- Speaker #0
Bienvenue dans So Let's Go, le podcast des hommes et des femmes qui ont radicalement changé de vie professionnelle. Je suis Adeline Guillou, je suis coach de vie et ce que j'aime particulièrement dans ce métier, ce sont les histoires de vie personnelles ou professionnelles. Ici, je vais vous partager le parcours de ces hommes et femmes qui ont pris la grande décision de quitter ce qu'ils savaient faire. pour quelque chose de complètement différent, de plus risqué souvent, mais qui à leurs yeux avait plus de sens. Et aujourd'hui, je suis très heureuse de vous partager l'histoire d'Audrey qui est passée de chargée de travaux chez un bailleur intermédiaire à artisane.
- Speaker #1
Je voulais quelque chose d'élégant, quelque chose de féminin, de raffiné. Et puis est né le premier sac et quand je l'ai vu, je dis ça, c'est du bois élégant. Mon rêve, mon rêve que mes sacs défilent sur un podium. Mais c'est vraiment mon plus grand rêve.
- Speaker #0
So, let's go ! Comment t'es venue cette idée ?
- Speaker #1
Avant Le Bois Elégant, j'étais à Paris. Et donc, je travaillais comme chargée de travaux chez un bailleur intermédiaire. C'est-à-dire que j'étais chargée de remettre en état les logements pour les futurs locataires. Donc, je coordonnais les entreprises, les chantiers. C'était un métier qui était très intéressant, mais très stressant également. C'est pas un métier que je faisais par passion. Mais c'est un métier que j'avais à ce moment-là quand j'étais sur Paris.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis avec mon conjoint, on a décidé de partir de Paris, partir de cette vie complètement stressante. Lui, il avait un projet, c'était reprendre une société. On est venus sur Nexon, pourquoi la Haute-Viette ? Pour plein de raisons. On était tombés un petit peu amoureux du coin, du côté lac de Vassivière.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis lui, il a eu une société qui s'est présentée sur Saint-Thierry. Et on a trouvé une maison à Nexon à racheter. Et puis là, tout a changé. Tout est devenu beaucoup plus calme.
- Speaker #0
Parce que du coup, vous êtes partie, toi, tu savais, d'un point de vue professionnel, vous partiez en ayant comme ça ? Lui,
- Speaker #1
il partait pour... Il avait son entreprise à reprendre. Il reprenait une société. Moi, je faisais déjà beaucoup de création. J'ai toujours été très créative. Mais je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Et donc on est arrivés ici et je suis quelqu'un d'assez hyper active de base.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je savais pas quoi faire et il y a un mois qui est passé, j'avais le temps parce que du coup j'avais fait une rupture conventionnelle, donc j'avais le chômage, donc j'avais le temps de réfléchir à ce que je voulais faire. Mais je me suis retrouvée un petit peu seule face à moi-même, dans une maison en travaux où il y a tout à faire et où rien n'est fait. Et très très vite je tournais en rond. J'avais un local.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je savais coudre parce qu'à Paris, j'étais chargée de travaux, mais j'étais aussi couturière.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je faisais de la retouche pour une société. Et donc, j'avais un local, je savais coudre. J'ai dit bon, je vais ouvrir un atelier de couture en attendant. En attendant deux, je ne sais pas, mais en attendant. Mais je savais que...
- Speaker #0
C'était passager, ça ne s'allait pas durer.
