- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans l'épisode 14 de Sony Ausha, le podcast. Aujourd'hui, je reçois Louis Fernandez. Louis, bienvenue.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour votre invitation. On est là, on est présent.
- Speaker #0
Je suis ravi de te recevoir.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors, le foot, ce n'est pas qu'une histoire de ballon. C'est aussi parfois des histoires d'égout, de loyauté, de pression. Toi, tu as un parcours, tu es une légende du football, on va se le dire.
- Speaker #1
Il y en a énormément des légendes. Ce qu'il faut dire avant tout, c'est que le football, c'est un sport collectif. Pour atteindre, pour réussir, tu as besoin d'être bien accompagné. Ce qui a été mon cas pendant des années, quand j'ai commencé. Tu sais que j'ai dû avant tout faire des essais pour être accepté, pour être recruté. Ça a commencé au Paris Saint-Germain, quand j'étais jeune. Et puis voilà, je suis venu faire un essai. Ça a démarré avec Pierre Sonam, à M. Pierre Alonso, qui était mon formateur, et qu'après ensuite je l'ai eu à mes côtés comme adjoint.
- Speaker #0
Alors toi tu es né à Tarifa, en Espagne, c'est là que tout commence pour toi ?
- Speaker #1
Je suis né en Espagne et j'ai eu le décès de mon papa, Pierre Sonam aussi, et ma maman dans cette situation-là avait le choix avec mes frères et soeurs, parce qu'on est somme 6, 3 et 3, et ma maman elle avait le... La possibilité de revenir dans le sud de l'Espagne, du côté de Tarifa, ou soit de passer la frontière et de venir du côté de Lyon, où il y avait les deux soeurs de mon papa. C'est le choix qu'elle avait décidé de faire et on est venu du côté de Lyon, du côté de Vénitieux. Voilà, c'est là où j'ai grandi.
- Speaker #0
Alors, comme tu le sais peut-être, le parti pris du podcast s'est toujours commencé par une citation célèbre pour illustrer mon invité. Aujourd'hui, j'ai décidé de t'illustrer à travers une de tes citations.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, celle que j'ai retenue le plus, c'est « Le succès ne s'imite pas, il se crée » .
- Speaker #1
Oui, il se crée. C'est comme ça que je l'ai toujours abordé. Parce que c'est vrai que dans un sport comme le football, il faut respecter. Il y a des valeurs à respecter. Il y a aussi, quand tu rentres dans un club, il te faut absolument être à l'écoute, écouter, regarder. Et puis voilà, respecter un peu ce que l'on dit souvent, c'est que pour franchir les paliers, ça se passe par le travail. ça pour moi ça a toujours été dans mon parcours
- Speaker #0
Alors tu es champion d'Europe 84 vous arrivez 3ème en Coupe du Monde 86 et ton histoire aussi elle est profondément liée à celle du PSG puisque tu as été joueur tu as été entraîneur et à l'heure où le PSG s'apprête à jouer sa deuxième finale et potentiellement remporter son deuxième titre est-ce que pour toi Ciao ! Paris, c'est devenu un grande Europe maintenant ?
- Speaker #1
C'est aujourd'hui, oui. Quand on regarde, quand on voit depuis cette victoire finale de Coupe d'Europe face à l'Inter de Milan 5 à 0, quand on voit ces changements qu'il y a eu du côté du Paris Saint-Germain, avec l'arrivée d'un entraîneur, Louis Sénéqué, avec un staff remarquable, fantastique, avec un directeur sportif, Louis Scampos, et puis avec un président qui cautionne et qui adhère à ce projet qui a été mis en place par Louis Sénéqué. Louis Riquet a su, avec ce groupe, le transformer, le changer, lui donner un état d'esprit remarquable, parce que ces garçons-là ont cette particularité, c'est de jouer ensemble, de partager ensemble, de courir ensemble, de jouer quand ils rentrent sur un terrain, ils rentrent avec cette volonté, cette envie de ne pas décevoir et de respecter les consignes que leur entraîneur leur donne. et quand cet entraîneur aussi, Luis Erique, met en place Comme j'ai toujours aimé, quand il disait les rotations et on dit le turnover, c'est que tout le monde puisse jouer.
- Speaker #0
Tout le monde a son temps de jeu ?
- Speaker #1
Temps de jeu, non, il y en a qui en ont plus que d'autres, mais tout le monde participe.
- Speaker #0
C'est vraiment du collectif ?
- Speaker #1
C'est un collectif et c'est là que tout le monde adhère à ce système d'animation de jeu, de ce turnover. Et puis voilà, c'est une équipe qui a grandi, qui est en train de grandir et c'est vrai que cette première finale, cette première Coupe d'Europe peut gagner. Aujourd'hui, ils sont peut-être certainement sur le chemin d'en gagner une deuxième, de suite.
- Speaker #0
Alors, avant les titres, avant l'équipe de France, le PSG, etc., il y a une histoire personnelle. Donc toi, tu arrives en France très jeune, tu es naturalisé, tu as construit ton parcours. Quand tu repenses à l'enfant de Tarifa, qu'est-ce qui te revient en premier ?
- Speaker #1
Tu sais, l'enfant de Tarifa, il arrive dans un pays comme la France, dans ce pays assez jeune, j'ai 5-6 ans. J'arrive et tu sais quand tu arrives dans ce pays avec tes frères et tes soeurs, tu as, comme disait ma maman, son âme sait que tu faut vraiment respecter, respecter ce pays qui t'accueille, ce pays qui te donne une opportunité, une possibilité à mes frères et à mes soeurs de pouvoir s'y installer, de pouvoir obtenir, de pouvoir obtenir par le travail. Et je me souviendrai toujours de ce... De cette enfance, du côté du quartier des Manguettes, c'est un quartier où on avait la particularité d'être tous ensemble, tous être réunis, quelle que soit leur communauté. Toutes ces communautés ont joué ensemble, ont sorti ensemble, on allait au stade de Jarlan, on était des supporters de Lyon. On a vécu de bons moments, de très très bons moments que je ne suis pas prêt d'oublier. J'ai toujours mes amis des Manguettes que je côtoie, que je n'ai pas pour autant... L'essai, au contraire, j'ai toujours de relations, c'est pour ça que c'est mon enfance.
- Speaker #0
Tu as resté très attaché à tes amis d'enfance ?
- Speaker #1
Oui, je reste très attaché à ces garçons, à ces hommes qui étaient là, qui étaient à mes débuts. Quand tu joues dans un quartier, un club amateur comme la S-Manguet, tu essayes de faire pour le mieux, tu essayes de passer les capes, c'est ce qui a été fait, parce que c'est comme ça que j'ai réussi après ensuite à faire des essais dans des clubs et ça a été perçu que j'avais les qualités pour rentrer au Paris Saint-Germain.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi le foot ça a été un moyen d'intégration ? d'ascension ou de reconnaissance ?
- Speaker #1
Moi je dirais, j'ai commencé, tu sais, on fait des études, puis j'ai aussi eu l'occasion de travailler en usine. Oui,
- Speaker #0
t'as commencé à être électricien, j'ai vu.
- Speaker #1
Être électricien pendant un an et voilà, ça t'apprend aussi, ça te forge...
- Speaker #0
La réalité du...
- Speaker #1
Voilà, du quotidien, le moral, la force pour pouvoir ensuite, avec le football, réussir. Mais pour réussir dans le football, il te faut travailler, bien travailler, puis il te faut être sérieux, très sérieux, il faut... Écouter les conseils de ton formateur et de tes entraîneurs pour passer les étapes les unes derrière les autres. C'est comme ça que j'ai pu y arriver en étant dans un groupe dans lequel je me suis retrouvé et j'étais content d'y être.
- Speaker #0
Après ta naturalisation, tu intègres l'équipe de France. Pour toi c'est une consécration personnelle ou c'est carrément une responsabilité ?
- Speaker #1
Quand tu es sélectionné, c'est que... Il y a un sélectionné... Le sélectionneur qui est Michel Hidalgo, il a son homme aussi, c'est un homme qui est à la tête de cette équipe de France, il y a une génération Michel Platini, la génération Michel Platini. Oui, le fameux carré magique. Oui, avant qu'on arrive au carré magique, elle démarre bien avant avec la Coupe du Monde en 78 en Argentine, ensuite il y a eu 82 avec cette déception de cette demi-finale face à l'Allemagne. N'étant pas dans cette sélection et en regardant cela à la télévision, ça m'a fait mal au cœur parce que tu sais quand tu deviens... Tu es à la NFCF et que tu joues au Paris Saint-Germain, tu es capitaine, tu as gagné les premiers titres avec le PSG, la Coupe de France, contre Saint-Etienne et ensuite contre Nantes. Tu suis cette équipe de France et quand tu la vois jouer en 82...
- Speaker #0
C'est le fameux épisode avec Schumacher.
