- Speaker #0
Il y a celle qui gagne des médailles, pulvérise les records et font rêver les petites filles. Celle qui semble être née, basket au pied, qui faisait du sport en famille le week-end et qui annonce qu'elle prépare un marathon avec assurance et non chalonce. Et puis il y a ces femmes qui se sont mises au sport malgré le sentiment que ce n'était pas fait pour elles, malgré le manque de confiance et la peur de la première foulée, malgré la flemme et un emploi du temps déjà bien chargé. Elles vous raconteront ici comment elles s'y sont prises, ce que cela a transformé dans leur vie,
- Speaker #1
et vous transmettront la bonne dose de motivation pour vous donner envie de rejoindre le club des sportives par surprise.
- Speaker #0
Salut Léa !
- Speaker #1
Salut Alex !
- Speaker #0
Merci d'avoir répondu présente pour la deuxième fois, le deuxième podcast que tu acceptes d'enregistrer avec moi. Moi je te connais bien, mais pour celles qui ne te connaissent pas... Est-ce que tu peux te présenter rapidement ? Dis-moi quelques mots sur toi, sur le plan pro et perso qui tu es.
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Léa, j'ai 40 ans. C'est la première fois que je le dis à haute voix, parce que je viens d'avoir 40 ans. Je suis avocate pénaliste depuis 15 ans maintenant. Je suis associée dans mon cabinet. Et sur le plan perso, je suis avec mon amoureux depuis bientôt 10 ans et on a deux petites filles, Suzanne qui a 5 ans et demi et Soledad qui a 2 ans et demi.
- Speaker #0
Ok. Très complet, merci. Est-ce que tu peux me dire en une phrase quelle place le sport a dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, le sport a une place fondamentale dans ma vie. Ça fait partie de mon équilibre. C'est vraiment un de mes points d'équilibre.
- Speaker #0
Ok. Super beau. Tu vas nous raconter comment t'en es arrivé là. Si on remonte un peu le fil, toi, est-ce que t'étais une enfant sportive ? Est-ce que t'as été ensuite une adolescente sportive ? Ou au contraire, tu as ce profil pas du tout ?
- Speaker #1
Alors, pas du tout, clairement, c'est un pas du tout. Même si, par contre, j'ai un rapport à la nature, à l'extérieur, au fait de s'ébrouer, se déplacer avec le corps, si tu veux, assez naturel. J'ai grandi dans le sud de la France. On partait tous les week-ends à Cassis. Je me baignais dans la mer, même en hiver. J'avais un rapport à la nature où le corps était un moyen de locomotion. En vrai, c'est plutôt ça. Donc, je pouvais grimper un arbre, je pouvais me baigner. beaucoup me baigner, surtout me baigner, faire du vélo éventuellement, mais j'ai jamais eu de pratique sportive.
- Speaker #0
Mais tu n'étais pas du tout sédentaire ?
- Speaker #1
Je n'étais pas sédentaire. J'ai toujours été dehors, dans l'extérieur, dans la nature, à me promener, à me balader, à grimper, à explorer. Mais je n'ai jamais fait de sport. Et quand il a été question de faire du sport, c'est-à-dire que ça a été pour moi une contrainte, c'était un cours, c'était une obligation, et j'avais beaucoup de mal avec ça. Je n'aimais pas du tout être en échec. J'étais une très bonne élève et ça, je n'y arrivais pas. C'est-à-dire que... sport collectif, les exercices en groupe, pour moi, c'était une angoisse absolue. Mais vraiment, dès toute petite, je me souviens de la terreur de ne pas savoir faire, d'être maladroite, genre je n'arrivais jamais à attraper le ballon. La seule fois où j'ai fait du basket au collège, je me suis quand même fracturée le petit doigt parce que j'avais mal attrapé le ballon. Ils avaient fait venir les pompiers. Enfin, vraiment, j'étais très malade. J'étais pas dégourdie et ça me créait des angoisses. Et en fait, très vite, c'est devenu un gros sujet pour moi. Je ne pouvais pas aller en cours de sport. peur d'être humiliée. J'étais très mal à l'aise avec ça. Surtout le regard des autres sur moi qui fais du sport aussi. Je me suis vraiment gênée. J'avais énormément de mal à dépasser ça. Au point que j'ai été quand même dispensée au bac. C'est-à-dire que moi, tous les gens... À cause des angoisses que ça me faisait. Les gens autour de moi prenaient des trucs de sport en option pour avoir des meilleures notes. Et en fait, moi, ça allait faire baisser ma moyenne.
- Speaker #0
Mais tu n'as quand même pas été le bac sport.
- Speaker #1
Non, je n'ai pas eu de sport au bac. J'ai eu une attestation d'un médecin disant que je n'étais pas apte. quoi. Ah ouais,
- Speaker #0
donc tes parents ne te poussaient pas ?
