- Speaker #0
Ok, d'accord. Top, sans giste, nickel. Bonjour à toutes, bonjour à tous, on reçoit aujourd'hui Amélie Deloche, co-créatrice du collectif Paye ton influence et co-autrice du guide de l'influence responsable de l'ADEME, un guide qui dit les choses clairement sur l'influence, sans langue de bois, et surtout qui donne des outils pour passer à l'action. Vouloir faire de l'influence responsable, c'est bien, mais concrètement, ça veut dire quoi ? C'est ce qu'on va voir aujourd'hui avec Amélie. Hello Amélie, comment ça va ?
- Speaker #1
Salut Anaï, ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Ça va super, je suis très contente de faire cet enregistrement avec toi aujourd'hui. Amélie, soyons honnêtes, aujourd'hui seulement 5% des créateurs et créatrices de contenu parlent de sujets engagés sur les réseaux. Toi, tu ferais quoi si tu étais à ma place de CMO de marque engagée ? Est-ce que je mise tout sur ces 5% qui sont... généralement moins influents que les gros ou est-ce que j'essaie de faire bouger des gros comptes lifestyle des plus gros influenceurs ?
- Speaker #1
Alors je pense que ça dépend de la marque, ça dépend de la taille de la marque, des budgets etc. Je pense qu'aujourd'hui il y a vraiment un enjeu à faire en sorte d'aller embarquer les plus gros créateurs ou en tout cas ceux qui parlent pas forcément d'écologie, qui sont pas forcément engagés et ça passe notamment par le fait de leur donner l'opportunité de travailler avec des marques un peu plus engagées aussi. Donc, je pense qu'il y a vraiment un gros enjeu pour les marques engagées qui ont un peu de budget d'aller essayer d'aller voir les créateurs justement un peu moins engagés et qui peuvent parler à des audiences qui sont en dehors des cercles de convaincus et du coup, potentiellement, orienter leur mode de vie et leur mode de consommation vers des pratiques plus responsables.
- Speaker #0
Ok. Et c'est tant mieux, parce que c'était ma question suivante. Si je suis justement une marque engagée qui veut travailler avec un de ces... plus gros, plus grosse influenceuse, plutôt lifestyle, qui n'a jamais parlé d'écologie. Comment est-ce que je fais pour, déjà peut-être le convaincre potentiellement, déjà de travailler avec ma marque, et comment je fais pour que ça ne vire pas au bas de buzz ou à un truc qui frôle le greenwashing, parce que justement, on est sur un décalage peut-être clairement d'engagement.
- Speaker #1
Je pense que pour le coup, le convaincre, c'est pas forcément la chose la plus difficile, alors sauf si on parle de la question du budget bien sûr parce que c'est souvent ça qui est un peu le nerf de la guerre dans l'influence et un des freins principaux pour les marques engagées d'aller travailler avec des créateurs qui ne le sont pas beaucoup parce que les budgets sont souvent plus importants, mais en tout cas je pense que la plupart des créateurs en fait même ceux qui ne parlent pas du tout d'écologie ils ont à coeur de proposer des partenariats commerciaux qui sont éthiques globalement en tout cas avec des marques qui ont potentiellement des valeurs qui... qui peuvent intéresser leur audience. Et globalement, ils préfèrent toujours travailler avec des marques qui leur risquent le moins de bad buzz possible. Et les marques engagées, forcément, on peut un peu moins leur reprocher par rapport à d'autres marques dont on connaît les forts impacts. Après, la problématique, oui, c'est la question de la cohérence. Un influenceur qui ne parle jamais d'écologie, qui... fait des partenariats avec des entités économiques, des marques pas ouf, par exemple, qui acceptent de la fast fashion ou, je ne sais pas, des marques un peu de malbouffe. Si derrière, il travaille avec une marque, je ne sais pas, engagée, de cosmétiques engagées, on peut lui dire, en fait, OK, mais la semaine dernière, tu m'as parlé d'une autre marque qui n'était pas du tout engagée. Et du coup... l'audience peut y voir une forme d'incohérence dans son discours et du coup, voir ça comme une tentative d'améliorer son image à travers une marque engagée, mais avec pas forcément une sincérité derrière qui est de proposer quelque chose de vraiment mieux à ses abonnés. Donc, c'est clair que c'est un ajustement à avoir entre ce que fait l'influenceur. Je pense que les marques engagées, clairement, elles n'iront pas travailler avec les influenceurs télé-réalité. Le décalage serait peut-être un peu trop grand, mais par contre, il y a pas mal de créateurs qui ne sont pas les plus engagés, mais qui restent quand même pertinents. Mais je pense que ça dépend vraiment. Et c'est pour ça qu'une marque engagée doit vraiment regarder avec qui travaille le créateur globalement. Dans l'ensemble de ses partenariats, qu'est-ce qui ressort globalement en termes de type de marque ? C'est des marques vraiment qui sont beaucoup trop éloignées des valeurs de la marque engagée. Là, ça peut poser problème et ça peut être un enjeu réputationnel autant pour la marque que pour l'influenceur.
- Speaker #0
Oui, j'allais dire, avant de choisir, un ou une influenceur pour une campagne, toi, tu recommandes quoi comme critères justement à checker pour s'assurer qu'il y a un alignement justement de valeur ?
