Speaker #0As-salamu alaykoum wa rahmatoullah. Tu sais, il y a une phrase que j'entends souvent dans mes accompagnements, des femmes qui me disent « je suis forte, mais voilà quoi » . Et quand on creuse, on entend souvent la même réalité, c'est pas de la force, c'est un mécanisme de survie. Parce que la femme n'est pas née pour être indépendante, elle l'est devenue parce qu'à un moment de sa vie, elle n'avait plus le choix. Et les conséquences sont parfois lourdes. On arrive à une incapacité à demander de l'aide. à une hyper-responsabilité, à une fatigue émotionnelle chronique, à une difficulté à se sentir en sécurité dans une relation, à une difficulté à faire confiance, à une peur de l'abandon, et aussi à une peur d'être envahie dans ce nouveau rythme. Il y a aussi, ce qu'on retrouve souvent, une solitude intérieure, malgré, et je dis bien malgré, une vie remplie. Et tu peux avoir un travail stable, un couple stable, une vie stable et un cœur complètement instable. Et c'est ça le drame silencieux que vivent des milliers de femmes aujourd'hui. Alors tu sais, j'ai envie qu'on mette de la clarté sur quelque chose, parce que quand on mélange tout, ça abîme les femmes et ça abîme les relations. Alors on parle, oui, beaucoup d'indépendance émotionnelle, et on ne parle pas assez de ce qu'il y a derrière. Pourtant, ce n'est pas du tout la même chose. Parce que l'indépendance émotionnelle, elle peut devenir toxique. Et je vais te parler franchement. Il y a une femme, une forme d'indépendance qui n'est pas de la force, c'est une stratégie de survie. C'est quand tu te dis parfois, sans t'en rendre compte, je vais réduire mes besoins émotionnels et relationnels. Comme ça, je ne dépendrai personne. Et je le vois souvent chez des femmes qui ont dû se débrouiller trop tôt. Des femmes qui ont connu l'abandon, l'instabilité familiale. La parentification, tu sais, c'est moi qui tiens. Des ruptures douloureuses aussi, des trahisons, des violences émotionnelles. Et alors, elles apprennent à faire seules, à ne plus demander, à ne plus attendre. Et de l'extérieur, on dit qu'elles... Oh, masha'Allah, tabar, qu'elle est une femme forte. Alors qu'à l'intérieur, il se passe souvent autre chose. Le cœur se ferme. Recevoir devient difficile. La charge mentale explose. Et dans le couple, tu donnes, mais tu demandes rien. Et tu tiens tout. et tu te sens étrangement déconnecté de toi. Et ça, ce n'est pas de l'autonomie, c'est de l'attachement évitant, déguisé en force. Parce que l'autonomie émotionnelle, c'est une version saine. Alors, Maitre Mer, laisse-moi en parler de l'autre version. La version qui soigne l'autonomie émotionnelle, la vraie. Ce n'est pas que j'ai besoin de personne, c'est plutôt que je connais mes besoins, je sais me réguler et je peux être en lien sans me perdre. Et ça, je le vois chez des femmes qui ont travaillé leur blessure, des femmes qui se connaissent, des couples où chacun prend sa part, des relations où on peut demander, recevoir et dire non aussi. Et les conséquences, elles sont différentes. Parce que la communication, elle est plus claire, l'estime de soi est plus stable, les relations sont plus apaisées et l'attachement devient sécurisé. Et tu n'es plus en train de survivre, tu es en train de vivre en lien. Derrière tout ça, il y a des blessures. Je vais te parler comme je les vois chaque semaine en accompagnement, la blessure de l'abandon. Elle est très silencieuse et elle se manifeste par la peur d'être oubliée ou remplacée, le besoin d'être utile pour être aimée, une hyper indépendance qui cache une dépendance affective en réalité, et l'angoisse quand l'autre s'éloigne, et le surinvestissement dans la relation. Et le résultat est presque toujours le même. tu deviens celle qui rassure tout le monde et que personne ne rassure ton cœur. On parle aussi de la blessure de trahison. Ici, le cœur a appris à se méfier. Alors tu vois apparaître l'hyper contrôle, la difficulté à faire confiance, les pensées du type « on ne m'aura plus jamais, je ne me ferai pas avoir de foi » et une vigilance permanente. Dans le couple, ça donne souvent une chose très paradoxale. Je veux être aimé, attention, je garde mes distances. Et sans t'en rendre compte, tu confonds sécurité et fermeture. Et tu