- Speaker #0
Il y a celle qui gagne des médailles, pulvérise les records et font rêver les petites filles. Celle qui semble être née, basket au pied, qui faisait du sport en famille le week-end et qui annonce qu'elle prépare un marathon avec assurance et non-chalance. Et puis il y a ces femmes qui se sont mises au sport malgré le sentiment que ce n'était pas fait pour elles, malgré le manque de confiance et la peur de la première foulée, malgré la flemme et un emploi du temps déjà bien chargé. Elles vous raconteront ici comment elles s'y sont prises, ce que cela a transformé dans leur vie,
- Speaker #1
et vous transmettront la bonne dose de motivation pour vous donner envie de rejoindre le club des sportives par surprise.
- Speaker #0
Bienvenue dans ce podcast, je suis Alexandra, sophrologue dans le sport et j'accompagne plus précisément des sportives de haut niveau. Avec ce podcast, j'ai eu envie de mettre en lumière des histoires de femmes qui ne sont pas des athlètes professionnelles qui n'étaient pas forcément sportives, voire pas du tout, et qui font du sport malgré tout. Des femmes qui, souvent grâce au sport, sont allées conquérir quelque chose pour elles-mêmes. J'avais donc envie de faire entendre leur récit, mais aussi d'encourager toutes les femmes à se mettre au sport, car je fais le pari que l'écoute de ces épisodes sera un très bon point de départ. Dans cet épisode, j'ai reçu Marielle, que je suis sur Instagram. Et ce qui m'a donné envie de l'interviewer, c'est quand je suis tombée sur un poste qu'elle avait fait, dans lequel elle expliquait qu'elle s'était mise à la danse classique à 37 ans et qu'elle avait ainsi renoué avec un de ses rêves d'enfant. Ça m'a parlé parce que je pense qu'on est nombreuses à avoir une activité qu'on a un peu idéalisée, fantasmée, parce que peut-être qu'on n'a pas eu la chance de la pratiquer quand on était enfant et que ça nous a donné envie. Personnellement, je sais que ça peut me faire ça avec le tennis. Quand je vois des gens jouer, je me dis que je rêverais de savoir y jouer aussi et d'aller sur le cours. Peut-être que vous aussi, vous regardez des femmes qui pratiquent une activité physique avec admiration, avec envie. Et bien, dans cet épisode, Marielle va vous donner les clés pour passer le cap et s'inscrire. Pas s'inscrire pour devenir professionnelle, pas s'inscrire pour performer, mais juste pour trouver cette activité physique qui va ajouter un peu de joie. à la semaine. Mais Marielle vous expliquera tout ça mieux que moi. Alors maintenant, place à l'épisode. Salut Marielle !
- Speaker #1
Salut Alexandra !
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté pour la deuxième fois de venir au micro d'un podcast que j'anime. Est-ce que tu peux te présenter rapidement sur le plan pro, sur le plan perso, juste pour qu'on te connaisse ?
- Speaker #1
Eh bien, déjà, merci pour cette deuxième invitation qui m'honore. Déjà, j'adorais ton premier podcast, donc je suis ravie de recevoir ce deuxième et encore plus d'y participer, donc merci beaucoup. Donc, je m'appelle Marielle. J'ai, je te dis mon âge, peut-être, j'ai 37 ans. Je suis beaucoup de choses. Je suis, déjà, je suis la maman d'une plus si petite fille qui s'appelle Inès, qui a 8 ans et demi. C'est très important, le et demi, qui aura bientôt 9 ans. Je suis mariée à Quentin, qui est mon amour de jeunesse. On s'est rencontrées au lycée. On habite tous à Annecy. C'est important pour la suite de l'épisode, parce qu'il y a plein de choses à dire sur cette ville, côté sport. Je suis beaucoup de choses. Je me définis comme blogueuse, créatrice de contenu, influenceuse. Alors, mettez bien le mot que vous voulez. Blogueuse, c'est par là que j'ai commencé. Je suis aussi podcasteuse sur Moralité, qui est une sorte de podcast, je ne sais pas comment le définir, mais vraiment un fourre-tout, journal intime. Oui, moi,
- Speaker #0
j'aurais dit journal intime, oui.
- Speaker #1
Voilà, c'est un peu tout ça à la fois.
- Speaker #0
Même si tu as des réflexions qui sont en fait bien plus profondes et poussées que juste qu'est-ce que tu as mangé et qui t'as vu aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, j'analyse un peu plus que le journal intime, mais en réalité la forme c'est un peu ça quand même. Je suis aussi autrice, j'ai mon deuxième livre, je reprends le contrôle qui vient de sortir, l'actu est brûlante, ça fait six jours qu'il est publié. Je suis infirmière de formation. Tout ça, c'est arrivé dans un deuxième temps de ma vie.
- Speaker #0
Et infirmière de formation, et puis tu as exercé longtemps quand même.
- Speaker #1
Oui, pendant 11 ans.
- Speaker #0
J'avoue que j'ai des petites questions là-dessus aussi.
- Speaker #1
Ah, ok.
- Speaker #0
Alors attends, juste avant. Oui, en fait, pourquoi ? Parce que j'ai toujours cette espèce de cliché que les gens qui sont dans le médical, forcément, ils avaient... Une hygiène de vie super, qui faisait du spasme, qui ont vachement été poussées dans leurs études de médecine, où ils ont vu l'importance du sport, tu vois. Donc, c'est pour ça que j'aurais une question là-dessus. Mais juste pour situer tout de suite les choses, est-ce que tu peux me dire en une phrase, quelle place le sport a dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est un indispensable, c'est un impondérable, ce qui n'a pas été le cas pendant très longtemps. Alors, j'ai toujours globalement fait du sport dans ma vie d'une façon ou d'une autre, mais pas avec la même intensité. Moi, je n'ai pas de mal avec la discipline, donc la régularité, d'y aller toutes les semaines, etc. C'est quelque chose qui est assez facile pour moi. Je pense que c'est dans mon tempérament, dans mon caractère. Mais en tout cas, aujourd'hui, ça prend une place dans mon planning au même titre. qu'un rendez-vous chez le médecin, qu'un rendez-vous pour le boulot, de ce qu'on est en train de faire aujourd'hui, où c'est une date à une heure donnée, etc. Avant, c'était plus peut-être un peu une obligation que je me fixais. Maintenant, c'est plus une nécessité.
- Speaker #0
Et un plaisir.
- Speaker #1
Et un plaisir, bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
C'est top quand on est arrivé à ce petit moment où ça change de la contrainte au plaisir. Exactement.
- Speaker #1
Mais ça ne fait pas longtemps, tu vois, 37 ans. Je ne peux pas dire que ça fait 10 ans que c'est le cas.
- Speaker #0
justement si on remonte l'histoire C'était quoi ta relation au sport quand tu étais petite et adolescente ?