- Speaker #1
Il faut checker bien sûr ces partenariats, à qui l'influenceur travaille, à quelle fréquence aussi. C'est intéressant de voir à quel point les collaborations commerciales prennent de la place dans sa création de contenu. L'idée quand même, c'est toujours d'essayer d'avoir des créateurs de contenu qui ont un équilibre assez intéressant entre création de contenu organique et collaboration commerciale pour pas justement qu'ils soient trop vus comme des panneaux publicitaires, ce qui peut impacter négativement sa capacité à faire vendre en fait parce que plus t'es un panneau publicitaire d'une certaine manière moins tu vas avoir la confiance de ton audience quand tu fais des recommandations commerciales parce qu'on va dire oui mais en fait t'en fais tout le temps donc quand est-ce que je vais te croire et ensuite je pense qu'il y a aussi un enjeu à regarder concrètement qu'est-ce que l'influenceur normalise en termes d'imaginaire de société est-ce que c'est des choses vraiment totalement éloignées de ma marque est-ce qu'il y a quand même des choses où on se retrouve concrètement quel type de contenu est partagé est-ce que c'est vraiment plus du lifestyle est-ce que Il y a aussi une création de contenu un peu plus, on va dire, d'une certaine manière qualitative, le délai du payment, etc. Je pense que voilà, après, c'est le profil. En fait, il faut vraiment regarder le profil complet du créateur, regarder s'il n'a pas été dans des bad buzz aussi. Souvent, Internet n'oublie rien, donc ça se trouve facilement. Et je pense que vraiment, il y a un enjeu à créer, je trouve, un dialogue beaucoup plus honnête entre l'influenceur et la marque, ce qui n'est pas le cas assez, je trouve. Et même du côté de l'influenceur, d'ailleurs, en fait. La marque, elle doit aussi être honnête sur qu'est-ce qu'elle fait de pas ouf, qu'est-ce qu'on peut lui reprocher, par exemple. Est-ce qu'il y a eu des scandales, des choses qui peuvent, en fait, impacter aussi l'image de l'influenceur en acceptant le partenariat ? Je trouve que c'est vraiment indispensable d'avoir un échange honnête parce que sinon, si l'un ou l'autre manque une information qui est potentiellement importante, c'est là où, en fait, le risque de bad buzz peut arriver. Donc, dans les deux, je recommande vraiment un dialogue un peu plus… un peu plus étroits entre les annonceurs et les créateurs pour être sûr que les deux sont alignés avec la collaboration et pour éviter tout retour négatif de l'audience ou bad buzz à venir.
- Speaker #0
J'ai envie qu'on revienne un petit peu en arrière sur ton parcours. Tu as co-créé le collectif Paye ton influence. Peut-être que tu peux le présenter et nous dire un peu ce qui t'a donné envie de lancer ce collectif.
- Speaker #1
Oui, alors Payson Influence a été monté fin 2021. On a lancé le collectif à travers le compte Instagram en décembre 2021. Et il a été créé suite à deux constats. Le premier qui était que les influenceurs pouvaient être des vecteurs extrêmement efficaces de la transition écologique, de par leur capacité à parler à des audiences larges, qui les écoutent, qui les considèrent comme des leaders d'opinion. Et un autre constat qui était que certes, ils pouvaient être des vecteurs extrêmement efficaces de la transition écologique. mais aujourd'hui, ils ne l'étaient pas et que la plupart, et notamment les plus visibles, étaient plutôt vecteurs d'imaginaires de sociétés à rebours des enjeux environnementaux, donc avec la normalisation de modes de consommation comme la surconsommation ou l'achat vers des marques pas très éthiques, la mise en avant et la glamourisation de modes de vie aussi assez impactants écologiquement parlant, beaucoup prendre l'avion, beaucoup consommer globalement. Et donc, on s'est dit, en fait, qu'il y avait un sujet de dire, en fait, les créateurs de contenu sont suivis par une très grande majorité de notre génération, ils pourraient être des personnes, justement, enfin, on a besoin d'eux, en fait, dans la transition écologique, et du coup, il y a un enjeu à aller un peu les réveiller et leur faire comprendre qu'ils ont une certaine forme de responsabilité par rapport à l'audience et au pouvoir qu'ils ont sur leur audience, et du coup, aller faire en sorte qu'ils aient des pratiques plus éthiques en termes de choix de collaboration, en termes d'imaginaire de société, Et ça a été vraiment ça, le cœur de la création de Payton Influence, aller un peu bousculer le secteur de l'influence sur l'impact environnemental du secteur et faire en sorte que les pratiques évoluent vers plus d'éthique.
- Speaker #0
Et du coup, tu fais le collectif à plus de 5 ans maintenant, bientôt 5 ans. Tu as vu les pratiques évoluer en 5 ans ?
- Speaker #1
J'ai vu les pratiques évoluer en 5 ans. En fait, quand on a commencé... Paye ton influence. Le sujet de l'impact des créateurs est en train de monter. On avait notamment le média Bon Pot qui avait commencé à faire des articles sur l'impact des créateurs. On parlait de Nabila, par exemple, notamment l'empreinte carbone des créateurs de contenu. Et en fait, petit à petit, on a vu, et d'ailleurs, dès qu'on a sorti le collectif, on a vu qu'il y a eu vraiment un engouement de la part des audiences et une réelle attente de responsabilité des créateurs d'une partie grandissante de l'audience, notamment une responsabilité de... une attente de responsabilité écologique. Donc, c'est devenu progressivement un enjeu réputationnel, en fait, pour les créateurs, leur impact environnemental, parce qu'ils pouvaient avoir des commentaires qui les reprenaient, justement, de leur audience sur leurs choix de collaboration ou les modes de vie qu'ils pouvaient normaliser. des commentaires négatifs lorsque l'audience estimait que c'était des comportements, des modes de consommation ou des marques trop impactantes. Donc, c'est devenu petit à petit un peu un enjeu réputationnel. On a fait, on a essayé justement de faire ce travail-là avec Payson Influence que ça montre en fait que ça devient vraiment un enjeu de société, l'impact des créateurs. Et en fait, il y a eu notamment la loi Influenceur qui est arrivée entre-temps qui a permis aussi de remettre de la lumière sur la question de