- Alban
C'est super intéressant parce que la dernière fois, on a aussi parlé de la notion d'identité. On pourra peut-être en parler là. Parce que moi, j'ai quand même, en ce moment, on parle de phase. Toi, tu disais, le début a été facile, faire la fête, rencontrer des gens. Et c'est peut-être après que c'est devenu plus difficile. Moi, j'ai un peu cette impression-là de fonder ta famille. Hop, tu te heurtes à peut-être d'autres difficultés. Tu veux évoluer un peu de ta carrière. Hop, d'autres difficultés. Est-ce que je suis norvégien ? Est-ce que je ne suis pas norvégien ? Est-ce qu'on me voit comme un norvégien ? Est-ce qu'on ne m'apprécie pas ? Et donc je trouve la vie vers l'extérieur. très agréable, très douce, pas de microagression, le respect, la propreté, mais parfois que la vie intérieure en tant qu'expatrié ou immigré peut être délicate.
- Céline
C'est un vrai paradoxe. En fait, tu as cette sorte de surface très accueillante. Et en fait, tu te heurtes à un vrai mur, un vrai mur d'intégration. Parce qu'il y a une vraie question d'intégration en Norvège. Et c'est une vraie question, ce n'est pas qu'en Norvège, c'est dans beaucoup d'endroits. C'est la question entre l'intégration ou l'assimilation. Moi, personnellement, je vote pour l'intégration. C'est quoi la différence ? L'assimilation, c'est quand tu dois devenir comme la personne locale pour être acceptée. En Norvège, est-ce que tu es Norvégien si tu ne fais pas de ski de fond ? Est-ce que tu es Norvégien si tu ne mets pas de mûrche tous les samedis ? Il y a une vraie question. Mais l'intégration, pourquoi ? Et en fait, ça touche un peu à ce que tu disais par rapport à l'école. L'avantage quand tu es immigré, moi je n'aime pas trop le terme expat. Parce que je trouve que c'est un peu snob, c'est un peu genre t'es invité. Moi, je suis une vraie immigrée, c'est-à-dire du même terme qu'une autre personne qui vient d'un autre pays. Moi, j'ai choisi de vivre en Norvège. Et en fait, je me pose la question. L'avantage, c'est que quand tu n'es pas d'ici, tu peux choisir ce que tu veux. Mais à quel point tu choisis, et tes choix, en fait, fait que tu ne vas pas vraiment être immigrée. C'est le choix de l'école norvégienne versus l'école française. L'école française, c'est plus facile, parce que moi, je connais les codes, je sais comment ça marche. Et en plus, l'école française à Oslo, c'est vraiment... l'hybride génialissime entre l'école norvégienne et l'école française. Tu as la bienveillance et l'aspect d'éducation positive à la norvégienne, parce que tous les gens qui travaillent à l'école française, en général, ils habitent en Norvège depuis longtemps, ils aiment habiter ici, ils aiment l'éducation positive. Donc, c'est pas l'école française où tu as de l'autoritarisme à tout va, où tu es vraiment à la honte, la cravache judo-chrétienne genre. tu dois te reprendre. Ce n'est pas dans l'esprit de l'école française à Oslo. Et à côté de ça, tu as vraiment la structure à la française où tu apprends dans le calme, avec une manière structurée. À l'école norvégienne, ce n'est plus freestyle. Les gens se lèvent, ils partent. Même dans la primaire. Surtout aux primaires. Alors que tu as des enfants, ils passent de la crèche où ils courent toute la journée. Ils doivent être assis. Ils sont plus, si tu veux, ils laissent le temps à l'enfant. Ils laissent le temps à l'enfant d'apprendre, ils répètent beaucoup les bases. Mais il y a une vraie question, les Norvégiens même se posent la question, parce que l'école norvégienne, c'est l'inverse de l'élitisme, si tu veux. C'est vraiment, il faut que tout le monde, tout le monde apprenne. Et au bout d'un moment, tout le monde ne peut pas apprendre la même chose, parce que déjà, on est différents, puis on n'a pas tous les mêmes capacités, puis on n'a pas tous les mêmes envies. Et en fait, c'est un peu cet esprit de Janteloven, il faut que tout le monde soit aligné au même endroit, qu'il n'y en ait pas un qui soit au-dessus. Un qui soit en dessous, ça ne marche pas. Donc après, c'est plus confortable à l'école française. Parce que du coup, tu sais que si ton enfant a envie de cravacher, on va lui donner l'opportunité parce que c'est un peu dans la mentalité. Sauf qu'en fait, tu sais que ton enfant, s'il est moyen, on va lui filer une structure qui va faire qu'il va peut-être moyenner mieux. Après, si tu as un enfant qui n'aime pas l'école, tu peux éviter l'école française.
- Alban
Oui,
- Lucie
parce que là, il va peut-être plus facilement décrocher.
- Céline
Oui, et puis surtout, en fait, il va être laissé de côté.
- Lucie
Comparé à l'école norvégienne où il sera toujours... Il sera inclus.
- Céline
Parce qu'en fait, c'est dans le principe, c'est que tout le monde est inclus. Peu importe que tu galères ou pas. Donc, il y a une vraie question. Moi, je me pose vraiment la question parce que ma fille était à l'école française OCP. Elle adorait ça. Ça se passait super bien. C'était génial. Elle était à l'école portugaise. C'était horrible. Elle est rentrée. On n'a pas eu de place à l'école française. Donc, on l'a mis à l'école norvégienne. Aussi parce qu'on s'est dit...
- Lucie
Mais vous vouliez à la base la mettre à l'école française. Non,
- Céline
on voulait la mettre à l'école norvégienne parce qu'on s'est dit un peu naïvement, tu vois, elle ne peut pas apprendre le norvégien de nous. Parce qu'en fait, nous, on lui parle notre langue. Tu vois, son père est portugais, il lui parle portugais. Moi, je suis française, je lui parle français. Parce que c'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à tes enfants, c'est de leur transmettre la langue. On s'est dit un peu naïvement, ben, norvégien, elle ne va pas bien l'apprendre à l'école française. Parce que moi, je connais plein d'enfants qui sont à l'école française, deviennent de familles non norvégiennes. Et leur norvégien, il n'est pas bon. Et j'ai des amis qui ont des enfants de l'école française à l'université, parce qu'ils sont professeurs d'université, et ils me le disent, c'est des enfants brillants, mais leur norvégien n'est pas bon.
- Lucie
Et donc,
- Céline
ça leur pose vraiment des vrais problèmes en termes universitaires, parce qu'en fait, si tu veux étudier un norvégien... ton norvégien n'est pas bon. Donc, tu n'écris pas à un niveau académique. Donc après, tu peux le rattraper, mais c'est galère. Après, la réalité du système, c'est que si tu as des bonnes notes, et à l'école française, en général, tu as des très bonnes notes, parce que la transcription fait que tu as des très bonnes notes.
- Alban
Est-ce que la transcription, c'est quand on va traduire tes notes françaises dans le système norvégien ?
- Céline
Oui, voilà. Donc, en fait, si tu veux, par exemple, si tu as un 15 sur 20, en norvégien, ça fait un 6.
- Alban
Un 6. Voilà.
- Céline
Alors que c'est très difficile d'avoir des 6 en Norvège. Et en gros, si tu veux faire, par exemple, si tu veux faire du droit, si tu veux faire médecine, si tu veux faire ingénieur, c'est les notes que tu vas avoir qui vont faire que tu vas rentrer où tu veux.
