Speaker #0courir partout pour trouver des psys de toutes sortes, vous connaissez ? Ben là vous avez tout en un, moins de stress et moins d'angoisse. Bonjour ou bonsoir, vous êtes sur le podcast spiral894 et je suis spiral1894. Alors dans cet épisode, nous allons parler d'une figure que j'ai inventée pour aider à mieux soigner les personnes atteintes de psychose, mais ça peut aussi aider les borderlines, les bipolaires et toutes personnes qui souhaitent avoir tous ces différents psys en un seul. C'est aussi le sujet de mon mémoire cette année en M1 de Psychanalyse à Montpellier. Alors ici, nous ne parlons pas de psychiatre, mais de tous les psys qui existent autres que le psychiatre. En fait, le psychothérapeute pair, c'est un mélange réellement intégratif d'un psychanalyste, d'un psychothérapeute style TCC systémique, éventuellement EMDR, et d'un pair-aidant. Alors il faut que je vous donne les définitions quand même, avant de commencer mon exposé. Le psychanalyste, c'est un psychanalyste. Il analyse, rien de plus simple. Le psychothérapeute, c'est celui qui fait les différentes thérapies. TCC, systémique, EMDR, etc. Et le pair-aidant, c'est le boulot que je fais en ce moment. C'est-à-dire que j'aide mes pair à se rétablir. Le pair, en fin de compte, c'est le semblable. Donc moi qui ai une maladie mentale, un trouble schizoaffectif, j'aide les gens qui ont, comme moi, une maladie mentale. Donc le psychothérapeute pair, c'est les trois fonctions en une seule personne. Pourquoi je dis intégratif ? Parce que vous n'êtes peut-être pas sans savoir qu'il y a eu une guéguerre entre TCCistes et psychanalystes. La TCC dit que la psychanalyse n'est pas scientifique, et la psychanalyse dit que la TCC c'est du dressage à la solde du capitalisme. Moi là-dedans, j'ai toujours été nuancé et précis. Même quand j'étais au lycée entre séries scientifiques et séries littéraires, moi j'avais choisi sciences éco et sociales. Déjà à l'époque on opposait la science à l'art, la philo, la littérature. On pouvait même dire que les scientifiques étaient incultes et ne lisaient pas de livres et que les littéraires manquaient de rigueur. Moi, à l'époque, j'avais déjà pris la voie du milieu, les sciences humaines et sociales, les sciences molles, à opposer aux sciences dures. Parce qu'il faut comprendre quelque chose, c'est que la psychologie est une science molle. C'est-à-dire qu'il ne peut y avoir que des lois partielles. L'être humain est fait de beaucoup de choses singulières à un individu, mais aussi de choses communes. Et on peut faire des lois sur le commun, mais pas sur le singulier. Nous ne sommes pas des choses ou des clones. Enfin, quand je dis on peut faire des lois sur le commun, pas encore universelles, car il faudrait un dispositif hyper puissant pour pouvoir avoir des échantillons qui soient représentatifs de toute humanité. On aura peut-être ce dispositif un jour, vous me direz. Mais pour l'instant, ce n'est pas le cas. Donc ce ne sont que des lois partielles, et encore, si vous avez déjà vu un article de psychologie expérimentale, vous comprendrez la complexité des résultats, qui sont parfois discutés sur une ou deux pages. Le problème dans ces discussions, c'est toujours, ah ben si on change ça, ça va donner ça, mais dans ce cas-là, ça va donner ça, et puis si on fait ci, ça va donner ça, ben bon, voilà, c'est très compliqué à chaque fois, et bon, voilà. Les variables prises en compte sont trop réduites par rapport à la situation écologique, c'est-à-dire dans la vie réelle. Souvent, ces études accouchent d'une souris ou enfoncent des portes ouvertes. Donc il faut aussi se méfier des gens qui crient à la science psychologique pour contrer la psychanalyse. La vraie science, la science dure, elle fait des lois dures. C'est-à-dire qu'il se passe ça, il va se passer forcément ça. Et encore, il y a des révolutions et des nouveaux paradigmes qui s'installent aussi dans les sciences dures. Pour ma part, je pense qu'il y a des côtés positifs à la TCC, et aussi à la psychanalyse. et les deux ont partiellement raison dans