- Speaker #1
C'est Schumacher et moi je rentre dans cette équipe de France après la Coupe du Monde, on va dire en équipe de France face à la Hollande. On va dire que c'est tourner une examen de passage. C'est-à-dire soit tu le réussis, soit tu ne le réussis pas. Ce soir-là, je l'ai réussi. J'étais content parce que j'étais dans une belle génération, c'est celle de Michel Patili. Et je peux te dire que j'en garde un grand souvenir. Je suis heureux d'avoir pu intégrer. Et puis après, il y a eu ce carré magique qui est devenu après 84. Mais dans ce carré magique, il ne faut pas non plus oublier un garçon comme Bernard Genedini aussi, qui était un joueur au milieu de terrain auquel j'ai pris la place, mais qui était encore dans le groupe. Il y avait une très très belle ambiance et cette ambiance, elle était remarquable et magnifique pour aller faire une Coupe du Monde en 86 au Mexique, on va dire.
- Speaker #0
Alors, est-ce que quand on vient d'ailleurs... On développe une espèce de rage, d'envie de réussir et une discipline, une exigence particulière par rapport à son histoire personnelle.
- Speaker #1
T'as envie de réussir, t'as envie de ne pas décevoir, t'as envie de... Tu sais, quand tu réussis à intégrer ce monde du football, quand tu rentres dans un centre de formation, tu sais, tu passes par les étapes et quand tu obtiens, on va dire, cette licence professionnelle et... Et tu arrives dans ce Paris Saint-Germain, tu n'as qu'un seul objectif, c'est de ne pas décevoir, c'est d'être bon, d'être efficace, c'est de réussir à t'imposer. C'est ce que j'ai toujours tenté de faire de la meilleure des façons, mais encore je te le répéterai, c'est que je ne suis pas tout seul, je suis bien accompagné. Il faut que tu sois dans un groupe sain, dans un groupe dans lequel on te reçoit bien, on se parle bien, on est ensemble, on est unis pour réussir ensemble à franchir les paliers. et quand tu te retrouves dans ce... J'avais certes un rôle un peu difficile parce que j'étais un milieu de terrain qui, à l'époque, on disait qu'il court beaucoup, il récupère beaucoup de ballons, il tacle beaucoup. Mais ensuite, tu sais, j'ai aussi la particularité, c'est qu'après les entraînements, je restais à l'entraînement avec un entraîneur adjoint pour travailler encore des gestes techniques, pour m'améliorer, pour progresser. Ça passe par le travail, c'est comme ça que j'ai réussi à franchir les paliers pour être en équipe de France et au Paris Saint-Français pour être champion de France en 1986.
- Speaker #0
Alors on disait que tu fais partie de cette génération qui a marqué un peu la mémoire collective du football français, avec ce fameux carré magique. Est-ce que tu peux nous dire ? qui rendait ce carré magique si particulier. Donc je rappelle, pour ceux, c'était constitué de Giresse, Platini, Tigana et toi-même.
- Speaker #1
Voilà, parce que chacun, quand on regarde, aujourd'hui je regardais toujours les milieux de terrain. Les milieux de terrain, il faut qu'ils aient une complémentarité. Il faut que chacun sache ce qu'il a à faire. Tu sais, entre moi, j'étais peut-être celui qui devait... ramasser ou intercepter ou d'essayer de mettre ces garçons que tu m'as cités, Platini, Giresse et Tiana, dans les meilleures dispositions. Et Jeannot aussi était avec moi, en m'accompagnant dans ma mission. Et puis, on avait des garçons comme Michel Platini et Alain Giresse. On s'entendait remarquablement bien, on était heureux. C'est une alchimie ? Oui, voilà, c'est ça, on jouait ensemble. Moi, j'avais peut-être un rôle peut-être un peu moins voyant que les autres, mais ça m'a... Ça ne m'importunait pas, j'étais content de faire ce que j'avais à faire, c'est un travail et dans ce travail j'ai essayé de le faire de la meilleure des façons pour rendre mes coéquipiers heureux. Ce qui était remarquable c'est que dans cette génération, tu m'as cité le carré magique, tu avais des attaquants, tu avais des défenseurs, on s'entendait remarquablement bien. On avait une particularité c'est qu'on était heureux de se retrouver, on était heureux de jouer ensemble.
- Speaker #0
C'est un amour commun du foot ?
- Speaker #1
Oui, c'est un amour commun du foot. Tu sais, il faut que tu ailles dans un groupe. Quand tu joues, il faut que tu sois réceptif par rapport aux consignes que l'on va te donner. Puis par rapport vis-à-vis de tes partenaires, tes coéquipiers. Il faut que tu rendes heureux. Tu sais, le championnat d'Europe de 1984, ce que j'ai beaucoup aimé, même si on commence difficilement contre le Danemark, au Parc des Princes. Ensuite, il y a la Beaujoire contre la Belgique. Ensuite, il y a Geoffroy Guichard. Et ensuite, la demi-finale à Marseille. C'est quand tu te rends compte que dans... Dans cette France, cette équipe de France, comme elle est aimée, comme elle est appréciée, on était remarquablement bien avec ses supporters qui nous ont transcendés, qui nous ont vraiment donné une force pour aller chercher ce titre de champion d'Europe et on finit au Parc des Princes en battant l'Espagne. Bon ben, tu sais, quand on fait un parcours et en passant par tous ces stades et quand on voit cette ambiance dans tous ces stades-là, on se dit qu'on ne peut pas les décevoir, il faut qu'on le fasse pour eux parce que c'est quand même la France qui est en train de grandir, de se faire une... place dans le monde européen. Et puis avec l'équipe de France, on sentait que cette génération était appréciée. Beaucoup appréciée, oui.
- Speaker #0
Et pour toi, une alchimie comme ça, est-ce que ça se construit ? Ou ça vient comme ça miraculeusement ?
- Speaker #1
Non, ça se construit parce que c'est un entraîneur qui est là depuis on va dire 78, qui met en place des garçons. Et puis moi, quand j'arrivais en équipe de France, ils étaient tous pratiquement déjà en... on va dire en 82, il y en avait qui étaient déjà en 78. C'est un travail, c'est un travail qui se met en place. Et à Père Laurent, certains nous ont quittés, mais c'est des garçons qui se retrouvent à jouer ensemble et c'est heureux de jouer ensemble, d'être content et ça se voit, ça se sent au travers des matchs, au travers des prestations que l'on fait sur les terrains.
- Speaker #0
Et en 84, quand vous gagnez la Coupe d'Or ?
- Speaker #1
C'est un grand moment, parce que Bon, moi j'ai en face de moi l'Espagne, pays dans lequel je suis né. Bon, moi je me suis comporté comme je devais me comporter, en portant ce maillot de l'équipe de France, en étant toujours fier de chanter la Marseillaise, et puis face à l'Espagne, bon moi c'est vrai que peut-être...
- Speaker #0
C'est un clin d'œil du destin ça ?
- Speaker #1
C'est un clin d'œil, mais bon, tu sais, tu respectes, j'ai grandi en France, je me considère comme français, puis je me considère fier de l'être, et puis fier d'avoir porté ce maillot pendant 60 fois, parce que quand on te donne cette opportunité, cette possibilité, Ça se respecte et ça se met en place. Et puis voilà, en moi, c'est comme ça. Je n'oublie pas. Et quand tu gagnes contre l'Espagne, j'ai eu un... Durant le match, on va dire, les adversaires qui ont essayé de me faire sortir du match, parce qu'ils se disaient... Forcément. Voilà, ils ont tout tenté, mais ils n'ont pas réussi. Et puis voilà, je suis resté moi-même. Et puis voilà, content d'être champion d'Europe, parce que je sais que quand on gagne, c'est le titre de champion d'Europe. C'est un grand plaisir, même certains qui ont été champions du monde en 98. Certains d'entre eux, comme Marcel Desey ou Didier Deschamps ou Zidane, me rappelaient qu'on était quand même les premiers et puis on avait réussi à leur donner aussi cette envie, cette motivation. C'est que vous avez donné envie à une autre génération d'émerger aussi ? Une autre génération qui est arrivée derrière, voilà c'est ça. En effet, on en est content parce qu'après on a vu ce qu'ils ont fait, c'est magnifique ce qu'ils ont fait derrière.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, tu as conscience que tu rentres dans l'histoire ?
- Speaker #1
On rentre dans l'histoire, oui. On est les premiers, mais il faut aussi se souvenir qu'on est les premiers à être champion d'Europe en sport collectif. en France, mais dans la même année, il faut aussi se souvenir qu'il y a quand même une équipe entraînée par Henri Michel, qui sera mon entraîneur en 86, personnellement aussi, qui sera championne olympique. Et quand tu es championne olympique, c'est aussi... C'est la première dans l'histoire. On a commencé à être les premiers, mais ensuite il y a eu dans la continuité un autre titre de champion olympique. Et c'est vrai que ça fait un plaisir énorme de l'avoir été. Rentrer dans l'histoire, oui, on aime bien rentrer dans les histoires du monde du football.
- Speaker #0
En 86, tu as un autre rendez-vous face au Brésil. Tu marques un but.
- Speaker #1
Oui, on marque un but. C'est le dernier ? C'est un dernier tir au but.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui se passe dans sa tête à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ce qui se passe, c'est que je suis le cinquième. Cinquième tireur ? Non, du coup, c'est que tu as le Brésilien qui rate son pénalty. Et que si je rate le mien, la série continue. Alors c'est vrai que... Et toi, si tu mets,
- Speaker #0
c'est bon ?
