- Amandine
Le nombre de sages-femmes par shift est impressionnant par rapport à la France. C'est-à-dire que pour 16 lits, on était 4 sages-femmes le matin et 3 l'après-midi. En France, pour 16 lits, j'étais toute seule sur 12 heures.
- Alban
Oh punaise ! Bon, tu peux voir que c'est un sujet qui en est engage, toi.
- Amandine
C'est bien, mais c'est bien. J'avais peur de me dire qu'il faudrait que je trouve des questions, mais c'est bien parce que c'est vous qui les posez, les questions. Du coup, c'est plus naturel. j'avais rien préparé et au moins c'était spontané Salut, c'est Lucie.
- Alban
Salut, c'est Alban.
- Amandine
Bienvenue chez nous sur un nouvel épisode de Sous les Aurores.
- Alban
Aujourd'hui, nous recevons une personne dont la profession nous intéresse énormément parce qu'on a toujours tendance à comparer un peu comment ça se passe en France, comment ça se passe en Norvège. Donc, je ne vous en dis pas plus. Bienvenue chez nous.
- Amandine
Bonjour, je m'appelle Amandine. Je suis sage-femme. J'ai travaillé en France et après, j'ai déménagé en Norvège. Donc, je suis sage-femme depuis 16 ans. Et je suis en Norvège depuis 12 ans.
- Lucie
Est-ce que tu peux nous partager un culture-choc que tu as ressenti quand tu es arrivée en Norvège ? Le truc qui t'a le plus marqué à ton arrivée ?
- Amandine
Il y a beaucoup de choses qui m'ont marquée sur le plan culturel, la langue. Au début, quand je suis arrivée en Norvège, je n'ai pas travaillé tout de suite. Parce qu'il a fallu apprendre le norvégien. Donc au début, ça a été une intégration personnelle et culturelle. Avant de faire une intégration professionnelle, puisque j'ai travaillé en France en tant que sage-femme, et maintenant je travaille en Norvège en tant que sage-femme. Donc le choc a été sur les modes de vie plus relaxants, moins stressants, un quotidien assez apaisant.
- Lucie
Ouais.
- Amandine
Au plan personnel, avant de découvrir cette même différence sur le plan professionnel aussi.
- Lucie
Et tu viens d'où à la base en France ?
- Amandine
Alors j'ai grandi en Normandie, où j'ai fait mes études de sage-femme. Et comme il n'y avait pas de travail à la fin de mes études, j'ai travaillé à Paris pendant quatre ans.
- Alban
Et d'ailleurs, avant de rentrer dans le détail des différences, comment ça se passe en France et en Norvège, est-ce qu'on commencerait par les études en France de sage-femme, que tu nous expliques comment ça se passe ?
- Amandine
Alors les études de sage-femme en France, c'est d'abord une année en faculté de médecine, si c'est toujours actuel, en tout cas c'était le cas à mon époque. Donc une année commune médecine, dentaire, kiné, sage-femme. Moi, j'ai eu sage-femme. Et ensuite, quatre ans d'école de sage-femme. Maintenant, c'est passé à une année de plus d'école de sage-femme, puisque maintenant, ça intègre la gynécologie. Et je peux vous parler aussi des études en Norvège. En Norvège, il faut d'abord passer un diplôme d'infirmière, une école d'infirmière pendant trois ans, exercer son métier d'infirmière pendant un an, et ensuite demander à faire des études de sage-femme pendant deux ans.
- Alban
Ça me pose la question, est-ce que par exemple, en Norvège, pour expliquer un peu, il y a le système des stations de santé, des health stations. Exactement. Et on n'a pas vraiment des... C'est rare qu'on voit le pédiatre. On interagit beaucoup avec les health sisters qui, je crois, elles, est-ce qu'elles ont un diplôme d'infirmière ?
- Amandine
Elles ont un diplôme d'infirmière et elles ont fait des études supplémentaires de un an et demi pour être health sisters.
- Alban
Et est-ce que tu as parfois le cas de health sisters qui deviennent aussi sages-femmes ?
- Amandine
Pour refaire les études, du coup. D'accord. Ce sont deux études différentes. à la suite des études d'infirmière.
- Lucie
Donc tu fais tes études, tu commences à exercer à Paris ?
- Amandine
Oui, en tant que sage-femme.
- Lucie
D'accord, dans une maternité ?
- Amandine
Dans une maternité, et ça se passe très bien. Ça se passe bien, ouais. Au début, ça se passe très bien, sous le coup d'être contente d'exercer de façon autonome, d'avoir mon diplôme. Et puis au fur et à mesure des années, la joie baisse et les conditions de travail... Vraiment, on prend la réalité en face avec les gardes de 12 heures, 50% jour, 50% nuit. Il n'y a pas de week-end. On a un week-end libre quand ça tombe sur nos jours de repos. Il n'y a pas vraiment de vie sociale et de vie de famille. À l'époque, je n'avais pas encore d'enfant. Vraiment envisageable dans ce mode de travail.
- Lucie
C'est très, très intense.
- Amandine
C'est très intense, voilà. Donc au début, je suis assez jeune, je le tolère bien. Mais après, c'est plus émotionnellement. d'enchaîner les jours, les nuits. On prend des heures sup parce qu'on manque de sages-femmes. Et la charge de travail est assez intense. En tant que sages-femmes, on se retrouve parfois tout seul ou avec une collègue la nuit pour plusieurs salles de travail.
- Lucie
Tu t'es retrouvée dans des situations vraiment compliquées.
- Amandine
Et puis, comme dans le métier de sages-femmes partout dans le monde, il y a aussi des situations d'urgence assez difficiles. Et moi, j'ai eu du mal à tolérer certaines situations. Donc, au bout de quatre ans, je me suis remise en question en me disant qu'est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce que je vais faire ? je dois travailler comme Sacha Maier ou changer de métier. Et puis là est venue l'idée de mon mari de venir en Norvège, puisque son travail lui a proposé un poste à Oslo. Et là, j'ai dit, ça tombe bien. J'ai besoin de changer. On va tester quelque chose de nouveau. Mais je veux continuer mon métier de sage-femme en Norvège.
- Lucie
D'accord, donc tu es partie dans l'idée, il faut que j'arrive à continuer mon métier même en Norvège. Ok, trop bien. Gros challenge aussi.
- Alban
Est-ce que tu avais un peu peur à la base, notamment à cause de la langue ?
- Amandine
Je parlais pas très bien anglais, donc j'ai appris l'anglais aussi en même temps. C'était un peu nouveau, mais j'avais besoin de ce challenge. pour avancer professionnellement et personnellement dans ma vie. Donc j'ai commencé par apprendre le norvégien toute seule et après j'ai eu des cours payés par l'entreprise de mon mari parce que le but était qu'il voulait qu'on reste. Donc pour qu'on reste, il fallait que je travaille et que j'apprenne le norvégien. Donc on s'était mis d'accord. Et donc j'ai vraiment fait que ça pendant entre 6 et 9 mois.
- Lucie
Quand t'es arrivée ?
- Amandine
Quand je suis arrivée, du matin au soir, j'ai révisé mon norvégien. chacun a ses méthodes, mais pour moi, ça a été beaucoup écouter des podcasts, regarder des séries en norvégien, sous-titrés norvégiens, et parler le plus possible, m'intégrer à des petits groupes.
- Alban
Et justement, comment tu l'es trouvé, ces petits groupes ?
- Amandine
J'ai trouvé un échange avec une jeune femme qui voulait apprendre le français. On se voyait une fois par semaine, on faisait des échanges linguistiques, c'était très intéressant. Et dès que je pouvais, je pratiquais le norvégien.
- Alban
C'est super.
- Lucie
Il y a aussi les sprogs café.
- Alban
C'est ça, un peu que tu t'es organisée.
- Amandine
On avait fait un échange qui a duré même deux ans. Même quand je travaillais, on a continué. Parce que même quand j'ai commencé à travailler, je parlais bien norvégien, mais ce n'était pas encore parfait. Donc, j'ai continué à progresser. D'accord,
- Alban
tu as pu commencer à travailler, mais après,
- Amandine
tu as encore été plus à l'aise.
- Alban
Je te pose une question justement, parce que j'ai repris mes cours de norvégien. Ça fait un an. Donc maintenant, j'avais fait des cours un peu théoriques 1 à 2. Maintenant, je suis en cours 1 to 1. Et je trouve que ça fait un an et que ça m'aide à m'améliorer, notamment aussi parce que... Comme tu dis, j'ose davantage parler norvégien, ne serait-ce qu'avec l'école. Parce que pour l'instant, les filles, en tout cas, sont dans le système norvégien. Et la prochaine étape, c'est en fait parler encore davantage. Et donc, je suis en train de voir, pour m'organiser mon petit tandem de langues. Tu penses que tu t'améliores via ces conversations aussi ?
- Amandine
Oui, complètement. Et après, j'ai pu commencer à travailler au bout d'un an, après notre arrivée en Norvège. Et là, en rentrant dans le milieu, du coup, non seulement norvégien, mais médical. J'ai progressé aussi sur le plan du vocabulaire médical, ça que je n'avais jamais réussi vraiment à apprendre par moi-même. Donc, en fait, quand j'ai commencé à travailler, pendant trois mois, j'étais en test, en SPROC, en stage de SPROC. Donc, je n'ai pas été payée, mais j'ai pu rentrer dans l'hôpital et là, vraiment progresser, puisque tous les jours, du matin au soir, je parlais avec mes collègues norvégiennes. Ce n'était plus à la maison avec mes podcasts et mes séries. C'était vraiment la vie réelle. Voilà, et là, j'ai progressé.
- Lucie
Attends, ça, ça m'intéresse beaucoup, mais j'aimerais juste revenir un peu en arrière et savoir, est-ce que tu t'es préparée spécialement quand tu étais encore en France avant de venir en Norvège ?
- Amandine
Je n'ai pas eu le temps. Non, d'accord, ok. En deux, trois mois, on avait quitté la France. Donc,
- Lucie
tu ne savais même pas si c'était facile, s'il fallait des équivalents ? Je le savais dès que,
- Amandine
dans nos études, ils nous en avaient parlé, notre diplôme de sage-femme est reconnu dans l'Europe. Moi j'avais dit à mon mari, si on quitte la France, il faut rester en Europe. Parce que je voulais quand même exercer ce métier en Europe, le tester en dehors de la France.
- Lucie
C'est bon à savoir ça. Oui,
- Alban
hyper intéressant.
- Lucie
Parce qu'il y a plein de métiers. Du coup,
- Alban
c'est peut-être pour ça aussi que la Norvège vient, notamment dans les zones retirées, vient chercher parfois des infirmières françaises.
- Amandine
Oui.
- Alban
Des infirmiers et infirmières françaises. Oui,
- Amandine
beaucoup aussi danoises et suédoises.
- Alban
D'accord,
- Amandine
ok.
- Alban
Moi, j'ai envie de revenir rapidement, en tout cas, peut-être sur cette période de trois mois. C'est intéressant. En fait, on va dire, est-ce que tu n'avais pas encore d'autorité médicale, mais tu étais autorisée à...
- Amandine
J'étais autorisée à exercer. Pour être autorisée à exercer en Norvège, j'ai fait une demande. J'ai envoyé plein de papiers et la demande a été acceptée au bout de quelques mois. C'est simplement administratif. Je n'ai pas dû prouver que je parlais norvégien. Je n'ai pas eu besoin de ça. simplement de montrer une preuve d'exercice en France, le diplôme et une preuve de mes études. Et après, j'ai postulé à un poste à Ullevål et on m'a reçu en entretien. Et après, elle m'a rappelé, la chef m'a dit, ton Norvégien est un petit peu juste pour avoir ce poste. Et je lui ai dit, oui, je m'en rends compte. Mais est-ce que vous accepteriez de me prendre en stage ? Au moins, j'accepte de ne pas être payée. Et elle m'a dit, oui, on avait aussi pensé à ça. Et c'est comme ça que... Génial.