l'histoire. Après, j'ai eu une amie à moi qui m'a fait une remarque la dernière fois, quand on parlait de ça justement, elle me disait qu'il y a aussi du commun en psychanalyse et du singulier en TCC. Et effectivement, elle a raison. La psychanalyse a donné lieu à la métapsychologie, à d'autres théories, et la TCC peut s'adapter à l'individu. Mais moi, je parle au cœur de l'essence de ces thérapies. La psychanalyse au cœur, elle est là pour analyser et soigner une singularité, avant tout. Et elle adapte ses outils par rapport à ça. La théorisation en psychanalyse est secondaire, dans le sens que si elle n'existe pas, c'est pas grave, il y aura quand même de la psychanalyse. Et la TCC, elle vient de lois partielles, donc du commun, mais on l'adapte. Mais par exemple, une restructuration cognitive, c'est une des techniques... de la TCC, restera toujours une restructuration cognitive, quoi que soit la personne en thérapie. Même si on l'adapte, il y a quand même une volonté d'appliquer les mêmes exercices à tout le monde. Donc oui, ce que je disais était un peu schématique, évidemment, mais vrai dans l'essence. Cette même amie m'a parlé aussi du conditionnement, qui était commun, et donc une loi. Alors c'est exactement ce que j'étais en train de dire, sauf que moi j'appelle ça des lois partielles. J'avais un prof qui me disait qu'aucune loi générale n'avait encore été faite en psychologie. Et il avait raison. Je ne connais pas du tout toutes les études faites sur le conditionnement, donc je vais être modeste ici, mais est-ce que les études menées ont montré vraiment que le conditionnement était une loi universelle ? Moi, je ne suis pas forcément sûr du truc. Il y a peut-être une tribu, je ne sais pas trop où, un pays, je ne sais pas. qui ne répond pas forcément à ces lois-là. Je dis ça comme ça, je ne connais pas toutes les études, mais voilà, par exemple. Et puis même, est-ce que les thérapies basées sur ces lois partielles n'ont pas elles-mêmes des effets partiels ? On ne peut pas dire que la thérapie TCC, quand elle est appliquée, est efficace de la même façon pour toutes les personnes de la population visée. Toutes les thérapies n'ont que des effets partiels. Même la psychiatrie, discipline médicale, Ne fait pas des lois dures non plus. On ne peut pas dire je donne tel cachet à telle population et il va se passer ça, ça et ça et ça pour tout le monde de la même façon. On ne peut pas dire ça. Tout ça parce que la pensée humaine n'est que partiellement, potentiellement mise en case. Il y a des études comme celle de l'Inserm par exemple, vous avez les références dans la description, qui comparent différentes thérapies dont la psychanalyse et la TCC. et leur efficacité. Bon, elles ont été critiquées, mais bon, allez, pourquoi pas. Moi, ce que je vois, c'est que pour les maladies lourdes, style psychose, bipolarité, borderline, ni la TCC ni la psychanalyse n'arrivent à quelque chose de vraiment intéressant. Moi, perso, j'ai fait plein de thérapies différentes, dans l'EMDR, dans la remédiation cognitive, dans la TCC, dans la psychanalyse. dont les compétences sociales, et tout ça ne marche que partiellement. Elle t'emmène jusqu'à un certain point de rétablissement, mais après c'est le plafond, ça ne bouge plus. On n'est pas complètement rétabli après tout ça. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai créé mes propres outils thérapeutiques, et aujourd'hui je suis réellement rétabli grâce à eux. Ces outils sont fondés sur le renouvellement de la psychanalyse, et l'intégration de la TCC et des techniques récentes. à tout ça. Il va y avoir la psychanalyse inversée, l'orthokinésie psychique et la philosophie du post-existentialisme qui font cela. Vous pouvez retrouver ces concepts dans les épisodes précédents. Donc l'intégratif, c'est d'intégrer les deux dans une même personne, un professionnel qui ferait de l'analyse et de la TCC. Mais là, en plus, on intègre aussi l'expérience de la maladie, du pair, dans l'équation. et dans la même personne. Je dis réellement intégratif, parce qu'on ne sait