- Speaker #0
Bienvenue dans So Let's Go, le podcast des hommes et des femmes qui ont radicalement changé de vie professionnelle. Je suis Adeline Guillou, je suis coach de vie et ce que j'aime particulièrement dans ce métier, ce sont les histoires de vie personnelles ou professionnelles. Ici, je vais vous partager le parcours de ces hommes et femmes qui ont pris la grande décision de quitter ce qu'ils savaient faire pour quelque chose de complètement différent. de plus risqués souvent, mais qui à leurs yeux avaient plus de sens. Et aujourd'hui, je suis très heureuse de vous partager l'histoire de Marion, qui est passée de travailleur social à professeure de yoga.
- Speaker #1
Je me suis dit, mais comment je vais faire ? Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? Parce que je ne sais faire que ça. Moi, je ne sais faire que aider les gens, quoi. Disons que je m'affirme un peu plus dans ce que je suis vraiment, sans vouloir faire plaisir aux autres.
- Speaker #0
So, let's go ? Comment t'es venue l'idée ?
- Speaker #1
L'idée, c'est un cheminement, en fait. Ma carrière de travail social, c'est quelque chose que j'ai choisi. C'était un vrai souhait depuis le collège, même, collège-lycée, où je voulais aider les gens, je voulais faire du travail social. Donc, j'ai tout fait pour faire ça. Malheureusement, alors, bien heureusement, j'ai... une dizaine d'années de carrière dans ce domaine-là. Et malheureusement, ça s'est soldé par un burn-out un petit peu violent parce que ça s'est traduit par des soucis au niveau du corps, perte d'équilibre, un matin je ne me lève plus, perte d'appétit, enfin voilà, tout plein de choses compliquées que je n'aurais jamais cru vivre à même pas 30 ans. Et en fait, moi j'ai toujours été fascinée par le... Le domaine du cirque, c'est toujours été un truc pour moi, je ne sais pas, c'était la liberté. J'ai un esprit aussi qui est beaucoup dans l'aventure, où j'ai besoin de bouger, voyager, découvrir des nouveaux trucs. Et en fait, quand je me suis rendu compte que physiquement, je ne pouvais plus, parce que je ne pouvais même plus conduire à un moment donné, je me suis dit, mais comment je vais faire ? Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? Parce que je ne sais faire que ça. Moi, je ne sais faire que aider les gens. Je regarde la télé un jour et puis je vois Fly Yoga passer à la télé. Donc, Florie Ravinet, qui est la fondatrice de Fly Yoga, de la marque Fly Yoga, elle est assez médiatisée et donc elle était passée dans l'émission de Cymes sur la 2 avec Adriana Carambeu, je ne me souviens plus du nom. Oui, ok, je vois.
- Speaker #0
Sur la santé, du coup, aussi. Voilà,
- Speaker #1
tout à fait. Et je me suis dit, mais moi, je veux faire ça. Et en fait, ça m'a ramenée quelques années en arrière où j'étais partie travailler sur Toulouse dans la protection de l'enfance et où j'avais testé l'aérien là-bas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et en fait, j'avais eu des sensations incroyables. Rien que de mettre la tête en bas, ça m'avait vraiment bouleversée et tout. Et je m'étais dit, mais ce truc, c'est incroyable. Et en fait, après, bon, la vie a fait que je suis revenue sur Limoges. Je savais que ça n'existait pas sur Limoges. Et tout ça, là, mis bout à bout, ça a un petit peu mûri dans mon esprit. Et je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose. Et je vais totalement changer. Je vais aider les gens, mais d'une autre manière, en fait. Et donc, c'est comme ça que je suis passée d'une carrière de travailleur social à professeur de yoga et sophrologue aussi, parce que c'est plutôt pas mal aussi de combiner, à mon sens, plusieurs choses, parce que c'est aussi mon fonctionnement. Donc, l'aspect intéressant du yoga, c'est que je vais avoir des cours collectifs. Et la sophrologie, ça me permet d'accompagner des personnes plus en individuel, en fait, un peu plus dans l'intimité. Être dans l'écoute active, comme j'ai pu le faire aussi pendant des années, en fait. Et ça, c'est quelque chose qui est important pour moi.
- Speaker #0
Ok. Et tu as fait ça en même temps que tu étais encore travailleur social, tes formations ?