- Speaker #1
Alors mes parents, ils ont essayé longuement, je pense comme beaucoup de parents, d'introduire dans ma vie une activité sportive régulière. J'ai eu la natation, j'ai gardé quand même, parce que ça, ça allait pour moi, c'était un espace de liberté où je nageais juste. Mais vraiment, c'était la contrainte que je n'aimais pas, je n'aimais pas non plus l'exigence un peu du résultat.
- Speaker #0
Et le regard des autres.
- Speaker #1
Et le regard des autres sur moi qui fais du sport, et surtout les sports codés. C'était affreux.
- Speaker #0
Ok, et du coup... Après, je ne sais pas, est-ce que tu peux avancer un peu dans le temps ? Me dire si ça a changé ce rapport hyper désagréable au sport quand tu étais jeune adulte.
- Speaker #1
J'ai fait pas mal de tentatives, je pense comme beaucoup de jeunes femmes. Ce qui était motivé à l'époque par mon rapport au corps, l'envie de me sentir belle, des idées comme ça que j'avais un peu. Je n'ai jamais accroché à rien. J'admirais beaucoup les femmes qui faisaient du sport autour de moi. Je trouvais ça fascinant. mais j'ai jamais moi réussi à en faire et après c'est vrai que jeune j'ai fait des études, des études de droit et j'étais occupée quand même par ça et à côté de ça par mes loisirs et j'avais une hygiène de vie, un rythme de vie de jeune femme qui se prêtait pas trop bien à une pratique sportive non plus. Je buvais des coups, je fumais des clopes, je sortais, je dormais pas beaucoup et en vrai ça allait pas non plus super bien je pense avec une routine et introduire le sport dans ma vie au quotidien.
- Speaker #0
Et t'étais pas entourée de gens, de jeunes, tes potes, ça te donnait pas envie ?
- Speaker #1
Pas du tout.
- Speaker #0
Ils étaient pas là-dedans.
- Speaker #1
Autour de moi, il n'y avait personne. Si j'ai eu une coloc, une époque, je me rappelle qu'il y allait beaucoup au sport. Elle me fascinait. Je la trouvais fascinante, cette fille. Amandine, si tu m'écoutes, j'étais émerveillée, éblouie par toi et ta discipline. En plus, elle rentrait du sport. Elle prenait sa petite douche. Elle se crémait en entier le corps. Et je me rappelle que je la regardais. J'étais là, waouh, elle est éblouissante. Mais par contre, si j'ai quand même eu un truc en tête toute ma vie, mon père, qui Il n'était pas sportif du tout, mais alors moins que pas. Il s'est mis au sport à 40 ans. D'un coup, il s'est mis à courir. Et on ricanait un peu, je me rappelle, à la maison. Genre, c'est la nouvelle lubie de papa, il va courir. Et en fait, il s'est incroyablement accroché à ça. C'est rentré dans sa vie. Et ça faisait partie d'une philosophie pour lui d'existence. Et je me disais, ouais, peut-être un jour, quoi. C'était pas un no-go absolu.
- Speaker #0
Oui, et ça pouvait venir tard. T'en avais la preuve, quoi.
- Speaker #1
Voilà, c'était une possibilité, quelque part, dans mon esprit.
- Speaker #0
Ok, super. Et du coup, est-ce que tu peux revenir sur ce moment déclencheur ? Qu'est-ce qui... Pourquoi tu t'y es mise ? A quel âge tu t'y es mise sérieusement ? Et qu'est-ce qui a tout changé ?
- Speaker #1
Alors, je m'y suis mise très tard et je m'y suis mise très fort. Je m'y suis mise à 38 ans. Donc, c'était après ma deuxième grossesse, après ma deuxième... Enfin, pas ma deuxième grossesse, du coup, ma troisième grossesse, puisqu'on a eu aussi tout un parcours autour de la maternité qui n'était pas toujours évident. Et en fait, j'ai eu, après mes deux filles, l'impression et la sensation que j'avais passé les cinq dernières années de ma vie occupée, enfin, le corps occupé et préoccupé. par la maternité. J'ai tout le temps été occupée par ça, c'est-à-dire tomber enceinte, être enceinte, accoucher, avoir un nourrisson, être un postpartum, avoir des hormones, avoir un incident en cours de grossesse, avoir une interruption de grossesse, avoir une nouvelle grossesse. Et ça a pris cinq ans. Et mon corps entier, au-delà de mon esprit aussi d'ailleurs, a été mobilisé complètement par ces questions. Et quand tout ça est passé, quand j'ai eu ma fille, ma deuxième fille qui avait six mois, j'avais plus vraiment de corps à moi, en fait. J'avais l'impression que c'était quelque chose qui ne m'appartenait plus. Et j'ai eu... besoin de trouver un moyen de me réapproprier mon corps qui m'appartiennent à nouveau et donc j'ai essayé j'ai essayé le sport et en fait je me suis inscrite à la salle de sport tout basiquement et non et déjà je me rappelle parce que on se connaît assez
- Speaker #0
vite tu es allé nager tous les jours énormément alors que ta fille était toute petite.
