- Speaker #0
Bienvenue dans So Let's Go, le podcast des hommes et des femmes qui ont radicalement changé de vie professionnelle. Je suis Adeline Guillou, je suis coach de vie et ce que j'aime particulièrement dans ce métier, ce sont les histoires de vie personnelles ou professionnelles. Ici, je vais vous partager le parcours de ces hommes et femmes qui ont pris la grande décision de quitter ce qu'ils savaient faire. pour quelque chose de complètement différent, de plus risqué souvent, mais qui à leurs yeux avait plus de sens. Et aujourd'hui, je suis très heureuse de vous partager l'histoire de Nadia, qui est passée de professeure des écoles à paysanne herboriste.
- Speaker #1
Au bout d'un moment, se remettre en question et repartir de rien, c'est pas facile. Mais en fait, c'est super stimulant. Je fais ce que j'ai envie, je sens qu'il y a vraiment un sens à ce que je fais. Non, je ne suis pas contente.
- Speaker #0
So, let's go ! Comment t'es venue cette idée en fait ?
- Speaker #1
L'idée elle est venue suite à un processus qui a déjà été de passer de la ville à la campagne.
- Speaker #0
Ok, énorme déjà !
- Speaker #1
Donc c'était pas un métier, c'était un métier je ne savais pas qu'il existait. Et je ne me projetais pas du tout dans ce genre de vie et je ne savais même pas que j'en étais capable. Donc j'ai quitté la ville parce que j'ai rencontré un bel agriculteur.
- Speaker #0
Remake, de l'amour et d'un reprès. Oui,
- Speaker #1
totalement. Et j'ai tout quitté. Et puis, je suis venue vivre à la campagne avec lui.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, un peu... Vraiment du jour au lendemain, on va dire. Du mois au lendemain, quoi.
- Speaker #0
Ok. Et t'avais quel âge à l'époque ?
- Speaker #1
J'avais... J'allais avoir 30 ans.
- Speaker #0
30 ans.
- Speaker #1
J'avais 29 ans. D'accord.
- Speaker #0
Et t'habitais où ?
- Speaker #1
À Strasbourg.
- Speaker #0
À Strasbourg. Et donc, t'es venue...
- Speaker #1
Et je suis venue dans le limousin.
- Speaker #0
Dans le limousin. Dans le fin fond du limousin.
- Speaker #1
Dans le fin fond du limousin.
- Speaker #0
Ok, super. Donc... Tu réponds que c'est amoureux. Tu le suis ?
- Speaker #1
Je le suis.
- Speaker #0
Et il se passe quoi ? Tu continues ton job de professeur des écoles ?
- Speaker #1
Pour pouvoir le suivre, j'ai demandé une dispo. Donc, je suis arrivée ici en dispo. Et puis, j'ai fait des petits boulots, histoire de quand même avoir un revenu, de l'aide à domicile, des choses comme ça.
- Speaker #0
Tu n'as pas voulu ? Enfin, te reprendre un peu d'instinct ?
- Speaker #1
En fait, il y a deux choses différentes. Quand tu changes de région, tu demandes à changer d'académie. Et donc ensuite, là, ils peuvent... Déjà, c'est accepté ou pas, en fonction du nombre de postes disponibles d'une académie à l'autre. Et puis, tu peux être envoyé dans tout le département. Donc, dans le limousin, tu vois, avec les petites routes, ils t'envoyent à l'autre bout. Donc, pour moi, c'était plus simple de demander une mise en dispo. J'étais sûre de pouvoir venir au plus vite.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
le choix, ça a été ça.
- Speaker #0
Ok, très bien. Donc t'arrives ?
- Speaker #1
J'arrive,
- Speaker #0
tu fais des petits boulots ?
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Et puis ensuite, c'est allé assez vite puisque j'ai eu des enfants.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Un, puis deux, et puis là je suis restée à la maison pour m'occuper d'eux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis est venu un moment où je me suis dit, bon bah là, qu'est-ce que je fais maintenant ?
- Speaker #0
Tu vois,
- Speaker #1
ça faisait plus de cinq ans que j'avais arrêté d'enseigner, presque dix même. Les choses avaient changé, est-ce que j'avais envie d'y retourner ? Tu vois, j'étais plus au clair avec ce que j'avais envie de faire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ce que j'avais découvert, par contre, pendant ces dix ans, c'est la vie à la campagne. Qu'est-ce que c'est d'avoir un jardin ? Parce qu'avant, j'étais dans un studio. Qu'est-ce que c'est de faire ces petits remèdes naturels ? Parce que quand on a des enfants, on a envie de choses les plus simples possibles. Donc j'avais commencé à faire mes essais pour la famille, tu vois. œuvre. Un petit jardin médicinal basique. Et puis je me rendais compte que c'est ce que j'avais envie de faire tout le temps.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
L'idée a fait son petit bout de chemin petit à petit au fur et à mesure des rencontres.
