- Speaker #0
Bienvenue dans So Let's Go, le podcast des hommes et des femmes qui ont radicalement changé de vie professionnelle. Je suis Adeline Guillou, je suis coach de vie et ce que j'aime particulièrement dans ce métier, ce sont les histoires de vie personnelles ou professionnelles. Ici, je vais vous partager le parcours de ces hommes et femmes qui ont pris la grande décision de quitter ce qu'ils savaient faire pour quelque chose de complètement différent, de plus risqué souvent. mais qui, à leurs yeux, avaient plus de sens. Aujourd'hui, épisode un peu particulier dans le cadre du podcaston, où je vais profiter de cet événement pour mettre en lumière l'association Colina et le moyen métrage réalisé par Léa, notre invitée de cet épisode qui traite de santé mentale. L'association Colina, créée par Laurence Reckford, a été fondée en 2022. Cette association d'intérêt général... engagés pour la santé mentale des jeunes adultes, proposent des marches itinérantes d'une semaine, en petits groupes, pour des jeunes de 18 à 35 ans, en rétablissement de troubles psychiques, accompagnés d'un proche de confiance. Ces séjours, organisés sur des chemins emblématiques en France, d'avril à septembre, favorisent la déconnexion et le ressourcement dans la nature, la reprise de confiance en soi, la création de liens et l'entraide, l'atteinte d'un objectif valorisant, L'avancement dans un projet de vie. Colina s'est vraiment marché pour retrouver son pouvoir d'agir. Vous retrouverez toutes les informations de cette association dans les notes. Et aujourd'hui, je suis très heureuse de vous partager l'histoire de Léa, qui a donc réalisé un moyen-métrage dont le titre est clair-obscur et qui traite de santé mentale. Avant ce projet, elle est passée d'animatrice en accueil de loisirs à réalisatrice, vidéaste et photographe.
- Speaker #1
J'arrivais à un point où... où j'en pouvais plus en fait, et j'avais besoin de m'écouter. J'arrivais à un âge de ma vie aussi où j'avais besoin d'extérioriser ce que j'avais à l'intérieur. C'était un peu un exutoire et je me suis dit que c'était le moment en fait de créer quelque chose qui m'appartenait à 100%.
- Speaker #0
So, let's go ! Bonjour Léa.
- Speaker #1
Bonjour Adeline.
- Speaker #0
Comment t'es venue cette idée ?
- Speaker #1
Alors moi je suis issue du monde de l'animation. De mon adolescence jusqu'à maintenant j'ai travaillé... On n'a que de loisirs avec des enfants. Au lycée, j'étais en bac scientifique. J'ai toujours voulu travailler avec des enfants. Donc je me suis orientée, après le lycée, vers un parcours en fac en attendant de pouvoir passer des concours pour rentrer en école de protection judiciaire de la jeunesse.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #1
Il s'avère qu'il fallait faire du droit et que le droit, ce n'est pas hyper simple comme parcours. Donc je me suis vite... désengagée de ça. Et en fait, la faculté, ça ne m'a pas plu non plus. Je ne m'y plaisais pas, je n'ai pas réussi. Enfin, je n'aimais pas aller en cours. Ça demandait beaucoup d'assiduité et c'était un peu plus compliqué. Donc, j'ai arrêté la fac et je me suis réorientée plutôt vers l'animation en accueil de loisirs. Donc, ça restait un métier en rapport avec les enfants, mais c'était quand même plus ludique et un peu plus sympa que la protection judiciaire. Donc, j'ai fait une année de... cours pour pouvoir obtenir mon BPGEPS. C'est un brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport. L'idée, c'était de pouvoir travailler