- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Pauline Corlobé, ancienne sportive de haut niveau en BMX. Pauline est kiné, spécialisée dans les sportifs et particulièrement dans les cyclistes, et elle pratique aussi le bike fitting. On va donc parler ensemble de tout ce qu'il faut savoir pour trouver la bonne position sur son vélo. Bienvenue Pauline, est-ce que tu veux bien te présenter déjà ?
- Speaker #0
Ben merci beaucoup ! Moi, c'est Pauline Corlobé. Je suis ancienne membre de l'équipe de France de BMX, désormais kiné de l'équipe de France de BMX depuis cette année. Et aussi, j'ai créé une page Instagram qui s'appelle Cyclophilio, où mon but, c'est de prendre en charge les douleurs des cyclistes. Donc voilà, ça tourne quand même beaucoup autour du vélo. Et moi, du coup, je roule beaucoup en VTT, en route et en gravel.
- Speaker #1
Donc une pratique bien complète. Et est-ce que tu peux nous expliquer, déjà, tu as dit que tu faisais partie de l'équipe de France de BMX, qu'est-ce que tu retiens de toutes ces années en sport de haut niveau ?
- Speaker #0
Du coup, moi j'ai commencé tard par rapport à la majorité des filles qui pratiquaient, donc moi j'ai commencé à 14 ans, donc là finalement les filles les meilleures rentraient en pôle jeune, donc moi je découvrais la discipline, donc voilà, j'étais un peu décalée. Mais bon, j'étais passionnée, j'étais motivée. Donc, ça a pu un petit peu rattraper ce temps perdu. Donc, après, tout ce que j'ai pu vivre là, c'était vraiment exceptionnel parce que je le voulais vraiment, mais pour autant, ce n'était pas gagné. Et quand on dit que le sport de haut niveau, quelle que soit la discipline, c'est l'école de la vie, ça fait vraiment bateau. Mais alors, pour le coup, moi, je trouve que c'est vraiment ça. parce que Tu apprends la détermination, le dépassement de soi. Ça te donne vraiment des valeurs de travail. Voilà. Et ça, tu en as besoin dans toute ta vie, en fait. Donc, voilà. Je trouve que pour moi, c'était une super expérience. Oui,
- Speaker #1
effectivement. Et ensuite, c'est ça aussi, j'imagine, qui t'a donné envie de devenir kiné et ensuite d'accompagner. Est-ce que c'est parce que tu as vu aussi directement le métier de kiné quand même peut-être à haute dose ? Alors... Tu avais déjà ça même avant, tu vois ?
- Speaker #0
Je l'ai découvert avant. J'avais du problème de cheville quand j'étais petite. Donc, j'ai passé beaucoup, beaucoup de mes soirées chez le kiné à l'époque. Donc déjà, je pense que ça, ça m'a fait un peu découvrir le milieu. Et après, j'ai tellement été toujours passionnée de sport que je pense que c'est quand même un métier qui est vraiment en lien avec le sport. Donc oui, depuis que je suis au collège, j'ai toujours voulu faire kiné. Alors, je n'ai pas commencé par le sport, justement, parce que c'était pourtant ça que j'imaginais. Puis j'ai découvert la neuro avec les blessés médulaires, donc les patients paraplégiques et tétraplégiques. Et j'ai adoré. Donc je suis d'abord passée par là. Et je ne sais pas de quoi avait fait l'avenir, mais j'aime beaucoup ça, cet accompagnement-là. Et puis là, maintenant, je suis revenue un peu dans le sport, complètement beaucoup dans le sport. Mais voilà, finalement, il y a quand même beaucoup de prises en charge qui me plaisent.
- Speaker #1
Oui, tu aimes vraiment ton métier dans plein d'aspects différents. Et maintenant, tu accompagnes beaucoup de cyclistes, notamment. Est-ce que tu accompagnes un peu tout type de pratiquants sur toutes les disciplines différentes ?
- Speaker #0
Alors, quelle que soit la discipline. En fait, tout cycliste qui a mal quelque part et qui a du mal à s'en sortir, mon but, c'est de l'accompagner pour prendre en charge ses douleurs. Donc, quelle que soit la discipline, VTT, route, gravel. Alors, BMX, c'est encore particulier, parce que ce n'est quand même pas la plus grande majorité des cyclistes en termes de nombre. Donc, je les ai plus avec l'équipe de France. Mais voilà, quel que soit le cycliste et quel que soit son niveau, parce qu'on soit pro ou amateur, il n'y a pas de raison d'avoir mal.
- Speaker #1
Oui, c'est important de le préciser quand même, effectivement. Et qu'est-ce qui t'a amené à t'intéresser au bike fitting ? Est-ce que tu vois, ça a toujours été là, tu cherchais un peu la bonne position ? Ou est-ce que c'est en voyant des patients aussi vraiment avec certains soucis, peut-être des douleurs particulières que tu as commencé à creuser le sujet ?
