- Ambre Brossez
Et puis, c'était pas prévu, mais trois semaines après que j'arrive, je rencontre un garçon.
- Alban
Oh punaise ! M'en parle pas à moi ! Oh fada !
- Ambre Brossez
Et voilà, il y a trois semaines, on a acheté un appartement ensemble.
- Alban
Attends, attends, attends, il y a trois semaines ?
- Ambre Brossez
Oui. Ah, félicitations,
- Alban
j'ai cloué au bout de trois semaines. Non, non, non.
- Ambre Brossez
On va vite,
- Lucie
mais quand même. Salut, c'est Lucie.
- Alban
Salut, c'est Alban.
- Lucie
Bienvenue chez nous sur un nouvel épisode de...
- Alban
Sous les aurores. Aujourd'hui, nouvelle invitée, on va parler de VIE, Volontariat International Entreprise, et ça va être top aussi pour nous de nous replonger dans nos années VIE. On est très heureux de te recevoir chez nous.
- Lucie
Merci beaucoup. Est-ce que d'abord tu pourrais te présenter en nous disant ton prénom, depuis combien de temps tu vis en Norvège, et ce que tu fais dans la vie, et si tu as un petit culture-choc qui t'a marqué à ton arrivée ici.
- Ambre Brossez
Oui, je m'appelle Ambre, je suis arrivée en Norvège il y a... Exactement deux ans.
- Alban
Bon anniversaire, gratulé.
- Ambre Brossez
Et je suis consultante, je travaille sur les questions de capture de CO2, donc c'est une technologie qui permet de réduire les émissions de l'industrie. Et donc je faisais ça à Paris avant et maintenant en Norvège. Et un culture shock, il y en a plein. Je dirais qu'on n'a pas déjà vu dans le podcast, mais je dirais sûrement le rapport à l'alcool et à la fête des Norvégiens. C'est qui m'a énormément étonnée. J'avais une image très lisse des Norvégiens, un peu parfaite. On l'a sûrement depuis la France. Et puis quand tu les vois en soirée ou avec un verre d'alcool, je te dis, oula, pas du tout ! Du coup, c'est très étonnant, mais c'est très chouette aussi de les voir comme ça. Et donc tu viens d'où en France à la base ? Je suis née à Marseille.
- Lucie
Oui, Marseille bébé !
- Ambre Brossez
J'ai habité, mes parents habitaient à la campagne entre Toulon et Marseille, dans un petit village. de 2000 habitants.
- Alban
Tu peux même dire le nom.
- Ambre Brossez
Ça s'appelle Neoul.
- Alban
Ah oui, non,
- Ambre Brossez
quand même. Bonjour à Neoul. C'est ça, bonjour à Neoul. J'ai grandi là-bas et puis après le bac, je suis allée à Paris. J'ai fait toutes mes études et j'ai un peu travaillé là-bas. Et après, je suis venue à Oslo. Donc, je vais de plus en plus au nord.
- Lucie
Et tu as fait quoi comme études ?
- Ambre Brossez
J'ai fait des sciences politiques et de l'économie de l'énergie.
- Alban
Attends, et avant d'en arriver à la Norvège, je suis quand même curieux parce que moi Autant bouger en Norvège, en Finlande, ça ne m'a pas dérangé. Mais j'avais mis un point d'honneur, un peu comme ce côté un peu sudiste de « Ah, mais j'ai besoin du soleil, Paris, je ne pourrai jamais. » Est-ce que toi, c'était difficile quand tu as dû aller à Paris ?
- Ambre Brossez
Le choc a été plus important entre Neul et Paris que Paris et Oslo. C'est fou, tu vois. Parce que dans le sud, 30-35 degrés. L'hiver, mon manteau, je ne l'ai jamais fermé de ma vie. Je n'ai jamais eu de bonnet. Et arrivé à Paris, je me dis « Ah, ça y est, d'accord. » La pluie, le gris, etc. Mais c'est bon. Finalement, Oslo, c'est juste une transition. Paris a permis de faire une bonne transition.
- Lucie
Ça me fait penser un peu quand nous, on dit que c'était plus dur de passer de 0 à 1 enfant. Après, 2, on était déjà dans le rythme. Voilà,
- Alban
c'est ça.
- Lucie
Là, c'est pareil. Une fois que tu es un peu plus au nord, aller encore plus au nord, ça va.
- Ambre Brossez
C'est ça.
- Lucie
Après le bac, tu fais tes études à Paris. Comment ça se passe, ta candidature à un VIE ? Comment tu as connu le VIE ?
- Ambre Brossez
C'était un peu un hasard. J'avais un ami qui était dans mon master, qui a fait un VIE à Stockholm, en Suède, juste après son stage de fin d'études. Donc j'ai connu le principe du VIE comme ça.
- Alban
Est-ce que tu peux l'expliquer un peu avec tes mots ? Et nous, on pourra peut-être aussi t'aider, même s'il y a besoin.
- Ambre Brossez
Donc, volontariat international en entreprise. Il y a aussi des VIA, donc c'est en administration. Et c'est un programme qui permet pour les 18-28 ans, je crois. Oui,
- Alban
je crois, oui.
- Ambre Brossez
de partir un ou deux ans à l'étranger pour travailler dans une entreprise française, mais qui a des bureaux à l'étranger, peu importe, en Europe, à l'international, vraiment partout. Et donc le but, c'est d'avoir une sorte de candidature simplifiée, on va dire, pour partir à l'étranger, court terme, qui nous permet de, si on veut, revenir en France ou tenter l'expérience un peu. À l'étranger, c'est un peu un Erasmus du travail. C'est ça. C'est un peu comme ça.
- Lucie
Et puis une petite expatriation. Et puis c'est très bien encadré. C'est moins peur de partir en légeant.
- Ambre Brossez
On est un contrat français. Donc on a même plein d'avantages de ce côté-là. Donc ça fait l'expérience beaucoup simplifier, en fait, cette expatriation. C'est vraiment chouette.
- Alban
Et d'ailleurs, nous, on l'a fait avec Lucie. Donc on s'est rencontrés au Panama, en volontariat international d'entreprise. C'est vrai que pour des pays comme ça, Or, UE, Space Schengen et tout, c'était, je pense, encore plus rassurant d'être via le cadre volontaire international d'entreprise. Donc c'est un vrai plus, parce que toutes les démarches sont facilitées. Aussi, la nuance que j'allais ajouter, c'est que le VIE, je pense, à la base, était fait pour les petites entreprises françaises qui voulaient développer des marchés à l'international. Avec la croissance de ce type de contrats, des grosses entreprises déjà très implémentées vont juste faire appel à des petits jeunes dynamiques qui sortent de leurs études un peu comme c'était ton cas ou le nôtre. On a fait des grosses boîtes françaises à l'international, mais il peut y avoir différents cas de figure, soit vraiment la toute petite boîte de quelques personnes qui va développer une branche internationale ou le mastodonte qui a des bureaux dans le monde entier.
