- Speaker #0
On a découvré, on a découvré,
- Speaker #1
on a découvré tout à fait, je vais vous arnaquer, je vais vous manipuler en vous vendant ma baguette de pain.
- Speaker #0
Partez !
- Speaker #1
Et tous les récits qu'on nous a bercés avec, c'est pas français ce que j'ai dit mais t'as compris.
- Speaker #0
Vous êtes branchés à la fréquence Turbulence, bienvenue. Turbulence est une série de 7 épisodes durant lesquels nous décortiquons les vraies problématiques réalistes que vous pourrez rencontrer dans votre quotidien d'entrepreneuse.
- Speaker #1
Vous savez... Toutes ces difficultés qui vous empêchent de construire un business solide et durable dans lequel vous épanouir sereinement. Notre objectif avec cette série est simple. Vous aider à comprendre très clairement d'où viennent les turbulences de votre business, leurs symptômes et leurs causes.
- Speaker #0
Le tout avec un pied ancré dans le réel, beaucoup de pragmatisme, d'expérience et de bonne humeur. Attachez bien votre ceinture, ça pourrait secouer !
- Speaker #1
Salut Hélo !
- Speaker #0
Salut Marjo !
- Speaker #1
Tu vas bien ?
- Speaker #0
Bah super !
- Speaker #1
On se retrouve pour un nouvel épisode de cette série Turbulence. Oui. Donc après vous avoir présenté l'épisode introductif, de vous avoir présenté le programme, pourquoi on enregistre Turbulence, aujourd'hui on va parler de qu'est-ce que c'est qu'être entrepreneur en 2026 vs en 2020.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, avant de rentrer vraiment dans les symptômes, tout ce que vous pouvez ressentir au quotidien comme turbulence entrepreneuriale, ... Il fallait qu'on repose vraiment le contexte et expliquer en quoi le marché d'aujourd'hui est très différent du marché d'il y a quelques années. Parce que, et on va le voir dans tout cet épisode, il nous hante encore un peu ce narratif, ce contexte de 2020. Et on a encore beaucoup de mal à s'en détacher parce qu'il nous a forgé aussi. Donc c'est de ça dont on parle aujourd'hui. Donc repartons du démarrage et de cette fameuse explosion post-conflict. Covid. Ça fait très dramatique. C'est ce qui s'est passé.
- Speaker #1
On en parlait dans l'épisode d'introduction.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé dans l'entrepreneuriat français depuis ? Alors, français, francophone, j'ai l'air de dire à nos amis suisses, québécois, belges, etc. Parce qu'on en a quand même beaucoup qui nous écoutent. Eh bien, post-Covid, alors dans le monde entier, ça a créé des mutations, mais nous, on va se concentrer sur notre petit écosystème parce qu'on n'est pas non plus expert en géopolitique et sociologue, etc. Le monde de l'entrepreneuriat en France a vraiment explosé. Il suffit de regarder les métriques. Il y a eu énormément de créations de micro-entreprises. Des milliers de gens qui se sont dit « je veux me lancer, je veux me mettre à mon compte, je veux, et c'est surtout ça, travailler de chez moi » . Le confinement, ça a été un électrochoc. Les gens n'avaient plus envie d'aller dans les entreprises. Ils se sont rendus compte que c'était possible de ne plus aller au bureau. Ils ont pris conscience qu'ils pouvaient travailler de chez eux, éviter les transports, peut-être habiter ailleurs, à la campagne.
- Speaker #1
On pense à tous les Parisiens qui ont fait monter le marché de l'immobilier.
- Speaker #0
On pense à tous en France, n'est-ce pas ? Et que c'était possible d'avoir plus d'espace, plus de verdure. Il y a eu un changement global des habitudes de vie et de travail. Et je pense que ça a été étudié dans les bouquins d'histoire pendant très longtemps. Sur les réseaux, ça a coïncidé. Alors, il y avait déjà eu un commencement avant le Covid du marketing digital. Mais ça a été évidemment, ça l'a accentué d'un coup. On a découvert comment fonctionnaient les algorithmes, comment on pouvait s'en servir pour vendre des choses sur Internet. Je me souviens, en pré-Covid ou juste à la sortie du Covid, j'avais été contactée par des entreprises qui commençaient à avoir... Le concept de lead magnet, tu vois, des livres blancs. J'avais aidé une startup qui avait déjà un livre blanc.
- Speaker #1
Il y avait tout un jargon qui a émergé à cette époque-là. Exactement.
- Speaker #0
Des lead magnets, des leads, tu vois, de tout ça. Enfin bref. Donc, on a pris conscience de ça. Il y a eu un effet de nouveauté incroyable. Il y avait ce truc de la grosse croissance organique. Assez facile, tu vois. Il y a eu des explosions. assez énorme. Alors attention, quand on dit assez facile, on sait que créer du contenu, ça demande du temps et de l'énergie. On se doute bien que c'est pas tombé du ciel pour ces personnes-là, mais il y a eu quand même en tout cas cet effet où tout le monde s'est lancé. Il n'y avait pas encore beaucoup d'acteurs pour autant. Et par contre, il y a eu des gens aventureux et courageux qui se sont lancés et qui ont fait des choses. Et en fait, on a eu une sorte de vague de success story où sont arrivés les grands noms. Donc, américains, toujours, ils avaient toujours une petite longueur d'avance sur nous. Mais ensuite, francophones. Donc, c'est tous ces gens qui ont surfé sur la vague, qui ont capitalisé dessus et grand bien leur face parce qu'ils ont été malins.
- Speaker #1
Sur l'opportunité du marché.
- Speaker #0
Sur cette opportunité du marché, exactement. en disant, regardez, en fait, on peut vivre de son activité sur Internet, on peut scaler, on peut vendre des produits, on peut...
- Speaker #1
Vendre des formations en ligne.
- Speaker #0
Et le fameux, on peut vivre sans vendre son temps. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Le fameux,
- Speaker #0
ne vendez plus votre temps. On peut vivre en vendant des produits digitaux, des formations. Et il y avait ce, prenez une compétence dans votre arsenal et monétisez-la, travaillez de n'importe où, gagnez beaucoup d'argent. Enfin, ça faisait rêver, quoi. Donc il y a eu un effet boule de neige derrière 2021, 2022, 2023. Regarde la preuve, toi et moi on s'est lancé en 2020. C'était de la vague. Tu vois ça nous a touchés à ce moment-là. Donc il y a énormément de personnes qui se sont lancées en se disant moi aussi je peux le faire, moi aussi je peux y arriver. Donc c'est vraiment ça qui s'est passé depuis 2020, il y a eu ce mouvement-là. Mais la réalité de 2026 est tout autre et le marché a vraiment muté.
- Speaker #1
Ouais, complètement. Et aujourd'hui, on parle... On n'entend pas encore trop parler de ces changements, mais il n'y a pas assez d'explications encore sur les mutations qu'a subi le marché. Mais pourtant, c'est quand même assez visible que le marché a évolué.
- Speaker #0
Pourquoi on n'en parle pas du tout ?
- Speaker #1
Je pense que c'est difficile aussi. Il y a peut-être une forme de déni parce que des choses qui ont marché au préalable, sur lesquelles on a capitalisé, qui ont fonctionné pour nous. Et si on se rend compte aujourd'hui que ça ne fonctionne plus, c'est difficile parfois à accepter.
- Speaker #0
Je pense que les gros noms, si ça ne marche plus trop pour eux, ils vont avoir du mal à le dire. C'est quand même leur business model. Complètement.
- Speaker #1
Et je pense que c'est difficile à admettre aussi, de dire que quand tu as eu une espèce de grande croissance très rapide, ça, on en parlera plus après. Et puis, c'est difficile de maintenir un business sur la durée, etc. Ça, on en reparlera après. Mais en tous les cas, le marché a évolué aujourd'hui. Le marché de la formation en ligne francophone. Il s'effondre. Les formations passives ne se vendent plus beaucoup. Les grandes formations de groupes qui ne sont pas tellement personnalisées ne se vendent plus. Les produits digitaux basiques ne se vendent plus non plus. Sauf des produits qui sont vraiment sur un sujet très précis. Oui, c'est ça. Où il y a une vraie qualité derrière. Oui, où il y a une vraie qualité derrière. Où ce n'est pas un modèle copié-collé de « Regardez, vous devez faire une newsletter, je vais vous montrer la méthodologie et appliquer la méthodologie. » Dans le bit aussi,
- Speaker #0
ça marche encore.
- Speaker #1
Je trouve que ça commence à émerger, mais effectivement, sur mon compte perso, je vois des acteurs qui vendent des formations en ligne qui s'adressent aux particuliers. J'ai l'impression que c'est la vague suivante, tu sais. Moi,
- Speaker #0
j'en vois de la relation culinaire. Relation,
- Speaker #1
pas intime, mais de couple.