- Speaker #1
Je savais que c'était passager parce que si je ne l'ai pas fait par passion, je l'ai fait vraiment parce que j'avais un local et je savais coudre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et je ne voulais pas rester à rien faire. Et puis ma sœur est venue nous voir, on a promené et on est allé sur un marché et là j'ai vu quelque chose qui aurait pu ressembler à un sac, mais c'était un bout de bois brut un petit peu assemblé, mais c'était pas super beau, c'était pas élégant du tout, mais vraiment pas, c'était vraiment un bout de bois assemblé. Mais ça m'a donné une idée. Et puis j'avais cette image en tête. Et puis quelques jours après, ma soeur est partie, tout ça. Et puis quelques jours après, je me suis réveillée un matin en me disant... Cette idée me trottait en me disant, non mais... Des sacs en bois. En fait, je n'en ai pas vu. Mais je vais le faire. Trop bien. Mais je voulais quelque chose de beau, quelque chose d'élégant, quelque chose de féminin, de raffiné. Et donc, j'ai commencé à réfléchir, à me renseigner, à chercher un petit peu sur Internet. à trouver les machines dont j'avais besoin pour pouvoir créer ça. J'ai trouvé des fichiers qui ont pu m'aider à démarrer. Et puis est né le premier sac. Et quand je l'ai vu, je dis ça, c'est du bois élégant.
- Speaker #0
Ah, trop bien. Et oui, donc tu l'as...
- Speaker #1
J'ai appelé la société le bois élégant.
- Speaker #0
Voilà, ça s'est enchaîné. Voilà.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc, tu fais ton premier sac ?
- Speaker #1
Je fais mon premier sac. Et puis du coup, je me dis non, mais là, je tiens quelque chose. Et je crée ma société, je dépose ma marque à l'INPI.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Priorité. Donc je crée la société, je dépose la marque à l'INPI, j'essaye de m'entourer auprès de la chambre des métiers et de l'artisanat, de personnes qui peuvent m'aider à essayer d'exploiter au mieux finalement ce que je suis en train de créer. Et je voulais quelque chose de solide, je ne voulais pas juste créer pour créer, je voulais vraiment... Je savais qu'en fait... J'avais quelque chose entre les mains qui pouvait changer ma vie.
- Speaker #0
Ok, tout de suite, tu as eu ça en tête.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, on va revenir un tout petit peu en arrière, on va revenir à Paris.
- Speaker #1
On va revenir à Paris.
- Speaker #0
Comment t'as quitté, toi, le salariat, du coup ? Sous quelle forme ? Est-ce que tu t'es fait licencier ? Non,
- Speaker #1
j'ai fait une demande de rupture conventionnelle. D'accord. Au moment de la rupture conventionnelle, j'ai fait une lettre où j'ai expliqué, en fait, mon envie de partir, mon besoin de partir. Et j'ai un petit peu menti en disant que j'avais un projet de fou, etc. Et c'est ce faux projet qui a donné l'élan à la société d'accepter ma rupture.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Donc, tu es partie et tu avais un fixe pour une année et demie ?
- Speaker #1
Pour un an et demi. Vu que j'étais sur Paris, j'avais un salaire correct.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Et puis en province. Et donc,
- Speaker #1
du coup, en arrivant ici, c'était quand même... plus qu'au SMIG, malgré tout, en étant au chômage. Donc, je me suis dit, j'ai le temps de voir venir.
- Speaker #0
Ok, super. Et puis, ce tour au marché,
- Speaker #1
ce sac en bois.
- Speaker #0
Et ce premier bijou, en fait, qui sort.
- Speaker #1
Ce premier bijou qui sort.
- Speaker #0
Ok, super. Une fois que tu avais ton projet, ton objet, et qu'il fallait, du coup, développer, promouvoir, tu t'es fait accompagner par la Chambre de l'Artisanat. Alors,
- Speaker #1
je suis rentrée dans un programme d'accompagnement, mais en fait... Il s'est avéré que je faisais les choses déjà avant même que ça rentre dans l'étape de programme. Parce que je suis quelqu'un qui recherche beaucoup, je suis autodidacte. Et donc je fais énormément de recherches. Et en fait j'avais déjà quasiment tous les éléments en main.
- Speaker #0
Ok, donc ils t'ont servi un petit peu.
- Speaker #1
On a fait un accompagnement. Normalement c'est il y a 14 heures d'accompagnement, j'ai fait une heure d'accompagnement. Mais en fait tout était rodé. Tout était déjà là, tout était déjà créé, tout était déjà fait. On a surtout parlé de chiffres. Il m'a aidée plus par rapport aux chiffres.