- Ambre Brossez
Et même en termes de secteur, quand on regarde un peu tout, il y a beaucoup d'ingénieurs, etc., mais il y a aussi... Peu importe, après le bac, après une licence, après un master. C'est assez divers. Selon les pays et les besoins, j'imagine. Mais c'est assez chouette de voir tout ce qu'ils proposent.
- Lucie
Et donc toi, ton ami avait fait un VIE à Stockholm. Et à partir de là, tu te dis, je vais regarder les offres VIE.
- Ambre Brossez
En fait, moi, je fais partie de la génération Covid. Donc, je n'ai pas pu faire d'Erasmus ou d'expérience pendant mes études. Donc, je me suis dit que j'avais toujours envie de le faire après. Au début, je travaillais, j'étais en CDE dans un cabinet de conseil à Paris. Et je pensais pouvoir le faire en interne, de pouvoir le faire à l'étranger. Mais ils ont arrêté le dispositif juste avant que je puisse en bénéficier. Donc je me suis dit, bon, on va regarder ailleurs alors. Et donc je suis allée sur le site. Pour être honnête, je regardais juste un petit peu comme ça. Et puis je regardais l'Allemagne, les pays du Nord. Pour moi, c'était à peu près la même chose. Cette partie, ou même l'Angleterre. Au-dessus des Néoules, tout se ressemble. Je voulais quand même rester en Europe. Parce que je savais que si ça me plaisait, je pouvais y rester. Donc je ne voulais pas partir trop loin de ma famille, mes amis non plus.
- Alban
Oui, c'est intéressant.
- Lucie
Et du coup, il y a un site, je ne me rappelle même plus. Il y a un site,
- Ambre Brossez
c'est Business France. Il y a toutes les offres. Je crois que c'est même une obligation. On ne peut pas les trouver. Enfin, on peut en voir sur LinkedIn, mais on est obligé de postuler à partir de ce site.
- Alban
Je me rappelle l'avoir poncé pendant des mois.
- Ambre Brossez
Et donc, il n'est pas très bien fait, parce que les filtres et tout. Donc, tu es un peu obligé de regarder toutes les offres, une par une, pour être sûr de ne pas en rater une.
- Alban
Donc, premier tip, c'est d'abord, pour décrocher son VIE, juste apprivoiser le site.
- Ambre Brossez
C'est ça.
- Lucie
Ouais, comme ça, il voit ceux qui sont vraiment motivés. Tu regardes un peu les offres par hasard et...
- Ambre Brossez
Et j'envoie une à Oslo.
- Lucie
Tu en envoies une à Oslo.
- Ambre Brossez
Et moi, j'avais un peu la contrainte parce que je ne voulais pas non plus complètement changer de carrière, juste pour partir à l'étranger, parce que je savais qu'après, ça aurait pu être compliqué si je rentrais en France. Donc j'ai trouvé une offre dans un cabinet de conseil, dans le sujet qui m'intéressait, à Oslo. Je me suis dit, bon, on va difficilement faire mieux quand même. Et c'est une boîte, je travaille toujours là-bas d'ailleurs. Elle s'appelle Carbon Limit. C'est donc un cabinet, on est 35-40 à Oslo. La directrice est française, il y a quand même pas mal de Français, mais c'est très international. La nationalité la moins représentée, c'est les Norvégiens.
- Alban
Un vrai rassus.
- Ambre Brossez
Jusqu'au bout. Mais du coup, j'ai postulé comme un emploi classique. Puis après, j'ai essayé d'appeler sur LinkedIn, je l'ai trouvé sur LinkedIn pour appeler un peu, pour demander à d'autres personnes comment c'était la vie à Oslo et tout ça. Et en fait, en parallèle, ma sœur était en Erasmus à Oslo cette année-là. Incroyable ! Ma petite sœur qui a trois ans de moins que moi, elle faisait son M1 à Oslo. Et du coup, je me suis dit, si elle peut le faire, je pourrais le faire aussi.
- Lucie
Elle t'avait donné un retour positif ?
- Ambre Brossez
Pas tellement, parce que ma soeur, elle était entre Oslo et le Brésil. Ah oui, forcément.
- Alban
C'est un peu nous, Panama et Norvège.
- Ambre Brossez
Donc, on s'était tous dit, bon, elle adore le soleil, elle est très sudiste. C'est différent, mais c'est très bien. Puis, c'était une période, en fait, pour les Erasmus, c'est souvent de septembre, enfin, c'est un semestre, donc de septembre à janvier, ou de septembre à avril, mai. Et donc, en fait, toute la meilleure période, ils sont tous là. à plus Et c'était l'année où apparemment il faisait super froid, il y a eu des moins 20, moins 25. Vraiment, elle a dit non. Je vais peut-être aller au Brésil au final. Elle est rentrée à Marseille, elle s'est dit bon, je bouge plus. J'ai pris mon quota de froid pour les dix prochaines années. Mais je pense que c'était différent aussi dans le sens où quand t'es étudiant, t'as pas beaucoup de cours, donc t'es quand même beaucoup dans ta chambre étudiante. C'est très chouette socialement, mais quand tu travailles... Tu pourrais être beaucoup dehors. t'as ton rythme en fait donc il fait noir tu travailles c'est différent je pense c'est vrai que mon erasmus aussi en Finlande heureusement comme tu dis c'était le côté social qui était très prenant mais le côté court était réduit et tant mieux parce que ça permet aussi de voyager et faire plein d'autres choses mais
- Alban
c'est vrai que je pense que si t'étais quelqu'un qui de base aimait être enfermé chez toi là t'avais ce qu'il te faut si t'aimais pas ça ça pouvait être un peu difficile c'est ça
- Ambre Brossez
Elle a beaucoup aimé l'expérience, mais elle ne se voyait pas rester. Elle m'a dit, je pense que toi, tu peux bien aimer, parce que je suis un peu plus casanière, j'aime bien la neige. Elle m'a dit, tu peux tester. Pendant un mois, on était toutes les deux ici. C'était vraiment chouette. Elle a pu m'accueillir. Franchement, c'était super cool. Donc d'arriver tout seul avec tes valises, c'est dire bon, allez.
- Lucie
Et attends, parce que du coup, tu as passé les entretiens. Donc tout s'est bien passé et tu as su assez rapidement que tu allais arriver. Donc à quel mois ?
- Ambre Brossez
J'avais postulé en février et j'ai commencé en mai 2024. Donc c'était assez rapide.
- Alban
Mais moi aussi, c'était mon cas. Est-ce que, juste par curiosité aussi, est-ce que tu avais quand même postulé à beaucoup d'autres ou très peu ?