- Speaker #1
En fait, du coup, comme ma santé ne suivait plus, j'ai fait les démarches pour quitter mon poste. Donc, j'étais fonctionnaire à cette époque-là, pour quitter mon poste fonction publique. Et ça a pris quelques mois. Il a fallu aussi le temps que je me retape au niveau de la santé, que je comprenne que j'étais dans un état de stress. immense, mais que je n'avais pas compris. J'étais persuadée que j'avais un problème intérieur, que j'avais une maladie, alors que pas du tout. Donc, il m'a fallu tout ce temps-là pour me remettre. Et puis, moi, j'ai un sens du travail qui est très important. Donc, il a vraiment fallu que je me remette en mouvement et que je comprenne que j'étais capable d'eux. Et en fait, j'ai contacté Florie et ça s'est fait assez rapidement dans les mois qui ont suivi. C'est-à-dire que j'ai dû quitter mon poste fin mai et commencer ma formation à distance Fly Yoga en juillet. vraiment un petit peu à distance. Puis après, je suis allée en présentiel en septembre. Et j'ai commencé ma formation de sofro en janvier de l'année qui suivait. J'ai un peu tout enchaîné du coup assez rapidement en utilisant mon CPF. Oui,
- Speaker #0
ok,
- Speaker #1
super. Et un peu de mes économies parce que Fly Yoga, pour le coup, ça ne passe pas sur le CPF.
- Speaker #0
Et tu as quitté comment du coup la fonction publique ? Démission, rupture conventionnelle ? Oui,
- Speaker #1
non, parce que j'étais contractuelle. donc en fait j'étais en... J'arrivais en fin de contrat et j'ai joué là-dessus.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En fait, j'ai été renouvelée théoriquement, mais j'ai demandé à ne pas être renouvelée. Et du coup, ça ne s'est interrompu comme ça, ce qui m'a permis une ouverture de droit derrière.
- Speaker #0
Aéro, tu veux dire France Travail ?
- Speaker #1
Alors, pas Aéro. Oui, si, par exemple, Aéro, tout à fait. Oui, tout à fait, France Travail. C'est que c'est un pôle emploi dans ma tête. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Et j'avais deux ans d'ouverture de droit derrière.
- Speaker #0
D'accord. Donc, c'est ça qui t'a permis de gérer l'aspect financier ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Sereinement, du coup ?
- Speaker #1
Oui, sachant qu'entre-temps, j'ai quand même voulu y retourner. J'ai quand même voulu retravailler dans le travail social. J'ai eu une brève apparition de moi dans l'associatif. Et en fait, je me suis dit que je ne pouvais plus tolérer ce que j'y voyais. Parce que même dans l'associatif, ça n'était plus du tout en accord avec mes valeurs. Et vraiment, c'était horrible pour moi de voir ça. Et en fait, ça m'a un peu coincée parce que tout ça, ça s'est un peu chevauché. En même temps que je faisais Fly Yoga, j'ai repris ce boulot-là de septembre à octobre, en gros, c'est ça. J'ai demandé à interrompre sur ma période d'essai et en fait, l'employeur a accepté de faire ça. Mais en fait, tu as deux cases à cocher quand tu fais ce genre de démarche-là, à l'initiative de l'employeur ou à l'initiative du salarié. Et la personne l'a fait à l'initiative du salarié, ce qui m'a bloqué mes droits, comme si j'avais fait une démission, du coup, sur quatre mois. pour une reprise de droit 4 mois plus tard donc voilà ça a été le moment un peu compliqué mais on s'en est sorti t'avais des connaissances dans l'entrepreneuriat du coup avant de te mettre en compte ? un petit peu dans l'entrepreneuriat du yoga bien-être on va dire les personnes avec lesquelles je suis venue m'installer dans ce studio elles étaient déjà lancées depuis un an ou deux donc elles connaissaient déjà un petit peu ça sinon moi globalement pas vraiment pas vraiment non non ce qui fait que j'avais un peu la trouille évidemment et j'ai demandé un suivi avec la BGE qui est une association du coup c'était encore un peu époque Covid donc c'était pas hyper simple mais on faisait beaucoup de distanciel et avec des gens hyper efficaces qui m'ont accompagnée pour le choix du statut notamment ou même pour le business plan ils ont un super logiciel qui m'a aidé à monter mon business plan parce que moi ça c'est clairement pas mon truc Donc, j'ai été accompagnée par eux et j'en suis plutôt très contente.
- Speaker #0
Il y a effectivement de bons retours. Oui, et puis,
- Speaker #1
ils sont vraiment là pour aider les gens.
- Speaker #0
Et puis, comme tu dis, poser des mots sur des choses auxquelles on ne pense vraiment pas, ne serait-ce que dans la création, le statut, comme tu dis, le business plan, c'est des choses, des mots.
