- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Ariane Willem, traileuse élite suisse qui s'est illustrée ces dernières années sur de superbes courses, avec notamment une deuxième place sur la TDS en 2024 et une victoire sur le Swiss Canyon Ultra Trail en 2025. Ensemble, nous allons parler de son parcours, de sa progression, de ses motivations et de son quotidien au sein de l'équipe Compressport. Bienvenue Ariane, est-ce que tu peux te présenter déjà ?
- Speaker #0
Oui, je suis Ariane Willem. Je viens de Suisse, vers Neuchâtel. J'ai grandi dans une famille, on est quatre, donc je suis la plus dernière. Et puis, comme profession, j'ai fait infirmière d'abord et maintenant je bosse dans le préhospitalier, dans des ambulances en Suisse qui équivaut à peu près au Samu français ou au pompier français en mélange. Et puis, à côté de ça, je fais du trait, plutôt de l'ultra-trait maintenant.
- Speaker #1
Et donc, ça fait des choses bien variées et qui prennent quand même pas mal de temps et d'énergie. Et est-ce que tu as toujours été sportive ?
- Speaker #0
Non, oui et non. Dans le sens que j'ai fait beaucoup d'activités quand j'étais jeune, beaucoup de sports différents, mais sans jamais avoir envie de faire du grand niveau. J'ai fait de la danse classique d'abord, après la gym au village, un peu de courantation, mais je n'aimais pas trop courir, j'aimais plutôt lire les cartes, chercher les postes. Et puis un peu de fitness, un peu de crossfit. Je suis passée par plein de sports différents, mais toujours à tout niveau pour le plaisir de voir les copains et pratiquer un peu ma course.
- Speaker #1
C'est marrant ça, du coup, tu n'aimais pas trop courir. Et comment c'est venu alors ?
- Speaker #0
Déjà, je pense que c'est après une tripture, j'ai voulu me prouver que j'arrivais à courir 10 kilomètres sur un coup de tête comme ça. Et j'ai réussi à aller courir, donc c'est chouette. Même si c'était 14, ça me paraissait immense à l'époque. Et puis, en plus de ça, dans la région, mon entraîneur de course de rotation, c'était Marc Ausha, qui a été connu aussi dans le monde du trail il y a quelques années. Et il s'était mis à la course de montagne et au trail. Et c'était très, très bien là-dedans. Il a gagné ses premiers championnats du monde de course de montagne. Et moi, c'était mon coach de l'époque. Et ça m'a inspirée à me dire qu'en fait, en trail, la course à pied, c'est différent. Moi, je n'aimais pas courir. Je n'avais pas trop d'objectifs. Avec la rotation, il y avait les postes à trouver. Donc, ça m'allait bien. Mais c'est vrai qu'une course à pied traditionnelle, je n'aimais pas trop. Et là, en trail, je me suis dit, ça a l'air cool, on voit des paysages, on visite, il y a d'autres facteurs à gérer, je vais essayer. Et c'est comme ça que j'ai commencé.
- Speaker #1
C'est rigolo. Et est-ce que tu étais directement attirée par les longues distances ou c'est venu vraiment au fur et à mesure ?
- Speaker #0
Alors, ça me paraissait long, 20 kilomètres, ça me paraissait long à l'époque. Donc, mon échelle de longue distance a beaucoup changé au fur et à mesure des années. où d'abord, un objectif, c'était de finir à 20 kilomètres. Après, ça a été 30, 40. Et ça a progressé vraiment petit à petit, finalement, sous les années.
- Speaker #1
C'est sûr que ton cours, maintenant, doit être très différent du cours de la plupart des gens.
- Speaker #0
Je t'en perds la notion d'échelle. Vraiment, elle évolue, cette échelle. Comme tu dis, mon cours de maintenant, c'est mon long de l'époque.
- Speaker #1
Et comment est-ce que tu décrirais justement ta progression, tu vois, ces dernières années ?
- Speaker #0
Elle s'est faite assez naturellement. J'ai même moi-même la peine des fois à me rendre compte de l'évolution qu'il y a eu, où vraiment mon objectif au départ c'était de finir une course. Je n'avais aucune envie de résultats, j'étais là pour un peu me prouver que je pouvais faire des choses dans le sport, dans le prix, là qu'il y a eu le bout d'une aventure. Et au fur et à mesure, en fait, j'ai pas l'habitude de faire de sacré-ci, de changer beaucoup de choses, mais ça a pris de l'ampleur, ça a pris de la distance. toujours de nouvelles aventures et finalement la progression s'est faite assez simplement et assez naturellement.