la responsabilité sociétale en fait globalement des créateurs et sur leur pratique. Et du coup, on a vu globalement des créateurs, notamment créatrices, petit à petit, arrêter certaines collaborations avec des marques de fast fashion, moins se montrer dans l'avion, moins glamouriser l'avion. Par exemple, il y a des agences qui ont commencé à dire à leurs créateurs « Non mais arrêtez de vous montrer dans les aéroports, dans les avions, pour éviter de glamouriser le moyen de transport, par exemple. » Et du coup, on a vu un peu des pratiques évoluer comme ça, des influenceurs qui... qui allaient de plus en plus essayer de parler d'écologie, soit eux-mêmes, soit à travers des causes qui pouvaient être portées par des associations, etc. Et en fait, on a vu une évolution assez positive. Alors bien sûr, le secteur ne s'est pas révolutionné sur les questions environnementales, mais globalement, il y avait vraiment un dialogue extrêmement présent sur cette question de l'impact environnemental des créateurs. Jusqu'à, j'ai envie de dire, la deuxième élection de Trump, où en fait... Donc, il a été élu. Directement, il a dit aux entreprises qu'on s'en fout de l'écologie et de l'inclusion. Je ne vais pas attendre ça de vous. Et globalement, je pense que peut-être avant son élection, ça avait déjà commencé à... Les questions environnementales commençaient déjà peut-être à être un peu moins présentes dans la société. Je pense que moi, j'ai vu vraiment, avec sa deuxième élection, un vent de désintérêt de plus en plus massif dans l'environnement. un backlash écologique, une remise en question de la science aussi, on l'a vu encore récemment, du constat scientifique sur l'achat climatique, etc. Vraiment une défiance généralisée et je pense aussi à un contexte économique, géopolitique, qui fait que les questions d'écologie, elles vont en Xème plan par rapport à la précarité économique, par rapport aussi à un mal-être qui fait que tu vas plutôt t'occuper du jour au jour le jour, plutôt que de te dire potentiellement l'achat climatique, etc., même s'il existe déjà. Mais on va dire qu'on le voit moins directement, nous, en France. Et là, on voit vraiment des retours en arrière aussi dans l'influence marketing, avec vraiment des marques de fast fashion qui reviennent sur le devant de la scène, par exemple comme H&M, qui avait été un peu boudée, notamment avec le scandale autour de l'exploitation du peuple ouïghour avec la liste de la honte. l'avion n'est plus un sujet prendre l'avion 15 fois aller à Coachella aller au Met Gala glamouriser enfin même les modes de vie ultra luxe sont redevenus à la mode en fait vraiment on a vraiment pas pas du tout évolué en termes de modèle de société et surtout de personnes qu'on considère comme représentant la réussite par exemple et ouais vraiment pas mal de retour en arrière ces derniers temps du coup c'est assez compliqué de continuer le travail quand on a l'impression de se battre de devoir se battre encore plus fort pour émerger et là je suis contente de voir que enfin je suis contente de la sortie du guide de l'influence responsable avec l'ADEME, parce que je me dis ça permet au moins de dire il y a un outil existant aujourd'hui mais le défi c'est quand même de faire en sorte qu'il devienne une référence dans l'influence, ce qui devient de plus en plus compliqué globalement
- Speaker #0
Surtout qu'on est dans un cas où c'est un problème avec une équation avec deux inconnus, où on a d'un côté les influenceurs effectivement qui promeut qui effectivement je les ressentis aussi de ce à nouveau ce lifestyle de quatre coins de la planète toutes les 30 secondes de voyager en business d'être dans des endroits très luxueux et c est en même temps en face on a aussi j'ai un j'ai pas j'ai pas les chiffres peut-être que tu les as mais un investissement massif qui viennent justement du secteur de l'aviation pour faire des campagnes d'influencé qu'on n'avait peut-être pas autant encore avant quoi
- Speaker #1
Oui, exactement. Là, il y a des chiffres qui sont sortis d'une étude de l'ARPP et de France Pub qui montrent que les investissements des annonceurs dans l'influence marketing en France ont augmenté de 15% entre 2024 et 2025. Donc, on voit que globalement, l'influence marketing, pour un gros nombre d'annonceurs et d'entités économiques, devient un canal privilégié. Et bien sûr, comme dans la publicité classique, ceux qui ont le plus de moyens, ce sont les secteurs les plus polluants. globalement. On estime qu'il y a à peu près 1200 stimuli publicitaires par jour qu'on a au quotidien, soit dans les logos qu'on voit dans les pubs, etc. C'est vraiment David contre Goliath pour réussir à contrer les modes de vie de consommation non éthiques qui sont matraqués au quotidien versus les modes de consommation éthiques, concrètement. Globalement, on a aussi des secteurs économiques comme celui de l'aviation, comme certains lobbys agro-industriels. qui voient aussi en l'influence marketing une opportunité de redorer leur image auprès d'une audience jeune qui seront les futurs consommateurs et qui, du coup, seront ceux qui vont construire la société de demain. Et donc, leur mode de consommation et leur mode de vie, quand ils sont orientés dès le plus jeune âge, concrètement, c'est là où c'est le plus intéressant de les orienter. Donc oui, le secteur de l'aviation notamment, on a vu des compagnies aériennes, bien sûr, énormément travailler avec les créateurs de contenu. On a vu aussi des lobbies comme le GIFAS, qui est en gros le lobby de l'aéronautique en France, travailler avec Thibaut InShape, le Salon du Bourget, faire des collaborations avec Jany Gourmaud, par exemple, qui a un argument d'autorité scientifique de par son ancien… travail de présentateur de C'est pas sorcier. Donc, on a vraiment aussi des secteurs qui investissent massivement dans l'influence pour orienter les comportements des plus jeunes.
- Speaker #0
Dans ce cas-là, ce qu'on se dit, c'est qu'il faudrait réglementer le secteur. Il y a déjà une loi influence qui existe. Est-ce que pour toi, elle est suffisante ? Est-ce qu'elle encadre assez ? Peux-tu nous recadrer un peu ce que dit la loi aujourd'hui et ce qu'elle permet ou ne permet pas ?