- Speaker #0
Donc t'as cette prise de conscience que l'enseignement c'était pas là où tu veux revenir ? Ouais,
- Speaker #1
j'ai peut-être pas envie d'y retourner. En plus à ce moment-là on était arrivés au Covid. Ok,
- Speaker #0
2019, 2020.
- Speaker #1
Donc les écoles c'était protocole, masque, zone de sécurité.
- Speaker #0
donc là j'étais quand même assez contente de ne pas y être je compatissais pour mes collègues donc 2019 donc tu te dis l'enseignement peut-être pas forcément y revenir en revanche comme tu dis le jardin les petits romaines ça a l'air d'être chouette et du coup l'étape d'après ça a été quoi ?
- Speaker #1
l'étape d'après ça a été un déclic Merci. un déclic parce que il y a des choses qu'on aime faire en loisirs tu vois mais est-ce qu'on a envie de le faire toute la journée et puis aussi est-ce que ça va rapporter quelque chose parce que finalement avoir un métier c'est aussi quand même pouvoir en vivre.
- Speaker #0
Oui, en faire de l'argent.
- Speaker #1
Et donc ce qui bloquait à ce moment-là c'était ça. Moi je venais quand même, j'étais fonctionnaire Donc l'entrepreneuriat c'était loin, faire des marchés, faire des boutiques, prospecter, être chef d'entreprise, j'ai aucune idée de comment ça pouvait fonctionner. Et puis un jour en discutant avec une amie, elle me dit « Ah mais si tu faisais des tisanes, elle est thérapeute, elle est réflexologue, moi je pourrais vendre tes tisanes dans mon cabinet » .
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et là, en fait, là j'ai eu un déclic. Je me suis dit, ah mais oui, je ne suis pas forcément obligée de vendre par moi-même ce que je vais faire.
- Speaker #0
Oui. Tu vois ? C'est par intermédiaire.
- Speaker #1
Voilà. Et en fait, finalement, ce n'est pas du tout ce que j'ai fait. Je ne fais pas de tisane et je ne vends pas forcément mes produits chez elle. Mais en fait, ça, ça ça a été un...
- Speaker #0
D'accord, une pause de conscience qu'il y a des choses qui étaient possibles auxquelles tu n'avais pas pensé forcément. Oui,
- Speaker #1
il y avait un panel de possibles que je n'avais pas forcément envisagé. Et là, du coup, le métier est devenu envisageable.
- Speaker #0
Ok, super. Et donc, tu as suivi une formation ?
- Speaker #1
Du coup, j'ai suivi des formations. Donc, j'ai cherché des formations. On en parlera peut-être après. Se former pour ce métier-là, ce n'est pas forcément si simple parce que c'est un métier qui n'était pas reconnu encore jusqu'à il y a deux ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais on en parlera peut-être après, si tu veux.
- Speaker #0
Oui, on attend, si tu veux. Qu'est-ce qui fait que c'est connu maintenant, en fait ? Qu'est-ce qui a changé ? Alors,
- Speaker #1
en fait, ce qui est surprenant, c'est que c'est un métier qui a été connu depuis toujours.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En fait.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Herboriste, tu vois,
- Speaker #1
se soigner avec les plantes, avec les remèdes naturels, c'est la base de tous les soins de l'humanité, on va dire. Et puis, en fait, Pétain a supprimé ce diplôme.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En 1941, je crois bien, pour donner le monopole aux pharmaciens.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Du coup, ils ont laissé les herboristes, ceux qui avaient déjà le diplôme ou qui avaient une herboristerie, continuer de pratiquer. Mais le diplôme a été supprimé. Donc en fait, il n'y a plus de formation possible,
- Speaker #0
plus de repreneurs.
- Speaker #1
Donc c'est un métier qui a disparu. Il y a toujours eu des gens qui ont continué de cueillir, de fabriquer leurs produits. Mais il fallait se balader un peu dans la réglementation. Il n'y avait pas de statut officiel, donc pas de métier reconnu. Ce qui implique plein de choses, quoi. Pas de droit au chômage, pas d'aide, pas de... Oui,
- Speaker #0
oui, c'est sûr, ouais. Et même le droit de s'installer, du coup, parce qu'il y a quand même quelques herboristes, comme tu dis, en ville, par exemple. Il en reste... Oui ou non ? Il n'y en a peut-être pas. Si à Paris, je vois qu'il y a une grande herboristerie, peut-être que ça a été maintenu de père en fils, tu vois, ou un truc dans le genre. C'est possible,
- Speaker #1
ou alors c'est sous un autre statut que ça a été... D'accord. En tout cas, peut-être qu'ils peuvent avoir... Je ne sais pas, mais ce que je suppose, c'est que peut-être qu'ils peuvent avoir une herboristerie, mais sans avoir un diplôme d'herboriste.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Tu vois ? Et normalement,
- Speaker #1
dans ce cas-là, ils n'ont pas le droit de faire du conseil médical.
- Speaker #0
Ah oui, oui. Oui, ou paramédicales.