- Speaker #1
Oui, et du coup, le business plan, en plus, moi, c'est des mots qui sont un peu allergiques à ces trucs-là. Et c'est vrai qu'eux, ils avaient carrément un logiciel où tu devais remplir tes données avec une arborescence qui venait vraiment te construire ton business plan à la fin. Et j'ai trouvé ça hyper intuitif et hyper rassurant de se rendre compte que moi, j'ai passé des années à faire des dossiers d'aide financière pour des gens, par exemple. Donc ça, ça ne me faisait pas peur. Et finalement, cette histoire de business plan, il y avait en plus un aspect un peu sociologique. Elle a étudié le terrain. C'est des choses qui me parlaient, mais je n'avais pas compris que ça pouvait être... Le mot business, moi, dans ma tête, c'était un gros frein. Et en fait, là, ça m'a vraiment permis de comprendre, de mettre du sens sur ce que j'étais en train de faire. Et c'était finalement hyper intuitif et ça a été simple. Mais parce que j'ai eu cet outil-là à un moment donné. Sinon, je pense que ça aurait été plus dur.
- Speaker #0
C'est sûr. Et tu as été soutenue dans ton choix de création d'entreprise ?
- Speaker #1
Par mon entourage, tu veux dire ?
- Speaker #0
Oui, coach, ton entourage, la famille. Non,
- Speaker #1
pas. Alors, coaching, non. Parce que j'étais quand même assez déterminée. Je ne sais pas comment j'aurais réussi, mais j'allais y aller. La famille, c'était plus compliqué. Mon conjoint, oui, ça à fond. Parce que lui aussi, il m'a vu tomber. Il a été là pour m'aider à me relever. Ma famille, c'était beaucoup d'inquiétude. Il y a eu aussi une histoire de génération, je pense, derrière ça. D'un air de dire, tu vas être toute seule, comment tu vas faire ? C'est hyper dur de gérer une entreprise. J'ai eu beaucoup d'aspects négatifs, mais je n'ai pas écouté. chose que j'avais jamais fait depuis des années parce qu'il y a une histoire de loyauté envers sa famille et c'est pas si simple que ça de se lancer pour toutes ces raisons là je me suis quand même demandé il y a eu des moments où je dormais pas bien à me demander si j'allais pas faire un peu des conneries et puis j'ai eu de sacrés concours de circonstances aussi puisque ce studio là a ouvert au moment où moi je finissais ma formation on m'a sollicité pour que je vienne ici et alors j'y suis allée en freinant des cas de fer parce que là pour le coup ça devenait concret Oui. Et je me suis dit, mais je suis qui, moi, pour donner des cours ? Voilà, il y a aussi ça qui se met en place derrière.
- Speaker #0
C'est un peu l'imposteur qui dit, mais je ne suis pas formée. Ou très peu, ou très jeune dans la fonction. Il y a des gens bien plus joués que moi. C'est ça, oui.
- Speaker #1
Bon, c'était un peu difficile. Et puis, le jour où j'ai donné mon premier cours, je me suis dit, OK, en fait, je sais faire et ça va aller.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Mais je pense que j'ai eu un peu de bol sur le fait qu'il y ait ce studio-là qui se construise, qu'il y ait des personnes qui aient la volonté de faire des choses communes à un moment donné. Et ça m'a permis, moi, de me lancer, clairement.
- Speaker #0
Le bol ou les planètes qui s'alignent. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
On est bien d'accord. Je suis tout à fait d'accord avec ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui était le plus difficile dans cette reconversion ? Passer du salariat à entrepreneur.