- Speaker #0
Alors déjà, je me suis penchée sur le sujet pour moi, parce que déjà, il fallait que je me place. Au début, j'étais kiné, mais je n'étais pas aussi spécialisée dans mon domaine. Je roulais, mais je n'étais pas, j'étais comme tout le monde. Je n'étais pas spécialement placée sur mon vélo. Donc, j'ai commencé à en faire un pour moi. d'une manière, enfin bon, il y a d'autres paramètres que j'aimerais qu'ils rentrent en compte maintenant, de la manière dont je le fais et dont je le perçois, mais c'était déjà une bonne première approche. Et puis après, en creusant et en s'intéressant aux douleurs du cycliste, et puis surtout à force de mon métier, pour moi, le bike-fitting, c'est vraiment la base, j'ai envie de dire, pour un cycliste régulier, quelqu'un qui aime cette pratique. Quand tu imagines que... On conseille, et ça c'est un point qui serait important, on en parlera peut-être après, on conseille une fréquence d'à peu près 80 tours par minute. Si tu imagines combien de tours tu fais en même une sortie d'une heure ou une heure et demie, mécaniquement, si tu n'es pas bien placé sur ton vélo, ça peut vite créer des douleurs. Donc pour moi, le positionnement, il est vraiment essentiel. Pas que pour la performance, mais déjà pour être bien et pour se faire plaisir.
- Speaker #1
C'est clair. Je suis en train de me rendre compte que je n'ai pas vraiment défini le bike fitting. Est-ce que tu peux nous faire une petite définition ? Parce qu'il y en a peut-être qui ne connaissent pas, en fait.
- Speaker #0
Le bike fitting, concrètement, c'est analyser le cycliste sur son vélo pour ensuite le positionner au mieux en fonction de sa problématique.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
donc il faut être confortable. Et après, il y a plusieurs approches. On peut venir pour du confort, pour de la douleur, pour de la performance, pour du gain d'aérodynamisme. Il y a plusieurs approches. Mais concrètement, c'est ça. poser le cycliste sur son vélo.
- Speaker #1
C'est un bon début. Et concrètement, quels bénéfices on peut en attendre ? Déjà, évidemment, de ne pas avoir de douleurs,
- Speaker #0
mais ça va au-delà de ça. Il y a plusieurs approches. Il y a l'approche purement confort. Je pense que les douleurs, qu'on cherche de la performance ou du confort, c'est la base quand même. On ne peut pas être performant si on a des douleurs et on ne va pas être confortable si on a des douleurs. De toute façon, ça reste le centre. Mais pour quelqu'un qui n'a pas spécialement de douleur et qui fait un bike fitting, il y a plusieurs approches. Le confort et donc aussi la prévention des blessures, si la personne pour l'instant n'en a pas. Et il y a d'autres personnes qui viennent aussi pour la performance. Ça, c'est encore une autre approche. Ou par exemple des triathlètes qui veulent gagner tant de watts, je caricature, mais pour être un peu plus aérodynamique et donc être un peu plus performant. Donc c'est encore des approches un peu différentes.
- Speaker #1
Et à l'inverse, qu'est-ce qu'on les... Tu vois, les risques et les douleurs qui sont un peu classiques quand on a une mauvaise position ?
- Speaker #0
Alors, les douleurs qui viennent le plus, on va avoir au niveau du rachis cervical et au niveau du rachis lombaire, des douleurs de dos si on n'est pas bien positionné, des douleurs au niveau du périnée, quel que soit homme ou femme, parce que pour le coup, ça n'est pas une personne, et beaucoup dans les mains, des gens qui ont des engourdissements, etc., et les genoux. C'est principal. On peut y avoir des douleurs. En fait, tout le corps peut être en souffrance. Oui, concrètement, c'est vrai. Voilà, tout le corps peut être en souffrance, mais ça va dépendre du déréglage, des problématiques de chacun. Et c'est pour ça aussi, on y reviendra un peu après, qu'il y a vraiment un travail global à faire parce que ces douleurs-là, elles peuvent être dues au positionnement, mais pas qu'eux. Et dans ce cas, il faut travailler le reste.
- Speaker #1
Oui, c'est plus compliqué que juste bouger une hauteur de selle.
- Speaker #0
Des fois, ça suffit. et c'est très bien et c'est pas toujours si simple
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des spécificités féminines dans les types de douleurs qu'on rencontre le plus fréquemment ?
- Speaker #0
Dans l'apparition, on n'a pas vraiment des pourcentages plus importants sur telle ou telle douleur, mais quand même, c'est vrai qu'au niveau du périnée, on a tendance à avoir plus de douleurs. Je ne suis pas certaine que ce soit notre spécificité anatomique. Ce n'est pas de notre faute, entre guillemets. Mais par contre, je pense que c'est moins adapté. Quand on achète un vélo, déjà, on a un bassin qui va être plus globalement. Alors ça, c'est pareil, ça se mesure pendant le bike fitting, mais on a un bassin qui est plus large. Qui dit un bassin plus large, va dire une selle plus large. Et ça, souvent, tu achètes un vélo parce que, honnêtement, tu peux très bien être bien posé sur un vélo mixte. Il n'est pas spécialement obligé d'être étudié pour les femmes. On peut bien se poser sur un vélo mixte. Mais la selle, souvent, quand tu l'achètes dès le départ, c'est rarement la largeur adaptée aux femmes. En pourcentage, on est quand même moins nombreuses. Donc déjà, quand tu ne te poses pas la question, tu peux te trouver très souvent sur une selle qui déjà n'est pas à ta taille. Donc automatiquement, ça te crée tes douleurs plus importantes au niveau du périnée. Et puis après, c'est un peu la cascade, c'est-à-dire que tu inclines ta selle pour un peu libérer ton périnée, mais du coup, tu surcharges tes mains. Donc tu vas créer des douleurs dans les mains, dans les trapèzes, dans le cou. Enfin, tu vois, voilà. Mais principalement, plus le périnée.