- Alban
Ça me remue, quoi, parce que c'est un pétard de challenge, quoi. C'est tout le coup. Et en même temps, une preuve de confiance dans les deux sens.
- Amandine
Dans les deux sens.
- Lucie
Je trouve ça bien qu'ils te donnent quand même l'opportunité.
- Amandine
Alors, il y a tellement besoin de stage femme à l'hôpital. Il faut savoir qu'elle s'est dit aussi, si je lui donne cette chance et qu'après, elle rentre dans mon service, c'est une chance d'avoir une personne en plus. D'accord.
- Lucie
Il y a vraiment un besoin, quoi.
- Amandine
Il y a un besoin. Il y a un gros besoin. Il y a un grand manque, Donc, de toute façon, d'infirmiers aussi, de sages-femmes, d'aides-soignants.
- Alban
Et même pour Oslo.
- Amandine
Même pour Oslo, bien sûr.
- Alban
Et comment ça se passe un peu tes premiers temps, même ton premier jour ?
- Amandine
Très pressant et très fatigant d'être baigné dans le monde norvégien, parce que c'est tout nouveau. J'ai été accueillie par une super sage-femme franco-norvégienne. J'ai essayé de lui dire de ne me parler pas trop français. J'ai beaucoup progressé avec elle. J'avais cette sage-femme en tuteur et une autre sage-femme qui avait un accent de Trondheim. Ce n'était peut-être pas la meilleure collègue à me mettre en tuteur, mais j'ai beaucoup évolué. Après, j'ai beaucoup appris sur le métier de sage-femme en Norvège. On pourra reparler de ça, mais il n'y a vraiment pas de grosse différence sur le métier de sage-femme en France et en Norvège. sur vraiment ce que la sage-femme fait en elle-même, plutôt sur la charge de travail. Elle est différente. Mais du coup, j'ai beaucoup appris. Et après, au bout de ces trois mois, on m'a donné un contrat, un CDD, et après un CDI. Le
- Alban
Graal, du coup. Le Graal, c'est le CDI.
- Amandine
Je ne crois pas revenir dessus, mais le CDI, je l'ai signé enceinte de six mois.
- Alban
Putain.
- Amandine
Oui. En France, ça aurait été impossible. Et voilà. Exactement.
- Lucie
Même si en France, j'imagine qu'on a besoin aussi de... Oui. Comme je disais, on a besoin aussi de sages-femmes et tout,
- Amandine
mais ça ne se ferait pas. Posé peut-être plus de problèmes pour un congé maternité plus court en France. Oui, exactement.
- Alban
C'est fou.
- Lucie
En tout cas, ces trois premiers mois se passent bien. Tu enchaînes. Est-ce que tu peux nous rappeler quelles sont les responsabilités d'une sage-femme ?
- Amandine
Là où j'étais embauchée, c'était en suite de couche. On dit le barschall en norvégien. Je suivais des mamans et des bébés dans leur premier jour après l'accouchement. Donc la sage-femme est là pour essentiellement, en Norvège, aider pour mettre en place l'allaitement, prendre l'attention, surveiller les saignements, surveiller que la maman va bien, et aussi on s'occupe du bébé, surveiller l'état, l'évolution du bébé. En France, la différence avec la France, c'est que c'est beaucoup plus médicalisé. On va prendre l'attention trois fois par jour. En Norvège, on ne prend l'attention qu'une fois par jour. On s'occupe très peu de l'allaitement en France, on n'en a pas le temps. Ici, il y avait vraiment beaucoup de temps à accorder au couple mère-enfant. Et j'ai trouvé ça incroyable.
- Lucie
Est-ce qu'on te donne des cours sur l'allaitement ? Oui,
- Amandine
on me donne des cours. Vu mon parcours en France, la chef savait que je m'y connaissais en accouchement, en suite de couche. Mais de toute façon, ils veulent que toutes les sages-femmes aient des cours d'allaitement. Donc, on m'a donné un livre à lire en danois que j'ai dû lire.
- Lucie
Un autre challenge ?
- Amandine
Un autre challenge. Et après, on m'a donné une fiche de questions à remplir pour savoir si j'avais bien compris ce livre. C'est un livre sur l'allaitement. Je dois répondre à des questions. J'étais un petit peu stressée, mais on m'a dit non, c'est sans stress. T'inquiète pas, c'est juste pour discuter. Et après, on m'a vite inscrit trois, quatre mois après à des cours en physique sur l'allaitement sur quatre jours.
- Lucie
C'est bien ça, parce que je me dis au moins la connaissance est homogène. Parce que moi, ce que j'entends de mes amis encore aujourd'hui, c'est que parfois, elles ont des conseils un peu contraires quand elles sont à la maternité sur l'allaitement. Et que du coup, ça peut être un peu... perturbant, parce qu'on te dit quelque chose, puis après il y a quelqu'un d'autre qui vient te voir et on te dit autre chose, et du coup tu sais pas trop comment faire.
- Amandine
Et puis aussi, là aussi nos expériences personnelles, je dis pas les mêmes choses quand j'ai commencé en tant que sage-femme ici, parce que c'était avant d'avoir des enfants, et maintenant j'ai pas le même discours. D'accord. Mais on essaye d'expliquer aux patientes qu'il faut qu'elles s'adaptent aussi à la sage-femme qu'elles rencontrent, qui a sa propre expérience, et que tous les conseils ne sont pas mauvais, mais ils peuvent être différents, et il faut que la maman à... apprennent à faire un petit peu son tri.
- Lucie
Ce qui lui convient, ce qu'il pense qu'il peut convenir ou pas.
- Alban
C'est intéressant. Est-ce que cette petite prévention, on va dire, vous la faites en général avant la naissance ou peut-être au début ?
- Amandine
Ça commence avant la naissance, pendant la grossesse. C'est bien ça, oui. Par des cours pour les patientes. Quand on est en rendez-vous avec la patiente, on en parle aussi, en tête à tête.
- Alban
Donc ça, est-ce que ça se fait dans le suivi qu'on peut choisir de faire en health station avec une sage-femme ?
- Amandine
Exactement.
- Alban
C'est bien parce que... Moi, je me rappelle que pour Gisèle, malheureusement, on avait appris ce suivi qu'il fallait demander avec la sage-femme. Parce que sinon, c'est seulement le médecin généraliste. Mais alors là, c'est plus que ça. Et donc, on avait peut-être fait un ou deux rendez-vous avec une sage-femme. Oui,
- Amandine
on est arrivé super tard.
- Alban
Et on ne savait pas trop dans quoi on se lançait quand tu as voulu essayer l'allaitement. Tu as eu un premier enfant en décembre. Et c'est vrai que les sages-femmes de Ulle-les-Volles ont été au top. mais on avait pareil un peu ces conseils différents et c'est un peu dur pour nous de processer tout ça sur une première fois donc c'est vrai que avec le recul s'il y a maintenant un échange qui est fait en plus en amont pour voilà en fonction de toi les conseils leur propre la propre histoire de chaque sage-femme c'est bon pour les mères je pense.
- Amandine
Exactement.
- Lucie
Est-ce qu'en France il y a des conseillères en lactation ? Est-ce que tu sais si ça existe ? Oui ça existe oui.
- Alban
Une question qui fuse.
- Amandine
Bien sûr.
- Alban
Est-ce que du coup, tu travaillais à l'hôtel des parents à Ulle-les-Vols ?
- Amandine
Exactement. Trop bien. Est-ce que tu peux rappeler ce que c'est l'hôtel des parents ? Attends, je vais le porter à
- Alban
Amandine, c'est la mieux placée.
- Amandine
C'est un super service de suite de couches. Les chambres sont pour un couple, le papa, la maman et le nouveau bébé. Et ils ont leur propre chambre. C'est un petit peu comme à la maison, avec un lit double, leur propre salle de bain. c'est vraiment très cocooning. Ça ne fait pas du tout médicaliser ? Non. Par contre, il y a aussi le service de suite de couche classique pour les femmes qui ont des complications après l'accouchement, où là, ce sont des chambres doubles, mais c'est plus médicalisé, mais parce qu'il y a ce besoin. Et du coup, il y a plus de sages-femmes. Alors que dans le Bar Shull Hotel, les suites de couche plus cocooning, il y a moins de personnel parce qu'en général, ce sont des accouchements qui se sont bien passés et des mamans qui ont moins ce besoin au niveau médical.
- Lucie
Exactement. tu accouches, si ça se passe bien, dans les 20... Dans les quelques heures.
- Alban
Les heures, tu te mets debout. Deux heures après... Et ce qui est fou, c'est que tu traverses ce couloir et tu arrives dans cet hôtel qui...
- Amandine
On ne se croirait plus à l'hôpital.
- Lucie
Exactement. C'est très chaleureux. Mais ce qui est bien, ce qui est hyper rassurant, c'est que tu sais que tu peux appeler et tu as une sage-femme qui va... pouvoir venir te voir.
- Alban
Elles sont dans le couloir en plus. Il n'y a pas ce couloir à traverser. Elles sont disponibles.
- Amandine
Ça reste un service médicalisé à l'hôpital, mais ça fait très à la maison.
- Alban
Ce n'est pas mis en avant. Ce qui est mis en avant, ça va être la famille.
- Lucie
Et la maman ne paye pas pour ce service.
- Amandine
Elle ne paye pas. Seulement le papa va payer ses unités parce que ça inclut les repas pour le papa, mais pour la maman, tout est pris en charge par la Norvège.
- Lucie
C'est incroyable.
- Amandine
Ce n'est pas comme en France où il y a ce système d'hôpital privé, de clinique privée où la maman doit payer sa chambre. En Norvège, ça n'existe pas.
- Lucie
Mais du coup, cet hôtel, de ce que j'ai compris, ce n'est pas forcément dans tous les hôpitaux. Dans toutes les maternités.
- Amandine
Non, ce n'est pas partout. Exactement.
- Lucie
Donc, si on veut y avoir accès, il faut se renseigner.
- Amandine
Se renseigner en avance. Exactement.
- Lucie
D'accord.
- Alban
D'ailleurs, on a cru comprendre qu'Ulle-les-Volles n'allait pas rester.
- Amandine
Il y a le projet de déménager vers 2031. Je suis en train de construire un nouvel hôpital.
- Alban
D'accord, donc quand même dans les années qui viennent, il va toujours y avoir une lévole principalement, donc il y a l'hôpital, un des hôpitaux pour les naissances, et aussi cet hôtel devrait rester ?
- Amandine
J'espère,
- Alban
oui. Nous aussi, même si bon, normalement, on s'en va être là, mais on a tellement eu des bonnes expériences. C'est tellement une richesse incroyable.
- Lucie
D'ailleurs, tu disais qu'on y avait été quelques heures après pour Gabriela, mais pour notre première. Vu que j'avais eu des petites complications, j'avais fait une nuit à l'hôpital. Et franchement, la première nuit, la faire toute seule à l'hôpital avec son bébé, ou la faire dans l'hôtel avec le papa, son conjoint et tout, ça fait la diff aussi. Ah ouais, mentalement. Moi, ça m'avait tout de suite stressée et tout. Puis généralement, t'es pas en forme si tu restes à l'hôpital. Donc ouais, c'est vraiment... vraiment trop bien quand tu peux y avoir accès direct. Est-ce que tu peux nous dire, toi, en tant que professionnelle, qu'est-ce que tu aimais particulièrement dans cette profession, à l'hôtel, dans cette partie de suite de couche ?
- Amandine
Ce que j'aimais, c'était déjà, ils m'ont accueillie au début. Ils m'ont permis de rentrer dans le monde professionnel. Comme ils m'avaient offert ce stage de langue, c'est là que j'ai commencé. Et j'ai aimé aussi l'accueil au niveau des collègues. On était vraiment comme une petite famille. avec toutes les collègues sages-femmes. Et le métier était... Il y a du travail, on ne va pas se mentir, mais la charge de travail est quand même beaucoup moins intense qu'en France.