- Ambre Brossez
J'avais postulé à une deuxième offre. Mais en fait, j'ai eu la réponse positive de celle-là avant d'avoir l'entretien de l'autre. C'était une offre pour Total Energy, dans le même secteur, mais c'était aux Pays-Bas. J'étais ouverte, mais je me suis dit non, Oslo, ça a l'air vraiment chouette. C'est vrai,
- Alban
t'étais quand même importante.
- Ambre Brossez
Donc si j'ai l'offre, j'y vais. Trop bien,
- Lucie
c'était un match.
- Alban
Trop sympa.
- Ambre Brossez
C'est ça.
- Lucie
Et est-ce que toi aussi, ils t'ont mis en relation avec tous les VIE qui allaient à Oslo au même moment que toi ?
- Ambre Brossez
Oui. Alors, Oslo, c'était un petit peu différent parce qu'apparemment, selon la taille du mouvement VIE, Tu as plus ou moins d'organisations. Et à Oslo, il n'y avait pas encore un truc officiel. Et ça a été créé juste quand je suis arrivée. Donc, c'est assez nouveau. Donc, en fait, il y avait un représentant, on va dire, qui est à l'ambassade, qui est là pour répondre à nos questions et gérer les différents VIE. Et puis après, on a un groupe WhatsApp. Et donc, il y a tous les VIE qui sont ajoutés au fur et à mesure.
- Lucie
Mais qui sont en ce moment ?
- Ambre Brossez
Qui sont en ce moment en VIE. Puis après, quand tu n'y es plus, du coup, tu es rejeté du groupe.
- Alban
Va dans la vie active, ça y est, t'es adulte.
- Ambre Brossez
Et puis il y a des événements, donc là on va en organiser un dans mon entreprise, en fait toutes les entreprises se relaient et donc tous les 2-3 mois elles invitent certains VIE pour parler de l'entreprise, expliquer ce qu'ils font, etc. Et ça permet de faire un peu de réseau mais de comprendre un peu plus aussi les différentes entreprises qu'il y a à Oslo en Norvège.
- Alban
C'est trop intéressant pour les opportunités, les futures potentielles.
- Ambre Brossez
Et c'est ouvert aux VIE qui sont à Oslo mais aussi on a pas mal à Stavanger qui travaillent pour pour Total, ce genre de choses.
- Lucie
J'allais te demander, tu sais un peu les boîtes françaises qui reviennent souvent parmi les VIE ?
- Ambre Brossez
Je pense qu'il y a beaucoup dans l'énergie ou l'industrie. Il y a Total Energy, il y a Nexens.
- Alban
Il y en a beaucoup,
- Ambre Brossez
j'ai entendu ça. Est-ce que BNP Paribas peut-être ? Oui, les banques aussi. BNP Paribas, Crédit Agricole peut-être. Alstom peut-être, ou Thalès. C'est beaucoup de jobs d'ingénieurs. donc si on est ingénieur je ne l'étais pas mais il y a beaucoup plus d'options mais il y a aussi d'autres du marketing,
- Lucie
ce genre de choses mais c'est souvent des grosses boîtes qui ont des intérêts entre la Norvège et la France donc c'est des technologies ce genre de choses et du coup quand t'arrives c'est bien parce que tu te sens pas bon toi t'avais ta soeur déjà donc gros plus mais en plus d'autres VIE avec qui te retrouver et moi je me rappelle je me disais trop bien, on n'est pas tout seul, on peut commencer à découvrir ensemble la ville.
- Alban
Et puis dix ans plus tard...
- Lucie
On fait des enfants.
- Alban
Certains sont bloqués avec le même groupe de veilleux.
- Lucie
C'est une bonne chose. On a amorti la relation veilleux.
- Alban
C'est clair. C'était pas Erasmus, mais ça l'a fait.
- Lucie
Et toi, c'était le cas ? Du coup, tout de suite, vous avez connecté avec les autres VIE ?
- Ambre Brossez
Oui et non, dans le sens où, comme j'avais beaucoup de collègues de mon âge français ou internationaux, j'ai passé pas mal de temps avec mes collègues.
- Lucie
Ah, trop cool !
- Ambre Brossez
Donc c'était très chouette.
- Alban
Donc dans la boîte, déjà, hyper dynamique. Oui, c'est ça.
- Ambre Brossez
Parce que le conseil, c'est souvent entre 25 et 35 ans. C'est des tranches d'âge assez jeunes. Et comme la plupart ne sont pas norvégiens, tout le monde arrive, ne connaît personne. Et donc, c'est chouette de pouvoir se relayer et puis se rencontrer en dehors du travail aussi. Et puis, j'avais fait quelques événements. On avait été invité pour le 14 juillet à l'ambassade. Donc là, pareil, j'avais rencontré des VIE. Et aussi, il y a des anciens VIE qui sont encore dans les boîtes dans lesquelles ils ont fait leur VIE, qui restent un peu. Donc, ça permet d'étendre un petit peu le réseau et d'avoir des personnes qui sont là depuis 2, 3, 4, 5 ans.
- Alban
C'est trop drôle. C'est chouette.
- Ambre Brossez
Ils gardent contact avec les nouveaux pour un petit peu les aider à s'intégrer. Ça, c'est chouette.
- Alban
Nous aussi, c'était pareil. Il y avait les grands.
- Ambre Brossez
Oui, c'est ça.
- Alban
Idriss, Elina, ces gens-là, c'était les grands.
- Lucie
Et du coup, comment ça se passe les premiers temps, l'intégration ici ? Déjà, tu es arrivée en mai. Trop bien pour la bonne période.
- Ambre Brossez
La meilleure période.
- Alban
Tu es arrivée proche du 17 mai.
- Ambre Brossez
Je suis arrivée le 26 avril ou le 25 avril, donc juste avant.
- Alban
Tu étais dans les petits papiers.
- Ambre Brossez
En plus, Moi, je sais pas. Vraiment, je ne m'étais pas du tout renseignée sur la Norvège pour être honnête. Donc le 17 mai, je ne savais pas du tout ce que c'était. J'avais envie de... 17 mai,
- Lucie
c'est la fête nationale, pour ceux qui ne sauraient pas.
- Ambre Brossez
Et puis,
- Alban
on ne peut pas t'en vouloir. Le podcast n'était pas lancé.
- Ambre Brossez
Je ne pouvais pas savoir.
- Alban
Aucune source d'information.