verrouilles en fait ton cœur. Et avec lui, tu verrouilles aussi ta joie. Je te parle aussi de la blessure d'injustice ou de dévalorisation. Et celle-là, elle pousse à devenir irréprochable. Elle se traduit par le perfectionnisme, par la peur d'être insuffisante. par la comparaison constante, par la déconnexion des émotions et par le besoin de prouver ta valeur sans cesse. Alors tu réussis, alors tu assures sur tous les plans, alors tu fais bien, même très bien. Et au fond, tu n'es jamais vraiment apaisé. Parce que tu réussis, oui, mais tu ne t'aimes pas. Pour de vrai, il manque quelque chose. Alors, trois scènes que je vois très souvent. Et je veux te raconter en fait trois scènes réelles. Elles sont anonymes et peut-être que tu t'y reconnaîtras. Alors, dans la première scène, je te parle de la femme qui fait tout. C'est la femme mariée et elle me dit, je lui ai tout donné, la maison, les enfants, les émotions, je me suis oubliée. Et je lui demande pourquoi tu ne demandes rien en fait, pourquoi tu ne demandes rien toi, dans cette relation, chez toi, dans ton foyer. Et elle me répond très clairement et très calmement. Faites-vous l'impression que si je demande, je deviens un poids. Ça te parle ? Tu as sur tous les plans. La maison, tu gères les enfants, les émotions, et tu t'oublies. Et surtout, tu as peur que si tu demandes, toi, quelque chose, tu deviens un poids. Maintenant, je te parle de la scène 2. La femme qui a survécu, tu sais, celle qui a demandé le divorce. Et elle me dit, je me suis reconstruite seule. est tellement seule que maintenant, je ne sais plus accueillir quelqu'un. Et ce n'est pas de l'indépendance. C'est un traumatisme qui n'est pas réparé. Et la scène 3, c'est la femme qui a peur d'aimer. C'est la célibataire. Et elle, elle me dit, j'ai peur qu'on m'abîme la paix que j'ai mis des années à trouver. Et ça, on peut le retrouver aussi chez la femme qui a demandé le divorce. Et à toutes les deux, Je leur réponds et je leur dis, ce n'est pas une peur de l'amour, c'est une peur de te perdre à nouveau. Et si je te dis tout ça, ce n'est pas pour t'inquiéter ni pour t'étiqueter, c'est pour te libérer. Parce que non, tu n'es pas trop indépendante, tu es souvent une femme qui a trop porté seule. Et la vraie guérison ne consiste plus à devenir dure, elle consiste à rester ouverte sans te trahir. Et ça, ça s'apprend. Ça s'apprend doucement, avec sécurité, avec Allah comme repère. Et tu sais, dans surat 17, verset 70, Allah nous dit « Et nous avons certes honoré les enfants d'Adam. » Tu n'as pas toujours approuvé ta valeur, non ? Et j'ai envie de te dire, tu n'as jamais à l'approuver, parce qu'Allah te l'a déjà donnée. Et le prophète, à la Salle de Salaam, te dit Les femmes vertueuses sont les trésors les plus précieux de ce monde. Tu n'es pas un bonus, tu es une source de stabilité, de miséricorde et d'équilibre. Alors j'ai envie de faire un petit clin d'œil au féminisme, parce qu'on a voulu libérer la femme, alors qu'on l'a parfois obligée ou oubliée de protéger sa nature. Le discours actuel c'est « tu n'as pas besoin de personne en fait » . Alors que les études en psychologie, de l'attachement, elles sont claires. L'être humain est programmé pour l'interdépendance et non pour l'isolement. Et tu as besoin, oui, ce dont tu as besoin, c'est ni de dépendre, ni de t'isoler. Tu as besoin de co-régulation. Et c'est scientifique, c'est spirituel et c'est humain. D'accord ? Alors maintenant, je vais te proposer un petit exercice. Tu sais, maintenant dans les podcasts, on travaille ensemble. Il n'y a pas que moi qui travaille, on travaille ensemble. Et j'aime bien ce co-travail ensemble. Je vais te proposer un exercice, ou plusieurs même. L'exercice des besoins d'abord. Beaucoup de femmes arrivent en thérapie en disant « je ne sais plus ce dont j'ai besoin » . Et c'est normal. Quand on a longtemps porté, donné, encaissé, on se débranche de soi-même. Et cet exercice, il sert à réapprendre à t'écouter sans te juger. Alors ce que je te propose, c'est que chaque soir, tu prends trois minutes. Pas plus, hein ? Excuse-moi. 3 minutes, excuse-moi, 3 minutes et tu réponds à 3 phrases. Simplement, chaque soir, apprends à dire j'ai eu besoin de. Alors je donne quelques exemples. Aujourd'hui, j'ai