- Speaker #1
C'est extraordinaire quand ça se passe comme ça. Et il y a eu un moment vraiment charnière où tu as vu que tu avais quand même des qualités certaines et que tu pouvais faire autre chose que juste finir une course et avoir plus d'objectifs, etc. Tu l'as réalisé assez tôt ou pas ?
- Speaker #0
Je crois que je ne réalise jamais trop mais c'est un peu le syndrome de la post-heure et du manque de confiance. Mais je dirais peut-être, après il y avait le Covid, donc ça a changé un peu la donne, mais 2020, j'ai été sélectionnée pour les finales des Golden Trail, mais ça avait été simplifié des sélections, donc j'arrivais quand même toujours à me dire que j'étais un peu là par hasard quand même, et j'avais eu la chance d'avoir ce ticket, mais où ça prenait un peu plus d'ampleur, parce qu'on connaît les Golden, c'est quand même un circuit important, et puis ça a donné un peu d'élan à ma pratique et aux années qu'on suivait aussi.
- Speaker #1
C'est incroyable, quand on a ce syndrome de l'imposteur, au final, on trouve toujours une bonne raison d'avoir l'impression que c'est le hasard, alors qu'en vrai, si t'es sélectionné à ce genre de niveau, c'est pas le hasard. Et qu'est-ce qui t'anime profondément dans le trail ?
- Speaker #0
Tellement de choses. En vrai, je pense qu'au fond de moi, à la base, j'allais chercher de voir jusqu'où je pouvais aller dans certaines aventures, de me dépasser, de me dire oui, t'es capable et de me prouver finalement que ce manque de confiance ne m'empêchait pas de réaliser des choses. Et puis après, il y a aussi tout le côté nature. J'adore être dehors, j'aime beaucoup la montagne, on peut viser les coins, on en voit beaucoup plus qu'en marchant, donc c'est super chouette. Les animaux. J'aime regarder des animaux, je vais m'arrêter, mais à chaque chat-mois, même si j'en ai déjà vu des centaines, je vais quand même m'arrêter et les regarder. Après, il y a tout l'aspect de gestion du trail, où on doit gérer la montée, la descente, les allures, la nutrition, où ça ajoute tous des facteurs influençants. Vraiment, le combo de tout ça, c'est que ça me fait vibrer.
- Speaker #1
C'est très complet, c'est l'avantage. On va revenir sur certaines de tes performances marquantes. En 2024, tu as signé une superbe deuxième place sur la TDS. Est-ce que tu peux nous raconter un peu déjà la course et qu'est-ce qui a fait la différence selon toi ce jour-là ?
- Speaker #0
Alors, pour expliquer la différence, je pense qu'il faut le contexte qui n'était pas du tout adéquat et idéal à la performance. Dans le sens qu'en juillet 2024, début juillet, sur le prix Le Verdi, j'ai déclaré une pericardie, donc une inflammation du cœur, du pericard du cœur. qui a mis quelque temps au diagnostic parce qu'il fallait accarter d'autres problématiques cardiaques d'abord. Donc en fait, j'ai dû couper ma pratique sportive pendant trois semaines à 100%, où j'avais le droit à aucun effort chimique, de jamais monter mes pulls, ce n'est pas de renforcement ou quoi que ce soit. Et j'avais la TDS en ligne de mire six semaines après, donc c'était un peu compliqué. On a coupé, on n'avait pas le choix, c'est le cœur, c'est important. Et puis, je me rappelle que j'avais prévu la reconnaissance de la TDS. Le lendemain de mon contrôle cardiaque, ou le jour même, je crois que je voyais le cardiologue et je partais derrière s'il m'autorisait à reprendre le sport. Et puis j'ai eu l'autorisation, trois semaines avant la course, trois semaines ou un mois, je ne sais plus exactement, de recommencer à courir gentiment. J'étais toujours sous traitement et puis moi j'ai commencé à reprendre, mais vraiment en endurance de base, en mode balade. L'objectif avait changé, je ne visais plus la performance, je visais d'aller au bout de l'aventure. c'était déjà une aventure que je n'avais jamais fait aussi longue. Mais c'est vrai qu'au début, j'avais une idée de performance. Et là, j'y allais vraiment en mode, j'ai de la chance d'être là. Ce n'était pas gagné. Ça aurait pu être d'autres pathologies cardiaques qui m'auraient empêché de courir pendant plusieurs mois. Et puis, j'ai fait ma prépa incroyable en montagne. J'ai savouré toutes ces horquilles, vraiment en mode balade, tranquille, reprise. Et je suis arrivée à la course vraiment avec l'envie d'être là. Mais je savais que ça allait être difficile. Et ça a été le cas. j'avais dû couper le traitement pour la course parce que c'est de l'anti-inflammatoire, donc qui est interdit. Je savais que j'aurais des douleurs de temps en temps cardiaques