- Speaker #0
Super Docteur, c'est le podcast des médecins généralistes. Le podcast qui vous transmet les recommandations de bonne pratique et les résultats des grandes études qui vont changer vos habitudes. Super Docteur, c'est la découverte de méthodes de soins innovantes et des interviews de soignants inspirants qui boosteront votre motivation. Un contenu court et pratique, chaque semaine, pour tous les médecins. Bonjour à tous et bienvenue dans Superdocteur. Dans le premier épisode de cette petite série de deux, vous avez pu découvrir mon invité, notre consoeur, le docteur anaïste Verescak, qui effectue un tour de France des remplacements médicaux. On a abordé avec elle son parcours, avec notamment ses voyages lorsqu'elle était externe, et puis on a parlé évidemment de son tour de France des remplacements. Je vous propose dans ce deuxième et dernier épisode de parler avec elle de beaucoup de choses, et notamment de la qualité de vie dans un désert médical, des différentes compétences que mon invité a pu développer dans son périple, et de ses futurs projets. Je vous souhaite une excellente écoute et comme toujours, si vous ne voulez rater aucun épisode de ce podcast, pensez à vous y abonner. Donc c'est un souhait de ta part de faire uniquement des coins désertiques par manque de soins. Pourquoi tu intercales pas une grosse métropole autour de France par exemple ? Pourquoi tu ne souhaites faire que des déserts médicaux ?
- Speaker #1
En fait, on avait envie vraiment d'associer un message derrière ce projet-là. En se disant qu'on pourrait peut-être sensibiliser et peut-être essayer de faire bouger un petit peu les choses ou du moins de créer un début de prise de conscience, on va dire, chez les gens. Se rendre compte que, par exemple, je me bats un petit peu sur les réseaux sociaux là-dessus, qu'on aurait son rendez-vous chez son médecin traitant, mais aussi chez son kiné, chez sa sage-femme, son dentiste. C'est primordial aujourd'hui en France. On doit plus permettre de mettre des lapins, comme on dit aux professionnels de santé, parce que derrière, c'est des gens, je sais que je refuse parfois jusqu'à six patients par jour. à prendre en charge, c'est une consultation que j'aurais pu donner à un patient qui veut forcément aller aux urgences ou appeler le 15, s'ils souhaitent se mettre en soins, etc. Donc c'était une volonté d'allier un message de santé publique derrière ce projet-là. Et puis aussi parce que nous, on est convaincus que le rythme de vie et le confort de vie dans ces zones-là est beaucoup plus intéressant que dans les grandes métropoles, mais ça c'est vraiment un choix personnel.
- Speaker #0
Donc tu penses que la qualité de vie est supérieure quand on exerce dans un désert médical, quand on est médecin généraliste ?
- Speaker #1
Alors je ne pense pas forcément... Alors oui et non. On va dire que moi, je trouve que les patients qui sont dans ces zones-là, les patients qui sont dans les campagnes, je dis les campagnes, mais des fois, il y a des déserts médicaux qui ne sont pas dans les campagnes pures, comme on l'entend, qui sont des fois dans les périphéries de grandes villes, sont des patients qui sont toujours beaucoup plus sympas. C'est parfois dur à dire, mais c'est une réalité. C'est des patients qui sont beaucoup plus reconnaissants, beaucoup plus respectueux, qui ne viennent pas, comme on dit des fois, faire leur drive. Donc souvent, les patients en ville arrivent. Bon, ben voilà, je veux un IRM, je veux ci, je veux ça. En fait, c'est un peu la liste de course. Moi, j'avais beaucoup de mal avec ce contact-là. Dans les campagnes, les patients sont beaucoup plus reconnaissants. Alors, bien sûr, on ne fait pas ce métier-là pour attendre un merci, mais c'est vrai que quand on l'a à la fin de la consultation, ben, ça rebooste pour la journée et on sait pourquoi on est là. Je trouve que ce lien-là, il est important. Donc moi, c'est sûr que plus tard, je m'installerai forcément dans un désert médical ou dans une campagne parce que j'adore ce lien-là de médecin de famille, entre guillemets, où on a vraiment une relation avec le patient qui se construit. Mais c'est un petit peu... C'est mon ressenti à moi, en tout cas. Je ne pense pas que tout le monde est le même et c'est normal. Et puis après, nous, on préfère, par contre, pareil, avoir un jardin et une maison plutôt que de vivre dans un appartement.
