Speaker #0« Salam alaykoum wa rahmatoullah » Tu n'as pas peur de te tromper, tu as peur de vivre. Oui, la peur de se tromper vole parfois des années de vie. Et le besoin de certitude est souvent le plus grand obstacle à la clarté en fait. Ton cerveau te dit « et si je faisais une erreur ? Et si je regrettais ? Et si Allah avait prévu autre chose ? » Alors tu attends, encore, Tu sais, le cerveau déteste l'incertitude. Ils préfèrent une douleur connue à un inconnu pourtant meilleur peut-être. Alors pourquoi ? Parce que l'inconnu demande énormément d'énergie. Cette situation nouvelle, cette relation nouvelle demande énormément d'énergie. Et le cerveau adore économiser. Il aime ce qu'il connaît. Même lorsque ça fait souffrir. Et voilà pourquoi certaines personnes restent 20 ans dans une relation toxique. Voilà pourquoi d'autres repoussent leur projet pendant dix ans. Voilà pourquoi tu peux connaître la solution sans réussir à l'appliquer. Ce n'est pas toujours un manque de volonté, c'est souvent un mécanisme de protection. Ton cerveau te dit, reste là où c'est plus simple. C'est plus simple pour lui dans ta tête, mais dans la vie, ça t'épuise. C'est énergivore. Alors ton cerveau ne cherche pas ton bonheur, il cherche d'abord ta survie. Et malheureusement pour lui, survivre signifie souvent ne changer rien. Et la peur, ce n'est pas un GPS. Écoute bien cette phrase. Elle peut changer ta manière de vivre. La peur, c'est une alarme. Ce n'est pas une direction. Il y en a beaucoup qui prennent leurs décisions en fonction de leur peur. Ils pensent, oui, si j'ai peur, ce n'est pas le bon choix. Pas forcément en fait. Tu peux avoir peur. Parce que tu grandis, parce que tu quittes un fonctionnement ancien, parce que tu guéris, parce que tu sors d'un schéma. Et quand la peur devient ton mode de vie, tu finis par appeler prudence, ce qui parfois est simplement de l'évitement. Et le ouest-ouest de l'indécision, on en parle. Tu sais, le prophète Hadessah nous a appris que Chaytan cherche à semer le doute, pas seulement dans la croyance, mais aussi dans nos décisions, dans nos intentions. dans nos priorités, dans nos relations. Et il te dit, attends encore, tu n'es pas prête, tu vas regretter, tu risques de tout perdre. Et beaucoup passent leur vie à répondre à cette voix. Pourtant, Allah subhanahu wa ta'ala, dans surat al-imran, surat 3, verset 159, nous dit « Puis lorsque tu t'es décidé, place ta confiance en Allah. Certes, Allah aime ceux qui lui font confiance. » Alors regarde bien le verset. Allah ne dit pas « Attends » . Jusqu'à être certain. Il dit, décide, puis fais-moi confiance. Le terroir cool vient après l'effort de décision, pas avant une certitude absolue. Non, non, non. La foi, ce n'est pas l'absence d'incertitude. La foi, c'est avancer malgré l'incertitude. Alors, combien d'entre nous attendent une garantie qu'Allah n'a jamais promise ? Allah n'a jamais promis une vie sans doute. Il a promis son accompagnement à ceux qui cheminent vers lui avec sincérité. Et il y a une illusion qui est très répandue, c'est que tu crois peut-être que quand j'aurai assez réfléchi, je serai enfin certaine. C'est faux ! Les recherches en psychologie décisionnelle montrent qu'au-delà d'un certain seuil, accumuler davantage d'informations améliore très peu la qualité des décisions. Mais ça augmente souvent la paralysie par analyse. Donc tu es paralysé. Paralysé, en fait, autrement dit, plus tu cherches à éliminer toute forme d'incertitude, plus ton cerveau fabrique de nouvelles raisons d'hésiter. Alors oui, le doute nourrit le doute. Et l'action nourrit la clarté. C'est l'action qui révèle la décision. C'est parce que tu vas commencer à agir que tu vas y voir clair, en fait. C'est parce que tu te dis « je vais faire, hop, que ça y est » . Et que tu agis, que ça y est. Ça s'ouvre. Le Tawakkul, c'est être certain que même lorsque tu te trompes, Allah est capable de transformer ce chemin en apprentissage, en purification et en rapprochement de lui. Et tu sais, t'as pas peur de te tromper. T'as peur de perdre ce que tu crois contrôler. Et j'aimerais que tu oublies quelques instants l'idée que tu es quelqu'un qui réfléchit trop. Parce que derrière cette phrase, il y a souvent beaucoup de souffrance. Il y a une femme ou un homme... qui a tellement souffert qu'il croit qu'une erreur de plus serait celle de trop. Et ça, je le comprends profondément en fait. Tu sais, les personnes qui hésitent le plus, ce ne sont pas toujours les moins courageuses. Ce sont celles qui ont déjà payé très cher leurs anciennes blessures. Et tu ne décides pas seulement avec ton intelligence, tu