- Speaker #1
Ouais, j'ai l'impression que dès que je parle de vélo, plein de femmes me disent, alors soit il y a celles qui ne sont pas cyclistes mais qui ont un peu essayé et qui disent, ah non mais moi ça me fait trop mal. Il y a soi-même effectivement des cyclistes qui disent, ah ouais mais j'aime bien, mais je n'arrive pas à rester longtemps sur ma selle, etc. Et tu as l'impression que c'est vraiment un énorme sujet au final, les selles de vélo.
- Speaker #0
Il y a autant de selles que de fesses. Donc déjà pour tout le monde, homme ou femme, ce n'est pas évident. Ça, c'est... Parce qu'une largeur de disquion, c'est une largeur disquion, mais pour autant, même si je prends une selle à la bonne taille, ce n'est pas pour autant qu'elle me guérera. Il va falloir tester, il va falloir... Ce n'est pas toujours aussi simple que ça. Mais j'ai tendance à penser aussi peut-être que... Je pense à quelqu'un qui débute. Aussi bien le choix de la selle, déjà, il faut le savoir. J'achète un vélo qui m'a dit que moi, mon bassin, il était plus large. Déjà, en étant un homme, on a déjà plus de chances que la selle en largeur. Je ne dis pas qu'elle convienne, mais au moins en largeur... peut déjà mieux convenir qu'une femme si elle est comme ça d'origine. Donc déjà, potentiellement, on n'a pas la bonne selle en largeur. Et en plus, dans le choix du cuissard, dans le commerce, on a quand même moins de choix. Il faut commander sur Internet, même si ça se développe de plus en plus. Il y a beaucoup de marques qui vont vers le cyclisme féminin et c'est super. Mais c'est vrai que pour pouvoir avoir accès, pour pouvoir essayer, etc., c'est quand même plus difficile, on a moins de choix. Donc si on se retrouve avec une selle à notre taille et en plus un cuissard qui n'est pas de très bonne qualité, c'est sûr que... ça me fait vite des douleurs au périnée.
- Speaker #1
On part avec moins de chance dans sa vie cycliste. Et quelles sont les erreurs les plus courantes aussi que tu observes ? Parce qu'il y a aussi des trucs qu'on peut mal faire de base. Oui,
- Speaker #0
alors maintenant, depuis que je suis beaucoup sur le sujet, je m'arrache la rétine souvent quand je croise des cyclistes roulés. Parce que le plus souvent, quand même, c'est des gens qui sont très hauts. Donc, on se retrouve avec des pédalages en pointe de pied, des bassins très instables. Donc, c'est beaucoup des gens trop haut ou trop en arrière avec les mains très tendues devant et les fesses très loin derrière. Ça, c'est les principaux réglages qu'on voit. Et quand on discute aussi avec les gens, c'est comment tu as réglé tes cales au pif. Voilà, donc ça, c'est les trucs principaux qu'on retrouve quand même régulièrement.
- Speaker #1
Et là, il n'y a pas de spécificité homme-femme, c'est un peu pareil ?
- Speaker #0
Non, pour le coup, oui.
- Speaker #1
Et forcément, quand on achète un vélo, en général, on commence à essayer d'ajuster le truc tout seul. Est-ce que tu as quelques conseils à donner pour commencer, en fait ?
- Speaker #0
Ça, ce n'est pas évident parce que déjà, un réglage... Là, quand on entend des gens qui... Allez, je prends mon vélo. Pendant ma sortie, je ne suis pas très bien. Je vais descendre de 2 cm. Je roule un peu. Ce n'est pas terrible. Je remonte d'un centimètre et demi. Mais ça, en fait... Les gens ne se rendent pas compte, mais 2 cm ou 1,5 cm, c'est déjà énorme en modification de réglage. Et encore plus pendant la sortie, comme ça, au pif. Donc c'est vrai qu'honnêtement, faire ça comme ça, c'est quand même compliqué. Le seul conseil déjà que je peux donner, mais ça reste quand même du pif du coup, à partir du moment où on ne voit pas un professionnel qui fait des mesures, c'est que souvent, j'entends des gens dire « pourtant, j'ai bien réglé. Quand je fais le pied en bas, je suis jambe tendue. » Donc ça déjà, on sait que la personne est trop haute. Parce qu'on a des degrés d'angle au genou qu'on mesure. Un angle au genou, c'est entre 32 et 42 degrés. Donc, ce n'est pas du tout tendu. Donc déjà, si le repère, c'est être jambes tendues en bas, ce n'est pas une bonne chose. Donc déjà, avoir un petit peu de liberté dans le genou pour que le talon puisse bien descendre et ne pas pédaler en pointe. Tout ça, c'est des repères qui sont importants. Donc, c'est sûr que j'ai du mal à donner des conseils précis parce qu'on ne peut pas être précis en étant au pif. Mais déjà, ne pas pédaler en pointe de pied. et ne pas avoir l'impression que son bassin se balance droite et gauche de sa selle, c'est déjà des points qui sont importants. Et surtout, ne pas avoir de douleurs. Si j'ai des douleurs, c'est quand même qu'il faut revoir les choses.
- Speaker #1
C'est un signe quand même. C'est déjà des bons conseils, je trouve, pour démarrer. Et en plus, c'est vrai que je ne sais pas d'où ça vient. S'il y a souvent deux jambes tendues, je l'ai déjà entendu plein de fois. Je ne sais pas si c'est une vieille croyance.
- Speaker #0
Mais j'ai déjà entendu aussi me dire, j'ai acheté ce vélo à un copain, il faisait ma taille. Mais du coup, c'était bon. alors qu'on n'a pas tous les mêmes segments. Donc, oui, il fait la même taille que moi. Donc, le vélo, c'est sûr qu'il est bien réglé. Et lui, il était bien. Donc, moi, je vais être bien. Donc, non. Et puis, on a tous des problématiques différentes.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et du coup, j'allais dire à quel moment tu recommandes de consulter un bikefeeter, mais en fait, en achetant un vélo, quoi, non ?