- Lucie
Donc, si tu viens de l'école française, tu as quand même de grands chances. Et donc, je suppose, si tu viens de l'école française,
- Céline
même si tu n'étais pas avec des 18 ou des 19 ou des trucs comme ça, mais en fait, tu auras le choix. Moi, je me pose vraiment une vraie question. Tu la poses encore ? Mais on se la pose. Et en fait, même ma fille, là, elle aimait le souhait. Elle me dit « Maman, je veux retourner à l'école française » .
- Lucie
D'accord, c'est hyper intéressant.
- Céline
Parce que, déjà, ses copines lui manquent.
- Lucie
Oui, c'est sûr.
- Céline
Parce qu'en fait, culturellement, on se rend compte que même si on veut être en Norvège, on n'est pas vraiment norvégien, en fait. Et en fait, il y a une vraie différence entre les gens qui ont grandi ici et qui n'ont pas voyagé et qui ont leur petit village dans la tête et tout. Et nous, c'est une vraie richesse d'avoir cette communauté éclectique, mais elle n'est pas vraiment éclectique. Parce qu'en fait, elle est... Elle est super ouverte, mais elle n'est pas éclectique. Parce que si tu pensais, ok, éclectique, ça veut dire que j'ai aussi des gens qui ne sont pas ouverts avec moi. Et c'est ce qu'on a. Et je t'avoue, en fait, ce n'est pas confortable. Parce que du coup, tu te retrouves à devoir faire des compromis avec des gens qui ont des valeurs qui ne sont pas du tout les tiennes. En termes d'éducation, en termes de choix, par exemple, de nourriture, en termes de choix sur les téléphones. Par exemple, moi, j'ai des enfants, elles ont 9 ans, elles ont des téléphones portables avec des TikTok. Parce qu'en fait, tu n'as vraiment que d'éducation là-dessus. Parce qu'en fait, ça ne les intéresse pas s'il y a une baby-sitter gratuite. Et ça, à l'école française, tu ne l'as pas parce qu'en fait, je vais être très cynique, mais si tu choisis de mettre ton enfant à l'école française, c'est parce que c'est un choix. Déjà, ça te coûte, parce que ce n'est pas gratuit. Et en plus, ça veut dire qu'en fait, tu mets une certaine valeur sur l'éducation de tes enfants. Ce que tu ne fais pas forcément si tu mets ton enfant à l'école du coin. Certaines personnes, oui, mais certaines personnes, non. Et quand tu as ton enfant à l'école du coin, tu vas devoir composer avec ceux pour qui l'éducation, c'est important. pour l'éducation, c'est pas si important que ça. Et aussi en termes d'investissement personnel, parce qu'à l'école norvégienne, t'as deux pages à quatre de devoirs par semaine. L'école française, t'as ça par jour.
- Alban
J'adore ce que tu me racontes, parce que pour l'instant, t'es dans le questionnement. Je cherche activement quelqu'un qui a la contre-thèse de ça. Donc si vous avez des enfants qui ont été peut-être dans le système français, qui ont décidé de... de passer dans le système norvégien, qui ont fait leur lycée dans le système norvégien et qui ont fini par, s'ils le choisissaient ou non, d'intégrer des grandes écoles et de continuer comme ça, écrivez-nous, ça m'intéresse. Parce que je me pose vraiment cette question et je pense que ça intéressera beaucoup de personnes aussi.
- Céline
Ça m'intéresse moi parce que je ne sais pas ce que je vais faire.
- Lucie
Et nous, en tant que jeunes parents, c'est une question qu'on se pose, on a encore le temps, parce qu'on se dit que c'est plus à partir de la primaire où il faudra vraiment prendre une décision, mais moi, dès qu'on a une invitée qui nous parle du truc, je suis là... Il faut y aller. Non, il ne faut pas y aller. Je me pose la question parce que j'adore ce que tu me dis, les arguments. Et en même temps, quand tu me dis qu'il y a deux pages de devoirs par jour, je me dis, est-ce que je veux vraiment ça pour mon enfant ?
- Céline
Après, les devoirs, c'est une vraie question parce qu'en fait, ça reproduit les inégalités sociales. Parce qu'en fait, tu as besoin d'aide, tu ne l'as pas à la maison. Et en même temps,
- Lucie
tu vois, je dis souvent à Alban, je ne veux pas les laisser dans le système norvégien parce que je ne parle toujours pas norvégien. Et du coup, je veux pouvoir les aider. dans leur scolarité ?
- Céline
Moi, je pense qu'il y a une vraie question déjà de ton enfant.
- Lucie
Quelle personnalité ?
- Céline
Est-ce que ton enfant, il aime ? Je sais juste que là, ma fille qui a essayé plusieurs trucs, alors moi, je suis un peu reluctante à la remettre à l'école française parce qu'elle a bougé beaucoup. Et en fait, de recommencer à chaque fois, c'est compliqué. Elle pense aussi que du coup, ça lui permet d'être un peu à un niveau moindre. Ça lui donne une sorte de joker. Et psychologiquement, ce n'est pas forcément une bonne chose de lui donner un peu cette dynamique où elle change tous les deux ans, entre guillemets, tu vois. Voilà, donc je ne sais pas ce qu'on va faire. On a dit qu'on attendrait jusqu'au mois de mars. De toute façon, l'année dernière, on a fait un test. Son niveau avait beaucoup baissé. Donc, on nous a proposé de la faire redoubler.
- Lucie
Son niveau avait baissé par rapport à l'école française ? Oui. Au niveau de l'école française, d'accord.
- Céline
Donc, en fait, on lui a proposé de redoubler. Donc de ne pas rentrer en CM1 mais de rentrer en CE2. dans un niveau double, quitte à ce qu'éventuellement elle rattrape.
- Alban
Je trouve ça hyper difficile. Moi, entendre des trucs pareils, ça me...
- Céline
Alors après, si tu veux, le choix avait été présenté d'une manière extrêmement bienveillante, dans le sens où... Et moi, je trouvais que c'était positif. Mon partenaire, donc mon mari, il avait eu la même réaction que toi.
- Alban
Il a dit,
- Céline
on ne peut pas la faire redoubler. Et en fait, moi, en discussion avec la directrice, l'idée, c'était de ne pas mettre une enfant dans une situation d'échec. Et de lui donner l'opportunité, si tu veux, de vraiment construire sur des bases saines, et éventuellement, de la remettre au niveau, avec l'opportunité de lui donner, si tu veux, les codes pour qu'elle travaille. Après, il y a plein d'éléments aussi qui font que ma fille est née en 2015, qui est une année où il y a extrêmement d'enfants. Donc, c'est des classes énormissimes. Tu vois, par exemple, avec une Norvégienne, ils sont 28. À l'école française, ils sont 15.
- Alban
Ah oui.
- Céline
Par classe.
- Alban
Ah oui, c'est l'école française. Attends, ce n'est pas l'école française de
- Céline
Princeton. Ce n'est pas l'école française. Moi, je me souviens en CP, quand on avait les devoirs, c'était que des fiches Montessori. Donc, si tu veux... Après, même mon mari qui était contre l'école française, je l'avais un peu dit, ok, je sais que tu n'es pas à ton accord, mais vas-y, fais-moi confiance, on teste. Il était convaincu. Au bout d'un an, si tu veux... Lui, il voulait la remettre à l'école française quand on est rentré en Or. Et c'est moi qui ai insisté à cause de la langue. Et je ne vais pas vous cacher que franchement, je m'en veux parce que je pense que j'ai fait une erreur.