- Speaker #1
C'est ça, se balader dans la réglementation, c'est normal. Après, on n'est pas tous formés, enfin conseillés dans le domaine médical, c'est très spécifique et je ne le fais pas non plus. Mais pouvoir communiquer sur les vertus des plantes.
- Speaker #0
Bien sûr. Oui, il faut être formé.
- Speaker #1
Il y a plusieurs écoles en France qui forment au métier, mais ensuite, c'était non-diplôme. Tu sais, tu as le statut, mais ce n'est pas un métier reconnu. Il y en a plusieurs comme ça aussi dans les métiers de thérapeute.
- Speaker #0
Ça a été compliqué.
- Speaker #1
Ça ne veut pas dire que tu n'es pas super bien formé. Ça ne veut pas dire que tu sais ce que tu fais, mais il n'y a pas un diplôme. Sauf que ? Sauf que les fédérations des paysans herboristes et d'autres se sont battues pour que ce métier soit reconnu.
- Speaker #0
Et puis pour légiférer Oui. et qu'il n'y ait pas du grand n'importe quoi qui se fasse aussi.
- Speaker #1
À partir du moment où tu n'as pas un diplôme, le problème, c'est que n'importe qui peut aussi se revendiquer d'être du métier alors qu'il n'est pas formé. Comme nous,
- Speaker #0
en tant que coach, je suis coach par l'expérience de vie,
- Speaker #1
certes.
- Speaker #0
Mais le diplôme te permet une éthique.
- Speaker #1
Il permet aux gens qui vont venir consulter chez toi aussi d'avoir une assurance qu'en fait,
- Speaker #0
tu as suivi une formation.
- Speaker #1
Ça donne aussi du sérieux. quand il y a un diplôme. Donc là, c'est bon, c'est validé le diplôme niveau 5.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Donc, c'est super chouette. Donc,
- Speaker #0
tu as suivi ça pendant combien de temps ?
- Speaker #1
Alors moi, j'étais déjà installée le diplôme. Donc là, moi, ce que je pourrais faire, c'est une VAE par contre.
- Speaker #0
Une VAE, d'accord. Ok, ça marche.
- Speaker #1
Donc ça, c'est un projet, oui.
- Speaker #0
Et donc, tu t'es formée où toi quand même ?
- Speaker #1
Du coup, moi, en Limousin, on a la chance d'être assez proche d'une ferme-école qui s'appelle Vieilles Racines et Jeunes Pouces, fondée par Thierry Thévenin. Et qui propose des formations courtes. Donc, il y a plusieurs écoles en France qui font des formations longues. Donc là, tu es sur deux ans, trois ans. Tu as de la botanique, de l'herboristerie, des choses comme ça. Moi, j'ai fait des formations plus courtes. Donc, c'est des modules. J'ai débuté par la base, comment faire ses boutures et ses semis. Parce qu'on ne vient pas du métier. Comment aménager son jardin. Et puis ensuite, tu vois, je fais les plus en plus dans des formations spécifiques. Donc, c'est les plantes. Les plantes du féminin, les plantes du système digestif, du système respiratoire, etc. Donc, chaque année, je fais plusieurs formations pour spécifier mes connaissances.
- Speaker #0
D'accord, ok, super. Et donc ça, tu te... Tu te formes ?
- Speaker #1
Je m'installe en agriculture. Tu t'installes en agriculture ? Parce qu'avant tout, je suis paysanne. Oui, c'est ça. C'est pour ça que j'ai l'héloïste.
- Speaker #0
J'ai largement résumé tout à l'heure. Mais oui, donc toi, tu ne dépends pas de l'artisanat, du commerce, mais de l'agriculture.
- Speaker #1
Oui, parce que je cultive mes plantes.
- Speaker #0
D'accord. Ok. Donc, tu as un statut d'agricultrice. Oui,
- Speaker #1
comme des maraîchers. C'est ça.
- Speaker #0
Et donc, du coup, pour avoir ce statut, pareil, tu as... Tu t'es fait accompagner par la chambre d'agriculture ? Oui, d'accord. Ok, donc ça se passe comment là du coup ? Tu suis une formation comme nous à la Chambre de Commerce, par exemple ?
- Speaker #1
Oui, moi j'ai eu des heures, alors ça a peut-être changé depuis, mais j'avais un certain nombre d'heures obligatoires à faire. On m'a expliqué comment ça marchait la MSA, la sécurité, plein de choses, des réglementations. Ensuite, il faut aussi choisir ton statut quand tu es agriculteur, en fonction de ta surface, tes revenus, donc quel statut choisir. Et puis ensuite, c'était parti. J'avais mon numéro de sirète et là, on y va.
- Speaker #0
Et là, on y va. Ah bon, qu'on y aille. Est-ce que tu avais des connaissances dans l'entreprenariat ? Tu me disais que non, parce que tu avais un statut de fonctionnaire. En revanche, dans l'agriculture, oui. Par ton conjoint ?
- Speaker #1
Non, parce que mon conjoint est éleveur.