- Speaker #1
Oui. Alors déjà, ce qu'il faut comprendre, c'est que l'influence marketing, c'est une branche de la publicité classique. Donc avant la loi influenceur, les acteurs de l'influence marketing devaient respecter les réglementations qui existaient déjà autour de la publicité. Ça n'était pas fait parce que le secteur était vraiment dans une certaine forme d'impunité totale. Parce qu'avant la loi influenceur et avant, on va dire, 2023, les pouvoirs publics s'intéressaient beaucoup moins au secteur de l'influence marketing, ou en tout cas du point de vue encadrement. Et donc cette loi influenceur en France, ce qu'il faut savoir c'est aussi la première loi au monde sur l'influence marketing, donc on est assez des précurseurs. Ce qui est vraiment intéressant avec cette loi c'est qu'elle donne une définition à l'activité d'influenceur commercial, ce qui est extrêmement important parce que quand tu n'as pas de définition d'un métier, tu ne peux pas bien l'encadrer avec notamment des droits et des devoirs. Elle donne aussi la définition de l'activité d'agent d'influenceur. Pareil. extrêmement important parce que c'est un nouveau métier qui a émergé et qui n'était pas vraiment bien encadré non plus et au détriment beaucoup des influenceurs dont beaucoup se sont fait aussi avoir par des agences, c'est pas que dans un sens et ensuite elle a rappelé un certain nombre d'interdictions notamment elle a créé des nouvelles interdictions donc interdictions pour voir la chirurgie esthétique les crypto-monnaies sauf agrément de l'autorité des marchés financiers un bandeau L'HOL un bandeau de prévention lors de la promotion des paris sportifs. Elle a mieux encadré aussi le travail des influenceurs mineurs. Mais globalement, elle n'a pas révolutionné les pratiques. Elle a aussi rappelé l'obligation de transparence commerciale lors de collaborations commerciales. Donc, toutes les mentions obligatoires, publicité, collaborations commerciales, partenariats, lorsque l'influenceur est payé en nature ou en argent par une marque. Et voilà, donc elle a un peu... remis au clair ce que devaient suivre les créateurs de contenu en termes de législation, notamment rappeler tous les textes de loi qui s'appliquent à l'influence marketing. Mais elle n'a pas révolutionné globalement les pratiques. Ça a permis vraiment de responsabiliser le secteur en disant maintenant il y a une loi, donc respectez-la. Et de professionnaliser quand même les pratiques en ayant ce métier d'influenceur commercial et ce métier d'agent qui sont officiels. Par contre, Si on part de la question des partenariats, la loi n'interdit pas les partenariats avec des entités économiques aux forces d'impact environnementaux parce que ça n'existe pas, ce n'est pas encadré dans le reste de la publicité classique. Bien sûr, sauf exception. On a par exemple un interdiction de promouvoir le pétrole dans les industries pédolaires, dans les publicités, mais globalement, il y a très peu de secteurs économiques qui sont très encadrés en termes de storytelling qui peut être dit. sauf la loi Evin avec l'alcool, le tabac,
- Speaker #0
et les députations.
- Speaker #1
Même la loi Climat et Résilience, par exemple, qui a été votée en 2021, elle avait pour objectif d'être beaucoup plus stricte en termes de qui a le droit de faire la publicité. Finalement, elle a été un peu vidée de sa substance. Donc, en gros, la plupart des secteurs économiques peuvent aujourd'hui, même s'ils ont des énormes impacts, peuvent faire de la promotion, enfin, peuvent faire de la publicité et donc travailler avec des créateurs de contenu. Et ça, c'est un sujet, par contre. Le sujet, c'est est-ce qu'aujourd'hui, alors qu'on sait à quel point la publicité a une capacité extrêmement forte à orienter les modes de vie, les modes de consommation, est-ce qu'il ne serait pas temps d'interdire certains secteurs économiques de promouvoir leurs produits parce qu'ils sont trop impactants ? Et ça a été un sujet abordé notamment durant la loi, les discussions autour de la loi contre la fast fashion en France, qui aurait dû… sur l'interdiction de la publicité pour l'ultra fast fashion, notamment des plateformes comme Sheen et Temu, où finalement, cette loi n'est pas encore mise en place. J'imagine que ça n'adviendra jamais. Mais quand on voit qu'il est déjà très compliqué d'aller interdire la promotion de Sheen, alors qu'on sait que c'est le pire du pire, les marques qui sont un peu moins impactantes, c'est très compliqué.
- Speaker #0
J'ai l'impression que ça fait, en tout cas en France, que par le biais de plusieurs lois, plusieurs projets de loi, etc., on essaye depuis un moment de réguler justement qui et comment peut faire de la publicité, à quelle échelle et qu'on n'y arrive pas. Mais parce qu'il y a énormément de lobby aussi derrière pour empêcher tout ça. Toi, si demain, tu devais créer la loi parfaite pour pouvoir réguler le secteur de l'influence, elle comprendrait quoi dedans ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Je pense que déjà, comme je disais, étant donné que l'influence marketing, c'est de la publicité, pour moi, une loi qui réglementerait mieux l'influence marketing, elle réglementerait aussi mieux la publicité classique. Mais je pense que vraiment, pour moi, interdiction de la promotion de certains secteurs économiques trop impactants environnementalement et socialement parlant. Après ça, il faut juste créer une échelle. Mais par exemple, pour moi, c'est impensable Merci. Coca-Cola puisse encore faire la publicité alors que c'est le plus gros pollueur facile du monde, que ces produits ne sont ni bons pour la santé, ni pour l'environnement, ni pour rien. Tout est mauvais, en fait. Il n'y a rien à garder dans le Coca, concrètement, par exemple. Donc, pour moi, interdiction de certains secteurs économiques trop impactants, notamment tout ce qui est fast fashion, Coca-Cola, Amazon, industrie, industrie des énergies fossiles au global, même en total. qui parle de son électrique. Une restriction un peu plus grande en termes de publicité. Et ensuite, après c'est très compliqué parce que on peut aussi aller encore plus loin et se dire voilà, est-ce qu'il faut interdire tous les lobbies, mais du coup, quels lobbies par exemple, parce que les lobbies, il y a aussi des lobbies qui sont bénéfiques dans le sens où ils essayent de en tout cas des groupements d'intérêt des assos qui font du plaidoyer aussi et qui peuvent être considérés comme des lobbies. Après, je pense que dans la loi que je ferai, il y aura un enjeu autour de la fiabilité de l'information diffusée par les créateurs de contenu. Ça, c'est notamment un sujet que je traite beaucoup avec Pays de l'influence. C'est que les influenceurs, par exemple, se renseignent très peu, voire pas du tout, sur les annonceurs avec lesquels ils travaillent et sur les entités économiques avec lesquelles ils travaillent. Et du coup, on arrive à ce qu'ils acceptent de travailler, par exemple, avec certains lobbies qui leur font dire de la désinformation, concrètement. Donc, je trouve qu'il y aurait une certaine forme de responsabilité, dans une loi, une forme de responsabilité inhérente au fait d'avoir une communauté qui te regarde et donc d'avoir, de s'assurer de la fiabilité de l'information qui est diffusée, déjà sur ces deux pans. Et après, une loi qui serait... Dans le top du top, ce serait qu'il intégrerait aussi la question des imaginaires de sociétés valorisées par les influenceurs et donc, idéalement, faire en sorte que les imaginaires totalement à roue des enjeux écologiques, notamment le fait de valoriser à fond le fait de prendre l'avion en business class ou les modes de vie ultra luxueux, que ce soit restreint, mais bon, après ça, on parle de liberté aussi individuelle, donc c'est extrêmement complexe d'aller... Enfin, l'idée, ce n'est pas d'être dans un totalitarisme, mais... C'est ça. Mais du coup, je trouve que c'est aussi compliqué d'arriver à trouver l'équilibre entre... En fait, les influenceurs, c'est des citoyens qui partagent des trucs sur Internet. Les gens ont commencé aussi à partager des trucs sur Internet parce qu'ils avaient justement la liberté de pouvoir un peu parler de ce qu'ils voulaient à des audiences qui pouvaient les écouter, etc. Et du coup, c'est compliqué d'aller restreindre totalement tout ce qu'ils peuvent valoriser. mais Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a un sujet d'imaginaire et de récits de société. Et globalement, on ne fait pas le poids face aux récits publicitaires portés par les plus gros annonceurs. Et ça, c'est une vraie problématique.