eu besoin de silence. Aujourd'hui, j'ai eu besoin d'être rassuré. Aujourd'hui, j'ai eu besoin qu'on parle doucement. Aujourd'hui, j'ai eu besoin de ne rien faire sans culpabiliser. Aujourd'hui, j'ai eu besoin de sentir que je comptais. Ici, ne cherche pas le beau besoin, cherche le vrai besoin. D'accord ? Et tu peux ajouter aussi, j'ai pu satisfaire ce besoin en... Et là, tu cites les exemples. Par exemple, en allant marcher 15 minutes, en disant non à une demande de trop, en parlant à Allah sans filtre, en me couchant tôt, en demandant de l'aide, même si ça m'a coûté, par exemple. Et parfois, La réponse, c'est « je n'ai pas pu le satisfaire aujourd'hui » . Et ça, ce n'est pas un échec, c'est une information. Juste écoute-la, entends-la, accueille-la. Et la prochaine fois, tu peux ajouter aussi « et la prochaine fois, j'aimerais… » Et tu donnes des exemples. « Oser le dire tôt » , par exemple. Ou « la prochaine fois, j'aimerais ne pas attendre d'être à bout » . Ou « la prochaine fois, j'aimerais demander clairement au lieu d'espérer » . ou me choisir sans me justifier, ou respecter mon rythme. Et cet exercice, il restaure le lien à toi-même. Et cet exercice, il est réparateur. Il fait, parce qu'en fait, il fait plusieurs choses essentielles. D'abord, il te reconnecte à ton ressenti. Au lieu de vivre en mode automatique, tu redeviens actrice de ton bien-être. Et aussi, il t'entraîne à nommer tes besoins. Parce qu'une femme qui s'est nommée ses besoins, elle peut ensuite les exprimer dans la relation. Et ça, c'est la base de la sécurité affective. Je te propose un autre exercice maintenant, c'est l'exercice des limites douces. Il y a une phrase que j'aimerais que tu répètes, c'est « Je te respecte, oui, et je me respecte aussi. » Et cette phrase, tu peux la dire à ton conjoint, à ta famille, à tes enfants. Dans ton travail, je te respecte. Et je me respecte aussi. Et d'ingérent conséquence. Alors, un message pour les mamans. Montre à tes enfants comment tu te reposes. Montre-leur comment tu gères un stress. Montre-leur comment tu dis non sans te justifier. Montre-leur comment tu demandes de l'aide. Parce que tu sais, les enfants reproduisent ce que tu vis et non ce que tu dis. Et mon clin d'œil pour les célibataires, travaille ton attachement dès maintenant s'il te plaît. Parce que tu ne guéris pas en fait, tu le donnes à ton futur couple. Apprends à rester avec tes émotions sans te fuir. Beaucoup de femmes font une chose sans s'en rendre compte, elles se remplissent de travail, de projets, de réseaux sociaux, de distractions, pour ne pas sentir le manque. Alors que l'attachement sécurisé, il commence déjà par pouvoir ressentir le manque sans paniquer. Réapprend à demander, même quand il n'y a personne en fait, même célibataire. Par exemple, tu peux demander du soutien à une amie, tu peux demander de l'aide sans t'excuser, tu peux dire j'ai besoin de parler, tu peux dire, tu peux aussi accepter de recevoir sans rendre immédiatement. Et une femme qui ne sait pas recevoir s'épuisera en couple. Parce qu'apprendre à recevoir maintenant, c'est protéger ton futur lien. Alors reprends ton réflexe principal en relation, même si c'est imaginaire dans un premier temps. Tu sais, j'aime cette phrase anglo-saxonne qui dit « fake it until you make it » . Fais semblant dans un premier temps et tu verras, petit à petit, tu vas arriver à le faire en fait. Et quand tu imagines une relation, qu'est-ce qui devient, qu'est-ce qui te vient spontanément en fait ? Il faut que je sois facile à vivre. Si tu te dis ça, c'est qu'il y a une part de l'abandon qui est cachée derrière. Est-ce que je ne dépendrais de personne ? Non, non, moi je veux dépendre de personne. Attention, parce que si tu te dis ça, c'est qu'il y a un attachement évitant derrière. Et si tu te dis, j'ai peur de me perdre, c'est qu'il y a une blessure ancienne qui n'est pas sécurisée. Et ce réflexe, c'est ton style d'attachement qui parle. Alors maintenant, j'ai une bonne nouvelle, c'est que c'est jamais figé, alhamdoulilah. Et construire une relation stable avec Allah, c'est la base. Un cœur qui s'appuie sur Allah attend moins que l'autre le sauve. Alors couvrons moins amour et fusion. Et supporte mieux la certitude en fait. Et quand tu