qui pouvaient arriver et que c'était normal. Et en plus de ça, il y avait tous les autres paramètres d'un ultra-géride. Donc ça a été une belle aventure compliquée. J'ai des problèmes de digestion, ce qui m'arrive rarement. C'était l'ancienne boisson NAC, et puis je suis intolérante à la protéine de soja, qui s'est accumulée à quelques douleurs cardiaques. qui s'est accumulée à des pics d'hyperglycémie et d'hypoglycémie parce que je buvais du coca et que j'ai pas l'habitude. Donc il y a eu plein de facteurs qui ont fait que ça a été une course vraiment difficile au niveau sportif. Mais par contre, au niveau mental, c'était génial parce que je rêvais d'être là, j'avais conscience de la chance que j'avais de pouvoir participer à cette PDS. J'avais une équipe de supporters incroyables. J'ai des copines qui sont venues, il y avait ma maman, il y avait une équipe qu'on présporte. Donc tout ça, ça m'a portée. Il y avait mon entraîneur au Ticadela avec sa femme et ça m'a porté du début à la fin. Et en fait, malgré que ça a été un enchaînement de galères, ça reste un souvenir incroyable. Le mental était là, la tête avait en vue, le cœur avait en vue. Et puis j'ai pu aller jusqu'au bout et de manière plutôt correcte.
- Speaker #1
Plus que correcte, ouais ! C'est incroyable de se dire que c'est sûr que tu partais pas très avantagé, on va dire. et que cette envie, en fait, ça t'a porté jusqu'au bout et ça t'a permis de faire ce résultat. Je trouve ça fou de se dire tout ce que le côté mental peut faire. Évidemment, ton entraînement avant, mais quand même.
- Speaker #0
Oui, non, là, il y a eu le mental.
- Speaker #1
Oui, c'est d'un goût. Et en 2025, tu as remporté le Swiss Canyon Ultra Trail. Est-ce que là aussi, tu peux nous raconter, savoir ce qui t'a marqué et comment tu as vécu la course ?
- Speaker #0
Avec plaisir, à savoir. c'est une course qui a lieu tout près de chez moi, à une demi-heure de route et sur un secteur où je travaille en particulier. Et du coup, c'est vrai que c'est des terrains connus. Moi, j'aime bien aller courir où je ne connais pas pour découvrir des paysages, découvrir des environnements et des régions. Et là, c'est en terrain connu. Donc, ça change un peu la donne sur le mental pour s'accrocher aux paysages et tout parce que c'est la maison. Tout le côté où les supporters, ils pouvaient y avoir de la famille, des affaires, ça c'était chouette. Et je savais que ça allait m'aider dans cette journée. Je partais pas confiante à 100%. Il y avait vraiment de la bonne concurrence, du gros niveau. Mais j'avais super envie parce que je savais que Reno, tous ses proches, c'était petite. Et puis après, la météo, elle a été assez catastrophique. Donc pendant la nuit, ceux qui faisaient le 160, ils ont pris les orages, le déluge, la boue. Et nous, on partait le matin et moi, j'étais confiante. J'ai regardé le radar de pluie jusqu'à... Jusqu'à vers 7h. Je crois qu'on était censés être tranquilles. Deux, trois heures de pluie, puis ça se calme. Donc moi, je racontais ça sur les premiers kits de course aux autres coureurs. Je disais, non, non, mais tranquille, ça va se calmer. Il va arrêter de pleuvoir. Et en fait, on s'est pris des seils d'eau du début à la fin. Ça a été un enfer. Vraiment, il a plu, mais... Non-stop, toute la course quasiment, je pense. Il n'y a pas eu une heure sans plus. Et du coup, moi, j'ai raconté mes petits bobards au début de la course, toutes persuadées de faire confiance à la météo. Et ça a été tout l'inverse. On a vécu une course où on a couru dans la boue, mais des kilomètres et des kilomètres. Et physiquement, c'était hyper engageant. Il fallait stabiliser tout le temps. Il fallait se retenir. Il y avait des pentes où chacun cherchait un chemin le moins glissant possible. Et tout le monde tombait l'un à côté de l'autre. Non, mais c'était... C'est une aventure en soi, rien que pour ça. Et pourtant, je l'ai vécu super bien. J'ai fait une gestion quasi parfaite de ma course en termes d'allure. Je m'étais économisée pour toutes les relances. Alors, les relances, on ne pouvait pas les faire. Il y avait trop de boue, ça n'avançait pas. Mais du coup, comme j'avais été dans l'économie, j'ai pu passer des passages de boue assez correctement, et sans trop m'entamer. Et puis, d'aller jusqu'au bout avec des proches, des collègues qui m'ont fait la surprise d'être sur le parcours aussi. mes frères et sœurs qui sont venus aussi, je n'étais pas au courant que vous alliez pouvoir être là. Donc, oui, c'était fantastique. C'était une belle course.