- Speaker #0
J'ai tendance à dire qu'à partir du moment où le vélo, c'est une pratique régulière. qu'on apprécie et qu'on fait régulièrement. C'est sûr que si c'est une balade avec les enfants une fois tous les six mois, bon, c'est peut-être pas indiqué d'aller investir là-dedans. Mais si c'est notre activité sportive régulière, c'est quand même bien. Surtout qu'après, une fois qu'il y en a un qui est fait, même s'il y a un changement de vélo, on peut déjà se baser sur des cotes qu'on aura vues sur ce premier vélo pour les appliquer. Ça nous donne déjà une bonne base. Donc, je pense quand même. Alors, c'est sûr que c'est un investissement en plus quand on achète le vélo, mais aussi bien pour le confort à l'instant T que pour la prévention des blessures, je pense que c'est quand même important. C'est un peu comme courir avec des chaussures qui ne sont pas de notre taille. Ça, ça ne nous viendrait pas à l'idée. Donc, c'est vrai que pour moi, c'est quand même important.
- Speaker #1
Il faudrait quasiment l'intégrer dans son flou d'achat de vélo. Oui. Parce que c'est vrai qu'en plus, après, si on n'est pas bien dessus, finalement le vélo, on va le laisser... au garage et puis on n'aura pas vraiment gagné.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des signes, tu vois, qui doivent alerter ? Alors évidemment, si on a une grosse douleur, ça doit alerter. Mais est-ce qu'il y a d'autres petits signes un peu fins comme ça où on peut se dire « Ah, je ne dois pas être si bien que ça en fait » .
- Speaker #0
C'est surtout l'inconfort. Parce qu'on peut avoir, par exemple, rien que de se repositionner. Ça, c'est des petits signes. Par exemple, je me rends compte que je passe ma sortie à reculer sur ma selle. je suis obligée de me remonter. Là, c'est que clairement, il y a un problème. Parce que c'est que je glisse, c'est que je ravance. Ou bien, je passe toute ma sortie, les mains sur le cintre, donc sur le plat. Je prends un vélo de route, par exemple. Et je ne peux pas aller mettre mes mains en cocotte parce que je ne suis pas confort. Ou quand je les mets, honnêtement, je reste 3-4 minutes, mais je ne suis pas bien. Ça, alors peut-être que je n'ai pas de douleur. Mais en fait, ou bien, j'en ai aussi des patients comme ça où ils ont les mains et ils mettent les doigts sur le bout du cintre. Après, il faut faire l'analyse, mais ils sont souvent très loin du cintre. Donc, ils n'ont pas le confort pour aller poser ses bains sur le cintre et encore moins en cocotte. Donc déjà, quand je dois remonter sur ma selle tout le temps, que je ne peux pas vraiment aller chercher mes cocottes, déjà, ça, c'est des signes que concrètement, c'est dommage parce que je ne suis pas confortable. Oui,
- Speaker #1
c'est déjà des bons indicateurs, effectivement. Et est-ce qu'il y a un peu des... tu as aussi des techniques pour choisir le bon professionnel parce que j'ai un peu eu l'impression que ces dernières années, alors c'est bien, ça s'est développé, mais du coup, il y a un peu des gens qui improvisent le truc, qui disent je fais du bike fitting alors que pas vraiment, ils font vaguement une petite étude mais évidemment, il y a plein d'autres professionnels qui pour le coup font super bien les choses et c'est une vraie étude bien longue, on prend le temps et ils prennent des cotes, etc.
- Speaker #0
En fait, pour moi, il y a deux approches qui pour moi, ce qui compte en fait, c'est pas tant le côté technologique de la chose, parce que c'est aussi marketing de se dire j'ai telle et telle machine, sans spécialement critiquer si on en a ou si on n'en a pas. L'important pour moi déjà, c'est qu'il y ait un bilan, un vrai bilan complet sur le patient, enfin client selon comment on se positionne, mais sur la personne. Un vrai bilan, ça veut dire un interrogatoire qui est long, qu'on comprenne sa problématique, qu'on comprenne comment il roule, quelles sont ses habitudes, quelles sont ses douleurs. Donc ça déjà, c'est hyper important, rien que l'échange. Et ensuite, des tests, des tests de force, des tests d'extensibilité. Est-ce que la personne va être très raide de la chaîne postérieure, donc des ischios ? Et donc, potentiellement, je ne vais pas pouvoir la placer. Si j'ai un triathlète qui veut être en position aéro alors qu'il a une chaîne postérieure très raide, il ne tolérera jamais cette position. Donc, tout ça, c'est des paramètres qui sont importants. Quelle force musculaire j'ai aussi au niveau du dos ? Enfin, il y a plein de paramètres qui sont importants. Et après, le reste, la manière de faire les réglages, déjà, si ce bilan est fait. Donc si déjà... tomber sur un professionnel qui propose un vrai bilan. Et quelle que soit la nature du professionnel, que ce soit un vendeur de cycles, un kiné, autre chose, peu importe en fait. L'important, c'est la personne qu'elle est passionnée, quelle que soit sa formation de base, peu importe. Mais déjà, qu'on passe par un vrai bilan biomécanique et qu'ensuite, on aille vers les réglages. Alors là, bien sûr, les mesures, il y a plein de mesures qui vont être faites. Et dans l'idée, déjà, si la personne fait le bilan, elle n'adaptera pas spécialement à la lettre des mesures de logiciel. Parce qu'il y a des byfitting où il n'y a pas de bilan. Il y a le logiciel qui dit, il faut qu'il y ait tant de millimètres entre la selle et le guidon, tant de millimètres entre la selle et le pédale. Alors, des fois, on arrive à trouver un confort. Mais c'est vrai que quitte à faire ça et quitte à investir, c'est quand même bien de pouvoir passer par un vrai bilan pour que la position soit au mieux adaptée à la personne. Et après, on peut utiliser... Alors, s'il y a bilan plus... plein de technologies qui vont aider à être encore plus précises dans les mesures, c'est génial. Mais voilà, moi je préférerais un vrai bilan et limite juste un goniomètre, un petit outil en plastique pour mesurer un angle. Là, je caricature. De la mesure à la main, mais avec un très bon bilan et de la réflexion derrière, plutôt que de la technologie et pas de bilan avant. Et s'il y a les deux, on est d'accord que c'est chouette. Pour moi, c'est ça un peu le facteur. Le facteur, quelqu'un qui réfléchisse derrière la mesure et qui fasse un vrai bilan.
