Speaker #0Passer de la psychose décompensée à la névrose, entre guillemets, et donc se rétablir via la philosophie, est-ce possible ? Bonjour ou bonsoir, vous êtes sur le podcast Spiral1894 et je suis Spiral1894. Donc aujourd'hui on en reste encore à la philosophie, mais le but de cet épisode est de partir de la dialectique existentialiste, c'est-à-dire existentialisme, non-existentialisme et post-existentialisme, dont nous avons déjà parlé, et d'en tirer une philosophie universelle que l'on voudrait hors-sol et qui finalement est plus compliquée que cela. Dans une autre partie, nous parlerons du courant indien Advaita Vedanta, qui m'a été présenté par un ami philosophe que je salue d'ailleurs. C'est un courant intéressant pour les psychopathologies, mais qui reste, de mon point de vue, difficile à appliquer et peut-être même pas souhaitable pour les personnes ayant des psychoses. Mais bon, en tout cas, j'y réfléchis encore à tout ça, donc voilà. Donc faisons un petit récapitulatif sur la dialectique existentialiste. Donc ouais, pour ceux qui connaissent déjà tout ça... Vous pouvez passer directement à la prochaine partie. Le reste vous intéressera plus certainement. Donc l'existentialisme, comme on l'a déjà vu, est une philosophie ancrée dans un temps et une personne, celle de Jean-Paul Sartre. C'est une philosophie ancrée dans la reconstruction, les Trente Glorieuses, où tout semblait possible pour tout le monde. La liberté était toute puissante. On était responsable de qui on était, on devenait qui on voulait, c'était la jouissance du "je", du moi. Depuis le choc pétrolier de 1974, c'est les Trente Piteuses, suivi d'un déclin civilisationnel total et en ce moment d'une guerre qui n'a pas vraiment encore explosé. Mais on voit bien qu'on va vers le clash et donc le mur. Être, aujourd'hui, n'est ni possible ni souhaitable. La psychopathologie, et en particulier la psychose, s'acommode mal du "je" tout puissant, puisqu'elle envahit de stress, d'angoisse, qui ne peut faire qu'effraction et donc décompensation. On voit bien que le "je" tout-puissant est une erreur. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on nous donne. Du coup, avec le non-existentialisme, on efface le "je" pour laisser place à notre équation, notre nature profonde. Beaucoup vous diront d'ailleurs aujourd'hui, il faut accepter. Accepter. Ils ont raison d'ailleurs. Ne pas forcer la vie, l'univers, les choses. Finalement, c'est le stoïcisme. On agit sur ce que l'on peut. Mais moi, dans ma psychose, ça ne m'a pas suffi. Être ou ne pas être, la solution c'est d'être autrement. C'est d'être l'anti-moi. Non plus sujet de l'univers, non plus existant, mais d'être l'objet de l'univers. C'est plus le moi, plus le non-moi, mais l'anti-moi. Tout ça va dans le même sens que ce que je propose comme outil thérapeutique. La psychanalyse inversée, l'orthokinésie psychique. Le jeu tout-puissant qui fait effraction et qui est disséminé dans l'exoconscience doit être cadré et renvoyé dans l'autre sens. Vous avez l'existentialisme au niveau du moi-je et de la décompensation psychotique, le non-existentialisme quand on rend tout ça à sa place, et le post-existentialisme quand on tire la chasse de l'inconscient. Après, évidemment, c'est un mouvement que l'on doit réitérer plus ou moins, voilà, à la fin de sa vie, mais bon. Personnellement, moi, je commence à avoir une structure plus proche du névrosé. Mais un névrosé qui aurait plus rien à refouler. Mais que tout a déjà été sorti de ses gonds. Après, c'est des choses qui restent encore à valider, évidemment. Je dis des choses comme ça, j'en sais rien. Ça n'a pas été validé scientifiquement, évidemment, mais j'ai des petits tocs qui sont arrivés dans ma vie. Rien de grave, juste des espèces de marqueurs comme ça. Et je suis plus réaliste ou lucide sur tout. Alors ici, moi, ce qui me rassure, c'est que la réalité est pourrie pour la plupart des gens, d'une manière ou d'une autre. Alors vous me direz que voir la réalité, c'est voir aussi le côté positif, pour éviter le clivage de l'objet. Tout serait noir ou tout serait blanc. Peut-être que je suis encore clivé, c'est possible, mais... Surtout que je suis ancré dans un clivage qui me rassure. Tout n'est pas