- Speaker #0
D'accord, oui. C'était ça tes besoins en fait avec eux ?
- Speaker #1
C'était ça mes besoins parce que j'avais besoin d'avoir un peu plus de matériel et de matériaux. Et par rapport aux chiffres, là, c'était un peu plus délicat. Oui,
- Speaker #0
parce qu'il fallait investir et puis… Exactement,
- Speaker #1
il fallait investir.
- Speaker #0
Et du coup, tu as quel statut toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je suis en micro-entreprise.
- Speaker #0
Tu es en micro-entreprise.
- Speaker #1
Pour le moment. Et donc, c'est ce qu'on a un petit peu étudié justement avec la Chambre des métiers. Est-ce que je rentre en société directement ou est-ce que pour le moment je reste en micro-entreprise et il s'avérait que c'était mieux pour le moment pour moi de rester en micro-entreprise et on verrait l'année prochaine l'état d'avancement ?
- Speaker #0
T'es installée depuis quand ?
- Speaker #1
Le Bois-Elégan, ça fait pas longtemps. Le Bois-Elégan, il est créé depuis le mois de mai.
- Speaker #0
Depuis le mois de mai, ok.
- Speaker #1
Fin mai.
- Speaker #0
Fin mai. Et donc là, la question se pose de passer en société parce que je crois que ça a quand même explosé.
- Speaker #1
Ça fonctionne bien.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Là, on est dans une période très très creuse et très très calme parce que je pense qu'il y a Noël qui arrive et donc on est dans une période un peu transition pour tout le monde. Même nous, avant d'acheter quelque chose, on se dit on va voir à Noël. Bien sûr, on est très proche. Donc je pense qu'on est dans cette période un peu transitoire là, entre les vacances d'été et Noël. Donc c'est un peu plus calme, mais je ne suis pas très inquiète.
- Speaker #0
Ok, super. Tu avais des connaissances dans l'entrepreneuriat avant de te lancer ?
- Speaker #1
J'avais quelques connaissances dans l'entrepreneuriat parce que j'étais, avant d'être chargée de travaux, j'étais assistante de direction également. Et donc, j'avais pas mal de billes parce que j'ai travaillé pour des grosses boîtes, mais aussi pour des petites boîtes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, j'avais déjà pas mal de billes en main.
- Speaker #0
Ok, super. Donc, tu t'es lancée sans peur en fait.
- Speaker #1
Et j'étais déjà en micro-entreprise pour la couture.
- Speaker #0
D'accord. Ok, donc oui. Donc ça, tu maîtrisais un peu tous les statuts. On peut parler comme d'une reconversion ? Qu'est-ce qui était le plus difficile dans ce passage-là ? Du salariat, tu quittes tout, tu changes de ville en plus, et tu deviens créatrice. Il y a eu des choses compliquées ? Être seule.
- Speaker #1
La solitude. La solitude parce que je travaille à Paris, je suis dans des bureaux, je suis en open space, dans une énorme boîte. Dans mon service, on est plus de 40. J'ai des collègues de travail, j'arrive le matin, on va boire le café, on papote, on discute. On échange énormément. Et là, tu te retrouves seule face à toi-même, seule face à tes doutes, seule face à tes choix. Où c'est toi qui décides et tu es seule.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Est-ce que je suis sur le bon chemin ? Est-ce que ça, c'est OK ? Est-ce que ça, c'est pas OK ? En fait, c'est à toi de prendre la décision.
- Speaker #0
Tu ne t'es pas mise dans un réseau. Qu'est-ce que tu as fait pour sortir de cette solitude ?
- Speaker #1
Mais ça, c'est suite à un autre projet. J'ai rencontré une personne qui m'a fait découvrir les after work.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais pour le moment, c'est tout.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et ça, ça t'a permis de sortir un peu, de rencontrer du monde ?
- Speaker #1
J'ai eu l'occasion de n'y aller qu'une fois pour le moment.
- Speaker #0
D'accord, ok. Donc tu te sens malgré tout toujours seule ou ça c'est quelque chose qui est passé finalement puisque le projet marche beaucoup ?
