- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser. Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Victoire Souchot, créatrice de l'agence de trek Basalte. Victoire a découvert la montagne assez tardivement et a eu un véritable coup de foudre qui l'a amené à créer sa propre agence de trek. Elle va nous raconter son parcours et cette aventure. Bonjour Victoire, pour commencer est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, je m'appelle Victoire, je suis la fondatrice de Basalte. qui est une agence de trek, et je suis passionnée de montagne.
- Speaker #0
C'est une bonne présentation déjà. Et je sais que tu as découvert l'univers de la montagne, et même du sport finalement, un peu tardivement. Est-ce que tu peux me raconter un peu ton parcours dans le sport avant l'aventure basale, la découverte de la montagne ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Effectivement, j'ai découvert cette passion tardivement, il y a à peu près, je pense, trois ans. Et avant ça, je faisais du sport sans vraiment m'amuser, mais parce que ça me faisait du bien. Je n'avais pas vraiment trouvé le sport qui me plaisait énormément. J'allais pas mal au ski. C'était mon rapport à la montagne, il était plus hivernal. Et en fait, j'ai eu une révélation en y vivant pas mal, en fait, quelques temps en refuge de montagne. J'ai eu une révélation sur la montagne et sur cette passion qui était là.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens quand même du moment, avant d'aller dans le refuge, est-ce que tu as eu un moment précis ou une première rando où tu t'es dit « Ah ouais, quand même, il faut que je creuse ça, ça a l'air de vraiment me plaire ? »
- Speaker #1
Oui, c'était après une rupture amoureuse où je n'allais pas très bien. Et ça faisait longtemps que je voulais aller marcher seule. J'avais un petit peu découvert la montagne, mais toujours soit avec mon ancien copain, soit avec des amis. Et en fait, cette rupture, elle m'a donné un élan de me dire, je vais prendre mon hamac. Parce qu'à l'époque, j'avais un hamac. Je vais prendre mon hamac et mon campement et je vais y aller seule. Et j'en avais peur. J'avais peur de dormir seule dans la nature. Je n'avais jamais fait, etc. C'était à La Réunion. Donc, je ne connaissais pas forcément très bien le terrain non plus. Et en fait, je suis partie trois jours avec mon campement dans un des cirques de La Réunion. Et ça a été une révélation parce que je me suis en fait sentie très, très, très bien. et j'ai pas eu peur finalement tant que ça et ça s'est extrêmement bien passé et c'est ce qui a lancé la suite.
- Speaker #0
C'est génial, c'est marrant comme quoi. Finalement, il y a pas mal d'histoires qui démarrent par une rupture amoureuse, mais après ça donne des trucs géniaux, donc c'est quand même encourageant. Et après ça, donc, t'as décidé, avant de te lancer vraiment à temps plein, j'ai envie de dire, dans ton activité, de mettre la randonnée vraiment au cœur de ta vie, quelque part, t'as choisi de passer dix mois en refuge. à travailler. Est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu vois que c'était important pour toi d'avoir un peu cette phase de test, entre guillemets ?
- Speaker #1
Oui. En fait, j'ai découvert ce lien qui a été tout de suite assez unique. J'ai vu qu'il y avait quelque chose que je ne connaissais pas encore, justement, dans le rapport à la nature et au sport, vu que ce n'est pas ce que je vivais avant. Et avant de me dire, est-ce que vraiment je me lance là-dedans et je réfléchis à... à changer de voie et à tout orienter. J'ai voulu quand même faire un test grandeur nature. Et j'ai toujours eu en tête les refuges de montagne, parce que c'est des lieux que j'appréciais beaucoup et où je me sentais bien. À l'époque, j'avais déjà travaillé en Suisse et j'avais potentiellement l'opportunité de travailler dans un des refuges. Et je me suis dit, en fait, je vais tester si c'est vraiment une vraie passion ou si c'est passager. En y vivant, et effectivement, j'ai fait dix mois dans un refuge de montagne. Et en fait, ce n'était pas passager.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est un bon tasse. T'étais où alors en Suisse ?
- Speaker #1
J'étais dans les Alpes vaudoises, au-dessus de Grillon. C'est pas très connu.
- Speaker #0
Ah si, je vois.
- Speaker #1
Ah tu vois, ok. Chouette. Bah voilà, j'étais là.
- Speaker #0
Ouais, c'est un beau coin. Est-ce que tu peux me raconter cette période en refuge ? Comment étaient tes journées ? Ce que tu faisais ? Ce que t'as découvert ?