- Speaker #1
La sécurité. La sécurité, c'est un grand mot parce que, je vais te dire sincèrement, dans mes dix ans d'action sociale, j'ai eu la chance d'intervenir dans plusieurs structures parce que c'était un choix aussi. Je ne me sentais pas forcément sécurisée par mes employeurs, pour tout un tas de raisons. Là, on me parle plutôt de sécurité matérielle et financière. Donc, est-ce que ça va fonctionner ? Est-ce que je vais arriver à me lancer ? Est-ce que je vais arriver à faire adhérer des personnes à mon univers, finalement, aussi ? Donc, c'est beaucoup de doutes au démarrage, parce que tout est nouveau et qu'on ne sait pas trop. Donc la question de sécurité, ça a été peut-être le truc le plus compliqué. Et puis aussi cette sensation de renoncer à un métier que j'ai aimé profondément et où j'ai tout donné parce que vraiment mes études, j'ai tout fait pour faire ces études-là. Et là, il y a eu vraiment le deuil aussi de cette profession-là. Alors avec maintenant le recul, je suis capable de dire que finalement, je n'ai jamais vraiment renoncé, que je le fais d'une manière différente. Et c'est très, très bien. Mais je trouvais ça hyper injuste de devoir arrêter mon métier juste parce que le poids des institutions devenait trop lourd pour moi. Alors que moi, j'avais encore des choses à donner. Il y avait vraiment ce truc-là. Et je l'ai toujours un peu mauvaise, je pense, mais ça s'est quand même bien apaisé. Je dirais la sécurité et le fait de renoncer à une carrière, si je puis dire. Quelque chose que j'avais la sensation d'avoir construit et de l'avoir fait en conscience et d'avoir eu la chance d'être accompagnée par ma famille aussi, vraiment soutenue pour faire ce que je voulais faire. Oui,
- Speaker #0
parce que on parle de trois ans d'études, donc c'était quand même un investissement, ce n'était pas rien.
- Speaker #1
Avant même de faire mes études, je commençais un peu à travailler là-dedans. Je faisais des séjours adaptés les étés. J'ai commencé super tôt et j'ai vraiment tout fait pour faire ça. Mais par mon soutenu, j'ai fait une école privée qui a coûté de l'argent. Le fameux conflit de loyauté, là, derrière, en fait, c'est aussi ce qui m'a fait péter en vol parce que je me rendais compte que je n'y arrivais plus. Et là, je me suis dit, mais je vais décevoir tout le monde, en fait. Parce que j'étais aussi un peu brillante dans mes études, tout était facile. Et puis là, d'un coup, baf, je pense qu'il fallait clairement passer par là.
- Speaker #0
Tout ça à cause d'un système qui est forcément adapté à nos attentes.
- Speaker #1
Oui, totalement. Moi, c'est vraiment les points institutionnels qui m'ont menée à ce burn-out, vraiment. C'est pas tant... Bien sûr qu'on fait un travail qui est difficile quand on travaille dans l'action sociale avec des publics qui vont mal. Ce n'est pas un truc simple. Mais le problème, c'est que maintenant, même ça, ça devient un business. Et tout est monnayé, monnayable. Et on en perd vraiment l'humain. Et ça, c'est quelque chose qui m'a fait beaucoup de mal, en fait.
- Speaker #0
Heureusement que tu retrouves dans ce que tu fais aujourd'hui.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Quelles compétences ou expériences de ton ancien métier ont été utiles dans cette nouvelle carrière ?
- Speaker #1
Il y en a plein. le contact avec les personnes je pense avoir une grande facilité à entrer en contact la base du travailleur social pour moi en tout cas c'est d'arriver à mettre en confiance les personnes à créer du lien alors il y a des termes bien spécifiques mais je vais pas rentrer là dedans mais vraiment créer un lien avec les personnes que l'on rencontre de telle sorte à ce qu'ils nous fassent confiance et se laissent guider après par nous Le yoga aérien, c'est quand même quelque chose qui est particulier puisqu'on travaille avec un tissu. Il y a beaucoup d'instabilité, beaucoup de peur, beaucoup d'émotions qui viennent se mélanger à ça. Et en fait, je pense que vraiment mon expérience dans le lien aux gens m'a beaucoup aidée pour pouvoir accompagner et permettre aux personnes qui passaient ma porte, parfois totalement en panique, de pouvoir accomplir des choses incroyables et ressortir d'une salle fière d'elles en fait. Et ça, même là, ça fait un peu plus de trois ans que je fais ça maintenant. Et je le vois encore, que ce soit des adultes ou des enfants. C'est quelque chose que j'ai vraiment réussi à transposer entre ces deux métiers-là et vraiment ce truc de permettre aux gens de s'élever d'une autre manière, en fait, et de prendre conscience de leur capacité. Et ça, ça va dans les deux sphères, finalement.
- Speaker #0
Tout à fait. Tout à l'heure, tu parlais dans tes peurs, c'était la sécurité. Ça fait trois ans que tu es installée, c'est ça ? Oui. Alors, il y a toujours ça en toi un peu, mais ça pèse quand même ? ou est-ce que c'est vraiment quelque chose qui reste avec notamment ce statut d'entrepreneur qui est vrai ?