décides avec ton histoire, tu décides avec ton enfance, tu décides avec tes expériences, tu décides avec les promesses que tu t'es faites dans la douleur. Et c'est pour ça que deux personnes peuvent vivre exactement la même situation et prendre deux décisions totalement différentes. Et ce que je retrouve constamment en consultation, c'est quand quelqu'un me dit « j'ai peur de faire le mauvais choix » , en fait, je continue rarement à parler du choix avec la personne. Je parle plutôt de ce que cette personne croit qu'il arrivera, si elle se trompe. Et les réponses qui reviennent souvent, c'est « je serai abandonnée, je vais tout perdre, je serai jugée, j'aurai honte, mes enfants m'en voudront, Allah sera en colère contre moi » . Tu vois, en fait, la peur, c'est presque jamais la décision. La peur, c'est la catastrophe imaginée après la décision. Et tu sais les blessures qui entretiennent cette peur, c'est quoi ? Parmi elles, il y a la blessure d'abandon en fait, qui te fait croire que je dois choisir parfaitement pour ne pas être quittée. La blessure de rejet dit, si je me trompe, ça prouvera en fait que je ne vaux rien. Et la blessure d'injustice, elle dit, je ne supporte pas l'idée qu'après tous ces efforts, ça puisse échouer. Et la culpabilité, elle vient en rajouter une couche, elle dit, si quelqu'un souffre, À cause de ma décision, ce sera entièrement de ma faute. Alors tu comprends maintenant pourquoi certaines personnes restent figées pendant des années ? Ce n'est pas un manque de courage, c'est quand leur cœur confond décision et danger. Tu sais, même les prophètes ont connu l'incertitude. Et parfois, on imagine que les prophètes avançaient sans difficulté. Non, ils avançaient avec confiance. Et ça, ce n'est pas la même chose, c'est différent. Tu sais, quand Moussa alayhi sallam arrive devant la mer, derrière lui, il y avait Pharaon. Devant lui, il y avait la mer. Humainement, aucune issue en fait. Et les compagnons lui disaient, mais on va être rejoints par Pharaon. Il est là, il est juste derrière nous. Et Moussa, Moïse, dit, non, jamais. Mon Seigneur est avec moi et il me guidera. Alors écoute bien, la mer, elle ne s'est pas ouverte avant sa confiance. Elle s'est ouverte après. Et ça, c'est important de t'en rappeler. On a tous une mer devant nous et un pharaon derrière nous. On a tous une énorme difficulté. On ne voit pas l'issue devant nous et on a un danger qui arrive derrière, qui est imminent, qui est là, que tu n'en peux plus, c'est trop lourd, c'est pesant. On vit tous ça dans nos vies. Alors qu'est-ce que tu en fais aujourd'hui ? Tu avances ou tu restes à ta place ? Tu avances avec la certitude que Allah va te montrer la clarté de l'issue et sera là pour t'accompagner à traverser la mer. Ou tu restes et tu te fais terminer par Pharaon. Dans les deux cas, tu vois un danger, je sais. Maintenant, devant toi, il y a la certitude qu'Allah est là et derrière toi, il y a la certitude de ta peur qui t'envahit, qui te tétanise et qui te paralyse. qui te termine, qui t'éteint. Là où il y en a beaucoup qui me disaient « Avant j'étais solaire, maintenant je me suis complètement éteinte. Avant j'étais souriante, maintenant j'ai plus de goût à la vie. » Ouais, avant, avant. Et qu'est-ce que tu fais du tout maintenant, maintenant ? Il y a une erreur fréquente chez beaucoup de croyants qui pensent que si je fais la prière de consultation, j'aurai aucune hésitation. Non, c'est pas ce que nous dit la sauna. La sonnette du prophète, alayhi salatu wa sallam, dit « l'istikhara, la prière de consultation, ce n'est pas une baguette magique, c'est une remise de ton affaire entre les mains d'Allah et puis tu avances, tu remets ton affaire entre les mains d'Allah et puis tu avances » . C'est ça, « l'istikhara, la prière de consultation » . Ce n'est pas « tu sais » , c'est « tu as pris une décision et tu dis « Allah, je remets tout entre tes mains, c'est toi qui es gestionnaire, c'est toi qui gères et tu avances » . Le prophète, alayhi salatu wa salam, nous a enseigné cette invocation pour demander le bien auprès d'Allah, avec la conscience que lui seul connaît parfaitement ce qui est bénéfique. Ya Allah, si tu sais que cette affaire est un bien en fait pour ma religion, ma vie présente et ma vie future, facilite-la à moi et bénis-la à moi. Et si tu sais qu'elle est un mal pour moi, éloigne-la de moi et éloigne-moi d'elle. Et puis décrète pour moi le bien, où qu'il soit, et rends-moi. Satisfait Europe Regarde la beauté de cette demande dans la prière de consultation. On ne demande pas une certitude absolue. On demande qu'Allah facilite le