- Speaker #1
Incroyable. Au moins, tu es partie optimiste avec tes prévisions météo.
- Speaker #0
Ah, mais totalement. Moi, j'étais en mode, non, ça va aller. Ça va se calmer et tout. Et en fait, le moment où moi, je pensais que ça allait se calmer, c'était le pire, je crois.
- Speaker #1
Et est-ce que, en fait, je me rends compte qu'on n'a pas présenté, tu vois, les deux courses, dire la TDS ou Swiss Canyon Ultra Trail et que les auditrices... ne sauront pas forcément en fait quelle course c'est. Tu peux nous rappeler à peu près les kilomètres dénivelés pour qu'on se rende compte ? Enfin, moi, je me rends compte.
- Speaker #0
Alors, la TDS de Courmayeur à Chamonix était à peu près 155 kilos. Et nous, notre année, on avait une 5500 denies, je crois. Et puis, le Swiss Canyon Prix, moi, j'avais au GPS 118, je crois, kilomètres avec 5500 mètres de dénive, je crois.
- Speaker #1
Ah oui. Voilà, c'est costaud. Tout ça dans la boue.
- Speaker #0
Tout ça dans la boue. Sous la pluie.
- Speaker #1
Et si tu devais citer ton plus beau souvenir en trail jusque-là ? Parce que tu as encore plein à venir, mais ce serait lequel ?
- Speaker #0
C'est toujours difficile à choisir des beaux souvenirs. Parce qu'il y en a vraiment beaucoup.
- Speaker #1
Après, si tu en as plus qu'un à raconter, tu peux.
- Speaker #0
Ouais. Je dirais qu'il y a deux choses différentes. Mais tu es souvent dans l'émotion. que je vais être marquée. Il y a le Montreux-Trile, qui était mon premier long, qui était un 100-10-Kill avec 9,5, à peu près, je crois. Et j'y étais partie vraiment en mode, j'ai rien à perdre, on essaye. C'était pas forcément prévu que je le coure. Et ça s'est décidé trois semaines avant. Si je faisais le 70 ou le 110, on s'est dit, bon, beau sur le 110, on essaye et on verra bien. Et là, de nouveau, j'avais eu des amis devant du parcours. On a eu une météo incroyable cette fois-ci. Ça s'était vraiment plus facile. des paysages, des levées de soleil sur les crêtes de montagne. Et vraiment, là, il y a eu beaucoup d'émotions, beaucoup de partages. Et du coup, j'en garde un souvenir vraiment fabuleux. Et sinon, côté performance, je dirais qu'il marque aussi, c'était à Madère, la Mute, où j'ai fait la 85 l'année passée. Et je n'étais vraiment pas dans des conditions optimales de course. Les semaines précédentes, j'étais malade, j'ai fait des blessures, tombé sur le dos, en tour de chimie, j'ai un recul mûré. Dans la relation où j'étais, c'était très compliqué. Pendant le voyage, il y a eu beaucoup de tensions. Et vraiment, avant la course, je n'avais plus du tout envie d'y aller. J'étais dans un état mental et physique, pas du tout prête à une performance. Et en fait, là de nouveau, la force du mental, je fais une des meilleures courses de ma vie avec un état de flot quasi tout le long. Et oui, je vais la gagner avec un chrono qui est super correct. Et je crois que des temps où j'ai rarement été... si bien, si rapide, avec un ressenti de facilité mais incroyable.