répètes Hasbi Allah, Hasbi Allah, ça veut dire Allah me suffit, Allah me suffit. Tu entraînes ton système nerveux à ne plus paniquer face au lien. Et tu sais ce que ça change quand tu fais ce travail avant le couple ? Tu t'entraînes... En fait, tu ne vas plus entrer dans une relation pour combler un vide. ou pour te prouver que tu mérites l'amour, ou pour apaiser une angoisse. Tu entres dans une relation pour partager, pour construire, pour aimer sans te perdre. Alors retiens ça, s'il te plaît. Tu ne guéris pas, tu le donnes. Ce que tu ne guéris pas, tu vas le donner. Et ce que tu sécurises en toi, tu l'offres. Et travaille ton attachement maintenant. Ce n'est pas retarder l'amour, c'est le préparer avec dignité. Excuse-moi. Maintenant, pour les femmes qui sont mariées, j'ai envie de te dire, arrête. Arrête de faire seul. Ne fais plus jamais tout seul. Le couple, c'est une équipe et l'autonomie, elle se partage. Parle, dis, demande. Et pour les femmes divorcées ? Arrête de penser que tu as raté ta vie, parce que c'est ce qui revient souvent. Tu as choisi de ne plus te trahir, tu as récupéré quelque chose de précieux, ta dignité, ta valeur, ta paix. Et ça, ce sera tout sauf un échec. Parce que le divorce, quand il est traversé avec conscience, c'est une réouverture. Une réouverture à une version de toi plus juste, une relation à Allah plus vraie, et une vie où tu n'as plus besoin de te rapetisser pour tenir. Et tu n'as pas détruit une famille, tu as arrêté de t'abîmer et de les abîmer. Et parfois la décision la plus courageuse, ce n'est pas de rester, c'est de partir sans te perdre. De dire stop tout simplement. Et de mettre tes limites dignes. Et rappelle-toi, une femme qui se choisit ne casse pas sa vie. Elle se réaligne, elle la réaligne. Et Allah n'honore jamais les sacrifices qui détruisent l'âme. Être digne avec ta valeur, c'est une renaissance. Et le divorce, c'est une réouverture. Ya Rabbi, ya Datif, rends nos cœurs légers et dépose-nous une douceur qui guérit. Et donne-nous une autonomie qui honore et un amour qui rassure, ya Allah, et des relations qui nous rapprochent de toi. Tu sais, l'indépendance, elle te coupe. Et l'autonomie, elle t'élève. Et toi ? Tu mérites d'être élevé, tu mérites un cœur apaisé, tu mérites l'amour, le vrai, le saint. Et celui qui ne détruit plus, celui qui ne prend rien, celui qui construit. Et tu n'as plus besoin d'être forte, tu as besoin d'être libre et d'être aimé comme Allah t'a créé, d'être honoré. Et le jour où ton cœur à décider de ne plus avoir besoin de personne, c'est terminé maintenant. Parce qu'il est important que tu reprennes soin de toi et que tu réalises, enfin, chaque jour, que tu es bien en plus et que tu vaux bien en plus que ce que tu fais et ce que tu montres. Et c'est fondamental de te le rappeler chaque jour. Et c'est fondamental de le vivre chaque jour. Moi, je suis Firdaus, et depuis des années, j'accompagne des femmes, les femmes, à sortir de la tension permanente, de la survie émotionnelle et de l'adaptation qui épuisent. Et mon travail, c'est de restaurer une féminité digne, stable, calme et rayonnante. J'accompagne celles qui veulent aimer sans se perdre, guérir sans se couper. et avancer avec Allah comme repère. Et si ce podcast te fait du bien, partage-le à ceux que tu aimes pour leur être utile à ton tour. Et mille merci pour la note et le commentaire que tu laisseras. Ça me permet aussi de le faire connaître et de savoir que je t'ai été utile et de continuer. J'ai créé un e-book, un petit livret, dans lequel je te partage les doigts des blessures de l'âme. C'est des doigts que j'ai rédigés à ma façon, avec mes mots, avec tout mon amour et tout mon cœur. Et je t'y partage aussi un autodiagnostic pour savoir peut-être quelles blessures t'abîment encore peut-être un peu. Est-ce que c'est la blessure de l'abandon, du rejet, de la trahison, d'humiliation ? Et aussi je t'y partage évidemment des exercices pratico-pratiques pour soigner chaque blessure et pour penser chaque blessure. Cet e-book, tu le retrouveras dans le lien juste sous ce podcast. Je t'embrasse fort et je t'invite à prendre soin de toi et à te rappeler surtout que tu es bien en plus. Et que tu vaux bien en plus que ce que tu fais et ce que tu montres.