- Speaker #1
La relation au sport quand j'étais petite est très en lien avec la place du sport dans la vie de mes parents. Parce que quand on est petit, on subit. Le mot est peut-être un peu trop fort, mais en tout cas, il y a la façon dont les parents envisagent une vie sportive ou non. Et puis, ça en découle un peu sur l'éducation des enfants. Moi, la valeur sport dans ma famille est très, très, très faible. Vraiment, j'ai deux parents qui ne font pas de sport, qui n'ont jamais fait de sport. Tu vois, j'ai un souvenir marquant quand je ramenais les bulletins de notes à la maison pour montrer « J'ai eu 15 en maths, 18 en français, 16 en sport » . Mon père me disait « Le sport, ça ne m'intéresse pas » . La ligne « sport » sur le bulletin n'était même pas mentionnée, décryptée. Enfin, ça ne l'intéressait absolument pas. On a fait du sport dans l'enfance, mais… Tu vois, du vélo, parce qu'il faut faire du vélo, il faut apprendre à faire du vélo. On faisait du ski parce que je suis dans une région où faire du ski, c'est très facile. Mais c'était plus pour le côté loisir que pour la performance sportive. Pareil, on allait nager au lac l'été, mais à nouveau plus pour le côté vacances, loisir que pour la nécessité de faire du sport. Donc ça, ça joue beaucoup aussi dans la relation avec le sport par la suite, parce que ça demande de s'ériger contre un modèle qu'on a reçu, qui est différent de ce qu'on a envie de mettre en place aujourd'hui. Par exemple, si je prends l'exemple de mon mari. Lui, le sport a eu une place très importante pendant toute son enfance, son adolescence, parce que ça a été impulsé par ses parents comme ça. Et du coup, sa relation avec le sport aujourd'hui est beaucoup plus simple que la mienne. Sa résistance à l'effort, à la douleur, le côté de dépasser ses limites et tout, c'est radicalement différent.
- Speaker #0
Et du coup, tes parents, comme ils s'en fichent un peu, tu vois, souvent quand on est petit... Peut-être plus aujourd'hui qu'avant, mais on est inscrits à des activités. Donc, ce n'est pas forcément que sportif. Mais du coup, toi, tu ne faisais pas d'activités sportives ?
- Speaker #1
En fait, j'ai commencé à faire de la musique à l'âge de 7 ans. Et puis, la musique a pris beaucoup de place. Parce que quand on a envie de s'y investir à fond, c'est vite. Une heure de solfège, une heure de cours, une heure d'orchestre. Puis voilà, j'y ai passé, je pense, 4 ou 5 heures par semaine. Et puis, j'avais des amis aussi qui faisaient de la musique et qui avaient démarré aussi par un sport à côté. Et puis, à un moment, il faut faire un choix entre les deux. Et donc, moi, le choix, c'est même... Enfin, je ne peux pas dire que mes parents m'ont forcé à faire de la musique, mais vu qu'on m'a donné ce chemin-là, il n'y avait plus de place pour le sport. Et donc, à l'âge de 7-8 ans, tu vois, avant ces 7-8 ans, je faisais un peu de kung-fu. J'avais envie de faire de la danse avec une amie, etc. Et puis ça, ça s'est tout de suite estompé et je me suis concentrée sur la musique.
- Speaker #0
Et du coup, cette absence de sport, ça perdure quand tu es au lycée, quand tu fais tes études d'infirmière. C'est pas un sujet du tout, du tout dans ta vie ?
- Speaker #1
Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'à l'âge de... Je ne sais plus exactement quand est-ce que ça a commencé. Je pense que c'est en classe de cinquième. J'ai eu des gros problèmes de genoux. Donc, sans gravité, dans le sens où aujourd'hui, je n'ai pas de séquelles, rien du tout. Mais c'est une maladie de croissance qui s'appelle... Le nom est barbare. C'est Hochgutschletter. C'est le nom du médecin allemand qui a décelé cette... Voilà, c'est un drôle.
- Speaker #0
J'ai une copine qui l'avait. C'est un deuxième genou, non ?
- Speaker #1
C'est terrible. En gros, tu as un épanchement de synovie qui est le fameux liquide articulaire dans la rotule. Donc on peut être amené à te faire des infiltrations ou alors à aller retirer ce fameux liquide, faire des ponctions, etc. Donc c'est assez horrible. J'ai eu des douleurs vraiment très invalidantes de la classe de la cinquième jusqu'à... J'ai des souvenirs qu'au lycée, c'était toujours difficile. Jusqu'en terminale, globalement, j'ai été quand même très handicapée. J'ai été dispensée de sport, en fait, à partir de la classe de la cinquième, cinquième, quatrième. Je n'ai même pas passé mon bac de sport. J'ai été dispensée. Donc voilà, moi, pendant toute cette période-là... Le sport, c'était très compliqué. J'ai arrêté même de faire du ski, qui était une grande passion pour moi. Au départ, je mettais une genouillère pour faire du ski. Puis à un moment, je me suis dit, c'est quand même du délire de mettre une limite, une attelle pour aller faire du ski. Et donc, le sport a repris sa place dans ma vie. À la fin de mes études d'infirmière, les études d'infirmière, elles ont été assez intenses. Donc, je pense que je n'avais pas trop le temps pour faire du sport. Et à la fin de mes études d'infirmière, je m'y suis mise plus sérieusement.
- Speaker #0
OK. Et tu te rappelles, qu'est-ce qui a été le déclencheur pour t'y mettre ? Du coup... Vraiment soudainement, là, pour le coup, tu l'avais jamais été, quoi.
- Speaker #1
Je pense un peu à ce que je voyais mes amis faire. Je me disais, en fait, oui, c'est vrai que ça serait bien pour ma santé, pour me changer les idées, pour me divertir, pour rencontrer du monde, etc. C'était un peu le moteur. Alors, j'ai testé plein de choses. Je me suis inscrite dans une salle de sport. Je faisais des cours de… Je ne sais même pas si ça se fait encore du stepper. Donc, pour un côté un peu cardio, voilà. Tu as une marche là, un peu. Exactement. Tu as une sorte de marche. Oui, ça se fait encore. Ça a l'air facile. C'est épuisant, vraiment. Ah ouais,
- Speaker #0
et puis pour être coordonnée, moi je suis nab. Exactement.
- Speaker #1
Donc j'ai fait ça, je m'étais inscrite aussi. Bon, à l'époque, les finances n'étaient pas au beau fixe non plus. Donc ça, c'était une salle de sport un peu discount. Je me suis inscrite aussi, je me souviens, dans un cours de badminton avec ma meilleure amie de l'époque, qui est toujours ma meilleure amie aujourd'hui. On s'était inscrite dans une MJC, on faisait du badminton toutes les semaines. On payait genre 30 balles le trimestre. C'était fabuleux. Et petit à petit, le premier vrai sport qui est arrivé dans ma vie et qui est toujours dans ma vie à l'heure actuelle, c'est le pilates. C'est arrivé en 2011 ou 2012, donc tu vois, un ou deux ans après la fin de mes études d'infirmière. Et en fait, j'ai eu un gros accident du travail qui m'a généré énormément de douleur dans le dos. Et je ne sais plus exactement comment j'ai entendu parler du Pilates, mais on a dû me le conseiller. À l'époque, je faisais mes études à Lyon, je travaillais à Lyon. Le Pilates, ce n'était pas du tout ce que c'est aujourd'hui. À Lyon, qui est une très grande ville, c'est la deuxième ou troisième plus grande ville de France, il y avait genre deux studios de Pilates et il se trouve qu'il y en avait un qui était juste à côté de chez moi. J'ai commencé le pilates à ce moment-là.