- Speaker #0
Ça fonctionne encore. alors que dans le B2B ça s'est essoufflé ça s'est fondre ou le ebook pour apprendre à gérer son budget et tu vois par rapport à ce que tu disais juste avant je pense que c'est important on se disait pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas et il y a des raisons qu'on effleure comme ça, on ne sait pas exactement profondément pourquoi mais en tout cas c'est vrai qu'aujourd'hui ce n'est pas encore trop dit mais je pense que c'est important de dire que ce n'est pas parce qu'on n'en parle pas que nous on ne le voit pas oui complètement plein de gens. Les autres personnes. C'est pas juste nous, c'est plein plein de gens. Les gens le voient, les gens le sentent, c'est juste que c'est pas encore clairement dit. Et assumé, je pense. Oui, officialisé. D'accord.
- Speaker #1
Et du coup, face à ça, c'est quand même le grand retour plutôt à la personnalisation dans les accompagnements, le fameux Ouais, ouais. la professionnalisation et la qualité plus plus plus plus aujourd'hui le marché a vachement maturé et du coup on s'attend à avoir des prestations de qualité c'est plus aussi facile d'impressionner quoi oui exactement des trucs simples exactement 2-3 ans tout à fait la prestation de service pure et dure et pas juste une vente de formation ou de produits passifs ou autre les gens veulent plus on veut de la paix oui exactement Demain, moi, si je dois faire appel à un prestataire de service pour un site Internet, par exemple, je ne veux pas apprendre à le faire moi-même. Il veut qu'on me fasse mon site, en fait. C'est ça. Donc, ça revient sur le devant de la scène. C'est le grand retour aussi des réseaux de confiance, des recommandations sur lesquelles on s'appuie. Tout le monde a quand même un peu dû se remettre droit dans ses bottes, se remettre sur les rails, revenir à ses compétences de base, ses fondamentaux, son expertise et sa capacité, je le disais juste avant, non seulement à perdurer, ... Mais aussi à se réinventer, puisque dans un marché qui est saturé, qui est mature, au-delà d'être saturé, se réinventer, ce n'est pas donné à tout le monde et ça demande de la réflexion profonde, de l'excellence, etc.
- Speaker #0
C'est ça. Ce n'est pas tant qu'il est saturé. Oui, oui, je disais saturé. Non, mais je suis d'accord avec toi. On a souvent tendance à dire saturé. Alors, la réalité, c'est que pour pouvoir dire qu'un marché est saturé, il faut des métriques.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, il faut du recul. Et ça, en fait, quand on dit marché saturé, etc., c'est sur des marchés qu'on peut. évalué avec des métriques très larges et des gros volumes donc c'est des termes qu'on a empruntés au marketing des grandes entreprises où ils peuvent étudier sur des retours de consommateurs sur plusieurs centaines de milliers mais du coup c'est un terme qui est galvaudé, qui est utilisé vachement genre c'est saturé en fait on sait pas si c'est saturé on voit des choses mais par contre ce que tu dis c'est très vrai c'est qu'en fait c'est surtout qu'il faut il est mature dans le sens où il s'est professionnalisé, il a grandi Oui. Et du coup, maintenant, il faut envoyer la sauce pour faire sa place.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, il y a quand même un gros tri qui s'est fait, qui est en train de se faire et qui va se poursuivre dans les mois et dans les années à venir. Et clairement, pour durer aujourd'hui, il faut être expert dans son domaine. Alors, pour ceux qui n'aiment pas le terme expert, en gros, il faut être vraiment très, très bon, être pertinente, pointilleuse, aller dans le détail, avoir une logique, une appétence business. fort et connaître parfaitement sa cible son marché savoir se vendre on va le répéter mais ça va être c'est indispensable c'est important aussi pour durer aujourd'hui de ne pas se lasser ou lasser les autres parce que encore une fois ça fait peut-être quelques années qu'on est sur le marché et encore une fois il faut se réinventer être ultra professionnel et qualitatif on l'a déjà dit avoir des fondations qui soient très solides et on le redit mais il faut vraiment vraiment vraiment vraiment savoir vendre et vendre tout le temps c'est vraiment le nerf de la guerre ...
- Speaker #0
On parlait tout à l'heure et on se disait ne rien prendre pour acquis. Hyper important ce côté de dire ce qui a marché il y a même six mois, ça se trouve ça ne marche plus. Ce contrat que je pensais garder pour toujours, il faut que j'ai un plan de contingence. Cette cliente qui m'a accordé sa confiance,
- Speaker #1
ça ne veut pas dire qu'elle reviendra d'office. Ce prospect avec qui ça semble très bien parti, où je me dis que ça va signer. En fait, on n'est jamais sûr que ça va signer.
- Speaker #0
ne marchera peut-être plus. Et ça, ça veut dire aussi faire attention à comment on investit. Et puis, toujours les fondamentaux pour bien... En fait, c'est cette espèce de prudence aussi et de profondeur à avoir à chaque phase et se dire, OK, là, je construis sur ce que j'ai mis en place. Et tu vois, il y a les petits à petits.
- Speaker #1
Exactement. Donc aujourd'hui, la croissance organique, clairement, ça ne suffit plus pour avoir de la visibilité, pour se faire connaître et pour vendre ses prestations. Il faut une vraie stratégie commerciale sous toutes ses formes. Du coup, c'est ce qu'on disait.
- Speaker #0
Détail.
- Speaker #1
Vente, vente, vente, vente, vente. Donc en gros, je pense qu'on a fait le tour de cette introduction sur l'état du marché actuel.
- Speaker #0
C'est ça, ce qu'on peut dire sur ce marché, tu me diras si tu es d'accord, mais 2026 versus 2020, c'est que ceux qui demeurent et qui vont demeurer. Oui. sont ceux qui sont vraiment bons. Alors, je sais que quand on dit bon, ça va venir trigger un peu tous les syndromes de l'imposteur. Moi, suis-je vraiment bonne, etc. Ce n'est pas du tout notre volonté. Non, pas du tout. L'idée, ce n'est pas de remettre en question ses compétences, c'est de dire, il faut en être sûr. Et d'ailleurs, souvent, les entrepreneurs avec qui on bosse n'ont pas spécialement de doute sur la qualité de leur travail. C'est plus la myriade, on va dire, de compétences qui sont autour. Tout ce qui va autour. leur faire confiance. peur. Et c'est justement de ça dont on va parler. Et c'est dans notre travail, toi et moi, c'est justement là-dessus qu'on veut donner les clés. C'est jamais sur l'expertise en question de la personne. Si la personne, elle sait, elle est graphiste et qu'elle sait qu'elle fait du bon travail, on ne le remettra pas en question. Si elle se dit « Bon, en fait, ce que je fais, c'est un peu laid » , effectivement, peut-être qu'elle n'est pas dans le bon corps de l'entreprise. Bien sûr,
- Speaker #1
complètement. C'est un peu l'image des... Moi, j'ai souvent cette image-là avec mes clientes, des casquettes, tu sais. La casquette de notre propre métier, comme tu dis, les graphistes, les webdesigners, ça... nos clientes l'endossent très bien et le vendent très bien, mais toutes les casquettes qu'il y a autour, de commercial, de communicante, de gestionnaire, de chef d'entreprise, il y en a des multiples, celles-ci, elles sont plus « challengeantes » , on va dire, à endosser.
- Speaker #0
Moi, ce que je leur dis toujours, de toute façon, c'est vous l'experte de votre domaine. Donc là-dessus, je peux poser des questions, creuser, challenger. Donc, ce qu'on dit, c'est « ceux qui demeurent sont les bons » , mais vous avez compris l'idée. ceux qui peuvent durer, ce qui est très tard à terme et ce qui génère de l'argent. Ceux qui sont motivés, c'est important. Ceux qui ont trouvé le bon... On peut avoir des périodes de fatigue, mais j'espère qu'ils retrouvent la flamme. Qui ont trouvé le bon business model, la bonne confiance en eux, la qualité et comme tu dis, cette capacité à rien prendre pour acquis, se renouveler, etc.
- Speaker #1
Je te propose qu'on passe à la suite de cet épisode.
- Speaker #0
Une fois qu'on a posé ce contexte et qu'on a dit que les choses avaient changé, là maintenant, ce qu'on voudrait balayer avec vous, c'est ces sortes d'illusions. C'est-à-dire, en fait, il y avait en 2020, il y a encore aujourd'hui un certain nombre d'illusions. On en a identifié six, je crois. qui perdurent, pour lesquelles on a pu se tromper ou en tout cas auxquelles on a pu croire ou desquelles on a pu profiter. C'est important. Et même nous aussi, bien sûr. Nous, les premières, mais qui ne sont plus tout à fait vraies. Et en fait, on voudrait naviguer un peu ça et se dire, OK, quel est le constat maintenant ? Et faisons attention de ne plus trop se bercer de ces illusions-là. Donc, la toute première, c'est un peu l'illusion du point de départ. C'est cette illusion de dire on part tous du même point. Tu vas voir ce que je veux dire. L'idée, c'est de dire, un, le premier, c'est ce fameux, tu sais, tout est une question de mindset.
- Speaker #1
Et ça, on l'a beaucoup entendu. On l'attend encore beaucoup.