- Speaker #1
Du coup, ça veut dire qu'il y a une vraie personnalisation, parce qu'effectivement, si c'est juste suivre des côtes toutes prêtes, c'est un peu dommage d'avoir été faire cette démarche pour avoir un vélo vraiment à sa taille et de ne pas finir. Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement comment ça se déroule, une séance de bike fitting ? Déjà le bilan, j'imagine, où là c'est en dehors du vélo, mais après comment ça se déroule un peu étape à étape ?
- Speaker #0
Alors déjà, on a tous un peu, moi je vais parler de ma méthode, je ne dis pas que c'est la méthode, chacun a sa manière de faire, moi juste je présente la mienne. Donc moi ce que je fais, c'est qu'on fait un premier bilan. Moi je travaille en collaboration avec un collègue qui a le magasin et qui a du coup aussi de quoi faire tous les réglages, etc. Donc moi je suis plutôt sur la partie bilan. Donc moi j'effectue le bilan. donc tout ce que je viens d'expliquer. Ensuite on effectue les réglages donc ça va être mesures de côtes, mesures d'ischions, la fameuse largeur d'ischions pour déterminer la selle, la largeur de selle en tout cas. Ensuite on va commencer par régler les cales parce que comme je disais tout à l'heure souvent c'est, je ne sais pas, je les ai fixés sous ma chaussure, mais je n'en sais pas plus. Donc déjà fixer les cales, et puis après on va regarder déjà comment est le cycliste sur son vélo. Avant tout déjà, on regarde comment il est sur son vélo, mais avant de commencer les modifications. On va regarder un petit peu quel angle au genou il a de base, comment est placé son bassin sur le vélo, est-ce qu'on a un bassin très instable, comment il se tient lui sur son vélo, est-ce qu'il est bras tendu, enfin il y a plein de choses. Après on fait nos réglages, On fait pédaler le cycliste et puis surtout, on adapte en fonction aussi du ressenti. Donc, on va mesurer les angles, etc. Parce qu'il y a quand même des fourchettes d'angles qui ont été étudiées pour être bien au niveau biomécanique. Mais aussi, il faut s'adapter à la personne. Un patient qui est... Enfin, je dis patient, c'est automatique, mais... Un patient qui va être très haut, par exemple, et qui va avoir l'habitude d'avoir un genou très tendu. Peut-être que moi, pour avoir mon angle au genou que je considère bien, il va falloir descendre. énormément, sauf que selon la personne, je ne vais pas pouvoir le descendre de 2 cm d'un coup alors qu'il s'adapte. Et ça, ça dépend de chacun. Il y en a qui vont avoir une capacité à s'adapter à des gros changements de réglages, d'autres, beaucoup moins. Donc ça, c'est pareil. C'est là que c'est important de s'adapter aux personnes. Dans le bilan, ça, on va le comprendre. Si la personne, dès qu'on lui change 3 cm, elle est perdue ou pas.
- Speaker #1
Excuse-moi, oui. Oui, j'allais juste dire, ça veut dire que parfois, tu revois les gens, tu vois, à échéance régulière parce qu'en fait, tu fais des petites modifs au fur et à mesure.
- Speaker #0
Quand il y a vraiment des grosses modifs, quand il faut descendre une selle vraiment de plus de 2 cm par exemple, alors il y en a qui tolèrent, mais honnêtement, j'avoue que des gros changements comme ça, j'essaie de ne pas les faire trop d'un coup, qui rentrent au moins dans des angles qui soient corrects. Mais même si on a de la marge, je n'irais pas chercher trop bas non plus, parce qu'il faut le temps qu'ils s'adaptent. Donc voilà, là je me suis un peu éloignée de la question.
- Speaker #1
Oui, c'est moi qui ai fait une vie.