- Lucie
Est-ce que tu peux nous faire un peu une comparaison ? Parce qu'en France, tu t'expliquais le rythme des gardes. Oui.
- Amandine
Alors déjà, les horaires, on est en 3-8 et pas en 2-12. Donc, c'était le shift du matin, de l'après-midi et de la nuit. Moi, j'avais du mal à rester 12 heures au travail en France puisque les trois dernières heures, j'avais du mal à fonctionner. Donc là, rester 8 heures au travail, c'était parfait. Et on voit que quand il y a un shift, une équipe plus fraîche va arriver. Et donc, plus à même de prendre en charge les patientes. Et le nombre de sages-femmes par shift est impressionnant par rapport à la France. C'est-à-dire que pour 16 lits, on était 4 sages-femmes le matin et 3 l'après-midi. En France, pour 16 lits, j'étais toute seule.
- Alban
Oh punaise !
- Lucie
Ah ouais, sacré diff.
- Amandine
Voilà, sur 12 heures.
- Lucie
Incroyable.
- Amandine
Alors avec une auxiliaire puéricultrice qui s'occupe des bébés, mais la sage-femme est toute seule pour son service. Donc là, c'est là qu'on se dit, oui, il y a une différence. Donc on a moins de patientes à charge, donc plus de temps par patiente.
- Lucie
Ouais, tu peux vraiment prendre ton temps avec chaque patiente, c'est-à-dire qu'ils en ont vraiment besoin.
- Alban
Les conditions sont vraiment... Toi, ça t'a changé ?
- Amandine
Ça m'a beaucoup changé. j'imagine que tu vois ton métier différemment aussi et on continue à avoir contact avec nos amis en France et mes amis sache-femme et c'est là qu'on voit le fossé qui s'agrandit et on se rend compte vraiment du coup parce qu'au fil des années c'est un argent et puis de se rendre compte en étant en Norvège qu'on fait le bon choix sur le moment et j'ai une question
- Alban
pour savoir un peu s'il y a des gens qui seraient intéressés par peut-être venir exercer ici, en termes de niveau de vie, est-ce que tu dirais que tu gagnes mieux ta vie en Norvège ou est-ce que ça compense en gros un peu juste le fait que la vie ici soit plus chère comparée à la France ?
- Amandine
Je gagne quand même mieux ma vie en Norvège. C'est surtout que les gardes de nuit, les week-ends et les travailler le soir après 15 heures, c'est très bien payé. En France, c'était très peu reconnu. C'est vraiment ridicule. supplément qu'on donne par heure pour travailler de nuit. Et il n'y a pas de supplément pour travailler du soir, après 15 heures. Et le week-end, c'est très, très peu payé. Alors qu'en Norvège, c'est vraiment bien payé. Donc, si une personne est très motivée pour faire du shift, faire des nuits, des soirées, c'est vrai que ça rapporte bien.
- Alban
D'accord, donc tu peux avoir, si tu veux, pendant une période, cette flexibilité de te dire que tu peux travailler plus, tu gagnes plus.
- Amandine
Exactement. Alors, le niveau de vie est élevé en Norvège. On ne va pas se mentir. Donc, le salaire est plus élevé. Mais en comparaison, on vit bien aussi ici.
- Alban
Et en plus, après tout ce qui est, on va dire, moins quantifiable, comme on venait de le dire, la qualité du temps, des relations.
- Amandine
Que ce soit au travail ou pour notre propre vie personnelle aussi.
- Lucie
Et est-ce qu'on pourrait revenir un peu et faire le déroulé d'une grossesse et d'un accouchement en Norvège ? Et peut-être voir à chaque fois les différences avec la France, il y en a. Il y en a peut-être à toutes les étapes.
- Amandine
Donc déjà, quand en Norvège, on découvre qu'on est enceinte, en général, on contacte sa sage-femme à la health station ou alors son médecin traitant pour le tout premier rendez-vous. On a ce rendez-vous, on fait un petit point sur la personne, comment elle se sent, on reçoit des petits conseils alimentaires, il y a une prise de sang qui est faite. Là, c'est à peu près pareil aussi en France. Attends, mais dès le début ?
- Lucie
Parce que moi, on ne m'avait pas fait de prise de sang.
- Alban
Je vais peut-être regarder avec un sourire un peu bête parce qu'il y a une anecdote qu'on aime bien raconter. C'est quand Lucie apprend qu'elle est enceinte et elle va chez le médecin généraliste et elle lui dit, je pense que je suis enceinte, j'ai fait mon test, est-ce que je peux faire ma prise de sang ? Enfin, très réflexe français. La médecin généraliste lui dit, vous avez fait un test ? Oui. Vous êtes enceinte. en gros Elle lui a fait faire un test, elle n'avait pas eu de prise de sang. Donc, c'est intéressant de voir.
- Amandine
Ça dépend peut-être des cabinets de médecins.
- Lucie
Il y a des cas qui font des prises de sang. OK, bon, c'est bon à ce moment-là.
- Amandine
Et ensuite, le médecin ou la sage-femme envoient une demande à un hôpital pour avoir une place d'accouchement et pour avoir les échographies, du coup, de grossesse. Donc, en Norvège, il y a deux échographies. Alors, quand je suis arrivée, il n'y en avait qu'une seule.
- Lucie
Oui, c'était le cas pour notre promenaire.
- Amandine
Exactement, à quatre mois de grossesse. et maintenant il y en a deux, on va dire quatre mois et demi. À trois mois, il y a quatre mois et demi de grossesse. Et en France, il y a trois échographies. On en rajoute une au septième mois.
- Lucie
Et tu sais pourquoi cette différence ? Pourquoi en Norvège, ils pensent qu'il n'y a pas besoin de cette troisième échographie ? Oui,
- Amandine
alors moi, j'ai toujours du mal à comprendre pourquoi, puisque comme j'ai travaillé en France, je voyais l'importance de cette troisième échographie. Mais en Norvège, ils estiment qu'on peut suivre la croissance du bébé par l'extérieur, par le toucher. par la mesure du ventre, et on écoute le cœur du bébé tous les mois.
- Lucie
Et ça, ça suffit du coup à voir s'il y a un problème ou pas ?
- Amandine
Ça suffirait, oui. Ça ne fait pas tout, mais ça pourrait suffire, oui.
- Alban
Ça suffit quand ça se passe bien peut-être ? Ça suffit quand ça se passe bien.
- Amandine
Alors certaines patientes ont une troisième échographie.
- Alban
Si à la deuxième échographie,
- Amandine
on a besoin de faire un contrôle, et il arrive que des fois elles viennent pour ce contrôle, mais on découvre autre chose. Et c'est là qu'on se dit peut-être qu'en fait, une troisième échographie ça aurait pu être pas mal. Mais c'est vrai que ce n'est pas tout le temps nécessaire. Ça n'a pas été prouvé, en tout cas dans les études, que c'était nécessaire.
- Alban
Est-ce que tu peux nous dire, peut-être simplement, en gros, à chacune de ces échographies clés, qu'est-ce qui va être regardé ?
- Amandine
La première échographie, qui est à trois mois de grossesse, à peu près à douze semaines d'aménorée, on est là pour voir le risque d'anomalies chromosomiques. chez le petit fœtus en mesurant la nuque, en regardant l'os du nez et puis en même temps on peut voir un peu s'il se développe bien et aussi surtout dater la grossesse c'est la première échographie même si beaucoup vont dans le privé mais ça reste quand même la première échographie pour la plupart des personnes. Oui alors qu'en France généralement t'as peut-être fait une échographie de datation avant voilà donc ça c'est l'échographie de datation en Norvège à 3 mois, on va dater la grossesse et puis voir le nombre de fœtus qu'il y a aussi, ça peut être la découverte des jumeaux ça c'est vrai,
- Alban
surprise enfin ouais Merci. Pour moi, oui.
- Amandine
Et à plus de 35 ans, on leur propose la prise de sang, le NIP test. Ce n'est pas du tout pareil que la myosynthèse, c'est une prise de sang pour analyser l'ADN du fœtus dans le sang de la maman et voir si le petit fœtus peut être atteint d'une anomalie chromosomique.
- Lucie
Donc, c'est plus poussé que la mesure de la nuque ?
- Amandine
C'est complètement différent. La mesure de la nuque n'est pas un diagnostic que la prise de sang va vraiment donner une réponse.
- Alban
Mais du coup, quand tu parles d'anomalies chromosomiques, parce qu'on parle, nous, on est familier, on va dire, avec la trisomie en général, ce qui est quelque chose qui est à regarder, est-ce que du coup, ce NIP test, c'est beaucoup plus que la trisomie ?
- Amandine
Alors, c'est trois trisomies qui sont testées, 13, 18 et 21 en Norvège. Et alors qu'en Suède et au Danemark, il y a beaucoup plus. plus de choses qui sont testées.
- Alban
Par contre, le NIP test en Norvège, ce sont ces trois choses qu'on regarde. D'accord.
- Lucie
Vous nous avez proposé de faire ce test en Suède. Du coup, c'était très cher. Il fallait payer. Et ça, c'est pareil qu'en France ? Au niveau des tests, pour la première épographie ? Oui. Et donc, si tout se passe bien, tu vas jusqu'à la deuxième épographie,
- Amandine
qui est vers 18 semaines d'aménorée, à 4 mois et demi, 5 mois de grossesse. Et là, c'est vraiment pour regarder si tous les organes sont en place, si le fœtus grandit bien.
- Lucie
Et sur les échographies, ça, tu le fais à l'hôpital. Tu ne le fais pas avec ta sage-femme que tu vois...
- Amandine
La sage-femme a fait une formation supplémentaire d'un an pour les échographies. Et c'est pareil aussi en France et en Norvège. Les sage-femmes passent un diplôme complémentaire.
- Lucie
D'accord.
- Amandine
Donc,
- Lucie
il ne faut pas qu'on soit surpris. En fait, l'hôpital va nous envoyer un rendez-vous.
- Amandine
Oui. dans cette semaine-là pour aller à l'hôpital et faire l'échographie. Et à côté, on a notre rendez-vous de suivi avec notre sage-femme à l'ALC Stagio. Exactement.
- Alban
Là, on peut déjà donner un petit conseil. C'est de... Donc, si vous êtes en Norvège et que vous êtes enceinte et que vous rencontrez votre médecin généraliste, demandez ce suivi sage-femme directement parce qu'il va commencer à partir de quand à peu près ?
- Amandine
Alors, souvent, il commence après cette deuxième échographie vers 24 semaines d'aménorée.
- Alban
Oui.
- Amandine
il faut que la patiente d'elle-même contacte la health station de son quartier pour avoir le rendez-vous avec la femme. Voilà,
- Alban
c'est cette nuance qui est importante de connaître parce que pour le coup, une fois qu'on a enregistré comme si j'étais enceinte moi.
- Lucie
Oui, c'est bien des prêtes.
- Alban
C'est toi qui prend le temps, le troisième. Une fois qu'on a enregistré en tant que femme enceinte, je trouve que tout a été toujours très fluide, automatique, les systèmes marchent super bien. Comme tu dis, on reçoit ses convocations, on n'a aucune question à se poser. par contre, je trouve qu'il y a un peu un blind spot sur cette demande d'être suivie par la sage-femme.
- Lucie
Il faut le démarrer. Il faut que tu contactes Aïl Sestachoun pour pouvoir avoir ce premier rendez-vous qui va déclencher tout le déroulé. Moi, ce que je n'avais pas fait, parce que ma médecin ne me l'avait pas dit, elle me disait, reviens me voir, reviens me voir. J'étais là, bon, c'est que... Voilà. Et du coup, aussi, je pense que la différence avec la France, j'ai l'impression que le suivi commence plus tôt. Ça me paraissait long d'attendre 24 semaines pour... Oui. pour voir la sage-femme.