- Speaker #0
Je te rejoins sur ton dernier point sur réguler les imaginaires. Mais moi, j'aurais vraiment très peur que si on rentre par cette porte-là, qu'on puisse l'avoir à l'inverse.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
En ce moment, je suis en train de regarder The Testament, qui est la suite de... The Enemy's Tale, La Servante écarlate, The Lift of Margaret Atwood, et vraiment, c'est ça, c'est une guerre d'imaginaire, mais qui, du coup, aujourd'hui, dans la série, est un totalitarisme qui promeut la ségrégation homme-femme, et tu dis, à partir du moment où tu mets le doigt dans l'engrenage, genre, d'un point de vue...
- Speaker #1
Mais du coup, l'enjeu, c'est de se dire comment on fait en sorte d'avoir des évolutions sociétales et faire en sorte que, naturellement, les imaginaires ultra luxueux génèrent moins d'envie et aussi d'engagement sur les réseaux sociaux. Parce que globalement, en fait, les influenceurs les plus populaires, c'est globalement des créateurs, beaucoup de divertissement, mais beaucoup de lifestyle, en fait, avec des lifestyles qui, globalement, ne sont vraiment pas du tout... compatibles avec la transition écologique, comment tu changes les rôles modèles ? Comment tu fais en sorte que dans les 10 influenceurs les plus suivis, il y en ait au moins un, deux, qui aient des discours potentiellement de sensibilisation ou sur des sujets importants de société ? Aujourd'hui, ce n'est pas du tout le cas. C'est compliqué. Ce qui est sûr, c'est que la problématique vient d'un manque de moyens financiers et humains. par rapport aux grands annonceurs et aux lobbies et si vous créez quoi.
- Speaker #0
C'est clair. Pour revenir du coup au guide de l'influence responsable avec l'ADEME, est-ce que tu peux me mettre un peu la genèse, le contexte de sa création et son objectif ?
- Speaker #1
Oui. Alors, le guide de l'influence responsable, on a commencé à travailler ensemble sur cette idée avec l'ADEME en 2023. Moi, j'étais très engagée sur les questions d'influence marketing responsable. Je voyais un peu l'évolution du secteur à travers le travail que je faisais avec Payson d'Influence. Et je trouvais ça intéressant, dans la lignée du travail de l'ADEME, qui avait déjà sorti un guide de la communication responsable et un guide anti-greenwashing, d'avoir aussi un guide à destination du secteur de l'influence en particulier, qui a des problématiques particulières par rapport au secteur de la communication en général. et du coup, aller faire en sorte qu'il existe un guide qui puisse accompagner les acteurs de l'influence marketing vers des pratiques plus éthiques, un accompagnement globalement clé en main avec concrètement, quand tu es un créateur de contenu, comment tu fais attention aux annonceurs avec qui tu travailles, comment tu peux penser différemment les imaginaires que tu normalises avec ton influence, pareil du côté des agences d'influenceurs, des annonceurs, etc. Et donc l'idée, c'était vraiment de proposer un guide clé en main aux acteurs du secteur pour avoir des pratiques plus éthiques et surtout plus compatibles avec les lignes planétaires et les enjeux environnementaux.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des outils ou des recommandations clés à nous partager du guide ?
- Speaker #1
Oui, le guide pour revenir un peu sur... sont déroulés. Il est en trois parties. On a en gros deux premières parties qui sont un peu plus, on va dire, théoriques, qui reviennent sur le poids de l'influence marketing en France, son impact sur la société, l'évolution éthique du secteur, notamment on revient sur comment il y a quand même des créateurs qui ont émergé, qui essayent justement d'incarner des sociétés différentes, un peu plus compatibles avec la transition écologique, pareil au niveau des agences, etc. Et une troisième partie qui est vraiment, qui donne des pratiques clés.
- Speaker #0
qui revient par exemple sur un premier point, sur la fiabilité de l'information. Ça, c'est quelque chose qui est, comme je disais, qui est extrêmement important. C'est quand tu es un créateur de contenu, comment tu fais en sorte de mieux te renseigner sur l'annonceur avec lequel tu travailles, qui il est, qu'est-ce qu'il vend comme produit, quels sont les impacts des produits qu'il vend ou des services, est-ce que c'est un lobby, est-ce que c'est une association, est-ce que c'est une ONG, etc., son statut. Et puis aussi, s'assurer que, tout ce que me demande de dire l'annonceur dans le cadre de la collaboration, est-ce que c'est vérifié ? Est-ce qu'il y a des sources ? Est-ce que l'entreprise peut m'assurer que tout ce que je dis est fiable, par exemple ? Ça, c'est du coup vraiment sur la février de l'information. Est-ce que... Comment j'évite de faire du greenwashing, par exemple, à travers mon message commercial lors d'une collaboration ? Comment aussi je fais en sorte de me poser les bonnes questions sur... le type d'imaginaire de société que je normalise à travers mon influence marketing, mais une partie un peu bilan, où je me dis concrètement, qu'est-ce que j'entretiens comme imaginaire à travers ma création de contenu ? Comment je pourrais les faire évoluer ? Est-ce que c'est en lien avec mes valeurs, etc. ? Et donc voilà, les bonnes questions à se poser concrètement pour me choisir un partenariat, pour avoir une information fiable, pour diffuser des imaginaires un peu plus compatibles avec la transition écologique. Et on a pareil du côté des annonceurs et des agences d'influenceurs sur comment je fais évoluer mes pratiques, comment je fais en sorte de proposer par exemple pour une agence d'influenceurs à mes créateurs des marques, des entités économiques qui ont moins d'impact environnemental ou sociétal sur la société, etc. Et donc l'idée c'est de proposer un changement progressif des pratiques. qui s'intègrent aussi, bien sûr, dans le cadre qui est compliqué, qui est le modèle économique qui, souvent, pour les créateurs et les agences, est dépendant des annonceurs, et aussi la réalité qui est que les annonceurs engagés ont souvent beaucoup moins de moyens que les annonceurs. Pas du tout engagés pour travailler avec les créateurs.