- Speaker #0
Ok, mais par prescription, on va dire, et pas du tout parce que c'était le fameux truc à la mode, comme ça peut l'être un peu maintenant.
- Speaker #1
Exactement. Moi, je disais autour de moi, je fais du pilates, on me disait, mais c'est quoi ? Alors, je me souviens, je disais, c'est de la gym douce, c'est du renforcement musculaire. Mais alors, il n'y avait pas de question de réformer. Ce n'était pas encore arrivé en France. On était sur tapis. Je crois que c'est le kiné que je voyais pour mon dos qui me l'avait... Ça me revient maintenant. Je crois que c'est le kiné que je voyais qui m'avait conseillé cette méthode. Et voilà, ça a été la première vraie pratique. sportive avec un versant santé. Et c'est là que j'ai vraiment compris la puissance que le sport pouvait avoir pour le bien-être global, pour la santé du dos, puisque c'était ma préoccupation à ce moment-là.
- Speaker #0
Et ça, du coup, si je reviens sur tes études d'infirmière, ce n'est pas du tout quelque chose qui était mis en avant pendant les études. Tu vois, l'importance du sport, ce qu'il faut dire aux patients, et même pour vous, tu vois. Non, mais peut-être que c'est cliché. Ceci dit, j'enregistre bientôt avec une médecin. Et du coup, qui va sûrement me dire la même chose parce qu'elle s'y est mise aussi tardivement.
- Speaker #1
Alors, on en parle bien sûr parce qu'en fait, quand tu es infirmière, on dit toujours le soin, c'est avant tout la prévention. Donc en fait, avant d'être dans le curatif, c'est très bien aussi de pouvoir dire aux gens, voilà comment améliorer votre qualité de vie, etc. À la fois des infirmières qui fument, par exemple, il y en a des milliers. Et pourtant, pendant les études, on en parle assez des méfaits de la cigarette, etc. Alors moi, je n'ai jamais fumé, je ne fumerai jamais. C'est un truc qui ne m'attire absolument pas. Donc oui, bien sûr, on est sensibilisés à ça, mais à la fois, je ne sais pas, ce n'est pas pour autant qu'on n'est non plus le modèle parfait de ce qu'on incarne, etc. Donc oui, on y est sensibilisés. Alors le côté santé du dos, on en parle quand même pas mal, si je reviens sur ces questions de douleur, parce que par exemple, quand on va lever quelqu'un qui est très diminué dans son lit, on a des cours de manutention. On nous apprend à porter quelqu'un sans se faire mal, ce qui est quelque chose d'assez... Tu vois, il faut toujours plier ses jambes avant de se pencher en avant. Il y a plein de questions aussi pour éviter de faire des torsions, des rotations dans le dos qui peuvent être très, très douloureuses et qui peuvent entraîner à la longue des problèmes. On t'apprend aussi à monter le lit. Moi, je suis très grande. Quand tu t'occupes d'un patient, le lit est électrique et donc tu le montes haut pour que tes coudes se plient et que ton dos ne se penche pas en avant. Donc oui, on est sensibilisé à ça. Mais pour autant, tu vois, ce n'était pas non plus quelque chose qui avait impacté, en tout cas, pas encore ma vie à ce moment-là.
- Speaker #0
Et donc là, tu commences le pilates. Et tu t'y tiens au fur et à mesure que tu vas faire rentrer ? En fait, à partir de ce moment-là, tu vas rester sportive jusqu'à aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, je crois que je peux dire que oui, parce qu'à tel point que le pilates, je l'ai découvert en 2011-2012. On a déménagé pas très loin d'Annecy en 2013. Et la première chose que j'ai faite en arrivant dans la région, c'est de retrouver une prof de pilates. Et à nouveau, j'ai eu beaucoup de chance. Il y en avait une juste à côté de chez moi. Et je n'ai pas arrêté. Toutes les semaines, j'allais à mon cours. Je me demande même si à un moment, je n'en prenais pas deux. Mais j'ai changé de boulot pendant ce temps-là. J'étais en intérim, je bossais parfois 40-50 heures par semaine. Je restais fidèle à mon cours de pilates hebdomadaires. Et d'ailleurs, je n'ai jamais arrêté jusqu'à la grossesse de ma fille. J'ai été alitée, donc là, je n'ai pas eu le choix que d'arrêter. J'ai eu un postpartum assez simple. Donc voilà, j'ai juste attendu après d'avoir la rééducation du périnée. Et pouf, je me suis remise tout de suite. Tu vois, vraiment, l'interruption, elle a duré... Un an, je pense, entre l'alitement et le postpartum. Mais voilà, le pilates, à partir de ce jour-là, n'est plus jamais sorti de ma vie.
- Speaker #0
Génial. Bravo. Et pas de difficulté à t'y tenir tellement tu voyais les bénéfices.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis, tu vois, juste deux semaines de vacances scolaires à Noël, la prof, elle disait, je ne donne pas de cours pendant les fêtes. On se revoit en janvier. Moi, je sentais que mon dos, et c'est encore le cas aujourd'hui, je sentais que mon dos était très atteint. Donc, en fait, c'était... C'est devenu presque une évidence. Et à ce moment-là aussi, j'ai commencé à me mettre à la course à pied, alors de façon très, j'allais dire, très endilettante. C'était 3 km par-ci, 3 km par-là. Mais voilà, j'ai commencé aussi à me dire, le pilates, c'est bien, mais peut-être qu'une activité cardio me ferait du bien aussi. Après aussi, j'avais ce job à côté d'infirmière qui est, j'allais dire qui est cardio, on ne court pas au boulot ou rarement, mais c'est 12, j'avais une montre, tu vois, 12-13 km de marche par jour quand même. Donc c'est une activité qui est, sans qu'on s'en rende compte, parce qu'on piétine un petit peu, mais on est quand même très, très actif. On marche énormément pendant une journée de travail quand on est infirmière.
- Speaker #0
J'imagine. Et du coup, est-ce que tu peux me dire, je sais maintenant, moi, pour te suivre sur les réseaux, qu'il y a deux activités sportives qui sont rentrées dans ta vie. Enfin, rentrées dans ta vie. En tout cas, le jogging, le running, de façon intensive, non, mais très présente. Régulière, oui. Oui, très régulière. Si tu peux me raconter un peu le chemin et ce que ça t'apporte et tout. Et après, une autre, et ça, je suis... hyper curieuse aussi que tu nous racontes le déclic et comment t'oses passer le cap, c'est que tu t'es mise à 37 ans pour la première fois à la danse classique, qui était ton rêve de petite fille. Et ça, je trouve ça génial.