- Speaker #1
Si je le marque parce qu'il venait de le louper, c'est la victoire. C'est une qualification. Moi, j'étais... Fan des Brésiliens, parce qu'en 70, quand j'ai 11 ans, 10 ans, je regarde la Coupe du Monde au Mexique avec Pelé, Rémi Lino, Gerson. Et puis quand tu vois Pelé jouer, tu deviens admiratif des joueurs brésiliens. C'est pour cela que quand on joue à Jalisco, dans ce stade de Guadalajara, ça me rappelle le 70, ça me rappelle le Brésil. Et puis le stade était en jaune parce que les supporters brésiliens étaient en ombre. Et quand tu tires ce pénalty, tu le marques, après ça fait un plaisir énorme de courir et d'aller...
- Speaker #0
Mais la pression elle doit être énorme à ce moment-là.
- Speaker #1
Oui la pression, mais bon, tu sais, quand tu viens d'où tu viens, par où tu es passé, il n'y a pas de pression.
- Speaker #0
Mais là c'est quoi ? C'est le courage ? C'est la technique ?
- Speaker #1
C'est pas une question, c'est une question de choisir, en allant au point de pénalty, c'est de savoir où l'on va tirer. On ne change pas, on ne va pas commencer à...
- Speaker #0
Il ne faut pas tergiverser là.
- Speaker #1
Je vais tirer sur sa droite, sur sa gauche, je vais le tirer au centre. Non, non. Je tire là où je l'ai souvent tiré, de ce côté-là, parce qu'en 82, quand on gagne contre Saint-Etienne la finale de la Coupe de France, le premier titre pour Paris Saint-Main, il y a un tir au but. Je tire le cinquième, je le mets de ce côté-là, mais après la série continue. Puis c'est Baratelli qui l'arrête, puis c'est Jean-Marc Pilarger qui le marque, et on gagne la Coupe de France. En 82, je tire sur la droite du Gardien et en 86, je tire encore sur la droite du Gardien.
- Speaker #0
Donc une fois que tu as décidé, ça reste ferme, il ne faut plus bouger après ? Il ne faut plus bouger. Et la Panenka ? Non, la Panenka, elle n'existait pas dans... Ça n'existait pas encore ? Pas encore,
- Speaker #1
ça n'existait pas. Non, parce qu'il y en a,
- Speaker #0
ils te l'attendent dans des moments comme ça.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai que c'est... Tu sais, quand tu viens de disputer un match dans des conditions climatiques horribles. Ah oui ? C'était chaleur, humidité et tout ? Oui, puis toujours une altitude et... Plus de 40 degrés, tu sais, pendant une heure et demie, plus les prolongations.
- Speaker #0
Oui, c'est dur de rester lucide dans des conditions comme ça.
- Speaker #1
Il faut le rester, mais il faut se dire qu'on a joué un match magnifique. Parce que tu sais, quand tu vois les Brésiliens marquer un but assez rapidement dans le match et en réalisant des gestes qu'il n'y a qu'eux qui peuvent les réussir et qui peuvent les faire. Voilà, c'est un match, après on a tout mis pour... pour refaire, pour égaliser, pour le gagner. Mais bon, ça a été aux prolongations et puis on a fini au tir au but. Mais voilà, c'est un match qui nous a fait aussi du mal parce qu'après on a rejoué contre les Allemands en demi-finale, je ne m'en souviens même pas. On a vraiment laissé beaucoup, beaucoup de force et d'énergie sur ce match contre le Brésil. C'est peut-être cela qui nous fait qu'on se fasse aimer contre l'Allemagne en demi-finale.
- Speaker #0
Tout à l'heure, on disait que ton histoire était très liée à celle du PSG puisque tu l'as connu comme joueur, entraîneur. Qu'est-ce que ça représentait le PSG pour toi à cette époque ?
- Speaker #1
Tu sais quand tu commences, quand t'es jeune, tu es dans un club et à l'époque on était censé faire des essais. Tu commences par en faire un à Avignon où t'es pas pris, j'en fais un deuxième du côté de Nancy. Et du côté de Nancy, ils étaient favorables à ce que je signe à Nancy, que je reste à Nancy, mais j'étais étranger. À l'époque, pour te faire un signe... Ah,
- Speaker #0
ils avaient deux max ? C'était deux max étrangers ?
- Speaker #1
C'était deux étrangers maximum, que ce soit dans les catégories aspirants, stagiaires et professionnels, il ne te fallait en avoir que deux. Il y avait un quota quoi. Ça n'a pas pu se faire et puis voilà, quand je fais l'essai au Paris Saint-Marc, au Paris Saint-Marc ils me font signer. Et d'ailleurs quand je commence contre Nancy, mon premier match où j'obtiens un pénalty, après on le gagne et puis à la fin du match ils ont porté des réserves me concernant Nancy parce que Nancy se posait des questions en se disant nous on le souhaitait, on le voulait et comment cela se fait-il que le PSG a pu le faire signer et battre ? Tu sais pourquoi ? Parce que j'ai signé une licence amateur étrangère et tu pouvais avoir autant de joueurs étrangers en licence amateur mais sur le terrain ou dans les... Sur le terrain, il n'en fallait que deux. J'étais avec Carlos Bianchi qui avait marqué le pénalty. C'est comme ça que j'ai pu signer au PSG. Après, j'ai obtenu ma naturalisation pour être aspirant, stagiaire et devenir professionnel plus tard.
- Speaker #0
Est-ce que le PSG d'aujourd'hui, tu le trouves encore quelque chose de commun avec celui que tu as connu ?
- Speaker #1
Ce que j'aime dans ce PSG-là, c'est que quand j'ai eu l'occasion de côtoyer ces joueurs que j'ai en rentrant dans cette équipe du Paris-Roumen, il y avait un bon état d'esprit. Il y avait un collectif qui s'entendait bien. Et c'est là que je vois celui d'aujourd'hui. C'est ce qui me fait plaisir à voir. Quand on les voit jouer...
- Speaker #0
Tu retrouves...
- Speaker #1
Oui, ça se retrouve. Parce qu'il n'y a pas de stars.
- Speaker #0
J'ai l'impression que ça marche mieux quand il n'y a pas de gros stars. Parce qu'à l'époque où tu avais Messi, Mbappé et compagnie... Ce n'est pas les gros stars qui font le succès en fait.
- Speaker #1
Non mais il y en a des stars. Mais après c'est... Quand on a le collectif qu'on a aujourd'hui du côté du Paris Saint-Main, c'est que tout le monde adhère, tout le monde joue, tout le monde court, tout le monde participe, tout le monde obtient. C'est en faisant un pressing, en récupérant des ballons, puis après chacun sait dans quelle position on doit jouer sur le terrain. Et puis quand tu les vois, ils sont tous en train de se déplacer, tous ils sont en train de tenter et de réussir. Maintenant c'est le collectif, la star c'est le collectif, il n'y a pas de star, ils sont tous ensemble. Ce collectif-là fonctionne bien parce qu'il y a un entraîneur qui a une certaine exigence en imposant son style, ce qu'il souhaite voir sur le terrain. Ça se met en place. Ensuite, un directeur sportif avec l'entraîneur qui s'entend remarquablement bien. Et puis ensuite, le président d'ACR qui est là et qui fait son travail. Et puis on sent que les trois sont main dans la main pour réussir. Et puis, au regard de la consécration de la saison dernière, c'est que Ousmane Dembélé est devenu ballon d'or. C'est magnifique, c'est superbe, c'est la récompense. C'est Ousmane Dembélé. récompense un peu tout ce travail qui a été mis en place par l'entraîneur et ses adjoints. Et puis après, tu as aussi tes supporters, tu as des supporters qui viennent, qui sont nombreux, qui se déplacent, qui encouragent leur équipe, qui sont là. D'ailleurs, on sent qu'il y a vraiment une vraie communion entre les uns et les autres et ça se palpe sur le terrain avec cette équipe du Paris Saint-Germain.
- Speaker #0
Alors toi, tu as connu le sacre avec Paris, avec la Coupe des Coupes en 96. Qu'est-ce que tu en retiens ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'en retiens ? Que du bonheur, que du plaisir. Pour obtenir un titre de gagner une coupe, c'est que le groupe que j'ai eu l'occasion de mettre en place pour cette finale a répondu à mes attentes. Et puis ça n'a pas été un match facile, c'était le rapide de Vienne. On pensait que ça allait être une formalité et ça n'a pas été une formalité parce que ces joueurs autrichiens ont été vraiment durs à battre. Mais bon après c'est le parcours en éliminant le Deportivo de la Corée en demi-finale et Parme aussi qui était... Une de ces grandes équipes italiennes et espagnoles, c'est-à-dire que ce groupe-là, avec des garçons comme Djorkaeff, comme Yuri, Bruno et N'Gothi, c'est des garçons qui ont répondu à mes attentes et ça m'a fait plaisir de la gagner, de la ramener. Après, ça a été vraiment la grande joie pour les supporters, parce que les supporters se sont déplacés en nombre et nous ont bien reçu aussi. La montée des Champs-Elysées, c'est que des bons souvenirs que je garde de cette finale de Côte d'Ivoire. C'est une belle équipe. Oui, c'est une belle équipe.
