait le développement IT, alors qu'a priori, tu n'es pas un codeur, si ?
- Speaker #0
Oui, non, je code pas. J'ai appris à coder, mais je n'ai jamais codé une plateforme de bout en bout. Et nous, les deux fondateurs initiaux, on n'était pas des développeurs. Donc c'est un petit peu contre-intuitif. Je ne sais pas, c'est une bonne question. Je pense que je suis bon sur tout le reste et que j'ai été bien entouré sur l'aspect développement.
- Speaker #1
Tu peux me parler un peu d'IA ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Parce que, où est-ce qu'on va là ?
- Speaker #0
Je peux te dire quelques éléments simples et rapides. Déjà, c'est hyper excitant. De même que je disais que la croissance, ça permettait de changer son quotidien et d'être dynamisé à fond. Ce qui se passe sur l'IA, notamment depuis novembre 2025, où il y a eu une grosse accélération sur la puissance des modèles, ça nous permet d'être très challengés. Et personnellement, j'aime beaucoup le challenge et j'apprends beaucoup. Dans le monde du développement, on développe. significativement plus vite. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce qu'on faisait en trois semaines l'année dernière, il y a neuf mois, aujourd'hui, on le fait en une semaine. Et encore, ça va dépendre des tâches, mais ce que je dis là, c'est à peu près en moyenne. Donc, nos clients voient l'impact sur leur facture, sur la rapidité, sur des choses qu'ils n'auraient pas développées avant. Maintenant, ils peuvent le développer parce que ça coûte moins cher, c'est plus rapide.
- Speaker #1
C'est ce qui explique ta croissance de 45% l'année dernière ou pas ?
- Speaker #0
Non, parce qu'on a fait 45% en 2024 et re-45% en 2025. Et l'IA à ce moment-là était moins importante.
- Speaker #1
Mais là,
- Speaker #0
en 2026, on a des offres très importantes autour de l'IA pour accompagner des entreprises, pour passer à l'ère de l'IA dans la finance notamment. Donc, c'est une nouvelle verticale intéressante.
- Speaker #1
Alors, toi qui sers plusieurs plateformes, de nombreuses plateformes, de... le financement participatif, tu peux voir quels sont les succès, les échecs, qu'est-ce qui fait qu'une plateforme fonctionne.
- Speaker #0
Ah génial. En effet, ce que tu dis est vrai. Donc je dirais, un premier élément, c'est évidemment la qualité des projets. C'est tout bête, mais proposer de l'épargne en ligne, etc. Mais c'est pour financer quoi ? On a beaucoup de plateformes qui sont dans l'immobilier ou bien sûr le financement de start-up. Quand Blast Club propose d'investir dans des projets qui sont... des startups de Y Combinator, les meilleures au monde pour faire simple, évidemment que ça attire des investisseurs. Quand les projets de la première brique ou d'autres plateformes surnagent dans leur stat de performance par rapport à d'autres, évidemment que ça attire des investisseurs. Donc il y a ça. Et après, le deuxième truc que je vois beaucoup, c'est la manière de disrupter la communication. Chacun y va à sa manière.
- Speaker #1
J'y crois beaucoup.
- Speaker #0
mais la première brique par exemple ils racontaient le day to day de leur boîte hyper proche de leurs investisseurs et ça a plu, Blast Club a une communication incroyable avec Anthony Bourbon qui fait ça hyper bien il crée des communautés d'investisseurs et c'est des communautés fidèles qui vont même au delà de l'investissement par exemple Blast c'est une communauté de gens qui veulent progresser ensemble, entreprendre ensemble apprendre ensemble, c'est pas que de l'investissement et donc ça c'est très bien créé BOUM beaucoup d'événements qui sont faits autour. Et ça, je le vois chez...
- Speaker #1
Un effort pédagogique, finalement, pour éduquer les gens à la finance, non ?
- Speaker #0
Oui, c'est sûr.
- Speaker #1
À la finance personnelle.
- Speaker #0
C'est sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Ils font un peu ce que faisait ton père avec vous.
- Speaker #0
Oui, tu as raison. Je pense que c'est bien résumé. Il faudrait que je lui dise ça.
- Speaker #1
En effet, je pense que ceux qui sont un peu des grandes gueules, capables de créer des communautés, à faire du personal branding, ils recrutent des investisseurs.
- Speaker #0
Ah oui, exactement.
- Speaker #1
Souvent assez jeunes.
- Speaker #0
Oui, souvent assez jeunes, mais moi je vois de plus en plus de personnes qui ont plus de 50 ans qui sont sur ces plateformes. Franchement, on le voit dans la data. Après, c'est des personnes qui avaient plus de 40 ans au début du crowdfunding. Donc c'est le flow logique, mais c'est là où il faut aller aujourd'hui pour les plateformes. Il ne faut pas juste attirer les geeks, mais il faut que les personnes qui ont de l'épargne, donc plus de 50 ans, épargnent dessus. Et on voit ça quand même sur beaucoup de plateformes de nos clients.
- Speaker #1
C'est quoi la suite pour CapSense ? L'international ?
- Speaker #0
L'international, c'est un sujet, bien sûr. Là, on a des clients partout en Europe et on veut continuer à développer ça. On a recruté nos premiers sales tout récemment. Donc, on appuie sur l'accélérateur nous-mêmes, sans compter uniquement sur le bouche-à-oreille et la croissance de nos clients. Beaucoup d'IA. Il y a tellement de choses à faire.
- Speaker #1
Alors, pour faire quoi, du coup ? Un marché secondaire ? La tokenisation ?
- Speaker #0
Ça, c'est des sujets qu'on adresse déjà, mais pour nos clients. C'est-à-dire qu'on ne le fait pas, nous, de façon sasse. Mais on a des clients qui ont des marchés secondaires, qui ont de la tokenisation des actifs.