- Speaker #1
Bien sûr. Alors c'était un gros refuge, il y avait plus de 100 lits, donc tu vois on était vraiment sur une sorte de refuge un peu hôtel. J'étais en gestion de ce refuge-là avec une petite équipe de 5 personnes. Donc c'était très important. Déjà, on était tout le temps tous ensemble. Donc il y avait vraiment un lien qu'on a créé différemment avec ces personnes-là que, par exemple, dans une entreprise où tu rentres chez toi le soir, etc. On vivait tout le temps ensemble et on travaillait tout le temps ensemble. C'était super intéressant, je trouve, comme expérience. Et après, la vie en refuge, c'est intense. Il y a beaucoup de travail. Il y a toujours des clients. Donc, tu es toujours quand même... sollicité, t'es toujours en action. T'es pas à te faire des randonnées tous les matins, etc. Mais t'as en même temps cette vie en pleine nature. En plus, c'était un alpage, donc il y avait les animaux, on avait 400 vaches, on avait des chèvres, des cochons, tu vois.
- Speaker #0
C'est gigantesque.
- Speaker #1
C'est gigantesque. Donc, en fait, il y avait aussi cette vie grandeur nature où on était isolé et où, si on voulait, quand on avait des journées off, si on voulait se faire... Une randonnée ou aller très très loin, on pouvait. Donc j'ai adoré. J'ai vraiment adoré être déconnectée, on va dire, du reste du monde et en même temps très très très connectée à la nature.
- Speaker #0
Oui, effectivement. Et avec, j'imagine, vraiment un esprit d'équipe fort. Et un esprit d'équipe très fort. Tu vis vraiment ensemble.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et durant tes journées off, est-ce que c'est là que tu as commencé à plus prendre le goût vraiment à la marche ?
- Speaker #1
Oui, en fait, j'ai pris le goût à la marche et j'ai surtout, à ce moment-là aussi, découvert l'escalade. Parce que c'était un spot de grimpe où il y avait des parois, soit en couenne, soit en longue voie, un peu partout autour. Et il y a une très très longue voie qui s'appelle le Miroir d'Argentine. Bon, il y a plusieurs grandes voies sur ce miroir, de faciles à de accessibles à très très difficiles. Et c'est 500 mètres de voie et c'était un des objectifs. En me disant, j'avais fait un petit peu d'escalade, mais vraiment pas beaucoup. Et en me disant, à la fin de la saison, si je m'entraîne assez bien, je grimpe le miroir. Et c'est ce qui s'est passé. Et ça a été très utile pour la suite de connaître un peu mieux l'escalade. Ça, plus évidemment la randonnée autour du refuge, on en faisait régulièrement.
- Speaker #0
Oui, ça fait déjà une bonne base. Et ensuite, comment est-ce que... Donc, tu m'as dit qu'en fait, tu étais attirée par le Népal depuis longtemps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, tu as fini par y aller. Déjà, qu'est-ce que tu imaginais de ce pays ? Qu'est-ce que tu as ressenti quand tu y as posé les pieds pour la première fois ? Parce qu'on va le voir, ça a quand même une grosse incidence sur la suite de ton parcours.
- Speaker #1
Oui. En fait, on m'en a parlé il y a très longtemps lors d'un voyage. J'étais au Mexique et j'avais rencontré un homme. américain qui travaillait et vivait au Népal. Il avait une société là-bas. Et il était... Il m'a marqué, cet homme, il s'appelle Josh, parce qu'il était très solaire, il avait plein de pratiques psychosomatiques, de pratiques spirituelles de tous les jours. Donc, il nous apprenait beaucoup de choses. On était un petit groupe. Et il me parlait du Népal. Et je sentais... À l'intérieur de moi, c'était un pays qui me parlait. Je ne savais pas pourquoi, mais il me parlait. Et à la fin de notre rencontre, on s'est juste connus 4 jours, il m'a offert des drapeaux de prière, qui sont des drapeaux que tu accroches, tu es censé les accrocher en hauteur ou dans le vent, et qui transportent par le vent des prières. Et je ne connaissais pas cet objet, mais ça m'a vraiment marquée et touchée qu'il m'offre ça, c'était un cadeau assez étonnant. Et donc, je l'ai toujours eu en tête. J'ai toujours eu ce pays en tête en me disant, peut-être que ça viendra. Il y a quelque chose, il y a un lien. Je n'imaginais pas grand-chose de ce pays. À part que c'était un pays avec une forte spiritualité, tu vois. Ça, je l'imaginais. Je voyais des temples, je voyais le bouddhisme. Mais à part ça, je n'imaginais pas grand-chose. Et l'Himalaya, évidemment.