- Alban
De ne pas direct la remettre ?
- Céline
Je pense qu'on aurait dû la remettre à l'école.
- Lucie
Et c'est marrant ce que tu dis sur le fait de redoubler ou non. Parce que ce week-end, on était chez des amis qui sont notamment professeurs dans le système norvégien. Et elles nous disaient, je ne savais pas, qu'on ne redoublait pas dans le système norvégien. qui faisait que pour certains élèves, ils accumulaient des... lacunes au fur et à mesure des années. Et c'est vrai que ça, ça m'a un peu interloqué. Mais après, ce qu'ils font,
- Céline
c'est qu'ils les mettent dans des petits groupes de travail. Donc en fait, et ça, moi, c'est quelque chose que j'aime moyen. C'est-à-dire qu'en fait, du coup, tu crées une sorte d'exclusion systémique. Parce que comme ils ne peuvent pas faire redoubler, ils ne peuvent pas travailler avec toute la classe non plus. Donc en fait, ils créent des groupes de travail par niveau où l'enfant, il va se retrouver avec des enfants qui ont à peu près le même niveau que lui. Donc, en gros, il va être soit avec les bons, soit avec les losers.
- Lucie
Tu penses que les enfants le perçoivent comme ça ? Mais bien sûr qu'ils le perçoivent.
- Céline
Les enfants, ils ne sont pas avec vous. Ils le savent très, très bien. Et moi, je n'aime pas du tout cette hypocrisie. Où, en fait, si tu veux, tu ne vas pas le dire ouvertement, mais tu vas quand même être le gamin avec le loser.
- Alban
D'accord. Non, mais ça, c'est super intéressant. Parce que j'imagine que quand tu le vois du côté seulement positif, c'est qu'on permet à chaque enfant dans la même classe d'aller à leur rythme et de... Chambé de la cul,
- Céline
de merveille. S'il va trop vite, on le laisse tranquille. Dans le cadre de ma fille qui a 9 ans, ce n'est pas une élève qui est dans les 1% qui aura les 6. C'est une élève moyenne qui est comme nous, qui n'est pas con, mais qui n'est pas non plus la plus intelligente de la classe. Donc c'est une enfant, si tu veux, qui va avoir besoin d'un système qui va lui permettre d'avoir les 6, pour qu'elle puisse avoir le choix. Et moi, je n'habite pas à Snaruya. J'habite dans un endroit où tu as tout. Donc en fait, si elle va se retrouver avec les pas bons de la classe, elle va créer un réseau qui va être un réseau de... loser. Excuse-moi de parler comme ça. Mais du coup, en fait, tu vas recréer, tu vas créer une dynamique sociale, tu vas la mettre dans un environnement où tu vas se retrouver avec des gens qui vont être en échec.
- Alban
Parce que pour toi, tu penses que cette bulle te suit ?
- Lucie
Mais bien sûr. Bien sûr, parce que tu restes tout le temps avec les mêmes élèves dans le système norvégien.
- Céline
Tu restes dans la même classe pendant six ans. C'est vrai,
- Lucie
tu peux être dans les bons en maths et dans les mauvais dans une autre matière.
- Céline
Mais en fait, ce genre de label, ça te suit et ça devient intégrant de la construction de ta personnalité. Donc, il y a une vraie question et moi, ça fait partie de ma réflexion sur l'école française ou pas. Parce que quand tu es à l'école française, tu construis un réseau différent. Et quand tu es moyen à l'école française, tu es très bon à l'école norvégienne. Peut-être que tu te retrouves à intégrer des milieux qui sont plus internationaux, à avoir des codes qui sont plus internationaux. Mais moi, je n'ai jamais rencontré une personne qui a fait l'école française qui avait des problèmes de réseau. Après, le système norvégien, il n'est pas du tout mauvais. au contraire, c'est un système qui apprend à vivre ensemble les Norvégiens finissent par faire très bien mais pour moi c'est un système qui est extrêmement dépendant de avec qui tu vas te retrouver le genre de support que tu as à la maison et
- Lucie
le genre d'activité extra-escolaire que tu as en fait ils veulent un système hyper égalitaire mais qui dans la réalité n'est pas à l'image de la société Merci. comme ce dont on en parlait.
- Céline
Hypocritiquement égalitaire.
- Lucie
Je repense, nous, quand on habitait du coup à Toyen, je me rappelle de collègues, surtout des collègues d'Alban, qui nous disaient, oh là là, mais il faut que vous pensiez aux écoles des enfants.
- Alban
C'était le début. On avait acheté notre apport, on n'avait pas encore d'enfants, on nous parlait de ça, de l'école.
- Lucie
Et pour nous, c'était justement une richesse d'avoir cette diversité. On ne comprenait pas pourquoi il fallait absolument se mettre dans une école le... spécifique.
- Céline
Tout mon point de... Tu vois, si elle se retrouve dans un groupe de losers, ben voilà. Parce qu'en fait, où tu vas à l'école, je pense que ça définit plus ton avenir que vraiment si t'es smart ou pas.
- Lucie
Ce qui est le cas aussi à Paris. Bien sûr, c'est vrai. Moi, je parle de Paris parce que je suis de Paris.
- Céline
Mais en France, la censure sociale est cassée. Et on n'a plus cette hypocrisie de dire qu'il existe encore.
- Lucie
Alors qu'ici...
- Céline
Alors qu'ici, en fait, t'as un peu cette hypocrisie de te dire c'est une société égalitaire, tout le monde a sa chance, etc. En fait, non.
- Lucie
Et du coup, une fois que vous êtes revenue en Norvège, qu'est-ce que vous vous êtes dit, là on revient et on est là pour rester, ça va être ici en fait qu'on va faire notre vie ?
- Céline
Ouais, on s'est dit clairement, en fait, c'est ici chez nous. Alors après, est-ce que c'est ici chez nous, à Nessodden ? Tu vois, des fois, on se pose la question.
- Lucie
Oui, parce que pour expliquer aux auditeurs... Nesodden, c'est une presqu'île ?
- Céline
Oui, c'est ça. C'est en face d'Oslo, c'est une sorte de pointe. Et en fait, je prends le bateau tous les jours, donc j'adore. Mais c'est aussi une des communes les plus pauvres de Norvège, qui est extrêmement mal gérée. Et en termes d'infrastructures, c'est compliqué. Et en termes d'impôts, c'est tellement mal géré qu'en fait, on se pose vraiment la question, tu vois, pour nos enfants. J'adore Nesodden, parce que t'as la mer à côté, t'as la nature à côté. Les gens sont ouverts, du moins alternativement parlant. La vie, en fait, à Nessodden en elle-même, moi, je kiffe. Parce qu'en fait, il y a tout ce que j'aime. Et puis, il y a la ville, la plus grosse ville, à 20 minutes de ferry. Et en fait, ça donne le break, ce que j'aime, pour rentrer chez moi. Comme quoi, tu as 20 minutes de métro pour venir au Pays des Sapins. Mais... Lui, je sais que c'est plus un challenge pour lui. Parce que des fois, en fait, tu ne peux pas vraiment rentrer chez toi puis repartir si tu as des activités. Tu passes la journée en ville. Ça, c'est une vraie question. Et on se pose la question, si on met nos deux enfants à l'école française, est-ce que du coup, ça ne vaudrait pas le coup de redéménager peut-être en ville ? Mais pour l'instant, ce n'est pas actuel. De toute façon, on a chez nous, on a des super voisins, ce qui est un luxe extraordinaire.