- Speaker #1
La lutte contre la fraude ?
- Speaker #0
La lutte contre la fraude. On a récemment embauché quelqu'un qui est spécialisé sur ces sujets en interne. Voilà. Et notre futur, c'est sur des projets de plus en plus grands. On travaille déjà avec des banques, des grosses sociétés de gestion comme Ardian ou d'autres. Mais de continuer à aller vers des... projets de plus en plus importants parce qu'on est déjà la première agence web sur la FinTech en France. On veut être la première agence sur la finance d'un point de vue plus global en France. Excellent.
- Speaker #1
Tu me parles de sociétés de gestion et beaucoup de travail parce qu'ils ne sont pas du tout assez digitalisés.
- Speaker #0
C'est merveilleux. Je suis complètement d'accord. Certaines le sont depuis plusieurs années grâce à nous.
- Speaker #1
Chez les monopoles, on a le même diagnostic. C'est-à-dire qu'en fait, on se dit que cette capacité de massifier le recrutement pour le compte des sociétés de gestion... il faut leur proposer.
- Speaker #0
Oui, je pense que ça va aller très vite. Là, il y a eu un amorçage depuis 2019, mais là, ça s'accélère. Et il y a vraiment ce que tu dis, la retailisation de l'épargne.
- Speaker #1
Notamment à travers LTIV2, qui est une directive européenne qui pousse les sociétés de gestion en Europe à baisser le ticket minimum d'investissement.
- Speaker #0
Exactement. Et elles en ont besoin elles-mêmes. Par exemple, là, on voit... Les investissements internationaux sont un petit peu bloqués depuis la guerre autour de l'Iran et du Détroit. Les sociétés de gestion trouvent un relais dans l'investissement grâce à l'épargne des particuliers au sens plus large. Alors que des institutionnels ont plus de mal à débloquer leur portefeuille aujourd'hui, elles trouvent ce relais-là. Et donc, Elkif 2 le permet, mais la technologie aussi, CapSense, LemonWay, le permet. C'est-à-dire qu'avant, faire... tout un flot qui, ouais, ici, paiement, appel de fonds complexes, etc., ça valait le coup pour des tickets à 100 000, 1 million. Maintenant, technologiquement, ça vaut aussi le coup pour des tickets à 5 000 euros. Alors qu'avant, ça n'aurait jamais valu la peine de signer tout un tas de papiers pour uniquement ces sommes-là.
- Speaker #1
Alors, ce monde de la finance, les banquiers, les sociétés de gestion, comment est-on perçu, reçu ?
- Speaker #0
Bien, franchement. Après, j'ai la chance d'en venir un petit peu. c'est à dire que Je ne suis pas complètement un punk, mais...
- Speaker #1
Tu mets une cravate dans ce cas-là ? Non,
- Speaker #0
non, non.
- Speaker #1
Tu restes FinTech ?
- Speaker #0
Non, non. En fait, je pense que tout le monde est content comme ça. Je peux mettre des chemises, mais eux, ils veulent parler avec une agence web. Ils ne veulent pas parler avec des conseillers en gestion de patrimoine.
- Speaker #1
Bravo. Quel serait ton meilleur argument à ceux qui voudraient lancer une plateforme FinTech et qui ne savent pas s'il faut le faire tout seul ou à travers toi ?
- Speaker #0
Ah, wow. Mon meilleur argument, c'est mes clients. C'est-à-dire qu'on a développé des plateformes qui cartonnent.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. Le taux de succès n'est pas mauvais.
- Speaker #0
Il est énorme.
- Speaker #1
Donc en fait, c'est dire...
- Speaker #0
Enrfip, Lita, Blast, AK, Razers, la première imbrique.
- Speaker #1
Tout,
- Speaker #0
Monego, etc. sont des plateformes où les gens, en général, nous ont contactés avec leur adresse Yahoo, Gmail. Et aujourd'hui, c'est des boîtes avec des super EBITDA positifs, avec 50 personnes à l'intérieur, qui attaquent l'international. qui cartonnent, des fondateurs qui sont ravis et des partenaires historiques comme nous.
- Speaker #1
D'accord, ils se sont intéressés, ils se sont occupés des projets et de trouver des investisseurs plutôt que du back-office,
- Speaker #0
quelque part. Exactement, et même plus que les délestés de ces sujets-là, on les accélère vraiment technologiquement. C'est-à-dire que quand ils ont une idée, on l'améliore parce que le sujet, en fait, on le connaît par cœur. Ils veulent, je ne sais rien, lancer un système de parrainage entre utilisateurs. On va leur dire le parrainage, on l'a fait huit fois et là, on va le penser. hyper bien parce qu'on sait comment le faire. Alors que toi, un système de parrainage, tu ne vas en faire qu'une seule fois dans ta vie.
- Speaker #1
Très bien, bravo. Je suis convaincu.
- Speaker #0
Merci Nicolas. Merci à toi pour l'invitation.
- Speaker #1
Tu es satisfait de l'émanouer ?
- Speaker #0
Je suis ravi de bosser avec vous. Heureusement que vous êtes là parce que je ne sais pas comment seraient gérés les paiements sur beaucoup de nos plateformes sans vous. Et j'espère qu'on va faire encore plein de choses ensemble.
- Speaker #1
Merci Nicolas pour ta confiance.
- Speaker #0
Merci Damien. Au revoir.
- Speaker #1
Et voilà, c'est terminé pour cet épisode de Show Me The Money. Si le contenu vous a éclairé, partagez-le auprès de ceux ou celles qui pourraient être intéressés et abonnez-vous pour ne pas louper le prochain épisode. A bientôt pour le prochain décryptage.