- Speaker #0
Et tu en as certains qui sont devenus champions du monde 98 de ce collectif ? Je pense à Youri.
- Speaker #1
Youri, oui. Youri a été ce garçon qui est passé par le Paris-Irlandais. Il n'est resté que seulement un an. Il est parti après la Coupe d'Europe. Mais voilà, Youri aussi fait partie de ce garçon qui est arrivé, qui dans cette saison-là a été formidable avec son style, son jeu, et puis voilà, cette qualité qu'il avait en lui.
- Speaker #0
Et à l'heure où Paris se retrouve en finale... pour cette deuxième finale avec potentiellement une deuxième coupe. En tant qu'ancien joueur, ancien entraîneur, qu'est-ce que tu ressens ?
- Speaker #1
Je ressens de la fierté, de la joie. Puis quand ce club aujourd'hui obtient ce qu'il obtient, c'est qu'il y a eu vraiment un gros changement et ce changement est en train de porter ses fruits en ayant déjà gagné une Coupe d'Europe et en allant peut-être... En étant sur le chemin peut-être d'une deuxième, il ne faut pas non plus trop se précipiter en pensant que ça va être facile, parce que ça ne sera pas facile. Il y aura un adversaire et deux tailles. Et puis voilà, dans cet adversaire, il y a deux anciens joueurs qui ont déjà entraîné. Un, c'est l'entraîneur, c'est Arteta. Et le deuxième, c'est Gabriel Enze, qui est aussi son adjoint. C'est pour ça que dans cette finale, ces deux garçons... C'est solide. C'est solide. Et puis en même temps, ils ont quand même acquis un titre de champion d'Angleterre. Ce n'est pas rien, ils l'ont fait, ils l'ont réalisé, c'est par le travail, les connaissants, je pense que ces deux garçons qui ont vraiment Arteta et Enzo auront une volonté, une envie de faire quelque chose, de réaliser un exploit en gagnant cette Ligue des Champions, mais ce Paris Saint-Germain là...
- Speaker #0
Ils sont déterminés quoi.
- Speaker #1
Oui ils sont déterminés, mais le Paris Saint-Germain aussi a vraiment les qualités, le potentiel encore en récupérant et en se remettant sur le terrain et en rejouant, comme ils ont eu l'occasion de le faire ces derniers temps. C'est une bonne équipe, une très bonne équipe du Paris Saint-Marc. J'aime beaucoup ce style, j'aime beaucoup ce jeu que le PSG évolue en ce moment à l'heure actuelle.
- Speaker #0
Et à ton avis, qu'est-ce qui fera la différence ? Est-ce que c'est l'expérience ? La gestion un peu émotionnelle ? Le talent ?
- Speaker #1
Il y a du talent, il y en a des deux côtés. Il y a aussi un club anglais qui est Arsenal. Arsenal, c'est être champion du championnat anglais. Ce n'est pas si évident que cela, parce que c'est un championnat qui est dur, qui est difficile. Quand on voit tous ces stades anglais pleins, avec ces ambiances, aussi J'ai vu un match bas en mousse contre Manchester City, j'ai beaucoup aimé cette équipe de bas en mousse. Alors c'est pour te dire que ce championnat anglais est quand même suffisamment assez relevé. Et cette équipe d'Arsenal, pour faire la saison qu'ils ont eu l'occasion de faire, et puis ils vont arriver sur une dynamique positive. S'ils auraient été battus sur le fil par City, ils auraient certainement mort à la honte psychologiquement.
- Speaker #0
Le capital confiance il prend un coup ?
- Speaker #1
Là non Là ils sont sur une bonne dynamique Ils peuvent même se reposer Pendant 15 jours pour préparer cette finale Non mais cette équipe D'Arsenal Ce ne sera pas facile à jouer Maintenant ils ont des qualités Bon bah le PSG a aussi des qualités Chaque équipe tu sais Quand on regarde les uns et les autres On fait assez souvent On dit les forces et les faiblesses Dans chaque équipe, que ce soit au PSG ou au Arsenal, il y a les points forts et les points faibles. Et puis voilà, on fera des études de part et d'autre, comment jouer contre le PSG pour l'empêcher de jouer de la meilleure des façons.
- Speaker #0
Je crois que Lucien Riquel est en train de regarder tous les matchs d'Arsenal à l'heure où on se parle. L'étude est là, il y a une bonne étude des deux côtés.
- Speaker #1
Je crois qu'il est dessus là. Ils se connaissent bien, ne vous inquiétez pas, ils se regardent. De toute façon, quel est l'entraîneur qui nous regarde ? pas un championnat que ce soit champion espagnol anglais ou allemand les regards de tous les matches quand on a une petite opportunité on essaie de regarder après quand on sait qu'on a un tel adversaire regardez quand on a joué le bayern on en avait peur puis ça va rester comme étant le des plus beaux matchs de vivre entre le bayern pg le match allait de 5 4 c'est remarquable voilà on a aimé ce match là parce que et lui de la qualité la qualité du jeu la qualité des de la finition après Il y avait du potentiel de part et d'autre. Mais voilà, c'est des matchs comme ça qu'on a envie de revivre. Maintenant, si on a une finale, on va dire 5-5, après ça va au pénalty, ce serait encore formidable. Ce serait magnifique d'assister à ce genre d'événement.
- Speaker #0
Je ne sais pas si notre cœur va tenir jusque-là, mais bon.
- Speaker #1
On va essayer.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, Paris, c'est devenu un grande Europe maintenant ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Pas que dans les moyens, mais même dans la culture.
- Speaker #1
Non, mais c'est... Bon, ils ont eu...
- Speaker #0
Parce qu'avant, on leur faisait un peu le reproche d'avoir beaucoup de moyens, mais pas beaucoup d'âme, tu vois.
- Speaker #1
Mais là, ça y est, ils ont... Ils sont rentrés dans le cœur déjà en France, tu sais, on disait dans une période où le Paris Saint-Germain, on était un peu divisé. Là maintenant c'est fini, le PSG est apprécié. Apprécié car il montre sur le terrain des qualités que celles que l'on aime voir sur un terrain. Et c'est un club qui est en train de rentrer dans le cœur des Français. Dans le cœur des Français c'est quand on les voit jouer, quand on les voit évoluer, quand on les voit participer, quand on les voit réaliser ce qu'ils réalisent sur un terrain. C'est très apprécié, c'est très aimé. C'est pour ça que le PSG, même maintenant, on dit que c'est la meilleure équipe européenne. C'est la meilleure équipe d'Europe. C'est un statut, mais pour le maintenir, pour le garder, il faut encore obtenir des victoires. Une prochaine Coupe d'Europe, s'il la gagne, ce serait quelque chose de formidable.
- Speaker #0
Ce serait dingue. Et le football, comme tu sais, ce n'est pas que sur le terrain, c'est aussi dans le vestiaire. C'est manager des égaux. Faire que tout se passe bien et que l'entente du collectif soit au rendez-vous, que ce soit une bonne ambiance collective. Qu'est-ce qui, à ton avis, détruit un vestiaire ? Bon, à part les bagarres entre coéquipiers qui se tient au vol. Oui,
- Speaker #1
il y a eu des bagarres dernièrement.
- Speaker #0
Ah oui, non, mais qu'est-ce qui peut détruire vraiment un vestiaire, à ton avis ?