- Speaker #0
Il est éleveur, d'accord. Donc, rien à voir avec l'exploitation des sols.
- Speaker #1
Il s'y connaît quand même dans le sol. Parce que quand on est éleveur, lui faisait aussi des céréales. Donc, il travaille le sol. Donc, il a eu beaucoup de choses à m'apprendre. mais j'avais pas appris ça avant de me lancer d'accord ok ça s'est fait au fur et à mesure du coup t'avais une ressource d'enfer j'avais une super ressource et beaucoup d'aide et d'expérience beaucoup d'expérience à me partager mais ils connaissaient pas forcément le métier que j'étais en train d'apprendre moi bien sûr et pendant tout ce temps donc
- Speaker #0
là on parle de 2019 tu te fais accompagner, tu te formes on est en quelle année à peu près là ? en 2020, 21 ?
- Speaker #1
Tu mets quoi,
- Speaker #0
deux ans ?
- Speaker #1
Écoute, dans mes souvenirs, je devais commencer mes formations en 2020, puisque ça a été annulé, parce que c'est le Covid.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc là, ça a été décalé. Donc ensuite, j'ai commencé mes formations. En même temps, j'ai commencé à préparer le jardin, parce qu'en fait, quand tu te lances... Eh oui,
- Speaker #0
il faut le temps que la graine gère. Tu n'as pas les plantes tout de suite.
- Speaker #1
Il faut se former aussi pour se dire, OK, j'ai envie de cultiver telle ou telle plante, parce qu'il y a un panel infini.
- Speaker #0
Bien sûr. Et puis les saisons.
- Speaker #1
C'est ça. Est-ce que je veux une serre ? Pas de serre ? Si j'ai une serre, je cultive d'autres plantes. En fait, il faut choisir avant de commencer. Et rien que ça, c'est un travail de réflexion qui prend un peu de temps. Donc, on va dire qu'en 2021, j'ai dû commencer à vendre mes premiers produits.
- Speaker #0
D'accord. Et à ce moment-là, tu avais quitté l'éducation nationale ?
- Speaker #1
Oui, entre temps, j'avais démissionné.
- Speaker #0
Entre temps, tu avais démissionné. Donc, tu pars sans rien du coup, finalement ?
- Speaker #1
Oui, sans rien.
- Speaker #0
Ouais, même pas peur. Et justement, financièrement, tu as eu une pression financière ? Financièrement,
- Speaker #1
j'ai eu de la chance parce que j'ai eu une prime de départ volontaire de l'éducation nationale. Donc en fait, c'était la dernière année où ils proposaient ça. Si tu quittais l'éducation nationale pour créer ton entreprise, tu avais droit à une prime de départ. Et c'est ça qui m'a fait franchir le pas de démissionner. parce que je me suis dit au moins je vais partir avec un petit quelque chose parce que sinon t'as pas de droit au chômage bien sûr et ça faisait déjà une dizaine d'années qu'on s'en sortait avec les revenus de mon mari puisque moi j'avais élevé les enfants et oui puis t'étais en dispo donc dispo ça veut dire zéro revenu donc on savait que ça passait du coup la prime de départ m'a permis d'investir dans mon matériel sans faire de prêt donc en fait on est parti de la base dans laquelle on était déjà donc potentiellement ce que j'allais rentrer en argent c'était du bénéfice ok super ça m'avait permis de ne pas nous endetter pour que je m'installe donc normalement on perdait ok
- Speaker #0
trop bien qu'est-ce qui était difficile dans cette reconversion ?
- Speaker #1
en fait il y a des choses difficiles qui ne sont pas les mêmes
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Au début, ce qui a été difficile, c'était de gérer... En fait, je travaille à la maison. Mes cultures, elles sont sur un terrain attenant à la maison. Et ça, c'était un choix aussi parce que les enfants étaient petits au départ. Donc ça me permettait de continuer de m'occuper d'eux et de lancer mon truc. Mais quand tu es chez toi, tu continues de faire les décisions, les ménages, les enfants... Le quotidien est toujours là. Et ça, ça a été difficile. Ça l'est encore un peu, mais ça vient.
- Speaker #0
Oui, de privilégier un temps exclusif pour l'entreprise sans être absorbé par le quotidien.
- Speaker #1
Alors ça, je n'y arrive pas encore tout à fait parce que quand je passe devant la machine, j'en lance une même si c'est sur mon temps de travail. Non, ce qui était plutôt difficile, c'était en couple.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que j'étais à la maison depuis dix ans.
- Speaker #0
D'accord. Et de ce qui avait du mal à comprendre, du coup...
- Speaker #1
J'étais à la maison et ça avait été un choix partagé. On était OK sur ça. Sauf que du jour au lendemain... Je suis encore à la maison, mais j'ai plus le temps de faire tout ce que je faisais avant.