- Speaker #1
Tu veux que je commence par la course à pied ?
- Speaker #0
Allez, vas-y. On commence par la course à pied. Et du coup, pour la course à pied, s'il y en a qui veulent vraiment rentrer dans le détail et tout, je précise que t'as fait... Un vlog ou un épisode de podcast ? Les deux, peut-être.
- Speaker #1
J'ai des deux. Oui, voilà. Exactement. J'ai une vidéo qui s'appelle « Ma routine sportive sur YouTube » où j'en parle. Et j'ai un épisode de podcast dédié à ça, où je raconte comment je m'y suis mise. Exactement. Donc, tu vois, course à pied, 2013-2015, je courais un petit peu, mais de façon très… Voilà, sans… Je n'avais pas de montre à l'époque, rien du tout. Donc, je courais deux kilomètres par-ci, deux kilomètres par-là. Ça me faisait du bien. Mais voilà, retenir qu'à l'époque, j'avais quand même une activité professionnelle qui était assez intense. Et du coup... Je me dépensais déjà pas mal au boulot, donc j'avais probablement pas de « besoin » de faire une activité assez cardio. Après la grossesse de ma fille, je me souviens que ma fille avait peut-être genre un an, donc là on doit être en 2018-2019, je me suis dit « Ah, je me remets à la course à pied, je suis allée courir 3 km, j'ai cru mourir. » Et en fait, à ce stade-là, je n'avais jamais aimé courir. Je le faisais vraiment pas par nécessité, mais c'est une activité qui est tellement facile à intégrer à son quotidien, où que t'habites dans le monde, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente, même si t'as aucun matos, Il faut juste... une paire de baskets correctes, mais il ne faut pas de matériel de fou, il n'y a pas besoin de prendre de rendez-vous, de trouver un prof, ça ne coûte absolument rien. Je trouvais cet aspect-là très pratique. Et puis, le gros changement quand même dans toute cette histoire, c'est qu'en 2021, j'ai démissionné de l'hôpital pour me consacrer à ce que je fais aujourd'hui à 100%. Et donc, je me suis rendue compte, il m'a fallu un an, je pense, pour me rendre compte qu'en effet, le métier d'infirmière, je ne suis pas tombée de ma chaise non plus, mais c'était une activité professionnelle qui était quand même assez physique, et je me suis rendue compte à quel point L'activité professionnelle que j'avais aujourd'hui, elle était très sédentaire. Et j'ai ressenti le besoin, pour la première fois de ma vie, de faire rentrer une activité cardio dans ma vie. Donc j'ai envisagé plein de choses. Pendant un moment, je nageais aussi à la piscine municipale de ma ville. Et alors j'aime beaucoup nager. Alors j'aime pas du tout les vestiaires, sortir avec les cheveux mouillés dans la nuque et tout. Les à côté de la natation, c'est terrible. Mais nager, j'aime profondément ça. Le problème qu'on a à Annecy... Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais en gros, on est 130 000 habitants pour deux piscines, avec des horaires, genre c'est ouvert une heure le matin, une heure le midi, une heure le soir. Donc on est une vingtaine par couloir de nage. Non, j'exagère. Une douzaine par couloir de nage et c'est infernal. Donc par la force des choses, je nage quand j'en ai l'occasion, mais j'ai arrêté d'y aller toutes les semaines parce que c'était trop compliqué. Et j'ai repensé à la course à pied à ce moment-là. Et vraiment, si tu remontes dans les premiers épisodes de mon podcast, je dis... Je m'en souviens très bien. Je ne cours pas, je déteste courir, je ne courrai jamais, je ne m'y mettrai jamais parce que j'étais persuadée que la course à pied, ce n'était pas fait pour moi. Et en fait, je ne sais pas, j'ai eu une élimination en août 2025 où je me suis dit, c'est quand même une activité qui est parfaite pour tout ce que je viens d'énoncer. C'est tellement facile à intégrer dans sa pratique, ça ne coûte rien, etc. Et donc, voilà, si vous vous dites, je ne cours pas, je n'y arriverai jamais, sachez que si moi, je l'ai fait, c'est limite héroïque. si aujourd'hui je cours, c'est... C'est fascinant. Alors là, très honnêtement, au moment où on se parle, on est début janvier, je n'arrive pas à courir parce qu'il fait, un, beaucoup trop froid, et deux, il y a de la neige, les trottoirs, même en marchant, je me casse la tronche. Donc, je ne veux pas me faire une cheville au bout de la rue. Donc, là où on se parle, ça fait trois semaines, je pense que je n'ai pas couru. Mais j'ai mis en place des séances de cycling en salle pour quand même continuer à cultiver un peu ce côté cardio. Le cycling, ce n'est pas quelque chose que je vais continuer à l'année, en tout cas. Je ne pense pas, mais j'avoue que pour cette période-là, ça m'arrange.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Et du coup, ce premier jour où tu descends courir, tu te dis quoi ? Et j'y vais et maintenant je m'y irai une fois par semaine ? Ou tu te dis, allez, j'y vais et je regarde si vraiment j'aime pas ou si ça peut peut-être le faire ?
- Speaker #1
Alors, j'ai eu la chance d'avoir un mari qui est très soutenant, très sportif aussi et qui m'a fait une sorte de programme avec d'énormes guillemets. Mais il m'a dit, allez, on se crame pas. Donc, c'est la première fois que j'ai été encadrée par quelqu'un parce que toutes les autres fois, je courais un peu au feeling. Et il m'a dit, on part pas sur des distances délirantes, on alterne course et marche dans un premier temps. Voilà, si je peux te donner un conseil. Il y a des gens qui se disent, il faut partir courir, il ne faut jamais que je marche. Très mauvaise idée en fait, marcher ce n'est pas un problème. Ça peut être le cas pendant des dizaines de séances et ce n'est pas même les plus grands pros de la course qui font des marathons, des machins, des trails, vous le diront, il n'y a pas de problème à marcher pendant un premier temps. Donc au départ, je m'étais fixé un objectif à une sortie par semaine sans me mettre d'objectif de distance ni de chrono. Moi, c'est ce que j'ai expliqué sur YouTube, sur mon podcast, je ne suis en compétition avec personne. À part moi-même, parce que c'est inhérent à la pratique et qu'on ne peut rien y faire. Il y a un moment où on est quand même en compétition avec soi-même. Mais je ne me compare avec personne quand je partage une course que je viens de faire. Je ne partage jamais le chrono que je fais parce que moi, je ne me compare à personne. Je veux que personne ne se compare à moi non plus. Mais voilà, moi, 7 minutes au kilomètre, c'est déjà très bien pour donner une idée. Après, ça fait août, septembre, octobre, novembre, ça fait 4 mois et demi, 5 mois que je cours. Je ne fais pas des chronos démentiels, mais ça me va très, très bien.
- Speaker #0
Ouais, c'est pas le but. En tout cas, pour toi, c'est parce que tu recherches. Non. Mais tu fais bien de le rappeler, parce que des fois, c'est peut-être juste ça qui peut un peu freiner les gens. Et moi, je suis comme toi, je m'en fiche, en fait, de combien je fais.