blanc ou noir, t'es majoritairement noir, et là-dedans, on a un peu de positif. C'est comme dire à quelqu'un qui vit dans un pays en guerre, s'il y a des côtés positifs, oui, mais bon, moi, ça me pourrirait la vie de savoir que dans ce monde, il y a des mecs qui se la coulent douce au frein de notre France. Donc oui, il y a des trains qui arrivent à l'heure, et c'est génial. Mais je préfère me dire que la réalité est pourrie, parce que me dire qu'il y a du positif, mais que je ne le vis pas, et voilà, ça me saoule. Après, ça, ce n'est pas des choses à dire à quelqu'un qui est sujet à la dépression, évidemment. Je parle plutôt de moi et de mon expérience, plus qu'autre chose. Donc maintenant, on en arrive à la partie sur l'Adveita Dvedanta, c'est le courant indien dont m'avait parlé mon ami le philosophe. En gros, c'est une pensée du non-dualisme. C'est-à-dire qu'il n'y a rien de séparé. Voilà, il n'y a pas de sujet, il n'y a pas d'objet, il n'y a pas de mal et de bien, il n'y a pas tout et la même chose. Il n'y a rien de séparé là-dedans. Il n'y a pas d'effort à faire, il faut juste écouter ce qui est là. Alors, je n'ai pas encore vraiment d'opinion là-dessus. De façon pratique quand même, pour un psychotique, ça me semble assez difficile de ne rien faire. et de juste écouter et de ressentir. Parce que tu vas laisser partir un psychotique sur des pensées ou des émotions, mais le psychotique, si on ne fait rien, ça va s'emballer. Quand ça commence à se disséminer, ça peut se barrer très loin. Pour un psychotique, il faut un cadre et repousser au contraire les choses, donc il y a un effort à faire. Après, le but de tout ça, pour la pensée de l'Advaita Vedant c'est de faire partie d'un tout. Le but, c'est qu'on fait partie d'un tout. Mais donc ça voudrait dire qu'il n'y a pas de sujet, ni d'objet, ni de non-existence. C'est-à-dire le niveau zéro, quoi. Il n'y a rien de tout ça. On est tout ça en même temps. Comme ils disent, le chercheur est ce qu'il cherche. Alors je suis toujours en train de réfléchir à ça, voilà. Et surtout comment on peut l'appliquer concrètement, voilà. Parce que déjà, moi, ce que je propose au niveau du fait d'être l'objet de l'univers concrètement, ce n'est pas évident. Alors bon, voilà, aller plus loin que ça, j'ai du mal à imaginer la chose. Moi, quand j'avais discuté avec mon pote philosophe, j'avais pensé que peut-être que c'était la dernière étape de tout, cette étape du non-dualisme, voilà, et que c'était la mort, quoi, finalement, voilà. C'était la mort la dernière étape de tout, de la mort, et qu'on rejoignait le tout, et qu'il n'y avait plus du tout d'objet, qu'on rejoignait le tout en tant que... Bon, mais voilà. Mais ça, pour l'instant, je ne suis pas encore... Je ne sais pas. Après, on me dit, voilà, que c'est une manière de méditer constamment. Dans la méditation constante, on me dit qu'il y a des gens qui vont dans les grottes pour méditer pendant je ne sais pas combien d'années.Bon des choses comme ç Bon, d'accord. Après, je me dis qu'ils vont dans les grottes et après ils reviennent à New York. Comment ça se passe ? parce qu'ils sont toujours dans la même méditation à New York, qu'ils étaient dans la grotte, je ne sais pas, ça me semble difficile quand même, parce que comme je disais, j'en avais parlé avec un ami de TikTok, je ne sais plus, je ne peux pas vous dire qui c'est, mais il m'avait dit, oui, mais ce n'est pas possible, parce qu'on est des êtres incarnés, et il a raison, c'est pour ça que je parle de mort, c'est qu'à la mort, on n'est plus incarné, donc à la rigueur, c'est possible, mais quand on est incarné, ce courant-là, ça a l'air un peu compliqué. C'est un peu comme ce que je parlais, je faisais le rapprochement par rapport à l'open dialogue en Finlande pour le traitement des psychoses. Très intéressant, évidemment, mais ça marche en Laponie, quoi, évidemment. Ça marche moins bien dans d'autres pays ou dans d'autres grandes villes. Laponie, il n'y a personne, quoi, évidemment. Donc c'est plus... les personnes, tu les mets dans des grandes villes, New York ou Los Angeles ou je sais plus quoi, là, c'est plus la même chose. Donc évidemment, voilà. C'est pour ça que je dis, à un moment donné, il faut que ce soit