- Speaker #1
Ce qui peut le détruire, c'est que, bon, c'est que, quand on commence à jouer, quand on commence à démarrer, commencer une saison si l'entraîneur euh Comme on dit, ne regarde que seulement 11 éléments, ou 12, les autres vont commencer à ne pas trop aimer ceux-là. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent aussi se sentir importants, ils veulent aussi participer, et si tu leur... Tu leur empêches, si tu les empêches d'intégrer ou d'entrer, ça crée des... Des tensions, oui. Oui, parce que, tu sais, ils ne sont pas que 11, il y a un groupe, c'est 25, 24... C'est tout un staff. C'est un staff, après t'as le staff médical, t'as le staff sportif... Oui, t'as les coulisses un peu... C'est à l'intérieur, puis ça crée aujourd'hui... Beaucoup d'entre eux, certains, quand ils ne jouent pas, ne sont pas contents, quand ils n'acceptent pas les décisions de l'entraîneur, ne sont pas heureux. Après, on ne peut pas savoir au quotidien ce qui peut éventuellement se passer, mais ce qu'il faut, c'est que, pour que, moi j'ai toujours dit, qu'il y ait une bonne entente, une bonne relation, il faut essayer d'unir ou d'être ensemble. De fédérer autour d'un projet. Moi j'ai un souvenir en tant qu'entraîneur du côté de Bilbao, Après les matchs, on allait manger... Tous ensemble avec nos femmes, et ça crée des liens, ça crée des relations, on apprend à se connaître, on apprend à être ensemble, on apprend à être accepté, c'est comme ça qu'on arrive à unir un groupe. Ça crée du lien. Quand j'ai fait la montée avec l'ISCAN, j'ai commencé en tant qu'entraîneur, j'ai essayé de faire en sorte d'être plus souvent avec les remplaçants qu'avec les titulaires. Pourquoi ? Parce que les titulaires sont heureux, les remplaçants sont tristes. Tu vas avec tes remplaçants, tu restes avec eux, tu échanges avec eux, tu parles avec eux. Il faut éviter que ça soit cloisonné. Il faut éviter. Il faut que tout de suite tu crées un groupe. Et ce groupe qu'a mis en place Cloussé-Riquier, on le sent quand il fait ses changements. Quand Marquinhos, capitaine, il est remplaçant. Dembélé l'était remplaçant, ils ont été remplaçants. Alors ils l'acceptent, ils sont contents. Pourquoi ? Parce que ça permet à leurs coéquipiers de pouvoir jouer. Et puis ça crée que même celui qui rentre à la place... Et ça évite des frustrations. Voilà, c'est comme ça. Et après,
- Speaker #0
il peut y avoir aussi du ressentiment par rapport à celui qui joue et celui qui reste sur le banc, etc. Là, au PSG, non,
- Speaker #1
ça n'existe pas. Ils ne l'ont pas, ça. Eh bien, ça, c'est une bonne chose, oui. Ça, c'est... On va dire qu'en plus de ce que le PSG a aussi, ils ont un outil de travail, c'est le centre d'entraînement qui est à Poissy. J'ai eu l'occasion de faire l'inauguration. Je peux te dire que c'est un outil de travail formidable pour les jeunes, pour les féminines et pour les grands. Ils ont des salles de travail, ils ont des salles, des terrains remarquablement bien entretenus. ils ont des des vestiaires, tout est réuni pour qu'ils puissent arriver. T'as la restauration, ils peuvent même rester pour dormir. Tout est pensé. C'est ce qu'il fallait. Ils l'ont. Ils ont investi et ça commence à payer. Oui, mais ça aide, ça oser. Tu peux créer des liens. Ça crée des liens entre les uns et les autres. Ils se voient plus souvent. C'est un campus. Voilà, c'est un campus. Le campus de Poissillot.
- Speaker #0
Et à quel moment, pour toi, un entraîneur peut perdre son autorité face à ses joueurs ? Dans le vestiaire, justement.
- Speaker #1
Quand les défaites s'enchaînent. Quand les défaites, quand les résultats ne sont pas... Quand t'es pas au résultat. Bah ouais, quand les résultats ne commencent pas à être présents, bah ça peut créer des... Pertes de confiance. Oui, pertes de confiance. Voilà, ça crée des petits malaises, ça crée ceux qui jouent, qui ne jouent pas, et puis après, voilà, ça peut vite partir. Il faut que les résultats se suivent, il faut que les résultats soient présents. Si les résultats sont présents... T'as la confiance. C'est un bon accompagnement pour tout le monde. Tout le monde est parfaitement bien, heureux et content d'être dans une équipe qui joue et qui... Ouais,
- Speaker #0
donc quand tout va bien...
- Speaker #1
Voilà, là, y'a pas de problème.
- Speaker #0
T'as la confiance.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, le rapport... Est-ce que l'argent change le rapport des joueurs à l'autorité ?
- Speaker #1
Non, ça...
- Speaker #0
Parce que le foot, c'est un des rares univers où t'as ton manager qui peut gagner moins que toi.
- Speaker #1
Ça, je ne sais pas. Aujourd'hui, je ne sais pas, je ne connais pas. Les joueurs,
- Speaker #0
en général, ils sont mieux payés que...
- Speaker #1
Ils sont bien, après, que l'entraîneur.
- Speaker #0
Ouais, en général.
- Speaker #1
Je ne sais pas, j'ai pas... Peut-être, ça peut... Mais j'ai pas été sur ce terrain-là. Je n'aime pas, ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est de regarder le fonctionnement d'une équipe, de les voir jouer, d'être heureux, de les voir pratiquer un bon football, de les voir avoir un bon état d'esprit. Il n'y a que ça qui me passionne. Après, les intérêts...
- Speaker #0
Mais ça n'ennuie pas à l'autorité ?
- Speaker #1
Parfois, ça peut créer des problèmes dans un groupe. Mais bon, ça, on ne le sait pas.
- Speaker #0
Ce n'est pas ta mentalité ? Non,
- Speaker #1
ce n'est pas ça. Je n'irai pas sur ce terrain parce que c'est pendant le PSG que j'ai eu l'occasion de jouer. Je ne gagnais pas beaucoup. Je m'en foutais complètement parce que j'étais déjà heureux de pouvoir porter un maillot, de pouvoir jouer en professionnel, dans une équipe professionnelle comme PG. Tu t'occupes pas de ça, tu t'occupes de jouer, c'est ça le plus important pour toi.
- Speaker #0
Et pour toi, qui détient le pouvoir ? Est-ce que c'est l'entraîneur, les joueurs, les agents, les dirigeants du club ? Le pouvoir,
- Speaker #1
normalement, c'est l'entraîneur qui doit l'avoir, avec son directeur sportif et avec son président. Et puis après, il faut éviter de se tromper le moins possible. Dans une gestion sportive, il faut qu'il y ait un accord. On puisse être ensemble autour d'une table, assis ensemble, discuter ensemble, de savoir ce qui manque, ce qu'on peut changer, où est-ce qu'il faut changer un poste, trouver un élément. Et puis que le président, l'entraîneur, le directeur sportif, soit les trois, l'entraîneur demande, souhaite. Après, c'est l'entraîneur qui est le responsable. Si la gestion sportive est saine, si la gestion sportive est bonne, c'est comme à l'heure actuelle du côté de BG. C'est un bel exemple. Tu as le RC Lens qui est le deuxième, qui a une gestion magnifique, que ce soit administrative, financière. Ça se ressent dans les résultats ? Ça se ressent. Et puis après, il y a l'accompagnement dans les stades, les supporters sont là. C'est des clubs qui ont un bon fonctionnement. Voilà, c'est tout.
- Speaker #0
Pendant ta carrière, tu as eu l'occasion de gérer un peu des joueurs hors normes, style Ronaldinho au PSG. Donc, la question c'est, est-ce que c'était compliqué ?
- Speaker #1
Non, c'est pas compliqué. Après c'est...
- Speaker #0
Avec le recul ?
- Speaker #1
Tu sais, quand t'as eu l'occasion, j'ai eu l'occasion de jouer avec des grands joueurs à mes côtés, que ce soit avec Dalèbe ou avec Susik ou avec les Platinis, tous ces grands joueurs que j'ai eu l'occasion de côtoyer. Tu sais, c'est de penser avant tout au collectif. Quand tu me cites un nom, c'est Ronaldinho, j'ai entraîné ces OEA, tu sais où il y en a et Jean-Joël est quand même devenu ballon d'or d'ailleurs et Ronaldinho aussi il est devenu ballon d'or plus tard mais quand tu commences avec Ronaldinho pour être le seul si on veut vraiment faire état de ce personnage que j'aime beaucoup, que j'ai beaucoup aimé en tant que joueur la première année quand il est arrivé. C'est un génie le mec. C'est un génie, c'est un génie qu'on a eu l'occasion d'avoir au Paris Saint-Germain.
- Speaker #0
Très fort.