- Speaker #0
Forcément. Est-ce que quand tu as décidé de faire ce voyage, tu avais en tête que tu allais se... peut-être faire quelque chose par la suite, tu vois, en lien avec le Népal, et créer une agence, ou t'y aller en mode vacances, et puis ça a changé ensuite ?
- Speaker #1
Ben oui, c'est un peu ça. En fait, j'ai rencontré, il y avait un Népalais qui travaillait avec nous au Refuge, et quand j'ai su qu'il allait rejoindre l'équipe à la deuxième saison, je me suis dit, c'est peut-être pas pour rien. J'ai commencé à me dire, peut-être que j'irai après, on verra. Et effectivement, on a parlé du Népal pendant toute la saison et ça m'a énormément donné envie. Donc cet homme, il s'appelle Passang. Et donc Passang m'a donné envie de visiter son pays. Et après la saison, j'y suis allée. Pas du tout avec un objectif de créer quelque chose. Parce que pour l'instant, je n'avais pas encore le lien au Népal que j'ai développé rapidement et par la suite. Je ne l'avais même pas découvert. Je le sentais à l'intérieur de moi que j'avais envie d'y aller et qu'il y avait un appel. Mais à part cet appel, il n'y avait pas vraiment de lien. Et donc en fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai contacté ce Josh que je n'avais pas contacté depuis cinq ans sur Facebook. On avait échangé nos Facebook. Et je lui ai dit, je vais au Népal, j'aimerais faire un sommet. C'était mon objectif, donc là, d'aller plus vers l'alpinisme. J'aimerais faire un sommet. Est-ce que tu connais quelqu'un qui pourrait m'accompagner ? Et en fait, il m'a dit, il y a une personne que je te conseille, c'est Sudip. Et tu peux y aller les yeux fermés. Et donc, j'ai contacté Sudip. Et en fait, l'histoire fait qu'aujourd'hui, on travaille ensemble avec Sudip. Et qu'on n'a pas fait que faire un sommet ensemble, on a vraiment développé toute une réflexion autour de ce qu'on pouvait aussi apporter au Népal et moi, qu'est-ce que je pouvais faire aussi dans ce pays avec la France. Mais voilà, en gros, non, je n'avais pas du tout, du tout d'idée que ça allait se passer comme ça.
- Speaker #0
C'est incroyable. En fait, c'est une rencontre qui amène une autre rencontre. Et finalement, ça matche. Comment est-ce que tu as eu direct un bon feeling, tu vois, justement avec Judith ? Est-ce que vous avez eu un déclic ? Vous vous êtes dit mais oui, on a vraiment trop un truc à faire ensemble. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Oui, alors, direct, dès les échanges même sur WhatsApp avant le voyage, je me disais que je me sentais bien. Voilà, je me disais, mais c'est super, je suis contente, j'ai envie de le rencontrer. Et ensuite, sur le sommet, ben oui, complètement, en fait. Ce qui était chouette, direct avec Sudip, c'est que malgré la différence de culture et de pays et de langue, alors il parle très très bien d'anglais, et ben il y avait vraiment une connexion. On était qui on était, on était en train de faire ce sommet, très authentique, l'un avec l'autre. On se partageait nos idées, on se partageait nos réflexions. Et on est très différents. Évidemment, on vient d'univers extrêmement différents, mais il y avait quand même un lien qui s'est créé, quand même. Et après, à force de parler de... Lui, du coup, il a une agence de trek locale, avec qui je travaille. à force de parler de son agence à lui du monde, du trekking au Népal, de l'univers, de comment c'est fait, etc. Petit à petit, pendant tout ce chemin et ce sommet, il y a des idées qui ont émergé.
- Speaker #0
Donc au fur et à mesure des discussions, et après, tu es rentrée en France. Et en seulement deux mois, tu as décidé de créer ton agence de trek. Est-ce que, d'un point de vue, tu vois les bêtes questions, mais genre administratif, est-ce que c'est compliqué de créer ça en France ?