en accueil de loisirs et aussi en direction sur des postes en animation. Et puis, j'ai fait ça. Du coup, pendant 5-6 ans, j'ai travaillé en animation dans des structures qui étaient hyper chouettes, où je m'épanouissais, où vraiment je menais des projets avec les enfants. pour la plupart du temps autour du numérique, parce que ça reste quelque chose qui me plaisait, qui m'a toujours plu, le numérique et le multimédia. Je suis quelqu'un aussi de très créatif, donc je mettais en place beaucoup d'activités manuelles et de choses comme ça. Et puis, j'ai rencontré mon chéri en 2018. Il habitait, lui, sur Limoges, donc de là où je travaillais avant, en Charente, je suis arrivée sur une structure autour de Limoges. Ça s'est passé un petit peu moins bien, j'avais un petit peu moins de liberté, je me sentais moins à l'aise dans ce nouveau poste. Et puis autour de ça, je me remettais en question aussi, l'animation c'est très chouette comme métier, mais c'est pas très bien rémunéré, c'est pas très bien valorisé non plus. Et je trouve qu'on a perdu en qualité aussi au fur et à mesure, les dernières années. C'est-à-dire que fut un temps, l'animation périscolaire... On avait le temps et on pouvait vraiment mettre en place des vraies belles activités. Et les moyens,
- Speaker #0
j'imagine. Oui,
- Speaker #1
on avait les moyens humains, les moyens financiers, on pouvait mettre en place vraiment des beaux projets. Et au fur et à mesure, la loi, les réglementations ont changé et ont fait que j'ai fini sur des postes où en fait j'étais en garderie et je restais debout dans une cour à surveiller des enfants qui jouaient, qui couraient, donc c'était pas du tout... C'est pour ça que j'avais signé à la base. Donc toutes ces petites remises en question ont fait que j'ai voulu démissionner de mon poste, en me disant quand même à la base je vais retrouver du travail ailleurs. Et le Covid a toqué à la porte. Une semaine plus tard, après ma démission, on était confinés. Donc je me suis retrouvée sans salaire, sans travail, sans rien du tout, en me disant mais qu'est-ce que je vais faire de ma vie, quelle erreur j'ai faite, etc. Et puis je ne me suis pas laissée abattre. poussé par mes proches, je me suis dit que j'allais me reconvertir. Je fais de la vidéo depuis que je suis ado. J'ai toujours fait des montages vidéo pour les anniversaires, pour les événements, les fêtes, tout ça de famille ou d'amis. Et je me souviens pour les 20 ans de tous mes copains, en fait, comme je n'aimais pas trop faire des diaporamas, je faisais des vrais films. Donc j'écrivais un scénario, je réunissais tous les proches de la personne qui fêlait son anniversaire, j'attribuais des rôles à chacun et chacun jouait son petit rôle d'acteur, etc. Et c'était vraiment trop chouette de faire ça.
- Speaker #0
Trop chouette.
- Speaker #1
Donc j'ai toujours adoré la vidéo. Et donc pendant le Covid, j'ai acheté mon premier appareil photo et je me suis entraînée. J'ai regardé des tutos YouTube et je me suis formée comme j'ai pu en autodidacte. Je me suis entraînée, etc. Et fin 2020, j'ai fait ma première formation de vidéaste de mariage. Plutôt en workshop, parce qu'il n'y a pas de formation officielle. Il faut faire des écoles de cinéma ou des choses comme ça dans l'audiovisuel, mais je n'avais pas du tout ce bagage-là. Donc j'ai fait ma première formation et puis en décembre 2020, j'ai créé mon entreprise. Et c'était parti.
- Speaker #0
Waouh ! Ok, super ! Tu as été soutenue dans ce choix, du coup ?