- Speaker #1
Oui, je dirais que c'est toujours en fond de toile parce que d'un mois sur l'autre, on ne sait jamais trop comment ça se passe. Il y a encore des histoires politiques qui commencent à se jouer autour de l'entreprenariat qui peuvent nous filer quelques sueurs quand même. L'entreprenariat et toutes les charges que ça implique derrière, ce n'est pas un truc facile, surtout quand on est dépendant d'endroits. C'est-à-dire que moi, je passe dans plusieurs endroits ça me coûte de l'argent aussi et moi je mets un point d'honneur à rester accessible pour les personnes qui viennent me voir et en fait tout ça dans la balance ça fait qu'il y a toujours une petite forme d'insécurité parce que même si j'ai la sensation de travailler pas mal ça porte pas toujours ses fruits après à la fin du mois en tout cas d'un point de vue matériel après humainement il se passe des choses géniales je me nourris d'une autre manière ça c'est certain Mais il faut être aussi réaliste. Oui,
- Speaker #0
bien sûr, il y a des charges.
- Speaker #1
On est dans un monde où il faut aussi que ça tourne dans l'autre sens.
- Speaker #0
Et du coup, toi, au bout de trois ans, tu arrives au moins à payer tes charges ?
- Speaker #1
Ah oui, oui. Mais j'ai eu la chance de pouvoir payer mes charges dès le départ.
- Speaker #0
Ah ok, super.
- Speaker #1
Ça, ça a été... Je mesure totalement ma chance, je pense, par la typicité aussi de ce que je propose. Parce que l'agrien, ça n'existait pas sur la ville quand j'ai commencé. Il y a eu depuis d'autres endroits qui ont ouvert où j'ai la chance d'intervenir maintenant aussi, depuis cette année. Donc finalement, je pense que j'ai eu cette chance-là. Et puis moi, j'ai fait aussi évoluer ma manière de travailler, plus vers un aspect souplesse. Alors là, je vais parler plus de technique, mais moi, j'ai une grande passion pour la souplesse parce que la souplesse du corps, la souplesse de l'âme, ça veut dire plein de choses pour moi en tout cas. et Et je le vois pendant mes cours, il se passe plein de choses. Et il s'est passé plein de choses à travers moi, grâce aux personnes qui m'ont formée aussi à ça. Donc, je fais de la contorsion pour moi ici sur Limoges, avec Sophie, qui est une personne extraordinaire, et qui m'a permis de me former à ça. Et donc, je développe d'autres choses avec ma pratique encore, et toujours une forme d'accompagnement, mais par le corps maintenant, pas vraiment.
- Speaker #0
Ok. Tu t'es fait connaître comment ?
- Speaker #1
mais par le studio ici, par ce studio-là.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que moi, je suis arrivée en même temps que l'ouverture du studio.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Du coup, cet endroit, il ne m'appartient pas du tout, mais j'y ai mis pas mal d'énergie. On a fait tout le truc-là, des coques, cassé des murs, enfin voilà. Et donc, toute la communication qu'il y a eu autour de ça, plus l'arrivée de l'aérien, ça s'est fait assez naturellement, avec des médias locaux, via les réseaux sociaux. évidemment à fond. On a pu faire tout démarrage des salons du bien-être aussi. Moi, par mon entreprise à moi, de manière indépendante du studio, j'ai aussi pu intervenir en salle d'escalade. Et du coup, ça a fait un petit peu une petite toile d'araignée où j'ai pu aussi continuer à bosser avec des centres sociaux. Et alors ça, pour moi, c'est... Génial, j'imagine. Bah oui.
- Speaker #0
La cerise, quoi.
- Speaker #1
C'est essentiel. C'est pareil, c'est des endroits où il n'y a pas beaucoup de budget. Je ne le fais clairement pas pour ça, mais je sais pourquoi j'y vais. J'ai la chance, en plus, sur Limoges, il y a des infrastructures dans certains quartiers où je peux me déplacer avec mes hamacs. Ça me demande un peu de manutention. Du coup, ça permet de rester sur le quartier et de faire venir les jeunes directement chez eux. Ça, j'ai pu le faire. Il y a eu pas mal de trucs comme ça. autant de vivre, là, je pense avec ce survienne qui est un tiers lieu, où j'ai pu aussi aller accrocher mes hamacs et faire des trucs dédiés à la famille sur des week-ends entiers. Enfin, voilà, tu vois, il y a...
- Speaker #0
T'as adhéré à des réseaux comme Réseau Zen à Limoges ? Non, pas forcément. Des after-work, des choses comme ça ? Non. Ok, t'as pas du tout réseau.
- Speaker #1
On se connaît comme ça, mais... Au tout début, avant Réseau Zen, c'était l'Atelier des Sorcières ? Oui,
- Speaker #0
oui, tout à fait.