- Speaker #1
Oui. Je ne vais pas te dire non. Et on m'a beaucoup remis face à ça quand j'en parlais autour de moi, des personnes qui ont voulu le faire et qui m'ont dit, soit j'ai abandonné le projet parce que tu te prends facilement des murs. Donc oui, il faut croire en ton projet. Il faut le défendre parce que quand tu veux être une agence de voyage, tu dois avoir une accréditation à tout France. Et pour avoir cette accréditation-là, il te faut des garants financiers, des assureurs. Et pour avoir ses garants, ses assurés, etc., il faut vraiment défendre ton projet. Et y croire. Et ne pas avoir une allergie de l'administratif, ça c'est sûr. Après, ça se fait et c'est possible. Preuve,
- Speaker #0
tu l'as fait et assez rapidement quand même. Moi, j'aurais cru que c'était un truc qui prendrait 6 mois, 1 an. Là, tu l'as fait en 2 mois.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'était très présent dans mon cœur, dans ma tête. c'est que C'était un peu un prolongement de moi-même où je l'ai écrit facilement, mais parce que Basalt, finalement, porte mes valeurs, porte mes idées. Voilà, je n'ai rien essayé de transformer, d'inventer. Évidemment, il faut que ton modèle soit viable et c'est une évidence, mais d'une certaine manière, ça part de moi. Donc, c'était assez facile dans l'écriture.
- Speaker #0
D'accord. Et pourquoi d'ailleurs tu as choisi ce nom Basalt ?
- Speaker #1
Alors, euh... Alors, pour la petite histoire, c'est la première vraie marche que j'ai faite. C'était sur du basalte. C'était sur un volcan au Guatemala qui s'appelle la Catenango. Et pareil, à La Réunion, il y en a beaucoup. Donc, c'est une roche qui faisait partie de mes débuts d'aventure et aussi chercher un nom qui se prononce bien dans toutes les langues.
- Speaker #0
C'est vrai que ça colle bien. et est-ce que toi dans ton parcours c'est vrai que je t'ai pas posé la question mais t'avais une formation qui est liée plus ou moins je sais pas au tourisme tu vois à défaut d'être liée à la randonnée mais ou absolument pas oui alors au début j'ai
- Speaker #1
fait une école de commerce et mon master c'était l'entrepreneuriat Donc, j'ai toujours quand même eu envie de monter mon propre projet et j'ai monté d'autres petits projets pendant ce parcours-là. Et ensuite, une de mes premières aventures, c'était chez Voyages Privés, donc dans le tourisme. Effectivement, il y avait un lien. Oui.
- Speaker #0
On va parler de l'agence maintenant, de ce que tu proposes. Tu proposes des treks à quel endroit ?
- Speaker #1
Alors au début, c'était du coup le Népal. Et maintenant, ça s'est ouvert. On a cinq destinations, dont la France. C'était très, très important pour moi de commencer à ouvrir aussi la France pour les personnes qui ne veulent pas aller si loin et par amour aussi de mon pays, évidemment. Et qu'est-ce que je propose ? Basel, c'est de la co-création de Trek. Co-création, pourquoi ? Parce que chaque projet est porté par un co-créateur avec qui on co-écrit, on co-construit le voyage. Et ce co-créateur, qu'est-ce qu'il apporte ? Il apporte sa discipline, son ADN, sa vision. Le lien, c'est toujours la montagne, mais du coup, c'est des voyages qui sont plutôt thématisés. Par exemple, je peux co-créer avec un photographe, j'ai co-créé avec un moine bouddhiste méditant, je co-créé avec une prof de yoga, je co-créé avec une coach, tu vois. Le lien, c'est la montagne, toujours. On va toujours dans ce terrain-là, mais après, les champs sont ouverts.
- Speaker #0
C'est vraiment varié. Quand tu dis co-création, ce n'est pas forcément une agence locale. Non. Parce que là, tu parlais de Sudip qui a aussi sa propre agence. Mais en fait, ça peut être des profils vraiment variés et en fonction, tu as une thématique, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça. En fait, le co-créateur, c'est vraiment le porteur du projet qui sera là pendant le voyage. Et ensuite, derrière, en France, je m'appuie sur des guides et des AMM pour accompagner, pour encadrer. Mais à l'étranger, je m'appuie sur des agences locales pour l'encadrement local, enfin opérationnel et la sécurité du groupe.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Oui, évidemment, il faut quelqu'un de diplômé pour pouvoir encadrer. Bien sûr. Et en plus, tu viens apporter une expertise un peu différente sur un autre sujet. C'est intéressant comme concept. Et est-ce que tu as eu des grosses surprises ou des gros doutes au moment où tu as lancé l'agence et puis même au fur et à mesure ? quand tu rajoutes de nouvelles expériences, de nouveaux tracks ?