- Speaker #1
Ça doit être fou quand ça se passe comme ça. En plus, c'est long. Donc d'avoir un état de flow super long comme ça, ça doit être dingue.
- Speaker #0
Oui, et c'est là qu'on se dit que c'est... peu gérable. Moi, j'ai l'impression que c'est pas très visable, parce que finalement, j'avais aucune condition réunie, et je me retrouve dedans sur les trois quarts de ma course, peut-être. Et il y a d'autres courses où on est prêt, où on a fait une préparation de petits oignons, et ça se passe pas du tout comme ça.
- Speaker #1
Donc à quoi ça tient ?
- Speaker #0
Vraiment.
- Speaker #1
Et justement, on va parler de plus de ton entraînement et ta préparation en général. Est-ce que tu as des plans d'entraînement hyper structurés ? Est-ce que tu laisses aussi parfois un peu plus de place à ton feeling ? Comment tu t'organises ?
- Speaker #0
Alors, j'ai un entraîneur, Philippe-Mondy Benoit, qui vient de Besançon. C'est mon entraîneur depuis toujours, depuis que je me suis mis au trail. Je l'avais pris pour arriver au bout d'un 40 kills, mais sans aucune omission. Il ne s'est pas croit là que c'est fait, mais là. Il n'a pas vu de potentiel tout de suite, mais finalement, on en a trouvé. Et ce que je souhaite avec lui, c'est qu'il s'adapte énormément à mes horaires et à mon quotidien. C'est-à-dire que l'entraînement, il est quand même très, très bien planifié. Il va me faire mes séances, que ce soit d'intervalles, d'endurance, voilà. Je vais lui donner mes dispos. Il va planifier mes séances. Mais par contre, on va se réadapter tout le temps parce que j'ai un métier où je peux finir en retard. Et en fait, si j'ai fait un 7h-19h et que finalement, je fais un 7h21. je ne vais pas forcément faire ma séance après. Et du coup, je vais la faire sauter et on va réadapter sur la suite de la semaine. Donc j'ai une structure assez claire, mais avec une grande souplesse déjà au quotidien selon mes imprévus. Et après, je dirais que c'est surtout en hiver où on laisse un peu plus de place au changement de programme, dans le sens que s'il y a de l'année, je vais aller skier potentiellement, faire un peu de ski de pont, un peu de ski de rando. Et que du coup, les séances d'endurance, il va peut-être me mettre course à pied, puis finalement, je vais finir sur les skis de fond. Mais voilà, ça marchera aussi, il est OK avec ça. En été, c'est un peu plus strict, quand même, dans le suivi. Pas plus qu'à peu de pouces.
- Speaker #1
C'est tellement important d'avoir cette flexibilité au final. C'est vrai que ton métier, il est hyper prenant. Et j'imagine que c'est quand même très fatigant. Donc ça ne doit pas être simple d'arriver à tout concilier, en fait.
- Speaker #0
Après, c'est très variable. On a aussi des journées très calmes, mais où je suis bloquée au travail et je ne peux pas aller m'entraîner. Et on a des journées qui sont bien remplies, parfois en retard, parfois pas, mais des gros changements d'horaires aussi, avec les gardes de nuit, qui influencent aussi pas mal sur l'entraînement. Alors, ça me donne plus d'heures pour m'entraîner, mais potentiellement plus de fatigue aussi. Donc, des fois, j'aime moins avoir des séances à risque le lendemain d'une garde, si c'est des intervalles en descente ou en montée, voilà, je vais peut-être pas aller. placés là ou espérer qu'ils me mettent plutôt en endurance et des choses moins engagées. Et puis, voilà, après, on joue là-dessus sur la possibilité, l'adaptation et la variété des entraînements.
- Speaker #1
Oui. Et ça ressemble à quoi justement une semaine ? Ce que tu disais, j'imagine bien que ça dépend beaucoup des saisons, mais tu parles de séances d'endurance, de séances de fractionnés. Comment ça se structure, en fait, un peu tes semaines ?