- Speaker #1
Oui, ça se pense que c'est le gros nœud du problème aujourd'hui, c'est vraiment la question des budgets. Est-ce qu'il y a une erreur classique dans le partenariat d'influence qui arrive de manière récurrente souvent que tu pourrais nous expliquer et un peu comment la déjouer ?
- Speaker #0
L'erreur classique, c'est le fait de ne pas se renseigner sur l'annonceur. J'ai vraiment plein d'exemples. Récemment, on a sorti avec un YouTuber TPZ une enquête sur BetterHelp. est une plateforme de thérapie en ligne avec laquelle énormément de créateurs de contenu en France, plus d'une centaine ont travaillé, malgré le fait que cette plateforme de contenu en ligne américaine soit liée à des scandales de revente de données sensibles de ses utilisateurs aux États-Unis, qui a été condamnée pour ça, qu'il y a énormément de vidéos YouTube de créateurs de contenu américains qui alertent sur BetterHelp, qu'il y a eu même un... un député en France qui a lancé l'alerte sur BetterHelp en novembre 2025. Et pourtant, ça n'a pas empêché des créateurs de contenu en France d'accepter cette collaboration, de promouvoir la plateforme, alors qu'il y a énormément de choses négatives à redire sur cette plateforme. Et même d'ailleurs, les thérapeutes qui sont sur cette plateforme sont très mal... C'est l'ubérisation de la santé mentale, concrètement. Des thérapeutes aussi sur la plateforme qui sont mal payés. faire des horaires pas possibles pour réussir à en vivre. Et donc, voilà. Et pourtant, en quelques clics sur Internet, en quelques recherches, on trouve énormément de... Enfin, on trouve, en fait, très rapidement tous les scandales liés à cette plateforme-là. Et je trouve que vraiment, ça, c'est quelque chose qui est systémique dans l'influence marketing de ne pas faire la recherche minimale, en fait. Alors, après, on peut se dire, ça se trouve, il y en a certains qui ont recherché et qui ont quand même accepté la collaboration. Ça, c'est aussi possible. Mais c'est vrai que ça, sur... tout type de secteur économique, il y a vraiment un manque de recherche sur avec qui les influenceurs acceptent de travailler. Et du coup, on se retrouve avec des personnes comme BetterHelp, avec des gros lobbies qui réussissent à travailler comme Bayer pour parler des pesticides avec les influenceurs. Même, j'ai envie de dire, des marques d'alcool aussi qui réussissent à contourner la loi Evin à travers la collaboration de certains créateurs qui eux-mêmes ne sont pas au courant des lois. Donc, vraiment pour moi, un manque d'information. et un manque de recherche qui est assez systémique et qui, pour moi, est aussi une problématique du point de vue des influenceurs que des agences, d'ailleurs. Des agences qui, en fait, étant donné qu'elles dépendent des créateurs de contenu pour leurs revenus, concrètement, parce qu'elles prennent un pourcentage, elles ne peuvent pas des agences qui ne font pas forcément le taf de se renseigner assez sur les annonceurs. Donc ça, je dirais que c'est vraiment une des plus grosses problématiques dans le secteur.
- Speaker #1
Et côté annonceurs, pour une marque responsable, plus éthique, tu recommanderais quoi pour pouvoir assurer que la collaboration fonctionne ?
- Speaker #0
Moi, je dirais qu'il y a une recherche d'informations sur les créateurs avec lesquels la marque veut travailler. Aussi, une vision claire de qu'est-ce que veut la marque ? Est-ce qu'elle veut trouver de nouveaux clients ? Est-ce qu'elle veut plus de notoriété ? Est-ce qu'elle veut changer les modes de consommation ? C'est aussi, concrètement, qu'est-ce que veut la marque ? Il y a un énorme sujet autour du brief. Qu'est-ce que tu envoies aux créateurs de contenu en termes de brief ? Et comme je disais, il y a une question vraiment d'honnêteté. à avoir du point de vue de la marque autant du point de vue du créateur lorsqu'il y a une négociation ensuite. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut globalement bien se renseigner, être clair sur les objectifs de la collaboration avec les créateurs et essayer d'avoir un bon équilibre entre créateurs de contenu « engagés » et créateurs de contenu « moins engagés » pour essayer de sortir des sers de convaincus. Mais voilà, après, c'est assez classique.