- Speaker #0
C'est très différent pour chaque personne. C'est un point de vue fascinant. La difficulté pour certains, c'est de trouver un travail pour le conjoint, par exemple. Donc toi, tu as les kinés, il y a aussi une grosse demande dans les actes de kinés et les soins de kinés. Et puis pour les crèches, les administrations, etc. Ça,
- Speaker #1
j'entends tout à fait. Et je ne condamne pas du tout les confrères qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas aller dans ces zones-là. Parce que ça, c'est une réalité. C'est-à-dire que demain, s'il faut faire 45 minutes de route pour trouver une école pour nos enfants, c'est vraiment une question qui va se poser forcément. Je pense que c'est compliqué. Il faut arriver à redynamiser ces régions. Mais ça, c'est sûr que ce n'est pas que aux soignants de le faire. C'est vraiment les politiques, le gouvernement. Tout ça, il y a un énorme travail à faire, ça, c'est certain.
- Speaker #0
Oui, et puis je vois que toi, tu prends ta part de boulot dans ce vaste projet, c'est génial. Anaïs, est-ce que tu as appris des choses dans les 7 premiers remplacements que tu viens de faire et qu'est-ce que tu as appris ?
- Speaker #1
Alors je dirais que j'ai appris dans le sens, comme c'est mon début d'exercice en tant que jeune docteur, déjà à me mettre des limites, c'est-à-dire... Dire non, c'est important de savoir dire non au quotidien, que ce soit pour des demandes abusives de patients, mais que ce soit aussi, par exemple, quand on me demande est-ce que vous pouvez me prendre en plus aujourd'hui ? savoir dire non, parce qu'en fait, finalement, tirer sur la ficelle, ça peut nous amener à des situations, nous-mêmes psychologiques, où ça devient compliqué. Je pense notamment en février, où je disais oui à tout c'était très compliqué, j'y fais que 15 jours pourtant. Et je me sentais lessivée, c'est-à-dire que je n'étais vraiment pas bien. J'avais la boule au ventre, je sentais que j'étais fatiguée. Et ça, je pense que c'est hyper important en tant que soignant de se dire qu'on ne peut pas sauver l'humanité. C'est ce qu'on m'avait dit à un de mes maîtres de stage et que je trouve très juste. On fait notre maximum, on fait comme on peut. Aujourd'hui, on n'est pas responsable des problématiques de dédermédicaux, des problématiques d'accès aux soins de manière générale. Il faut faire le mieux, mais il faut le faire de fin. tout en respectant ces possibilités et ces limites. Parce que c'est vrai que ça peut vite devenir compliqué, on peut vite être dépassé et tomber en burn-out quand ça se prolonge sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
- Speaker #0
Je suis tout à fait d'accord avec toi, c'est une question super importante et très actuelle. C'est le fait de savoir se préserver et savoir dire non, mettre des limites. Tu le dis très bien parce que... Quand on se fait dépasser, c'est le début du burn-out, etc. Et puis quand nous, on est en mauvaise santé, du coup, c'est des milliers de gens qui le sont beaucoup moins parce qu'on ne peut plus les soigner, si on ne peut plus les prendre en charge. C'est quand même bateau.
- Speaker #1
C'est sûr que si nous-mêmes, on a besoin de prise en charge, ça va être compliqué de prendre en charge les gens de manière correcte.
- Speaker #0
C'est clair. Mais tu le fais très bien. Après, il faut prendre un petit peu sa part de responsabilité, forcément, mais on ne peut pas dire oui à tout. Surtout que j'imagine toi dans un désert, j'imagine que tu dois avoir des coups de fil toute la journée, tu dois avoir un secrétaire qui chauffe.
- Speaker #1
Ça peut être vite compliqué. C'est vrai qu'il faut arriver à prioriser, mais il faut aussi arriver à s'écouter. Ce n'est pas toujours évident à faire. Je ne dis pas que je le fais parfaitement, mais c'est une question sur laquelle il faut travailler tous les jours pour essayer de trouver son équilibre.
- Speaker #0
Tout à fait. Du coup, toi, tu as un poste d'observation hyper privilégié parce que tu fais le Tour de France des aires médicaux, tu vois des patients très différents, des cabinets extrêmement différents. Est-ce que ta vision de la médecine générale a changé et qu'est-ce que tu as pu développer comme idée à ce sujet sur la pratique de notre métier en France ?