- Speaker #1
Oui, j'étais très soutenue par mes proches, par ma famille, par mon chéri, par mes amis. Vraiment, c'était assez intuitif pour tout le monde, là où moi je n'étais pas très sûre de ce dans quoi j'allais. Tout le monde me poussait en me disant « Léa, tes films sont super, tu te réallais, je suis sûre que tu as du potentiel là-dedans. » Au début, je voyais plutôt le côté... Pour moi, la vidéo, c'était plus facile de travailler avec des entreprises. Je ne savais pas trop que le film de mariage existait. Je n'avais pas participé à beaucoup de mariages dans ma vie non plus. Pour moi, c'était assez lointain. Je visais plutôt les entreprises quand j'ai commencé. Et en fait, au fur et à mesure, je ne sais pas trop comment ni pourquoi, mon chemin s'est orienté vers les films de mariage. Et aujourd'hui, je ne fais que ça. Et en fait, avec du recul, je pense que ce que j'y ai trouvé, c'est les émotions, c'est le partage, c'est le lien humain, c'est toutes ces belles choses qui nous façonnent.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #1
Je te préviens, je risque de pleurer pendant l'interview, je ne suis pas sensible.
- Speaker #0
Il n'y a aucun problème. Tu t'es fait accompagner pendant cette transition ?
- Speaker #1
Oui, alors tout le long de mon parcours de reconversion, j'étais inscrite à Pôle emploi. J'ai participé à divers ateliers qu'ils ont mis en place pour l'entreprenariat, pour les formations aussi. C'est eux qui ont financé ma formation de télépilote de drone, qui pour moi était un petit bonus, un petit plus sur ce que je pouvais proposer en tant que prestation. Donc je me suis fait accompagner là-dedans et puis après j'ai rencontré différents professionnels du milieu que j'ai interrogés, avec qui j'ai échangé et il s'avère que le monde de l'audiovisuel, en tout cas dans le mariage, c'est un monde très chouette. Pour peu qu'on ait envie d'être dans ce mood-là, mais il y a beaucoup de partage, il y a beaucoup d'échanges, on se recommande les uns les autres, on échange beaucoup sur nos expériences communes. Donc ça reste un milieu qui est très ouvert et qui est très bienveillant. Et moi j'ai pu y trouver ça et ça m'a aussi beaucoup aidé à évoluer.
- Speaker #0
Oui j'imagine, trop bien. Et des partenaires ?
- Speaker #1
Oui des partenaires.
- Speaker #0
En tout cas un échange ? Oui des prestataires,
- Speaker #1
des prestataires du mariage aussi avec qui on se recommande les uns les autres, avec qui on peut échanger, carrément.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui était difficile dans cette reconversion ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a eu des choses difficiles parce que moi, je suis originaire d'une famille d'entrepreneurs. Mes parents étaient chefs d'entreprise. C'est mon grand frère et ma grande sœur qui ont repris l'entreprise. Donc, j'ai toujours baigné dans ce milieu-là. Donc, en fait, ouvrir une entreprise, ça ne me faisait vraiment pas peur. Je savais que j'en étais capable. Et puis, quand bien même ça aurait pu être difficile, j'avais quand même mes proches qui avaient l'expérience autour de moi et qui pouvaient m'accompagner. C'est une chose qu'ils ont faite, du coup. Donc, ce n'était pas vraiment...
- Speaker #0
C'était pas inconnu, c'était un gros plus en fait. Ouais,
- Speaker #1
c'était même assez naturel en fait finalement comme chemin. Tout à fait. J'ai toujours connu ça, donc c'était naturel de s'orienter là-dedans. Ça peut toujours faire peur de se dire, est-ce que c'est la bonne voie ? Est-ce que je me lance dans quelque chose qui me correspond vraiment ? Mais en fait, les choses se font naturellement.
- Speaker #0
Ok, et puis au moins tu essayes.