- Speaker #1
Oui et non. Aujourd'hui je me sens seule et pas seule. Parce que je suis seule toujours face à mon travail, je suis seule face à mon travail. Ça m'échoie, je sais. Mais tout ce parcours m'a amenée à me positionner sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et notamment sur TikTok. Et ça m'a permis de rencontrer énormément de personnes et des super personnes. Des clientes avec qui j'échange énormément. D'autres personnes qui ont également des micro-sociétés. Et qui sont également en solo. Et avec qui j'échange beaucoup aussi.
- Speaker #0
Super. T'as su créer une vraie communauté autour de toi ?
- Speaker #1
Ouais, j'essaye.
- Speaker #0
D'accord, et c'est un peu ton réseau à toi en fait ? Ok, très bien. Donc oui, tu es seule d'un point de vue physique en fait, mais tous les jours, tu peux converser, échanger ? Tous les jours,
- Speaker #1
je peux échanger avec des personnes grâce à ça, oui.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Très bien. Tu m'as dit, face à mes choix, mes peurs, mes doutes, c'était quoi un peu ?
- Speaker #1
Ah, mais c'est quand j'ai créé le Bois Élégant, parce que le Bois Élégant, j'ai eu… Quand j'ai créé le Bois Élégant, j'ai pris la décision d'arrêter l'atelier de couture, parce que je ne pouvais pas tout faire. parce que seule, on ne peut pas tout faire non plus. La couture d'un côté qui ne me rapporte quasiment rien parce qu'un ourlet à 10 euros pour faire 1000 euros par mois, il faut faire 100 ourlets. Puis une fois que tu as fait tes 1000 euros, tu enlèves toutes tes charges, il ne te reste qu'à 100 euros à la fin.
- Speaker #0
Puis avec des heures et des heures de travail.
- Speaker #1
Et des heures et des heures de travail. Donc au final, ça ne te rapporte pas beaucoup, mais ça te prend tout ton temps parce que tu es obligée d'être à ton atelier parce que c'est ouvert au public de telle heure à telle heure, de telle heure à telle heure. Et au final... Le temps de création, tu ne l'as pas. Donc, de fermer l'atelier. Je savais que de toute façon, ça serait provisoire. Je prends la décision de fermer l'atelier et je me lance. J'ai réussi mon premier sac, mais je ne peux pas en faire qu'un. Il faut que j'en fasse plein. Mais il ne faut pas que je ne fasse que des sacs. Il faut que je crée aussi des accessoires, des bijoux. Il faut que je crée un petit peu de décoration. Il faut que le bois et les gants, ce soit les sacs en bois, mais pas que.
- Speaker #0
C'est une marque.
- Speaker #1
C'est une marque.
- Speaker #0
Oui, super. Une marque d'objets en bois.
- Speaker #1
Une marque d'objets en bois élégants.
- Speaker #0
Élégants. Donc, tu es dans cette phase de création et du coup, tu as des peurs.
- Speaker #1
C'est quoi tes peurs ? Les peurs, je pense que c'est les peurs de toutes les personnes qui sont à leur compte. Est-ce que ça va fonctionner ? Est-ce que je vais vendre suffisamment ? Est-ce que ce que je fais, ça correspond aux besoins de personne ? Est-ce que je vais réussir ? Voilà, tout ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est toutes ces peurs d'une personne qui se lance dans l'entreprenariat. est-ce que je fais bien les choses ?
- Speaker #0
est-ce que finalement moi ça me fait kiffer mais est-ce que du coup ça va dégager la même énergie chez tout le monde aujourd'hui t'es rassurée donc c'était le mois de mai ça fait pas si longtemps aujourd'hui je suis rassurée par rapport au produit que j'ai complètement
- Speaker #1
est-ce que je vais réussir à en vivre à un moment donné je sais pas pour le moment tout ce que je gagne je le réinvestis jusqu'au moindre centime, voire même plus. Donc, j'aurais investi dans des matériaux et du matériel pour pouvoir justement voir plus tard.