- Amandine
Après, c'est la sage-femme une fois par mois. Et du coup, la sage-femme prend ses rendez-vous avec un temps vraiment pour parler avec la patiente. Et il y a un aspect vraiment sur le bien-être de la femme enceinte, à la fois psychologique, sur ce qu'elle ressent, sur son projet d'accouchement, son projet d'allaitement. C'est pour ça que c'est vraiment la différence entre la sage-femme et le médecin généraliste qui va être là.
- Lucie
Oui, parce que le médecin généraliste, c'est 15 minutes.
- Amandine
C'est très médical.
- Lucie
Le ventre a grossi. Oui, non, au revoir.
- Alban
Il n'y a pas d'aspect relationnel, psychologique, émotionnel.
- Amandine
D'ailleurs, j'ai déjà raconté 50 fois cette anecdote. Mais bon, la première, je ne savais pas.
- Lucie
Je parle à ma médecin généraliste. Dans les 15 minutes, j'ose lui demander, excusez-moi, mais est-ce qu'il y a des cours de préparation à l'accouchement ? Et elle me dit, pour préparer quoi ? Je dis, bah, le... quand j'arrive à l'hôpital, ce que je dois faire, comment je dois faire, comment je dois respirer et tout. Et elle me dit, ah oui, vous inquiétez pas, quand vous arriverez à l'hôpital, ils vous expliqueront tout.
- Alban
Ça peut surprendre quand même.
- Amandine
C'est très surprenant, oui.
- Alban
Sur la troisième échographie ?
- Amandine
En France.
- Alban
Elle, qu'est-ce qu'on regarde normalement ?
- Amandine
La croissance. La croissance, le foetus et regarder l'anatomie rapidement, mais ça a déjà été vérifié à la deuxième échographie, mais surtout la croissance, la quantité de liquide.
- Alban
D'accord.
- Amandine
quelque chose qu'en Norvège, on estime qu'on peut quantifier par le toucher et la mesure du ventre.
- Lucie
Mais la quantité de liquide, on arrive à faire ça par l'extérieur ?
- Amandine
Oui, on peut sentir.
- Alban
C'est fou. Mais en même temps, c'est vrai qu'ici, nous, on n'a eu que des expériences norvégiennes, On n'a pas d'expérience avec des sèches comme en France.
- Amandine
Mais je trouve qu'il y a vraiment ce... Quand tu avais tes rendez-vous avec la sage-femme, tous ces touchés, ces mesures... Pour moi, le fait que ce soit moins médicalisé, en tout cas, quand tu regardes, que des gestes, c'est assez mystique, un peu. Je trouve ça beau, cette connaissance.
- Alban
Quand elle regarde, elle me dit « Oh, il y a la tête là ! » « Je sens son pied là ! » Je le touche tout le temps, mon ventre, et je ne sens pas tout ça, moi. On parlait du suivi. Est-ce qu'il y a des sujets spécifiques que vous devez aborder avec les patientes ? Est-ce que vous êtes formé à détecter aussi les dépressions prénatales, les choses comme ça ? Ou informé aussi sur les dépressions postpartum ?
- Lucie
Oui, exactement. C'est prévu à chaque rendez-vous par semaine de grossesse des thèmes à aborder. Le dépistage de la dépression du postpartum, ça va avec des questions sur le passé de la patiente. On a un petit livre qui informe et qui prévient à mettre en place une communication avec son partenaire, que le partenaire puisse détecter les signes de la dépression et alerter la sage-femme ou la health sister. Et il y a aussi un rendez-vous prévu pour parler de l'accouchement, faire une sorte de préparation à l'accouchement, mais c'est plus individuel avec la sage-femme. Et aussi mettre en place des cours de préparation à l'accouchement en ligne par les health stations. Et aussi une séance pour l'allaitement. Donc à chaque séance, il y a des choses, des thèmes à aborder.
- Alban
Et pour la préparation à l'accouchement en elle-même, il me semble qu'en France, tu as des rendez-vous à l'hôpital et tu as un peu des cours avec quelqu'un qui te montre comment respirer. Ça peut être seul ou en couple. Comment ça se passe en Norvège ?
- Lucie
En Norvège, il n'y a pas ça, malheureusement. Ça peut être le seul manque dans la différence France-Norvège. C'est qu'en France, on propose des cours de préparation à l'accouchement. qui sont payées, qui sont incluses dans le suivi de grossesse. Et en Norvège, il n'y a pas ça. C'est les health stations qui doivent mettre ça en place individuellement. Que ce soit un cours physique à l'health station ou alors en ligne. Sinon, il y a des cours privés aussi. Mais les femmes doivent payer. Ça, c'est un petit peu dommage.
- Alban
D'accord, ok. C'est intéressant parce que nous, du coup, c'est vrai que je me renseignais. J'avais l'impression que je ne trouvais pas... On m'avait parlé des vidéos, mais du coup, c'était en norvégien. Donc, j'avais cherché autre chose.
- Amandine
puis on avait même les repères On était parti en mode d'autonomie et tout ça.
- Lucie
Et voilà, ici,
- Amandine
c'est pas encore...
- Lucie
C'est pas développé. C'est juste le côté un petit peu négatif, c'est qu'il va manquer tout ça.
- Alban
Les suivis qui sont un peu parallèles, on va dire. Médecine douce, je sais pas comment on appelle ça, mais ouais. Elles sont très populaires en France maintenant, les cours d'autonomie. Hypnonescence, tous les choses, l'accouchement par l'hypnose et tout. développe beaucoup en France. Et oui, du coup, j'étais surprise parce que moi, je cherche tout ça, je ne trouve pas. Après, je me dis, est-ce que je peux chercher un cours de préparation à l'accouchement classique ? Après, on sortait du Covid, donc je me disais, c'est peut-être à cause du Covid, ils ne font pas de cours. Et puis après, elle m'a expliqué qu'il y avait ces vidéos. Par contre, ce qu'on a pu trouver, si ça intéresse certains, on a pris une doula qui, du coup, nous a expliqué un peu le suivi et nous a fait un peu une petite de... formation de préparation à l'accouchement. Pour le coup, ça s'est développé en Norvège. Il y a des doulas alors qu'il y a d'autres professions qui ne sont pas encore ici. Quand c'est le jour J, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que tu sais un peu comment ça se passe ?
- Amandine
C'est trop intéressant d'avoir le backstage. Votre côté.
- Lucie
Qu'est-ce qui se passe ? La patiente arrive en salle de naissance. C'est tellement variable selon l'état dans lequel elle arrive. Est-ce qu'elle a des contractions ? Est-ce qu'elle a perdu les os ? En tout cas, la patiente rencontre une sage-femme qui sera sa sage-femme pendant le shift de la sage-femme, donc pendant le temps qu'elle est là. Après, au prochain shift, elle aura une autre sage-femme. Le seul inconvénient par rapport à la France, c'est qu'on change plus souvent de sage-femme puisqu'en France, elle restait 12 heures, mais elle était moins présente puisqu'en France, la sage-femme a plusieurs patientes à charge. en Norvège, elle reste qu'avec la patiente tout le temps de son shift. La sage-femme n'a qu'une patiente et c'est sa patiente enceinte et elle ne quittera pas la salle d'accouchement sauf pour aller manger. Donc la sage-femme est toute seule, elle n'a qu'une patiente à charge pendant tout son shift et elle ne reste qu'avec la patiente. Donc il y a un gros accompagnement sur vraiment ce que souhaite la patiente. Donc au début, elle se pose vraiment ensemble pour discuter si c'est possible, si la patiente est en état de discuter. Des conversations rapides. C'est pour ça qu'on conseille aux femmes enceintes d'écrire une lettre pendant la grossesse sur son souhait d'accouchement.
- Alban
Le fameux projet de naissance.
- Lucie
Exactement, ça se fait beaucoup en Norvège.
- Alban
Alors moi, ma question, c'est est-ce que tout le monde les lit ? En tout cas,
- Lucie
la sage-femme qui va suivre la patiente, la lit.
- Amandine
Oui, donc autre conseil du coup, si vous êtes en train de vous préparer, vous allez vous préparer à une naissance future en Norvège, prenez le temps. de faire le projet de naissance parce qu'il sera pris en compte.
- Lucie
Il sera pris en compte, il sera lu par la sage-femme, exactement.
- Alban
Et aussi pour celles qui ne parlent pas norvégien, je ne sais plus, je crois qu'il y a des papiers à un moment qu'on remplit et on peut demander un interprète, je crois.
- Lucie
Ah oui, complètement.
- Alban
Nous, au final, on ne l'avait jamais demandé, on est sortis avec l'anglais.
- Amandine
Mais je pense que c'est... Oui, ça aussi, c'est important que tu l'abordes parce que nous, on s'était dit un peu... Oui, on peut parler anglais, on peut communiquer, on n'est pas en gros réfugiés, mettez ça de côté, on s'en moque. Réfléchissez à...
- Lucie
Tout le monde a le droit à son interprète. Exactement.
- Amandine
Est-ce que vous êtes à l'aise avec une langue qui serait même, comme nous c'était le cas avec l'anglais ? Oui, non, si ce n'est pas le cas. Et encore même, parfois le personnel médical peut parler, mais ce n'est pas une langue non plus professionnelle. Professionnelle. Exactement, c'est ça. Donc, ça peut mettre tout le monde à l'aise de se dire qu'il y a l'interprète au milieu. Est-ce que toi, tu as déjà eu le...
- Lucie
J'ai très souvent des interprètes pour les questions de temps.
- Amandine
C'est bien, c'est bon à savoir.
- Alban
Et ça ne vous dérange pas ?
- Lucie
Ça fait des consultations un peu plus longues, mais ça ne dérange personne. Au contraire, ça permet que tout le monde comprenne bien.
- Alban
Oui, au contraire, c'est ça. Moi, je pense que je le voyais, comme tu dis, un peu trop en mode « non, je ne vais pas aller déranger avec un interprète » , alors qu'en fait, c'est mieux pour son âge de bien se comprendre dans ces moments-là, quand c'est ton corps, ton bébé et tout.
- Lucie
Il faut le signaler quand on appelle l'hôpital, on va à l'interprète et c'est eux qui trouvent l'interprète. par une société d'interprètes.
- Amandine
D'ailleurs, ça me rappelle, parce que tu as commencé à parler de comment ça se passe quand on reçoit la patiente. Notre expérience est de ce qu'on entend beaucoup en Norvège. Quand tu sais, tu commences, par exemple, soit la future mère a rompu les os, soit elle a commencé à avoir des contractions, tu appelles une première fois, on te dit, restez chez vous chaud, prenez votre temps. En tout cas, sur un premier accouchement, ça peut prendre très longtemps. Nous, ça a été ça. Au final, Lucie a fait tout son travail la nuit. Le matin, je la retrouve dans un état assez critique et on rappelle une fois elle me dit vous pouvez commencer à vous mettre en route mais no rush et puis on arrive, donc elle arrive quand même à prendre une douche tant bien que mal, le taxi et tout on arrive, je te la fais courte, elle fait les papiers et tout elle était à 9 quoi donc là par contre on nous attrape on nous met dans l'ascenseur, on monte rapidement et on nous... il s'énerve un peu limite contre nous mais pourquoi vous êtes arrivé aussi tard ? toi, quand tu compares avec la France ... Parfois, j'ai l'impression que les gens arrivent très tôt et ça peut être un problème. Pourquoi tu en penses quoi de tout ça ?
- Alban
En France, guideline, peut-être qu'on vous donne aussi.
- Lucie
En Norvège, il y a des critères très précis pour pouvoir rentrer en salle d'accouchement avec un certain nombre de contractions depuis tant d'heures. En France, on va beaucoup plus tôt à l'hôpital. On met la PV durale beaucoup plus tôt. On intervient beaucoup plus tôt. C'est une pince médicalisée. En Norvège, on va beaucoup plus attendre que le travail commence bien à la maison et d'aller à l'hôpital un petit peu plus tard.