- Alban
Super important, ça.
- Céline
on aime bien là où on est, tout se passe bien.
- Lucie
S'il y a des projets de déménagement, de toute façon, c'est intra-Oslo. Oui, voilà.
- Céline
Ce ne sera pas ailleurs. Non, clairement, ce ne sera pas ailleurs.
- Alban
Je vais changer de sujet, mais c'est super intéressant que tu sembles en tout cas ouverte pour en parler. Je pense que tu as traversé quelque chose de difficile. On n'y pense pas forcément en réfléchissant. Quand on pense Norvège, le rythme de vie, qu'est-ce qui, toi, tu penses ? penses t'as mené à ton burn-out ? Comment ça s'est passé ?
- Céline
Alors en fait, pour moi, c'est intéressant comme sujet et j'aime beaucoup en parler parce que je pense qu'on n'en parle pas assez. Ou alors quand on parle de burn-out, on parle de cas vraiment extrêmes. Tu vois des gens qui d'un seul coup se sont retrouvés alités pendant six mois, ont perdu Louis, ont perdu la vue, j'ai pas, ont eu un accident parce qu'en fait, ils ont complètement perdu leur faculté. Enfin, genre le corps a dit non. Moi, ça s'est pas vraiment passé comme ça. En fait, moi, ça s'est plutôt passé genre graduellement pendant longtemps. Je pense que ça a commencé, tu vois, bien avant d'être enceinte de la deuxième, peut-être un peu. Tu ne fais pas un burn-out si tu n'es pas quelqu'un qui, en fait, en veut dans la vie. Il y a un autre truc qui s'appelle le bore-out. Oui. C'est autre chose. Le burn-out, tu le fais quand, en fait, tu as un peu ce côté où tu veux bien faire. Tu veux bien faire. C'est un peu genre, des fois, tu veux toujours être positif, tu veux y arriver, puis tu te juges beaucoup. Donc, moi, c'est arrivé parce qu'il y a plein de facteurs qui se sont mis. Ça se passait moyennement au travail. Il y a eu le Covid. J'étais enceinte. Forcément, il y a beaucoup de choses qui sont difficiles. J'ai eu un manager qui a rendu ma vie horrible. Il y a plein de choses qui sont passées, qui ont fait qu'au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Et comme ce n'était pas d'un seul coup, c'était difficile de dire stop. C'était difficile de dire, tu vois, par exemple, là, tu as ton corps qui dit non, tu n'as pas le choix. Mais parce que souvent aussi,
- Lucie
les gens, ils attendent ce point de non-retour. Alors qu'en fait, c'est déjà installé depuis longtemps.
- Céline
Puis, il y a des gens qui ne s'écoutent pas, tu vois. Mais moi, je ne m'écoutais pas trop non plus. En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'un jour, j'étais chez le médecin pour ma fille. Parce que ma fille avait une otite, mais tu vois, répétition et tout ça. Et le médecin, il me voit, il fait, et vous, ça va ? Ah oui. Et là, d'un coup, je me suis mis à pleurer. J'ai pleuré pendant 20 minutes. J'arrivais plus à parler, je coulais comme ça. C'était même pas genre une crise de pleurs dramatique à la Hollywood. C'était vraiment, j'avais les larmes qui coulaient comme ça. Et j'étais un peu genre en mode zombie. J'étais trop faim, en fait. Et je le regarde, je fais, non, je crois que ça va pas très bien. Et tu l'as pas vu venir ? Je l'ai regardé, je dis, je suis fatiguée. Il me regarde, il fait, je pense qu'on va vous arrêter. Et donc, il m'a arrêtée 15 jours. Et en fait, au bout de quatre jours, je me suis dit, mais en fait, ça ne va vraiment pas.
- Alban
Tu as pris le temps de réaliser combien c'était ?
- Céline
Au début, je me suis dit, ouais, quinze jours, c'est beaucoup. La semaine prochaine, je retourne au boulot. Et en fait, au bout de quatre jours, je me suis dit, mais pourquoi ? J'avais vraiment un manager horrible à l'époque. Le genre de gars qui te fait vraiment douter de toi. Et je me suis dit, mais pourquoi ? Pourquoi ça fait dix ans, même plus, que je fais tout ça, pour du jour au lendemain, me retrouver avec quelqu'un qui n'a qu'une envie, c'est que je démissionne.
- Lucie
Ou qui fait tout pour que je fasse une erreur,
- Céline
pour pouvoir me virer. Pourquoi ? Rappelle-moi pourquoi.
- Lucie
Et toi, dans cette relation, parce que du coup, tu avais l'air d'être plutôt clairvoyante sur son attitude, toi, tu voulais... combattre ça et dire non mais je reste et je vais te prouver le contraire.
- Céline
Au début t'es en mode combat surtout quand t'es quelqu'un comme moi si tu veux qui faut qu'il ait la justice ou du moins que ce soit fair tu vois. C'est une valeur importante. Tu comprends pas pourquoi.
- Alban
Je vais lui montrer peut-être aussi.
- Céline
Ouais au début tu dis c'est parce qu'il me connait pas tu vois.
- Alban
Ouais voilà.
- Céline
Après tu te rends compte qu'en fait non il en a rien à foutre.
- Lucie
Excuse-moi est-ce qu'il était norvégien ?
- Céline
Oui. Mais c'est pas le fait qu'il était norvégien. C'est juste sa personnalité. Et puis après, tu commences à réfléchir pourquoi. Donc, j'ai réfléchi pourquoi. Donc, j'ai pris les 15 jours. J'ai commencé à ranger chez moi. J'ai rangé mon garage, j'ai rangé tout. C'est un truc assez fou. Et en fait, je me suis rendu compte, je me suis dit, le problème, c'est moi. Certes, ce n'était pas mon manager, OK. Mais le problème, c'est moi. Le problème, c'est vraiment moi. C'est qu'est-ce que je mets dans la valeur travail ? Qu'est-ce que je mets dans la valeur famille ? Qu'est-ce que je mets, tu vois ? Qu'est-ce que je veux, en fait ? Et pourquoi je me débatte ? Vraiment, j'étais en mode donkey shot. J'enfonçais des portes ouvertes, je me battais contre des... Et en fait, je ne me posais pas vraiment les bonnes questions. Genre, c'est quoi ma valeur ajoutée ? Qu'est-ce que je veux vraiment ? J'étais un peu en mode, je cherchais un peu tous les moulins à combattre. Et lui, c'était genre le super moulin. Donc forcément, c'était facile de lui rentrer dans l'art parce qu'il y avait tout. Il y avait tous les éléments qui faisaient que c'était facile de rentrer en mode combat. Mais là, je me suis dit non. parce que je vais perdre. Mais je vais perdre non seulement professionnellement, mais je vais perdre en plus personnellement. Et en fait, ça ne vaut pas le coup. Donc, je me suis mis... En fait, j'ai vraiment réfléchi. Je me suis dit, je fais quoi ? Et il y a plusieurs années, j'avais eu du coaching avec Mondelys, des séances pour me développer personnellement. Et j'avais adoré. J'avais trouvé que c'était génial. Je me suis dit, OK, je vais prendre un coach. Et en fait, au lieu de faire ça, je suis tombée sur une formation de coaching. Et j'ai décidé, ok, tu sais quoi, je vais me faire coacher, puis je vais devenir coach en même temps. Parce que bon, tant qu'à faire, vu le prix que ça coûte.