- Speaker #1
Ouais, puis de toute façon, qui ne tente rien n'a rien. Et puis si ça marche pas, c'est pas grave. C'est toujours facile de retrouver du boulot. dans l'animation ou sur des petits postes quand on veut. Donc, je n'avais pas trop peur de me retrouver sans filet du jour au lendemain. Et puis, il faut dire aussi que j'ai quand même des proches extraordinaires. En tout cas, mon chéri, financièrement, m'a beaucoup accompagné aussi. Et c'est grâce à lui que j'ai pu me lancer parce qu'il avait un salaire confortable et qu'il a pu assumer les deux, trois premières années le temps que ça se lance et qu'on y arrive. Ça, c'est un gros plus. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Et puis, Pôle emploi m'a accompagné financièrement aussi. Moi, j'ai fait le choix, en fait, parce que quand j'ai commencé, je n'avais rien. J'avais pas d'argent de côté, vraiment je me suis lancée en partant de zéro. Et donc j'avais besoin d'acheter du matériel, mais j'avais pas d'argent pour pouvoir acheter mon matériel. Donc j'ai fait appel à l'aide de Pôle emploi qui consiste à récupérer 50% de son capital d'un coup, à la création d'entreprise en fait. Et c'est cet argent-là qui m'a permis de pouvoir acheter mon matériel. Il y a le pendant que je peux pas avoir de salaire en fait tous les mois, parce que du coup ils ont versé mon capital, donc j'ai pas pu... toucher le complément de Pôle Emploi les premiers temps. D'accord. Mais voilà. Non mais super.
- Speaker #0
Ça t'a permis de t'équiper, de te tester déjà. Oui, clairement. Trop bien. Quelle compétence de ton ancien métier te sert aujourd'hui dans cette nouvelle carrière ? Même si tout à l'heure, tu as parlé un peu d'humain.
- Speaker #1
Oui. Eh bien, l'humain, du coup, le partage, l'échange. Parce que quand on est animateur ou animatrice, on n'a que de loisirs. On échange avec les parents, on échange avec l'équipe. avec laquelle on travaille, on échange avec les enfants, on les amène aussi à pouvoir parler. Donc c'est important d'être toujours dans l'échange et je pense que cette qualité-là, je l'avais et ça m'aide aussi dans mon métier aujourd'hui parce que j'ai besoin de rentrer en contact avec les mariés, avec les futurs clients, avec l'équipe de prestataires. On est une équipe en fait, donc on a besoin de communiquer aussi et c'est ça qui est hyper chouette. On croit qu'on est seul dans... Enfin, on peut penser qu'on peut être seul dans ce métier de photographe vidéaste mais en fait... On a toute une équipe autour de nous et on n'est jamais seul et c'est toujours hyper chouette de pouvoir communiquer. Donc je prends ça. La créativité, je pense aussi. Après c'est certainement très individuel, mais je pense que quand on est attiré vers l'animation, on a toujours une petite part de créativité cachée quelque part. Et en fait, c'est quelque chose que j'ai énormément développé et qui fait qu'aujourd'hui je peux faire des films de mariage qui peuvent être... qui peuvent être complètement personnalisées par rapport à mes mariés et dans lesquelles je m'épanouis, dans lesquelles je peux avoir des techniques ou des recherches créatives un peu différentes. Je ne sais pas, je fais appel à... que ce soit de la poésie, de l'écriture, de la recherche d'images, des couleurs, des choses assez variées.
- Speaker #0
Et vraiment personnelles, du coup, super. En fait, tu t'éclates, ta création n'a pas de limite en fait.
- Speaker #1
Non, c'est mon cerveau ma limite. Ouais, ouais,
- Speaker #0
trop bien. Super. Si tu pouvais revenir en arrière, tu changerais quelque chose ?