- Amandine
pendant cette naissance est-ce que tu sens que tu les fais toi ? Est-ce que tu connais des différences aussi avec la France ? Parce que nous par exemple on a eu un premier accouchement où il y avait en tout cas des soupçons de potentielles complications donc là on a eu une équipe médicale qui est rentrée par contre le deuxième a été vraiment idyllique dans le sens où on a eu cette relation comme tu dis 1-1 avec la sage-femme qui était vraiment la petite souris qui parfois venait poser juste faire son monitoring d'ailleurs qui n'était pas un monitoring fixe qui était un monitoring mobile ... pour parfois checker le cœur, faire quelques soulagés lucides comme elle pouvait. Et on ne la voyait quasi pas, mais dans le bon sens de la chose, parce qu'elle voyait qu'on s'en sortait à nous, en fait.
- Alban
Elle avait carrément de la pièce, parfois. Complètement, complètement.
- Amandine
Et du coup, ça, est-ce que toi, tu as remarqué des différences aussi ?
- Lucie
Les différences, ça va plus être de mon côté, sur la charge de travail. C'est qu'en France, on a tellement de travail qu'on n'a pas le temps, vraiment, de passer beaucoup de temps avec la patiente. Ça va être très médicalisé, le passage en salle actuelle de naissance. en Norvège c'est Comme tu dis, une petite souris qui va essayer de s'adapter aux besoins du couple. Si le couple a beaucoup de besoins, la sage-femme est vraiment très présente dans les massages, l'accompagnement. Si le couple s'en sort bien, elle est là, mais comme un petit guide.
- Alban
Et est-ce qu'en Norvège, on va utiliser certains outils plus que d'autres pour aider à l'accouchement, surtout quand ça prend un peu de temps ? Je sais qu'en France, on parle beaucoup des épisios. Il me semble qu'en Norvège, j'ai l'impression que c'est moins.
- Lucie
Je pense qu'en Norvège, il y en a moins. Ça a beaucoup baissé d'ailleurs. En France aussi. Et là, c'est à peu près pareil. L'intervention sur les instruments pendant l'accouchement, c'est à peu près pareil en France, en Norvège. C'est vraiment que si nécessaire.
- Alban
Généralement, c'est quand ça met trop de temps. Du coup, on prend des outils. Oui,
- Lucie
ça met trop de temps. C'est trop long sur la fin. Le bébé a besoin que ça aille un petit peu plus vite.
- Amandine
On avait eu l'impression que pour notre aîné, qui a été docurée en accouchement un petit peu plus délicat. La poussée était très longue en Norvège, qui laissait un temps très long. Est-ce que tu sais s'il y a une réelle différence ?
- Lucie
Oui, en France, on limite ce temps à une demi-heure. En Norvège, c'est beaucoup plus long. Là, sa maman poussait beaucoup plus longtemps.
- Amandine
Et d'ailleurs, j'en profite parce que nous, ça nous avait quand même marqué cet accouchement. On avait eu besoin de cette volonté de débriefer avec la sage-femme qui était présente pour le premier accouchement. Elle nous avait montré tout le côté que voyaient les sages-femmes ou l'équipe médicale. nous avait dit vous voyez là Elle est rentrée, elle a commencé à la pousser. Je crois qu'ils ont laissé peut-être jusqu'à entre 40 minutes, presque une heure, je crois. Et elle nous a dit, là, en fait, on commençait. Ils avaient quand même peur d'une détresse. Donc, elle s'était retrouvée avec une petite tombe sur le crâne. Le bébé. Le bébé, Gisèle. Elle nous avait dit, là, en fait, si elle n'avait pas réussi à l'expulser dans les minutes qui suivaient, on aurait dû faire appel à des outils pour aider à cette naissance. Donc, ça avait été hyper bien de comprendre ce qui se passait du côté médical. et en même temps de comment nous on a eu la chance au final que Lucie arrive à donner naissance mais c'était bien aussi psychologiquement de faire ce débrief avec la sagesse qui était très sain c'est pas automatique mais on peut le demander pour revoir comment
- Lucie
c'est passé à la naissance on n'a pas compris ce qui s'est passé souvent sur les émotions on ne comprend pas tout ce qui se passe on peut demander un rendez-vous pour reparler de ce qui s'est passé
- Alban
Est-ce que c'est un mythe ou une réalité qu'en Norvège, on va avoir tendance à plutôt encourager les accouchements naturels, c'est-à-dire sans péridurale ? Ou est-ce que tu dirais que c'est comme en France ?
- Lucie
La péridurale, elle est proposée aux patientes, si elles le veulent, mais elle est fortement moins dosée qu'en France.
- Amandine
Aussi.
- Lucie
Il y a une très grosse différence, oui.
- Alban
D'accord.
- Amandine
Est-ce que ça, tu conseillerais du coup de le mettre aussi dans son projet de naissance ?
- Lucie
Je pense qu'en général, quand on est enceinte, on ne peut pas vraiment savoir si on la souhaite ou pas, parce qu'on ne sait pas comment soi-même on va réagir à la douleur. Mais de l'écrire, en tout cas, quel est son premier souhait, et après d'adapter, ce n'est pas parce qu'on écrit qu'on ne la veut pas, qu'on n'y a pas le droit, on peut changer d'avis. Exactement. Et inversement.
- Alban
Tu parlais tout à l'heure aussi de si on perd les os. Moi, ça m'avait surprise pour ma première grossesse, parce que du coup, on suivait un peu aussi des vidéos, des podcasts. préparation à l'accouchement, mais du coup en français, donc avec les normes françaises. Et on m'avait dit, une fois que tu as perdu les os, tu ne repars pas de l'hôpital. Alors que nous, moi, j'avais perdu les os et on m'a dit, c'est bon, vous pouvez rentrer chez vous.
- Lucie
Exactement.
- Alban
Déjà,
- Lucie
quand on perd les os en Norvège, on ne va pas non plus tout de suite à l'hôpital. D'abord, on appelle, on explique la situation, il pose deux, trois questions. Et si c'est bon, on peut rester chez soi quelques heures. On va à l'hôpital faire un contrôle et on rentre chez soi.
- Amandine
C'est ça, c'est exactement ce qui nous est arrivé. En France,
- Lucie
on va à l'hôpital et on y reste.
- Amandine
ça nous avait surpris mais nous dans un déni total parce que c'était du coup le 24 décembre je venais de rendre congé je me suis dit Gisèle devait naître début janvier donc je me suis dit c'est bon petite semaine de vacances et on se prépare comme il faut pour la naissance du coup le 23 au soir Lucie rond les os et donc on va à l'hôpital, elle fait son check il était tard mais bon on nous dit ça peut se déclencher comme ça peut ne pas se déclencher et prendre jusqu'à 48h et là on va refaire un nouveau contrôle on s'est dit en gros plus ça avait l'air d'aller, super, on est encore au moins 40, tu vois, on l'a compris comme ça. Bon, et en fait, on est rentrés à la maison, et le travail a commencé à se mettre en place rapidement.
- Alban
Dans le déni, nous. Oui,
- Amandine
jusqu'au bout.
- Alban
Et tu disais, du coup, il faut attendre un certain nombre de contractions avant de pouvoir aller en salle de naissance. Donc, on met d'abord les femmes dans une... Parce que du coup, on n'y a jamais été dans cette partie-là, dans une salle de préparation. De travail.
- Lucie
Alors non, s'il n'y a pas assez de contractions, on les renvoie chez elles. Une fois que les contractions sont assez conséquentes et que le travail a vraiment commencé, elles vont en salle d'accouchement. Il n'y a pas vraiment d'espace entre deux.
- Alban
Il y a deux espaces, non ?
- Lucie
Un peu, oui, à peu près.
- Alban
Ok, d'accord.
- Amandine
Et je me pose un peu la question aussi autour de... Tu sais, on s'est renseigné sur la partie du level ABC, qui sont des naissances très, très naturelles. Qu'est-ce qu'il existe un peu encore ? Tu sais, après aussi, les options baignoire, pas baignoire, tout ça, qu'est-ce que tu trouves ? Alors,
- Alban
ABC a fermé,
- Lucie
malheureusement, il y a trois ans. Il y a des baignoires dans certaines salles d'accouchement dans les hôpitaux d'Oslo, et il y a aussi un nouveau service d'accouchement naturel qui a ouvert à Abaroum, qui s'appelle Luna. Et après, les sages-femmes de ABC aussi ont ouvert un service d'accouchement à domicile privé, donc il faut payer soi-même. mais ça permet d'avoir un suivi très personnalisé avec les mêmes sages-femmes et d'accoucher à domicile.
- Amandine
On va manger le troisième au coin du feu dans le salon. Voilà, c'est l'édora.
- Lucie
Exactement, c'est une expérience à tenter.
- Alban
Et alors, parce qu'en France, j'ai l'impression que c'est moins démocratisé l'accouchement à domicile et même parfois peut-être un peu mal vu. Ici, du coup, est-ce que c'est différent ?
- Lucie
Ça ne se fait pas vraiment ici, les appartements à domicile. Non, mais c'est pas mal vu.
- Alban
Mais c'est pas mal vu non plus, quoi. D'accord. Si pendant sa préparation, on dit à notre sèche-femme qu'on aimerait accoucher à domicile, voilà, elle ne va pas nous...
- Amandine
Ça peut être un projet du moment qu'il y a tous les feux verts.
- Lucie
Et ça se fait, par contre, à nos propres frais.
- Alban
Pour continuer dans les clichés norvégiens, est-ce que c'est vrai que la plupart des femmes accouchent l'été pour pouvoir avoir une place en crèche ?
- Lucie
Il y a beaucoup plus d'accouchements. accouchement l'été. Ça, c'est vrai, il y a un grand pic, juin, juillet, août.
- Alban
D'accord. Du coup, est-ce que tu peux prendre tes vacances quand tu es sage-femme en été ou c'est compliqué ?
- Lucie
On a tous le droit à nos vacances. Il y a un grand planning qui se met en place. On est en vacances par système de trois semaines et ils font venir des sages-femmes de Suède, de Danemark et ils prennent des jeunes diplômés. pour combler aussi.
- Amandine
C'est bien, donc il y a une force...
- Lucie
Voilà, il y aura toujours le même nombre de sages-femmes présentes en tout cas en salle de naissance.
- Amandine
Et ce qui était très drôle, c'est qu'à Hull-les-Vols, tu as comme un grand calendrier où tu viens mettre ta petite épingle sur le jour de la naissance de ton enfant. Et nous, pour la première, donc c'était, Lucie a couché un matin et on était le 24 décembre, un seul pin, et là tu regardes, juin, juillet, août, tellement c'était recouvert depuis tout le monde. Et tout ça, on l'expliquait.
- Alban
Parce qu'on n'était pas au courant de cette réalité.
- Amandine
C'est parce qu'en fait, avoir un enfant en décembre, du coup, te donne droit légalement, en tout cas à ta place en crèche, quasiment un an et demi après la naissance. Alors que si tu as un enfant né autour de juin, juillet, août, dès que les congés parentaux sont terminés,
- Alban
il a sa place.
- Amandine
C'est très fluide, il n'y a aucun gap à couvrir en termes de congés.
- Alban
C'est une recurring joke quand je croise des parents et qu'ils me disent Ils sont tous les trois nés en août, je suis là, bravo ! Tant mieux pour ceux qui arrivent à planifier et puis à tomber dans le mille. Le bébé ça, souvent il est posé sur la maman. Là aussi j'ai trouvé, moi j'avais peut-être des clichés baby boom dans la tête, mais j'ai trouvé qu'on te laisse ton bébé sur toi tout le temps. On ne l'emmène pas du tout le peser tout de suite. C'est vraiment le moment de connexion.
- Lucie
De connexion et de découverte, oui, exactement.
- Alban
Alors qu'en France, peut-être...
- Lucie
On le prend tout de suite, on s'en occupe.