- Ambre Brossez
Mais en fait, j'étais en colloque avec deux Norvégiens. J'avais cherché, j'ai fait exprès de chercher des colloques norvégiens parce que je savais que ça allait potentiellement être difficile de les rencontrer autrement. Si je vais avec eux, ils devront me parler. Il n'y a pas de choix. Donc du coup, eux, ils m'ont dit, ah, mais ça va être trop bien le 17 mai et tout ça. Je dis, OK, on va voir. Mais du coup, c'était très chouette. Et j'avais du coup mon ami qui était à Stockholm, qui était venu pour... Je m'étais dit, comme ça, si je connais personne, au moins, on sera tous les deux. Je ne serai pas toute seule. Mais du coup, on est resté avec mes colocs. On a fait le petit déjeuner au champagne, etc. C'était vraiment très, très, très chouette.
- Lucie
Tout l'intégration directe. Du coup,
- Ambre Brossez
c'était très sympa. je recommande vraiment pour les personnes qui s'expatrie seule, de trouver des collègues, norvégiens ou pas, mais ça permet de... Enfin, on peut aimer ne pas vivre seule, mais c'est chouette, en tout cas pour les premiers mois, d'avoir un peu un cercle social comme ça. Et puis s'ils sont norvégiens, ils peuvent t'aider quand même pour les trucs administratifs et tout, le compte bancaire, machin. C'était chouette d'avoir des personnes qui pouvaient parler norvégien si j'avais un problème. Donc c'était super cool.
- Lucie
Tu parlais du logement, est-ce que le... On t'a aidé ?
- Ambre Brossez
Ma sœur a fait mes visites.
- Lucie
D'accord.
- Alban
Autre conseil d'ambre, envoyez une sœur en Erasmus.
- Lucie
Parce que nous, on était vachement aidés. Je ne sais pas si c'était le VIE ou l'entreprise qui nous aidait.
- Alban
Ma boîte avait un logement qui était pour les VIE arrivants. Et après, on allait faire nos recherches, mais tout ça, c'était via des agents contractés par l'entreprise.
- Ambre Brossez
Il y a pas mal de... Je sais qu'il y a certaines boîtes VIE qui... offrent le logement ou vont le payer. En tout cas, aident pour le début ou alors vont payer un hôtel ou Airbnb le temps que tu puisses trouver quelque chose. Mais ça a été plutôt facile à trouver. J'avais regardé sur Fin et Hebel. J'avais envoyé des messages à plein, plein. Et puis ma soeur allait faire visite. Elle m'envoyait des vidéos. Moi, je n'avais pas visité avant, mais je lui faisais confiance. Et je me disais non, là, ils n'ont pas l'air trop sympas, ceux-là. Je ne pense pas que tu puisses vivre ici. Je me suis dit d'accord. Elle m'a dit que c'était trop bien. Je pouvais voir les habitations. J'ai adoré faire les visites. Je me suis dit que tant mieux.
- Lucie
Du coup, tu es arrivée. Tu avais déjà le logement.
- Ambre Brossez
La première nuit, j'ai dormi chez ma soeur. Dans sa chambre étudiante. Le lendemain, avec mes valises, on allait dans la chambre. C'était trop chouette. C'était où ? C'était un super grand appart. Après les 7 ans à Paris, j'étais là. La Norvège, c'est des p... Je ne pars plus jamais.
- Alban
Comme toi,
- Lucie
ta transition de chambre étudiante à grand appart au Panama.
- Alban
J'étais dans une chambre de 9 mètres carrés du Crous. Après, j'étais en coloc à deux, mais 200 mètres carrés, vue sur l'océan, deux gyms, une piscine, c'était n'importe quoi.
- Lucie
Ça change les standards.
- Alban
On sent bourgeoise d'un seul coup. C'est merveilleux.
- Lucie
Et d'ailleurs, en termes de salaire veilleux, VS le coût de la vie en Norvège, notamment le logement qui peut être assez cher à l'allocation. Ça va ? Ils font en sorte que tu puisses vivre correctement ? Oui, c'est ça.
- Ambre Brossez
En fait, la manière dont ça fonctionne, c'est que chaque pays a un budget. Tous les veilleux ont le même salaire, peu importe vos années d'expérience ou je ne sais quoi. Et l'entreprise peut rajouter ou une sorte d'allocation de logement pour payer le logement ou autre chose. Moi, j'avais ce... Je me souviens un peu combien c'était. C'est peut-être 3000 euros. Je me souviens pas. C'est public. En net. Oui, c'est ça, exactement. Ça change chaque année de toute manière.
- Lucie
En brut ?
- Alban
En net,
- Ambre Brossez
c'est pareil parce qu'on ne paye pas d'impôts. Ni en France, ni en Norvège. L'entreprise ne paye pas d'impôts. Donc, c'est assez... Oui, c'est pour ça que... Finalement, c'est très intéressant parce qu'en fait, si on devait payer des impôts sur ça, ce serait peut-être un petit peu compliqué. Mais comme, en plus, on est payé en euros, donc quand c'est intéressant, on a le change qui... C'est bon, en plus,
- Alban
ça t'était bien, là.
- Ambre Brossez
Oui, c'est... Non, c'était bien.
- Alban
Parce que là, maintenant...
- Ambre Brossez
la couronne est remontée mais il y a un ou deux ans c'était pas ça non franchement c'est très confortable et c'est chouette parce que quand on vient on veut aussi un peu voyager donc ça te permet d'avoir un appart sympa et puis ensuite acheter des billets d'avion, de train parce que la
- Alban
Norvège c'est grand le ski ça coûte cher aussi pour revenir justement sur la grille de salaire qui est publique elle est accessible sur non pas civiweb mais businessfrance Rires Et je me rappelle qu'il y avait une allocation fixe, la même pour tous les veilleux dans le monde entier. Et après, il y avait une partie variale par pays, mais qui est fixe, qui est la même, comme tu as dit, pour tous les veilleux dans ce pays-là. Et ça, ça prenait en compte notamment le niveau de vie et le risque.
- Ambre Brossez
Exactement.
- Alban
Et donc la Norvège, pour le coup, le risque, je pense que ça va. Mais le niveau d'illetté est élevé, d'où le bon salaire aussi qui va avec.
- Ambre Brossez
Donc c'est assez chouette parce que ça permet aussi de... C'est vrai que quand on arrive dans un autre pays, on n'a aucun repère pour les salaires négociés, etc. Donc là, on n'a pas de questions à se poser. C'est comme ça, un contrat, on fait confiance. Et puis j'avais appelé des anciens veilleux en disant « Est-ce que ça suffit ? Parce que la Norvège, c'est super cher. » Et ils m'avaient dit « Non, mais très bien. »
- Alban
Je t'appelle de mon bateau, là, tout se passe bien.
- Ambre Brossez
Peut-être pas à ce point-là, mais... Qu'est-ce que tu fais dans les premiers mois ?
- Lucie
Quelles visites ?
- Alban
Et aussi, quelles sont tes premières impressions ? Ce fameux coup de vie, par exemple ?