jamais trop ce que ce terme recouvre quand il est utilisé. Je pense profondément qu'on ne soigne pas une épistémologie, mais une personne totale, dans sa totalité. On ne peut pas prendre un bout et en laisser l'autre. Il faut traiter le singulier et le commun. Je suis tout à fait d'accord là-dessus avec Lazarus, pas celui qui a fait les stratégies de Coping. mais celui de la multimodal thérapie, lui disait « whatever works » . Ce qui marche, marche. Donc voilà, moi je suis pour ces... cette définition-là de l'intégratif. Donc voilà pour les définitions, mais quel est le but de tout cela ? Le but, c'est de soigner plus efficacement les psychoses, même si je me rends compte que ça peut s'appliquer à d'autres troubles. Malgré le fait qu'il faille plusieurs lieux de transfert, d'habitude pour les psychotiques, moi j'ai souvent souffert du fait qu'il faille que je me trimballe à gauche, à droite, pour trouver un psy, comme ci ou comme ça. J'aurais aimé avoir un psy qui sache tout faire et qui lance ses outils quand il le juge approprié. Au-delà du fait qu'il faille soigner une personne totale, il faut aussi pouvoir s'adapter à la personne qui est devant vous. Et donc adapter ses outils. C'est André Green, le psychanalyste, qui disait qu'il fallait adapter les outils cliniques à la singularité du patient. Et lui était un moderne qui avait évolué par rapport à Freud et ses hystériques ou névrosés. Les outils ont changé au fur et à mesure que l'on traitait, par exemple, les psychoses, comme Harold Scholes, psychanalyste aussi, américain, ou des borderlines bipolaires, etc. Et les outils continuent à changer, et je m'inscris dans cette orientation-là. Donc, il faut s'adapter. Et par mon expérience de pair-aidance, je comprends maintenant qu'il faut changer de casquette tout au long de la rencontre. Quand il faut analyser, on analyse. Quand il faut de la TC, il faut de la TCC, et quand le thérapeute doit parler de son expérience, il le fait, et ainsi de suite. Après, une fois dans ma pair-aidance, j'avais le choix de faire passer un questionnaire, dès l'entrée, mais j'y ai renoncé car c'était finalement inhumain. Et j'ai un peu le même problème avec la TCC, même si ça peut être très efficace, c'est pas ce que je dis, mais il y a trois exercices ou quatre... pendant 4 semaines ou 5 semaines, et puis ciao, ciao, pour moi, ce n'est pas empathique, ce n'est pas humain. Vous voyez ce que je veux dire ? Si j'avais donné ce questionnaire en début de rencontre avec mes pairs, je ne voyais pas la relation avec le pair, elle était complètement tronquée, complètement inhumaine, par ce questionnaire. Donc voilà, c'est pour ça que ces exercices doivent être intégrés. dans de la psychanalyse où le temps est plus long, où on peut se détendre, être humain, empathique, bienveillant. On ne fait pas de la psychologie au rendement et à la productivité. Un autre intérêt du psychothérapeute pair, c'est qu'avec un thérapeute normal, donc pas pair, il y a une asymétrie entre lui et le patient. Avec le psychothérapeute pair, il y a un lien plus fort entre les deux. Ensuite, il n'y a pas de défiance vis-à-vis de la fonction. Les psychotiques avec de la persécution se sentent plus calmes face aux psychothérapeutes. Ensuite, le côté pair témoigne de la possibilité du rétablissement, de l'espoir qu'il y a derrière ça. Ça permet aussi une autodestigmatisation. Mais le problème, c'est que le psychothérapeute pair doit tenir une double position. Le semblable, mais aussi celui qui a la fonction et la responsabilité. Le psychothérapeute pair doit aussi pouvoir tenir le cadre. Donc ce dispositif du psychothérapeute pair doit s'inscrire dans tous mes autres concepts, mais aussi dans les concepts des autres, c'est-à-dire l'horizontalité de la psychothérapie institutionnelle et de l'open dialogue finlandais. Vous me direz aussi qu'être pair, c'est bien beau, mais que pas tout le monde le peut, puisqu'il faut être malade pour être pair. Or ici, cette figure montre seulement, de façon enterrinée et mise en lumière, que l'expérience dans ce domaine est