- Speaker #1
Et bien la première année il remplissait toutes les cases, il était là le premier. Oui, c'est ça. Mais parce qu'apparemment, il était mieux cadré par son entourage à ce moment-là. Non, il était jeune. Il avait 18 ans, 19 ans. Et quand il arrive, il faut s'en occuper, il faut le voir. Il découvre le monde aussi. Il arrive au centre d'entraînement du Paris Saint-Germain. Et puis la première année, même l'entraîneur du Brésil est venu nous féliciter. Parce que dans cette année-là, il va faire une Coupe du Monde qu'il va gagner. Alors tu sais, quand tu reviens de cette Coupe du Monde... Oui, c'était 2002. Il faut avoir une certaine reconnaissance vis-à-vis de tes coéquipiers, parce que tes coéquipiers t'ont aidé pour que tu puisses être champion du monde. Il faut avoir une reconnaissance vis-à-vis du staff médical ou staff technique. Et puis il faut avoir aussi une reconnaissance vis-à-vis des supporters qui étaient là, qui étaient présents. La deuxième année, tu citais l'entourage, l'entourage, ils l'ont laissé tout seul. Tu sais, tout seul, c'est maman avec son frère, ses soeurs, ils sont repartis au Brésil, ils sont restés tout seuls. Et puis le président... Ce président, au lieu d'être un peu en regardant et en recadrant, il ne recadrait rien. Rien d'aujourd'hui entre Louis Sérichet, Campos et Nasser. Tu sais, quand ils ont dû prendre la décision de laisser partir Mbappé, on a vu ce qu'il s'est donné derrière. Tu sais, s'il restait là Mbappé, il aurait dû jouer sous certaines conditions que l'entraîneur allait te demander. Mais est-ce qu'il avait les conditions pour pouvoir les remplir ? Peut-être que Louis Sérichet veut que ses attaquants comme Dembélé fassent du pressing sur les adversaires. qui soit une des belles et remarquables. Et des Varaskelia ou Doué ou Barcola font ce que l'entraîneur leur demande, c'est du pressing pour harceler un adversaire. Peut-être qu'Embapé ne remplissait pas cette case. Peut-être qu'Embapé, moi j'adore Embapé, c'est un très très bon joueur, il l'a encore marqué. Mais quand tu as un Ronaldinho qui l'année d'après il s'en va, 2 ans. Il va au Barça, il redevient, il gagne un titre de ballon d'or, et après c'est fini. Il aurait pu en avoir 10 de ballon d'or. Ronaldinho c'est le plus grand, un des plus grands. C'est un joueur exceptionnel qu'il était quand il est arrivé. Moi, c'était pas à moi de régler le problème, c'était au président qui était là, mais qui n'a pas su le faire. Tu sais, l'entraîneur, il entraîne les joueurs. Tu me dis, tu sais que Luis Enrique, il entraîne les joueurs, et puis après s'il y a un problème, il va dire à son directeur sportif, à son président, est-ce que tu peux me régler ce problème ? Moi, quand j'ai eu ce problème-là, je n'ai pas pu le régler parce que je n'avais personne pour me le régler. C'est pour ça que tous ces personnes qui, à chaque fois, disaient qu'il était remplacé en un an, ce n'était pas celui qui me demandait de le faire sortir en cours de match. Et puis le président, il l'a soutenu, il le soutenait. C'est pour ça que ce n'était pas sympa de sa part à cette époque-là. Il aurait dû prendre les bonnes dispositions, ça n'a pas été le cas. Mais bon, c'est comme ça. Ça ne m'a pas empêché, quand j'étais à l'athlétique de Bilbao pendant quatre ans, de faire des choses remarquables et d'être... Et puis avec Alaskan aussi, c'est un cœur qui me tient à cœur. Dans ces endroits-là, j'ai montré que j'avais la possibilité, en étant bien accompagné, pour pouvoir réussir dans les missions dans lesquelles on m'a toujours donné, même de sauver l'Espagnol de Barcelone ou le Betis de Séville. Contrairement, j'étais peut-être pas le meilleur, mais je n'étais pas non plus mauvais. Quand tu es entraîneur, il te faut être bien accompagné. Puis après, il faut aussi que ceux qui sont en haut...
- Speaker #0
Que toute la...
- Speaker #1
Ben oui ! C'est le bon fonctionnement d'un club. Si tout le monde est main dans la main, après les joueurs, ils le voient et disent « Oh là, ici l'entraîneur est avec le président, avec les aérosportifs, il faut faire très attention. »
- Speaker #0
Et s'il y avait quelque chose à refaire, tu ferais la même chose ? Tu traiterais le cas Ronaldinho de la même manière ?
- Speaker #1
Pareil, c'est comme fait le Seriki, quand il entraîne, c'est comme ça qu'on doit être. Et puis comme l'a fait M. Pep Guardiola, quand des entraîneurs restent 8 ans, Que ce soit Jurgen Klopp ou M. Pep Guardiola ou Arteta qui est depuis qu'il est là, ils finissent par obtenir parce que quand tu vois leurs équipes, leurs styles, le jeu, ils finissent par être récompensés. Pourquoi ils sont récompensés ? Moi aussi j'aurais bien aimé rester le plus longtemps possible. Mais il faut être bien accompagné, il faut avoir là-haut un directeur sportif, ils n'en avaient pas l'occasion. Un petit soutien. Un soutien, mais ça, ça n'a pas été le cas.
- Speaker #0
Est-ce que parfois il faut accepter de ne pas être aimé pour protéger le groupe ?
- Speaker #1
De ne pas être aimé ?
- Speaker #0
Dans tes décisions, dans tes choix ?
- Speaker #1
Non, quand tu prends des décisions, tu les prends en ton âme et conscience et tu essaies d'être le plus juste possible. Il ne faut pas que tu cherches à...
- Speaker #0
Il ne faut pas que l'affecte en ligne de compte ?
- Speaker #1
Non, il ne faut pas que... Tu sais, il faut que tu regardes... Quand tu prends... Pour prendre une décision, il faut qu'elle soit saine, il faut qu'elle soit juste. Il faut que tu sois bien avec ta conscience ensuite. Tu n'as pas fait ça en se tenant compte d'eux, non. Tu ne tiens pas compte d'eux, d'éléments qui peuvent être tellement de l'extérieur, des voix que tu entends en disant, il vaut mieux lui que lui. Non, non, ça c'est toi qui prends la décision. C'est toi qui dois assumer tes décisions.
- Speaker #0
Je voulais revenir sur un épisode marquant qui remonte au niveau de l'actualité. C'est l'épisode de 2010 à Naïsna. Tu sais, j'ai regardé le documentaire sur Netflix et on voit que la fédération a été totalement dépassée, ils ont exclu un joueur que tu connais, Nicolas Anelka, qui a, à mon sens, ça n'engage que moi, mais qui a sûrement servi de fusible dans l'histoire, parce que quand on a besoin d'un coupable, c'est plus facile de mettre ça sur une seule personne. On a un sélectionneur qui était totalement contesté, en fait. Il avait déjà entamé sa crédibilité précédemment avec l'Euro juste avant. Et quand on repense à Naïsna, qu'est-ce qui te frappe le plus ? Parce que ça c'est à mon sens un des plus gros scandales.
- Speaker #1
Déjà les images quand on voit avant de commencer la séance d'entraînement, on sentait qu'il y avait...
- Speaker #0
Il se passait un truc.
- Speaker #1
Il se passait un truc parce que tu as le préparateur physique de l'époque qui en vient presque avec...
- Speaker #0
Lui, il a carrément pété les plombs.
- Speaker #1
En discutant avec Patrice Hédra ou avec Dominique. Puis après, tout le monde remonte dans le bus et que l'entraîneur Raymond Dominique descend pour lire un communiqué. qui a été écrit par les joueurs. En tant qu'entraîneur, je n'aurais jamais accepté de descendre. Non, je serais resté dans le bus, je serais resté assis. Parce que du coup,
- Speaker #0
lui, il se fait porte-parole de la révolte de ses propres joueurs en fait.
- Speaker #1
C'était à lui de passer la main au capitaine ou à celui qui était censé même y attirer Henri.
- Speaker #0
Celui qui mène l'action en fait.
- Speaker #1
Non, mais le problème c'est de passer le communiqué à un de ses éléments et qu'ils aillent lire le communiqué pour voir les raisons pourquoi aujourd'hui on ne s'entraîne pas. pas, on n'a pas envie de s'entraîner, on n'a pas envie de participer. C'est à eux d'assumer. C'est leur initiative,
- Speaker #0
donc à eux d'assumer après ?
- Speaker #1
C'est pas à l'entraîneur de le faire. C'est pour ça que, sur ce genre de situation... Toi, t'aurais jamais lu le texte ? Ah non, jamais.
- Speaker #0
Et est-ce que, à Nelka, pour toi, c'était le coupable idéal dans cette affaire ?
- Speaker #1
Non, faut pas viser Nico, parce que Nicolas et Nelka avec ses qualités, comme chacun d'entre nous, on a nos qualités, on a aussi nos défauts. Et puis, dans un groupe, ça... Ce qui a été écrit, non, je ne crois pas. Je ne pense pas qu'il y ait...
- Speaker #0
Mais c'est fou qu'il ait été diffamé comme ça, c'est de la diffamation en fait. Non,
- Speaker #1
ce n'est pas beau, parce que je ne le vois pas dire à un entraîneur ce qui est le propos qui a été tenu, non, je ne le vois pas.
- Speaker #0
Mais pourquoi personne n'a démenti à ce moment-là ? Pourquoi personne n'a clairement démenti ?
- Speaker #1
Si, il a démenti, il n'a pas accepté. Oui, non,
- Speaker #0
mais lui il a démenti, mais personne n'a pris entre guillemets sa défense pour dire qu'il n'avait jamais dit ça.
- Speaker #1
Après, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé, on ne peut pas s'avancer. Moi, je l'ai eu comme joueur, non, jamais. C'est quelqu'un que, même dans une période, on ne peut pas se permettre de dire ça à un être humain, à un coéquipier. Dans un cadre comme ça, c'est impossible. Après, qu'il soit déçu, qu'il se croise, qu'est-ce que tu me reproches, qu'est-ce que tu veux dire. Oui, c'est investir. C'est investir, voilà, c'est comme ça, c'est reproche, qu'est-ce que j'ai fait de mal, qu'est-ce que j'ai pris, j'aurais dû tirer, non, j'ai pas passé. Bon, c'est comme ça, c'est des discussions, c'est des échanges. Un peu vie sur le moment, voilà. Un peu vie sur le moment, après, c'est fini, stop. Après,
- Speaker #0
tu passes à autre chose.