- Speaker #1
Alors honnêtement, mes plus grosses surprises, ça a été vraiment dans le positif. Je n'ai encore pour l'instant pas eu de surprises très négatives où je me suis dit, là, ça ne va pas, ça ne fonctionne pas, non.
- Speaker #0
C'est bien ça.
- Speaker #1
Pour l'instant, c'est le début. Je m'attends évidemment à des bas, comme chaque expérience entrepreneuriale évidemment. Mais non, pour l'instant, tout est positif. Et une de mes plus grosses surprises, c'est justement cet attrait des co-créateurs pour co-créer des voyages avec moi. Parce qu'il y en a beaucoup qui me disent, ben voilà, je l'ai eu en tête ce projet en fait. J'ai eu en tête ce projet, mais je ne peux pas le faire parce que légalement déjà, tu n'as pas le droit de proposer de voyage si tu n'es pas une agence de voyage. Donc, il y en a qui ne veulent pas porter ce risque, évidemment. Et aussi parce que, opérationnellement, c'est quand même gros de créer un projet comme ça. Donc, j'ai eu un fort écho de la part de ces personnes. Et aussi un fort écho de la part des clients qui étaient vachement intéressés par ce projet-là.
- Speaker #0
Et tes co-créateurs, tu les trouves comment ?
- Speaker #1
Alors, souvent, c'est des co-créateurs que je trouve sur Instagram. souvent parce qu'ils ont souvent un réseau maintenant j'ai des co-créateurs qui viennent à moi qui me trouvent par aussi je pense les réseaux sociaux et sinon je cherche sur internet en fonction de ce que je veux aussi apporter, des thématiques que je veux ouvrir
- Speaker #0
Il y a un bon travail de recherche pour trouver les bons profils aussi. Est-ce qu'il faut vraiment que ça matche aussi avec tes valeurs, les valeurs de l'agence ?
- Speaker #1
Exactement. Mes deux plus gros critères, c'est qu'on ait des valeurs communes et qu'il y ait une forte envie de leur part, que ça soit vraiment lié à une motivation et à un intérêt réel plutôt qu'autre chose. Il faut vraiment qu'il y ait une motivation forte.
- Speaker #0
C'est super important. Et comment est-ce que tu gères aussi ton entreprise qui me semble que tu vis quand même majoritairement au Népal désormais ? Comment est-ce que tu gères en fait ça, le fait que tu as une entreprise française, tu es au Népal, comment est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
Oui, alors je ne suis pas toujours au Népal. Là, tu vois, par exemple, je suis en France, donc je reviens aussi en France. Et sinon, mon entreprise est entièrement digitalisée en ligne. Donc en fait, c'est mon entreprise, c'est mon ordinateur. Je n'ai pas de bureau physique. Et toutes les personnes avec qui je travaille, pareil, c'est en ligne.
- Speaker #0
Ouais, donc tu es complètement 2026. Bon, sauf les voyages quand même. Est-ce que tu accompagnes aussi certains voyages ?
- Speaker #1
Oui, certains voyages, je les accompagne. Je ne peux pas tous les faire. évidemment parce que derrière ça veut dire que j'arrête aussi mon travail justement sur mon ordinateur mais oui bien sûr il y a certains voyages que je souhaite accompagner parce que soit c'est des grosses co-créations c'est des voyages un peu plus compliqués il y a des gros groupes le co-créateur avec qui je co-créais on va en faire plusieurs donc on a envie de voir aussi comment ça se passe ensemble après les mini-voyages les petites aventures, les micro-aventures souvent non et après ça dépend de mes disponibilités
- Speaker #0
Forcément, tu ne peux pas accompagner tout le monde et on a parlé un peu des valeurs de Basalt mais est-ce que tu peux justement nous parler de ça des valeurs et des engagements de l'agence ?