- Speaker #0
Donc, concrètement, on fait nos réglages. Ensuite, on voit avec le patient, on le fait rerouler, comment il se sent, etc. Alors, bien sûr, il faudra qu'il roule au moins une dizaine d'heures pour faire un vrai retour après. Mais déjà, il a quand même des premières sensations. Voilà, on vérifie nos angles, si on est dans des bons angles, etc. Et moi, alors ça, du coup, c'est une autre façon de fonctionner. Moi, par rapport au bilan que j'ai fait en amont, j'envoie un compte-rendu. plus vraiment avoir avec le positionnement en question. Mais par rapport à ce que je vais avoir vu, les déficits, les raideurs, etc., moi, j'envoie un compte-rendu pour faire déjà le point et je donne des exos clés. Après, ça donne des pistes de travail. Pour que la personne, en fonction des déficits qu'on a vus pendant le bilan, elle puisse, de son côté, travailler sur ces points-là. Et après, s'il y a d'autres problématiques avec des douleurs plus importantes, etc., je propose aussi des suivis. pour aller plus loin. Mais en tout cas, si on ne sort pas du bike fitting, à partir du moment où ils demandent un bike fitting, ils repartent avec quelques exos clés en fonction de leurs problématiques.
- Speaker #1
C'est intéressant. Et c'est quel type d'exos ? Est-ce que c'est par exemple du travail sur la cadence de pédalage ou est-ce que c'est même des exos plus type kiné justement ? Oui, plus type kiné. Parce que tu as noté qu'il y avait une douleur à tel endroit. Oui.
- Speaker #0
Après, ça va être du conseil. Par exemple, la cadence, ça va être du conseil de quelqu'un qui a une très faible cadence, qui a des douleurs au genou. Ça fait partie intégrante de lui dire, essaie d'aller chercher une cadence plus élevée parce que tu mettras moins de contraintes au niveau musculo-tendineux. Donc, c'est important. Mais ça, ça va être du conseil. Tout ça, c'est un échange qu'on a dans le bilan. Donc, ça, c'est vraiment ce moment-là qui est important. Et après, les exercices, c'est plutôt des exercices kinés. C'est-à-dire, si un patient qui a une instabilité vraiment importante du genou et qui a des douleurs au genou, je vais lui donner quelques exercices. en lien avec ça. S'il y a une grosse, grosse raideur de chaîne postérieure, je vais donner des exercices pour ça. Voilà, ce ne sont plus des exercices qui n'est que je leur donne.
- Speaker #1
Donc, ils repartent quand même avec un petit package.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ils ont le vélo réglé et des conseils en tout cas.
- Speaker #0
Des conseils et des actes de travail.
- Speaker #1
Ouais c'est quand même sympa Et les différents points que tu analyses pendant la séance ? Tu as évidemment la position de la cale. Ensuite, tu remontes toute la chaîne. Le genou, l'angle de la hanche, le dos.
- Speaker #0
En fait, le gros point central, on règle la cale parce que la cale, c'est ce qui va déterminer beaucoup de choses. Si je regarde l'avancée de mon genou par rapport à mon pied, mais que mon pied n'est pas bien positionné sur la pédale, déjà, je pars sur quelque chose qui est faussé. Je regarde mes cales, si elles sont bien placées, etc. Et après, le point central, c'est la selle. J'ai été formée par nos collègues canadiens, et ils disent toujours la bonne selle au bon endroit. Et c'est vrai que c'est déjà rien que ça. Rien que la position de la selle, souvent ça change. Des fois, on n'a même pas à toucher au poste de pilotage. En plus, maintenant, on se retrouve avec des cintres toutes intégrées où on a pu modifier de longueur de potence. Tout ça devient plus compliqué pour faire des modifications. Tout ça, c'est un coût aussi, modifier de longueur de potence, etc. Déjà, arriver à bien positionner la selle, c'est vrai que ça règle déjà pas mal de choses. Après, on s'occupe du poste de pilotage. Quand vraiment, il y a des potences trop longues, il y a des cintres avec des reachs trop longs, c'est-à-dire les cocottes qui vont beaucoup trop loin. Des largeurs aussi qui ne sont pas adaptées aux largeurs des pôles. Évidemment, tout ça, il faut l'adapter. Mais déjà, la selle, c'est un point qui est vraiment important.
- Speaker #1
Et la selle, comment est-ce que tu fais ? Est-ce que tu en as différentes que tu vas pouvoir faire essayer à la personne ? Parce que du coup, elle arrive avec son vélo et sa selle. Donc potentiellement, une femme, elle arrive avec son vélo et sa selle, toute pas large. Tu gères ça comment ?
- Speaker #0
Du coup, au magasin, avec mon collègue qui tient le magasin et qui s'occupe du réglage après mon bilan, il a un panel de selle. qu'il va pouvoir faire tester pour voir aussi un petit peu, une fois qu'on a changé comment se... parce que le patient, il se ressent mais il ne se voit pas. Donc, nous, qu'on puisse voir aussi un petit peu comment est le bassin sur la selle, s'il est équilibré, etc. Et puis avoir son retour du confort. Et ensuite, il peut partir avec sa selle, il roule un petit peu, puis il revient. Voilà, donc le but c'est de pouvoir tester parce que c'est sûr que c'est pas évident. Alors, le rêve serait d'avoir toutes les selles possibles. Bien sûr, on n'a qu'un échantillon. Et donc, on peut... Voilà. Mais ça permet déjà de tester quelques modèles.
- Speaker #1
Oui, c'est déjà un bon début. Et qu'est-ce que tu vas regarder sur une selle ? Bien sûr, il y a la largeur dont tu parlais. Mais après, disons, si deux personnes ont la même largeur entre les deux ischions, quel autre paramètre il est important de regarder et conviendra peut-être à quelqu'un et pas à la personne de l'à côté ?
