Speaker #0Être ou ne pas être, peut-être que la solution c'est d'être autrement, finalement.
Bonjour ou bonsoir, vous êtes sur le podcast spiral1894 et je suis spiral1894. Alors tout d'abord, désolé, mais nous sommes en retard cette année, donc nous avons zappé le deuxième épisode de l'été sur le TDI. Aujourd'hui, on commence la nouvelle saison sur le post-existentialisme. Ce concept est un relier à ma philosophie pour penser la fragilité humaine à travers la psychopathologie et en particulier la psychose. La saison dernière, nous parlions de non-existentialisme pour répondre à l'existentialisme de Sartre. En effet, nous disions que l'existentialisme de Sartre était une philosophie ancrée dans une histoire. C'est de l'après-guerre, de la reconstruction et d'être en glorieuse. C'était une philosophie pleine d'espoir, dans le sens où on était libre et libre de devenir qui on voulait. Or, depuis le choc pétrolier de 1974, environ, la société occidentale périclite pour en arriver aujourd'hui à une civilisation mourante qui, au-delà de ne pas nous faire rêver, nous fait complètement cauchemarder. La
jouissance de l'existence est devenue un fardeau qui nécessite un désinvestissement de son environnement, ne serait-ce que pour se protéger et peut-être un jour aller mieux. Cet état des choses s'accompagne d'un climat belliqueux au niveau international aussi bien qu'interindividuel. Les gens ne s'écoutent plus et ont tous l'impression d'avoir raison. Dans ce dialogue muet et souvent intérieur, les gens se radicalisent et veulent imposer leur réalité aux autres au prix du nucléaire finalement. Mais quid de l'après? Certes , nous allons vers le clash, nous y sommes peut-être, déjà, mais quid de demain ? Est-ce que vous aussi vous ressentez que l'existence est devenue un poids ? Moi, je pense que dans un esprit dialectique, c'est-à-dire que la thèse c'est l'existentialisme, l'antithèse le non-existentialisme, nous allons vers un post-existentialisme. Le but ne sera plus d'être ou ne pas être, mais d'être autrement. Ce n'est pas l'existence qui précède l'essence, mais l'univers qui précède l'essence. Emmanuel Levinas pensait que l'autre précédait le moi. Mais pour moi, cela n'est qu'une conséquence ou non du fait d'être l'objet de l'univers. Mais comment être autrement? A partir du point que nous avons laissé la saison dernière sur l'homme en tant qu'équation. A partir du moment où on se laisse traverser par notre équation dans le non-être, on peut aussi être traversé par quelque chose qui n'est pas centré, un être décentré, voir à travers l'extérieur, voire à partir de son environnement, de l'autre, ne plus être sujet, mais être l'objet des autres, de l'environnement, de l'univers. C'est une nouvelle métaphysique, pas de ce qui est, mais de ce qui pourrait être autrement, une anthologie de l'altérité radicale. Il existe une autre matière, une autre conscience, une anti-matière, une anti-conscience. A l'instar de la physique moderne / cosmologie, de la philosophie et de la psychiatrie du XXe siècle, On peut dire que l'univers fonctionne selon des lois qui défient la pensée linéaire, causale et l'objectivante. Mais comment être l'objet de l'univers ? En lui étant soumis, c'est-à-dire en accentuant ce qui nous amène. Il n'est pas juste question d'accepter, de laisser agir notre équation, mais il faut s'y soumettre. Je vous donne un exemple, par exemple, que moi j'ai vécu. Une fois j'étais dans un bar, Un bar que je n'aimais pas d'ailleurs. Mais j'étais obligé d'y être parce que j'attendais mon manteau au pressing pas loin. Et quand je pars du bar, je dis au revoir à la serveuse. Et la..la fille elle ne me calcule même pas, elle ne me regarde même pas, elle me dit à peine au revoir comme ça, d'un ton pas terrible. Ben là, le signe de l'univers