- Speaker #0
Il suffit de la discipline, il suffit de le vouloir pour le pouvoir, il suffit d'y aller. Tu vois, c'est un peu la hustle culture, tu vois, ce truc où il faut bosser, c'est bon, ça va se faire tout seul. Si tu n'y arrives pas, c'est qu'en fait, peut-être, tu ne le voulais pas assez fort. Mais on sait tous maintenant, mais on a pu y croire. Et c'est peut-être encore un peu ancré en nous. Et c'est un peu tout l'objet de cette session. C'est de se dire qu'en fait, on est encore un petit peu ancré dans ces choses-là et qu'il faut quand même arriver à perdurer en les déconstruisant un peu. Donc, on est encore un peu là-dedans parfois, alors qu'en réalité, les facteurs culturels, sociaux, économiques existent. On n'a pas tous les mêmes moyens, pas tous les mêmes contextes. Il y en a qui jonglent avec un emploi à côté pour réussir à payer leurs factures et qui sont très contents de ça et qui d'ailleurs le garderont. D'autres qui choisissent de le faire différemment. Il y en a qui n'ont pas de trésorerie personnelle, qui n'ont pas de soutien financier, qui n'ont pas de conjoint. Ce n'est pas du tout la même situation que tu sois seule, en couple, etc. En fait, l'argent, qu'on le veuille ou non, c'est un facteur crucial dans l'entrepreneuriat. Évidemment que le mindset seul ne suffit pas sans argent.
- Speaker #1
Clairement pas. Ça dépend aussi si tu as des personnes à charge ou pas. On n'a clairement pas toutes et tous la même réalité économique et on ne part pas tous du même point.
- Speaker #0
C'est ça. Et derrière cette illusion aussi de où on part, il y a aussi beaucoup ce truc de « il suffit d'un rêve et d'une idée » . Le fameux, vous avez une zone de génie, monétisez-la. Il suffit d'avoir une bonne idée. Alors, ce qu'on a beaucoup entendu, c'est ce qui compte, c'est l'exécution, pas l'idée. Ça, on l'a beaucoup, beaucoup entendu. Alors, allez-y, lancez-vous. Et en fait, la réalité, c'est que non, toutes les idées ne se veulent pas. Il y a des idées pourries. Il y a des très bonnes idées. Et effectivement, on peut avoir une très bonne idée et la réaliser d'une très mauvaise manière. Et l'inverse, c'est sûr. Mais ça a été trop dit et trop généralisé. Merci. La réalité, c'est qu'un coaching Instagram généraliste aura quand même plus de chances de rencontrer son marché que, par exemple, un accompagnement spécialisé, je ne sais pas, pour enfants diabétiques de type 1 de moins de 10 ans. Tu vois, c'est très précis. Donc, en fait, il y a à la fois la notion de volume du marché que tu vas pouvoir rencontrer et à la fois la pertinence de ton business. Si tu décides de vendre des pulls en poils de chien, moi, je le sais, j'ai plein de poils à la maison. Tu pourrais me lancer là-dedans, toi, tu sais tricoter.
- Speaker #1
on pourrait faire un truc la réalité c'est que non il suffit pas de bien exécuter cette idée on aura certainement beaucoup de mal tu m'avais parlé dans un épisode de notre podcast si on vendait par exemple une machine pour faire des tresses je ne sais pas d'où tu étais sortie elle m'est revenue clairement je ne suis pas sûre qu'il y ait un marché à adresser là dessus et ça ça a été beaucoup dit à plein de gens vous avez juste besoin d'une idée après vous pouvez devenir riche ça je l'ai vu il n'y a pas encore très longtemps sur LinkedIn vous avez une compétence monétisée là c'est ça alors juste le côté de vous avez une compétence faites-en une formation en ligne vendez-la moins de 50 euros et c'est bon la gloire est à vous et tu sais ce que j'ai beaucoup vu avec ça aussi c'est des gens qui se sont dégoûtés de trucs qu'ils aimaient parce qu'en fait ils ont par exemple bah toi t'aimes bien tricoter oui on
- Speaker #0
a des copines qui aiment tricoter aussi mais en fait elles se sont dit bah moi j'aime bien tricoter tout internet et les réseaux me disent que je peux devenir riche en faisant ce que j'aime donc je vais faire ça et en fait on envoie des créatrices maintenant qui disent je me suis dégoûtée ouais de ce que j'aimais. Parce qu'en fait, quand tu viens rajouter la dimension commerciale de te faire vendre, gérer tes stocks, investir dans des machines, des nanas, en fait, tu peux te dégoûter aussi de ce que t'aimes. Complètement. C'est vrai, je n'avais pas vu ce côté-là. Et moi, c'est un truc que j'ai beaucoup dit à mes clientes. Alors moi, maintenant, c'est marrant, on voit quand même que le marché change. Mais en 2022, j'ai eu beaucoup de gens en face à qui j'ai dit « mais ce n'est pas parce que c'est quelque chose que t'aimes que tu dois en faire ton business » . Et ça se calme un peu. Tu vois comme quoi ça a pas mal évolué. ensuite il y a aussi ce côté alors le fameux Si vous savez 10% de plus que votre cible, vous pouvez l'accompagner. Vous apporterez déjà quelque chose. Vous n'avez pas besoin d'un diplôme. Vous n'avez pas besoin. Vous avez juste besoin de votre passion et de vos réalisations. Ça peut être vrai.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça peut être vrai.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
On dit juste que de manière générale, encore une fois, ça ne l'est pas. C'est vraiment cette généralisation qui est gênante. Évidemment qu'il y a des personnes pour qui ce sera le cas. Bien sûr. Évidemment qu'il y a des personnes passionnantes qui vont dans un domaine très, on va dire... comment dire, perpendiculaires à leur vie, vont trouver un truc et vont être hyper bons dans la parentalité, alors qu'à la base, ils sont comptables. Ça arrive. Mais de raconter toujours cette espèce de narratif qu'on peut être expert en tout, il suffit juste de l'avoir fait un peu plus que les autres. En fait, ça, c'est quand même très casse-gueule. La réalité du jour, en tout cas, c'est que notre clientèle est devenue exigeante de plus en plus, que la concurrence est féroce, que notre réputation est cruciale et qu'est-ce que j'ai vu des gens autour de moi par exemple lancer leur propre coaching business parce que eux, avaient lancé leur business, je ne sais pas, dans, je veux dire, n'importe quoi, la cuisine, par exemple. Eux, ils étaient très bon à la cuisine. Ils sont devenus, ils ont monté un super business. Et après, ils se sont dit, mais moi, je peux aider des gens à monter leur business. Et donc, ils ont été essayer d'appliquer leur méthode. Oui, tout le monde. Mais en fait, pour être coach business, donc en l'occurrence dans cet exemple, il ne faut pas juste savoir avoir réussi à monter son business, il faut savoir accompagner des contextes différents.
- Speaker #1
Des marchés différents.
- Speaker #0
Des marchés différents. Bref, des humains. à faire pareil. Et là, tout s'effondre généralement.
- Speaker #1
Et puis, l'univers du coaching, je fais une parenthèse, mais pas ultra bien réglementé. Le mot coach peut être utilisé par tellement de personnes et consultants et renvoyé à des réalités, des compétences, un background tellement différent derrière. On a pu voir des coachs en plein de domaines différents. Je pense qu'on en reparlera.
- Speaker #0
On en parlera un peu, mais en tout cas, voilà. Aujourd'hui, ce qui est sûr que ce qu'on attend de nous, c'est vraiment ... un travail impeccable, une expertise rassurante, de la profondeur. Et en fait, si on se lance un peu la fleur au fusil en se disant « moi, je suis un peu expert là-dessus, je peux me lancer » , ça peut marcher encore une fois. Ce n'est pas ce qu'on dit, on ne dit pas que ça ne marchera pas, qu'il faut avoir bardé ses plommes.
- Speaker #1
Ce n'est pas une généralité.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas une généralité. Et ça peut être dangereux. Et ça peut être dangereux et ça peut casser complètement ton business. Le nombre de personnes que j'entends dire « j'ai fait telle formation, c'était un peu pourri » , Et en fait, ça vient casser tout de suite un cercle vertueux. Donc, il faut se méfier. Et ensuite, sur ce point de départ, le dernier truc que je voulais noter, c'est ce fameux « on a tous les mêmes chances » . Tout le monde part de la même ligne de départ, c'est une question de volonté. Ça revient un peu à ce qu'on disait en premier point, mais c'est un angle un peu différent. Là, je voulais vraiment parler des privilèges. un homme blanc aura plus de chance qu'une femme a fortiori racisée on peut ajouter toutes les questions de validité d'orientation sexuelle d'apparence physique et tout y quanti il y en a plein plein plein plein mais au delà de ça il y a aussi des contextes plus profitables que d'autres Si tu te lances, je ne sais pas, en photographie avec une offre à, je ne sais pas, 3 000 euros dans un patelin paumé du fin fond de la France, tu auras peut-être moins de chances de réussir que si tu es community manager dans le monde de l'influence à Paris. Et encore une fois, ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas y arriver dans un cas où on peut compter.
- Speaker #1
Ça veut dire que les stratégies doivent être adaptées et qu'on doit réfléchir à notre contexte de manière individuelle et qu'on ne parle pas tous du même point.