- Ambre Brossez
Je commence à apprendre le norvégien au moment où j'arrive. Parce que je ne savais pas à cette époque si je voulais rester ou pas. Mais je m'étais dit, c'est une bonne activité à faire au cas où je rencontre... va me permettre de rencontrer d'autres personnes, d'avoir quelque chose d'autre à faire que mon travail, parce qu'on finit à 4h, mais du coup, quand t'arrives, que tu connais personne, tu te dis, bon, qu'est-ce que je vais faire de mes journées ?
- Alban
Sacré problème à résoudre. C'est vraiment un problème,
- Ambre Brossez
trop de temps à occuper. Donc du coup, j'avais des cours de norvégien dans une école qui s'appelle Linou. C'était deux fois par semaine, deux soirs, deux fois deux heures. Et puis après, j'essayais de rencontrer un petit peu des Français, des non-Français, pour rencontrer des personnes sur place, parce qu'il faut se refaire un cercle social amical. Donc j'ai pas mal fait de... J'ai beaucoup tourné autour d'Oslo au début, pas beaucoup en dehors, parce que je restais un petit peu, je voulais découvrir un petit peu les différents quartiers.
- Alban
Il y avait déjà de quoi faire, même si c'est une capitale à échelle humaine. Avant de vraiment faire le tour. Et après, toutes les forêts qui sont toujours présentes partout. Il y a beaucoup, beaucoup de choses à faire. Surtout à l'époque en plus à laquelle tu es arrivée. C'est facile.
- Lucie
Ça a été quoi tes premiers petits coups de cœur dans la ville d'Oslo ?
- Ambre Brossez
Les fjords. À Kerbrige, c'est le quartier qui est au bord des fjords. On peut prendre un petit bateau et aller sur les îles. Là, je me suis dit, waouh, ça c'est...
- Lucie
Avec ton ticket de métro.
- Ambre Brossez
De métro, oui. Et puis, tu peux faire des petits barbecues, amener tes petites... grillades, etc. Et là, je me suis dit ça, c'est vraiment chouette. Et puis, c'était pas prévu, mais trois semaines après que j'arrive, je rencontre un garçon.
- Alban
Oh punaise ! M'en parle pas à moi ! Oh fada !
- Ambre Brossez
Et voilà, il y a trois semaines, on a acheté un appartement ensemble.
- Alban
Attends, il y a trois semaines ?
- Lucie
Félicitations,
- Alban
j'ai cru au bout de trois semaines.
- Lucie
On va vite, mais quand même. J'adore, félicitations. Franchement, on peut dire que généralement ça marche ces histoires-là.
- Alban
Attends, est-ce que c'est un veillé ou pas ?
- Lucie
Non, non, non. Est-ce que c'est un norvégien ? Oui et non.
- Alban
Pinaison, on est...
- Lucie
Il est russe,
- Ambre Brossez
mais il a déménagé en Norvège avec sa mère quand il avait 18 ans, parce que sa mère s'est remariée avec un norvégien. Et donc, il a refait son lycée en Norvège, ses études, etc. Donc, ça fait 13 ans, 12 ans qu'il est ici. Donc, il a la nationalité norvégienne. Il est complètement bilingue, etc. Mais il n'est pas norvégien per se.
- Lucie
D'accord. Donc, au départ, vous parlez anglais ensemble ? Oui,
- Ambre Brossez
et puis on parle toujours anglais. On parle toujours anglais. La plupart du temps.
- Lucie
Ouais, ouais.
- Ambre Brossez
Un petit peu norvégien, mais bon, on peut avoir des grandes conversations.
- Lucie
Comment tu l'as rencontré ?
- Ambre Brossez
Alors, à la norvégienne, sur Tinder. oh punaise j'adore et coup de foudre c'est ça presque en plus j'avais pas forcément prévu d'avoir une relation comme je savais pas mais je me suis dit c'est dur de rencontrer des norvégiens et des norvégiennes les norvégiens bon ben Tinder c'est facile et il y a l'équivalent qui s'appelle Bumble enfin t'as une partie amicale donc j'ai rencontré des filles juste pour être amie c'est bien et du coup c'était chouette c'est le seul date que j'ai fait j'ai pas eu une énorme expérience rendabilité 100% mais c'était très efficace tant mieux parce qu'apparemment il y a de tout j'ai entendu que oui je suis ravie de ne pas avoir trop expérimenté les différences culturelles Tinder ça l'a fait,
- Alban
si elle est,
- Lucie
tant mieux du coup après vous avez
- Ambre Brossez
Il t'a fait découvrir un peu. Il m'a fait découvrir parce que lui, il était à Oslo depuis très longtemps. Il avait son groupe d'amis. Ses habitudes. J'avais aussi ce truc-là de me dire qu'il ne faut pas être complètement 100% qu'avec lui parce que j'ai envie de créer ma propre vie ici et d'être sûre que ça me plaît. Et pas juste d'être à fond. Je suis un peu rationnelle sur ce côté-là. Mais du coup, je reste quand même aussi avec mes collègues. J'essaie de me faire des amis de mon côté. Et puis, au fur et à mesure de passer de plus en plus de temps avec lui, j'ai emménagé chez lui. Trop bien ! Donc, ça a rajouté forcément une dimension. Une dimension.
- Alban
Et dans tout ça, tes parents, ça va ? Je me dis quand même, tu sais déjà de ta fille, puisque du coup, tu n'étais pas partie même en Erasmus. Tu pars à Oslo, tu rencontres quelqu'un. Maintenant, tu achètes. Comment eux, ils s'adaptent à tout ça ?
- Ambre Brossez
Ils sont plutôt... Enfin, ils sont contents pour moi. Je pense que le fait que j'étais à Paris, pour eux, c'était déjà une première étape. Mais oui, tu étais en expat, qu'est-ce que tu dis ? En termes, ça prend plus de temps de faire Paris-Néoul que Oslo-Néoul. Entre le train et... Pour eux, ça ne changeait pas grand-chose, que ce soit à Oslo, mais c'était plus de me dire « Mais t'es sûre ? Et la retraite ? »
- Alban
Trop mignon,
- Ambre Brossez
c'est ça. Ils sont très contents, mais c'est vrai qu'au début, ils se sont dit « Ah ok, en Norvège, tu restes. » Ah d'accord, t'as trouvé un copain Ah oui d'accord, et vous achetez un appartement C'est trop drôle Ils sont super contents Ils sont venus Tout le monde est venu Ils comprennent aussi Pourquoi j'aime être ici Et puis moi j'essaie de revenir aussi Pour les voir Avec ton copain,
- Lucie
vous avez voyagé un peu en Norvège
- Ambre Brossez
Oui, du coup l'été dernier On a acheté une vieille voiture Elle a 25 ans Merci. à peu près mon âge et on a il a conduit de Oslo au Lofoten donc c'est à peu près 24h et donc en fait on était en tente et on s'arrêtait un petit peu en road trip comme ça c'était super chouette parce qu'on a vu Trondheim plein de différentes villes Boudot etc et puis les îles Lofoten je sais pas si vous y êtes allé déjà encore là on a refait le nord et tout ça nous a trop plu mais c'est vraiment super chouette enfin Très touristique. J'ai vu énormément de Français là-bas. On ne se sent pas dépaysés. Mais c'est vraiment très, très joli.