- Alban
Et on va après, comme ça. Et après,
- Lucie
le ramener à la maman, à habiller presque même déjà. Alors qu'en Norvège, c'est tout de suite en peau à peau.
- Amandine
C'est ça, exactement. Même le laver et tout. En tout cas, je me rappelle, pour Gabriel, peut-être un peu plus rapide, mais Gisèle, elle était restée encore... Avec cette couche un peu blanchâtre qu'ils ont au début, ils ne l'avaient pas tout de suite nettoyé nickel. On laisse l'aspect naturel du bébé. Exactement.
- Alban
D'ailleurs, le pot à pot, je me rappelle, maintenant je ne sais plus si c'était à Ulleval qu'on nous avait dit ça, mais on nous avait dit, recommandé de faire pot à pot à fond, tout nu. La chambre à l'hôtel est très chauffée. Ils nous avaient dit... Faites du pot à pot à fond.
- Amandine
On vivait en sous-vêtements et avec le bébé sur nous. Oui,
- Alban
c'est vrai. D'ailleurs, moi, trop drôle parce que j'étais venue avec une valise de maternité. Un peu à la française avec plein de choses dedans. Et je me rappelle la sagesse qui me disait mais vous comptez déménager ici ? J'étais là-bas, oui, je ne sais pas. J'avais amené tous mes trucs et tout. Donc, certains trucs que j'avais utilisés, des petites bougies électriques et tout pour avoir une lumière un peu tamisée. Mais c'est vrai que je m'étais pris plein de chemises de nuit, plein de vêtements pour les bébés. Alors qu'en fait, il n'y a pas besoin. Tout est fourni. On te donne une robe.
- Lucie
Il n'y a pas de visite de maternité ici comme en France. Il n'y a pas besoin de grand-chose en fait.
- Alban
On te fournit les couches pour toi et pour le bébé. On te fournit tout ce qu'il y a besoin. C'est ça, on te le donne. Ça, généralement aussi, c'est comme en France. On donne la tétée d'accueil si la maman veut, bien sûr. Et voilà, si tout se passe bien, c'est là où on va dans l'hôtel, s'il y en a un. Mais s'il y a des complications,
- Lucie
on peut rester au barcel.
- Alban
Je voulais juste revenir sur quand on accouche. Après, il y a l'expulsion du placenta. Est-ce que là, il y a des techniques particulières ou on attend en Norvège ?
- Lucie
Comme en France, on attend, on doit pousser une deuxième fois pour expulser le placenta. Il ne vient pas, la sage-femme appelle un médecin. On essaye de le récupérer, mais c'est comme en France en tout cas, il n'y a pas de différence sur ça.
- Amandine
On dit souvent que l'approche du suivi de grossesse, et d'ailleurs tu l'as en partie confirmé, y compris pour la naissance, est plus naturelle, donc moins médicalisée en Norvège qu'en France. Est-ce que tu sais si au niveau des chiffres, peut-être sur des complications, peut-être des interventions médicales ? Il y en a moins en Norvège qu'en France avec une approche...
- Lucie
En France, ça a beaucoup diminué aussi, les interventions médicales.
- Amandine
Donc il y a quand même un mouvement peut-être...
- Lucie
Plus naturel en France.
- Amandine
Qui aide au final à avoir moins de complications.
- Alban
Je voulais faire un petit saut dans le déroulé au moment de la conception. Est-ce que tu sais si pour les couples qui ont des difficultés à tomber enceintes, comment ça se passe en Norvège ? Est-ce qu'il y a des aides ?
- Lucie
Alors, ce n'est pas trop mon domaine, mais oui, il y a des aides, il y a des centres de fécondation in vitro. En général, ça commence par un rendez-vous avec son médecin traitant qu'il doit envoyer vers l'hôpital et pour avoir un rendez-vous pour discuter un peu de combien de temps le couple essaie d'avoir un enfant, qu'est-ce qui se passe et faire des prises de sang pour détecter le problème et ensuite proposer une méthode de fécondation in vitro qui conviendrait au couple.
- Alban
Toi, tu as fait ces années à l'hôtel du Léval et ensuite, tu as changé ? Oui,
- Lucie
j'ai passé mon diplôme pour être sachemme échographiste. C'est là que du coup, il fallait que je sois un peu plus avancée en norvégien. Donc, j'ai repris des cours de norvégien pour passer le niveau B2, qui est indispensable pour faire des études supérieures en Norvège avec NTNU. Et là, j'ai passé mon diplôme pour être sachemme échographiste. Du coup, j'ai quitté l'hôtel à Ullevål. Et là, je travaille en tant qu'échographiste et en health station.
- Alban
Et en tant que sage-femme, tu donnes aussi, tu aides les femmes pour leurs moyens de contraception. Oui,
- Lucie
exactement.
- Alban
Moi,
- Lucie
je suis venue te voir d'ailleurs.
- Alban
Au niveau de la contraception en Norvège, comment ça se passe ? Est-ce qu'il y a des différences ou est-ce qu'on retrouve les mêmes moyens ?
- Lucie
On retrouve les mêmes moyens de contraception. Il n'y a pas de différence, vraiment de grande différence France-Norvège.
- Alban
Et moi, ce que je trouvais, alors juste de mon expérience, en France, j'avais l'habitude d'aller faire un check une fois par an chez la gynécologue. Ici, en Norvège, on ne voit pas de gynécologue.
- Lucie
Exactement. Alors, c'est malheureusement dans le privé. Oui, donc c'est souvent au frais de la patiente. Mais il n'y a pas de check-up comme en France annuel où on va vraiment faire un grand check-up pour la femme. On ne se retrouve pas ça en Norvège.
- Alban
D'accord. Donc, si on veut faire un check-up une fois par an, comme on avait peut-être l'habitude de faire en France, est-ce qu'on peut contacter une sage-femme pour pouvoir faire ?
- Lucie
Alors, ça serait soit une sage-femme dans le privé ou un gynécologue dans le privé. Ça reste dans le privé, d'accord. Ça reste dans le privé, oui.
- Alban
Et alors, récemment, alors que ça fait sept ans que je suis en Norvège, mes collègues m'ont dit, mais Lucie, normalement, tous les trois ans, tu reçois une lettre.
- Lucie
Ça, c'est vrai, oui.
- Alban
Où on te fait un check-up, pour le coup. qui est en charge, j'imagine. Et moi, je n'ai jamais reçu cette lettre. Ou alors, je ne sais pas, on a dû la jeter par inadvertance, je n'en sais rien. Mais du coup, tu confirmes que normalement, on doit recevoir une lettre.
- Lucie
Même cette lettre que tu as peut-être, soi-disant, jetée, normalement, elle est même électronique. Donc, tu ne l'aurais pas jetée. Il y a un programme pour le dépistage du cancer du code de l'utérus. Et normalement, tous les trois ans ou tous les cinq ans, maintenant, c'est passé à cinq ans, on reçoit ce rappel en fait pour faire son test, son dépistage, qu'on peut faire soit chez un gynécologue privé ou chez son médecin traitant. Les médecins traitants le font aussi et c'est beaucoup moins cher.
- Alban
D'accord. Est-ce que tu sais, donc, si on n'a pas reçu la lettre, comment on peut avoir...
- Lucie
Je pense qu'on peut contacter son médecin traitant, faire le premier dépistage du cancer du col de l'utérus, faire le premier frottis. Et du coup, quand on l'a fait une fois, on rentre dans ce système, du coup. On est enregistré.
- Alban
D'accord, ok.
- Lucie
Il faut aussi savoir que les médecins traitants peuvent aussi donner des informations sur la contraception. et ça sera du coup beaucoup moins cher que d'aller chez un gynécologue privé en ville.
- Alban
Et si on n'est pas trop à l'aise parce qu'on a un médecin traitant homme par exemple ?
- Lucie
Dans ce cas-là, il faut soit changer de médecin traitant ou soit aller dans le privé.
- Alban
Je serais intéressée aussi de savoir si la contraception homme et en l'occurrence la vasectomie est quelque chose de populaire en Norvège ?
- Lucie
Pas forcément de populaire, mais ça se fait en Norvège. On peut aussi en parler à son médecin traitant et on a un rendez-vous à l'hôpital pour en discuter du coup.
- Alban
Tu sais si c'est cher ?
- Lucie
J'ai pas les infos là. Mais je pense que c'est dans les 2 ou 3, 2000 couronnes, je dirais, pour les hommes.
- Amandine
Parce qu'au final, quand tu te renseignes sur les différents types de contraception, quand tu dois la payer toi, c'est pas énorme.
- Lucie
Oui, c'est clair. Il faut savoir que les femmes de moins de 25 ans ont accès à la Health Station for Hongdom, la Health Station pour les jeunes, pour avoir des contraceptions moins chères. La contraception avec la sage-herbe est gratuite, du moins.
- Alban
Trop bien. Parce que je sais pas... En France, par exemple, ici, un stérilet, je crois que c'est 3000 couronnes, peut-être ? Consultation inclue, du coup. 1500 couronnes, oui. Et tu sais, en France, je ne sais pas du tout,
- Lucie
je crois qu'on la paye aussi. On la paye aussi, ok,
- Alban
c'est à peu près pareil.
- Amandine
Je reviens sur la vasectomie, je demande pour un copain.
- Lucie
Oui,
- Alban
oui,
- Lucie
bien sûr. Oui, oui, ton ami.
- Amandine
Est-ce que ça peut être réversible ou pas ?
- Lucie
Alors, c'est compliqué de savoir si c'est réversible. On peut quand même avoir un enfant par la fécondation in vitro pour un homme qui a eu une vasectomie, puisqu'il y a toujours une production de spermatozoïdes.
- Amandine
D'accord, ok. Oui,
- Alban
tu pourras prendre une petite gêne et refaire un enfant. Pour ton ami, c'est tout à fait possible.
- Amandine
C'est pour agrandir la famille et faire notre accouchement au coin du feu à domicile, puisque c'est possible. Exactement. Je demande, je me rends compte.
- Alban
C'est tout à fait possible, oui. Donc... On dira à ton ami de prendre rendez-vous chez le médecin traitant.
- Amandine
Ça se pourrait que ça finisse par arriver. J'avais une question un peu plus, peut-être, différence générale entre les patients France versus les patients Norvège. Est-ce que tu as repéré peut-être des inquiétudes ou un positionnement ou des questionnements ou des réactions un peu générales différentes en Norvège, par exemple, comparé à la France, où je me dis... Nous, on a l'impression que les Norvégiens sont souvent beaucoup plus pudiques, peut-être partager ses sentiments ou son état d'esprit en postpartum, où ça peut être difficile. Est-ce que toi, de manière générale, tu as ressenti à ton niveau des différences ? Oui,
- Lucie
il y a des différences. Déjà, ils n'ont pas eu la même éducation, c'est des cultures différentes. Mais en général, je trouve que la patiente avec sa sage-femme, elle s'ouvre beaucoup. C'est un moment, c'est une fenêtre où on peut se confier émotionnellement et sur tout ce qu'on ressent sur son passé. Et les Norvégiens s'ouvrent assez facilement, du coup, parce qu'on sait que c'est aussi un moment pour ça. C'est ça qui est intéressant. Il y a une place pour ça. En France, il n'y a peut-être pas assez de place pour ça, mais je pense qu'elles pourraient le faire, les patientes françaises, si elles en avaient l'occasion.
- Amandine
C'est ça qui est intéressant, c'est que peut-être au premier abord, on dit oui, les Norvégiens ne s'ouvrent pas, mais quand la place est faite pour, ou quand on leur donne l'occasion, là, après, c'est bon, en fait. Exactement. C'est ce qui est créé dans ce suivi, par exemple, du grossesse avec la sache.