- Speaker #1
Même partir courir sans... Alors moi, je suis très Miss Gadget et tout, donc j'ai l'Apple Watch, donc ça me plaît bien, mais aller courir sans montre, sans regarder le temps qu'on a fait, c'est très bien aussi, quoi, vraiment.
- Speaker #0
Et est-ce que t'as un... par rapport à la course à pied, tu as un challenge sportif dont tu rêves de faire, malgré ça, malgré le fait que tu n'as pas envie de faire de chrono ou de performance, est-ce qu'il y a quand même une course ou quoi qui te fait rêver ou tu n'es pas du tout là-dedans ?
- Speaker #1
Franchement, très honnêtement, pas du tout. Il y a plein de filles qui m'ont conseillé très gentiment en me disant « Ah, tu verras, si tu t'inscris à un 10 km, ça te met un objectif. » Et je comprends complètement ce qu'elles veulent dire. Moi, ça ne m'attire pas. Je ne dis pas que je ne le ferai pas, mais à ce jour, ça ne m'attire pas. Je n'ai pas besoin, vu que je suis quelqu'un de très routinier, très discipliné, je n'ai pas ce besoin d'avoir la carotte au bout du bâton pour me dire « ah, comme ça, je n'arrête pas de m'entraîner » , etc. L'aspect régulier, déjà, m'attire bien. Je suis aussi sortie un petit peu du… Parce qu'en fait, au début, quand tu te lances dans la course à pied, tu progresses à chaque sortie, tu vas un peu plus loin, un peu plus vite. Et puis, tu arrives à un moment sans aucune surprise où tu stagnes. Donc moi, je suis en plein dedans, là, je stagne. Et c'est très bien. c'est pas grave, il y a des sorties qui sont plus faciles que d'autres, il y a aussi ça c'est quelque chose qui est important quand on est une femme il y a aussi une notion de cycle menstruel moi selon le cycle, j'ai soit une pêche de folie soit j'ai aucune envie d'y aller soit j'ai l'impression que mes jambes avancent toutes seules ou alors à l'inverse je me dis mais qu'est-ce que je fous là mais pourquoi je m'inflige ça il faut accepter aussi que ça soit pas du tout du tout régulier mais de sortir running alors voilà, là au moment où on se parle c'est plus le cas mais Et... dernièrement, deux sorties course à pied par semaine, ça m'allait très très bien.
- Speaker #0
Du coup, tu courais deux fois par semaine, peu importe un peu le nombre de kilomètres, mais bon, en tout cas, tu y vas au moins 30 minutes, quoi, plus le pilates. Croix, activités sportives, ça commence à faire ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, ça commence à faire, et plus la danse, tu vois, ça fait quatre. Ces derniers temps, ça fait quatre. Et le pilates, ce que je n'ai pas précisé pendant une courte période, pendant deux ans, un petit peu plus, j'avais remplacé le pilates par du yoga, mais c'était un yoga qui était assez dynamique, assez cardio, donc voilà, je résume en pilates, mais Et... Le pilates s'inspire du yoga, c'est plus dans ce sens-là d'ailleurs que dans l'autre, parce que le yoga c'est ancestral, mais c'est une pratique que j'ai depuis très longtemps.
- Speaker #0
Et avant qu'on parle de danse classique, du coup, est-ce que tu vois des impacts, depuis que tu as des impacts sur ta vie, je ne sais pas, ton mental, ta santé, ou plein d'autres choses en fait, ton énergie, ta confiance, justement ton cycle menstruel, pourquoi pas, depuis que tu es à ces deux sorties courses par semaine ?
- Speaker #1
Et bien, par exemple, cette question de, tu vois, quand mon mari allait courir, il me disait « Ah, tu verras quand tu reviens, tu ressens les endorphines et tout » . Alors moi, pendant quand même un bon paquet de semaines, je me disais « Mais comment ça ? Comment ? Pourquoi ? De quelle façon ? Que ressent-il ? » Et puis finalement, ça a fini par arriver. C'est une sensation très agréable. Alors, ça n'arrive pas au moment où on s'arrête de courir. Moi, ça arrive genre 20-30 minutes après, où tu te sens sur un nuage quand tu es dans ta douche. Tu te dis « Waouh, mais je me sens trop bien » . Tu as l'impression que tu planes un peu. Donc, voilà. Chimiquement, il y a quelque chose dans le cerveau que je n'avais jamais vraiment ressenti. Ça, ce n'est pas quelque chose que je ressens avec le pilates, par exemple. Donc, très agréable. Après, sur le bien-être global, il n'y a rien à dire. C'est très, très agréable. Et puis, je ne suis pas rentrée dans les détails, mais en gros, j'ai eu un petit pépin de santé début d'année 2025, qui est quelque chose qui va me suivre toute ma vie maintenant. J'ai obtenu un diagnostic. Alors, rien de grave, ce n'est pas un cancer ni rien, mais quelque chose avec lequel je dois vivre maintenant. Ça m'a fait prendre conscience que le sport, c'était une nécessité maintenant et je ressens un très grand bien-être sur cet aspect-là aussi. Donc, limite, c'est la récompense dont j'avais besoin pour prouver que le sport n'était plus une question. Par exemple, pendant les vacances de Noël, j'étais crevée. J'ai eu un mois de décembre très chargé avec la sortie de mon livre, etc. Donc, j'ai fait deux séances de cycling, mais je n'ai pas couru, je n'ai pas fait de pilates. Ma prof était en vacances, je n'ai pas fait de danse, le studio était en vacances et je n'ai pas beaucoup marché. vraiment je suis restée à la maison, j'ai regardé des séries j'ai bu du chocolat chaud globalement et début d'année là tout début janvier je me sentais très mal au niveau douleur globale et bien-être physique tout ça je me sentais très mal et je me suis dit mais ça c'est un truc que j'ai répété à tous mes patients pendant toute ma carrière mais le médicament c'est le mouvement vraiment ce que je dis n'est pas valable pour toutes les pathologies si on a des douleurs chroniques ça peut être notamment des lombalgies ce genre de choses, le médicament c'est le mouvement vraiment.
- Speaker #0
Je note bien dans un coin de ma tête pour moi aussi quand j'aurai la flemme j'ai une question dans le podcast mais du coup tu vas peut-être me répondre que c'est les fameux cours de danse classique c'est la performance ou le challenge sportif que tu pensais impossible et que finalement t'as réussi à faire est-ce que c'est passer la porte du studio de danse classique à 37 ans ou ?