- Speaker #1
Oui Basalt j'ai vraiment vraiment quand je l'ai créé j'avais vraiment envie qu'elle porte des je la mets au féminin d'ailleurs c'est marrant mais qu'elle porte des valeurs fortes une des valeurs c'est vraiment l'authenticité J'ai vraiment besoin que tous les liens humains à l'intérieur de Basalt soient vrais. Qu'on ait l'espace de pouvoir vraiment tout poser, tout se dire, dans les plus comme dans les moins. C'est très important pour moi, que ce soit avec les personnes avec qui je travaille, que ce soit avec les co-créateurs, que ce soit avec les agences locales. J'essaye que, et ce que je propose aussi en ligne, les voyages que je propose... que ce que je propose et je vends, ça soit vrai. C'est très important qu'il y ait aussi de la conscience derrière ce qu'on crée, conscience pour les populations locales, qu'on ne vienne pas juste traverser un pays, consommer, prendre, mais qu'on essaye d'être en lien, connecté à ce pays, aux populations, qu'il y ait des pas faits aussi de ce côté-là, Donc du voyageur vers... les populations locales et pas que l'inverse. J'essaye de développer aussi toute une partie impact. Ce n'est pas forcément facile à faire. Au Népal, c'est beaucoup plus facile que dans d'autres pays. Mais j'essaye que chacun de mes voyages soit lié à une association locale partenaire. C'est le cas pour la plupart, pas tous. Ou on va les aider sur place, donc quelques jours après le voyage. Ou alors on reverse des sous pour un de leurs projets, donc en fonction des besoins du moment. et ça j'ai envie de le développer encore plus vraiment cette aide locale voilà c'est vraiment les deux plus grosses valeurs il y en a d'autres mais c'est les deux plus grosses de basalte elles sont là c'est
- Speaker #0
génial le fait d'aider une asso pour le coup c'est pas très courant non plus d'avoir les dieux vraiment liés ouais j'essaye c'est pas évident il y a par exemple en France euh...
- Speaker #1
difficile d'être une entreprise à but lucratif, de mélanger les deux, et d'aider l'assaut, etc. Donc, j'essaye de trouver un moyen de le faire. Je vais réussir. C'est très, très important pour moi. Donc, voilà, je... C'est un des choses à développer. Exactement, je vais le travailler encore plus. Oui, exactement.
- Speaker #0
On a parlé du Népal, c'est vrai qu'on voit qu'il y a quand même un gros problème aussi de tourisme de masse. Je pense aux images de l'Everest où on voit déjà des fils de gens, des déchets dans tous les sens. Il y a quand même un sujet là-dessus. Quel regard tu portes là-dessus ? Et comment est-ce que tu essaies de proposer aussi un modèle un peu différent et peut-être un peu plus éthique ?
- Speaker #1
On voit souvent ces images-là sur l'Everest. c'est un peu l'autoroute, vu que c'est le toit du monde et c'est un peu la course au toit du monde je pense qu'elle attire cette montagne énormément de personnes qui veulent avoir ça comme médaille comme achievement exactement c'est ça après voilà, au Neval c'est pas du tout la réalité de toutes les régions il y a vraiment des régions qui sont pas ou peu encore connues. C'est ce que j'essaye aussi de proposer, des circuits qui ne passent pas que par les circuits les plus touristiques. Ce qui est compliqué, c'est que ça aide énormément quand même les populations locales. Tu vois, sur un trek basalte, ça fait vivre cinq Népalais. Tu as un peu ce double, c'est à double de tranchant où effectivement tu as ce tourisme de masse, mais d'un côté ça vient aider beaucoup les populations sur place. Et ensuite je pense que c'est en en parlant beaucoup, en essayant d'être de plus en plus conscient, en le disant aux clients basaltes. Mais oui, c'est un des sujets, c'est sûr.