- Speaker #0
En tout cas, il y en a deux séances d'intensité qui peuvent varier. Souvent, c'est quand même en trial que je les fais. C'est rare que j'aille sur la piste. Après, en hiver, je vais un peu plus sur la piste d'athlétisme avec des copains pour essayer de remettre un peu de tête. Mais c'est vrai que durant la saison, c'est beaucoup des intervalles qui sont dans le terrain qui font allier un autre entraînement qui peut être d'endurance. Quelques jogs aussi. Les séances un peu de récupération avec des jogs de trois quarts d'heure. Certains jours, peut-être où je travaille. Séances longues. En général, à ce congé, il y aura une séance entre 2 et 4 heures de temps. Ça dépend un peu de la saison. Séance de renfort. Là, cet hiver, je m'y attelle vraiment. Et les autres fois, j'allais un peu au fitness. Ils me mettent à des séances de renfort. Mais là, j'ai comme un peu du renforcement en groupe. Pour un peu mettre un accent là-dessus. Et en été, c'est des séances plus light, mais pour entretenir. Voilà, de temps en temps, des petits moments. Voilà, c'est la variété des entraînements. Et après, il y a aussi les jours de congé. Avec mon job, c'est vrai que je prends facilement un jour, voire deux jours de congé complet dans la semaine. Ça peut arriver parfois trois. Donc, ça, j'ai dû aussi apprendre à voir que c'est OK. À l'époque, j'avais plutôt un jour tous les 7 à 10 jours, quand je bossais en horaire de 8 heures. Et là, en horaire de 12 heures, c'est sûr que c'est plus dur de s'entraîner ces jours-là. En fait,
- Speaker #1
c'est de l'adaptation permanente. Et tu disais que tu fais d'autres sports en complément, le renforcement, en hiver le ski de fond, le ski de rando. Est-ce que tu fais d'autres choses aussi ?
- Speaker #0
Un peu de vélo. J'ai quand même bien crocheté sur le vélo de route, même si je n'en fais pas beaucoup d'heures. Pour faire une belle sortie, il faut vite du temps, mais j'ai des copines qui en font, j'ai mon frère qui est ami. Et c'est vrai que c'est toujours chouette de faire des sorties aussi à plusieurs en vélo. Et puis, je crois que c'est un peu tout. Je n'aime pas trop nager. J'ai réussi à faire enlever, au début, une planifère de la natation. Et après, ce que je ne fasse pas, ça a disparu de mon panique. Mais voilà, de temps en temps, un peu d'escalade en hiver, des choses paisibles aussi.
- Speaker #1
C'est déjà bien complet. Et est-ce qu'il y a des piliers pour toi vraiment indispensables pour ton entraînement et ta récupération ?
- Speaker #0
Je ne suis pas une experte pour ça. Parce que rien qu'avec mes gardes de nuit, le sommeil... Un des piliers serait le sommeil, mais c'est dur pour moi de l'optimiser. Ça fait dix ans que je fais des travails irréguliers, donc mon sommeil n'est pas extraordinaire. Mais j'essaye de plus en plus d'avoir au moins 7-8 heures de bonjour. Après l'alimentation, je dirais que là, je suis un peu plus douée. Pour vraiment mettre l'accent sur les collations, c'est moi qui essaie d'ailleurs de manger quand je dormais. Je suis gourmande, je mange beaucoup et je m'attelle vraiment à avoir une alimentation complète qui suffise, qui couvre les besoins et qui donne de l'énergie. Alors, ce n'est vraiment pas trop dur pour moi, mais je trouve que c'est vraiment important. L'apport en protéines aussi. Et là, je dirais que ça fait une grosse part. Et après, j'ai tendance à attendre d'avoir une tension, une douleur, par exemple les étirements, les automassages ou des choses comme ça. Pas la bonne élève.
- Speaker #1
Au moins, une fois que ça arrive, tu sais comment réagir.
- Speaker #0
Exactement. J'ai plein de techniques une fois que c'est là, mais des fois, il faudrait traîner un peu plus. Et voilà.
- Speaker #1
Et tu fais partie du team Compressport. Est-ce que tu peux nous dire, tu vois, quel rôle joue en fait l'équipe dans ton quotidien d'athlète ?
- Speaker #0
Oui, alors je suis très heureuse d'être dans cette équipe. Vraiment, j'ai changé il y a trois ans et je cherchais vraiment une équipe avec un côté humain. Avec vraiment, en plus du soutien de matériel, on a des équipements qui sont vraiment qualitatifs. Moi, je cherchais plus que ça parce qu'il y a plein de marques qui ont des équipements super. Mais il n'y a pas toutes les marques ou toutes les équipes où on s'y retrouve au niveau humain. Et vraiment, la taille de l'équipe, c'est une petite équipe. On est une quinzaine, vingtaines d'athlètes si on prend les triathlètes avec, je dirais, au niveau international. Et on se retrouve une fois par année pour un grand entraînement. On se retrouve sur la semaine du TMB également. Mais en dehors de ça, on a aussi les contacts, on a un groupe, on s'écrit, on est devenus des amis, en fait. Et ça, c'était vraiment important pour moi, d'avoir une équipe où Carla, notre manager, elle est là aussi, elle s'y tient sur les cours, s'il s'intéresse, où on en est, qu'est-ce qu'on vit. Moi, c'était important aussi qu'on comprenne que mon travail était une part importante. C'est vrai que j'ai beaucoup d'activités à côté. Je ne serais pas toute la journée entièrement travaillée et tout ce que je fais. Mais c'est vrai que j'avais besoin...