- Alban
Pas de certifié.
- Céline
Autant y aller. Donc j'ai fait ça, et en fait, ça a changé ma vie. Ça a changé ma vie dans le sens où ça m'a permis de me poser les bonnes questions, ça m'a permis de réfléchir sur le fait que le burnout, c'est jamais que professionnel. C'est toujours une combinaison, un combo de facteurs personnels, historiques, courants. Et c'est comment, toi, tu envisages ta vie. Et c'est là où tu mets ton énergie. Et en fait, on a tous des périodes difficiles dans la vie, mais on ne réagit pas tous de la même manière. On n'a pas tous la même capacité de résilience. Et en fait, on n'a pas tous la même manière de se faire aider non plus. Et comment j'ai dépassé ce burn-out ? Je l'ai dépassé déjà parce que j'ai fait cette formation de coaching. Donc, ça m'a permis de me poser les bonnes questions. Et l'ironie de la situation, c'est qu'en fait, lorsque j'ai posé ma démission, lui, il m'a fait une proposition pour me garder. Et il s'est excusé. Et notre relation, elle est bonne.
- Alban
Wow, j'adore.
- Céline
Donc, c'est pour te dire qu'en fait...
- Lucie
Un changement de...
- Céline
Ce n'était pas un... Mais en fait, il y avait une dynamique entre nous qui s'était créée de la part de nos personnalités. Et ma réponse à l'époque engendrait une dynamique de conflit, la sienne aussi, qui n'était pas la seule issue possible, en fait, en vrai. Il y a d'autres manières de... d'envisager, si tu veux, de certaines dynamiques. Après, ce n'est pas toujours facile, tu n'as pas toujours les capacités pour le faire. Mais moi, ce que ça m'a appris, en fait, c'est que s'il y a une leçon, c'est que tout le monde peut faire un burn-out. Mais surtout si c'est quelqu'un qui aime ton travail, qui veut te développer dans la vie, qui a tendance à vouloir être positive. Tous ces trucs, si tu veux, qu'on te dit qui sont les trucs de la bonne personne.
- Alban
Oui, j'en veux, je suis motivé.
- Céline
Si tu as grandi avec une famille ou un système qui te donne des éloges à chaque fois que tu fais un truc bien. C'est-à-dire qu'en fait, tu n'as pas appris à écouter ce que tu veux toi. Exactement. En fait, tu fais ce que les gens autour de toi jugent être bien. Et tu cherches toujours à avoir cette validation externe, parce qu'en fait, c'est ça qui te maintient en vie, dans une estime de soi qui te permet d'être bien. Et tant que tu n'as pas été chercher à l'intérieur ce que tu veux vraiment, pour que ta validation soit plus externe, mais qu'elle soit interne, et que peu importe si les gens ne sont pas d'accord, toi, tu sais que ton compas a dit que c'est bon. Tant que tu n'as pas atteint ça, en fait, tu as un gros risque de burn-out. Et moi, ça, ça m'a permis ça. Et ce que j'ai appris, en fait, c'est que dans la vie, il n'y a personne qui s'intéresse à toi. Si toi, tu ne le fais pas. C'est-à-dire qu'en fait, si toi, tu n'es pas intéressé par toi, si tu ne t'aimes pas, en fait, il n'y a personne qui va le faire. Alors bien sûr, c'est très extrême ce que je dis, ce n'est pas tout à fait vrai. Donc en fait, aujourd'hui, ça m'a permis de créer tout un... Une batterie, tu en parlais avant le podcast, on parlait un peu de matérialiser ce que tu veux, un peu ce truc new age de visualisation, etc. Donc moi, je ne suis pas fan de la façon dont on le présente aujourd'hui, où c'est genre tu dois t'asseoir, méditer 20 minutes par jour, voir des petites étoiles et puis pouf ! Mais je pense qu'il y a une vraie, vraie, vraie valeur d'en réfléchir à ce que tu veux, comment tu le veux et l'objectif. Parce qu'en fait, du coup, cognitivement, tu vas te mettre à observer ce que tu veux. tu vas te mettre à te l'approprier et au final, ça va se matérialiser. Pas parce que c'est de la magie, mais parce qu'en fait, si tu veux, cognitivement, tu t'es mis dans l'énergie de ce que tu voulais, tu l'as compris, peut-être tu l'as déjà travaillé sans vraiment le réaliser. Et en fait, j'ai fait ce burn-out vraiment, vraiment dur il y a quatre ans. Et aujourd'hui, en fait, il y a six mois, j'ai signé ce que j'avais écrit il y a trois ans, à la fin de ma... de ma formation de coaching sur ce que je voulais en termes de taille de boîte, environnement, type de travail et salaire.
- Lucie
Félicitations.
- Céline
Et quand j'ai reçu le contrat, je te jure que j'ai appelé des amis parce que j'avais écrit ce truc, tu vois, puis je leur avais envoyé, tu vois, en termes de style, dire voilà, ça, c'est un peu mon engagement. Je leur avais envoyé pour que ce soit pas... que moi, pour que ce soit... En fait, qu'il y ait des témoins. Et je sais que c'est des amis bienveillants, donc en fait, même si ça ne s'est pas arrivé, ils n'auraient jamais... Ils n'auraient jamais rien dit. Mais quand j'ai envoyé ça, j'ai une copine qui m'a dit... En fait, elle m'a renvoyé la photo de ce que j'avais envoyé, et je ne le croyais pas. Je me disais, mais c'est fou. Tu vois, enfin, c'est pas possible.
- Lucie
Et est-ce que le système norvégien... t'as soutenu ou non dans cette période de burn-out ?
- Alban
Notamment, c'est de tenter.
- Céline
Parce qu'en fait, si tu veux, je dirais oui et non. Oui dans le sens où si tu veux, quand j'ai été voir le médecin pour ma fille, il l'a vu tout de suite. Il l'a vu tout de suite, il n'a même pas réfléchi, il m'a donné 15 jours d'arrêt. Il m'a appelé au bout de 15 jours pour me dire est-ce qu'il vous faut 15 jours de plus ? En termes de médecin généraliste, j'ai envie de te dire oui, pas de problème. Par contre, en termes de suivi après, parce que c'est bien beau. si tu veux, tu es au fond du trou, tu ne restes qu'un jour dans ton lit, ok. Mais voilà. À partir de là, tu fais quoi ?
- Lucie
Parce que lui, il ne t'avait pas proposé...
- Céline
Il m'avait proposé d'aller voir un psy, sauf qu'il y a six mois d'attente. Et en plus, c'est un Norvégien. Ou éventuellement en anglais, si tu as de la chance. Moi, je peux le faire en anglais, ce n'est pas le problème. Mais dans l'absolu, si tu veux, mon mari qui a perdu son père il y a deux mois, qui a vraiment besoin de se faire soutenir là, c'est compliqué parce qu'en anglais ou en norvégien, il en a eu un norvégien, en norvégien c'est compliqué. Non, du coup, on en a pris un en portugais en ligne. Mais ce que je veux dire, c'est que...