- Speaker #1
C'est vrai, tu as raison. Avant la salle de sport, c'était l'été qui avait suivi la nuit de ma fille déjà. Et je nageais un kilomètre par jour à la piscine de mes parents où je n'étais pas toute personne.
- Speaker #0
Mais pendant un mois et demi. Tous les jours pendant un mois et demi, c'est vrai,
- Speaker #1
j'en avais besoin. Ça m'a d'ailleurs pas mal aidée, je pense, à reprendre confiance en la force de mon corps. Il y a aussi un truc qui a été incroyable pour moi, c'est que mon corps, je ne l'ai jamais vraiment considéré. J'ai toujours eu l'impression que j'étais intellectuellement apte à faire des choses, mais physiquement, non. J'avais jamais pensé à ça comme un outil capable de faire des trucs. Et quand j'ai accouché, quand j'ai eu des grossesses, quand j'ai vu ce que mon corps était capable de faire, comme effort et de produire des choses que je trouvais extraordinaires, mes filles, je me suis dit, ah ouais, mon corps, il est capable en fait. Il peut faire des trucs fous. Je peux le pousser un peu si je l'entraîne, si je le prépare. Il peut faire des trucs fascinants. Et donc, j'ai eu aussi envie d'explorer ça de moi. Et donc, l'arrivée à la salle de sport, pour moi, c'était un truc incroyable. parce que nager si tu veux, d'abord j'ai toujours un peu fait et personne te voit, t'es tout seul dans ta ligne tu nages, y'a pas d'interaction avec les autres c'est individuel, c'est intime là d'arriver à la salle de sport et j'avais peur des regards des gens, on était tous ensemble dans une salle parce que je vais pas courir sur les machines ou sur les vélos, je vais dans des cours collectifs tout de suite, et en fait moi c'est ça qui m'a portée et qui m'a transportée c'était cette rencontre avec les autres toutes ces femmes en fait, beaucoup beaucoup de femmes de tous les âges, avec des corps de toutes les formes et qui venaient là toutes ensemble dans l'effort ... et je trouvais ça fabuleux, je trouvais ça super beau et je trouve qu'il y avait une puissance collective incroyable et quels que soient les cours finalement j'ai fait vraiment toutes sortes de cours plus absurdes les uns que les autres ah bah là ma passion du moment actuellement c'est le Swiss Ball si tu veux c'est un très gros ballon comme les ballons de grossesse d'ailleurs, peut-être qu'il faut y voir un lien en termes de psychanalyse donc tu t'assoies dessus et puis ensuite tu fais des étirements des postures de pilates, etc, d'équilibre qui sont censés te gainer, te muscler, mais c'est aussi hyper ludique. Et voilà, ça fait partie de mes passions, mais je suis passée partout. J'ai fait, comment ça s'appelle, le body pump, le body combat, du pilates. J'ai vraiment essayé tout un tas de trucs très différents, parfois avec des poids, parfois brutales, violents, parfois hyper doux. J'ai tout aimé.
- Speaker #0
Et toujours en cours, en groupe.
- Speaker #1
Toujours en cours, en groupe. J'ai aussi besoin, je ne sais pas d'où ça vient, mais d'avoir quelqu'un qui me force un peu à le faire, qui me crie un peu dessus, qui me dit « Hey ! » Oui, il faut y aller ! Sans ça, j'ai plus de mal. Moi, toute seule, si je ne sais pas qu'il y a un cadre, une heure de départ, une heure de fin, et quelqu'un qui va me dire de le faire, c'est plus difficile.
- Speaker #0
et t'as dit Je me suis mise tard, mais fort.
- Speaker #1
Oui, parce que ça a pris tout de suite beaucoup de place. En fait, c'est devenu mon espace à moi. C'est-à-dire que je cherchais, après la maternité, à me retrouver. Et ça, ça a été un endroit qui n'appartenait qu'à moi. Il n'y avait personne d'autre, par tous ces gens que je ne connaissais pas. Mais il n'y avait pas de bruit, il n'y avait pas de sollicitation. Et j'étais là pour moi. C'était un espace à moi, qui m'appartenait, où je faisais quelque chose pour moi, où je prenais soin de moi. Et ça, dans ma journée, c'était très dur de le placer. En plus, dans mon métier, Je trouve que je m'occupe beaucoup des gens, quand même. Je les écoute beaucoup, ils me parlent beaucoup de leurs problèmes. À la maison, je m'occupe beaucoup de mes filles. Et là, en fait, je m'occupais de rien d'autre que de moi, de mon corps. Et je réfléchissais pas. C'est aussi un espace où je réfléchis pas du tout, moi. Et ça, ça me fait beaucoup de bien. Mon cerveau est sur pause.