- Speaker #1
Justement, sur le brief, c'était une de mes questions. Moi, je vois que souvent, surtout quand je travaille pour des marques responsables, engagées, qu'il y a beaucoup de nuances, en fait. C'est très difficile de faire des raccourcis, de dire, ça, c'est un produit local. En fait, oui, c'est local, il est fabriqué à tel endroit. On a 80 % sourcés à tel endroit, mais il y a encore 20 % qui viennent d'ailleurs. C'est... C'est un peu, enfin, moi, mon gros challenge pour ces entreprises pour lesquelles je travaille en tant que directrice marketing et quand je fais notamment des partenariats ou de l'influence, c'est justement aller dans ce degré de, enfin, donner le maximum d'informations, que tout soit très précis, aller dans ce niveau de subtilité et de précision. En face, on n'a pas forcément, enfin, et sans non plus brider la créativité et être... il faut dire, enfin toi j'ai pas envie de dire tu dois dire ça, mais en même temps il y a des fois où tu peux pas faire tous les raccourcis non plus ça serait quoi tes recommandations pour un brief parfait qui permette d'avoir à la fois la liberté du créateur, de la créatrice et en même temps de cadrer et d'éviter tout les moichés
- Speaker #0
Ouais bah déjà je pense que il y a vraiment un sujet sur le fait de le créateur de contenu et ils sont les plus à même de savoir comment tourner le comment tourner le message commercial pour que ça a place à son audience. Donc, notamment, il y a beaucoup de marques, souvent, quand on est dans des services marketing où c'est des gens un peu plus âgés qui ne connaissent pas un chose d'influence, qui veulent que l'influenceur fasse cette vidéo comme ça, etc. Il y a aussi un enjeu de dire, en fait, les créateurs, ils sont très forts à générer de l'engagement autour de leur contenu. Donc, il faut aussi leur laisser cette liberté-là. Et par contre, oui, la problématique étant que la publicité est là pour vendre du rêve. Comment tu vends du rêve avec un message qui est pragmatique Merci. qui est ultra fidèle à la réalité. En fait, c'est très, très compliqué, même pour les marques engagées, parce que tu as envie de dire forcément que c'est un peu mieux que ce que ce n'est en réalité. Donc, je pense qu'il y a un équilibre à trouver, en fait, entre le fait de insister sur les points importants de la marque, sur, par exemple, le fait que ce soit des produits bio, que ce soit des produits qui soient potentiellement faits localement, mais si, en fait, ce n'est pas localement à 100%, Il y a un enjeu aussi à faire en sorte que le discours, il ne fasse pas croire des choses qui ne sont pas la réalité, ou qui ne sont pas totalement la réalité. Mais c'est très compliqué, je suis complètement d'accord. Et surtout, c'est très compliqué, notamment parce que les marques engagées, elles ont un enjeu à... Elles se battent encore plus... Enfin, c'est encore plus compliqué, parce qu'elles se battent pour que les comportements de consommation, ils évoluent. Donc, elles se battent face à des... marques qui sont pas du tout éthiques et qui sont beaucoup moins chères donc il faut absolument qu'elles puissent miser sur tous les trucs positifs et qu'elles sont de plus que les marques qui ne sont pas engagées et qui sont beaucoup moins chères donc oui c'est assez compliqué mais je pense qu'il y a un juste milieu à trouver en fait dans le storytelling et les créateurs sont quand même très bons pour faire du bon storytelling après il faut toujours que ce soit dans un cadre commercial qui soit ultra clair ça on est d'accord mais en fait il n'y a pas de truc miracle c'est juste que Merci. Il faut que ce soit fidèle à la réalité tout en essayant d'apporter, j'imagine, un petit twist qui donne envie d'acheter aussi. Mais c'est ça aussi tout le paradoxe. C'est qu'en fait, même les marques engagées, elles appellent à une consommation. Et ça, là, je n'ai pas de solution parce que là, on touche à notre système économique dans son ensemble capitaliste. Je ne sais pas... Comment ça peut être différemment aujourd'hui ? En tout cas, ce ne sera pas différent encore pour longtemps. C'est aussi cette question-là que quand tu es un créateur de contenu engagé, ou même quand tu es une marque engagée, tu as aussi un sujet autour de à quel point tu fais du marketing agressif, sur la manière dont t'amènes le consommateur à consommer et en sorte que ce ne soit pas une consommation irréfléchie aussi.
- Speaker #1
Là-dessus, sur ce sujet, moi, je travaille en ce moment pour la biscuiterie Maison d'Andoua. Et un de... Notamment sur cette question de la croissance, on n'a aucun intérêt à ce que les gens mangent beaucoup plus de biscuits. Parce que c'est pas... Même si nos biscuits sont délicieux et sont faits de manière artisanale et locale, ça reste des biscuits, ça reste du sucre, ça reste... Mais c'est toujours un peu l'ambiguïté. J'ai une dernière question, parce que là, on a parlé des annonceurs et des influenceurs. Il y a quand même les plateformes qui aussi rentrent en jeu dans l'équation. Aujourd'hui, le fait est que ces grosses plateformes comme Meta avec Instagram et Facebook, TikTok, YouTube, X, etc., pour ces plateformes-là, tous les sujets d'écologie, d'engagement féministe, etc., ont pas le vent en poupe et ont souvent moins de visibilité. Est-ce que ça, c'est quelque chose que tu as pu observer aussi ? abordé sans du guide, comment est-ce que tu le vois ? Parce qu'on pourrait aussi, pour ces influenceurs-là, dire que ces sujets-là fonctionnent moins bien, genre je ne vais pas y communiquer dessus pour ça aussi.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, c'est une question qui est abordée dans le guide, notamment sur les freins à l'action pour les créateurs d'autocontenu. Aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est que les plateformes, elles orientent ce qui est populaire, mais elles répondent aussi à ce qui est populaire. C'est-à-dire que Aujourd'hui, l'écologie n'est pas populaire, donc les contenus autour de l'écologie sont beaucoup moins populaires que les contenus divertissement, mode, lifestyle, etc. Et donc oui, il y a vraiment un sujet pour les créateurs, notamment qui sont engagés, de réussir à avoir justement de l'engagement autour de leur contenu, alors que c'est des thématiques qui ne sont pas les plus populaires et qui sont souvent populaires quand c'est très négatif. C'est-à-dire que, par exemple, Hugo Clément, lui, il a... il peut faire des centaines d'humiliés de likes sur un poste en dénonçant un impact écologique particulier d'une entreprise et en dénonçant quelque chose un peu négatif du coup qui amène de l'émotion et qui fait que les gens vont liker mais sur la valorisation on va dire de mode de vie plus engagé de mode de consommation plus éthique etc. ou du côté positif c'est toujours très compliqué de créer vraiment un engouement parce que globalement dans la société dans les imaginaires populaires ce qui fait rêver Salut ! ce n'est pas forcément ces modes de vie-là, en fait, concrètement. En tout cas, ça fait rêver une partie de la société, mais globalement, une partie engagée et pas forcément le reste. On est quand même, comme je disais, le luxe, les modes de vie avec beaucoup de consommation, l'abondance, etc. C'est