- Alban
Oui, il y a un vrai problème en termes de système de santé. Les Norvégiens parlent beaucoup de santé mentale, mais en fait, les Norvégiens, et ça, je l'avais fait l'expérience après ma grossesse, mais avec ça aussi, c'est en fait, il y a un peu cette dureté du climat, elle ressort un peu dans la dureté d'état d'esprit. C'est-à-dire que, par exemple, quand tu es enceinte, à partir du moment où tu as le bébé à l'intérieur de toi, tout se passe bien, tu es super suivi. Alors là, vraiment, on te regarde à la loupe, pression. Par contre, une fois que tu as fait le job et que tu as accouché, c'est salut, merci. Oui,
- Céline
c'est la même chose. C'est notre ressenti sur la première.
- Alban
Ah, vous avez des problèmes physiques ? Ah oui, faites des exercices de Kegel. Ou alors, allez marcher dans la forêt. Sauf qu'en fait, non. Oui, peut-être d'une certaine manière. C'est pareil avec le burn-out. On te dit, allez vous promener dans les bois.
- Lucie
C'est vrai ? Oui.
- Alban
Alors, il y a une vraie raison. Et je le fais. Et je l'ai fait. Et oui. il faut le faire.
- Lucie
Oui, mais pas que, j'imagine.
- Alban
Mais pas que. Et en fait, le système de santé norvégien, aussi bien que le système professionnel, à partir du moment où tu es en arrêt de maladie pour plus de six mois, non seulement ton salaire descend énormément, donc si tu n'as pas d'assurance, tu n'obtiens que, je crois que c'est 45% de ton salaire ou quelque chose comme ça, qui est supplé par la sécurité sociale jusqu'à 60%, voire 100% si tu gagnes en dessous de certaines... certains paliers. Mais il y a un vrai danger. Et ça, en fait, tu t'en rends pas compte. Parce que si t'es comme moi, moi j'ai jamais été au chômage. J'ai toujours travaillé. Et en fait, je m'étais jamais vraiment pris de mur dans la gueule. J'avais eu des expériences un peu compliquées. Mais bon, voilà, je les avais... J'en avais appris. Mais pas une expérience qui m'avait fait vraiment m'arrêter et pleurer sur le cannabis de quelqu'un et vraiment me poser la question, est-ce que ça vaut le coup ? J'avais pas eu ça. Et quand tu as vraiment eu ça, tu commences à regarder les petites lignes et à dire qu'en fait, il y a un vrai danger. Il y a un vrai danger de perdre tout ce pour quoi j'ai travaillé dur. Parce qu'en fait, quand tu as 40% de salaire, est-ce que tu peux encore payer ton prêt ? Est-ce que tu peux encore offrir la même chose à tes enfants ? Est-ce que tu peux encore aller voir ta famille à l'étranger ? Est-ce que tu peux encore faire venir tes parents si tu as besoin ? Je pose vraiment les questions parce que je fais un burn-out. J'ai un vrai gros problème de santé. Moi, j'ai une collègue qui a fait un cancer. Tu n'as pas d'assurance. Tu as 60% de ton salaire. Tu as un cancer. J'ai une autre amie qui est tombée, qui a un problème. Elle est tombée sur la tête. Elle a une concussion tellement forte qu'elle ne retrouvera jamais 100% de ses facultés mentales. Heureusement, elle avait une assurance. Du coup, elle n'aura pas de problème financier. Mais elle n'aurait pas eu d'assurance. Et le système d'assurance en Norvège, c'est un peu à l'américaine. Donc, en gros, tu as eu des problèmes de santé avant. Ton premium, il est... Donc, posez-vous la question avant d'avoir des problèmes.
- Lucie
c'est un bon conseil quand t'arrives ici parce que c'est vrai que peut-être en venant de France tu te poses pas trop la question pour le système de France parce que nous en fait on a grandi avec un système où t'es en gros à 100%
- Alban
couvert c'est plus le cas, clairement en France c'est plus le cas mais quand nous on était enfants si tu veux on s'est jamais vraiment posé la question parce qu'on a vu des exemples autour de nous des gens qui avaient eu des problèmes et qui se posaient pas la question tu vois, sauf s'ils étaient peut-être entrepreneurs ou chefs d'entreprise c'est différent. Mais tu vois, par exemple, si tu as des parents qui étaient employés ou qui bossaient dans des grands groupes avec plein d'avantages corporés, en fait, tu ne te posais pas la question parce que c'était là. Tu as l'illusion que c'est là, en fait, mais ce n'est pas là.
- Céline
C'est ça qui est dur.
- Lucie
Et donc, toi, qu'est-ce qui t'a aidé à sortir du burn-out du système norvégien ?
- Alban
Moi, ce qui m'a aidé, c'est de faire cette éducation de coaching que j'ai payée moi-même.
- Lucie
Oui, ça ne venait pas du système norvégien.
- Alban
Ça, c'est intéressant de le savoir.
- Lucie
C'est personnellement toi qui...
- Alban
Oui.
- Lucie
Tu as trouvé les clés.
- Alban
Exactement. J'ai trouvé les clés. Et moi, personnellement, je coache des gens qui ont eu des expériences similaires, des femmes. Moi, personnellement, c'est vraiment ma niche. Je coache des femmes qui ont eu des challenges de burn-out, surtout dans des problématiques avec des enfants, une sorte de transition professionnelle où tu passes de la vie professionnelle où tu n'as pas d'enfant et du coup, tu te retrouves avec des enfants. Tu dois coordonner une réalité qui n'est plus la même. Et en fait, tu te mets à vraiment te poser la question sur qui je suis. Maintenant que j'ai toutes ces choses-là et que mon identité, ce n'est plus vraiment la même parce que ça ne peut pas l'être. C'est quoi mon identité ? Donc, je coache des gens qui ont ces problématiques-là. Je n'ai pas beaucoup de temps. Donc, je fais ça en plus. Un à deux clients que j'arrive à suivre. En général, c'est des suivis qui durent entre deux et quatre mois. Moi, ça m'a vraiment permis de me relever, de relever la tête. Et ça m'a permis aussi de reconnaître les signaux qui font que... Il y a un risque pour replonger. Je vois tout de suite. Si, par exemple, je commence à avoir des soirées où, au lieu d'aller me coucher, je me mets à faire du téléphone pendant deux heures et demie, puis d'un seul coup, il est minuit et demi et je n'ai toujours pas dormi. Je me lève le matin. Je n'ai pas envie. Je n'ai pas envie d'aller travailler. On a toujours des jours où on n'a pas envie d'aller travailler. Mais je n'ai pas envie. Je n'ai pas envie de la vie. Tu vois ce que je veux dire ? Pas envie de mes enfants, pas envie, je n'ai pas envie de la vie. Des petits trucs comme ça. Et puis, en fait, j'ai développé des stratégies qui me permettent, surtout dans les moments, en ce moment où c'est novembre, où en fait, tu n'as pas envie de te suicider, tu es là comme ça, il n'y a pas de lumière.
- Céline
Est-ce que je ne passe pas le...
- Alban
Il n'y a pas de lumière, les gens, ils font tous la gueule. Tu vois, il fait froid.
- Céline
Ma ville est vide.
- Lucie
Franchement c'est pas égal le mois de novembre Nous on a toujours dit que c'était le pire mois Non mais c'est horrible Il faut clairement si tu veux
- Alban
Il y a aussi ce truc où avant je me disais Je suis obligée d'être toujours de bonne humeur Parce qu'en fait si je suis pas de bonne humeur je suis chiante pour les gens Donc en gros je suis un poids pour la vie Si moi je suis pas de bonne humeur Je me mettais une obligation d'être toujours Genre la meuf souriante Sauf qu'en fait, maintenant, il y a des fois, je me dis, non, aujourd'hui, je n'ai pas de bonne humeur.