- Speaker #0
Et du coup, tu y as été ?
- Speaker #1
Et donc, j'y suis allée tous les jours, en fait. Mon travail, moi, c'est plutôt maintenant de doser. Parce que quand j'ai commencé...
- Speaker #0
Tous les jours ?
- Speaker #1
Tous les jours. J'y allais tous les matins, c'est-à-dire que je partais, je déposais mes filles à l'école et j'allais à la salle de sport. et j'y étais à 8h45, il y a toujours un cours à 8h45 pour les gens comme moi et on se retrouvait du coup avec les darons il y a même des cours à 8h oui même à 7h45 c'est vrai mais c'était super chouette en plus parce que très vite tu retrouves des habitués, maintenant j'ai des copines de salle de sport salut Laetitia voilà donc j'ai plein de copines qui vraiment font pas les mêmes métiers que moi n'ont pas le même âge, n'ont pas la même vie du tout n'ont pas le même quotidien mais elles ont les mêmes habitudes et on vient aux mêmes heures on fait les mêmes cours je trouve ça trop sympa Merci. Et on parle pas vraiment finalement de nos vies, mais on a ce truc en commun. Et donc, tous les matins, je faisais ça. Et quand je pouvais pas y aller le matin, j'y allais le midi. Quand je pouvais pas y aller le midi, j'y allais le soir. Et vraiment, j'y allais pas tous les jours, parce que je n'y allais pas le samedi. Le samedi, j'étais en famille. Mais je me trouvais toujours cet espace.
- Speaker #0
Et du coup, tu dirais que c'était quasi obsessionnel ? Enfin, c'est limite un peu malsain quelque part ?
- Speaker #1
C'était excessif et c'était addictif. Je dirais pas que c'était malsain. Le truc malsain qui m'a d'ailleurs fait m'arrêter un peu, c'est le moment où moi j'ai eu un effet positif sur plein d'autres aspects de ma vie, notamment mieux dormir, mieux manger, moins boire, faire plus attention aussi au reste. Par contre, c'est le moment où j'ai eu l'impression que je commençais à contrôler la forme de mon corps. Ah, j'ai perdu du poids, j'ai pris du poids, j'ai pris du muscle. Et quand j'ai commencé à me regarder comme ça et à me dire si ça commence à impacter aussi mon regard, si c'était pas du tout l'objectif, j'arrête. Je veux dire, je suis pas non plus une culturiste, je suis pas là pour regarder la taille de mes biceps, je vais pas me mesurer avec un ruban. Voilà, donc il fallait que je change de rapport à ça.
- Speaker #0
Parce que tu le sentais potentiellement tiède.
- Speaker #1
ouais ça pouvait ça pouvait devenir parce qu'il y a une satisfaction il y a une émélation et puis en plus tu vois tes progrès donc des fois t'as envie d'aller plus loin tu vois comme tu dis tu vois des muscles que t'avais jamais vu des abdos tu les découvres complètement t'as même pas qu'ils existaient et puis aussi il y a un truc c'est les poids quand tu fais des cours avec des poids tu sais que ce soit du renforcement musculaire le body pump notamment en fait t'es satisfait de l'effort et donc t'as envie d'avoir fait un plus gros effort et de voir que t'es encore capable et tu peux charger davantage tu peux même te blesser L'objectif n'étant pas de se faire du mal, mais de se faire du bien. À un moment, je me suis dit, il faut remettre ça à sa juste place aussi dans ma vie. Ça en fait partie, ça m'équilibre, mais ça ne doit pas devenir un point de déséquilibre dans l'excès non plus. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Donc, un peu moins de séances. C'est quoi ta routine sportive aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'y vais trois fois par semaine. Sinon, je ne suis pas bien. Si j'y vais moins, ça va me manquer en fait. Je vais me dire, il faut vraiment que je trouve un moment. Donc, j'ai ritualisé deux moments qui sont le mercredi matin. toujours parce que j'ai mes beaux-parents qui viennent garder ma petite, donc je n'ai pas à me soucier du rythme de leur gars et tout. Je sais que ça, c'est carré. Et puis, j'ai le dimanche à l'heure de la sieste. Il y a un cours que j'aime aussi où je vais toujours. Je ne le rate jamais, sauf quand je suis en week-end. Après, ça ne va pas m'empêcher de vivre ma vie en parallèle. Mais en tout cas, si je suis chez moi, ça, je ne manque pas. Et puis après, je trouve toujours un cours à Calais le lundi, le mardi, le jeudi, à l'heure du déjeuner.