- Alban
Moi aussi, j'avais un ressenti, mais j'aimerais savoir un peu, est-ce que vous avez des guidelines ou un process pour ça ? J'ai eu l'impression, avec mes deux grossesses, qu'on s'intéressait beaucoup à la maman tant qu'elle était enceinte. Après l'accouchement, il y a ce rendez-vous, la sage-femme vient chez toi pour voir si tout va bien. Et j'ai trouvé qu'une fois ce rendez-vous passé, pour le coup, on ne m'a plus jamais demandé... Tout était focalisé sur mon bébé. Et plus du tout sur moi, justement, comment j'allais et tout. Alors que j'avais trouvé justement qu'on avait été très attentives à moi, à mon premier bébé, où là, ça avait été plus compliqué la première année et tout. Je n'ai pas eu l'impression que tout était focus sur elle. Ce qui était bien, mais je n'ai pas eu ce sentiment que du coup, on s'intéressait à moi, voir si j'allais bien, sachant qu'elle ne dormait pas, qu'elle ne mangeait pas beaucoup, qu'on me disait qu'elle ne prenait pas assez de poids, tout ça. Et voilà, est-ce que tu sais si...
- Lucie
C'est vrai, mais c'est en train de changer maintenant.
- Alban
D'accord.
- Lucie
Il y a des nouvelles choses qui se mettent en place pour questionner la maman sur son bien-être. Mais c'est vrai ce que tu racontes. Mais là, depuis quelques mois, c'est en train de changer. Il y a des choses qui se mettent en place pour dépister justement la dépression du postpartum. Dans les Health Sustation, ils mettent en place un questionnaire pour la maman qui viendra en visite avec son bébé, pour la Health Suster, pour avoir un petit temps pour parler un peu plus de la maman. Voilà, c'est ça.
- Amandine
C'est parce que cet accompagnement, on la rencontre aussi une fois avant la naissance, cette health sister, cette infirmière orientée petite enfance qui va ensuite nous suivre, et principalement l'enfant comme le dit Lucie. La relation n'est plus avec la sage-femme quand c'est un post-partum. Après la naissance, ça se fait avec cette health sister et qui, elle, son métier, en tout cas, tu dis que c'est en train de changer et tant mieux, mais qui était centré certainement la formation très enfant et moins un peu entité familiale. Et ça, c'est vrai que c'était quelque chose qui nous avait un peu surpris. Mais donc, c'est bien de savoir que là aussi, ça évolue.
- Lucie
Ça évolue. Maintenant, on va plus inclure avec la famille, la maman et le papa. Et maintenant, comme les papas ont des congés maternités plus longs et qu'ils prennent plus tôt, il y a aussi quelque chose qui est axé sur le papa.
- Amandine
Tu sais, en France aussi, Lucie avait, par le bide de ses copines, même de connaissances générales, tout ce qui se fait autour de la rééducation du périnée, par exemple. Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce qu'ici, ça aussi, c'était un peu silence radio.
- Lucie
Oui.
- Amandine
On considère qu'une fois de plus, pas de nouvelles bonnes nouvelles et donc les femmes se portent bien.
- Lucie
Alors en France, j'ai fait cette formation de rééducation du périnée et je ne peux pas la pratiquer en Norvège. Parce que en Norvège, ça ne se fait pas proposer en cabinet ou à l'association de la rééducation du périnée. Donc en France, c'est presque systématique où toutes les femmes, on leur propose d'aller faire leur rééducation du périnée. En Norvège, on n'en parle pas. Alors on en parle maintenant un petit peu, mais on va juste donner une feuille d'exercices à faire à la maison. ou une vidéo à regarder sur Internet, mais on ne leur donne pas de rendez-vous avec un kiné ou...
- Amandine
C'est vrai que c'est un gros manque en Norvège, mais c'est quelque chose de très important.
- Alban
Oui, parce que quelles peuvent être les complications de ne pas rééduquer son périnée ?
- Amandine
Pour moi, ça ne marche pas, pas de nouvelles bonnes nouvelles. Il faut rééduquer son périnée parce qu'il y a des risques après, plus tard, de fuite urinaire qui peuvent arriver bien plus tard. Même si maintenant, on se sent bien avec son périnée après l'accouchement, il faut quand même... C'est un muscle qui a été... qui a subi une grossesse et un accouchement par voie basse ou par césarienne. Le périnée a subi une grossesse, il doit se faire rééduquer de toute façon après.
- Alban
Et justement, est-ce que tu peux nous expliquer un peu ce qu'est le périnée ?
- Amandine
Oui, c'est les muscles en bas qui soutiennent vraiment le vagin, l'utérus, et qui se contractent pour éviter d'avoir des fuites urinaires ou des fuites de gaz aussi. Donc c'est un muscle très important. Et pendant la grossesse, l'utérus est tellement imposant que ce muscle-là subit une forte pression. Quelque chose qu'on ne ressent pas forcément en tant que femme enceinte. Et à l'accouchement, que ce soit un accouchement par césarienne ou par voix basse, ça inclut aussi que le périnée travaille beaucoup. Et du coup, il est assez affaibli après l'accouchement.
- Alban
Comme s'il était lâche quelque part.
- Amandine
Comme s'il était lâche, voilà. Et ce muscle a besoin d'être rééduqué, de travailler, d'avoir des petites contractions un petit peu tous les jours, un petit peu des exercices musculaires, un peu comme... On n'a peut-être pas fait de sport pendant plusieurs mois enceinte. Et dans son postpartum, on se sent un petit peu, les muscles un petit peu mous. On a besoin de retourner un peu à la salle de sport pour mettre ses muscles en place. C'est pareil avec le périnée.
- Lucie
Et du coup, tu disais, oui, il te donne une feuille ou une vidéo à regarder. Mais si on veut un suivi un peu plus proche, on peut aller dans le privé ?
- Amandine
On peut aller dans le privé. Alors, si on suit bien les exercices qui sont donnés sur la feuille, ça suffit. C'est déjà bien, d'accord. Mais ce n'est pas facile, seul à la maison, de suivre ces exercices. C'est plus facile d'avoir un professionnel qui nous... examine et il nous dit quoi faire. Oui,
- Lucie
c'est ça, parce qu'en fait, tu peux le faire, mais tu ne sais pas si tu le fais très bien. Et du coup,
- Amandine
c'est vrai qu'il y a des très bons clinés en ville qui peuvent suivre les patientes, mais il faut savoir où aller, il faut avoir les moyens, parce que ça reste du privé. Mais c'est vrai que je conseille d'aller dans le privé pour des patientes qui vont avoir du mal à suivre toutes seules les exercices, mais quelqu'un qui est très carré et qui va se dire, oui, je vais le faire et je vais m'y mettre, ça marchera très bien à le faire tout seul. Bon, rééduquer votre père aîné.
- Alban
Voilà. Malheureusement, il y a un peu un gap là en Norvège.
- Amandine
Et le rééduquer avant de retomber enceinte aussi. Parce que là, du coup, ça l'abîme encore plus.
- Lucie
Ok, d'accord. Et alors, du coup, ça me fait penser aussi à une question que j'ai et qui revient aussi à pendant la grossesse. J'ai trouvé que quand t'as des petits désagréments en Norvège, on t'aide pas forcément. On te dit souvent, oui, c'est normal, vous êtes enceinte, ça ira mieux quand vous accoucherez. En tout cas, moi, c'est la réponse qu'on m'a faite.
- Alban
C'est pas une maladie.
- Lucie
Je ne sais pas s'ils me l'ont dit ça, mais en tout cas, à chaque fois, on me disait, oui, quand tu accoucheras, ça ira mieux. Par exemple, j'avais vraiment de violents, comment on appelle ça ?
- Alban
C'était à l'aide,
- Lucie
mais à en vomir toute ma grossesse. Mes copines en France, elles me disaient, mais t'as cariban, t'as des médicaments qui peuvent t'aider. Et quand j'en parlais ici... On ne m'a jamais donné de traitement contre ça. On m'a juste dit que ça ira mieux quand... Quand tu as pris le pain.
- Alban
Les pepsides, je me rappelle, il y avait un truc.
- Lucie
Les pepsides. Mais tout ça, on le... Oui, mais ce n'était pas du... Non, oui, et le gaviscon. Oui. Mais il fallait quelque chose de beaucoup plus fort. Ça ne marchait pas. Je buvais des litres de gaviscon. J'en étais là, quoi. Est-ce que tu sais, là aussi, pourquoi cette différence ?
- Amandine
Je ne sais pas pourquoi il y a une telle différence, mais c'est vrai que les traitements qu'on propose ici sont très légers pour les femmes enceintes. Les symptômes qui peuvent apparaître. C'est vrai qu'on a tendance à dire ça va passer, après l'accouchement ça sera fini, il faut prendre son mal en patience, et ça c'est vrai. D'accord.
- Lucie
Par exemple, j'avais des grosses veines qui sont apparues, donc sur les jambes, bon, c'est pas joli, mais c'est pas grave.
- Alban
Pour toutes les femmes qui ont le désir de devenir maman, il y a le prénat et le siglo, mais il y a aussi tout ce qu'on dit, peut-être moins.
- Lucie
T'as des beaux cheveux, t'as des peaux. Mais pas que. Moi, j'avais des grosses veines qui sont apparues, même entre les jambes. Et là, pour le coup, c'était très handicapant. J'avais des gênes. Et pareil, là, je ne sais pas si on ne m'a rien donné. On m'a juste dit qu'il faut mettre du froid, peut-être. Ou c'est moi qui l'ai trouvé sur Internet. Mais ouais, c'est pareil. Ça aussi, c'était... Vauveine payera mieux.
- Amandine
C'était ça. Ça fait partie des symptômes de grossesse qui passeront.
- Lucie
Qui passent là. Il faut prendre son mal en patience. Exactement, en Norvège.
- Amandine
Oui, oui, oui. Va dans la forêt. Oui. Va marcher. Oui, c'est ça. Respirer, prendre l'air frais.
- Lucie
Et après, c'est peut-être pas ta partie, mais une fois que le bébé est là, on va aussi le suivre. On va suivre sa courbe de poids.
- Amandine
Oui.
- Lucie
Pareil, là, il faut que le bébé suive des chiffres un peu pour... pour voir son évolution, pour voir si ça évolue bien. Et s'il n'est pas dans certaines courbes, c'est là où on va commencer à regarder peut-être ce qui ne va pas.
- Amandine
Oui, regarder l'alimentation, l'allaitement. C'est là qu'ils vont commencer un peu à questionner. La maman va savoir comment ça se passe. Mais la différence France-Nanvège, c'est qu'il n'y a pas de pédiatre ici qui suit les bébés. C'est vraiment la Health Sister. Et les pédiatres de la Health Station, qu'on rencontre que deux fois, six semaines et six mois. de vie pour l'enfant.
- Alban
Oui, du coup, par exemple, c'est intéressant de le dire parce que je pense qu'en France, il y a tellement ce réflexe de « je ne vais pas aller à mon pédiatre, mon pédiatre, si, mon pédiatre, ça, j'ai emmené l'enfant chez le pédiatre » . Nous, il n'y a aucun lien avec le pédiatre. Non. Avec la LCSuster, oui, quand même, parce qu'on va se rencontrer souvent, surtout en début de vie, et après, ça s'espace un petit peu, mais le pédiatre, on ne le connaît pas. Non. On va rencontrer ce médecin quand on nous dit d'y aller, mais comme tu dis, c'est peut-être deux fois la première année, un max. Donc le réflexe, c'est pas « tiens, j'ai appelé mon pédale » , ça va être… le médecin généraliste une fois qu'il a un mois de vie je crois ?