- Céline
C'est vrai que j'ai croisé la dernière fois en train de faire des doubloneurs dans la rue. C'était toi,
- Alban
Nannine. C'est pas un problème. Tu vas,
- Céline
par exemple ?
- Alban
Non, mais vraiment, avant, par exemple, je n'ai jamais été vulgaire. Parce que je me disais, mais non, ce n'est pas possible. Sauf qu'en fait, moi, c'est un peu ma personnalité. C'est pour te dire, en fait, j'ai trouvé des stratégies où je me donne l'autorisation, aujourd'hui, d'être de mauvaise humeur. Des fois, je dis à ma fille, je dis, tu vois, aujourd'hui, maman, elle n'est pas de très bonne humeur. Donc, en fait, je ne vais pas avoir beaucoup de patience. Donc, ne le prends pas personnellement, mais là, tu me gonfles.
- Céline
Et alors, comment elle le reçoit ? Ça m'intéresse ?
- Alban
Je ne lui dis pas, là, tu me gonfles. Je lui dis, là, ce que tu fais, ça me gonfle.
- Céline
Ok, ouais.
- Alban
Et je fais bien attention de ne pas dire,
- Céline
tu me gonfles.
- Alban
En fait, vraiment, c'est sur l'attitude. Parce que j'ai une enfant qui fait beaucoup de bruit. Et il y a des fois, moi, ça me donne vraiment mal à la tête. Et je lui dis, là, ton attitude... où en fait, tu sautes et tu fais... Eh bien, ça me gonfle. Donc, d'habitude, j'ai de la patience, mais aujourd'hui, maman, elle n'a pas de patience. Donc, soit tu vas le faire ailleurs, soit tu arrêtes. Et en fait, je pense que c'est important pour eux de comprendre ces trucs-là, parce qu'en fait, moi, je l'aime, même si elle est chiante, parce que c'est ma fille. Et elle le sait, parce que je lui dis aussi. Je dis, je t'aime, mais là, ce que tu fais, ça me gonfle. Et le truc, c'est que dans la vie, tu as des gens, ils ne vont pas avoir cette patience avec toi, avec les gens. Ils vont juste t'abandonner. Ils ne vont rien te dire, ils vont partir. Et surtout dans le système norvégien, parce qu'ils ne font pas ce truc que je te dis. C'est la non-intervention. Donc en fait, ils vont te laisser de côté. Moi, c'est ce qui s'est passé durant mon burn-out. C'est que les gens, en fait, ils se sont juste éloignés. Il n'y a personne qui est venu me voir et qui m'a dit « Tu sais, Céline, en ce moment, peut-être, essaye de faire différemment. » Tout le monde s'est éloigné.
- Céline
Et là, tu parles dans la sphère professionnelle ? Professionnelle.
- Alban
Un peu personnelle aussi.
- Lucie
Tu veux dire que... en fait, ils voyaient qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, mais ils préfèrent s'éloigner plutôt que rentrer dans le...
- Céline
Donc, ils avaient certaines clés qu'ils auraient pu te donner et qu'ils n'ont pas donné. Ok.
- Alban
Et c'est pour ça que j'en parle. C'est pour ça que j'en parle et j'en parle dans le cadre de mon travail et j'en parle à vous et j'en parle à qui va entendre. Parce qu'en fait, des fois, les gens, ils n'osent pas. Pour différentes raisons. Des fois, ça peut être parce qu'eux aussi, ça leur envoie une image qu'ils n'ont pas envie de voir. Des fois, ça peut être aussi parce que ça les enquiquine et qu'en fait, ils n'ont pas le temps et ils n'ont pas envie. Des fois, ça peut être parce qu'ils ne savent pas quoi faire. Tout simplement, ils sont un peu genre, je ne veux pas la blesser, je n'ai pas envie, ils n'osent pas. Ou des fois, ça peut être parce qu'en fait, ils ont clairement envie que tu te plantes et puis en fait, ils attendent.
- Lucie
Et est-ce que ça ne peut pas être, parce que je suis en train de me poser la question, est-ce que ça m'est arrivé, moi, de voir et de ne pas réagir ? Est-ce que ça ne peut pas être parce que, aussi, tu as peur que la personne ne soit pas capable de recevoir ton message ? Oui,
- Céline
c'est souvent ça. D'ailleurs,
- Lucie
tu penses que si on te l'avait dit à l'époque, tu aurais pu influencer sur ça ? C'est maintenant avec le recul de ton coaching ?
- Alban
Alors, oui et non. Je pense que si on m'avait dit à l'époque, de manière extrêmement rationnelle, fais pas ça, mais fais plutôt ça, j'aurais été capable de l'entendre et j'aurais été capable d'ajuster. Si on m'avait dit de manière moins directe, ça, c'est pas bien, j'aurais remis en question mon identité. Et les Norvégiens ne sont pas très forts pour donner du feedback parce qu'ils n'en donnent pas beaucoup, parce que ce n'est pas dans la culture. Et en fait, ils ont tendance à donner des feedbacks un peu sur la personnalité. Genre, oui, mais ça, c'est pas très gentil. Le problème de ce genre de feedback, c'est que même si c'est vrai, ça sert à rien.
- Lucie
Oui, mais c'est pas constructif.
- Alban
Parce que déjà, c'est quoi qui est pas gentil ? C'est dans quel contexte ? Qu'est-ce qu'il faut faire à la place ? C'est quoi le but ? Tu vois, moi, j'ai appris à donner du feedback. Et un feedback, c'est intéressant. Oui, si on m'avait donné des exemples concrets. Genre... Quand, lorsque tu es en réunion, tu reprends cette personne pour lui démontrer qu'elle a tort, ce n'est pas quelque chose qui nous aide, parce que ça empêche la personne à donner son opinion les fois d'après. Donc, c'est mieux si tu ne dis rien, et que tu écoutes, et que tu poses des questions, éventuellement la fois d'après. Feedback concret. Moi, le feedback que j'avais, c'est « des fois, tu n'es pas gentil » .
- Céline
Ok, oui, d'accord.
- Lucie
Oui, tu ne peux rien en faire. C'est un chanteur qui va le faire complètement.
- Alban
Surtout quand tu n'es pas bien. Quand tu n'es pas bien, des fois, tu essaies de défendre ton bistec. Tu essaies de faire avancer quelque chose. Tu ne sais pas vraiment comment faire. Tu vois une personne qui te pose des questions un peu loufoques, qui ne servent à rien. Tu te dis, mais c'est quoi ton but ? Tu as une autre personne qui ne veut pas de ce que tu es en train de faire. Elle essaie de le démonter. Du coup, tu es un peu en mode défensif. Il y a plein de facteurs qui font que, comme tu dis, c'est très difficile de donner du feedback parce que donner du feedback, c'est vraiment un art. C'est vraiment... quelque chose qui est vulnérable pour les deux, pour la personne qui le donne et pour la personne qui le reçoit. C'est quelque chose qui, quand est mal fait, a des conséquences très très négatives. Donc, oui et non. J'aurais été capable de le recevoir si ça avait été quelque chose de concret, dans l'optique vraiment de faire mieux. Mais non, parce que ce que j'ai reçu comme feedback n'était pas un feedback que j'étais en capacité de travailler.