- Speaker #0
Je sais d'ailleurs trois séances. C'est quand même dur à caler trois séances quand on a un job prenant.
- Speaker #1
Oui, après, j'ai la chance d'avoir moi un job qui est très prenant, très exigeant, mais où je suis quand même libre de mes horaires. Je ne suis pas à rendre des comptes sur mes horaires. Donc, c'est vrai que je peux choisir le moment de la journée qui va me convenir pour y aller.
- Speaker #0
Et travailler plus tard le soir si tu as été au cours le matin.
- Speaker #1
Et puis, le fait de devenir maman m'a ouvert un truc, c'est les matinées. Parce qu'avant, en fait, moi, le matin, je partais tard, je traînais, je ne me levais pas forcément très tôt. Je pouvais prendre mon petit déjeuner avec mon mec, parler. Là, en fait, à 8h30, tes enfants sont à l'école. T'es obligée de les amener. Donc ta journée commence à 8h30. Moi, si je taffe qu'à 10h, c'est pas une tragédie. Oui,
- Speaker #0
surtout qu'il y a ce truc chez les avocats. Autant c'est une profession où tu travailles tard, mais il y a un peu ce truc où les gens vont travailler à 10h.
- Speaker #1
Ah oui, le matin, si tu n'as pas d'audience, ce n'est pas grave. Tu viens avant 10h du matin. Ce n'est pas une tragédie d'arriver un peu en retard.
- Speaker #0
Oui, donc toi, ça t'ouvrait cet espace entre 8h30 et 10h.
- Speaker #1
Voilà, j'ai eu ce créneau d'un coup disponible dans ma vie. Je n'avais pas grande idée de quoi faire. Et ça le remplit très bien, en fait. Et en plus, je trouve que c'est un créneau assez bien pour faire du sport, parce que tu pars ensuite de bonne humeur. tu sais Tu te sens bien, t'es satisfait de toi, t'as fourni un effort, la journée elle est presque finie en Tu pourrais rentrer chez toi. Et t'es déjà content de ce que t'as fait,
- Speaker #0
je trouve. Ok. Et du coup, si tu en as, mais peut-être que t'en as pas, ce serait quoi ta principale difficulté pour t'y tenir justement à ces trois séances ?
- Speaker #1
C'est les aléas. D'ailleurs, j'aime pas rater un truc du mercredi ou du dimanche, en vrai. Il faut vraiment que je fasse un truc qui me fait plus plaisir. Sinon, j'ai du mal. Quand j'ai une audience de mercredi, je suis presque à deux doigts de dire non, je suis pas disponible. Je suis désolée, j'ai Swiss Bowl à 8h45. Vraiment, j'ai beaucoup de mal à devoir renoncer. Je n'aime pas ça. Il y a des aléas dans la vie. Ma fille est malade, il faut que je la garde. Je vais la garder. Mais si je n'ai pas de petit, je ne suis quand même pas ravie. Donc, j'ai du mal. C'est ça.
- Speaker #0
Donc, c'est les aléas boulot et famille.
- Speaker #1
C'est toujours prioritaire et qui entre en collusion un peu avec cet autre monde à moi.
- Speaker #0
Et bon, tu l'as un peu dit tout le long, mais qu'est-ce que ça a changé dans ta vie le plus ?
- Speaker #1
Ça a changé énormément de choses pour moi, le sport. Ça a changé, je disais, mon hygiène de vie, parce que ça m'a encouragée dans le bon sens sur plein de choses.
- Speaker #0
Sur quoi, par exemple ?
- Speaker #1
J'ai vraiment plus fait attention à ce que je mangeais, mais manger plus sain, manger des produits bio, manger des produits bons pour le corps, équilibrer davantage les repas, ne pas boire de l'alcool aussi de la même manière, avoir la conscience de ce que tu mets dans ton corps. du coup, de ce que ton corps en fait après. J'ai trouvé que ça a changé mon rapport à ça. Et autre chose aussi, je fais aussi en sorte que mon corps apprécie, profite des moments. Par exemple, je marche énormément. C'est un truc que je ne faisais pas du tout. Tu sais, les trajets, pour moi, c'était, il faut se déplacer de là à là, il faut le faire vite. Alors que maintenant, je marche et je le fais tout le temps. J'ai ritualisé ça aussi. Je vais au travail à pied. Ça me prend un quart d'heure de plus que si je prenais le transport. Mais mon corps est en mouvement. et mon corps apprécie de l'être. Parce qu'après, toute la journée, il est quand même assidu.
- Speaker #0
Et puis de toute façon, plus tu te mets en mouvement, plus tu en as besoin après.