- Speaker #1
Franchement, je mettrais la course à pied aussi. Vraiment, moi, il y a un an, tu m'aurais dit tu courras deux fois par semaine, j'aurais rigolé. Vraiment, j'aurais beaucoup, beaucoup rigolé. Je le criais sur les toits. Pour moi, ce n'était pas fait pour moi. Beaucoup trop intense, etc. Donc franchement, déjà la course à pied. Mais la danse classique, oui. Pour raconter un peu l'histoire, quand j'avais 7-8 ans, j'avais une de mes meilleures amies qui est toujours très proche de moi aujourd'hui, qui faisait beaucoup de danse. Et donc, mes parents m'avaient emmenée... voir un de ses cours, parce que j'avais très envie de faire la danse classique. Et à la fin du cours, ils sont allés rencontrer la prof et lui ont demandé est-ce que notre fille peut rejoindre le cours. On devait être genre mi-septembre, tu vois. Et la prof m'a regardée. J'étais très, très grande déjà à l'époque. Elle a parlé à mes parents, donc elle a parlé de moi, la troisième personne, sachant que j'étais physiquement dans la pièce, en disant votre fille est trop grande, elle ne sera jamais danseuse. Voilà, fin du bal. Vraiment, c'était... Et je m'en souviens, j'ai 37 ans, je m'en souviens. Je me souviens de la pièce, tout, la configuration. Je m'en souviens comme si c'était hier, ça m'a traumatisée.
- Speaker #0
Oh mes lèvres ! violent. Mais les gens, quoi.
- Speaker #1
Ah ouais, je l'ai extrêmement mal vécu. Puis d'être jugée sur le physique, en fait, j'aurais été trop grosse, c'était la même histoire. Mais tu vois, c'est te critiquer sur un truc contre lequel tu ne peux rien faire. Donc,
- Speaker #0
elle refuse de te prendre en cours. Oui, elle refuse de me prendre en cours. Comme si moi, j'avais pour ambition à 8 ans d'être sur les planches de l'Opéra de Paris. Votre fille ne sera jamais danseuse. C'est fou de dire ça à un enfant de 8 ans.
- Speaker #1
Et tes parents, ils n'insistent pas ? De toute façon, tu n'as pas envie d'aller en cours avec une meuf comme ça.
- Speaker #0
Les années 90 aussi, ils m'ont dit, allez, ce n'est pas grave, on fera autre chose. ça m'arriverait aujourd'hui avec ma fille je lui dirais excusez-moi madame Poune Je ne pouvais pas dire ça, mais bon, les années 90. Et donc, je me suis rabattue sur le Kung Fu. Voilà, j'ai fait des sports de combat. Enfin, j'ai fait ça pendant peut-être 3-4 ans. Et puis, ça s'est arrêté là. Donc ça, ça m'a un peu traumatisée. Mais toute ma vie... Alors moi, l'art, vraiment, dans le sens large du terme, c'est quelque chose qui m'a toujours attirée. La musique, voilà, dans tous les sens du terme. Donc, j'ai gardé ça dans un coin de ma tête. Et je ne sais pas pourquoi. Je ne peux pas expliquer pourquoi. À 37 ans, enfin, si, je sais pourquoi. Parce que ma fille fait de la danse classique. Et de la voir s'épanouir dans ce sport, dans cet art, parce que c'est vraiment un bichon entre les deux, je crois que ça a réveillé quelque chose en moi. Je me suis dit, pourquoi moi je ne m'y mettrais pas ? Je trouve que c'est magnifique, elle s'épanouit énormément. Je n'ai même pas besoin de la pousser là-dedans. Elle adore ça, vraiment. Elle en fait depuis qu'elle a 4 ans. Elle commence à avoir un très bon niveau aujourd'hui. Je me suis dit, pourquoi pas moi ? Puis ça doit exister, des cours pour grands débutants. Parce que moi, je n'ai jamais fait de danse, ni de danse classique, ni de danse de salon, ni de rien, rien du tout. j'ai jamais dansé de ma vie Et donc, je suis allée dans un studio à Annecy, j'ai poussé la porte et j'ai dit, voilà, est-ce que vous avez des cours pour... Donc, j'ai vraiment précisé, grand débutant, c'est même pas que je reprends, c'est que j'en ai jamais fait. Et la dame à l'accueil m'a dit, oui, oui, oui, on a un cours pour vous. Il y a un cours d'essai dans deux semaines, venez si vous voulez. Donc, je suis allée avec une amie. Si c'est un conseil que je peux donner aussi, c'est moins intimidant, voilà, d'y aller avec une copine. On se sent plus à l'aise, on est avec quelqu'un, puis ça fait toujours une expérience à partager. D'ailleurs, mon amie n'a pas suivi le truc. Tu vois, elle, elle a aimé le cours d'essai, mais pas au point de s'inscrire. Et moi, j'ai eu un coup de cœur. Alors vraiment, ma marge de progression est immense, ne pourrait pas être plus grande, mais je m'épanouis beaucoup.
- Speaker #1
Je trouve ça génial. Du coup, là, tu fais de la danse une fois par semaine. C'est ton activité sportive. C'est une de tes activités, mais c'est génial. Je trouve ça génial parce que je suis sûre qu'il y a plein de femmes qui ont un rêve de sport ou d'activité. Moi, je mets la danse quand même au rang de sport. Mais d'activité physique comme ça, qu'elles ont fait peut-être une année petite et qu'elles n'ont pas pu continuer ou qu'elles n'ont jamais fait, tu vois. Et qui les font un peu rêver. Et franchement, je trouve ça hyper inspirant.