- Speaker #0
Ok, très bien. Quelle compétence de ton ancien métier te sers-tu aujourd'hui dans cette nouvelle carrière ?
- Speaker #1
Aucun.
- Speaker #0
Aucun ?
- Speaker #1
La rigueur.
- Speaker #0
Ah, la rigueur.
- Speaker #1
La rigueur.
- Speaker #0
L'organisation aussi peut-être ?
- Speaker #1
L'organisation et la rigueur. Vraiment, parce que dans mon ancien travail, il y avait tout un cheminement Comme je te disais tout à l'heure, il fallait que je coordonne un petit peu tout. Et en fait, ça me permet aujourd'hui de me coordonner moi-même.
- Speaker #0
Ok, super. J'ai ouïe de dire que tu avais un livre qui était en train de sortir. C'est-à-dire que tu as quitté Paris. Peut-être que c'était déjà à Paris. Mais tu étais dans quelque chose, j'ai l'impression, d'hyper factuel. Et en fait, un cerveau de créatrice. qui est sans limite.
- Speaker #1
Je suis créatrice en l'âme depuis toujours. J'ai toujours aimé travailler de mes mains, créer. Et justement, la couture a pu être passionnelle à un moment.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et j'ai créé un atelier de couture. Quand j'étais sur Paris, je faisais de la retouche, surtout de rideaux, de vêtements et de rideaux. Et créer des vêtements me plaisait, faire des retouches ne me plaisait pas. Et en fait, là, de me retrouver dans mon atelier de couture à faire des ourlets et des retouches toute la journée, j'ai chuté complètement. psychologiquement, mais j'étais pas bien. Parce qu'en fait, je ne créais pas.
- Speaker #0
Oui, c'est ça en fait. Et pourtant, dans ton ancien métier, tu ne créais pas.
- Speaker #1
Ouais, mais j'ai toujours créé à côté.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En fait, j'ai toujours eu une double casquette. C'est ce qui balançait un peu, ça contrebalançait. La création était toujours dans mes loisirs.
- Speaker #0
D'accord. Et là, aujourd'hui...
- Speaker #1
Et là, aujourd'hui, elle est en plein cœur de ma vie.
- Speaker #0
Trop bien. Donc là, ton cerveau, il ne chauffe pas trop dans certains jours parce que du coup, tu es à fond dans la création.
- Speaker #1
Je suis à fond. Je suis... euh... Je me réveille, je dors, je mange, je bois, je me douche, je... création.
- Speaker #0
D'accord. T'arrives à poser un peu ou à trouver une ressource quand vraiment tu...
- Speaker #1
Rarement.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
Mais vraiment rarement. Mais pas parce que je ne veux pas, mais parce qu'en fait c'est un besoin.
- Speaker #0
Ouais, puis t'adores.
- Speaker #1
C'est un besoin vital profond, quoi.
- Speaker #0
D'accord, ok. T'épuises pas quand même un peu ?
- Speaker #1
Ça m'épuise par moments, je pense que ça m'a épuisée puisque j'ai été très fatiguée les derniers temps, donc ça a dû m'épuiser pas mal, mais là c'est bon, ça revient.
- Speaker #0
Ouais, ça revient, mais t'as réussi à trouver un rythme de croisière aussi du coup ?
- Speaker #1
Pas encore, mais je teste encore plein de choses, mais je démarre à peine. Donc forcément, je suis en train de tester, de me tester, de tester quelle est ma meilleure organisation, j'en teste plein pour arriver à me positionner sur ce qui est le mieux pour moi.
- Speaker #0
Tu te vois comment dans un an ? En mai 2026 ? Qu'est-ce que tu dis ?
- Speaker #1
À la Fashion Week !
- Speaker #0
Mon rêve !
- Speaker #1
Mon rêve que mes sacs défilent sur un podium.
- Speaker #0
Ah ouais, super !
- Speaker #1
Mais c'est vraiment mon plus grand rêve.