- Speaker #1
Exactement. C'est hallucinant. C'est vrai que ton corps, il a besoin. Il le réclame. De toi. Et ce que j'ai trouvé très dur, je n'ai pas répondu à ta question tout à l'heure, un gros obstacle que j'ai, c'est les périodes où je dois m'arrêter de faire du sport. Ça, c'est très dur pour moi. Tu sais, quand tu pars en vacances avec ta famille, par exemple. Moi, mon compteur de pas m'envoie des alertes. Il me dit, mais tu ne marches plus. Que fais-tu ? Est-ce que tu es alitée ? Tu es hospitalisée ? Et je vois la différence de rythme de vie. Et pour moi, c'est très dur. Je ne fais quasi pas de sport quand je suis avec mes filles. Elles sont petites encore. Elles ne marchent pas beaucoup. Et garder cet effort, ce rituel, c'est très dur de trouver des espaces. Et moi, c'est dur de m'y remettre après à chaque fois. J'ai du mal à passer deux mois d'été sans trop faire de sport ou 15 jours de vacances en famille. Et après, recommencer la routine, c'est assez dur.
- Speaker #0
Et si tu passes deux mois l'été, tu te sens plus stressée ? Tu te sens plus sur les nerfs ? Ou tu culpabilises un peu de ne pas être à la salle, comme tu peux avoir ce côté ?
- Speaker #1
J'y pense, notamment à certains créneaux. Je me dis, là, j'aimerais bien faire ça. J'ai encore du mal à faire du sport seule. Je pense que ça va être la prochaine étape d'apprendre à le faire seule et à aimer le faire seule. Genre aller courir. Par exemple.
- Speaker #0
Ou faire une séance sur un tapis.
- Speaker #1
Mon élastique, mon tapis, mon machin, faire mon pilates. Ça, c'est un truc que j'aimerais apprendre à faire, peut-être avec d'autres outils, des écrans et tout. Pour l'instant, je ne sais pas le faire. J'ai vraiment besoin de l'émulation du groupe et du collectif pour bien le faire. Mais ça, j'aimerais apprendre à le faire plus tard. Donc oui, je trouve ça dur de m'arrêter longtemps et de devoir recommencer. Ça me manque. Après, c'est des périodes où je suis avec ma famille, j'en profite. Oui, t'es heureuse malgré tout. ça va je profite d'autres choses mais quand même j'aimerais bien l'introduire
- Speaker #0
Et ça t'a apporté quoi d'autre ?
- Speaker #1
Ça m'a apporté beaucoup de confiance en moi. Ça a changé complètement mon rapport à mon corps. Mais ça déjà, la maternité m'avait changé mon rapport à mon corps. Je suis beaucoup plus gentille avec mon corps. Je le regarde gentiment. J'ai de l'admiration pour lui. J'ai de l'affection pour lui et de l'admiration pour lui. Il existe bien plus qu'avant. Avant, j'étais un esprit pensant, mais je n'ai jamais pensé être un corps aussi. Et là, je fais attention à lui. J'ai un rapport plus gentil à moi-même. Je trouve ça assez doux, assez agréable.
- Speaker #0
Super. et... Du coup, est-ce qu'il y a une performance, un challenge ou peut-être même une routine sportive que tu pensais impossible il y a quelques années et que finalement, tu as réussi à faire ?
- Speaker #1
Ce que je pensais impossible, c'était de m'y tenir. J'ai toujours su que je serais capable de faire un truc, un challenge, un machin, mais je ne pensais pas que ça prendrait de la place et que ça resterait dans ma vie. Je pensais que c'est un truc qui pourrait passer comme certaines lubies que j'ai pu avoir. mais que ça devienne une des composantes, un des ingrédients de mon bien-être et que ça reste, ça je ne pensais pas. Et je ne pensais pas non plus le faire à mon âge. Je ne pensais pas que ce serait à 40 ans. Comme ton père en fait. Exactement, exactement comme mon père. Que je deviendrais sportive et que je me définirais comme sportive en fait. Tu vois ? Oui, je vois très bien. Tu te définis comme fumeuse ou non fumeuse, sportive. Moi maintenant, je suis une femme sportive, je me vois comme ça. Et la dernière fois, j'ai beaucoup ri d'ailleurs, j'étais à la pharmacie avec ma petite fille de 5 ans. Et il y avait une espèce d'énorme peau de protéines en gélule. Elle me dit, c'est quoi ? je dirais que c'est pour les gens qui font beaucoup de sport. et elle me dit bah maman pourquoi t'en prends pas alors on a qu'à en acheter et j'étais trop contente de me dire qu'elle avait cette idée de moi comme une femme qui faisait beaucoup de sport ça me paraissait fou, ça me paraissait inimaginable qu'elle me voit comme ça quoi et c'est comme ça qu'elle te voit tes filles ?