- Speaker #0
Donc ça,
- Speaker #1
ça a été un... Il a fallu se recaler un peu. Ouais, se recaler. Et puis c'était pas facile pour moi d'assumer ça, parce qu'en fait, au début, tu gagnes rien.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ça prend du temps. Donc en fait, j'étais... j'étais moins disponible, j'étais plus stressée, et puis je n'avais pas envie de continuer de faire toutes ces tâches toute seule, mais en même temps...
- Speaker #0
Tu ne rentrais pas d'argent, donc tu ne sentais pas légitime. Et puis ma boîte,
- Speaker #1
elle n'était pas palpable. Quand tu crées une entreprise, au début, il n'y a rien.
- Speaker #0
Oui, donc tu n'as pas de justificatif qui dit, non, je n'ai pas le temps de faire une ici.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Dans la conscience collective, on se dit...
- Speaker #1
Mais même pas dans la conscience collective, en réalité, c'est vrai.
- Speaker #0
Oui, tu as quand même du temps pour faire toutes ces petites tâches.
- Speaker #1
Mais si je les fais toutes, au bout d'un moment, je n'ai pas besoin. Et donc ma boîte ne va pas exister. Donc ça, c'était difficile.
- Speaker #0
Trouver un équilibre.
- Speaker #1
Oui. Quand tu commences un nouveau job et que tu pars tous les matins et que tu rentres le soir et que tu as bossé ailleurs, c'est différent.
- Speaker #0
Oui, clairement.
- Speaker #1
Que quand tu étais chez toi.
- Speaker #0
Ok. Donc ça, ça a été la plus grande difficulté ?
- Speaker #1
Au début.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ensuite, une des difficultés que j'ai trouvées, ça l'est encore un peu maintenant, c'est de se sentir crédible dans ce qu'on fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que quand tu te lances dans une nouvelle voie et que tu te lances tout en te formant au fur et à mesure, au début, tu te lances, mais tu ne connais pas grand-chose.
- Speaker #0
Oui, forcément.
- Speaker #1
Et ça,
- Speaker #0
cette légitimité, elle était... Du coup, parfaitement évidente. Oui,
- Speaker #1
j'ai dû assumer de commencer à base de nouveau quelque chose.
- Speaker #0
C'est ça, d'être au commencement, en fait. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et puis ensuite, ce qui est difficile, c'est de te rendre compte que si tu veux vivre de ton activité, malheureusement, tu n'es pas au jardin toute la journée. Ce que j'espérais un peu au début.
- Speaker #0
Oui, parce que ça, c'est quelque chose que tu adorais.
- Speaker #1
Oui, mais il y a des moments dans l'année où c'est ce que je fais le moins.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça, ça m'embête. Donc là, c'est un peu mon problème de maintenant.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est que là, ma boîte, elle décolle un peu. Ça marche. Mais du coup...
- Speaker #0
T'es moi au jardin ?
- Speaker #1
Je suis sur Insta, je suis en rendez-vous, je suis en train de faire mes plaquettes, je suis en train de livrer et puis tu vois...
- Speaker #0
C'est pas forcément ce que t'aimes en plus et malgré tout t'as pas le choix ?
- Speaker #1
J'ai pas le choix. En fait là je découvre vraiment que quand t'as ton entreprise il faut tout faire.
- Speaker #0
les papiers là comme les relations publiques et le jardin et fabriquer les produits ça fait combien de temps que t'es avec cette entreprise ? ça fait 5 ans donc on a le recul
- Speaker #1
5 ans qu'elle a été créée donc on va dire
- Speaker #0
4 ans que c'est productif ou tu arrives à rentrer de l'argent ?
- Speaker #1
non que c'est productif que je produis des produits Non, je rentre de l'argent. Je suis dans le positif, on va dire. Ok,
- Speaker #0
super.
- Speaker #1
J'ai jamais été dans le négatif.
- Speaker #0
Oui, finalement, tu partais de zéro. Je partais de zéro. Donc là,
- Speaker #1
c'était cool. Mais pareil, tu te rends aussi compte quand tu as une entreprise qu'au début... tu es super content de vendre des produits mais en fait entre vendre le produit et ce qui te reste à la fin quand tu as déduit les charges tu vois j'ai travaillé pour quoi en fait tout ça c'est des prises de conscience qui se sont faites au fur et à mesure des années de ce que tu vivais faire la compta c'était
- Speaker #0
loin parce que du coup on va y venir tu as quoi comme statut toi ? agricultrice oui c'est vrai toi tu es agricultrice Et donc, tu as une comptabilité obligatoire, par exemple ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est obligatoire. Parce que tu vois, moi, je suis en micro et je n'ai pas de comptabilité, en fait.
- Speaker #1
En fait, moi, j'ai un statut qui s'appelle micro BA. C'est un tout petit statut.
- Speaker #0
D'accord. Donc,
- Speaker #1
moi, je ne suis pas obligée d'avoir un comptable officiel. D'accord.
- Speaker #0
Comme moi, du coup.
- Speaker #1
Mais je tiens mes comptes. De toute façon, je déclare mes revenus aux impôts. Et puis, même pour moi, il faut bien, quoi.