- Speaker #1
Pas de... de viser une personne dans ce registre-là, non, hors de question.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que Raymond Domenech avait encore de l'autorité à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Après, c'est les résultats qui n'étaient peut-être pas à la hauteur. C'est ça aussi, tu sors d'un match perdu ou de deux matchs perdus, tu arrives, c'est tendu, c'est crispant.
- Speaker #0
Comme tu disais, les résultats ne sont pas là, la confiance non plus. Tout est parti dans la nature.
- Speaker #1
Il ne faut pas chercher à comprendre. Et revenir 16 ans après, c'est quand même un peu compliqué de savoir ce qui s'est réellement passé. Tout ce qui a été dit, tout ce qui a été fait. Mais bon, on a des images. Moi, les images qui m'interpellent, c'est celles de...
- Speaker #0
Le moment où le préparateur physique, il craque sur le terrain.
- Speaker #1
Voilà. Et puis après,
- Speaker #0
que l'autre démissionne.
- Speaker #1
Et que Raymond Domenech vienne lire le communiqué. Oui, ça peut quand même...
- Speaker #0
Et que tu as carrément la ministre Bachelot qui débarque en mode gestion de crise.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ils auraient dû appeler un mec du GIGN pour négocier, je pense qu'il aurait été mieux.
- Speaker #1
Non, je pense pas. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Mais peut-être qu'ils auraient dû faire appel à un médiateur. Il n'y a pas un... Non,
- Speaker #1
mais là, quand il y a une crispe comme ça... Nous ne cherchons pas. Ce qu'il y a, c'est qu'ils se sont fait... Pour une autre dialogue ? Dans la précipitation, on ne se rend pas compte qu'on est observé, on est regardé. Et là, tu es dans une compétition qui est la Coupe du Monde. Chaque entraînement... Vendovision, ouais. Chaque entraînement est regardé. Et on observe la performance des uns et des autres. On regarde, on essaie de voir la veille d'un match, quelle est l'équipe que l'entraîneur est en train de mettre en place, d'avoir toutes les informations pour essayer d'anticiper. Les médias, chacun veut ses infos. Chacun veut être le premier. Chacun veut obtenir. Chacun, bon, tous les moyens sont bons, c'est tout. C'est comme ça que ça se passe en général quand on est dans une compétition.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais aimé être sélectionneur de l'équipe de France ? Ah ça c'est fou ! Tu t'es pas proposé, c'est dingue ça !
- Speaker #1
Non j'avais postulé pendant une période, j'avais fait une demande, elle n'a pas été reçue favorablement.
- Speaker #0
Mais toi tu aurais pu, en fait comment t'as fait ? T'as demandé ?
- Speaker #1
J'ai demandé, tu sais quand t'as fait autant de sélections, quand t'as porté le maillot de l'équipe de France, tu sais, tu venais de gagner une Coupe d'Europe, en Espagne... Parce que t'étais légitime,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
En Espagne ils avaient fait quand même 4 bonnes saisons, après... Vous pouvez éventuellement demander, mais ils n'ont pas accepté.
- Speaker #0
C'est fou.
- Speaker #1
Même avec Tigana aussi, il aurait bien aimé être entraîneur de la équipe de France. Platini l'a été. Quand il était entraîneur, j'étais joueur. Platini, oui, il a eu une belle carrière. En 92, j'ai fini ma carrière avec lui en tant que sélectionneur. Dans ce championnat d'Europe, on n'est pas passé. On est arrivé en étant un vaincu, mais après on a complètement loupé cette compétition-là.
- Speaker #0
Et c'est quoi le plus grand regret de ta carrière ?
- Speaker #1
Le plus grand ? Non, j'en ai pas.
- Speaker #0
C'est vrai ? Aucun regret ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Si c'était à refaire, tu fais pareil ?
- Speaker #1
Ouais, je recommencerais pareil. Je repartirais de la même façon.
- Speaker #0
À part peut-être cet épisode où tu aurais bien aimé être sélectionneur de l'équipe de France ?
- Speaker #1
Oui, sélectionneur, ça m'aurait fait plaisir.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que le prochain sélectionneur, ce sera Zizou ?
- Speaker #1
Oui, je pense que ça, on se dirige tout droit vers ce nouveau sélectionneur qui sera certainement Zinedine. Que toi,
- Speaker #0
tu as connu très tôt dans sa carrière ? Oui,
- Speaker #1
je l'ai connu à ses débuts, quand il a démarré, quand il a commencé. Il était remarquable, il était avec une attitude comme celle que j'ai toujours aimée d'un garçon. Ce que je dirais toujours, c'est qu'il avait des parents aussi formidables. C'est l'éducation, tu penses ? Oui, c'est l'éducation de ses parents. Et toujours, ses parents étaient là, ils ont été adorables, ils étaient fantastiques. Et puis lui aussi, il était dans un vestiaire, comme sur le terrain d'entraînement, toujours avec une motivation pour progresser, pour travailler. Puis après, ça s'est répercuté sur la suite de sa carrière. Il était formidable.
- Speaker #0
T'as pas été surpris de son...
- Speaker #1
Non, non, moi je n'étais pas surpris. Il était à mes côtés, je le voyais déjà faire des choses bien, magnifiques, de par sa technique, cette qualité qu'il avait en lui, joueur avec une certaine simplicité, qui jouait bien, qui était intelligent sur un terrain.
- Speaker #0
Quand tu l'as connu à Cannes, tu savais déjà qu'il allait faire une grande carrière ?
- Speaker #1
Oui, ça se voyait.
- Speaker #0
Ça se voyait déjà ? Oui, ça se voyait déjà. C'était quoi les signes ?
- Speaker #1
Quand tu vois les signes, c'est quand tu vois un jeune travailler, quand un jeune fait ce qu'on lui demande de faire, qui ne répond pas, qui reste toujours tranquille dans son coin, qui a ensuite... Sur le terrain, il faisait les efforts qu'il avait à faire et il les faisait bien. Puis c'est tout, il était toujours appliqué, il répondait aux attentes. Il voulait bien faire quoi. Oui, il voulait toujours bien faire, mais il l'a toujours bien fait, il a toujours bien réussi. Bravo à lui, je le félicite et je lui dis toujours quand je le vois, quand je le rencontre, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, que j'apprécie beaucoup par sa simplicité, son humilité. Puisqu'il a gagné au Real de Madrid, il le mérite amplement. C'est trois ligues des champions avec ce Real de Madrid. maintenant s'il arrive à être entraîneur de l'équipe de France On va lui souhaiter qu'il porte ses équipes de France comme Didier Deschamps l'a porté pendant les 12 ou 14 années qu'il était à la tête de l'équipe de France, en étant une fois champion du monde, une fois finaliste, et puis on va souhaiter à Didier qu'il la gagne encore cette année. Et puis voilà, c'est des garçons que je respecte amplement et que j'apprécie aussi.
- Speaker #0
Selon toi, quelle est la plus grande injustice du football français ?
- Speaker #1
Il y en a des injustices, c'est qu'on s'occupe... pas suffisamment assez du football amateur. Ils sont délaissés ? Ils sont délaissés, on n'a qu'à voir un peu ce qui se passe dans les bords de terrain, quand on voit les clubs amateurs, quand on les abandonne, quand on ne s'en occupe pas, quand on voit cette jeunesse, quand on voit que ces jeunes qui veulent aller, qui veulent réussir, il faut qu'ils aient aussi ces clubs amateurs, la possibilité de pouvoir bien, tu sais, être bien entouré. Puis, comme je dis assez souvent, Je le répète encore, c'est que dans chaque région de France, il y a des anciens. Des anciens qui peuvent aider le football amateur, qui peuvent aussi intégrer des ligues. On les a mis de côté. La culture en France, on ne l'a pas. On l'a en Espagne, on l'a en Angleterre, on l'a en Allemagne. Dans ces pays-là, on s'en occupe du football. On ne s'en occupe pas du football d'en haut, on s'occupe du football d'en bas. Et sur le football d'en bas, on met des structures en place, des infrastructures. on est des clubs où il y a Une certaine rigueur, discipline, où tout est bien fait pour que tout le monde puisse se retrouver et qu'on puisse voir du beau football. Et en France, on a complètement oublié et on n'a pas suffisamment assez mis l'accent et essayé de s'occuper aussi du football qui est en bas. Et puis tu sais, quand on remplit les stades, il faut savoir que ces gens qui viennent au stade, ils n'ont pas les mêmes moyens que ceux qui sont sur le terrain. Et ça, il ne faut pas... Oui,
- Speaker #0
ça reste un sport populaire.
- Speaker #1
C'est un sport populaire, il faut aussi le mettre en avant. Mais justement,
- Speaker #0
c'est la critique qu'on fait là pour la prochaine Coupe du Monde, où tout le monde te dit que tout est hors de prix, les billets sont hors de prix, et que du coup, ça ne sera pas une Coupe du Monde du peuple.