- Speaker #0
c'est comme ça que je suis je pense ouais bah oui c'est vrai c'est vrai que si trois fois dans la semaine tu mets tes chaussures et tu leur dis maman va au sport c'est ça, c'est bon, je fais du sport en fait et en plus au sein de ton couple t'es celle qui fait du sport
- Speaker #1
Oui aussi.
- Speaker #0
Parce que souvent, c'est plus le... Oui, pendant longtemps, dans les couples hétérosexuels français, c'était plutôt le mec qui était la figure sportive.
- Speaker #1
Complètement. Déjà parce qu'il avait un espace pour le faire. Sûrement parce que les femmes prenaient la charge du reste pendant qu'il n'était pas là. Mais c'est vrai que là, aujourd'hui, on est dans des couples plus équilibrés où les femmes ont la chance, enfin, d'avoir des espaces à elles et des mecs qui continuent de gérer la maison pendant ce temps-là. Mais clairement, moi, mon mec, il a une relation au sport qui est ludique. Genre, il va aller jouer au foot avec des copains. Mais il n'a pas une routine sportive régulière. Ce n'est pas pareil, son rapport au sport.
- Speaker #0
Donc, c'est rigolo de montrer ça à ses enfants aussi. Trop bien. Est-ce que tu as un beau souvenir sportif ?
- Speaker #1
Je n'ai pas encore fait, si tu veux... course, un truc dont je serais hyper fière de me dire, j'ai fait ce challenge et je l'ai réussi. Après, mes meilleurs amis m'ont offert pour mes 40 ans une course de 10 kilomètres qu'on fera toutes les 3. Ça représente pour l'une d'elles presque une anecdote puisque c'est une grande sportive. Pour l'autre, je pense que ça va être un énorme exploit parce qu'elle commence tout juste son chemin de sportive. Je trouve ça génial de se réunir autour d'un projet ensemble et de le faire. Ça, ça va être un gros achievement. Sinon, oui, j'aimerais bien apprendre à ... apprendre à faire du sport seule apprendre à courir seule ça c'est un truc que je sais pas faire apprendre à me motiver complètement seule mais ça viendra super je vais te dire un mot on va faire un petit jeu toi en plus si t'es une
- Speaker #0
sportive de salle tu devrais tout connaître et tu me dis ce que ça t'évoque sans réfléchir celui là je crois que tu le connais pas en plus Irox je sais pas ce que ça veut dire j'ai entendu dans ton podcast et j'étais là j'espère qu'elle vous passe
- Speaker #1
question.
- Speaker #0
C'est bien, en fait. C'est rigolo parce que Instagram et le podcast aussi, les réseaux, l'algorithme ne te suggère que des choses que tu connais. Donc, tu finis par te dire évidemment, l'Irox, tout le monde connaît, tout le monde pratique, tout le monde fait ça, comme tu as l'impression que tout le monde a couru un marathon.
- Speaker #1
Et tout le monde fait le Swiss Ball, par exemple.
- Speaker #0
Et en fait, c'est cool, il reste plein de disciplines à découvrir. Pilates.
- Speaker #1
Oui, alors. Pilates, c'est vendredi 11h15 sans hasard génial
- Speaker #0
Vélo dans le noir
- Speaker #1
Vélo dans le noir, j'ai essayé j'ai bien aimé pour le coup l'effort collectif, vraiment on est tous ensemble mais non non j'ai quand même fait la taquicardie et je suis pas prête,
- Speaker #0
peut-être plus tard aussi trop intense ?
- Speaker #1
ouais c'est un peu violent, c'est un peu brutal tout est... tous les stimuli sont violents. Le bruit, le noir, le prof, l'odeur. Ça fait beaucoup de stimuli violents en même temps.
- Speaker #0
Ok. 5, 12, 30. Je ne sais pas si tu connais cette méthode.
- Speaker #1
C'est actionné ? Non,
- Speaker #0
c'est un truc sur tapis.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ah oui, tu ne fais pas du tout machine. Montre connectée.
- Speaker #1
Ouais, montre connectée, pas encore parce que justement, moi, j'ai une tendance à l'obsession. Il ne faut pas que je me mette à contrôler mes données, mes constantes, mes machins. Parce que ça va nourrir ce truc en moi que j'essaye au contraire d'enterrer. Je préfère pas rentrer là-dedans.
- Speaker #0
Tu pourrais par contre avoir les Oura Ring qui traquent un peu ton sommeil, tes cycles, non ?
- Speaker #1
Ouais, j'essaie de me déconnecter déjà pas mal dans la vie moi, parce que je suis trop connectée au travail, au téléphone, au WhatsApp. Donc au contraire, j'essaie de ne pas rajouter des objets connectés pour l'instant. Ok,
- Speaker #0
ouais, t'as raison. T'as raison. Marathon.