- Speaker #1
Je me rends compte qu'aujourd'hui, avec la difficulté aussi d'accès aux spécialistes... aussi de plus en plus compliquée, avec des délais maintenant qui atteignent parfois une année, voire plus, on est obligé d'être encore plus, d'avoir une pratique encore plus transversale, c'est-à-dire qu'il faut maîtriser un petit peu tout, finalement. Là, je pense notamment aussi, j'ai oublié d'en parler tout à l'heure, à la dermatologie, c'est vrai que la dermatologie, j'en ai fait pendant mon internaute une journée par semaine pendant six mois, et je pense que c'est quelque chose qui peut être très intéressant de faire un début là-dessus pour justement encabiner... arriver à ne réadresser finalement que les grosses urgences, savoir utiliser un dermatoscope, reconnaître des lésions les plus communes, pour pouvoir justement faire le ceris et ne pas se dire, au moindre petit bouton bizarre, on renvoie au dermatologue, sachant que le patient a rendez-vous dans 12, 16 mois, voire plus. Ça, je pense que c'est important en médecine générale, finalement, d'avoir des connaissances encore plus vastes qu'on pouvait en avoir avant. ça je pense que c'est une réalité aujourd'hui après ça pose aussi la question de savoir d'arriver à être efficace je pense que tout maîtriser c'est pas possible ça il faut se le dire clairement et c'est à la base c'est ce qu'on nous a toujours dit en médecine générale il faut connaître les bases, savoir distinguer les urgences mais il ne faut pas hésiter à déléguer aujourd'hui malheureusement déléguer c'est pas toujours possible c'est pas toujours facile et ça c'est vrai que ça pose problème mais je pense que Il y a des DU qui sont proposés et il ne faut pas hésiter à en faire pour pouvoir être plus à l'aise en consultation sur certaines demandes. Après, il y a des choses qui se développent. Je pense notamment à Omnidoc, qui est une interface où on peut demander des avis en ligne. C'est vraiment quelque chose de sécurisé, où il y a vraiment des échanges entre professionnels de santé. vis-à-vis d'un patient qui a accepté, bien évidemment, qu'on puisse demander un avis. Et ça, ça permet, notamment à la dermato, d'envoyer une lésion photo et de dire est-ce que vous pensez qu'il faut l'envoyer rapidement ou est-ce que ça peut encore attendre ? Ça, c'est rassurant aussi. Heureusement que ce type de technologie-là se développe pour pouvoir nous aider.
- Speaker #0
Super. Est-ce que tu as observé une innovation ou des techniques, des pratiques particulières dans tes remplats que tu aimerais voir adopter plus largement ?
- Speaker #1
Je pense notamment aux assistantes médicales. J'ai eu la chance de travailler avec une assistante médicale en mars. J'ai trouvé ça vraiment bien parce que ça permet de libérer quand même une bonne partie du temps administratif qu'il faut le dire aujourd'hui et il prend une grande place en médecine générale, alors que je ne trouve pas trop notre boulot. Ça permet aussi notamment de prendre les constantes ou des choses sur lesquelles on va prendre peut-être que deux minutes sur les 15-20 minutes de consultation. mais qui sont deux minutes supplémentaires sur lesquelles on va pouvoir faire un peu plus de prévention, pouvoir discuter un peu plus avec les gens. Je trouve que c'est très intéressant en termes de travail. Et puis moi, ça, c'est ce que j'aimais beaucoup à l'hôpital, c'est de travailler en équipe. Donc, je trouve que si on s'entend bien avec l'assistante médicale ou l'assistant médical, je trouve que c'est toujours intéressant d'avoir un travail en binôme, de pouvoir aussi appeler des spécialistes en urgence, trouver des rendez-vous. On va dire que c'est une secrétaire médicale avec une formation supplémentaire. Je trouve que ça a vraiment un atout. En tout cas, je ne l'ai vue que sur 15 jours. Peut-être que c'est un peu juste pour pouvoir conclure, mais je pense que c'est quelque chose qui est intéressant et je vais avoir la chance de retravailler avec une assistante médicale le mois prochain. Je pense que ça me permettra peut-être de consolider mon idée ou au contraire de me dire que finalement, ça n'a peut-être pas trop d'intérêt. Je pense que c'est quand même bien.
- Speaker #0
Très bien, tu n'es pas la seule à me le dire. Enfin, à peu près tous les confrères que j'interroge sur cette question me disent que l'assistante médicale ou l'assistant est hyper pratique. Donc la CNAM, dans la prochaine convention qui vient d'être signée, va donner aux médecins libéraux et médecins généralistes des forfaits, des aides financières pour promouvoir l'ambiance de l'assistant. Du coup, au cours de tes remplacements, Est-ce que tu as eu une expérience particulièrement marquante que tu voudrais nous partager, Anaïs ?