n'est pas terrible, il est plus ou moins négatif, en tout cas. Donc là, je peux soit me dire que je peux agir sur la situation comme sujet de l'univers, soit je peux accepter, c'est-à-dire réagir avec mon équation, ou alors je peux accentuer l'action-réaction. Donc c'est ce que j'ai fait. Je ne suis pas revenu au bar après, je suis allé dans un autre bar. Là où d'habitude je serais retourné dans ce bar-là parce que j'avais du travail à faire. En sous-texte,c'est de se dire que le mal que l'univers nous apporte est un bien, même si on n'en est pas conscient sur le coup. Aussi, faudrait-il avoir un autre point de vue, celui de l'univers. Or, ici, il y a plusieurs problèmes. Le premier, c'est que se regarder depuis les confins de l'univers est a priori impossible. Et la décentration quand on doit travailler, par exemple, sur quelque chose, c'est difficile aussi. A moins que l'on accepte le regard de l'univers à l'intérieur de notre tête. Mais dans tous les cas, ce sera ici encore une tension vers. Essayer le plus possible d'avoir un point de vue extérieur, même dans nos pensées. Alors ici, il faut faire gaffe pour ceux qui ont de la dépersonnalisation.Je dis ça comme ça, voilà. Pour replacer tout ça dans ce que nous avons dit sur les psychoses dans la première saison, on peut dire que dans un premier temps, il faut annihiler le moi pour laisser parler l'équation. Il faut désenfler la blessure de l'ego pour rentrer en soi. Pour être plus près de la blessure. La psychanalyse inversée, l'orthokinésie psychique et le non-existentialisme font exactement ça. Elles arrêtent l'inflation, font dégonfler, et nous tournent vers l'intérieur. Or, une fois cela fait, il faut dépasser la blessure. Entrer dans le négatif. C'est-à-dire dans l'anti-moi. Pour cela, il faut être soumis à l'univers. Un tout dernier point quand même, c'est que là, je parle d'accentuer les événements qui nous arrivent, pas les symptômes. Évidemment que quelqu'un qui a des voix, qui lui dit de faire des choses pas terribles, il ne faut pas qu'il les suive, ni a fortiori les accentuer. Peut-être, dans ce cas-là, faut-il pour les symptômes les comprendre, savoir les expliquer, connaître leur fonctionnement, et accentuer cette compréhension. Mais je n'ai pas assez d'expérience clinique de ce genre de symptômes pour trancher. Donc on en restera au fait qu'il faille accentuer les événements qui nous arrivent et non les symptômes. Donc voilà voilà, nous disions qu'il fallait remplacer la puissance de l'existence par la sérénité de la non-existence.Il faudrait maintenant songer, dans une troisième étape, à devenir autre. Alors évidemment, si vous avez une souffrance quelconque ou un trouble psychique, Il faut continuer à prendre son traitement, continuer à voir son psychiatre et continuer à voir son psychothérapeute. Si vous avez une souffrance quelconque ou un trouble psychique et que vous n'avez entamé aucune démarche pour y remédier, allez consulter un psychiatre, un psychothérapeute et prenez le traitement qu'ils vous donneront. N'oubliez pas de faire un tour et de partager notre site internet spiral1894.fr où un ami à moi qui s'appelle Colo est en train d'ajouter du contenu à son espace blog personnel. Vous pouvez aussi trouver mon livre qui est un livre sur la maladie mentale, mais un livre thérapeutique qui apporte de l'optimisme là où tout semble perdu. Colo m'a aussi aidé pour la production et la réalisation de ce podcast, donc un énorme merci à lui. Vous pouvez trouver tous les liens concernant les réseaux et le podcast sur la description. N'oubliez pas d'évaluer ce podcast à l'aide des étoiles et votre soutien financier via notre page Tipeee nous est vital. Le lien est dans la description. Allez, je vous souhaite bon courage et continuez de lutter. Ciao, ciao ! J'ai du