- Amandine
Même dès le début, il faudrait deux semaines on va dire Voilà c'est ça,
- Alban
au début c'est vraiment le pétale qui est encore référent et après c'est le médecin généraliste et la LC Suster qui est enfant malade c'est médecin généraliste et pour le bébé malade c'est le médecin généraliste et le suivi classique c'est l'infirmière de LC Suster
- Lucie
Et moi un truc qui m'a surpris donc je le dis pour certains que ce soit chez le médecin généraliste ou à la LC Stachoun moi j'avais le cliché sans... qui n'est pas un cliché en France, quand tu vas chez le pédiatre, il te regarde les oreilles, il te fait ouvrir la bouche, il écoute ton cœur, il te check de la tête au pied. Et en Norvège, on ne regarde pas. En fait, si tu dis que tu as un problème à la gorge, il va regarder la gorge, mais je veux dire, il ne va pas regarder ton cœur, il ne va pas regarder l'intérieur de tes oreilles, ton nez et tout.
- Amandine
C'est exact. Au départ, la première fois,
- Lucie
je me suis dit disons que ce médecin, il ne va pas...
- Amandine
Ça ne va pas aller avec ce médecin. Oui, oui.
- Lucie
mais c'est normal,
- Amandine
c'est très perturbant au début et c'est tout à fait normal toi en tant que professionnelle ça t'a déstabilisé ?
- Alban
oui aussi,
- Amandine
quand je voulais faire des choses quand je suis arrivée dans mon service de suite de couche on m'a dit mais non, pourquoi tu veux faire ça ? pourquoi c'est trop ? c'est pas nécessaire, pourquoi faire en fait ?
- Alban
avec le recul toi toute cette approche moins intrusive tu en penses quoi ?
- Amandine
On se remet en question, on se dit, oui, c'est vrai, c'est peut-être pas si nécessaire que ça. Je lis des choses, je me renseigne et on se rend compte qu'on peut faire les choses autrement. Tu as eu des enfants ? Oui.
- Lucie
Et qu'est-ce que ça a changé aussi avec ton rapport à ton métier ?
- Amandine
J'ai beaucoup de choses. On n'est plus la même sage-femme avant et après. Déjà enceinte... Quand j'étais enceinte, je ne travaillais pas encore en LST, j'étais que dans ce barcheul. Donc je n'avais pas cet aspect suivi de grossesse en Norvège. Et puis j'étais depuis très peu de temps en Norvège. Et donc là, il y a plein de choses qui nous tombent dessus, que le suivi n'est pas très médicalisé. Donc là, on apprend pas mal de choses en tant que patiente, sage-femme. Ça t'a inquiété, toi, du coup ? Sur le moment ? Avec le premier enfant, pas avec le deuxième, non, mais avec le premier enfant, oui, un petit peu. Et puis, quand j'allais en France voir ma famille, j'avais été voir une sage-femme française en France. Et puis, elle me dit, ah bon, tu n'as pas eu ça en Norvège ? Et là, je commence à me dire, mince, est-ce que c'est normal de se suivre en Norvège ? Et on se rend compte qu'en fait, tout va bien. Et j'ai eu une super sage-femme quand j'étais enceinte qui m'a beaucoup rassurée, qui était très ouverte. Et ça m'a fait beaucoup évoluer, à la fois comme patiente et comme sage-femme.
- Alban
Est-ce que c'est différent ? Du coup, ça me fait me demander une sage-femme qui se fait suivre par une autre sage-femme. Comme tu dis, ça a été au final aussi un enseignement.
- Amandine
J'avais besoin d'une sage-femme que je ne connaissais pas personnellement. J'avais besoin d'être considérée comme une patiente. Et pas comme une collègue. J'avais mes propres peurs. J'avais besoin d'être intime avec une personne que je ne connais pas. Du coup, je pense que je savais trop de choses. J'ai eu beaucoup d'inquiétudes.
- Alban
j'avais eu peur à chaque étape qu'il se passe les choses que je connaissais nous on a une amie infirmière qui est un peu aussi souvent dans le corps médical vous connaissez beaucoup de choses pas pour le deuxième parce que comme j'ai vu que ce
- Amandine
dont j'avais peur pour le premier pour le deuxième j'ai pas eu peur mais c'est vrai que pour le premier on se dit je peux avoir ça à telle étape mais ouais c'était pas peu mal de pas savoir tout ce qui pourrait arriver
- Alban
Avant de bientôt clôturer notre échange, je voulais te demander, qu'est-ce qui t'a motivé à changer de ce métier d'accompagnement vraiment proche du post-naissance à l'activité que tu exerces aujourd'hui ?
- Amandine
J'ai toujours voulu être sachemécographiste, depuis que je suis jeune diplômée. Et du coup, ce projet avait été mis entre parenthèses avec notre départ en Norvège. Et après, je savais que c'était quelque chose d'assez inaccessible en arrivant, puisqu'il fallait un niveau de norvégien assez poussé. Et après, j'ai eu mes enfants. Et après la naissance de ma deuxième, je me suis dit, mais je peux remettre du coup ce projet à jour. Et donc, j'ai repris des cours de norvégien pour me mettre à jour au niveau B2. Et du coup, c'était vraiment mon souhait depuis toujours d'être Sacha Mekorafist. Trop bien que du coup, tu aies réalisé ton rêve un peu. J'ai réalisé ce projet en Norvège.
- Alban
Oui, c'est ça. T'es balèze, quoi. C'est un mot qui vient, quoi. T'es balèze.
- Amandine
Mais après,
- Lucie
t'hésites pas à reprendre après tes enfants. Elle est à fond quand on est en régie.
- Amandine
Quand on est en danger dans la vie, il faut tenir tête. Ouais, comme quoi, si on est motivé. Des fois, ça prend un temps.
- Alban
C'est ça.
- Amandine
Il faut tenir tête à ses envies.
- Alban
Punaise.
- Amandine
Et après, du coup, je suis aussi en association dans Parallèles parce que ce métier d'échographiste, on ne peut pas le faire à 100%. est assez répétitif.
- Alban
D'accord.
- Amandine
Et du coup, je pouvais combiner ce poste avec l'hôpital, mais j'ai fait le choix, à l'âge que j'ai maintenant, d'arrêter de faire des nuits et de faire des changements d'horaire. Du coup, je suis en health-hospital en parallèle et je travaille uniquement comme ça du lundi au vendredi, en horaire plus régulier. Ça, c'est très, très, très récent dans mon activité. C'est quelques mois. Un équilibre. Un équilibre,
- Lucie
ton épanouissement.
- Amandine
Exactement.
- Alban
Quand Lucie est venue te voir en consultation privée, là, du coup, c'est une... partie libérale de ton métier ?
- Amandine
Une partie libérale, mais qui est très minime, que je fais surtout pour varier la partie échographie, puisqu'à l'hôpital, il n'y a que deux échographies. Donc, celle du troisième mois et du quatrième mois et demi, cinq mois. Dans le privé, je fais de tout. Et c'est ça qui est passionnant, c'est que je vais voir des petits embryons de six semaines jusqu'à des bébés presque à terme. Et c'est plus pour avoir une variété. Ah oui, donc là, tu couvres vraiment. Heureusement que je la connaissais pas, sinon tu m'aurais dit « Ah non, non, non ! » Bonne affaire. Moi, je vais y aller tout le temps.
- Lucie
Est-ce qu'il y a des formations pour remettre à jour le savoir des sages-femmes que vous devez faire de temps en temps ?
- Amandine
Alors, il y a tout le temps des formations. On ne peut pas toutes les faire, malheureusement. L'hôpital n'a pas le budget, malheureusement, pour nous mettre en formation tout le temps. Mais il y a plein de choses qui existent pour se remettre à jour, des séminars. Mais on n'a pas vraiment beaucoup accès à ça.
- Alban
Quels seraient tes conseils pour un jeune couple qui peut-être juste débarque en Norvège, n'a pas encore les repères et s'apprête à devenir parent ou à tomber enceinte ?
- Amandine
De contacter la health station déjà, en premier, la sage-femme. Une fois qu'on a mis un pied là-dedans, on est un peu guidé jusqu'au bout.
- Lucie
Et pour quelqu'un qui voudrait se lancer dans le métier de sage-femme en Norvège, quels conseils ?
- Amandine
Alors, ça dépend. Se lancer dans le métier de sage-femme, quand on est... à l'école, une jeune adolescente en études, ou alors un adulte qui veut se reconvertir. En tout cas, en Norvège, il faut d'abord faire l'école d'infirmière. Il n'y a pas le choix.
- Alban
C'est la porte d'entrée.
- Amandine
C'est la porte d'entrée,
- Lucie
oui.
- Amandine
Et les études de sage-femme viennent après.
- Lucie
Et pour une sage-femme qui exerce déjà dans un autre pays et qui viendrait ici, ça serait ?
- Amandine
Fait de la langue. Alors la langue, oui. Apprendre le norvégien. Prioriser le norvégien sur l'anglais. Moi, j'ai fait, on ne va pas dire la bêtise, mais j'ai appris les deux un peu en même temps au début. Ça a fait que j'ai mis plus de temps pour le norvégien. Mais au moins, je maîtrise l'anglais. Mais le norvégien reste le plus important.
- Lucie
Donc, focus. Norvégien, norvégien.
- Alban
Dans la santé, le norvégien est nécessaire.
- Amandine
Est nécessaire.
- Alban
Au moins, pour débuter, il faut un certain niveau.
- Amandine
Exactement.
- Alban
Et du coup, dernière question, moins professionnelle, mais plus peut-être orientée sur toi. Qu'est-ce que tu dirais à la Amandine qui débarquait il y a 12 ans, du coup, maintenant en Norvège ?
- Amandine
Ne lâche rien. Parce que j'ai eu quand même... Là, je vous en parle. où c'est bien passé, mais il y a eu beaucoup de bas aussi. C'était des montagnes russes de haut et de bas. Il y a eu beaucoup de moments difficiles. J'ai trouvé ce boulot à l'hôpital. Mais avant de trouver ce boulot à l'hôpital, j'avais aussi postulé à d'autres endroits où j'ai été refusée. Donc, je lui dirais, ne lâche pas. Ce n'était pas tout rose. Il y a un happy end. Trop bien.
- Lucie
Est-ce que tu te verrais repartir en France et exercer en France ?
- Amandine
Je ne me verrais pas exercer en France. Les différences France-Norvège font que des fois, on aimerait être en France, comme tous les Français, l'alimentation, le climat. Mais la vie en Norvège, elle vaut le coup, en fait. Non seulement pour la vie qu'on a ici, l'accès à la nature, et pour le côté professionnel, la vie de famille.
- Lucie
Ok, ben écoute, on te souhaite plein d'épanouissement, plein de réussite, plein de bonheur dans maintenant l'équilibre que tu as trouvé.
- Alban
C'est ça, qui est encore récent. Maintenant, tu as encore une nouvelle étape.
- Lucie
mais que t'as été cherché t'as pas lâché donc c'est hyper inspirant je trouve et j'espère que ça pourra encourager peut-être certaines personnes voudraient se lancer sur ce chemin exactement et puis c'est aussi plein de une mine de de conseils pour les femmes et les couples qui se lancent dans cette aventure.
- Alban
Merci beaucoup, Amandine, parce que ça nous a permis aussi de refaire le point sur notre propre expérience vécue ici de grossesse, d'accouchement, de postpartum en Norvège, et aussi de parler de certaines idées reçues, est-ce qu'elles sont vraies, pas vraies, donc c'était vraiment enrichissant, et ce qui est parfois difficile, comme on a quand même un gros repère français de base, ce qui est normal. de toujours faire cette comparaison et de savoir un peu ce qui est vrai ou pas et de remettre de l'ordre dans tout ça, je pense que ça va servir à beaucoup de personnes.
- Lucie
Et puis Alban, n'oublie pas d'appeler ton copain pour la vasectomie.
- Alban
Je vais lui parler de la vasectomie. Je ne vais pas manquer.
- Amandine
Merci à vous,
- Lucie
c'était un plaisir de parler de mon métier de sage-femme en Norvège. Super. Merci à Maudine et puis on vous dit à très bientôt chez nous.
- Alban
Sous les aurores.
- Lucie
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- Alban
des coups de préféré ou un commentaire sur youtube ça nous aide énormément à faire grandir le podcast merci et à très vite pour le prochain épisode