- Speaker #1
Donc si, là, j'y suis allée au tout démarrage, mais je suis allée une ou deux fois. Je connais les personnes qui s'en occupent.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas forcément ça qui a fait que tu t'es fait connaître. C'est vraiment la typicité aussi de ton activité. Et puis l'arrivée aussi, c'est un combo.
- Speaker #1
L'arrivée du studio et le fait de, pour moi, aller pratiquer aussi ailleurs. J'ai été identifiée comme prof sans pour autant en parler, mais parce que les collègues avec lesquels je prenais des cours en parlaient. Il y a un peu de tout,
- Speaker #0
je dirais.
- Speaker #1
Après, de l'entourage qui a fait beaucoup aussi. en travaillant beaucoup Je ne sais pas, moi, dans des grands trucs comme le CHU, les hôpitaux et tout, j'ai aussi eu pas mal de trucs comme ça. Des collègues en travail social aussi. J'ai bossé, et je bosse toujours d'ailleurs, avec certaines institutions pour des personnes en situation de handicap moteur, mais léger, avec des troubles associés. Donc, on bosse d'une certaine manière avec le Hamac aussi. Enfin, voilà, c'est un peu... J'ai mobilisé ce qui, moi, me parlait aussi. Et puis après, il y a d'autres choses qui sont venues par le biais des collègues.
- Speaker #0
Ok, super. Tu te bats comment dans 5 ans ?
- Speaker #1
Moi, je me verrais bien à la campagne, figure-toi. Non, je suis une vraie campagnarde, il faut dire ce qu'il y est. En vieillissant, je pense que ça ne s'arrange pas.
- Speaker #0
C'est-à-dire ? Un studio ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de studios qui fleurissent dans notre ville et dans toutes les villes, c'est un petit peu comme ça. J'ai du mal à avoir l'intérêt de faire un studio pour faire un studio. Moi, ce qui m'intéresse, c'est vraiment d'être dans une forme de synergie avec d'autres personnes. Bien sûr qu'opportunité d'avoir un studio, ça pourrait se mettre en place, mais je me vois mal faire mon truc juste toute seule pour faire mon truc juste toute seule. S'il y a bien quelque chose aussi que j'ai gardé de mon expérience précédente en travail social, c'est vraiment le travail d'équipe. C'est quelque chose qui est fondamental pour moi et j'aime être en lien aussi avec des gens, mais avec mes collègues et même des collègues avec des profils différents. pour moi toujours avoir une... Une manière de penser qui ne vienne pas s'encrouter, entre guillemets. Où vraiment, je me remette en question. C'est vraiment un fonctionnement important. Donc, s'il y a un lieu qui se met en place à l'extérieur, ou alors s'associe avec un lieu qui est déjà... Ou des lieux qui sont déjà en place. Mais c'est vrai que j'aimerais bien être un peu plus en lien avec la nature aussi, sans trop m'éloigner. Parce que je sais aussi que beaucoup de gens habitent sur Limoges et que je tiens très fort à mes élèves, vraiment. Donc ça, c'est quelque chose qui est important pour moi, de garder ce lien-là. Mais si je devais être plus en accord avec moi, ça serait peut-être cette fois-ci, avoir peut-être un peu de limoges, mais tu vois, un peu d'alentour, faire des choses, être un peu plus ouvert. Et développer certainement à l'avenir un peu plus aussi l'aspect individuel, l'aspect thérapie. J'ai des petites idées en tête, mais de formations qui coûtent cher pour l'instant, qui ne sont pas pleinement accessibles. Je pense aux conseils conjugales notamment, parce que j'ai eu la chance de travailler beaucoup autour de la famille. Mon métier me le permet, initial. Oui,
- Speaker #0
en plus.
- Speaker #1
Oui, j'ai vraiment des accès avec le diplôme d'état que j'ai. Et je me dis qu'un jour, le hamac, je ne pourrai plus monter comme j'y monte maintenant. Voilà, déjà, il y a eu une grossesse qui est passée par là, j'ai compris. Je ne veux pas me lasser. Je pense qu'on peut vraiment se lasser. Donc j'ai envie aussi de me projeter en me disant que ma pratique, quelle qu'elle soit, peut évoluer en fonction de comment moi je vais évoluer. Maintenant je vois plus les choses en me disant, tu vois quand j'ai arrêté le travail social je me suis dit mince qu'est-ce que je vais faire. Maintenant je me dis qu'en fait je peux faire plein de choses, mais qu'il faut que je respecte celle que je suis et ce que je deviens. Et là mon corps, maintenant j'apprends à le respecter aussi parce que je ne l'ai pas respecté pendant des années. J'essaie de réfléchir aussi comme ça. Je pense à ma vie de famille aussi. Je pense un peu à tout ça.