- Speaker #0
Et voilà, ce que je voulais dire là-dessus, pour conclure sur cette... première illusion qui est quand même encore très ancrée en nous, c'est ce côté que en fait, de dire qu'on part pas tous du même point de départ, ça remet un peu en question ce côté self-made man, tu vois, que l'entreprenariat notamment, hérité des Américains, on aime beaucoup.
- Speaker #1
Et tous les récits qu'on nous a bercés avec. C'est pas français ce que j'ai dit,
- Speaker #0
mais t'as compris. On nous a bercés avec, j'ai parfaitement compris. Et c'est ça en fait, c'est ce côté de dire... Non, la réalité, c'est qu'on ne part pas tous du même point. Et on ne va peut-être pas tous au même point. Et ça, tu vas nous en parler.
- Speaker #1
Exactement. Une fois qu'on a compris qu'on ne partait pas tous du même point, c'est aussi valable pour le point de là où on veut aller. On remet aussi les illusions. On voulait vous reparler des illusions qui concernent un peu la destination, ce qu'on se donne comme objectif. Et la première illusion, c'est le mythe des revenus mirobolants grâce à l'entrepreneuriat à fortiori en ligne. ce qu'on nous dit c'est qu'on peut faire 10k par mois que c'est le minimum maintenant la barre est un peu baissée on voit 5k, 4k on parle de business à 6 chiffres 7 chiffres exactement, moi j'ai vu des oui, moi j'ai atteint une trésorerie à 5, 6 chiffres on peut gagner Système américain et système européen. Qu'on peut gagner beaucoup d'argent facilement. Enfin ça, vraiment, on a vu des discours, des entiers nous parler de ça.
- Speaker #0
Je pense que c'était le principal. Oui, exactement. L'entrepreneuriat, c'est de devenir riche.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors qu'en fait, tout le monde...
- Speaker #1
Relié au récit de Self-MedMed, c'est difficile à dire, dont tu parlais juste avant. Mais la réalité, c'est que, par exemple, pour certaines community managers ou architectes d'intérieur, euh 10 cas, ça va peut-être être assez facile à faire, mais pour d'autres entrepreneurs qui peuvent être, par exemple, naturopathes ou graphistes, atteindre 35 000 euros annuels, c'est déjà une sacrée étape. C'est du taf, quoi. Ça ne se fait pas en un quatre-monde-doigt.
- Speaker #0
Quand tu as un panier moyen à 2-3 000 euros la mission et que tu peux en faire 2-3 par mois, tu as utilisé l'exemple de l'architecte, je trouve que c'est hyper parlant parce que c'est des paniers moyens à 7 000, 10 000, 15 000. Donc, ce n'est pas du tout la même chose. Et attention, on n'est pas en train de dire que l'architecte, elle ne bosse pas. Des copines architectes, elles vont nous taper sur le bif. c'est pas ça c'est que c'est simplement pas le même business model.
- Speaker #1
Et la réalité, c'est que certains ont pu monter une entreprise parce qu'ils gagnaient beaucoup d'argent à un instant T, ils ont embauché des équipes, ils sont passés en société, etc. Sauf que c'est pour certains, c'est plus le cas les années d'après et que c'est vraiment dur. Je ne sais plus quand est-ce qu'on l'évoquait, si c'était au début de l'épisode ou l'épisode d'avant. C'est dur de continuer à faire du chiffre d'affaires tous les ans, encore et encore, stabiliser son chiffre d'affaires.
- Speaker #0
pouvoir en vivre confortablement et c'est déjà assez incroyable et c'est pas donné à tout le monde donc ce mythe des revenus mirobolants de l'entrepreneuriat il faut en croître aussi je trouve que derrière il y a cette notion de croissance tu n'imagines pas le nombre d'entrepreneurs qui viennent me voir en me disant j'ai plus de croissance et ça m'inquiète genre ça monte plus et souvent une des premières questions que je pose c'est t'en es satisfaite ? t'es contente ? ça t'arrive à vivre ? pourquoi tu veux monter forcément ? alors j'entends il faut suivre l'inflation on a des projets personnels souvent quand elle m'explique elle me dit je veux monter pour telle raison et du coup je comprends mais en tout cas c'est vrai je pense que tu vois ça c'est bien d'ancrer en nous ce côté il faut gagner plus et toujours plus et monter sa boîte et embaucher des gens mais c'est pas facile et moi la question que j'ai envie de poser des fois en face c'est mais en fait elle
- Speaker #1
est où la fin ? tu vois quand t'es dans l'objectif Quand tu es dans l'objectif de toujours plus, toujours plus, toujours plus de croissance.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
mais en fait, allez-vous la limite ? À un moment donné, tu ne peux pas ? Ça me fait penser au livre de Timothée Paré sur la décroissance. Mais bon, c'est un autre sujet. Parmi les points qu'on voulait aborder aussi sur cette illusion, sur les illusions qu'on a pu nous partager, sur les objectifs qu'on peut se fixer ou là où on veut aller, c'est les revenus passifs. Alors, c'est relié avec le mythe des revenus mirobolants. Clairement, c'était créer une formation en ligne, créer des revenus passifs. Tu sais, les notifications, les stories avec les notifications Stripe. Donc ce qu'on nous a dit, c'est que c'était facile, qu'il suffisait de faire une formation en ligne, de, encore une fois, transformer votre compétence en un produit digital passif, et vous n'aurez plus besoin de vendre votre temps. Il est là à nouveau,
- Speaker #0
le fameux ne plus vendre son temps.
- Speaker #1
Faites ça une fois, travaillez votre formation, vous la mettez en ligne sur votre plateforme, et bim, bim, bim, les notifications en Stripe, elles apparaissent sur votre boîte mail.
- Speaker #0
Je vais faire ça, je pense.
- Speaker #1
Allez, vas-y, on arrête, on y va. La réalité, c'est que les produits digitaux passifs, Donc ça demande un travail... colossales. Vraiment, ça demande du temps. Il faut se filmer. Si c'est une formation en ligne, il faut se filmer. Il faut avoir la compétence. Il faut mettre ça en ligne sur la plateforme. Il faut assurer le SAV derrière. Il faut des supports. Il faut avoir quelque chose d'intelligent à dire, de pertinent, de profond. Maîtriser la pédagogie. Investir aussi du temps dans du matériel. Le tournage, le montage, etc. Avoir la trésorerie pour tenir les lancements ratés ou les périodes hors lancement. si on repose son business exclusivement sur ce type de produit-là, ce qui peut être possible. Mais derrière, il faut tenir sur la durée encore une fois. Et le retour, il faut savoir les vendre.
- Speaker #0
Une fois qu'il est fait ?
- Speaker #1
Toute l'année.
- Speaker #0
Le nombre de business comme ça que j'accompagne où elles ont un produit digital mais qui est cool, un truc vraiment chouette. Mais en fait, ils ne se vendent pas. Parce qu'en fait, ils font parler.
- Speaker #1
Constamment ? Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et tu vois, moi je le sais parce que j'ai eu un freebie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et en fait, quand je n'en parlais pas, hésitez à télécharger 100 fois moins que quand on en parlait. C'est logique, c'est un peu mathématique. Constamment en parler.
- Speaker #1
Oui. Et sur les dernières années, il y a certaines stars de la formation francophone qui ont quand même été prises en flagrant délit de plagiat de programmes américains.
- Speaker #0
C'est pas joli, joli.
- Speaker #1
Et en fait, pourquoi ? Parce qu'on se rend compte que créer des produits passifs de qualité, ça prend un temps fou, ça demande des compétences, ça demande de la réflexion. C'est très, très loin d'être facile. Donc le mythe de... L'illusion des revenus passifs faciles, ça ne se fait pas.
- Speaker #0
Et encore une fois, on ne fait pas une généralité. Il y a des personnes qui vivent de ça aujourd'hui. Je reprends l'exemple du culinaire, mais c'est parce que j'ai l'exemple en tête récent. Un coach sportif ou quelqu'un qui fait des vidéos sur TikTok de recettes, etc. Qui a une commu de malade parce qu'il fait du contenu. Attention, ça ne tombe pas du ciel encore une fois. Mais qui à un moment donné se dit, du coup, je pourrais faire un petit bout. ou une petite formation pas très chère et ça va se vendre comme des petits pains. Mais c'est spécifique et c'est en fait de ne pas en faire une généralité. J'ai encore beaucoup de clientes qui viennent me voir en disant je veux faire des produits passifs. Et en fait, quand on creuse, c'est absolument pas pertinent pour leur cible. Mais elles sont accrochées à ça parce qu'elles veulent travailler moins.
- Speaker #1
Oui, travailler moins et gagner plus.
- Speaker #0
Le mythe du slow-tro-prenariat.
- Speaker #1
Eva, tu me fais une parfaite transition pour le troisième point. aussi dit que c'était possible d'y aller tout doux, de travailler moins pour gagner plus, en faire moins, mais travailler mieux. On le voit un peu partout, le fameux travailler moins, mais mieux. Donc, ce fameux un peu mythe du slowprenariat.
- Speaker #0
Comme si travailler plus...
- Speaker #1
C'était un gros mot.
- Speaker #0
C'était pas bien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Opposer le travailler moins mais mieux, ça veut dire que quand tu travailles beaucoup, tu travailles pas bien.