incarné. Voilà. Incarné. Oui, c'est-à-dire que les choses soient concrètes. Concrètement applicables. Alors, le problème dans tout ça, c'est que ce soit Sartre ou ce que je vous dis moi ou toute autre philosophie, Merci. c'est que toute philosophie, même la mienne, est ancrée dans la personne qui l'énonce. Et dans une histoire, et un lieu, voilà. Plusieurs auteurs ont formulé ce problème. Chacun à sa manière. Il y a par exemple Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal, il dit que chaque philosophie est en fait une confession involontaire de son auteur, une autobiographie masquée. Les systèmes philosophiques traduisent les instincts, la santé, le tempérament du philosophe, plus que des vérités universelles. Pour ce qui est de Schopenhauer, il considère que les philosophies naissent du caractère et du destin individuel du philosophe. La pensée est conditionnée par la volonté propre à chacun. Ortega et Gasset, dans La "Révolte des masses", soutiennent que la philosophie est toujours perspective, enracinée dans la vie du philosophe. Et pour finir, Nietzsche encore, dans Echirumo, il dit littéralement que ses œuvres à lui ne valent que comme témoignage de sa vie. Donc ici, maintenant, le but, après ces trois temps, et de passer d'une philosophie enracinée à une philosophie universelle. Une philosophie hors-sol ne serait pas possible, puisqu'elle vient de moi. Mais moi, de façon autobiographique, je suis quelqu'un de déraciné. J'ai tellement voyagé dans ma jeunesse, par exemple je suis né en Afrique, que je n'ai aucune maison, ni des amis fixes. Je suis ce qui est le plus déraciné au monde, finalement. Donc au minimum, ce sera la philosophie d'un déraciné, une philosophie déracinée et au plus, une philosophie universelle. Le but est donc de passer d'une dialectique personnelle à une loi universelle de l'être, une loi de la croissance personnelle. Cette loi la voici. Tout être traverse trois états fondamentaux. L'existence où il s'affirme en tant que centre. la non-existence où il se décentre pour se connaître comme équation, la post-existence où il devient fonction du tout, c'est-à-dire objet de l'univers. Ces trois états ne sont pas successifs, mais inclusifs, c'est-à-dire que le troisième contient le second, qui contient le premier. Tout être, pour se réaliser pleinement, doit se dépasser comme sujet, s'annuler comme centre, et se reconnaître comme fonction du tout. Ce mouvement en spirale relie l'être, le néant et le tout dans une même équation d'équilibre. Après, pour être plus universalisable, on peut ne pas considérer ces choses de façon linéaire et spiralique, même si c'est ce qui semble plus logique. Peut-être que les gens sautent d'un état à un autre par essais et échecs, avec des déclics plus ou moins ordonnés, des retours en arrière et des bons en avant. Donc voilà comment on passe d'une dialectique existentielle à quelque chose qui serait valable dans la vie de tous et de tout temps, une philosophie de la croissance personnelle. C'est du moins une philosophie qui vient d'un déraciné, peut-être n'est-elle pas elle-même déracinée, mais bon. Alors évidemment, si vous avez une souffrance quelconque ou un trouble psychique, il faut continuer à prendre son traitement, continuer à voir son psychiatre et continuer à voir son psychothérapeute. Si vous avez une souffrance cléconque ou un trouble psychique et que vous n'avez entamé aucune démarche pour y remédier, allez consulter un psychiatre, un psychothérapeute et prenez le traitement qu'ils vous donnent. Ce qu'on dit ici, c'est en plus de tout ça. Si vous avez des choses à dire sur tout ça ou des questions à poser, je serai content que vous les ajoutiez dans vos commentaires. La prochaine fois, ce sera un épisode bonus sur le trouble de la personnalité borderline. Parce qu'il y a beaucoup de mes abonnés, dont certains que j'ai emparé dans ce qui sont borderline, et qui veulent un épisode pour eux. Parce qu'ils me disent que ce que je dis sur les psychoses peut les aider aussi, vu que ce sont des états de limite entre névroses et psychoses. Donc voilà pour le prochain épisode. Si vous avez des idées pour les épisodes qui vont arriver, je suis tout ouï. 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