- Speaker #0
Et dans le cours, si ça peut rassurer des personnes qui écoutent le podcast, en fait, on est... Alors moi, il se trouve qu'on est entre... Ça dépend, entre 4 et 8 personnes. Il y a en effet des filles qui ont fait de la danse. Ça se voit tout de suite. Il y a une mémoire musculaire. Je ne sais pas comment expliquer ça, mais ça, sans tout de suite la prof dire un mot, elle comprenne. Moi, je suis dans la phase où j'apprends un nouveau sport et j'apprends une nouvelle langue, vraiment, pour donner une idée de ce que je ressens. On me parle un langage que je ne comprends pas et on me demande des mouvements que je ne connais pas. Donc, c'est deux informations qui sont très compliquées. Et en plus de ça, il faut être coordonné. Ça, le pilates m'aide pas mal, mais il faut lever le bras droit, tendre la jambe gauche et inversement. Enfin, voilà, ça demande. Moi, une heure de danse classique, ça me demande un effort cérébral vraiment considérable. Là où courir, tu décroches, tu déconnectes ton cerveau. Donc c'est pour ça qu'aussi tout ce que je fais dans la semaine est très complémentaire. Et c'est très agréable. Je ne ressens absolument pas les mêmes choses d'un cours à l'autre. La danse, le côté artistique d'être porté par la musique. Moi, je suis très... Voilà, donc j'ai fait beaucoup de musique. J'en ai fait pendant 11 ans. Donc le rythme, la mélodie, tout ça, c'est très important pour moi. Et à côté de ça, la course à pied, voilà, rien à voir. Donc, des profils très différents. Il y a des dames, je ne voudrais pas balancer leur âge parce que je ne veux pas présager, mais qui ont l'air d'avoir une soixantaine d'années. Ah ouais ? Ouais, vraiment. Alors, c'est évident qu'elles ont été danseuses dans leur vie, mais qui sont arrivées à un âge où je pense qu'elles n'ont plus envie de challenge. Donc, le cours débutant leur va bien. Elles maîtrisent tout. Elles savent faire tous les mouvements. Il n'y a pas un pas qu'elles ne connaissent pas. Elles tendent la jambe au plafond, etc. Mais je pense que le challenge leur suffit bien. il y a des filles comme moi de ma génération ou un peu plus jeunes qui n'ont jamais fait de danse et puis il y a des filles entre 20 et 40 ans qui ont déjà fait de la danse. On a toutes les corpulences, si ça peut vous rassurer aussi. Il y a des filles qui sont filiformes, il y a des filles qui sont un peu plus rondes, il y a des grandes, il y a des plus petites. Personne ne se juge, personne ne se regarde, personne ne s'analyse. Il n'y a pas de spectacle de fin d'année, il n'y a pas de tenue obligatoire. Moi, je me suis dit, si on commence à me dire qu'il faut s'acheter un tutu, non. Même des demi-pointes, je me suis fait le plaisir de m'acheter une paire, ça coûte 15 balles chez Decathlon. Il y a une dame qui vient en chaussettes. Elle est en chaussettes du début à la fin du cours. Ça ne t'empêchera jamais d'être une bonne danseuse si vraiment le frein, c'est vraiment pas le soulier. Et voilà, on ne s'analyse pas, on se soutient, on rigole. C'est très détendu. Et je ne peux pas croire que ce soit un cas isolé dans mon cours. Je pense que dans toute la France... Alors après, il faut avoir le bon feeling avec la prof. Moi, je suis allée voir la prof le premier jour. Je lui ai expliqué mon cas de figure. Et en fait, la première chose qu'elle a faite, c'est de m'encourager. elle m'a dit mais ce que vous faites c'est très courageux C'est génial. Je pense que ça va vous faire beaucoup de bien. Votre marge de progression est géante. Donc, en effet, vous allez voir du progrès à chaque cours. Moi, j'ai cette chance-là, du coup. À chaque cours, on progresse. Vraiment. Et c'est très valorisant. Et je n'ai pas de... Je pense que c'est une de mes plus grandes qualités. J'en ai pas un milliard, mais j'ai pas de mal, en fait, à tester des nouvelles choses. J'ai pas peur de l'échec. J'adore apprendre. Donc, du coup, ça m'amène plus facilement à ce type de pratique.
- Speaker #1
C'est trop bien. Et tu vois là, déjà je pense que... Tu as décomplexé dans quel état d'esprit on est quand on y est. Et ça rassure d'entendre ça. Mais du coup, toi, comment tu as fait avant de passer la porte et de se retrouver finalement dans cette atmosphère hyper bienveillante ? Tu n'avais pas ce sentiment ? Parce qu'il y a beaucoup de femmes qui s'empêchent de passer la porte de certains cours de sport parce qu'elles ont, entre guillemets, un peu honte déjà par avance. Elles pensent que tout le monde va les regarder, qu'elles n'ont pas assez confiance en elles. Est-ce que toi, tu t'es dit quoi en fait ?
- Speaker #0
Moi, un peu mon mantra quand je démarre quelque chose comme ça, c'est « et au pire » . Si on résume, qu'est-ce qui peut se passer de pire ? Je suis allée au premier cours, ce cours était gratuit. Je pense que si ce n'est pas le cas, ça sera un cours à 10 euros. Il y aura un cours découverte d'une façon ou d'une autre. Démarrer en septembre, c'est très simple parce que c'est la rentrée sportive pour beaucoup de sports, donc c'est un peu le bon moment. Donc, qu'est-ce que je risque ? Je vais à un cours. Il se trouve que c'était gratuit. J'y vais avec une amie. Donc, je vais de toute évidence passer un bon moment. Au pire, ça ne me plaît pas. Au pire, je ne m'inscris pas. Et au pire, ça s'arrête là. Voilà. Au pire, j'aurais testé un cours de danse classique à 37 ans et je ne serais pas allée au bout du truc. Voilà, fin de l'histoire. En fait, il y a d'autres studios, il y a d'autres cours, il y a d'autres sports. Si ce n'est pas la danse classique, c'est autre chose. Moi, j'en ai arrivé à un stade où je me disais, j'ai loupé ça dans mon enfance. Voilà, ça m'a été refusé. C'est terrible. J'avais une petite soif de revanche en moi à me dire « Putain, mais j'aimerais vraiment voir ce que c'est, j'aimerais vraiment voir ce que ça donne. » Ma fille m'a vachement encouragée aussi, elle était très fière, tu vois, elle m'apprend, c'est pas, etc. On révise un peu à la maison, c'est hyper valorisant autant pour elle que pour moi. Donc au pire, qu'est-ce que je peux y perdre ? C'est souvent... Des fois aussi, j'encourage les gens à se dire « On imagine toujours le pire. » Donc le pire, c'est tout ce que je viens d'annoncer. Puis c'est bien aussi d'imaginer le meilleur. le meilleur c'est peut-être un sport que je vais adorer C'est peut-être un sport qui va devenir un rendez-vous de ma semaine. Voilà, c'est le cas aujourd'hui. C'est peut-être un sport où je vais faire des rencontres. Et puis voilà, je n'irai jamais sur les planches de l'Opéra de Paris. Enfin, je le sais, ce n'est pas à 37 ans que ça m'arrivera. Je ne fais pas ça pour ça. Comme pour la course à pied, je ne fais pas ça pour faire des marathons.
- Speaker #1
Mais c'est génial. Et tu vois, moi, ça me donne envie d'aller, par exemple, prendre un cours de tennis, parce que c'est un truc dont je rêve. Et en plus, tu as raison aussi de dire, ça peut peut-être aussi... Ce n'est pas si facile, en fait, dans... Dans une semaine où il y a, pour beaucoup quand même, des boulots pas qu'on subit, mais qui sont compliqués. Le transport, les enfants qu'on adore, mais avec une charge mentale et tout. D'avoir un rendez-vous d'un truc où on est trop content d'y aller. Et ça va égayer la semaine, tu vois. Et voilà, le sport peut permettre ça aussi. Et d'aller renouer avec peut-être un truc d'enfance qu'on avait envie de faire peut peut-être aussi permettre ça. Donc, c'est génial. Merci beaucoup d'avoir partagé cette histoire. J'ai un petit jeu. Je te dis un mot. Et tu me dis ce que ça t'évoque sans réfléchir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Si tu connais IROC.
- Speaker #0
Alors, jamais.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Mais en même temps, voilà, tu m'aurais dit, tu cours rare de fois par semaine, j'aurais pas cru. Donc IROC, non. Mais écoute, pourquoi pas.
- Speaker #1
Pilates.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Salle de sport.
- Speaker #0
Je pense que ça n'est plus fait pour moi. Enfin, j'ai compris que ça n'était pas fait pour moi, plutôt.
- Speaker #1
Ok. Vélo dans le noir. Du coup, je ne sais pas si tu as déjà testé.
- Speaker #0
Du coup, c'est ce que je fais depuis trois semaines. Toutes les semaines, le fameux cycling. Je vais chez Dynamo. Alors, je dirais déconcertant.