- Céline
Je vais faire une petite parenthèse là, parce que ça touche ma propre learning curve, ma propre courbe d'expérience par rapport à Le feedback et notamment les retours annuels. Comme tu dis, on avait l'air de discuter, de voir que ton caractère, et je pense le mien, c'est un peu la performance, bon élève, on veut deliver et tout ça. Donc les entretiens annuels, je prenais ça avec beaucoup de sérieux. Et notamment, mon manager, à ce moment-là, collectait des feedbacks, donc des retours de différents collègues un peu tout autour de moi pour avoir cette vue 360, blablabla. Et donc je me disais, Voilà. Ça,
- Alban
c'est la kryptonite du bon élève.
- Céline
Eh bien oui.
- Alban
Le feedback annuel, c'est la kryptonite. Moi, je suis fondamentalement contre les revues annuelles, la façon dont c'est fait, surtout dans le point de vue corporate, pour plusieurs raisons.
- Céline
Mais attends, ce que j'allais te dire, c'était que le feedback, un jour, très simplement, une manager que je n'ai pas eu longtemps, mais elle m'a donné la clé, elle m'a dit, notamment dans le cadre de ces entretiens annuels, le feedback, tu le reçois, tu choisis de faire quelque chose. ou tu le mets de côté, si ça ne te va pas, ou que tu n'as pas envie de changer. Et ça, depuis, je le dis à tout le monde, parce que j'ai appris en une phrase, quelque chose qui m'a libéré de quelque chose de très loin, et qui, je pense, est ancré notamment par cette culture et cette éducation française. Un professeur te dit quelque chose, il a raison. Un parent te dit quelque chose, il a raison. Et non, et non.
- Alban
Et je vais te rajouter quelque chose, peut-être ça va t'aider, parce que moi, ça m'a beaucoup aidé. J'ai, en fait, une très bonne amie qui m'a dit un jour, est-ce que tu as considéré À quel point tu apprécies ou estimes la personne qui te donne ce feedback ? Parce qu'à partir du moment où la personne qui te donne un feedback, ni tu ne l'estimes, ni tu ne l'envis, ni tu la trouves inspirante, quelle valeur a vraiment ce feedback ?
- Lucie
Exactement.
- Alban
Tu vois ?
- Céline
C'est une vraie clé, ça aussi.
- Alban
S'il y a personne qui fait des choses que tu trouves génialissimes, qui te donne un feedback qui est peut-être un peu inconfortable. ok peut-être qu'il y a un truc pour toi parce qu'en général quand ça titille un peu c'est qu'il y a un truc mais si c'est quelqu'un que tu trouves pas forcément chouette qui te donne un feedback pourri tu te dis ok c'est ton point de vue,
- Céline
merci bye bye j'insiste parce que je pense que ça ça vient avec la maturité mais en fait cette clé on peut l'avoir dès très jeune et il faut l'avoir dès très jeune je pense pour s'éviter pas mal de soucis sans transition quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui souhaite s'installer en Norvège ?
- Lucie
Elle en a donné un au début, ne pas venir au mois de novembre. Oui, septembre. Ne pas venir en automne.
- Alban
En automne. OK. Si vous venez et que vous aimez la neige, venez au mois de janvier, parce que comme ça, vous profitez de la neige. Et puis après, profitez du printemps. Équipez-vous de crampons.
- Céline
Oui, c'est important.
- Alban
Mais pas les petits crampons, les vrais crampons. Je dirais déjà réfléchir. Il faut réfléchir. Réfléchir à ce qu'on veut dans la vie. Parce qu'en fait, s'expatrier ou immigrer.
- Céline
C'est irré.
- Alban
Et migrer, et migrer, et migrer. Ce n'est pas un choix anodin. Et en fait, vraiment, l'herbe est la plus verte là où tu l'arroses. Donc, si vraiment, c'est que tu en as marre de ta vie, réfléchis pourquoi tu en as marre de ta vie. Est-ce que tu peux faire là où tu es pour vraiment te rapprocher de ce que tu souhaites ? Si déjà, tu aimes ta vie, mais qu'en fait, toi, tu as envie de grands espaces, tu as envie de neige, tu as envie de... Viens en Norvège et fais l'expérience. parce que déjà il y a la Norvège à Oslo il y a la Norvège dans le sud de la Norvège et puis il y a la Norvège dans la Cambrousse et c'est ce qu'on veut collecter d'ailleurs et aussi c'est pas du tout la même expérience si tu immigres en tant que jeune tout seul et avec une famille. Et quand on fait ce choix avec des enfants, ça a vraiment des conséquences. Et ça peut être compliqué. Il faut vraiment réfléchir à ce qu'on veut en tant que soi ou unité. C'est vraiment mon conseil. Après, chaque personne aime des choses différentes, donc je ne vais pas donner de conseils sur la Norvège. Mais c'est vraiment... Enfin, il faut réfléchir à ce qu'on veut.
- Lucie
Et est-ce que tu peux nous dire quelque chose que tu adores en Norvège ?
- Alban
Qu'est-ce que j'adore en Norvège ? Moi, j'adore... le fait que les Norvégiens aient une politesse différente que nous. Je sais que c'est très controversiel. Mais j'adore ce fait que leur politesse, c'est de laisser l'espace aux gens. Parce qu'en fait, moi, je suis une fausse extravertie. J'ai besoin de temps personnel pour me recharger. Et vivre en Norvège, c'est cognitivement et psychologiquement relax. Parce qu'en fait, on n'est pas obligé de dire bonjour aux gens dans le bus s'ils n'ont pas envie. Si on croise quelqu'un, on peut totalement l'ignorer. Ce n'est pas grave. Et le jour d'après, dire bonjour. Moi, des fois, le matin, je prends le bateau et je discute 30 secondes avec quelqu'un en rentrant dans le bateau. Et la personne, elle me dit j'ai envie de lire un livre pendant la traversée. Donc, je te souhaite une bonne journée.
- Céline
J'adore.
- Alban
J'adore. Si tu savais à quel point je kiffe. En France, ce serait très, très mal, je crois.
- Céline
Au début, pas facile. C'est pas intéressant. Tu te sens mal,
- Alban
mais après, tu dis je vais faire pareil.
- Lucie
en fait moi aussi la plupart du temps quand je me retrouve avec des collègues dans les transports je me dis ah mince je voulais faire mes trucs, appeler ma famille et c'est vrai mais en même temps s'ils ne me parlaient pas je dirais oh mais abusez, ils ne me parlent pas il y a cette dualité donc ça c'est un très bon point j'adore je pense qu'on a abordé plein de thèmes différents qui vont donner des clés Et... Ceux qui sont déjà là et ceux qui sont juste intéressés par la société norvégienne.
- Céline
Ou qui ont projeté de venir, oui.
- Lucie
Oui, ton expérience était super intéressante et merci d'avoir partagé avec nous.
- Céline
Merci pour ton authenticité, ton temps, c'est vraiment génial. Ça m'enrichit incroyablement d'avoir des invités, premièrement qui nous font confiance pendant la conversation, et puis bien sûr, comme on vient de le dire, au-delà. J'espère que ça va en aider beaucoup d'autres.
- Lucie
Merci à tous de nous avoir écoutés. Et puis, on vous dit... à bientôt chez nous sous les aurores si cet épisode vous a plu pensez à nous laisser une note et un avis sur votre application de coup de préféré ou un commentaire sur Youtube ça nous aide énormément à faire grandir le podcast merci et à très vite pour le prochain épisode