- Speaker #0
En trois ans d'installation, tu as senti des choses grandir, changer en toi, j'imagine.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Comme quoi, par exemple ? La confiance,
- Speaker #1
notamment ? Ce n'est pas si facile que ça, mais ça commence à venir, je crois. Ce n'est pas le truc le plus simple. Disons que je m'affirme un peu plus dans ce que je suis vraiment sans vouloir faire plaisir aux autres. Parfois, c'est compliqué. Mais j'ose un peu plus, en tout cas, maintenant le faire. Et j'ose faire les choses, que ce soit en thérapie individuelle, en sofro ou en collectif, avec ma personnalité vraiment. Il n'y a plus de filtre, plus de posture professionnelle. C'est un truc qui me... qui me bouffaient, en fait. De voir, vous voyez des ados ou des enfants par posture professionnelle, et du coup, péter le lien. Il y avait des choses qui faisaient pas sens pour moi. Maintenant, j'essaye de respecter les choses qui font sens pour moi. Ça marche pas toujours, mais en tout cas, c'est toujours des apprentissages, et j'ai bien l'impression quand même que en étant ce que je suis, les gens me le rendent bien aussi, en fait, en face, quoi.
- Speaker #0
L'authenticité, je crois que, de toute façon,
- Speaker #1
c'est une des clés.
- Speaker #0
Non, mais clairement. une des clés de réussite les gens ont besoin de ça en fait mais évidemment,
- Speaker #1
regarde dans le monde dans lequel on vit à un moment donné bien sûr et j'essaye d'amener les gens aussi à ça je les vois moi les personnes qui passent avec des gros masques bien figés et puis d'un coup je leur mets la tête en bas et là on se met à pleurer et là bah oui et donc tu
- Speaker #0
vois en plus avec ce que tu pratiques c'est vrai que
- Speaker #1
là pour le coup tu poses le masque t'as pas le choix en fait des fois moi je suis surprise parce que je vois des visages très fermés arriver où je me dis oulala je la reverrai plus jamais celle là et en fait c'est des gens qui sont là depuis 3 ans et avec qui j'ai des liens incroyables C'est au-delà d'un élève. Je ne sais même pas donner de qualifié ces liens-là, mais c'est précieux, vraiment.
- Speaker #0
En tout cas, si toi, tu n'es pas encore totalement en confiance, est-ce qu'on l'est vraiment un jour ? Je n'en sais rien, mais en tout cas, tu inspires la confiance à tes élèves et c'est ça qui fait aussi qu'il y a cette adhésion et ces gens qui reviennent.
- Speaker #1
C'est ce que j'essaye de leur transmettre aussi, même si pour moi, ce n'est pas forcément facile. Et je suis honnête avec eux, je leur dis qu'il ne faut pas croire que moi, je suis en pleine confiance et ils le savent, je pense, maintenant. Mais souvent, la phrase que je dis souvent à mes élèves, c'est « j'aimerais que vous vous voyez tel que moi je vous vois, vraiment » .
- Speaker #0
Très intéressant ce que tu dis.
- Speaker #1
Eh bien oui.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on ne se voit pas. Et c'est un peu ce que je propose moi aussi, tu vois. Vraiment, c'est pour ça que j'ai un atelier photo. Tu viens éclairer les trucs. Et puis, oui, en fait, que les gens aussi se voient, qu'ils comprennent avec le regard d'un photographe qui ne sera pas triché encore, mais qui saura vraiment apporter un autre regard.
- Speaker #1
Tu sais que ça fait sens aussi ce que tu dis pour la photo, parce que ça fait partie des choses qui m'ont aidée.
- Speaker #0
Ouais, moi aussi, c'est pour ça que je le partage aussi.