- Speaker #1
Oui, exactement. et en fait c'est
- Speaker #0
C'est normal aussi de travailler beaucoup les premières années, de structurer, de tester, d'optimiser, de se tromper.
- Speaker #1
Je crois que c'est pour faire vivre un business.
- Speaker #0
Et ça, on l'oublie, je crois. Parce qu'on nous a aussi un peu fait miroiter qu'il y a eu aussi des discours de « en six mois, j'ai réussi à vivre de mon activité » . Ça, moi, je l'ai beaucoup vu quand je me suis lancée.
- Speaker #1
Les dix premiers cas, c'était moins d'un an, tu vois, un peu comme ça.
- Speaker #0
C'est pareil. Du coup, moi, j'avais eu un peu cette sensation-là de me dire « attends, ça fait six mois que je suis lancée, je vis toujours pas de mon activité, qu'est-ce qui cloche ? » Donc, tu vois, c'était pas très sain. Pour durer, il faut encore une fois se renouveler. Les entrepreneurs accomplis qui travaillent 25 heures par semaine, ça se trouve, elles ont bossé comme des dingues pendant des années.
- Speaker #1
Ça se trouve.
- Speaker #0
Et elles peuvent maintenant déléguer. Et comme tu le disais, qui a dit que travailler beaucoup, c'était pas bien travailler. J'ai lu une newsletter il n'y a pas très longtemps d'une personne qui... qui disait que pendant une certaine période, pendant plusieurs mois, elle a travaillé d'arrache-pied parce qu'elle cumulait un emploi salarié qui était une belle opportunité pour elle. Et à côté, elle avait sa boîte. Et qu'en fait, ça l'avait vraiment nourrie intellectuellement. Ça lui avait permis d'apporter de la structure dans sa vie. Elle l'avait bien vécue.
- Speaker #1
En fait, je pense dans les clichés, parce qu'évidemment, tout ça, ça tire des questions vachement profondes. profondes sur le capitalisme, la place du travail, dans la société, les manipulations des masses, bref, toutes les questions de société moderne du monde, etc. Et on a des copines très intelligentes qui lisent des livres très intelligents sur le sujet. Et voilà, il y a plein de choses hyper profondes à dire. Mais là, si on simplifie un peu notre propos et qu'on le remet sur un petit prisme de l'entrepreneuriat, c'est de dire que peut-être travailler beaucoup ne s'oppose pas forcément en mal à travailler peu. Et que travailler peu n'est pas forcément donné à tout le monde, même si on n'est pas en train de glorifier le burn-out ou quoi que ce soit.
- Speaker #0
Non, bien sûr. Mais il y a peut-être un entre-deux. Donc, c'est peut-être illusoire de croire que la majorité peut travailler très peu et peut réussir facilement.
- Speaker #1
Encore une fois, c'est ça. On se répète beaucoup, je trouve, sur cette histoire de majorité. Mais c'est parce qu'il y a eu beaucoup ces discours dominants qui semblent concerner tout le monde. Oui,
- Speaker #0
et qui nous ont un peu matrixés. Alors qu'en fait,
- Speaker #1
c'est peut-être presque l'inverse. c'est-à-dire que les discours de dominance concernent une minorité. chanceuse ou travailleuse, talentueuse et pas la majorité.
- Speaker #0
Et pour venir clôturer ce point sur cette dernière illusion, il y a aussi l'exagération permanente du toujours plus, encore plus dans le marketing de contenu, l'expérience qu'il y a, on part, il faut toujours faire plus. essayer des nouveaux outils, surtout maintenant avec l'IA qui est sortie, faire de nouvelles formations, passer un cap, rejoindre de tels nouveaux réseaux, se lancer sur telle plateforme de communication, tester un nouveau format. C'est ridicule. Avoir une équipe qui travaille pour vous, toujours plus, plus, plus, plus, plus. Et la réalité, c'est que cette course à l'exagération, toujours plus, c'est épuisant. Et puis, ce n'est peut-être pas fait pour tout le monde aussi. On est bombardé d'informations. constamment, on est sur-stimulé en étant sur les réseaux et on se sent aussi en compétition permanente avec le monde entier avec tout ce qu'on voit et du coup on en oublie un peu de se concentrer sur notre propre business et sur ce qu'on veut vraiment moi clairement demain si j'ai un business qui me permet de vivre, de me verser un salaire confortable de kiffer ce que je fais sans bosser, alors oui des heures et des heures mais quand même un minimum parce que moi ça m'épanouit et que ça me nourrit, en fait je demande pas plus
- Speaker #1
j'ai pas envie d'avoir une équipe j'ai pas envie de faire 200 000 euros par an enfin tu vois c'est ce truc sur les réseaux de toujours regarder ce que les autres font de se comparer, d'échanger et en fait un truc que je voulais dire aussi là dessus tu me diras si t'es d'accord mais c'est aussi ce truc qui est, on est tombé un peu dans une extrême avec les communautés d'entrepreneurs les trucs comme ça aussi c'est bien de s'entourer, c'est bien de parler à des entrepreneurs qui nous comprennent, c'est bien de trouver des gens qui sont comme nous qui... d'avoir des business friends, etc. Mais c'est devenu trop, je trouve, encore une fois. Et du coup, il y a des personnes qui passent plus de temps à regarder ce que font les entreprises, à être dans des communautés d'entrepreneuses, à aller à des conférences d'entrepreneuses, à être vraiment dans cette entre-soi d'entrepreneuses et qui, du coup, perdent la vision d'ensemble et surtout perdent pied avec leurs clients. Tu vois, elles sont plus en lien avec leurs clients. Et comme tu dis, pour revenir à ce que tu disais, à cette fameuse simplicité de se dire... Moi, je vends ça à telle personne et du coup, je me concentre là-dessus. Et du coup, je travaille pour faire ça. Je travaille juste ce qu'il faut. Et je ne suis pas en train de constamment aller me nourrir des autres, des autres, des autres, des autres.
- Speaker #0
En fait, il y a un peu ce syndrome de l'objet brillant. Et ça a pour conséquence, je trouve, de nous disperser. En fait, de nous dire, ah tiens, ça, c'est vachement bien. Ah, puis ça aussi. Ah, puis ça aussi. Du coup, on en oublie le... Oui, je suis d'accord.
- Speaker #1
On veut tellement appartenir. Et se sentir moins seule, parce qu'il faut le dire, l'entrepreneuriat, c'est très solitaire.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Du coup, on est un peu tombé dans l'extrême inverse, je trouve. Du coup, on est beaucoup à vouloir tout le temps s'entourer, s'entourer, mais en fait, du coup, on passe plus de temps à papoter. On va en reparler de ça avec d'autres entrepreneurs. Le papotage. Qu'à vraiment juste avoir des clients et faire son taf.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Tu vois, un salarié passe pas sa vie à regarder des articles sur son domaine et parler à d'autres salariés, parler à d'autres salariés, parler à d'autres... Enfin, tu vois, il fait son taf, et puis quand il sort du taf, il a des potes.
- Speaker #0
Il va à la machine à café, quand même.
- Speaker #1
Il a des potes qui font d'autres métiers. Tu vois, c'est un peu un travers aussi qui va dans cette exagération.
- Speaker #0
Tout à fait. Tu vois, on a beaucoup parlé de généralité. Et du coup, je te fais le lien pour la prochaine partie. On va parler de cette standardisation un peu toxique. En fait,
- Speaker #1
c'est ça. Oui, c'est ça. En fait, on en a un peu parlé en disant qu'il y a beaucoup de choses qui essayent d'être appliquées aux masses, alors qu'en fait, en réalité, ça concerne peut-être plus des minorités que l'inverse. quoi. Ouais, une illusion dans laquelle on a été beaucoup... bercé, je trouve, et qui reste encore pas mal ancré, et qui pour le coup, je trouve que c'est dur de la déconstruire chez mes clients, c'est ce côté, comme tu disais, standardisation. En fait, on a eu des personnes qui sont arrivées en disant, regardez, moi j'arrive, donc vous pouvez y arriver aussi. Donc on a eu le coach Instagram qui te dit, bah c'est facile de faire du contenu Instagram, mais en fait c'est leur travail de faire du contenu Instagram. Donc en fait, on voit leur communauté et on prend ça comme accessible pour nous, réalisable pour nous. On se dit, bah... Ils ont 20K, 30K, 100K.
- Speaker #0
Et c'est applicable à notre business. Du coup,
- Speaker #1
on peut le faire. Donc, c'est parti. Si je prends un exemple un petit peu différent, les coachs sportifs, toi et moi, en plus, on aime bien, on en a quelques-uns qu'on adore, on adore suivre ces trucs-là et tout, ils vont te dire, ils font du sport toute la journée, donc ils vont te dire, ils vont te parler de faire du sport, faire du sport, ils font du sport, Mais nous, c'est vachement plus dur de faire du sport dans une journée, dans notre mode de vie, en plus d'entrepreneur qui est ultra sédentaire, malheureusement.
- Speaker #0
À l'œuvre grande des espoirs. Exactement. Mais on essaye de bouger quand même.