- Speaker #1
Ça vous semblait déjà pas mal, alors...
- Speaker #0
Je voulais pas faire peur proviste. Mais c'est vrai que c'est important qu'on soutienne ça, dans le sens que tout le monde va pas comprendre qu'en faisant du sport à ce niveau-là, on met pas tout le reste à côté. Et c'est vrai que je suis pompier volontaire, alors que ça prend depuis pas mal d'années, ça prend une part à côté. Je suis dans une équipe d'humanitaires d'urgence, donc j'avais aussi... Quand j'ai rencontré Contresport, je leur ai dit « Mais en fait, c'est pas impossible qu'une année, je parte en mission. » était potentiellement un mois à six semaines sans s'entraîner parce que c'est potentiellement dans un pays où je ne peux pas aller courir. Et d'accepter que je vais revenir moins forte et qu'il va falloir reconstruire et que ça va peut-être changer certaines choses dans le calendrier. Et ça, j'ai trouvé qu'on présente fort des humains en face de moi qui me considéraient comme humaine à part entière, pas que sportive. Et voilà, je ne peux pas être mieux qu'avec eux, je crois.
- Speaker #1
C'est trop bien d'avoir ça. Ça respecte vraiment tout ce que tu es dans ta globalité. Effectivement, pas juste traileuse.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu as d'autres soutiens de nutritionnistes, kinés, qui t'apportent aussi un soutien de ce côté-là ?
- Speaker #0
Oui, j'ai d'autres sponsors. Je suis pour les chaussures, qui est assez bien. On utilise quand même pas mal le père. C'est un élément où... Ce que j'aime aussi avec Compressport, d'ailleurs, c'est qu'ils ne font pas de chaussures. et ça donne la liberté aux sportifs de trouver des chaussures vraiment adaptées à son pied, ce qui n'est pas toujours le cas dans d'autres marques et qui peut être vraiment compliqué sur de l'ultra où la chaussure est essentielle. Donc là, j'ai trouvé Merrell pour mes chaussures. C'est des chaussures qui vont à mes pieds. D'ailleurs, la TDS, je venais de commencer à essayer leurs chaussures et je me suis envoyée plus de 24 heures de course avec la même paire et sans aucune blessure, aucune cloque. C'est la chaussure pour mon pied. Donc c'est vraiment un partenaire important pour moi et j'ai NAC pour l'alimentation. où là, c'est des produits assez gourmands, ils trouvent pas envie, ils trouvent des différences longues aussi. Maintenant, ils ont développé une gamme de gel aussi plus rapide, bien assimilable. Donc oui, ça me convient bien. Leur boisson de l'époque me convenait moins, mais ils le savaient et que j'adaptais autrement. Et maintenant, ils ont changé leur boisson, elle me convient parfaitement. Donc ça, j'ai aussi trouvé un partenaire qui va bien pour mes besoins. C'est hyper important de tester, c'est hyper important de trouver ce qui me convient personnellement à chacun. disons que je n'ai pas accepté un partenariat si ça ne me convient pas juste pour un nom, pour un soutien j'ai les bâtons les kik, ils sont parfaits, hyper légers idéal pour mes nétriles longs quand ils sont autorisés donc ça fait chouette quelques partenaires, après je n'ai pas de kinétie de massage, de choses comme ça, je ne prends peut-être pas assez le temps non plus pour moi, j'ai mes filiaux j'ai mon équipe médicale un peu au fond Merci.
- Speaker #1
Ça te réussit.
- Speaker #0
Ça fait à peu près la job, normalement.
- Speaker #1
On dirait, ouais. Et alors, quels sont tes prochains objectifs pour 2025 ?