- Speaker #0
Ça, c'est assez franche fin. Honnêtement, c'est beaucoup l'essai qui est important. Parce que déjà, qu'elle soit de la bonne largeur, alors c'est pareil, il va y avoir des détails, il va y avoir des points précis où on peut un peu déroger. Quelqu'un qui est sur un vélo très engagé vers l'avant, le bassin s'avance et donc on n'est plus spécialement sur les ischions. Donc, on peut se permettre éventuellement d'avoir une selle, mais ça, c'est vraiment des cas. On peut se permettre d'avoir une selle moins large, mais ce sont des cas à part. Mais après, entre la selle évidée, la selle un petit peu creuse, celle qui est totalement plate, celle qui va être un peu plus large. un peu plus large vers l'avant ou qui va de suite venir vers le bec, ça va dépendre beaucoup de la morphologie de la personne. Et c'est vrai qu'il faut essayer. Clairement, je pense qu'il faut partir sur la bonne largeur. Ça, c'est déjà notre point de départ. Et après, c'est beaucoup quand même l'essai qui va... Parce qu'une fois déjà qu'elle est au bon endroit et qu'on a la bonne largeur, ensuite, on va tester quelques selles. Mais des fois, par exemple, il y a des douleurs de périnée, on va dire une fois absolument, une selle est vidée. diminuer les pressions sur mon périnée, mais le problème de base, il ne venait pas de là. Il venait qu'en fait la selle n'était pas au bon endroit. Ensuite, on met la bonne selle, mais déjà si les pressions sont mieux réparties par le positionnement de la selle en lui-même, déjà on arrive des fois à limiter, à réduire ou à supprimer nos douleurs de périnée. Donc la selle, c'est vrai que le mieux, c'est qu'elle soit à la bonne taille, mais après il faut les essayer.
- Speaker #1
Ça reste vraiment compliqué de... Enfin, on ne peut pas choisir sur catalogue.
- Speaker #0
c'est difficile en théorie de dire toi il te faut 7 selles honnêtement j'aimerais avoir ce talent ce pouvoir,
- Speaker #1
je dirais même que c'est un pouvoir plus qu'un talent pour le coup mais non je ne l'ai pas c'est pour ça que c'est toujours marrant de voir tout le monde qui se recommande des selles moi j'ai une selle pour le coup moi j'ai un vélo femme tu vois le livre et quand je l'ai eu ça m'a changé la vie alors qu'avant C'était quand même... La selle était déjà une selle qui était à la bonne largeur ou qui avait été bien placée, etc. Mais évidemment, je n'avais pas pu essayer toutes les selles qui existent. Et là, pour le coup, quand j'ai reçu celle-là... Ça change la vie. Incroyable. Et j'ai quelques amis qui l'ont essayée. Pareil, où ça faisait le même effet, je pense, parce que tendanciellement, on va dire, les filles, elles sont un peu plus adaptées aux femmes.
- Speaker #0
Bien sûr. Il y a quand même des modèles qui sont appréciés. Il y a un moment où on n'est quand même pas... Merci. C'est sûr qu'il y a quand même des modèles qui peuvent être plus appréciés que d'autres.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. On peut quand même essayer de s'échanger des types juste pour essayer.
- Speaker #0
Et s'échanger des selles aussi parce que...
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Oui, alors il faut qu'elles soient bien placées. Mais une fois qu'elles sont bien placées, des fois, ça permet d'en tester d'autres encore. Il faut juste bien la remettre au bon endroit, s'il vous plaît.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Tant que je fais une petite parenthèse, si vous changez de selle pour tester, la hauteur va être différente parce qu'en fonction du rail, on ne change pas de selle comme ça en se mettant la même... Je ne mesure pas mon bec de selle à ma potence en me disant que je remets pareil. Elle ne va pas être de la même longueur. La hauteur par rapport au rail ne va pas être la même. Il faut vraiment remesurer ses côtes précisément après. C'est une petite parenthèse.
- Speaker #1
C'est une très bonne parenthèse. Et tu parlais tout à l'heure un peu des outils technologiques qui sont utilisés. Est-ce que toi, tu utilises des outils en particulier que tu trouves particulièrement utiles ?
- Speaker #0
Alors nous, on est parti avec un logiciel au départ. L'idée, c'était qu'en plus, on est deux sur le projet. Moi, je m'occupe du bilan. Mon collègue s'occupe des réglages. Nous, le logiciel, il nous sert en réalité de... Ça fait une trame. Ça fait un fil conducteur. Mais notre but, vraiment, c'est de pouvoir... Parce que moi, du coup, j'oriente mon collègue en fonction de ce que j'ai vu au bilan. Ensuite, il a son logiciel qui lui donne une trame, mais le but, c'est de s'adapter. Donc, ça n'empêche pas des mesures d'angle au genou. Ça n'empêche pas de s'adapter. Tout ce que j'ai dit tout à l'heure, si la personne est vraiment trop haute, je ne vais pas obligatoirement aller à la mesure que le logiciel me donne. Je vais vérifier que mon angle est bon. Je vais surtout m'intéresser au confort du patient aussi, surtout même sur son ressenti. Donc, le logiciel, on l'a. On l'utilise, mais j'avoue que notre but, c'est vraiment de s'adapter au mieux à la personne. Donc, je pense que c'est important. Ça nous donne des valeurs, ça nous donne des données, ça nous donne des informations qu'on prend en compte, mais on essaie de les adapter au mieux à la personne en fonction de sa problématique.
- Speaker #1
Vous l'utilisez, c'est une assistance, en fait. Voilà,
- Speaker #0
concrètement. Et en plus, comme on travaille à deux... et qu'on n'est pas en même temps, c'est bien qu'on ait comme ça cette petite trame. Mais c'est vrai que notre but, c'est quand même de s'adapter au mieux à la personne.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. C'est tout l'enjeu en plus du bikefitting. Est-ce que tu vois des points dont on n'aurait pas parlé, qui sont super importants, auxquels il faut penser pour être bien sur son vélo ou dans ta pratique de bikefitteuse, des choses que tu remarques ? Je parle de bikefitteuse d'ailleurs.