- Speaker #1
On essaye. Mais c'est dur. Et moi, je le fais même dans ma vie de salarié. Je bouge mille fois moins qu'avant. Parce que je bosse de chez moi. Ça tire plein de trucs. Mais tu vois, ce truc de comme moi, je fais ça. Oui. En fait, on se...
- Speaker #0
Copier-coller.
- Speaker #1
Voilà, copier-coller, c'est possible. Ce que tu fais, c'est possible. Moi aussi, je peux y arriver. On a eu ça beaucoup dans les formations, tu vois, les grands noms du business, encore une fois, qui disaient « moi, je suis devenue riche en faisant des formations, donc vous aussi, vous pouvez devenir riche en faisant des formations » . Sauf que, encore une fois, tout ça, c'est des business pyramidaux, les fameux. Quelqu'un qui va voir, par exemple, la cible d'une webdesigner. Oui. C'est des personnes qui veulent des sites, qui n'ont pas vocation à devenir webdesigner. Sauf si tu fais une formation pour être webdesigner. C'est encore un autre sujet. Mais ces personnes-là qui veulent qu'on leur fasse un site, elles ne veulent pas une formation. Elles veulent qu'on fasse le site à leur place, tu le disais toi tout à l'heure.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et ça, c'est transposable pour la majorité des entreprises de service. Photographe, rédactrice, graphiste, voilà. Et je trouve qu'il y a eu une grosse, pendant longtemps, et encore aujourd'hui, il y a eu une standardisation des méthodes. Ce truc de dire, je suis expert newsletter, et du coup, tout le monde s'abonne, et tout le monde veut faire pareil que la personne qui a des newsletters. Mais est-ce que toi... c'est possible que dans ton business à quoi, ce ne soit pas du tout pertinent d'avoir un newsletter.
- Speaker #0
Moi, je l'ai eu, ce truc-là.
- Speaker #1
Oui, je me souviens de nos discussions. Il y a beaucoup de gens qui arrivent, qui viennent me voir et qui me disent « Moi, je veux faire un newsletter » ou alors « Ah, il faut que j'aille sur LinkedIn » ou alors « Moi, je fais du post Instagram » parce que « Mais pourquoi tu le fais ? » Pose-toi la question. Et en fait, il y a eu beaucoup ce truc de « On fait des grandes formations de groupe, on sort des grandes méthodes magiques. » Il y a les experts des stories Instagram, les experts de la newsletter. Mais c'est normal, eux, ils ont raison de faire ça. Mais c'est de venir être capable, nous, dans notre business, de s'élever, d'avoir cette logique, de se dire, ce n'est pas parce que c'est la mode ou parce qu'Intel a une newsletter ou parce qu'il faut que moi aussi j'ai ça.
- Speaker #0
Oui, ou que son contenu, le produit ou la formation qu'elle vend, elle est ultra pertinente et qu'il peut l'être, mais peut-être pas pertinente pour notre contexte à nous, pour notre business à nous. Et d'être capable de garder un esprit critique sur, OK, là, ça a l'air super, mais en fait, moi, ça ne va pas m'apporter grand-chose au vu de mon contexte.
- Speaker #1
C'est ça. Et ce qu'on oublie beaucoup de rappeler, je trouve, c'est qu'un business qui marche, dans la durée encore une fois, pas juste une année, parce que le problème de surfer beaucoup sur les tendances comme ça, c'est que ça marche un an, deux ans, puis clac, ça s'écroule. On en a parlé en début. C'est un ensemble de choses, un business qui marche. Ce n'est pas un truc précis qui marchera. Et ce n'est pas parce que ça a marché chez la voisine que ça marchera chez vous. Il n'y a pas deux business identiques, il n'y a pas deux personnes identiques. Et du coup, c'est normal. Et donc, cette standardisation globale qui était beaucoup tirée par les grands formateurs, La réalité, c'est qu'ils ne faisaient pas du personnalisé, mais ils ne s'en cachaient pas.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est vachement dur. Moi, j'ai beaucoup de clients qui me disent « j'ai fait plein de formations, j'ai fait plein de trucs, mais en fait, je n'arrive pas à me l'appliquer à moi » . Et donc, on revient à ce qu'on disait, retour à la personnalisation, retour à l'individuel, retour à beaucoup plus de liens humains, de contexte, etc.
- Speaker #0
Et d'avoir une vision à 360 de son business, ce n'est pas juste sur un point précis. Et parmi les points importants à avoir en tête, c'est la stratégie commerciale. et c'est aussi une illusion par laquelle on a beaucoup été bercés un peu, enfin un peu, non j'ose le dire, du mensonge de vous pouvez vendre sans vendre je vais parler de vente, désolée mais ça va bien se passer vous allez voir, peut-être que même à la fin de l'épisode vous aimerez la vente,
- Speaker #1
on va voir ça avance pas trop
- Speaker #0
Mais on nous a beaucoup dit, faites du contenu, vous n'aurez pas besoin de vendre. Faites du contenu, vous n'aurez pas besoin de prospecter. Faites du contenu et les clients arriveront à vous. Le fameux contenu magnétique.
- Speaker #1
Ah oui, le magnète sur le frigo.
- Speaker #0
Votre travail parlera pour vous. Vous n'avez pas besoin de faire du contenu de vente. Pas besoin de prospecter ou de forcer la vente. En fait, la réalité, c'est que la prospection, c'est redevenu nécessaire. Si tant est que ça n'a jamais été nécessaire, ça a toujours été nécessaire. En fait,
- Speaker #1
c'est une sorte de butacalmie.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
peut-être.
- Speaker #0
Parce que la croissance organique, elle marchait bien, mais aujourd'hui, elle ne fonctionne plus. Je voyais la story d'un entrepreneur qui fait des très belles bougies assez premium. Et il partageait des stories l'autre jour où il disait, c'était assez bien fait parce qu'il partageait des anciens posts pour les remettre sur le devant de la scène en disant, à l'époque, j'avais 700 abonnés et il y avait 500 personnes qui avaient vu mon poste. Aujourd'hui, j'en ai 10 000 et il y a 300 personnes qui ont vu mon poste. C'est fou. Donc la portée organique, on le sait, n'est plus la même ?
- Speaker #1
Petite parenthèse, encore une fois, on n'est pas en train de dire que ça ne marche plus pour personne. Bien sûr. Il y a encore des comptes qui se lancent aujourd'hui, qui font des croissances de malade, qui font des percées de ouf, que ce soit sur TikTok, sur machin, avec des concepts novateurs, etc. Il y en a encore. C'est juste qu'encore une fois, ce n'est pas valable pour tout le monde. Les entrepreneurs, c'est plus valable. Pour la plupart des gens.
- Speaker #0
Exactement. Et du coup, on voit fleurir partout maintenant les guides ou les méthodologies anti-prospection.
- Speaker #1
Je les envoie tout le temps en Smart quand on voit ça.
- Speaker #0
Vendre sans vendre. Mais en fait, appelons un chat un chat. On doit prospecter et on doit vendre.
- Speaker #1
C'est quoi la prospection du Smart ? J'aurais la prospection...
- Speaker #0
Forcée !
- Speaker #1
Force dans ta gueule. C'est quoi ?
- Speaker #0
On joue sur les peurs et les blocages des entrepreneurs. Et c'est un peu dommage. Et encore une fois, appelons un chat un chat. Moi, je disais à une de mes clientes l'autre jour, parce qu'on réfléchissait à un mail à envoyer à un prospect. Donc forcément, il faut réfléchir à l'objet de mail. Et je lui disais, mais en fait, pourquoi on ne tenterait pas le... Ceci est un mail de prospection, mais vous allez adorer le lire. Enfin, voilà, juste assumons en tant qu'entrepreneurs qu'on doit prospecter et qu'on doit vendre. on nous a tellement dit que la vente c'était méchant que les gens n'aimaient pas être prospectés les gens n'aimaient pas qu'on vende donc faites du contenu c'est facile écrivez une newsletter c'est facile faites un podcast c'est facile et du coup tout le monde s'est mis à créer du contenu et maintenant on leur dit attirer des clients sans créer de contenu parce que les gens en ont marre de faire du contenu c'est marrant mais on leur dit quand même qu'il faut vendre mais sans vraiment vendre c'est pas encore complètement assumé c'est pas complètement estimé
- Speaker #1
et c'est dommage vous n'aimez pas vendre c'est pas grave faites du contenu vous en avez marre de faire du contenu arrêtez de faire du contenu mais on leur dit pas encore tout à fait vendez on a pas encore passé le cap et on dit toujours aux entrepreneurs qu'elles pourront éviter de faire ce qu'elles n'aiment pas c'est normal Et ça,
- Speaker #0
c'est nous brosser dans le sens du poil. mais en fait à un moment donné il faut savoir c'est normal, c'est jouer le jeu c'est de dire aux gens qui n'aiment pas faire du sport reprenez cette pilule magique et vous allez pouvoir vous muscler ou perdre du poids sans avoir besoin de faire du sport comme tu dis ça permet de vendre les produits ou les formations au lieu de dire clairement qu'on devrait faire des trucs qu'on n'aime pas faire ça fait partie du jeu donc on peut trouver la meilleure manière de procéder pour leur business, leur niche leur personnalité mais à un moment donné il faut accepter que vendre c'est une réalité en business et que c'est tout simplement indispensable et ça on l'abordera dans un des prochains épisodes de Turbulence c'est bien ancré encore ça c'est une question de se dire je vais réussir à vendre sans vendre et tout et le problème c'est qu'encore une fois c'est pas applicable pareil à tout le monde non bien sûr que non il y a encore des gens qui arrivent à vendre en faisant juste du contenu bien sûr
- Speaker #1
mais il y a plein de gens qui n'y arrivent plus et leur contenu ne touche personne. Il y a trois cliquets sur leur compte et personne ne like. C'est dur.