- Speaker #0
Ça va un peu. Oui.
- Speaker #1
Mais je crois que c'est moins contraignant que... Que vous.
- Speaker #0
Ah oui ? Oui. D'accord.
- Speaker #1
Et j'ai moins de charges.
- Speaker #0
Et t'as moins de charges. Ah oui. D'accord. Oui. Ok. Mais t'as aussi beaucoup de temps à passer dans ton jardin. Oui,
- Speaker #1
c'est différent. Oui, c'est différent. C'est d'autres contraintes et d'autres bénéfices.
- Speaker #0
Tout à fait. T'as été soutenue dans ce choix de reconversion ?
- Speaker #1
Oui. Oui. J'ai été soutenue parce que j'ai quand même eu une période où je ne savais pas ce que je voulais faire. Où tu as envie de changer. Je sentais que je ne voulais plus trop retourner enseigner. Mais démissionner sans savoir... Où elle est, c'est très difficile de franchir le pas. Et en fait, à partir du moment où j'avais trouvé une envie, en fait, quand tu assumes ton envie, je trouve que les autres, ils te suivent.
- Speaker #0
C'est ça, complètement.
- Speaker #1
Tant que tu doutes et que tu ne sais pas trop, non, mais tu ferais peut-être mieux de rester quand même, c'est une sécurité.
- Speaker #0
Et puis du coup,
- Speaker #1
toi, ça te fait douter. Et puis non, si toi, tu es sûre de toi, ça passe, les gens sont... On te suit.
- Speaker #0
les gens suivent t'as eu des doutes ? des peurs ? avant de te lancer ?
- Speaker #1
et donc il me finit de démissionner ça s'est un peu enchaîné tout ça en fait oui j'ai mis beaucoup de temps à décider de démissionner parce que quand tu démissionnes du fonctionnariat t'as rien c'est
- Speaker #0
hyper confort Malgré ce confort.
- Speaker #1
J'ai trouvé quand même beaucoup de contraintes aussi. Mais tu n'as pas besoin de réfléchir. Est-ce que tu dois chercher du taf ?
- Speaker #0
Et puis tu as un travail à vie. Oui,
- Speaker #1
j'avais un salaire qui était quand même bon.
- Speaker #0
Donc tu as eu des peurs, autres que financières ?
- Speaker #1
Non, la grosse peur, c'était surtout financière. C'était est-ce que je vais réussir à en faire un métier ? Est-ce que je vais trouver une place ? Ou trouver une place... dans le monde quoi.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Hors de la parentalité. J'avais cette place-là, mais là j'avais besoin d'une place à moi. Et puis d'être utile dans la société.
- Speaker #0
J'ai vraiment trouvé des places importantes. Ouais, super. De quelles compétences ton ancien métier Tu te sers aujourd'hui dans cette nouvelle carrière ? Je dirais... Alors là, on rit parce que j'ai le choc, ce n'est pas du tout coopératif. Mais ce n'est pas grave.
- Speaker #1
On a essayé de l'ignorer, mais là, il faut fouillonner. On a essayé de l'ignorer,
- Speaker #0
mais je crois qu'elle fait tout. Donc, on n'en ignore pas. Ce n'est pas grave. Est-ce que ton ancien métier est des choses dont tu te sers aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ben... J'organise des ateliers et des stages. Je pense que là, en termes de pédagogie et de transmission, c'est quelque chose que je reprends. J'aime bien travailler avec les enfants. J'accueille des scolaires dans le jardin. C'est chouette. Après, il y a le côté aussi rédactionnel. La comptade et la paperasse. Je suis habituée à écrire, à être un peu carrée. dans l'organisation,
- Speaker #0
dans les plannings d'accord ok des trucs comme ça quoi très bien si tu pouvais revenir en arrière tu changerais quelque chose ?
- Speaker #1
en arrière jusque quand ?
- Speaker #0
je ne sais pas dans cette carrière nouvelle carrière ?
- Speaker #1
Ah non, je ne changerai rien.
- Speaker #0
Tu cadrerais les étapes ?
- Speaker #1
Oui, elles ont toutes été nécessaires. Mais j'aimerais bien me dire ça va le faire, tu vas voir. Ce n'est pas un projet en l'air.
- Speaker #0
Tu te l'as dit, ça.
- Speaker #1
Au début ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Non, parce que je ne savais pas trop. Tu sais, le projet s'est construit au fur et à mesure.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc en fait, je ne savais pas trop ce que ça allait donner au début.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je me suis laissée porter par les plantes qui poussaient, ont créé les produits que j'ai faits. Enfin, tu vois, ça a été tout un cheminement. Au fil des rencontres, de l'évolution du jardin.
- Speaker #0
Ce que j'entends, c'est comme si ce projet avait grandi avec toi au fil des années. La faisabilité. Comme si elle avait grandi au fur et à mesure des années.
- Speaker #1
Et continue.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça change tout le temps.