bien, éloigne le mal et mette la satisfaction dans son décret. Ça veut dire quoi ? C'est accepter ce de quoi t'éloigne Allah ou ce que Allah éloigne de toi. C'est ça le décret, accepter le décret. Ce que t'éloigne... ce de quoi t'éloigne Allah ou ce que Allah éloigne de toi. Tu sais, le croyant ne cherche pas à tout contrôler. Il cherche à rester sincère dans ses choix et à faire confiance à celui qui contrôle toute chose. Ce qui coûte le plus cher, je vais te dire ce qui m'attriste le plus, ce ne sont pas les personnes qui prennent parfois une mauvaise décision. Celles-là les apprennent, elles grandissent et elles se relèvent, ce qui me touche profondément. Ce sont celles qui ne décident jamais, parce qu'elles finissent par laisser les circonstances décider à leur place. Le temps décide, les autres décident, la fatigue décide, la peur décide, et elles ont l'impression de subir une vie qu'elles n'ont jamais réellement choisie. Alors ne pas choisir, c'est déjà un choix, et parfois c'est le plus coûteux de tous. Tu sais, dans la vie, la vie, t'auras jamais de certitude, t'auras des occasions. de développer ta confiance en Allah. Et après des années de consultation, j'ai presque jamais rencontré quelqu'un qui s'est senti prêt. Jamais rencontré des personnes qui ont décidé, qui sont devenues prêtes en avançant. Oui, oui, j'ai rencontré des personnes qui ont décidé et qui sont devenues prêtes en avançant. Pas qui se sont senties prêtes avant même d'avancer. Alors, on ne devient pas... courageux avant d'agir. On devient courageux parce qu'on agit. Alors tu veux une garantie ? Moi je vais te poser une question. Quand tu montes dans un avion, as-tu la garantie absolue qu'il arrivera ? Non. Quand tu te maries, as-tu la garantie que ça durera toute la vie ? Non. Quand tu attends un enfant, as-tu la garantie que tout sera simple ? Non. Alors pourquoi ? Est-ce que tu exiges une garantie uniquement pour cette décision qui te bloque aujourd'hui ? Pourquoi cette décision devrait être la seule de toute ta vie à être sans risque ? Tu sais, chercher une décision sans risque, c'est parfois chercher une vie qui n'existe pas. Alors je te propose un exercice. Prends une feuille et dessine deux colonnes. Dans la première, écris ce que je sais. Et dans la seconde, ce que j'imagine. Et puis, sois honnête. Écris spontanément. En fait, tu vas découvrir que la colonne de l'imagination, elle est parfois bien plus remplie. Parce que ton cerveau adore transformer des hypothèses en certitudes. Par exemple, je vais forcément regretter. Ça, est-ce que c'est un fait ou une prédiction ? Ou mes enfants seront détruits ? Est-ce que c'est une certitude ou une peur, ça ? Tu sais, le Qur'an al-Karim nous rappelle dans surat al-Baqara, surat 2, verset 216, « Il se peut que vous détestiez une chose alors qu'elle est un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle est un mal pour vous. Allah sait, tandis que vous ne savez pas. » Quel apaisement ! Tu n'as pas besoin de tout savoir. Tu avances avec les éléments dont tu disposes. Et tu laisses à Allah ce qui dépasse ta connaissance. Et ajoute cette doa. « Ya Allah, choisis pour moi ce qui est le meilleur. Fais ton choix pour moi. Aime dans mon cœur la satisfaction, la satisfaction de ton décret. Fais-moi accepter ce qui est écrit pour moi. » Parce que parfois j'ai peur, parfois je n'en ai pas envie, parfois ce n'est pas satisfait. « Ya Allah, permets-moi et fais-moi accepter ce que tu as écrit pour moi, parce que toi tu sais ce qui est le mieux pour moi. » Et ajoute « Hasbi Allah wa ni'mal wakil. Allah me suffit et il est le meilleur garant. » Pour te rappeler que tu n'avances jamais seul. Tu sais, le contraire de la peur, ce n'est pas le courage. Le contraire de la peur, c'est la confiance. La confiance qu'Allah est capable de faire naître un bien immense. Même à partir d'un chemin que tu ne comprends pas encore. Alors aujourd'hui, ne demande pas à Allah une vie sans incertitude. Demande-lui un cœur assez fort pour marcher malgré l'incertitude. Parce qu'au fond, la plus grande erreur, c'est pas de faire un mauvais choix. La plus grande erreur, c'est parfois de laisser la peur choisir ta vie à ta place. Qu'Allah mette dans ton cœur une lumière qui éclaire tes décisions et une sérénité qui apaise tes hésitations. J'ai même du mal à le dire. Ya Allah, qu'Allah t'accorde une sérénité qui apaise tes hésitations et un tawakkul qui te donne la force d'avancer avec sincérité. Ya Rabbi Amin. Et rappelle-toi surtout que tu es bien plus et que tu vaux bien plus que ce que tu fais et ce que tu montres. Prends soin de toi, tu es précieuse.