- Speaker #1
On attend avec impatience de la voir. Moi, j'étais content d'avoir pu participer, d'être sur place pendant cette Coupe du Monde au Qatar, que j'ai beaucoup apprécié par rapport à l'organisation, par rapport au stade, par rapport à l'ambiance. Des supporters qui sortaient dans un stade, du stade, et on les voyait d'un côté, tu avais peut-être de la déception, mais on sentait que c'était une ambiance que l'on aime voir. Et c'est vrai que celle qui va arriver avec cette Coupe du Monde aux Etats-Unis,
- Speaker #0
Etats-Unis,
- Speaker #1
Canada et Mexique, et le Mexique c'est trois pays, on espère qu'elle puisse se dérouler dans les meilleures dispositions, dans les meilleures conditions. On voyait du spectacle, on voyait des bons matchs, seulement moi je suis sur Beansport, on va la faire durant toute son intégralité, et c'est pour ça que je... Je souhaite qu'une seule chose, c'est que cette compétition fonctionne bien après maintenant. Donc toi tu seras consultant pendant la Coupe du Monde sur BIN,
- Speaker #0
on en profite pour en parler aussi de ton actualité par rapport à ça. Et justement là on a la liste des bleus qui a été annoncée.
- Speaker #1
Très belle, magnifique.
- Speaker #0
Elle est sympa la liste. Très bien,
- Speaker #1
on a quand même des garçons.
- Speaker #0
Petit clin d'œil pour Ryan Cherky qui amène un grand vent de fraîcheur dans cette équipe. Je trouve qu'il est très frais lui.
- Speaker #1
Cherky avec le City, Philippe Berne la saison avec City je dirais Michael Olizé aussi avec ce Bayern Ousmane Dembélé et puis Kylian Mbappé en espérant qu'il revienne en Ligue de France pour gagner cette Coupe du Monde parce que c'est vrai qu'avec le Real de Madrid il est un peu broudouille il a fait une belle saison quand même ça s'est un peu détérioré parce que le public le prend en grippe le public à Madrid c'est quand même une institution le Real de Madrid c'est un club qui a une histoire et c'est pour ça que ces années-temps ça n'était pas très très bien dans sa façon d'être et c'est vrai qu'à lui de se reprendre et puis voilà il va se reprendre avec l'équipe de France on l'a fait avec impatience.
- Speaker #0
Après il faut quand même se rappeler que Benzema aussi quand il a démarré au Real il n'avait pas tout de suite été Il faut que tu saches que
- Speaker #1
Karim Benzema c'est 15 saisons au Real de Madrid et 15 saisons où il finit par obtenir un ballon de doigt. Oui, mais au bout d'un certain nombre d'années. Oui, mais il le mérite amplement. Oui,
- Speaker #0
oui, tout à fait.
- Speaker #1
Pourquoi ? Parce que dans ce club qui était le Real de Madrid, c'est une institution. Il a souvent et toujours respecté l'institution. C'est pour cela qu'il sera toujours aimé du côté du Real de Madrid. On ne l'a jamais sifflé à Karim Benzema. On l'a toujours encouragé. Parce que même quand il jouait avec Cristiano Ronaldo, il a toujours su faire profil bas, faire ce qu'il avait à faire sur le terrain, le faire remarquablement bien. Et puis quand ces entraîneurs qui se sont succédés, peut-être qu'avec Moinho, à une période, il a été un peu mis sur le banc, mais il a accepté, il n'a rien dit. Il a eu des débuts difficiles, mais après il a fait sa place. Après sa place, il a fini par avoir cette fameuse récompense du Ballon d'Or. C'est comme ça que je le vois, que je le perçois, que Karim Benzema est sorti par la grande porte du Real de Madrid.
- Speaker #0
C'est qui la personne que tu aimes le plus dans le foot ?
- Speaker #1
J'en aime beaucoup et je ne peux pas tous les nommer. Allez, donne-nous un top 3. Je ne peux même pas donner un top 3 parce que je serais déçu pour les autres. C'est pour ça que je... C'est vrai ? Oui, parce que quand tu commences... Au moins un alors. Quand tu commences, personne n'a ma Pierre Alonso parce que c'était mon formateur qui m'a formé. En même temps, il m'a accompagné en tant qu'adjoint. Et comme adjoint, j'ai obtenu ce que j'ai obtenu. Et comme entraîneur que j'ai été, c'est aussi avec Pierre. Pierre Alonso, c'est... Ton formateur, c'est celui qui a cru en toi, qui t'a forgé, qui t'a... Il y a Boréli aussi qui a été marquant. Francis Boréli aussi, c'était mon président de l'ISCAN et du Paris Saint-Germain. Voilà, c'est... Michel Hidalgo pour l'équipe de France. Voilà, c'est des personnes qui seront toujours dans ma pensée. Puis après, il y a tous ceux qui ont joué, avec lesquels j'ai joué, ou que j'ai entraîné. Je ne vais pas faire de classement parce que...
- Speaker #0
Mais tu as bien eu un coup de cœur.
- Speaker #1
Un coup de cœur. Coup de cœur, c'est... Tu sais, l'équipe de France, j'ai un coup de cœur pour les Platini, pour les Giresse, pour les Boncice, pour Tigana, pour tous ceux que j'ai joués.
- Speaker #0
T'es toujours copain avec eux ?
- Speaker #1
Toujours. On n'a aucun problème. C'est une amitié qui dure. Ah oui, qui dure et qui va durer encore pendant des années, parce qu'on n'a jamais eu de problème dans un VCR ou avant ou après un match.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une personne à qui tu aurais envie de dire merci ? Amen.
- Speaker #1
J'ai étudié à Pierre Alonso. Tu lui dois beaucoup ? Oui, à Pierre Alonso, oui. Parce que c'est lui qui m'a formé, c'est lui qui m'a donné cette... Pour le football, il m'a apporté, dès le départ, il a donné. Après, il y a aussi un entraîneur qui nous a équité aussi, Pierre Sonam aussi, c'est Gérard Rouillet. Quand on a été champion de France avec le Paris Saint-Germain, le premier titre il y a 40 ans, on a fait la célébration il n'y a pas longtemps. C'est pour ça que c'est Gérard Rouillet aussi, c'est un entraîneur que... sur lesquels je me suis appuyé. Et puis après, il y a Johan Cruyff aussi, que j'admirais, que j'étais admiratif. Il y en a beaucoup. C'est des personnes pour lesquelles tu as toujours une pensée, j'aurais toujours des pensées pour eux.
- Speaker #0
Tant tu vas à la Coupe du Monde ou pas ?
- Speaker #1
Non, je reste sur Paris. Tu restes sur Paris ? Plateau,
- Speaker #0
Et la finale à Budapest ?
- Speaker #1
On verra si... Budapest, oui, je serai avec M6. Et tu connais les top ? Il n'a pas une petite place pour moi ? Les places sont dures à obtenir.
- Speaker #0
J'imagine. Même pour la Coupe du Monde, la finale, j'ai vu les places pour la finale à la Coupe du Monde. C'est à 5 chiffres.
- Speaker #1
C'est fou. C'est horrible. Il m'a dit merci. Je l'encourage pour la finale. Il joue une finale de la Ligue de Conférence. C'est un spécialiste. Il a déjà gagné 3 ou 4 fois, tu vois les entraîneurs espagnols en Angleterre, on trouve Naïm Ré, on trouve Arteta et Pep Guardiola. Et puis il y en a un autre aussi, encore un autre aussi.
- Speaker #0
C'est qui pour toi le meilleur entraîneur aujourd'hui ? En ce moment là ?
- Speaker #1
En ce moment c'est Louis Serriquet. C'est lui ? Oui bah oui. Il va rester à Paris ? Bah oui, parce qu'il a envoyé un message comme quoi il a dit Jurgen Klopp c'est 8 ans à Liverpool, Pep Guardiola c'est 7 ans, moi ça fait un an et demi, c'est-à-dire que je vais y rester. Il se sent bien à Paris ? Il se sent bien, il est heureux, il est content. Quand on le voit comme ça, il a entraîné la sélection espagnole et ça n'a pas suffisamment assez bien marché. Il a retrouvé peut-être un club comme le Paris Saint-Germain où il a pu se mettre en place, il a pu mettre son staff qui est là, qui est présent. Il est content, il est heureux avec les performances.
- Speaker #0
Et on sent que lui, il aime ses joueurs.
- Speaker #1
Oui, il les aime.
- Speaker #0
Écoute, un grand merci pour cet échange. Merci à toi,
- Speaker #1
c'est gentil.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'on peut te souhaiter là ?
- Speaker #1
de bien finir la... L'année avec la Coupe du Monde, d'après on verra bien.
- Speaker #0
Tu penses qu'on a nos chances ?
- Speaker #1
Oui, je pense qu'on est bien parti.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
On a l'équipe pour. Je pense que pour des chances, ce serait bien de...
- Speaker #0
De finir là-dessus ?
- Speaker #1
Finir là-dessus, voilà.
- Speaker #0
Oui, il mérite.
- Speaker #1
Oui, il mérite amplement. Je ne souhaiterais pas qu'on le critique parce qu'on ne peut pas critiquer ce personnage. Cet homme-là, ce qu'il a fait en tant qu'entraîneur de club et entraîneur de... Oui, c'est remarquable. C'est remarquable, voilà.
- Speaker #0
Louis, c'est un grand merci.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci, à bientôt.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
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