- Speaker #0
Ouais, et puis un rêve qui est complètement accessible en plus.
- Speaker #1
Qui défile et que mes sacs soient connus, vus, reconnus.
- Speaker #0
Wow, très bien. Mais surtout connus.
- Speaker #1
Avoir de la visibilité, mon plus grand rêve.
- Speaker #0
Ok, super. Tu aurais un conseil à partager à ceux qui hésitent à se lancer ou ceux qui nous écoutent,
- Speaker #1
tout simplement ? Il faut se lancer. Il faut se lancer si on est sûr de soi-même, si on est sûr qu'on va être capable de se lancer et capable d'assumer derrière. Mais quand je dis d'assumer, ce n'est pas d'assumer financièrement forcément, c'est-à-dire d'assumer ses tâches.
- Speaker #0
D'assumer tout le travail qu'il va y avoir derrière ?
- Speaker #1
Parce que souvent, il y a beaucoup de personnes qui vont se lancer en se disant « Ouais, mais comme ça, je vais être mon propre patron, je serai libre, j'aurai plus de liberté. » Mais c'est faux.
- Speaker #0
Et c'est pas que ça, surtout.
- Speaker #1
Mais c'est faux, en plus. Parce que, en fait, quand tu te lances, ta liberté, c'est ton travail.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais c'est un choix. C'est un choix, c'est une envie, c'est un besoin viscéral, presque.
- Speaker #0
Bien sûr. Ouais, t'es quand même libre après d'organiser tes journées.
- Speaker #1
T'es libre d'organiser tes journées comme tu le souhaites. Ouais. Mais faut pas croire qu'on va avoir plus de temps pour autant.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Je pense que moi j'ai moins de temps aujourd'hui que quand j'étais salariée où je faisais mes heures de travail et j'avais mes soirées, mes week-ends tranquilles.
- Speaker #0
Oui, puis ton cerveau était posé finalement. Alors que là, que ce soit samedi, dimanche, les vacances...
- Speaker #1
Il n'y a pas.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Et en même temps, est-ce que t'es plus fatiguée maintenant ou dans le salariat ?
- Speaker #1
Hormis ce moment de fatigue, mais ça, ça a été une accumulation de tout, le déménagement, l'atelier de couture, le bois élégant, le livre, tout ça, ça a été un enchaînement. Et puis j'ai eu des vacances qui étaient chaotiques, donc voilà, ça a fait beaucoup. Malgré tout, je suis plus libre aujourd'hui.
- Speaker #0
Donc tu te sens quand même plus...
- Speaker #1
Parce que je suis libre de mes choix. Et le fait d'être libre de ses choix... Plus sereine,
- Speaker #0
en tout cas, moins abattue, moins fatiguée quand même.
- Speaker #1
Ah bah oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais oui, mais parce que vraiment...
- Speaker #0
malgré tout on est libre de ses choix et le fait d'être libre de ses choix je pense que ça fait toute la différence clairement oui tout à fait il n'y a pas d'injonction extérieure pour te dire ce que tu fais non c'est pas non t'es pas au bon endroit ouais super si tu pouvais écrire une une lettre ou dire quelques mots à ton ancien toi ton toi d'avant qui avant d'être cette créatrice qui est exponentielle je sais pas ou toi petite Tu vois, qu'est-ce que tu dirais à ton toi, enfant ?
- Speaker #1
Continue.
- Speaker #0
Ouais ? Continue, ouais ? T'es sur la bonne voie ? Euh... Ça te met en émotion ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Continue. Ouais. Crois en toi. Ok. Bon, j'ai la chair de poule. Merci beaucoup, Audrey. Merci de nous avoir écoutés. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner. Pour info, je vous mets dans les notes toutes les références importantes ainsi que les différents liens pour retrouver l'invité. En attendant de vous partager un nouveau parcours de vie professionnel, n'hésitez pas à poser vos questions en commentaire. Je tâcherai d'y répondre ou de transmettre aux invités. Merci infiniment et à bientôt.