- Speaker #0
J'ai beaucoup de personnes qui viennent me voir en me disant « Oui, j'aimerais prospecter, j'aimerais vendre, mais à ma manière, avec mes mots, en respectant mes valeurs. » Je leur dis « Oui, mais il n'y a pas de souci. C'est possible. » On n'est pas obligé de vendre son abonné. On n'est pas obligé de vendre son abonné. Il n'y a rien de différent que quand tu rencontres une personne pour la première fois à... je ne sais pas, un événement familial ou autre, tu vas parler de toi à un moment donné dans la conversation. Ce n'est pas différent en business. C'est juste qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Mais bon, on aura l'occasion d'en reparler.
- Speaker #1
Dans les illusions qui ont bercé les années précédentes et qui continuent, je pense, encore un petit peu, c'est cette fameuse, on va dire, dichotomie. Alors là, je pars dans les mots savants. En tout cas, sur le pilotage. Et derrière le pilotage, j'entends les chiffres. tu vas voir ce que je veux dire ah les chiffres je t'ai fait pareil sur la vente et là c'est pas les chiffres mais c'est vrai c'est ce truc de en fait il y a un peu deux teams et je suis sûre que tu vois c'est soit il y a celles qui ont peur des chiffres genre vraiment et puis c'est pas une blague genre il y a des clients je leur dis ah chiffres et son ah j'aime pas ce mot vraiment ça leur fait peur et c'est généralement l'histoire de ah moi j'ai fait un bac littéraire en fait, je suis un peu nulle en maths comme si j'allais... La croyance de je suis nulle en maths comme si j'allais dire venez on fait des probas quoi, je sais pas en faire, moi aussi j'ai fait un bac littéraire, qu'est-ce que c'est cette histoire ?
- Speaker #0
Ouais moi j'ai fait un bac S, je suis meilleure que vous.
- Speaker #1
Ah bah alors j'attends de voir, on fait des probas tout à l'heure, on va faire des probas, des équations alors avec ma fille on en est en ce moment en division donc je t'attends. Bref, ce côté j'ai peur des chiffres, du coup je les regarde pas je ne les regarde pas, je fais le truche. Ça fait peur. J'ai régulièrement des clientes qui font des gros chiffres d'affaires. Elles arrivent et je leur dis super ! On va décortiquer ton chiffre d'affaires. Quelle est ton offre la plus vendue ? Quelle est ton offre la moins vendue ? Quelle est celle que tu vends le plus en volume et qui te rapporte le moins d'argent et vice versa ? Et là, j'ai un gros blanc. C'est les cigales. Et elles me disent, je ne sais pas. Je ne suis pas. Ah d'accord. Donc, il y a quand même des choses très importantes à savoir. Et c'est vrai que cette illusion de on s'en fout un peu des chiffres. Tu vois, on est entrepreneur, on est entrepreneur sur Internet, ça tourne. Et il y a l'inverse. Il y a toute la team des tableaux de bord Notion. des Template Notion où en fait pendant des années on nous a dit que en fait si on avait un super tableau de Burn Notion bah en fait on pouvait se sauver moi j'ai déjà vu le truc de en gros la promesse c'était votre business va aller bien si vous avez un Template Notion comme si ça avait un rapport Oui. Alors que ça n'en a pas. Et j'ai beaucoup de clientes qui me disent, et je vois, elles font tous les mois des bilans, elles récoltent plein de chiffres, elles sont très carrées. C'est très scrupuleux. C'est le syndrome de la bonne élève. Exactement. Et en fait, à la fin, elles me disent, mais je ne sais pas quoi en faire. Ça me fait prendre quoi comme décision ? Quelle direction choisir ? Je ne sais pas ce que ça veut dire, en fait, de moi, de mon business, des décisions que je dois prendre. Donc, il y a quand même, en gros, ce truc à naviguer encore.
- Speaker #0
Mais il y a aussi ce truc de, on ne l'a pas tellement appris, parfois aussi en se lançant tu vois ouais bien sûr C'est normal,
- Speaker #1
pendant mes études, j'ai fait de la finance, de marché, j'ai fait du contrôle de gestion, j'ai fait de l'économie. Et tout ça, en fait, ça pose quand même un certain nombre de bases. Bien sûr. La compta, etc. Et après, plus tard, des Excel, on veut-tu en voilà, etc. Et ça, si je ne l'avais pas fait, pas appris, je ne saurais pas le faire.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est normal.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Les conséquences de piloter un peu, on va dire, au doigt mouillé. Et ça, c'est vraiment une phrase type qui me revient tout le temps. je pilote aux doigts mouillés, je ne sais pas comment piloter mon business, etc. C'est qu'en fait, la réalité, c'est que soit quand on fait des usines à gaz, mais qu'on ne sait pas s'en servir, soit qu'on ne regarde pas du tout ces chiffres et qu'on a la tête dans le sable comme une jolie pluche, c'est qu'on ne sait pas définir de vrais objectifs pour son business, qu'on ne sait pas faire de vrais plans, qu'on prend peut-être les mauvaises décisions, qu'on passe son temps à se former ou à acheter des formations, des produits, etc. au lieu d'agir, qu'on va éviter les actions inconfortables et qu'on ne va pas se confronter à sa réalité ou à son marché. Vraiment, le pilotage, c'est... hyper important dans le business et on est encore un peu dans cette illusion de soit on peut s'en passer soit il faut faire des trucs ultra complexes mais qui sont un peu des écrans de fumée quoi.
- Speaker #0
Et encore une fois il n'y a pas d'entre deux. Et dernier point qu'on voulait aborder, dernière illusion tu nous parlais là des chiffres qui sont souvent pas tellement maîtrisés et ça me fait un peu penser à je dirais à un certain manque de professionnalisme qui a beaucoup eu lieu au début de cette de cette vague d'entrée dans l'entrepreneuriat parce qu'il y a beaucoup de personnes qui se sont lancées la fleur au fusil. On s'est lancé de manière assez facile. Monétisez votre compétence et vous pourrez vivre de votre activité, etc. Et maintenant, ça a quand même beaucoup changé. Aujourd'hui, on se rend compte qu'il faut avoir un cadre bien établi. C'est beaucoup plus sérieux. Mais en gros, il y a eu un espèce... D'amateurisme, si on pourrait dire ça comme ça, généralisé. Tout le monde pouvait s'inventer expert sur Internet.
- Speaker #1
Je vais te dire, moi, que c'était la foire à la saucisse. C'était beaucoup ça. Oui, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
- Speaker #0
Moins, On a vu fleurir des expertises, des métiers complètement incroyables. On a vu des choses quand même aussi un peu spéciales, des experts qui ont 18 ans, qui étaient fraîchement sortis du lycée, qui allaient nous coacher sur nos finances. Ou des coachs en divorce ou en crise de la quarantaine. Là, c'est un peu hyper niché. Franchement, il faut aller trouver le marché, quoi. Ou des spécialistes, je ne sais pas moi, des ongles de pieds abîmés.
- Speaker #1
Mais oui, en fait, on rigole. Mais en vrai, des fois, on voit des trucs délirants. Et ça, ça revient à tout ce qu'on s'est dit de vous avez une passion, vous avez un truc, vous pouvez en faire votre métier. Mais effectivement, des fois, ça a manqué de sérieux.
- Speaker #0
Ouais. Complètement. Et ça a créé, je trouve, un espèce d'abaissement des standards, des attentes qu'on pouvait avoir. Et sous couvert de cette étiquette entrepreneur, entrepreneuriat, entrepreneur était égal à sérieux. Donc sous couvert de cette étiquette. C'est sérieux.
- Speaker #1
Donc du coup, ce que je fais dedans, c'est forcément sérieux.
- Speaker #0
C'est forcément sérieux. Mais on a vu aussi des personnes s'auto-proclamer légitimes pour accompagner d'autres personnes. Et là, c'est quand même une pente un peu glissante. Parce que même si là, on en rigole, etc. Parfois, ça peut être sincèrement dangereux. Des personnes qui vont accompagner d'autres personnes qui sont dans un malaise et qui auraient besoin d'aller consulter des vrais thérapeutes. Là, ça peut quand même cacher des pratiques assez dangereuses.
- Speaker #1
Mais là, ça a évolué, je trouve. Oui, complètement. Ces dernières années, on a vu passer des pauses de gens qui s'indignaient, notamment dans tout ce qui était la sphère du bien-être, ou toute la sphère parapsychologique, des gens qui ne sont pas psychologues.
- Speaker #0
Méthode alternative.