- Speaker #0
Je ne sais pas, mais on l'aura inventé si ça ne se dit pas.
- Speaker #1
Pour ça, non. Voilà.
- Speaker #0
Je pense déjà qu'il y a deux points. Il y a deux points. Le premier principal, c'est de se dire, et là, je recite mes amis canadiens, avoir mal, ce n'est pas normal. Ce n'est pas parce que ton collègue t'a dit « De toute façon, avoir mal aux fesses en vélo, c'est normal. » Non, en fait, non, ce n'est pas normal. Ou tout le monde te dit « Oui, c'est normal, tu fais du vélo, tu as mal aux fesses. » Non, ce n'est pas normal. Donc déjà, garder en tête qu'avoir mal, ce n'est pas normal et pas se dire « c'est comme ça » . Donc ça, c'est quand même un des points très importants. Et le deuxième, c'est de différencier les deux types de douleurs. Il y a la douleur que j'ai sur le vélo et quand je descends du vélo, c'est fini. Et là, purement, on a quand même un gros enjeu bike fitting pur où potentiellement, ça n'ira pas plus loin. C'est-à-dire que je me repositionne sur le vélo et puis ça va. Et il y a des douleurs où je descends du vélo et là, le lendemain, je descends les escaliers un peu difficilement. Mes douleurs, elles durent dans les heures à venir. Et là, dans ce cas, le bike fitting, c'est notre base. Elle est pour moi, elle est fondamentale parce que si je commence une prise en charge sur un patient qui n'est pas bien placé, on en parlait au début, ça me met de gros bâtons dans les roues. Parce que si moi, je fais un travail sur tout ce qui est musculo-tendineux, articulaire, etc. Donc, c'est déjà une bonne partie. Mais si après, au niveau biomécanique, il est vraiment mal placé et qu'il répète ça pendant des heures et des heures, ça va être compliqué. Donc pour moi, le bike fitting, c'est la base. Et après, si c'est des douleurs comme ça qui persistent et qu'il y a certainement des déficits, des déséquilibres, que ce soit musculaires, des raideurs articulaires. Et là, c'est intéressant d'aller un peu plus loin et d'avoir un suivi qui soit personnalisé pour ça, pour travailler ces déficits, pour travailler ces raideurs et pour travailler la cause, l'autre cause de la douleur.
- Speaker #1
Oui, ça va vraiment bien ensemble pour le coup. C'est sûr que si tu construis un truc d'un côté, tu le détruis de l'autre. Après, du coup, c'est intéressant d'avoir un profil comme le tien où tu es kiné et donc tu peux vraiment prendre en charge la personne dans sa globalité.
- Speaker #0
C'est ça qui est intéressant. Après, c'est sûr que du coup, je n'ai pas toujours besoin. Mais quand il y a besoin, ça permet vraiment d'avoir... Et c'est ça aussi dans ma pratique, quand j'ai voulu commencer avec Cyclo-Physio, tout ça, à suivre les cyclistes. Alors bien sûr, je suis du coup des cyclistes à distance, donc ça peut être des gens qui ne sont pas de chez moi, donc ce n'est pas moi qui ferai le bike fitting. Mais déjà, de pouvoir le proposer pour les gens qui sont du coin, c'était fondamental parce que si je leur dis d'aller faire un bike fitting, alors quand ils ne sont pas de chez moi, il va falloir qu'ils trouvent ailleurs, mais aller faire un bike fitting d'abord et après, on continue la prise en charge. Mais là, au moins, j'ai de quoi proposer et pouvoir prendre vraiment en charge à 100%. Donc, c'est vrai que ça, c'est intéressant.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et pour terminer, si tu devais donner un dernier petit conseil aux cyclistes qui nous écoutent pour être mieux sur leur vélo ?
- Speaker #0
Alors, je pense que les conseils des copains, alors, ils peuvent être très bons selon comment est formé le copain, mais quand je dis le conseil des copains, c'est discussion de comptoir. Oh, ben, remonte un peu où j'ai vu ce tiage. C'est toujours un peu bancal. Je pense que... La précision du réglage, quand même, elle passe quand même par se tourner vers un professionnel et garder en tête que ce n'est pas normal d'avoir mal.
- Speaker #1
Oui, tellement important.
- Speaker #0
Vraiment, oui.
- Speaker #1
Et effectivement, le truc des conseils de copains, en fait, tu peux aussi te taper du coup des années de galère à essayer de faire des petits ajustements à bricoler, en gros, par-ci, par-là, alors que si tu veux avoir un pro, ça va être réglé en vraiment un peu.
- Speaker #0
Le copain te conseille d'aller voir un pro, là, tu peux l'écouter.
- Speaker #1
ça c'est un bon conseil merci beaucoup Pauline c'était super intéressant je me traite bien vers ton compte Insta c'est toujours chouette ce que tu postes ça fait des conseils, des rappels donc c'est intéressant et puis je mettrai le lien si certaines personnes de ta région veulent faire un bike fitting elles pourront le faire avec toi sinon il faudra trouver quelqu'un d'autre mais en tout cas c'est bien utile merci à toi en tout cas et
- Speaker #0
à bientôt
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si cela vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner au podcast et à mettre une bonne note sur les plateformes, cela nous aide. A bientôt !