- Speaker #0
J'ai encore de la peine à me rendre compte, mais j'ai vraiment envie de me lancer sur l'aventure de la Diagonale des Fous. Donc, la traversée de l'île de Réunion. Je n'ai jamais fait aussi long. C'est 375 km. C'est beaucoup de dénivelé. C'est des conditions difficiles en termes de chauds, froids. entre la nuit et le jour. C'est un gros morceau. On n'est jamais sûr d'aller au bout. Ça a l'air une aventure dingue. Donc, j'ai mis ça au programme. Ça me fait déjà un petit peu peur. C'est déjà en tête dans ma prépa. Mais du coup, il faut que la prépa soit belle aussi. Donc, il y a d'autres cours là. Probablement une course la Sédonaudonia en Angleterre en mai. Peut-être le championnat suisse en avril ici dans le Jura suisse. Une course dans le Val d'Aoste, en Italie, à Tendinquil, normalement en juillet. Une course en équipe aussi au Mont-Rose, dans le Val d'Aoste, avec une copine en juin, normalement. Donc, oui, plein de petites aventures pour préparer la grosse qu'il faudra la diag.
- Speaker #1
Oui, ça fait plein de choses. Et est-ce que c'est la course que tu rêves de faire ou est-ce qu'il y en a d'autres, tu vois, que tu as en tête, comme ça, qui te font rêver et que tu as pris l'occasion de faire ?
- Speaker #0
En général, j'essaie de ne pas être trop fixée sur une cour. Elle me faisait peur longtemps, donc je n'y ai jamais trop pensé. Et là, ça fait quelques mois que je me suis dit, non mais vraiment, j'aimerais essayer d'y aller quand je suis encore en forme et que la saison est chouette. Voilà, on sait que ça ne passe pas tout en une fois, mais j'ai vraiment envie d'y aller en mode aventure, découvert, en laissant un peu la performance de côté. Je crois qu'il faut être humble à la Réunion. Et je crois que c'est vraiment celle qui me fait rêver. aussi en termes d'ambiance, de ce qu'elle décrit, qui a déjà beaucoup changé, mais qui reste quand même assez authentique. Moi, j'aime, voilà, comme vous l'aurez compris, le côté humain, le côté émotion, et je pense que là-bas, il y a de quoi charger tout ça.
- Speaker #1
Ça a l'air assez incroyable, l'atmosphère. Là-bas,
- Speaker #0
ça a l'air dingue.
- Speaker #1
Comment tu te vois évoluer en général dans les prochaines années ?
- Speaker #0
J'espère que ça continue. Je vais continuer naturellement comme ces dernières années. Tant que j'ai envie, tant qu'il y a du plaisir, tant qu'il y a des projets, je vais continuer, je crois. Chaque fois, je me dirais au moins encore une année ou deux. Mais en fait, tant qu'on est bien et que ça se passe bien, je n'ai pas l'impression que ça me coûte en efforts ou en sacrifices. Donc en vrai, ça peut continuer comme ça en grand temps.
- Speaker #1
C'est tout ce qu'on te souhaite. C'est trop bien. Et pour terminer, j'ai une petite question traditionnelle. Quel message ou conseil est-ce que tu aimerais passer au sportif outdoor qui nous écoute ?
- Speaker #0
C'est vraiment de mettre du plaisir dans sa pratique, de trouver du sens pour soi. On a tendance souvent, quand on commence le sport, je trouve, à être un peu contre soi, à vouloir justement se prouver des choses, être peut-être fâché avec ton corps. Moi, je sais que ça a commencé dans une période où je n'étais pas forcément à l'aise avec mon corps. Et au début, je me battais avec lui plutôt que faire équipe. Et en fait, quand on arrive à faire équipe avec son corps et dire qu'il peut nous emmener dans des aventures et dans nos envies sportives, on peut mettre du sens dans notre pratique, on va mettre de la passion, on va mettre de l'envie et du plaisir, et c'est là qu'on va pouvoir aller loin et vraiment s'éclater dans la pratique. Donc vraiment de trouver du sens, pourquoi on le fait, le faire pour soi, pas pour les autres, pas pour la concurrence, pas pour gagner, mais vraiment pour soi, et puis faire équipe. La tête et le corps ensemble.
- Speaker #1
Super message, je suis fan. Merci beaucoup. Merci Ariane pour tous ces partages et ces récits. C'est chouette de découvrir plus ta personnalité et ton parcours. Je te souhaite le meilleur pour la saison à venir. A bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si cela vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner au podcast et à mettre une bonne note sur les plateformes, cela nous aide. A bientôt !