- Speaker #1
J'en ai eu pas mal. Notamment en janvier, j'ai une patiente qui était tellement contente de voir un médecin qui m'a pris dans ses bras. Ça, c'est pas du tout le rôle d'un médecin. Chacun sa place, etc. Mais moi, j'ai trouvé ça touchant. Ça montrait à quel point cette personne était démunie et était juste hyper soulagée d'avoir un professionnel de santé face à elle qui pourrait l'écouter. écouter, la prendre en charge. Ça m'a marquée, on va dire, quand même. C'était très émouvant. Après, il y a toujours des personnes qui nous touchent plus ou moins, des situations qui sont quand même délicates. Je pense notamment à les personnes d'avenir qui n'ont plus de médecin traitant, qui sont à domicile, qui sont grabataires. Et chez Echini, j'ai vu, on fait des renouvellements d'ordonnances sans jamais les examiner. Donc forcément, ça finit par ne plus aller. Je pense notamment à une personne âgée que j'ai vu suite à une sortie d'hospitalisation, où finalement, c'était la cata, donc il fallait tout reprendre. Ça, c'est des choses qui sont compliquées, c'est une réalité. Des fois, on se dit, mais en France, on sait que la phrase, la santé, c'est gratuit, c'est pour tout le monde, partout, tout le temps. En fait, ça, c'est plus vrai. Aujourd'hui, c'est fini, ça. Et je pense que ça, dans la tête des Français, c'est pas encore ancré. Il y en a qui, je sais, se plaignent encore parfois au niveau des secrétariats parce que les délais sont trop longs. Mais il y en a qui ont encore la chance d'avoir des médecins traitants, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde.
- Speaker #0
Très bien. Et est-ce que tu as pu commencer à identifier un type de pratique qui t'attire plus qu'une autre ? Et du coup, où est-ce que tu te vois dans quelques années ? Est-ce que tu te vois d'abord installée ou pas ?
- Speaker #1
Alors moi, c'est vrai que j'ai un peu la bougeotte et j'aime bien toujours changer les choses. Je pense que c'est sûr que j'ai envie de m'installer dans un cabinet pour avoir... pour avoir mes patients, pour pouvoir justement développer, ce que je disais tout à l'heure, cette relation médecin-patient que je trouve vraiment intéressante. Mais je ne pense pas que je pourrais faire cinq jours de cabinet dans la semaine. Moi, il faut savoir que j'en ai pris particulier pour la prévention. J'aimerais beaucoup, par exemple, faire deux, trois jours dans un cabinet et travailler dans un planning familial les deux autres jours, ou avoir une activité un peu mixte. L'hôpital, je n'en ai pas forcément gardé des bons souvenirs, mais plutôt des centres de prévention. ça me plairait beaucoup, ou alors des interventions dans les écoles, faire des interventions dans les entreprises justement pour parler un peu plus de préhension, de santé mentale, de toutes ces choses-là. Je pense que ça, ça me plairait beaucoup, d'avoir un exercice vraiment varié. Donc, il faudra que je trouve aussi quelque chose qui puisse être compatible, parce qu'il faut que je puisse trouver des collègues qui veulent s'associer sur un système un petit peu comme le mien, finalement. À voir. Après, je sais que je suis jeune, j'ai envie de finir, donc je pense qu'il faut aussi encore que j'ai... un peu plus d'expérience. Alors, on dit que peut-être on prolongera un petit peu le Tour de France sur 2025 ou du moins qu'on continuera les remplacements pendant encore un petit moment pour au moins avoir un peu plus d'expérience. Permettre aussi d'avoir le temps de faire des DU aussi parce que je pense que quand on est installé, c'est plus compliqué. Mais voilà, in fine, effectivement, il y aura, je pense, une installation, oui, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Ok, et tu sais dans quel coin de France ?
- Speaker #1
Alors, nous, on est d'origine au Berniade, donc forcément, on a toute notre famille et nos amis en grande partie là-bas. Après, il ne faut jamais dire jamais. Donc, peut-être qu'on aura un coup de cœur sur une des régions du Tour de France qui a des régions qui nous ont beaucoup plu. Après, de là à s'installer, je ne sais pas. Il faut voir, il y a ça qui est là. Tous les médecins que j'ai remplacés seraient ravis qu'on reste dans la zone parce que forcément, un médecin est un qui est en plus. C'est toujours l'idéal. Il faut voir. Je n'espère pas trop de quoi l'avenir a effet.
- Speaker #0
Très bien. Pour l'instant, tu finis ton tour de France. Peut-être que tu cumules d'autres remplats, d'autres DU avant de décider de te poser quelque part.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Super. Écoute, Annalise, c'était vraiment super. C'était un super épisode. Je te remercie beaucoup. Je vais juste te poser une dernière question qui est facultative. Mais bon, j'imagine que tu te balades en van avec ton copain. Tu cumules les remplacements. J'imagine que... tout ne doit pas filer et couler de source avec les clés, les logements, les cabinets, etc. Est-ce que tu aurais une anecdote amusante à nous partager sur ce Tour de France qui t'a amusé, que tu aurais envie de nous partager ?