- Speaker #1
Rien du tout.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'ai aucun... si, peut-être. J'ai aucun regret ou remords sur la façon dont j'ai fait les choses parce que ça reste mon parcours de vie. Peut-être que si j'avais su avec du recul, peut-être que j'aurais attendu un tout petit peu d'avoir les finances nécessaires pour pouvoir me lancer dans un projet comme ça. Mais après, j'estime que si ça s'est fait comme ça, c'est que ça devait se faire comme ça et que j'arrivais à un point où j'en pouvais plus en fait. Et j'avais besoin de m'écouter. J'embauchais les matins boulot-ventre, je débauchais les soirs en pleurs. C'était trop. J'ai préféré m'écouter, quitte à ce que ça soit compliqué financièrement peut-être par la suite. Mais c'est important de s'écouter. C'est important de faire les choses pour soi et de se dire que dans tous les cas, ça va aller parce qu'on est capable d'aller de l'avant et on est capable de trouver des solutions et chaque chose en son temps.
- Speaker #0
C'est ça. Et on n'est pas seul.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. On est accompagné. Tu avais ton amoureux,
- Speaker #0
ta famille. Et après, tous les soutiens financiers que tu as eus. On a toujours ces peurs. financière au départ.
- Speaker #1
Qui peut être rationnelle, je ne le cache pas. C'est normal,
- Speaker #0
clairement.
- Speaker #1
Et j'entends les gens qui prennent leur temps et qui ont besoin de faire les choses. Après, chacun avance à son rythme et c'est ça qui est le plus important.
- Speaker #0
Par contre, mon petit doigt me dit qu'aujourd'hui, tu ne fais pas que des films de mariage. Tu as un autre projet qui est sorti il n'y a pas longtemps. Tu peux nous raconter ?
- Speaker #1
Je suis depuis peu réalisatrice de films de cinéma pour le coup. C'est un projet que j'ai porté pendant presque deux ans. En fait, à force de faire du film de mariage plutôt cinématographique, parce que ça reste ma patte et ma vibe, et le crédo dans lequel j'évolue, j'essaie vraiment de faire des films de mariage dans lesquels il y a une histoire, dans laquelle je raconte l'histoire de mes couples. Ça reste des films qui sont très personnalisés. Et j'essaye vraiment d'y intégrer une notion de cinéma parce que j'essaye que mes plans soient... vraiment très cinématographique. J'essaye encore de jouer avec la lumière, j'essaye d'avoir des plans qui sont complètement différents, etc. J'utilise beaucoup les voix-off, j'utilise du son de qualité aussi, une immersion. Tout ce travail fait qu'on est sur des films de mariage qui sortent un peu de l'ordinaire et qui sont quand même cinématographiques. Et à force de faire du film de mariage cinématographique, je me suis dit pourquoi pas créer mon propre film du coup et raconter ma propre histoire. Parce que j'ai toujours raconté l'histoire des couples qui m'accompagnent, mais... J'arrivais à un âge de ma vie aussi où j'avais besoin d'extérioriser ce que j'avais à l'intérieur. C'était un peu un exutoire et je me suis dit que c'était le moment de créer quelque chose qui m'appartenait à 100%. Donc c'est ce que j'ai fait. J'avais une idée de base qui était parler de l'ombre et de la lumière. C'est quelque chose dans mon travail qui est très présent. Mes images sont très contrastées. Il y a un réel travail autour de la lumière que je mets en place. Et donc il y avait cette histoire-là, je me suis entourée d'un scénariste qui a raconté cette histoire, qui l'a développée du coup pour pouvoir avoir un scénario concret. Et après je me suis entourée de toute une équipe d'à peu près 25 personnes qui m'ont accompagnée dans la réalisation de ce film, dans les tournages, dans la préparation, dans l'organisation, dans le mixage, dans la composition de la musique et dans vraiment tout le travail global qu'on peut faire autour d'un film.
- Speaker #0
Trop bien ! Et des comédiens aussi ?
- Speaker #1
Deux comédiens, des acteurs. Ils étaient trois. Des figurants aussi auxquels on a fait appel pour une scène. On avait vraiment beaucoup de monde pour ce projet-là. Et puis, il a vu le jour en novembre 2025. D'accord. Et on a organisé une soirée de projection devant à peu près 200 personnes. C'était juste une soirée magique de partage et d'amour. C'était fou.