- Speaker #1
Marathon, pour moi, c'est un effort vraiment... ultime. Je ne suis pas sûre d'être un jour capable de fournir un effort comme ça, ni même d'en avoir le désir, parce que mon objectif n'est pas de souffrir, quand même. Mais par contre, un semi, ou plutôt un triathlon. Un triathlon, ça me fait rêver, moi. Un triathlon, parce que j'ai toujours nagé, et je trouve que ça fait du sens du coup aussi, avec l'origine du désir du sport.
- Speaker #0
Tu peux te joindre à moi.
- Speaker #1
Avec plaisir, avec ce que j'ai dans le plus préparé.
- Speaker #0
On va finir avec quelques questions pour essayer à notre tour d'inspirer. Les femmes qui nous écoutent, toi, est-ce que tu peux me donner le nom d'une femme dont la pratique sportive, que ce soit une professionnelle ou une amatrice, une femme qui t'entourait, t'a inspirée ou t'inspire encore ?
- Speaker #1
Alors déjà, moi, j'ai regardé les Jeux Olympiques et j'ai été juste éblouie, émerveillée par toutes les athlètes féminines. qui court. Paris 2024. Ah ouais, c'était fascinant. J'ai aussi été, j'ai eu la chance d'aller aux Paralympiques et de les voir courir, notamment les athlètes non-voyantes. C'était hallucinant. Au-delà de ça, moi ce qui m'inspire aussi, c'est les petites filles. Ça paraît un peu couillon de te le dire, mais en fait ça m'émeut vachement de voir des petites filles au parc et leur rapport au corps qui est complètement... naturelle, qui n'est pas pensée. Elles font l'effort physique sans y réfléchir. J'adore voir ma fille, par exemple, qui commence l'escalade et qui grimpe et voir le plaisir qu'elle y prend et l'effort qu'elle y met. Ça me plaît de voir les petites filles faire du sport comme petits garçons.
- Speaker #0
Et puis en plus, j'espère qu'elles les auront de moins en moins, mais le truc que tu as eu et que plein de jeunes filles ont eu de se sentir jugées, gauches, je pense que ça vient un peu plus tard finalement.
- Speaker #1
en maternelle, en primaire à voir en plus c'est pas genré du tout non plus c'est un âge où tu peux faire n'importe quel sport donner n'importe quelle forme c'est très beau à voir super,
- Speaker #0
et si toi tu voulais encourager les femmes qui nous écoutent tu leur conseillerais quel sport de tout que tu as testé je leur conseillerais le swiss ball,
- Speaker #1
vous aurez compris je leur conseillerais de tout essayer pour trouver un truc qui leur plaît Et en fait, je pense qu'il ne faut pas se faire des idées. Moi, il y avait des trucs qui me rebutaient. Vraiment, je me disais, mais jamais j'irais soulever des poires un dimanche avec des gens qui suent dans une salle. Vraiment, ça me paraissait invraisemblable. Et en fait, d'essayer, parce que si ça se trouve, on va se trouver une passion pour la Zumba, pour des trucs qu'on n'imaginait pas du tout être capable de faire. Et déjà, se trouver fort alors qu'on pensait ne pas pouvoir. Et puis en plus, il prend du plaisir. Donc, je pense qu'il faut vraiment essayer d'être curieux. Ne pas hésiter à oser et on va trouver quelque chose dans quoi on se sent bien et notre corps se sent bien.
- Speaker #0
Pour ça, l'abonnement à la salle de sport est pas mal parce qu'effectivement, tu as une gamme de cours sur un nombre de créneaux dans la journée.
- Speaker #1
Tu peux prendre pas mal de salles de sport, t'inscrire à des cours d'essai pour tenter, avant même de prendre une inscription à l'année, tu sais que c'est quand la mienne, d'essayer des choses et tout. Donc, ne pas hésiter à faire 4-5 cours d'essai et trouver quelque chose qui nous plaît.
- Speaker #0
Ok, super. Dernière question, si j'avais demandé à la toit d'il y a 5 ans qui venait d'avoir ta première fille ou qui était en projet de grossesse, sur une échelle de 1 à 100, combien il y avait de pourcentage de chance que tu deviennes sportive ? Tu m'aurais dit combien ?
- Speaker #1
Pas zéro non plus, parce que moi je suis une éternelle optimiste et j'ai toujours un petit espoir, mais si tu veux, j'aurais pensé que c'était de l'ordre du rêve, vraiment, j'aurais pas imaginé que ça pouvait se concrétiser, donc je dirais 5-10%. Bye. 100, allez, 10% quand même. Mais ouais, c'est une belle surprise pour moi. C'est vraiment une belle surprise que je me suis faite à moi-même. Donc, merci à moi.
- Speaker #2
C'est beau. OK, bah merci beaucoup, Léa.
- Speaker #1
Merci à toi.