- Speaker #1
D'accord. Montre connectée.
- Speaker #0
Pourquoi pas.
- Speaker #1
Et un dernier, marathon.
- Speaker #0
Alors, ça, jamais. Je pense que je n'en ai pas les capacités et j'en ai surtout pas l'envie. Donc, je ne pense jamais.
- Speaker #1
Ok, super. En conclusion, j'ai des petites questions pour la fin de ce podcast. Est-ce que tu peux me citer le nom d'une femme ? dont la pratique sportive, que ce soit une sportive professionnelle ou une amatrice, t'a inspirée ou t'inspire encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ce n'est pas une femme, c'est une fille. C'est ma fille. Franchement, je n'ai pas de modèle dans le sport de haut niveau. Et ce n'est pas parce que ce ne sont pas des parcours qui m'inspirent, mais c'est parce que je veux... à placer des objectifs trop ambitieux. Et du coup, en me comparant à ces gens-là, je trouve que je vais tout de suite me dévaloriser. Ce que je raconte est très personnel, parce qu'on peut complètement s'inspirer de sportifs de haut niveau sans avoir les mêmes objectifs que ceux qui font. Mais ma fille, pour la pratique de la danse classique, m'a énormément inspirée parce qu'elle est dure au mal, elle est très concentrée, très investie et elle a joué une très grande partie dans le fait que je me décide à me mettre à la danse classique à l'âge de 37 ans.
- Speaker #1
c'est un modèle pour moi je trouve ça trop beau j'espère qu'elle écoutera ce podcast si tu voulais tu l'as fait beaucoup si tu voulais encourager les femmes qui nous écoutent tu leur conseillerais quel sport et à quel rythme je ne leur
- Speaker #0
conseillerais aucun sport en particulier mais je les encouragerais à prendre conscience que chaque sport n'apporte pas les mêmes choses moi je sais Et... Très présomptueuse que je fais d'arriver aujourd'hui et de dire j'arrive à courir deux fois par semaine, d'aller au pilates une fois par semaine, la danse une fois par semaine. J'ai un rythme de travail qui est exceptionnel, je travaille très peu. Je ne suis pas fatiguée. J'ai un planning de semaine que je module à l'envie. Donc, ça serait très ingrat de dire faites comme moi. Quand j'étais infirmière, c'était beaucoup plus compliqué. Et une heure de pilates par semaine, c'était déjà un défi très ambitieux. Donc déjà, je leur conseillerais de ne pas prendre conseil auprès de n'importe qui et de... pas idéaliser non plus une routine sportive auprès de n'importe qui non plus. Donc moi, je suis ravie que ça inspire et que ça donne envie. Il y a plein de filles qui m'ont dit « je me suis remise à la course à pied » ou « mise à la course à pied grâce à toi » . Je suis ravie de ça, mais ne prenez pas mon planning sportif pour un exemple parce que je suis extrêmement privilégiée. Mais déjà, je vous inviterais à vous demander qu'est-ce que vous recherchez dans le sport ? Ça peut être la performance, ça peut être le plaisir, ça peut être un sport d'équipe. Voilà, vous rejoignez une équipe de foot féminin, par exemple, c'est exceptionnel si vous avez envie d'un esprit de cohésion.
- Speaker #1
Bientôt sur le podcast.
- Speaker #0
Ah, trop bien, je suis ravie.
- Speaker #1
Une fille qui a rejoint une équipe de sport, quand je dis tardivement, à chaque fois c'est avec des guillemets, mais voilà, à mon âge à peu près.
- Speaker #0
Génial, moi c'est quelque chose par exemple qui ne m'attire pas, mais même le côté troisième mi-temps, on se retrouve derrière le côté qui fédère et tout, je pense que c'est exceptionnel. Donc déjà, je vous inviterais à chercher ce qui vous attire dans le sport. Par exemple, si c'est pour la danse classique, le côté artistique, c'est un vrai moteur pour moi. Le pilates, c'est un vrai côté santé pour moi. Et la course à pied, c'est un côté pour reprendre de l'énergie, pour éliminer les soucis de la semaine, pour se défouler, courir sur une musique très entraînante. J'ai trois sports pour trois objectifs très différents. Je peux donner un conseil.
- Speaker #1
Trouver son objectif et s'y mettre en fonction.
- Speaker #0
Et surtout, moi c'est très personnel, mais par exemple si la pratique sportive occasionne une contrainte, c'est-à-dire prendre ma voiture, faire de la route, perdre 30 minutes dans les bouchons pour aller faire du sport, je sais que je ne m'y tiendrai pas. L'exemple de la piscine municipale, trop de monde, je n'arrive pas à me garer, je mets 20 minutes de voiture, il y a des bouchons, je suis en retard, c'est trop de contraintes et je sais que je ne m'y tiens pas. Donc l'immense chance que j'ai, c'est que le studio de pilates est à côté de chez moi, le studio de danse il est à côté de chez moi et la course à pied ça démarre de chez moi Ça, c'est très important pour rester régulière dans la pratique, pour moi.
- Speaker #1
Dernière question. Si j'avais demandé à la toit qui faisait juste ce petit cours, peut-être à la toit au collège ou au lycée qui ne faisait rien du tout, parce qu'elle aussi a des problèmes de santé, sur une échelle de 1 à 100, combien il y avait de chances que tu finisses par faire 4 sports dans la semaine ? Tu aurais dit combien ?
- Speaker #0
Je dis 10%. j'aurais pas dit 1 parce que bon il y a toujours l'espoir alors au collège tu vois si on reprend les questions des soucis de santé il y avait quand même une période où je me disais mais est-ce qu'un jour j'arriverais même à me mouvoir facilement, est-ce que j'arriverais à marcher facilement parce qu'on en était arrivé à ce stade là donc on avait beau me dire c'est un syndrome très lié à la croissance à l'adolescence, quand vous serez adulte vous n'y penserez plus ça me paraissait lunaire, quand on est dans le dur c'est difficile d'envisager qu'un jour ça aille mieux Alors, mon avenir n'était pas noir, et puis ce n'était pas du tout une maladie grave, mais franchement, je me demandais si un jour j'arriverais à avoir une vie normale. Bon, il se trouve que, voilà, vraiment, même aujourd'hui, j'en reparle, mais je n'ai aucun souvenir de... Enfin, je me souviens très bien de cette période-là, mais je n'ai plus jamais, jamais de douleur. Donc, je dirais 10 %, parce que j'avais quand même un espoir que je m'y remette un jour. Et puis, je l'attendais, tu vois, d'être dispensée de sport au lycée. Je ne me disais pas, bon, ma vie sera comme ça éternellement. J'attendais quand même d'un jour de réussir à... Alors, le pilates, tu vois, je ne savais même pas que ça existait. La danse classique, franchement, j'aurais bien ri aussi parce que je... jamais jamais j'aurais pensé m'y mettre si tard et la course à pied, alors là n'en parlons pas 0%
- Speaker #1
super merci beaucoup Marielle pour notre échange merci à toi