- Speaker #1
C'est notamment sur le remplacement. Donc, c'était en février. Donc, en fait, on a été logé par la mairie parce qu'il faut savoir qu'on essaie toujours de trouver un logement pour pouvoir être posé quand même. sur les durées des remplacements. Parce que c'est vrai que la vie dans le van, quand on remplace, c'est impossible. Enfin, vraiment, j'ai l'impression d'un petit chien. Il faut arriver à gérer l'eau, il faut arriver à gérer les fournitures. Enfin, c'est quand même une organisation qui est très importante. Et quand on fait des grosses horaires, ce n'est pas possible. Donc, souvent, on est logé. Enfin, on est tout le temps logé, d'ailleurs. Soit par la mairie, soit par les médecins eux-mêmes, soit dans les... de dormir pendant 15 jours dans la salle de poste de la maison de santé. On n'est pas compliqués. Juste un clic-clic de quoi prendre une douche et faire réchauffer un peu à manger, on prend. C'est vrai qu'on est arrivés en sévère. On a récupéré les clés. On n'avait pas exactement les indications de là où on devait aller. C'est dans le même immeuble, mais nous, on est passés sur un côté et il fallait passer de l'autre. En fait, on est rentrés clairement chez les gens en ouvrant et on n'était pas du tout à bon endroit. Donc, ça a commencé très mal. En plus, du coup, notre aventure est un peu médiatisée. Donc, on était avec France 2 à ce moment-là. C'était la honte complète parce que du coup, il y avait les caméras. On est rentrés chez les gens. Bref, c'était quand même un peu pépice. Et finalement, on a réussi à trouver le livre exact.
- Speaker #0
C'est génial. C'est génial. Anaïs, notre échange touche à sa fin. Je te remercie infiniment. C'était super intéressant. Moi, je trouve ton projet absolument génial. Et puis surtout, tu donnes envie aux gens d'aller bosser et remplacer dans des déserts médicaux. C'est ultra vertueux. Tu sensibilises sur le manque de soignants, sur la lutte contre les lapins. Moi, je trouve ça génial. Est-ce que tu peux nous dire où est-ce qu'on peut te suivre ?
- Speaker #1
Bien sûr. Alors, généralement, je documente principalement sur mon compte Instagram, donc Anaïs Veretschak off. C'est là-dessus que j'essaie de partager. Autant les aspects positifs que les aspects négatifs, parce que je n'ai pas du tout envie qu'on se dise que tout est parfait, parce que c'est loin de l'être. Mais c'est vrai que j'ai envie de montrer que ça peut être top. En tout cas, on n'a aucun regret sur ce choix de faire ce Tour de France. On reçoit quotidiennement des messages de sages-femmes, d'infirmiers, de pharmaciens, de dentistes, etc., de médecins qui ont envie de faire comme nous. Et franchement, j'espère qu'ils le feront, parce que déjà pour eux, ce sera une expérience enrichissante. Et ça ne pourra aussi que venir en aide aux patients de ces zones-là. et au contraire aussi qui ont du mal à prendre des vacances. C'est hyper important. On en parlait de la santé mentale, du burn-out. Il faut que ces médecins-là et ces kiné-là, les autres professionnels de santé puissent prendre des vacances. Donc voilà, j'espère que ça pourra encourager des personnes à le faire. C'est vrai que la van life, c'est un peu tendance. Donc pourquoi pas allier l'utile à l'agréable et faire ce tour de France en tout cas dans un très, très beau pays. Je sais qu'on est dans un contexte actuel qui est un peu compliqué. Mais on a des très belles régions, on a une très bonne gastronomie, de beaux paysages. Bref, ça vaut vraiment le coup.
- Speaker #0
Fantastique. En tout cas, tu promeux parfaitement ce projet. Merci infiniment, Naïs. À bientôt.
- Speaker #1
Merci à toi, en tout cas, pour ton temps.
- Speaker #0
J'espère que cet épisode t'a plu. Si c'est le cas, pense à t'abonner pour ne rater aucun épisode. Si tu veux me laisser une note de 5 étoiles sur ton application, ça m'aiderait aussi beaucoup. Tu peux également rejoindre la newsletter afin de recevoir une fois par mois un mail dans lequel je te transmets plein de contenus pour la médecine générale. Enfin, tu peux participer financièrement sur la cagnotte Tipeee. Toutes les ressources sont dans les notes de cet épisode. A bientôt !