- Speaker #0
Trop bien. Donc là, tu es passé à un autre level.
- Speaker #1
Oui. je sais pas si ça va je sais pas si je ne vais faire que ça si t'auras d'autres envies parce que ça ne tient que de ça a priori là t'avais envie donc du coup je pense que j'aimerais au fond de moi me dire qu'un jour je ferais du cinéma après je vais pas me mentir à moi même non plus c'est pas hyper accessible c'est pas hyper facile de pouvoir faire du cinéma je pense qu'il faut rencontrer les bonnes personnes au bon moment il faut oser aussi se lancer et il faut certainement faire beaucoup de projets peut-être gratuit et bénévole avant de se dire qu'un jour on peut être rémunéré pour son travail. Donc c'est un long parcours, mais je ne suis pas fermée à l'idée de commencer ce parcours et de pouvoir...
- Speaker #0
Oui, et puis tu es jeune encore.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est clair.
- Speaker #0
Je ne suis pas sûre de dire ton âge, mais...
- Speaker #1
J'ai 30 ans.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est tout jeune encore.
- Speaker #0
Tout juste 30 ans, donc c'est déjà génial. Un film... C'est un film ou un court-métrage ?
- Speaker #1
C'est un court-métrage, mais il dure 42 minutes.
- Speaker #0
Ok. Donc on est sur un moyen métrage dans le langage.
- Speaker #1
Donc ça reste un gros projet qu'on a mené. Il y a eu des défis, il y a eu des moments compliqués où je n'ai pas du tout eu le résultat que j'attendais parce qu'on a eu des problèmes de météo, des problèmes techniques, des choses que je n'avais pas anticipées parce que ça reste mon premier court-métrage et que je n'ai pas non plus l'expérience nécessaire peut-être à anticiper certaines situations. Pour autant, on est allé là où ça devait aller. Je suis très fière du travail qu'on a mené. On est sur un résultat qui est quand même semi-pro. si j'ose dire, peut-être un petit peu pro je ne sais pas, je ne sais pas quel est l'as-je et le critère mais en tout cas on est sur un film qui a demandé beaucoup de travail et on a été au bout de ça je suis super fière de nous et puis tes retours sont magnifiques c'est déjà la preuve qu'il y a eu quelque chose de très chouette d'accompli bravo
- Speaker #0
à toi pour ça d'avoir osé en plus et d'avoir été jusqu'au bout comment tu te vois dans un an ?
- Speaker #1
Comment je me vois dans un an ? Je me vois encore à faire du film de mariage, parce que c'est aussi ce qui me fait vibrer et que c'est important pour moi de continuer ça. Et puis, c'est ce qui me permet de vivre aussi et de gagner de l'argent, d'avoir un salaire, etc. Donc, je ne me vois pas arrêtée pour le moment. Je me vois peut-être en faire de moins en moins dans le sens où... Ça demande quand même une énergie créative assez importante. Et j'ai l'impression, en tout cas chez moi, que mon énergie créative n'est pas illimitée. Et qu'à un moment donné, peut-être que j'aurai l'impression d'avoir fait le tour. Donc je préfère prendre moins de mariages et me dire que je m'investis à 100% dedans. Ça reste aussi beaucoup d'énergie et de fatigue. Donc j'ai aussi envie de donner le meilleur de moi-même pour mes couples. Et je sais que si je prends trop de mariages dans l'année, je serai épuisée mentalement et je ne donnerai pas le meilleur. Donc je pense que j'ai envie de ralentir, que ça me laisse aussi la place à pouvoir créer des choses qui m'appartiennent, donc peut-être pas encore une fois du cinéma. C'est un équilibre à trouver je pense entre ça, entre la réalisation de films et entre mon métier de vidéaste, mais c'est un équilibre que je me souhaite de trouver. et que je suis sûre que je trouverai d'ailleurs. Clairement,
- Speaker #0
tu as réussi à le verbaliser déjà. Oui, c'est qu'on est sur le bon chemin déjà. C'est sûr. Un conseil que tu peux partager à ceux qui hésitent ou tout simplement ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Qu'il faut oser, qu'il faut s'écouter, aller au bout de ses envies et de ses rêves parce qu'en fait, on est son propre mur. C'est nous qui nous mettons des freins. On n'a pas de... de limite à ce qu'on a envie de faire. Donc, il faut faire les choses quand on a envie de les faire. Il faut se faire accompagner aussi, il faut savoir déléguer, il faut savoir... Parce qu'on a toujours l'impression quand on commence comme ça, quand on crée une entreprise ou quoi que ce soit, qu'on doit tout assumer tout seul, qu'on est seul et que... En fait, ce n'est pas le cas, ce n'est pas vrai. Il y a toujours des gens qui peuvent nous écouter, nous aider, nous apporter des conseils. Il faut juste arriver à bien s'entourer, à trouver ces personnes-là, à faire confiance aussi. mais...