- Speaker #1
Oui, et ceux qui ont posé des cadres en disant « Ouh là là, c'est dangereux, attention les dérives ! » Mais ça a changé. Mais ça reste encore un peu flou. Mais c'est vrai que c'est bien de pouvoir se poursuivre. poser dans ce contexte, c'est de se dire, ok, il y a eu quand même à un moment donné une forme d'amateurisme, mais ça s'améliore, ça change.
- Speaker #0
Oui, oui. Comme tu dis, ça change. Là, j'ai une personne avec qui j'échangeais, sur son site, donc elle est praticienne de bien-être, je vais prendre une généralité, mais sur son site, c'est clairement écrit « Je ne suis pas thérapeute, je ne suis pas là pour guérir les gens, moi je veux juste vous apporter ma pierre à l'édifice, ma petite goutte dans l'océan. mais je n'ai pas la prétention de dire que je suis thérapeute et que je vais vous guérir. Ça m'a fait vraiment du bien de lire ça, je me suis vraiment reconnue là-dedans. Et du coup, pour faire le lien avec un autre point qu'on voulait aborder sur ce manque de professionnalisme, c'est qu'Internet, ça a quand même été vécu comme le truc un peu open bar aussi. Libéré, délivré. Dans le genre plagiat, copier... parasitisme normalisé en pensant que les conséquences n'arriveraient pas, que ça n'existe pas parce qu'on est en ligne c'est un inventaire fictif exactement on peut tout à fait s'inspirer du travail des autres je me souviens d'avoir envoyé un jour un reel d'une nana qui proposait à des gens de créer leur propre box
- Speaker #1
et qu'elle disait ouvertement dans un reel vous pouvez aller regarder les concurrents inspirés de leur contenu je ne me souviens pas de ça et vraiment il y a un backlash un peu les mentalités déjà exactement qu'on
- Speaker #0
nous disait aussi que la concurrence n'existait pas qu'on était toutes amies qu'on se tire tous vers le haut ouvert de son hororité de convivialité, de mindset un peu positif on s'élève tous ensemble c'était pas bien de dire que tu avais des concurrents Oui.
- Speaker #1
Ou que tu ne voulais pas être pote avec tes concurrents.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je me souviens, il y avait toute une phase où quand tu arrivais et que tu disais « Non, mais moi, en fait, je ne veux pas être pote avec mes concurrents. » « Ah bah, tu as peur de quoi ? Tu as des insécurités ? » Non, c'est juste qu'en fait, à un moment donné, peut-être dans le lot, il y aura des exceptions. Mais globalement, je ne suis pas là pour tenir un stand de crêpes. On n'en vient plus.
- Speaker #0
Le fameux stand de crêpes.
- Speaker #1
Et non, je suis là pour avoir un business, gagner de l'argent.
- Speaker #0
Et c'était du coup problématique de vouloir aussi. poser ses limites et protéger son travail. Bien sûr. Et qu'aujourd'hui, encore une fois, le contexte a évolué et que de plus en plus d'entrepreneurs s'entourent d'avocats, de juristes. Protection juridique. Protection juridique, protection sur la propriété intellectuelle. Et que quand on leur parle de ce qui se passe en ligne...
- Speaker #1
Ils sont horrifiés.
- Speaker #0
Ils sont horrifiés. Ils sont en mode, mais que se passe-t-il ? Moi,
- Speaker #1
j'ai eu une situation il n'y a pas longtemps comme ça avec mon avocat. Et quand je lui racontais un peu des choses, des pratiques et tout, il était là, mais pourquoi ? Je ne comprenais pas. Pour lui, vraiment, c'était de la fiction.
- Speaker #0
Il y a vraiment ce truc, c'est une conversation qu'on a régulièrement toutes les deux, de se dire que si on avait créé un business qui avait pignon sur rue, qui était ancré vraiment 100% dans le monde réel, en fait, on aurait... C'est normal de s'entourer d'un comptable ou d'un avocat ou d'avoir un cadre vraiment précis. Mais le fait qu'on soit en ligne, subitement, il y a une amnésie générale. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. On va se penser que ça existe. Exactement. Le cadre légal que nous impose notre pays, et heureusement qu'il est là, pose des limites à la concurrence déloyale, aux plagiats, aux pratiques abusives, illégales.
- Speaker #1
Par exemple, tu n'as pas le droit de t'installer si tu es un coiffeur et que tu as une zone de chalandise très précise. En fait, il faut respecter des règles hyper précises si tu veux être un coiffeur qui s'installe dans la même rue, par exemple. Il y a des règles de distance, il y a des règles de nom, il y a des règles de zone de chalandise hyper précises. Alors que sur Internet, encore une fois, c'est la foire à la saucisse.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
et c'est valable pour la rente aussi parce que tu disais tout à l'heure de vendre sans vendre imagine t'es boulangère, t'ouvres ta boulangerie et après quand les clients ils rentrent t'es là non mais je ne veux pas vous vendre quelque chose je vais vous arnaquer,
- Speaker #0
je vais vous manipuler en vous vendant ma baguette de pain partez vite,
- Speaker #1
je ne suis pas là pour ça par contre je vais vous expliquer pourquoi avoir du pain c'est hyper important Faire du contenu éducatif, c'est un délire quand même quand tu penses à ça.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Et on a complètement décorrélé, je trouve, parfois le business en ligne du business tout court qui existe dans le monde réel. Bref, si on prend un peu de recul sur le sujet du manque de professionnalisme, pendant longtemps, il y a des personnes qui se sont lancées sans condition générale de vente solide, sans contrat, sans process, où on avait aussi un peu ce truc d'il fallait être arrangeante, il fallait être douce, sympathique, gentille. Sauf que gentil, ce n'est pas un métier. Malheureusement, qu'il ne fallait pas être trop clivante, trop dure. Bref, qu'on ne voulait pas imposer trop de trucs à nos clients. Encore une fois, ça a fonctionné un temps, peut-être. Ça a changé. Ça a changé. C'est encore en cours. C'est encore un peu là, mais force est de constater que ça ne fonctionne plus.
- Speaker #1
Mais je pense que c'est hyper intéressant de s'interroger. Et c'est ce que j'ai un peu envie de dire en conclusion de cet épisode. de ci euh euh On est toutes concernées par ces illusions. Soit on y a cru, soit on en a profité.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Soit on n'a jamais aimé. Enfin, peu importe. Mais en tout cas, normalement, on se reconnaît un peu toutes là-dedans. Et je pense que c'est hyper important de se dire, OK, ça a été à un moment donné la réalité. Ça l'est moins. C'est en train de changer. C'est en train d'évoluer. Le cadre change. En tout cas, vous êtes sûrement reconnus en écoutant cet épisode un petit peu dans ce qu'on a dit, tout ou partie. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, il y a une réalité de l'entrepreneurat qui est différente, qui fait appel à On l'a dit, beaucoup de professionnalisation, une réelle expertise ou on l'a dit, des qualités professionnelles très fortes, de l'amélioration continue, une approche du business sérieuse et durable. Tu le disais tout à l'heure, c'est vraiment important de maîtriser son business à 360.
- Speaker #0
Enfiler toutes les casquettes.
- Speaker #1
Exactement. Donc, les fondations, positionnement, offre, business model, la stratégie commerciale, l'acquisition, la conversion, la fidélisation, le pilotage opérationnel et l'efficacité et cette fameuse posture de chef d'entreprise. c'est important vraiment de casser ces différentes illusions dont on vient de parler, de se concentrer sur ça et de travailler chaque aspect méthodiquement. Et en fait, c'est vraiment ça qu'on essaye de faire à travers cette série d'épisodes. Et puis globalement, dans notre travail, c'est d'éviter de faire des erreurs, ou en tout cas, quand on a fait des erreurs, de les endosser, de les assumer, d'en tirer des leçons, d'élever finalement les standards du marché, d'essayer de faire en sorte qu'on soit toutes... entrepreneurs de service plus dans cette vague, etc. Voilà.
- Speaker #0
Très bien. Du coup, peut-être que vous vous êtes reconnus dans cette description de l'entrepreneuriat d'aujourd'hui. Peut-être que vous avez vu l'évolution aussi du marché, que vous avez observé certains points dont on a pu parler dans l'épisode. Peut-être qu'il y a des erreurs ou des illusions auxquelles vous croyez aussi encore aujourd'hui. Et nous aussi. Enfin, il y a encore des choses que je travaille aujourd'hui qui sont ancrées. Peut-être qu'il y a des erreurs qu'on commet encore.
- Speaker #1
mais tout le but de cet épisode c'était justement d'apporter un autre regard sur le marché de l'entrepreneuriat aujourd'hui et c'est ça et dans le prochain épisode on va vous aider à identifier très concrètement où vous devez travailler donc là à partir du prochain et jusqu'à la fin on est vraiment sur les symptômes et les causes pour montrer ce que vous devez vraiment travailler creuser améliorer et sur le suivant on commence par les fondations le marché positionnement les offres etc
- Speaker #0
Et tous les symptômes qui montrent que vos bases ont besoin d'être travaillées.
- Speaker #1
C'est ça. C'est parti pour la suite ? On y va.