- Lucie
Vous l'avez fait pendant l'été, tu as dit ?
- Ambre Brossez
En juillet. En juillet. Fin juin, je crois. C'était juste avant. Il ne faisait pas ultra beau. Il y avait moins de touristes. Mais du coup, c'était quand même super joli. Et puis là-bas, en tente ou en van, tu peux camper à peu près n'importe où.
- Alban
Je retiens la tente, Lucie.
- Ambre Brossez
Ou en van. Il y a des Airbnbs très bien aussi. Claudie nous a branché camping on reste sur le camping je suis allée aussi à Friedrichstah Lillehammer je ne suis jamais allée à Bergen-Nistavanger je pense que je vais y aller cet été parce que c'est un peu le reste du pays je suis allée un peu en Suède au Danemark c'est pas la Norvège c'est sympa aussi de découvrir les pays voisins quoi C'est vrai que c'est dur, finalement, dans tes vacances. Est-ce que j'explore la Norvège ? Est-ce que je revois ma famille, mes amis en France ?
- Lucie
Est-ce que je vais voir un autre pays qui n'a rien à voir ? C'est toujours un peu le dilemme.
- Alban
C'est l'équation qui est pas simple.
- Lucie
On est dans le même dilemme.
- Alban
Nous, on a fait une conclusion simple. Cinq semaines de congé en Norvège, c'est pas suffisant. Il faut qu'il nous donne plus.
- Lucie
Il faut plus de congés.
- Alban
On veut garder 16 heures au plus tard, mais on veut sept semaines de congés.
- Lucie
Comme ça, tu fais tes vacances en Norvège, tes vacances avec ta famille. tes vacances dans des pays plus loin pour avoir du soleil quand il fait un peu trop froid. Et d'ailleurs, ton premier hiver, enfin tes premiers hivers, comment ça s'est passé ?
- Ambre Brossez
Le premier était plutôt... Enfin, c'est très bien passé. Il n'y avait pas eu énormément de neige. C'était 2025. Donc, j'étais un petit peu déçue parce que je m'attendais vraiment à la vraie expérience du sud de la France. Moi, la neige, je l'ai vue trois fois. Donc, j'attendais vraiment ce... Mais c'était quand même super chouette. Enfin, aller skier. J'avais acheté mes skis de fond. Je me suis dit, OK, je vais faire l'expérience. Non, là, j'en ai à fond. Donc j'ai un très mauvais niveau, mais je m'améliore. J'y travaille.
- Alban
Exactement. Et non, franchement, j'ai pas vraiment été impactée par la luminosité. Enfin, le premier hiver, en tout cas. Parce que je pense que c'était nouveau. L'effervescence. Enfin, voilà, c'était... L'amour, ça faisait... Exactement. Je voyais rien. Et par contre, cet hiver, je l'ai ressenti un petit peu plus. J'appellerais pas ça la dépression hivernale, mais une petite déprime d'hiver en me disant... Ah ouais, quand même. Et puis, dès qu'il y avait un petit rayon de soleil, je me suis dit, ah non, en fait, c'est juste le temps, tout va bien dans ta vie. Ah là là, bah ouais. Il faut bien prendre sa vitamine D. Oui, pendant l'hiver.
- Ambre Brossez
Mais ça aussi, on n'a jamais été trop régulier au début.
- Alban
Et là, si on l'a été, c'est bien.
- Ambre Brossez
Maintenant, on se drogue aisément à cause de la vitamine D.
- Alban
Est-ce que tu as des souvenirs déjà assez mémorables de la Norvège, depuis que tu y es ? Oui, pas mal. Peut-être une anecdote un peu rigolote. Et donc... mon copain a son beau-père qui est norvégien, qui habite à Lillehammer. Et donc, la première fois que je vais rencontrer la belle famille, sachant qu'en plus, sa mère parle russe et norvégien, mais pas très bien anglais. Et moi, je parle pas très bien norvégien et pas russe. Donc, en termes de langue, on est un peu dans un mix. Mais les Norvégiens, donc son beau-père, même s'ils sont plus âgés, ils parlent très, très bien anglais. Et donc, j'arrive. Et le premier matin, il me dit... Aujourd'hui, tu vas goûter tous les poissons de la Norvège. Et donc, il avait... Avant, il était fermier, donc il aime bien... Il avait passé plusieurs jours à l'avance à faire des poissons marinés, etc. Il y avait, je sais pas, 12, 13 poissons différents. Il était 9h du matin. Moi, à part le saumon, j'avoue que je suis pas très poisson. Je me suis dit... Ah ouais ! Baptême du feu pour rentrer dans la famille ! C'est ça, donc j'avais pas le choix. Faudrait que je goûte tous les poissons. C'était dans des bocaux ? Il y avait un peu mariné des bocaux, il y avait un peu des sardines, du saumon. Je me suis dit, on va le faire, on va rien dire, j'adore le poisson. Pour le petit-déj en plus. Ah ouais, carrément le petit-déj. Parce qu'en Norvège, ils enrangent beaucoup de poissons le petit-déj. Je trouvais ça très mignon. Il se dit, ok, il faut qu'elle le découvre et tout ça. Je me suis dit, ok, moi là, j'y suis. J'y suis, là, on peut pas revenir en arrière. Donc après, les fois d'après, j'ai eu une nourriture classique. T'avais été validée. Mais du coup, t'avais une petite découverte de poissons trop bons. Je me souviens plus des noms, mais le saumon fumé reste mon préféré. C'est ça. Il y en a deux ou trois que j'avais pas goûté, parce qu'il y a un petit peu des... qui sentent très fort, un peu marinés. Je me suis dit, bon... On va être un petit peu progressif.
- Ambre Brossez
Je me laisse niveau...
- Alban
Exactement. Non, mais c'est bien bon. Du coup, ton entrée dans la famille a été validée grâce aux poissons. Être français en Norvège, c'est quand même une nationalité qui est très appréciée. Quand on dit qu'on est français, tout le monde dit trop bien, le fromage. C'est toujours agréable, en fait. Puis je ramenais, moi, du fromage ou du vin de France. Donc je pense que là... Ouh là, tu marquais des points.