- Speaker #0
Oser demander.
- Speaker #1
Oui, oser demander de l'aide. Ce n'est pas échouer que de demander de l'aide et ce n'est pas échouer que d'arriver à verbaliser qu'on a besoin d'aide. Au contraire, je trouve qu'on fait preuve d'humilité et c'est hyper important. Donc voilà, il faut oser, il faut y aller. Il ne faut pas avoir peur de montrer qui on est. Il faut mettre de soi aussi dans ses projets. Je pense vraiment que quand on est en tout cas en micro-entreprise à son compte, Que les gens ne nous choisissent pas que pour notre travail, ils nous choisissent aussi pour qui on est, pour ce qu'on dégage, pour les émotions qu'on fait passer, pour la personne qu'on est. Donc il faut oser être soi et c'est comme ça qu'on attire des clients qui nous ressemblent et c'est comme ça qu'on s'épanouit et qu'on trouve l'équilibre et qu'on devient heureux finalement.
- Speaker #0
Et donc accueillir c'est par d'ombre.
- Speaker #1
Ouais, exactement, accueillir c'est par d'ombre et pour pouvoir les mettre en lumière, les accepter, les comprendre et pouvoir finir dans la lumière et briller.
- Speaker #0
Et s'épanouir. Maman, si tu pouvais dire quelques mots à Léa d'avant, d'avant vivre tout ça.
- Speaker #1
C'est maintenant que je vais pleurer.
- Speaker #0
Prends le temps.
- Speaker #1
Je pense que si je pouvais lui dire quelque chose, c'est lui dire que ça va aller.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qu'elle pourrait être fière d'elle.
- Speaker #0
Clairement, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Je prends un petit mouchoir. Oui, lui dire que ça va aller et qu'en fait elle va vraiment s'éclater dans sa vie et qu'il faut qu'elle y aille, qu'il ne faut pas qu'elle ait peur et qu'il y a des chemins qui sont plus difficiles que d'autres et que des fois on a peur et que des fois on ne comprend pas trop. qui on est, pourquoi on fait les choses, juste que le chemin va s'éclairer au fur et à mesure parce que c'est la voie qu'on doit prendre des fois et c'est ce que j'ai fait. Et moi, j'ai juste envie de lui dire qu'elle peut le faire, qu'il faut qu'elle y aille et que ce sera génial et qu'il n'y aura que de la lumière au bout du chemin.
- Speaker #0
Super. Je ne sais pas si je dois poser cette question, mais j'ai presque la réponse. Tu considères que tu as remis du sens dans ta vie professionnelle ou dans ta vie... De manière générale ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Je n'en ai pas parlé du coup, mais en fait, je pense être... Je n'ai pas fait le diagnostic scientifique officiel, mais je pense être à fantase. Donc, je n'ai pas d'image mentale.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je ne peux pas visualiser dans ma tête des images. Je crois qu'on est 5 ou 10 % de la population à être dans ce cas-là. Ok,
- Speaker #0
je ne sais pas du tout.