- Speaker #0
C'est pas simple, effectivement. L'équilibre entre, bien sûr, tu as une économie autour de ça et qui fait vivre plein de monde. Et à côté, ça a aussi un impact sur la population qui peut être négative. Et puis sur l'environnement, clairement. Donc, pas facile l'équation. Toi, on va parler aussi d'un de tes projets récents. Tu as réalisé l'ascension de l'ama d'Ablame. Je crois que je ne me trompe pas sur le nom. qui est un sommet qui a l'air quand même assez exigeant. Comment est né aussi ce projet ? Parce que du coup, toi, à la toute base, tu n'étais pas non plus une grande randonneuse. Donc, tu t'y es mis progressivement et assez rapidement, finalement. Donc, est-ce que tu peux nous parler de ces derniers projets ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. L'Amadablam, alors avant ça, quand j'étais partie au Népal pour la première fois, j'avais le souhait de faire un sommet de 6000 mètres. qui n'est pas aussi costaud du tout, qui s'appelle le Lobuchépik. Et en faisant ce sommet, c'est là où j'ai rencontré Sudip. En faisant ce sommet, j'ai vraiment découvert une autre passion, un autre attrait pour l'alpinisme. Et au-delà du trek, qui m'apporte plein de choses, l'ascension des montagnes m'a vraiment chamboulée. Vraiment à l'intérieur de moi, où je me suis dit, j'aime énormément faire ça. Et du coup, au fur et à mesure, c'était dans la région de l'Everest, en fait, et il y avait toujours la Madablam en fond de toile. Et quand je marchais, je voyais toujours cette montagne qui est magnifique, qui est très réputée comme étant très dure techniquement. Donc, ce n'était clairement pas le niveau que j'avais à ce moment-là, mais je la regardais un peu en me disant, peut-être un jour, je vais la tenter, j'essaierai de grimper cette montagne, on verra. Elle a toujours été dans ma tête, elle a toujours été dans mon cœur. Il y avait aussi un appel qui était fort. Et au fur et à mesure de faire un peu d'alpinisme, je me suis lancée ce défi qui était un très gros pas, même à ce moment-là, parce que j'allais dire même à l'époque, mais c'était il y a quelques mois, mais même à ce moment-là qui était un très gros pas parce que je n'avais pas non plus fait énormément d'ascensions dans ma vie. Je ne sais pas, j'avais confiance, je connaissais un peu mieux le terrain, je savais que ça allait être très dur. Je savais mes forces, je savais mes faiblesses, je savais où je devais me préparer à ce sommet, à quel endroit il fallait que je mette les bouchées doubles. Et voilà, je me suis lancé ce défi que j'ai réussi, mais ce n'était pas dit du tout à l'avance que j'allais le réussir.
- Speaker #0
Et comment tu as fait pour te préparer du coup à ça ? Physiquement, j'entends.
- Speaker #1
Ouais, voilà, physiquement, en fait, j'allais beaucoup à la salle et tu vois, j'avais... Ma grande faiblesse, ça a été plus au niveau des bras. Donc, j'ai beaucoup développé cette zone-là parce que comme t'es tout le temps en corde fixe, donc t'es tout le temps en train de te tirer sur des mètres et des mètres, ça allait être vraiment difficile à ce niveau-là, je le savais. Donc, j'ai beaucoup travaillé le haut du corps, toujours continué à travailler le cardio, évidemment, pour l'altitude, même si... C'est un peu la roulette russe, mais je sais que ça allait m'aider. Et ensuite, en avoir très, très, très envie, parce que je savais qu'au bout d'un moment, c'était le mental qui allait être très présent, même si le corps y suivait aussi, mais même si ça allait être dur, il faut que le mental arrive, on va dire, pas au dernier moment, mais qu'il prenne le relais le plus loin possible de l'ascension. Oui,
- Speaker #0
c'est sûr. Et alors, comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Eh ben c'était très dur, c'était très dur, mais incroyable, j'ai adoré cette ascension, j'ai eu le corps qui a tenu jusqu'au bout sans blessure, sans gros problème, j'ai eu le mental qui a douté évidemment à plein d'endroits, mais qui a quand même tenu, qui ne s'est pas trop ramené trop souvent en me disant, est-ce que vraiment tu penses que c'est possible ? J'ai eu quelques questions, évidemment, parce que c'est vraiment difficile. Mais globalement, c'est très technique. C'est que du vertical, c'est que de la grimpe, de la corde fixe, sur roche, puis sur crampons, puis sur glace. T'as l'impression que c'est infini. C'est un sommet qui ne s'arrête jamais. Il fait très froid, il y a plusieurs camps d'altitude, donc tu dors aussi en altitude à plusieurs endroits, au camp 1, au camp 2. Et voilà, et ensuite c'est des heures d'efforts sans dormir ou en dormant très peu. Donc tu as aussi un rapport à la fatigue que moi je ne connaissais pas à ce niveau-là, tu vois.
- Speaker #0
Et ça t'a quand même donné envie de recommencer, j'imagine ?
- Speaker #1
Mais oui, mais oui, mais oui. Mais bien sûr, bien sûr, parce que ça t'apprend tellement, t'es tellement à des endroits de toi que tu ne connais pas dans le dépassement physique. Ça vient comme ouvrir des petites portes qui sont en toi et qui s'ouvrent, parce que t'as jamais vécu ça avant. Donc forcément, c'est à ces moments-là, dans cette difficulté, dans ce dépassement, que tu vois que, ah, en fait, j'ai des ressources, en fait, c'est possible. Et donc, oui, c'est très transformateur. C'est transformateur, c'est libérateur, mais évidemment, c'est dans la souffrance.