- Speaker #0
Trop bien. Et puis après, dans le positif, puisque tu es encore là. Trop bien. Tu te vois comment dans un an ?
- Speaker #1
Un peu plus organisée. Chaque année, je me dis ça. Chaque année, je me dis, oh là là, l'année prochaine.
- Speaker #0
Oui, notamment, tu disais par rapport au... Est-ce qu'il te pose question là, pas assez de contenants, pas assez de plantes, pas assez de ci, par rapport au stock, notamment ? Oui,
- Speaker #1
le stock, il change tout le temps. Les demandes augmentent. Donc ça, c'est super. Je suis sur la bonne voie. Et puis, mais c'est toujours... En fait, la gestion entre l'investissement et les flacons, il en faut. Mais si j'en commande dix fois trop et qu'ensuite je ne les utilise pas, c'est de l'argent. Donc, il faut toujours jongler entre tout ça. Et puis, d'un côté, je suis un peu la course en avant.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
C'est-à-dire que, ah super, j'ai plein de flacons, ah mince, je n'ai plus d'étiquettes. Donc je commande les étiquettes et puis tant que je commande les étiquettes, je n'ai plus d'autre chose.
- Speaker #0
D'accord. C'est son chêne et c'est un cheminement un peu régulier. Tu aurais un conseil à partager à ceux qui hésitent encore à se lancer dans l'entrepreneuriat, dans l'agriculture ?
- Speaker #1
Non, en fait, ce n'est pas... Quel que soit le domaine où on se lance, moi j'aurais vraiment pas cru avoir cette vie-là. Et en fait je me dis qu'on a plusieurs vies dans une vie. Et que ça il faut vraiment l'accepter. Tu vois la zone de confort... On connaît, on a le métier, on habite... Je me serais jamais imaginée à la campagne, je me serais jamais imaginée loin de ma famille et de mes amis. Ça, c'était inenvisageable. Et en fait, là, j'ai une vie complètement différente.
- Speaker #0
Et ça aussi, c'était pas du tout imaginable. Enfin, imaginable. Non.
- Speaker #1
Et c'est génial, quoi. Et on est... On est surpris, en fait, la vie est longue quand même, ça peut changer radicalement. Oui,
- Speaker #0
c'est ça, clairement. De se laisser porter ou en tout cas de faire confiance en la vie, en fait. D'oser. Qu'on n'a peut-être pas non plus toutes les cartes en main et qu'il y a des choses extraordinaires qui peuvent aussi nous arriver qu'on n'a pas prévues, qu'on ne maîtrise pas.
- Speaker #1
Je me souviens avant, c'était quand même une décision difficile, je le raconte un peu.
- Speaker #0
Bien légèrement.
- Speaker #1
Mais quand j'ai décidé de partir pour suivre Louise... c'était difficile et je me souviens j'étais dans une librairie et j'avais acheté un tout petit livre qui m'avait sauté aux yeux les tout petits livres qu'on s'offre en cadeau c'était Vas-y, ose et dedans c'était un recueil de plein de citations qui te permettait d'oser et ça m'avait aidé je me dis allez on se lance même pas peur
- Speaker #0
Les signes de la vie, oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que je perds ? Qu'est-ce que je gagne ?
- Speaker #0
Oui, mais c'est important de le mesurer. J'imagine que c'est ce que tu as fait avant de...
- Speaker #1
Et puis, on peut aussi revenir en arrière si ça ne va pas. Là, j'ai démissionné pour le coup.
- Speaker #0
Oui, mais tu as démissionné au bout de dix ans. Tu n'as pas fait ça du jour au lendemain. Tu as réfléchi, tu as pris le temps de la réflexion, puis tu as vécu surtout aussi. Ça t'a permis de prendre de vraies décisions.
- Speaker #1
Et aussi... reprendre des... Enfin, que ce soit des études, une formation, repartir de zéro à l'âge adulte, c'est pas facile quand ça se fait, quoi.
- Speaker #0
Oui, quand ça te passionne.
- Speaker #1
Et je pense que ça, c'est aussi quelque chose qui fait très peur. Quand on fait ses études, on se lance, on a l'habitude d'être dans l'apprentissage. Mais au bout d'un moment, se remettre en question et repartir de rien, c'est pas facile.
- Speaker #0
Mais en fait,
- Speaker #1
c'est super stimulant.
- Speaker #0
Oui, tout à fait, en plus. Et puis même pour nos enfants, ça donne aussi l'image que tout est possible, qu'on avait une vie avant, qu'il y en aura une autre après. Et que même ceux que... Je fais le lien avec ça, parce que mes ados sont en plein questionnement. L'école leur demande, qu'est-ce que tu veux faire comme métier ?
- Speaker #1
Comme tu dis,
- Speaker #0
on peut avoir dix métiers dans une vie. Heureusement que ça ne serait pas un seul.