- Speaker #1
Donc, moi, si j'essaye de penser à quelque chose dans ma tête, il fait tout noir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà. Il y a eu un moment dans ma vie où je me suis demandé pourquoi j'étais comme ça, pourquoi ça m'arrivait à moi et qu'est-ce que ça induisait. Est-ce que c'est parce que j'avais eu des traumas et que mon cerveau essayait de camoufler ça ou pas ? Est-ce que c'était juste inné et que c'est comme ça et que je suis faite comme ça ? Il y a eu toute une petite réflexion. Et je me suis toujours demandé aussi pourquoi je m'étais orientée vers ce métier de vidéaste et photographe. Qu'est-ce qui faisait que j'en étais là ? Pourquoi j'ai choisi ce métier-là ? Et en fait, j'ai compris avec du recul que quand même je n'ai pas d'image mentale, c'est important pour moi d'avoir des souvenirs. Parce que mes souvenirs, je les ai. Mais c'est plus facile pour moi de me rappeler de ce que j'ai vécu en ayant des images sous les yeux. Vu que je ne peux pas les mentaliser et que je ne les vois pas. Donc, c'était important pour moi aussi de pouvoir mettre ces souvenirs en images. Donc, faire de la vidéo, faire de la photo, c'est concrétiser quelque chose qui a vraiment existé. Et c'est me permettre de me dire, ok. J'ai fait ça dans ma vie, je me rappelle parce que je le vois et parce que je sais que ça existait quoi. Je ne sais plus quelle était ta question de base.
- Speaker #0
Si du coup ça t'avait permis de remettre du sens.
- Speaker #1
Voilà, et donc le pourquoi je fais ce métier-là c'est parce que... Les souvenirs, c'est hyper important, c'est ce qui façonne qui on est, c'est ce qui façonne notre vie, et c'est grâce à ça aussi qu'on mesure toute l'évolution qu'on a eue dans notre vie, qu'on se dit « ah ben voilà, j'étais là il y a quelque temps, aujourd'hui je suis là, je mesure le chemin parcouru, je peux être fière de moi, je peux avancer, je peux corriger ça, je peux faire ci, je peux faire ça, etc. » Et donc les souvenirs, c'est vraiment hyper important pour moi dans ce sens-là. Et puis l'héritage aussi, ce qu'on peut transmettre aux autres. Alors moi, je n'ai pas d'enfant, je n'en veux pas spécialement, mais je sais qu'il y a des... Des millions de personnes sur cette terre qui ont des enfants et pour qui c'est hyper important de leur transmettre leurs origines, de savoir pourquoi ils sont aussi, eux, arrivés sur cette terre, savoir qu'ils se sont aimés, savoir que c'est grâce à l'amour de leurs parents qu'ils sont là aujourd'hui. Et c'est hyper important de pouvoir transmettre tout ça. Et juste pour que, finalement, on ne soit pas oubliés non plus. Est-ce que ça ne serait pas hyper humain comme réaction de vouloir laisser une trace sur cette terre et de se dire, j'ai existé à un moment donné ?
- Speaker #0
Et j'ai servi, j'ai été utile ?
- Speaker #1
Oui, j'ai été utile à la cause humaine. T'as mis ta pierre à l'édifice, toi aussi. Vraiment le meilleur.
- Speaker #0
Trop bien. Merci beaucoup Léa.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutés. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner. Pour info, je vous mets dans les notes toutes les références importantes ainsi que les différents liens pour retrouver l'invité. En attendant de vous partager un nouveau parcours de vie professionnel, n'hésitez pas à poser vos questions en commentaire. Je tâcherai d'y répondre ou de transmettre aux invités. Merci infiniment et à bientôt !