très importante, et que loin de raconter sa vie, le thérapeute doit manier son expérience comme il manie le contre-transfert. Le dévoilement n'est pas du tout un obstacle, et surtout, il fait le lien et améliore l'alliance thérapeutique. Mais aussi, on peut voir plus loin que ça et plus grand, en se disant qu'on peut imaginer une société entière basée sur l'aidance. Et à l'intérieur de celle-ci, il y aurait la pair-aidance, tout un tas de danses différentes, mais en tout cas une société entière basée sur l'aidance. Je ne rentrerai pas dans les détails des œuvres de Deleuze et de Gattari, mais bon, c'est un peu dans le même esprit. Ce serait une société qui s'inscrirait dans ma philosophie que j'ai parlé sur le... podcast, ce serait une philosophie qui s'inscrirait dans la période du post-existentialisme, après la guerre de tous contre tous du non-existentialisme, ben voilà, une société de l'aidance pour la société du post-existentialisme. Ce serait une société horizontale, mais structurée autour de la fonction, la responsabilité, du savoir, mais sans oublier le savoir expérientiel. Après, il y a plusieurs concepts que j'ai créés pour tout ça. pour tout ce que je raconte ici. Peut-être le premier et le plus important, c'est peut-être le concept de rencontre. Le mot rencontre, c'est le concept qu'on connaît depuis longtemps, ce n'est pas la question, mais ce que je veux dire, c'est que, par exemple, ça veut dire juste que, finalement, vous avez une relation avec le psychothérapeute qui est plus horizontale, où finalement, la seule différence qu'il va y avoir, c'est que... le psychothérapeute aura la responsabilité du dispositif, du cadre et tout ça, et aura aussi la fonction de psychothérapeute ou de psychanalyste. Donc on parlera plus de rencontres vu qu'il y a plus de similitudes entre les deux, et en tout cas de symétrie entre les deux, plutôt que de séances, par exemple. Ce sera une rencontre et pas une séance entre le psychothérapeute et le patient. Donc après, un autre concept, c'est l'asymétrie fonctionnelle non autoritaire. C'est-à-dire qu'en gros, c'est le principe qu'il y a derrière la psychothérapie avec le psychothérapeute père, et aussi le principe qu'il y a derrière l'organisation de la société des danses. Ça veut dire exactement qu'il y a une asymétrie, mais qui se passe au niveau de la fonction et de la responsabilité du psychothérapeute. et non d'une autre manière, et que celle-ci est non autoritaire, c'est-à-dire qu'il n'y a pas vraiment de hiérarchie autoritaire entre les deux. Après, dans cette relation thérapeutique spéciale avec le pair, l'expérientiel, on peut évidemment imaginer qu'il y a un problème, enfin un problème, en tout cas un changement au niveau du transfert. Moi, j'aimerais bien créer deux concepts ici. Du côté du patient, il va y avoir un transfert de résonance. Voilà. Et du côté du psychothérapeute pair, il va y avoir un contre-transfert d'implication. Donc voilà, on a fini avec le psychothérapeute-pair. Un nouveau concept qui s'ajoute aux autres concepts que j'ai créés sur mon podcast. Alors évidemment, si vous avez une souffrance quelconque ou un trouble psychique, il faut continuer à prendre son traitement, continuer à avoir son psychiatre et continuer à avoir son psychothérapeute. Si vous avez une souffrance quelconque ou un trouble psychique et que vous n'avez entamé aucune démarche pour y remédier, allez consulter un psychiatre, un psychothérapeute et prenez le traitement qu'ils vous donneront. Si vous avez des choses à dire sur tout ça ou des questions à poser, Je serais content que vous les ajoutiez dans vos commentaires. Si vous avez des idées pour les prochains épisodes aussi, je suis tout ouïe. N'oubliez pas de faire un tour et de partager mon site internet spiral1894.fr où vous pouvez y trouver mon livre qui est un livre sur mon expérience de la maladie mentale, mais un livre thérapeutique qui apporte de l'optimisme là où tout semble perdu. Le livre est aussi sur KDP Amazon. et bientôt sur TikTok Shop. 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