- Speaker #1
Donc je pratique la contorsion à l'atelier aérien depuis trois ans, c'est un lieu hyper créatif autour de la femme, et ça se développe de plus en plus de cette manière-là. Et en fait, le premier shooting que j'ai fait, c'est un shooting qui est appelé Néon, parce qu'en fait on est plein de peintures fluo, tu vois, et donc l'idée... c'est de faire des postures aussi avec cet habit là mais en étant nulle finalement premier shooting que j'ai fait et bien je peux te dire que ça fait un drôle d'effet au démarrage mais les photos elles sont incroyables et en fait ça nous ça permet vraiment de se redécouvrir d'une autre manière et j'y ai pris goût et de se sentir fière et j'ai essayé de le transmettre ici une fois juste avant mon congé maternité où j'ai pu organiser un shooting ici euh je sais pas une dizaine d'élèves qui sont venus 10, 12 je me souviens plus c'était incroyable j'étais sous hormones à mort mais j'ai passé ma journée à pleurer tellement c'était incroyable je les ai trouvés magnifiques c'était fou et le résultat il est incroyable oui mais c'est ça et puis même elle même s'il ne faut pas trop s'attacher aux
- Speaker #0
mots des autres moi je trouve que quand même ce que les gens peuvent t'apporter c'est des mots en fait que tu n'aurais jamais mis sur toi et tu te dis mais Oh ! Ah oui, c'est comme ça que vous me voyez, en fait. Tu vois, c'est incroyable. Moi, je trouve que c'est vraiment transformateur.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Ouais, bref, c'est un super outil, ça aussi.
- Speaker #1
Ah oui, vraiment.
- Speaker #0
Un conseil à partager pour ceux qui hésitent, ceux qui n'y ont pas pensé à se lancer comme auto-entrepreneur ?
- Speaker #1
Je dirais qu'il ne faut peut-être pas trop réfléchir. Il y a des formes d'appel aussi. C'est peut-être un peu spirituel ce que je suis en train de dire, mais je crois que si on écoute un peu ce qui se passe dans nos trips, souvent, on pense au chemin qu'on nous a tracé en se disant « Là, il faut que je sois... » L'occurrence, c'était ça. « Marion, t'es fonctionnaire, mais de quoi tu te plains ? Tu fais des horaires incroyables, c'est génial. » Ça m'a menée au pire de ce que je pouvais vivre. Parce que j'ai voulu aussi faire plaisir, je pense, de manière très inconsciente à mon entourage. J'ai serré les dents à fond et finalement, quand je me suis mise à écouter mes tripes, je me suis dit, tu sais quoi, je vais avoir l'air complètement tarée pour la plupart des gens autour de moi, complètement utopiste, mais finalement, parce que ça change de d'habitude pas tant, je vais essayer. Juste j'essaye. Qu'est-ce que j'ai à perdre ? C'est pas quand je serai entre quatre planches que je pourrai faire quelque chose. Et finalement, l'argent, c'est vrai que ça peut être un vrai problème. Et puis bon, avec le parcours que j'ai eu, les personnes que j'ai accompagnées, je peux te garantir que je l'ai vu que c'était un problème. Mais j'ai quand même la sensation qu'on peut toujours rebondir et trouver des solutions, en fait. On est dans une société qui est un peu particulière, mais finalement, en France, on arrive à trouver des solutions. Et qui ne tente rien n'a rien, à un moment donné, quoi. Et je pars du principe, maintenant, que même si on a la sensation de se planter, c'est jamais pour rien. Moi, c'est forcément un apprentissage, une leçon, et ça servira forcément pour après, quoi.
- Speaker #0
Tellement. Et on ressortira forcément grandis de l'expérience échangée. Oui,
- Speaker #1
forcément. Même dans le pire, il y a forcément du positif. Et même là, je suis capable de te le dire, parce que quand je te parle du pire, du burn-out, moi, je suis partie quatre jours en hospitalisation, et ce n'était pas drôle. Mais de mon plein gré, c'est moi qui l'ai voulu, parce que je me suis dit, là, ça ne va plus du tout. Et je me suis dit, mais qu'est-ce que tu es en train de faire, ma pauvre fille ? Et en fait, aujourd'hui, je suis capable de te dire que c'est la meilleure décision de ma vie, parce qu'après, derrière... J'ai rencontré des gens incroyables, des soignants incroyables, et ça m'a permis de m'aider à me dire, on va remettre les choses dans le bon ordre. Tu vas revenir à des choses bien plus concrètes, à des choses bien plus authentiques, justement. Tu vas arrêter de chercher la sécurité où elle n'est pas. Tu te plantes, en fait, totalement.
- Speaker #0
Revenir à l'essence. C'est complètement ça. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutés. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner. Pour info, je vous mets dans les notes toutes les références importantes ainsi que les différents liens pour retrouver l'invité. En attendant de vous partager un nouveau parcours de vie professionnel, n'hésitez pas à poser vos questions en commentaire. Je tâcherai d'y répondre ou de transmettre aux invités. Merci infiniment et à bientôt !