- Ambre Brossez
Je ne t'ai pas connue, même si on est très jeunes tous les deux, via le réseau VIE, mais plus parce que tu as aussi commencé des choses, peut-être même avant nous, au final, ou en même temps, je ne sais plus trop, sur les réseaux sociaux, pour parler de la Norvège, un peu des différences culturelles et de toi, ta propre expérience ici. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ce qui t'a dit, tiens, je vais me lancer et comment... Où tu en es un peu aujourd'hui par rapport à ça ?
- Alban
Oui. Quand je suis arrivée, je découvrais plein de choses et je ne savais pas trop à qui les partager. Mes amis sont très intéressés, mais je ne peux pas les appeler toutes les cinq minutes. Dès que je sais que c'est nouveau, que c'est intéressant, etc. Je me suis dit que je vais commencer un compte Instagram ou TikTok. Je ne sais plus par quoi j'ai commencé. Pour raconter un petit peu mon parcours ici. Je ne suis pas très assidue, mais j'essaye de faire des petites vidéos sur les différences culturelles, sur les choses qui m'amusent ou qui me choquent en Norvège, les choses que j'apprends. sur le pays parce qu'en fait, comme on l'avait dit, je ne m'étais pas du tout renseignée avant de venir, donc il y a plein de choses que je découvre et c'est vrai qu'en fait, quand on arrive dans un autre pays, on ne connaît pas les institutions, le nom des présidents ou des ministres, plein d'autres choses qu'on ne pense pas devoir le savoir, mais c'est assez intéressant quand on parle avec des gens ici de se rendre compte qu'en fait, on connaît tout ça de la France parce qu'on a grandi là-bas. Mais le système scolaire, éducatif, on ne le connaît pas ici. Donc, c'est intéressant d'apprendre comment ça fonctionne. Et du coup, j'avais commencé ce compte Instagram. J'ai aussi une chaîne YouTube où j'essaie de faire des analyses un peu plus poussées, on va dire, quand j'ai le temps, des différences que je vois entre la France et la Norvège. C'est assez chouette parce que ça permet de, même si je suis encore assez récente dans le pays, de garder un peu cet œil un peu de... Enfin, j'imagine que c'est quand même la même chose pour vous, du podcast un peu émerveillé. Ah mais oui, on a appris ça. Ah mais oui, je ne me souvenais plus. C'est très différent de la France. Ça crée un peu l'expérience au-delà de simplement vivre dans le pays, de vraiment le conscientiser un peu plus. C'est ça, prendre du recul,
- Ambre Brossez
exactement.
- Alban
Et donc c'est assez chouette de pouvoir partager et puis d'avoir des retours des gens en commentaire qui envoient aussi des questions sur « Ah, j'ai envie de m'expatrier à Oslo, est-ce que tu as des conseils ? » Des fois j'en ai, des fois j'en ai pas, mais c'est chouette. En tout cas, j'ai rencontré des personnes comme ça.
- Ambre Brossez
Et attends, mais moi, pourquoi il n'y a pas eu la vidéo, la dégustation de... poisson.
- Alban
Il va falloir la refaire, s'il te plaît. Flashback.
- Ambre Brossez
Faut booker ton beau-père et en même titre, caméra dans le coin.
- Alban
Je suis sûre qu'il serait ravi de présenter tous les poissons d'Arpigny. C'est trop bien, cette vidéo. Je retire. Sur le passage. Elle va être contente de se refaire un petit déj au poisson.
- Ambre Brossez
Tremper dans le café, ça va être bien.
- Alban
Je peux vous les faire goûter, si vous voulez.
- Ambre Brossez
Je suis curieux. Et donc, du coup,
- Alban
au bout d'un an, ton contrat VIE s'arrêtait ? Non, en fait, j'avais un contrat d'un an. J'aurais pu le renouveler en VIE, mais j'ai demandé à le renouveler en CDI, enfin, en contrat de l'Ontario, et l'entreprise a accepté. J'avais beaucoup hésité parce que, comme on le disait, un VIE est quand même très avantageux, il y a plein d'éléments. Mais comme je me voyais rester longtemps en Norvège, je me sentais plus en sécurité d'avoir un contrat fixe. Je m'étais un peu renseignée sur si je voulais acheter un appartement. Je n'étais pas sûre que ça compte comme des revenus. C'était un peu compliqué. Si un jour, on veut avoir la nationalité norvégienne, les années qu'on fait en VIE ne comptent pas. Je suis en Norvège depuis deux ans, mais je suis en Norvège depuis un an. Je me suis dit que si je rajoutais une année, ça va me porter préjudice un jour ou l'autre. C'est bon calcul. J'aurais pu rester en VIE, mais du coup, je suis restée en contrat local. Et la preuve, tu as pu acheter un appartement un an après. Donc, bon plan. Puis en VIE, on avait quand même des restrictions sur la sortie du territoire, etc. Alors que là, en contrat local, je pouvais aller faire du télétravail en France. Donc, c'était quand même plus flexible sur ça. J'avais moins de vacances. Mais bon. On revient à ça quand même. Il fallait... faire un choix. Est-ce que t'es encore dans la honeymoon phase ou est-ce qu'il y a des trucs qui ont déjà été un peu plus durs à vivre ? Je pense que je suis un peu entre deux. Dans l'ensemble, j'aime beaucoup être ici. Surtout là, quand il fait beau et tout, il n'y a plus aucun doute. Ça,
- Ambre Brossez
c'est la bonne période. On y va les yeux fermés. C'est ça.
- Alban
Mais c'est vrai qu'il y a quand même pas mal de choses. La barrière de la langue. Quand on compare à la France, par exemple, le degré d'uniformité des Norvégiens. Et ça peut être un petit peu différent. Il y a des choses où je me dis que je préfère la manière française, mais il faut bien s'adapter. La France me manque sur certains points. La nourriture, mais bon, ça, c'est pas grave.
- Ambre Brossez
T'as le poisson maintenant.
- Alban
C'est ça, le saumon fumé, c'est ma grande passion. Est-ce qu'il y a des choses de la nourriture norvégienne que t'as adoptées ? Le brunost, je suis une grande fan. J'ai toujours été une grande fan. J'en ai ramené dans ma famille à Noël. Personne n'a apprécié.
- Ambre Brossez
Gros flop.