- Speaker #0
Ça va avec. Ça va avec. Il y avait quelque chose que tu m'avais dit quand on avait échangé avant le podcast, que finalement, tout était déjà là, ce que tu vois maintenant avec le recul. Est-ce que... Qu'est-ce que tu entends par ça ? Est-ce que tu penses que, en fait, cette âme un peu aventurière, peut-être, était déjà là depuis ton enfance, mais sans que tu l'aies vraiment révélée ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui, je pense que ça ne me surprend pas. Les chemins que je prends là aujourd'hui, qui sont beaucoup plus francs, beaucoup plus, on va dire, fixés sur ce terrain montagne, sur basalte, etc. Comment je peux te dire ? Bien sûr qu'à l'intérieur de moi, ça ne me surprend pas, tu vois. Après... Tout était déjà là, je pense, à l'intérieur de moi, dans ces capacités, dans cette envie, dans cette grande passion. Mais dans ma vie, je pense qu'il fallait toutes ces années pour que j'y arrive. En revanche.
- Speaker #0
Ça, c'est important aussi de le prendre en compte. Il y a quand même vraiment une progressivité. Je trouve une importance du temps, en fait.
- Speaker #1
Complètement. Il fallait que j'ai ces expériences avant, qui, en regardant mon parcours, palissent avec. plein de virages, ça peut paraître assez sinueux, tu vois. Et en fait, non. En fait, je connecte maintenant les points de ce pourquoi tout ça s'est passé.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Il y a un truc commun qu'on ne voit pas quand on est dedans et qu'on voit qu'une fois qu'on a le recul.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et tu m'avais dit aussi que tu avais l'impression que la montagne t'avait sauvée. Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Speaker #1
Ouais. À plein de moments de ma vie où je n'allais pas très bien pour différentes raisons. que ce soit pro, que ce soit perso. J'ai eu la chance dans ces moments-là d'avoir accès à la nature, à la montagne et du coup d'y aller naturellement, d'avoir cet appel. Et en fait, oui, elle m'a fait relever la tête à plein d'endroits, à plein de moments de ma vie. Elle m'a fait prendre beaucoup de recul sur ces problèmes-là qui en fait... en sont, mais comme plein de personnes en a, tu vois, et donc où tu as la tête dedans énormément, et où tu ne sais pas, voilà, quelle est l'issue. Et en fait, la montagne, à chaque fois, me donne comme un souffle nouveau, m'apaise, et range un petit peu cette tête, apaise ce cœur, et donc oui, elle a un pouvoir, en tout cas chez moi, de guérison, ouais.
- Speaker #0
C'est bien, effectivement. Et pour terminer, j'ai une petite question traditionnelle. Quel message est-ce que tu as envie de passer aux auditrices de la sportive outdoor ? Peut-être qu'ils pensent qu'il est un peu trop tard pour changer de vie, pour se lancer dans de nouvelles aventures ou sports.
- Speaker #1
Non, il n'est jamais trop tard. Non, j'ai envie de leur dire qu'il n'est jamais trop tard, qu'on peut toujours découvrir des endroits de nous-mêmes que... soit parfois très très cachés, soit parfois étouffés, mais en fait qui sont là. Et s'il y a l'appel, parce que je pense que c'est quand même lié à ça, un appel au cœur qui est en joie et qui en a envie, il faut y aller. Et même si parfois ça fait peur, et parfois l'envie est autant présente que la peur, c'est souvent ça, mais il faut savoir quand même écouter très très très fortement cette envie. mettre un petit peu la peur de côté et voir si, en le faisant, sur le terrain, en y allant, s'il y a vraiment ce chemin-là et si c'est vraiment en présent.
- Speaker #0
Très beau message pour terminer. Merci, Victoire.
- Speaker #1
De rien.
- Speaker #0
Merci pour le partage de ton parcours. C'était intéressant. Et puis, longue vie à Basalt, évidemment. Le lien vers ton site où on peut aller voir toutes tes différentes treks. Évidemment, je suis allée voir et ça donne très envie. Il y a plein de choses très variées. C'est vrai que c'est intéressant d'avoir toute cette variété. Ça donne plein d'idées.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Lorraine.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
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