- Speaker #1
Tu fais quelque chose, et tu es dans le disant que tu pourras faire autre chose, parce que tu vas découvrir des métiers,
- Speaker #0
tu ne sais même pas qu'ils existent encore. Non, mais totalement, totalement. L'important est d'être dans l'action, c'est ce que tu es en train de dire. Et puis,
- Speaker #1
comme tu disais, l'exemple aussi, moi je trouve ça bien, une voie révisée, bûcher, chercher dans des livres.
- Speaker #0
On ne sait pas tout. Il y en a encore plein, j'en vais apprendre. Est-ce qu'il y a quelque chose que je voulais te demander et dont tu aurais voulu parler ?
- Speaker #1
Probablement, mais je pense que ça va me revenir juste quand je passerai ta porte.
- Speaker #0
Sinon c'est pas drôle.
- Speaker #1
J'aurais dû dire ça.
- Speaker #0
Bon, on va voir.
- Speaker #1
Alors peut-être, on en parlait quand je suis arrivée, tu sais l'importance du réseau.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et d'être entourée.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
C'est vraiment quelque chose qui me porte. Les gens sont en fait très très très partants à partager, enfin en tout cas moi j'ai cette expérience là. Oui. Ouverts à te conseiller, les gens qui se sont déjà lancés sont tous... Merci. En général, OK, pour partager leur expérience, te donner des conseils. Ne pas hésiter quoi.
- Speaker #0
Mettre dans un réseau en tout cas.
- Speaker #1
Ou même à titre personnel quoi. Je parle de mon projet à mon entourage et mon entourage connaîtra toujours. Ah mais moi je connais quelqu'un qui... Et bien vas-y quoi. Envoie un mail, appelle et tu vas rencontrer plein de gens qui partageront un petit truc et parfois ce petit détail enclenchera autre chose.
- Speaker #0
Il fera peut-être germer quelque chose chez quelqu'un en fait.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tout à fait, t'as raison. Maintenant, si tu avais quelques mots à dire à ton ancienne toi, dans ton ancienne vie, en ville, enseignante, qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #1
Je vais lui dire, tu ne vas pas me croire ! ah ouais trop bien non mais c'est vrai que en fait j'avais cette envie maintenant quand j'y repense j'étais pas à ma place j'étais dans un petit studio avec vue sur un parking il y avait quelque chose qui manquait mais c'était pas en fait c'était tellement loin de moi que c'était pas envisageable tu vois je voyais pas comment faire je ne Euh... C'était... J'avais pas d'amis qui étaient dans ce milieu-là, dans... Donc c'était quelque chose que... En fait, il y a plein de monde autour de nous qu'on peut même pas envisager.
- Speaker #0
Ouais, clairement.
- Speaker #1
Parce qu'on les connaît pas.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est faux. Et ça t'est tombé dessus.
- Speaker #1
Ça m'est vraiment tombé dessus. Donc je dirais... Quand... Quand je me sentais un peu coincée dans ma vie, il y a autre chose qui t'attend.
- Speaker #0
Ne t'inquiète pas,
- Speaker #1
il y a autre chose qui arrive.
- Speaker #0
Ne t'inquiète pas, il y a autre chose qui t'attend. Et pour avoir vu ta maison avec une autre vue qu'un parking.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pas la vue sur mer,
- Speaker #1
mais presque. Je l'apprécie.
- Speaker #0
Tu m'étonnes.
- Speaker #1
Tous les jours, tu me dis waouh.
- Speaker #0
Quelle chance ! Mais que tu t'es offerte !
- Speaker #1
Je suis allée la chercher !
- Speaker #0
Tout à fait ! Tu as créé ta chance !
- Speaker #1
J'ai créé ma chance, mais elle m'est aussi tombée dessus ! Tu as saisi l'opportunité ! J'ai saisi l'opportunité !
- Speaker #0
Et tu as osé, tellement osé ! Tu te rends compte ? Quitter la ville pour une citadine, quitter l'Est de la France pour arriver en limousin... Et puis quitter ta famille !
- Speaker #1
Il y a eu des moments très... moi.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Mais aujourd'hui, ça va être ma dernière question. Est-ce que tu considères que tu as mis du sens dans ta vie professionnelle et dans ta vie perso au sens plus large ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Je suis vraiment en accord avec ce que je fais.
- Speaker #0
Tu es au bon endroit.
- Speaker #1
Ah oui. Je n'ai pas cette boule au ventre. Parfois, je fais « Oh, je n'ai pas envie de faire de la compta » . Mais ça n'a rien à voir. Je fais ce que j'ai envie. Je sens qu'il y a vraiment un sens à ce que je fais. Je suis super contente.
- Speaker #0
Trop bien. Merci beaucoup pour ton partage, Nadia.
- Speaker #1
Merci de m'avoir écoutée.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutées. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner. Pour info, je vous mets dans les notes toutes les références importantes ainsi que les différents liens pour retrouver l'invité. En attendant de vous partager un nouveau parcours de vie professionnel, n'hésitez pas à poser vos questions en commentaire. Je tâcherai d'y répondre ou de transmettre aux invités. Merci infiniment et à bientôt !