quand même globalement ce vers quoi les gens vont enlever de tendre en termes de mode de vie, juste avoir de l'argent, avoir la capacité de voyager, etc. Et donc, c'est très compliqué de vendre du rêve, en fait, avec l'écologie, globalement. C'est très compliqué. et donc oui il y a un sujet autour des plateformes parce que naturellement c'est pas populaire dans la société donc ça les passe sur ces plateformes là ces plateformes là ne font aucun effort pour valoriser ce type de contenu par rapport à d'autres aussi et donc c'est très compliqué aujourd'hui de continuer et réussir à émerger sur ces questions là et donc les influenceurs il faut qu'ils trouvent Merci. des nouvelles manières d'en parler ou alors en parler sans en parler. C'est-à-dire, on a vu typiquement une énorme mobilisation contre la loi Duplon, même des créateurs de groupe, pas du tout, qui ne parlent jamais d'écologie, ont parlé de la loi Duplon et de la pétition contre la loi Duplon. Ils l'ont beaucoup parlé, notamment au niveau de la santé. Donc en fait, comment en faire en sorte, et je pense que ça, ça fonctionne beaucoup plus, comment en faire en sorte potentiellement de parler d'écologie sous d'autres prismes que juste par exemple les petits gestes ? comment on en fait plus un sujet de société globale et on parle de santé, de bien-être, etc. Mais bon, ça reste quand même compliqué et c'est extrêmement complexe de se battre face aux algorithmes, face aussi aux algorithmes qui nous gardent dans des bulles de filtre, qui rendent de plus en plus compliqué d'aller parler à des audiences non convaincues aussi. Franchement, ce n'est pas simple. Je pense qu'il y a des créatrices comme Charlotte Lemay qui arrivent un peu à... incarner l'influenceuse de l'HTL un peu classique de l'extérieur alors qu'en fait elle est très engagée. Et puis il y a aussi cette question des discours politiques et d'engagement où en fait on voit que les plateformes comme Meta, comme TikTok, elles vont restreindre énormément. les discours engagés et les discours notamment politisés avec une certaine forme de shadow ban donc le fait que le contenu va être moins visible ou caché que certains mots vont être bannis ou il va falloir dire voilà il va falloir dire enfin par exemple de ne pas dire le mot en entier ou alors le bipper pour ne pas se faire striker par l'algorithme par exemple donc c'est ça qui me fait de plus en plus peur quand même c'est la manière dont en fait les discours d'engagement sur des sujets importants sont pas valorisés par l'algorithme dans certains cas et en plus d'une certaine manière censurés parce que certains mots sont dits et qui ne plaisent pas à l'algorithme donc ça c'est aussi très compliqué
- Speaker #1
Bon on revient sur cette question de guerre des imaginaires qu'on disait juste avant pour conclure si tu pouvais actionner un seul levier pour que l'influence responsable devienne vraiment la norme ça serait lequel ?
- Speaker #0
C'est une très bonne question ça un seul levier hum Je ne sais même pas ta autre réponse. Tu penses à quoi ? Genre comme levier,
- Speaker #1
par exemple ? Là, ici, peut-être plus spécifiquement par rapport aux entreprises annonceurs.
- Speaker #0
Clairement, si on pouvait activer un levier pour que l'influence devienne un peu plus responsable, ce serait... faire disparaître toutes les collaborations commerciales avec des entreprises aux trop forts impacts sociétaux ou environnementaux pour qu'elles ne soient plus visibles. Parce que si ces entreprises sont moins visibles, forcément derrière, il y aura moins d'engouement autour de leurs produits. Et on le voit avec des plateformes comme Shein, par exemple, où en fait, ils font un tel matricage publicitaire qu'ils deviennent la norme. Et ça, ce n'est pas une fatalité. C'est vraiment beaucoup d'investissement dans la... pour être visible auprès des consommateurs et pour donner envie concrètement. Donc après, ça pose directement un enjeu qui est la question du modèle économique de l'influence aujourd'hui, du modèle économique de la création de contenu. Étant donné que certes, les plateformes, certaines rémunèrent les créateurs comme TikTok, comme YouTube, Instagram qui est la plateforme sur laquelle on voit le plus de collaboration commerciale et la plateforme du marketing d'influence ne rémunère pas. les créateurs alors qu'il y a de la publicité directement sur la plateforme. Ça, c'est pas normal, je pense, parce que c'est les créateurs qui font vivre la plateforme, concrètement. Les gens ne vont pas sur Instagram pour... Ils vont moins sur Instagram pour suivre leurs potes que pour aller regarder des créateurs ou pour s'informer, par exemple. Et puis après, il y a eu pas mal de questionnements en France autour du financement de la créateur d'économie avec... la question autour du CNC qui a un fonds qui a un fonds pour les créateurs depuis 2-3 ans même où il y a un peu une polémique dernièrement donc est-ce que il faudrait du financement public pour les créateurs comme il y en a pour le cinéma concrètement ça existe déjà un peu mais je pense qu'il y a un sujet à augmenter ce fonds pour que les créateurs deviennent moins dépendants des annonceurs et quand les créateurs deviennent moins dépendants des annonceurs là on pourra aussi avoir une création de contenu qui naturellement ce sera un mouvement capitalistique globalement et avec moins de valorisation de certaines marques. Mais du coup, c'est un énorme chantier à mettre en place. Mais déjà, je trouve quand même que malgré le backlash écologique, etc., il y a pas mal de choses qui évoluent. Il y a du dialogue extrêmement intéressant. Moi, j'ai du dialogue avec plein de personnes du secteur engagées ou pas du tout engagées. Et les gens ne veulent pas... Les gens, enfin... Les influençants n'ont pas à cœur au travail avec des marques pas éthiques, c'est juste que le business model fait que c'est comme ça aujourd'hui, mais il y a vraiment aussi une volonté, et d'ailleurs, sur la question de la politisation, il y a de plus en plus de créateurs en France qui, certes, ne parlent pas d'écologie, mais par contre, ont à cœur quand même d'être de plus en plus des voix sur des enjeux de société. Donc ça, je vois quand même un peu plus de prise d'opposition sur certaines questions sociétales, à voir comment ça évolue, et notamment en France avec l'élection présidentielle de 2027. qui va être un gros sujet sur la question de la mobilisation des créateurs de contenu.
- Speaker #1
Oui. Merci Amélie pour cette conversation riche et très intéressante. Toi qui as écouté cet épisode, si ça t'a aidé à y voir plus clair, abonne-toi à Slow Marketing sur ta plateforme d'écoute préférée et surtout, n'hésite pas à me laisser un avis et un commentaire. Je lis tous les commentaires, ça fait toujours plaisir et ça aide vraiment à connaître les contenus qui ont plu et à leur donner plus de visibilité. Le guide de l'influence responsable de l'ADEME, il est disponible en téléchargement gratuit. Je vais te mettre le lien sur la description. Merci encore Amélie pour cet échange et à très vite pour un prochain épisode.
- Speaker #0
Merci beaucoup, à très vite.
- Speaker #1
Sorry, je vois qu'on a un petit peu débordé au niveau timing.