- Alban
C'est pas grave. Et ton diable, c'est ça le fromage norvégien. J'ai aussi ramené un peu des trucs poisson, des trucs en tube et tout. Donc je pense que j'ai pas une bonne. Je leur montre un peu les pires. Je trouve même quand on s'expatrie dans un pays, je continue à cuisiner les mêmes choses qu'en France à la maison. On a une cantine. En fait, je prends ce que j'ai envie de prendre. donc c'est Même si dans les supermarchés, on n'est pas obligé de manger du bruno, c'était des tubes pour survivre dans Norvège. Et même si les légumes sont plus chers, pour le même panier, ça fait un peu plus mal de dire « Est-ce que j'ai vraiment envie d'acheter cette courgette ? » Mais heureusement, Greenland, les magasins internationaux, ils permettent des fruits et légumes. C'est vrai que quand on travaille, ça va parce qu'on a un salaire norvégien. Mais quand on est étudiant, ma soeur me disait Merci. Nous, on va à Ikea parce que c'est l'un des seuls endroits où on peut acheter des trucs. Parce que du coup, tu as des petits accessoires, etc. Parce que c'est vrai, on peut sortir un petit peu, mais finalement, même les vêtements, c'est beaucoup plus cher. Il y a des fois des petites bourses Erasmus et tout ça, mais ce n'est pas au niveau du... Les parents n'ont pas le salaire des Norvégiens, donc c'est plus compliqué. Et toi, en tant que jeune actif en couple, qu'est-ce que vous faites en dehors du boulot ? où vous aimez bien aller à Oslo ? Est-ce que tu as des endroits un peu à recommander ?
- Ambre Brossez
Fais-nous rêver parce que nous, c'est tout le monde au lier à 19h. On est tout ouïe.
- Alban
Parfois, moi aussi, non. C'est vrai que la vie sociale est moins intense qu'à Paris. Paris est aussi un autre niveau. Je sors beaucoup moins en restaurant ou en bar qu'avant. Ce qui est plutôt bien pour ma santé. Je pense que ça dépend un peu des saisons. En été, il y a quand même pas mal de randonnées. Soxvan, c'est des classiques, mais il y a plutôt au nord de Solo. Il y a des randonnées où on peut même aller manger un petit roulé à la cannelle en milieu. Ça donne une motivation. C'est le van Sua ? Oui, c'est ça. Celui-là, il est ouf.
- Ambre Brossez
pas d'en parler.
- Alban
C'est vraiment chouette.
- Ambre Brossez
On va y aller pour un podcast, c'est sûr.
- Alban
J'ai cru que tu allais dire on va y aller pour un mariage.
- Ambre Brossez
Ouais, ouais.
- Alban
À randonner, en robe.
- Ambre Brossez
J'ai toujours cette veilleuse qui me suit depuis 10 ans, je comprends pas.
- Alban
Puis l'autre partie avec les fjords, ou même vers Big Day. C'est une presqu'île à côté de... Vraiment chouette. L'été, faire ses petits barbecues. Tu vas acheter, tu as des sortes de kits. que tu peux acheter ou tu après t'achètes ce que tu veux mettre dessus avec tes chips et ils ont des petites galettes de pommes de terre je pense donc ça c'est assez chouette et puis apprendre toujours le norvégien tu continues ? j'ai des cours particuliers et en groupe, en particulier c'est avec Ilys que vous avez reçu sur le podcast que j'avais découvert sur sa chaîne Instagram et puis elle prenait des nouveaux c'était il y a un an du coup j'ai une fois par semaine mon cours donc c'est super chouette super bonne prof,
- Ambre Brossez
je recommande elle a même lancé d'ailleurs récemment son podcast et c'est trop sympa et quels sont les projets alors ?
- Alban
déménager dans l'appartement mais oui, déjà trop bien près de la forêt c'est ça ? pas très loin de la forêt, pas très loin non plus du centre c'est l'avantage d'Oslo plus proche de la forêt de la forêt que du centre.
- Ambre Brossez
Est-ce que ça a été un process un peu sport ou ça allait pour une première expérience ?
- Alban
Le seul côté que je n'avais pas forcément anticipé, c'est le rapatriement des fonds. Moi, j'avais mon capital en France, vers la Norvège. Et en fait, ça a pris trois semaines. C'était aussi ma banque qui n'était pas très réactive. J'ai changé de banque en entretemps.
- Ambre Brossez
Moi, je vous embrasse sur le crédit agricole de Miramas. Mais bon... Vous êtes expatriée en Norvège, à bord. Vous voulez changer l'argent, à bord.
- Alban
Il faut venir au bureau de passe. Je ne vais pas venir au bureau de passe. Je ne vais pas prendre un avion pour... J'ai réussi. C'est une bonne leçon. Même si la France, je me suis dit en deux jours, ils vont m'envoyer mon truc. Finalement, on a eu notre document qui nous permettait d'acheter. 30 minutes avant de pouvoir bider pour l'appartement. Donc c'était ultra stressant parce qu'en fait, jusqu'au dernier moment, il y avait des jours fériés, ça n'arrivait pas, ça n'arrivait pas. Et en fait, pour avoir tout été prêt, mais pour qu'on ait vraiment le papier, il fallait que tout soit en Norvège. Même si tu avais des captures d'écran, des preuves, etc. Il fallait que ce soit en Norvège. Quand même, d'accord, c'est important à savoir. On avait pu faire tout le reste avant, même alors que moi, ça faisait moins d'un an que j'avais un contrat norvégien, donc je n'avais pas encore mes taxes, etc. Donc j'avais juste envoyé plus de papier, des impôts en France, tout ça. Mais il fallait vraiment que les fonds soient là pour avoir le truc final qui te permet d'acheter. C'était un peu stressant. Tout s'est bien passé. Un conseil. Rapatrier votre argent. Et puis après, j'aimerais bien passer le Norsk Prevet, qui est le test de langue. En plus en novembre. Parce que je me dis, en fait, quand on apprend une langue, il faut bien se mettre à l'objectif. Parce que ça prend du temps, ça coûte de l'argent. Donc je me suis dit, il faut que je mette un objectif, que je ne le réalise pas, mais en tout cas que j'y aille, que je vois à peu près où j'en suis. Comme ça, je pourrais faire d'autres choses que les cours de Norvégien, même si c'est très chouette. Et puis découvrir plus la Norvège, parce qu'il y a plein de villes que je n'ai pas encore visitées. Et puis même la Suède, le Danemark, j'ai fait les capitales, mais il y a plein d'autres endroits qui ont l'air super chouettes. Même si c'est assez différent de la Norvège, il y a quand même des points communs. C'est chouette de pouvoir y aller. Le Suédois n'est pas très loin du norvégien, donc tu te sens un petit peu en Norvège quand même quand tu y vas. Encore merci à toi, Ambre. Je pense qu'on va te souhaiter tout le bonheur du monde en Norvège. Et on vous dit à très bientôt chez nous.
- Ambre Brossez
Sous les aurores.
- Alban
Si cet épisode vous a plu, pensez à nous laisser une note et un avis sur votre application d'écoute préférée.
- Ambre Brossez
ou un commentaire sur YouTube. Ça nous aide énormément à faire grandir le podcast.
- Alban
Merci et à très vite pour le prochain épisode.