- Speaker #0
Super Docteur, c'est le podcast des médecins généralistes. Un contenu court et pratique, chaque semaine, pour tous les médecins.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans Super Docteur.
- Speaker #0
Dans ce deuxième épisode de cette petite série consacrée à l'hypnose,
- Speaker #2
vous avez pu découvrir mon invité, notre confrère Nicolas Perret, avec qui j'ai abordé les mécanismes de l'hypnose, les études scientifiques et les indications les plus courantes de cette pratique. Dans ce deuxième et dernier épisode... Je vous propose de parler avec lui de la façon dont un médecin généraliste peut intégrer l'hypnose dans son cabinet. On va parler des formations recommandées. Et mon invité Nicolas va me parler des exemples concrets dans lesquels l'hypnose lui a permis dans sa patientèle des transformations significatives.
- Speaker #1
Je vous remercie beaucoup.
- Speaker #0
Et si ce podcast vous plaît,
- Speaker #2
je vous saurai infiniment gré de me laisser un avis sympa sur votre appli préférée pour me permettre de pousser mon travail sur les applis. Je vous souhaite une excellente écoute.
- Speaker #1
Donc en fait, c'est un outil que tu peux employer comme ça. en mode couteau suisse, n'importe quand en consultation.
- Speaker #3
Ouais, super.
- Speaker #1
Ou alors quelque chose de très technique, dédié, que tu vas employer lors d'une consultation dédiée. Donc toi, par exemple, au-delà de ton outil quotidien et tes techniques d'hypnose que tu peux employer pour n'importe quel motif, n'importe quelle situation, tu reçois un patient tous les soirs pour une séance d'hypnose dédiée en ayant au préalable discuté avec ton patient sur à quoi ça va servir, pourquoi on fait ça, ce qu'on va.
- Speaker #3
Oui, et puis moi, je n'ai quand même pas de demande. Ils me sont faits, donc j'ai besoin de filtrer aussi. Donc, il me faut un mail pour commencer. À travers ce mail, je vois ce qu'il en est comme problématique et comme motivation. Si ça me paraît justifié, il aide-moi en consultation une première fois. On ne crée rien de thérapeutique, on discute, on voit quels sont les leviers, quels sont les blocages, quelles sont les ressources, quelle est la démarche de soins qui se dessinent. Et puis, si c'est validé, on part sur un travail qui est de 3 à 4 séances maximum. C'est assez vite.
- Speaker #1
Très bien. Est-ce que je peux te demander... de quelle façon tu les cotes ces séances ? Parce que ça prend beaucoup de temps, c'est assez rare. Comment tu fais ?
- Speaker #3
En fait, c'est très simple. Moi, comme je suis médecin d'en profit, il y a une base de sécu. Donc, ils ont une base de 26,50 qui est remboursée par la sécu. Et puis après, je fais une facture par mutuel. Je prends pour l'instant, en tout cas, je prends 60 euros de leur poche, entre guillemets, pour compléter le temps qui est alloué à ce travail. Donc, en général, il n'y a pas de problématique par rapport à ça. Et ça reste un tarif assez bas par rapport... rapport à d'autres endroits où l'hypnose est plus chère. Je ne veux pas que ce soit un frein non plus au travail, tu vois. Je ne veux pas que l'argent freine les gens, il y a des gens qui sont vraiment en détresse. Je parle plus des psychotraumas ou des choses comme ça, où là, il faut pouvoir les accompagner sans que l'argent soit un frein.
- Speaker #1
Bien sûr, ok, il faut savoir trouver le juste milieu.
- Speaker #3
Le juste équilibre, tout à fait.
- Speaker #1
Exactement. Est-ce que tu aurais, Nicolas, des formations à recommander à nos éditeurs, à nos confrères, à nos consoeurs, pour tous ceux d'entre nous qui veulent se former à l'hypnose, voire se spécialiser ? Est-ce que tu as notion des DU, des formations robustes pour apprendre, développer l'hypnose ?
- Speaker #3
Tu sais qu'il y a beaucoup de DU en France qui existent par rapport à l'hypnose. Moi, j'étais formé à une école de Rennes d'hypnose, puis à un DU à Rennes, donc j'ai appelé la double étiquette. Mais il y a un DU et des DU à Tours, à Sète-Pétrière, à différents endroits, donc les DU, il n'y a pas de souci pour en trouver. Les écoles, elles instituent un peu partout, donc attention où on va, où on met des pieds, qui fait quoi. donc l'attention quand même, il faut être un petit peu regardant. Je pense que le médecin, il vaut mieux faire des DU, c'est quand même beaucoup plus sécure et plus reconnu aussi par rapport à ça. Et puis les formations, elles se passent beaucoup aussi en ligne, par Internet, par des vidéos, par des lectures. Donc c'est un peu, il y a différentes sources de possibilités pour se former. Mais restons sur les DU, ça me paraît beaucoup plus sécure, beaucoup plus validé. Ce sont faits par des médecins, donc ça me paraît important que des médecins parlent à des médecins et de voir que des médecins ont une autre approche que les médecins qu'on côtoie habituellement, qu'on a connus durant nos études. et qu'il y a autre chose que ce qu'on apprend dans les facultés, et que des fois, c'est intéressant que les médecins s'ouvrent à autre chose que le BM, ou des protocoles très médicaux, ou très médicamenteux. Et d'ailleurs, c'est ce qui fait de la puissance de l'hypnose, je trouve, c'est qu'on peut aider les gens en tant que médecin sans médicaments, ce qui n'est quand même pas fréquent, et ce n'est pas ce qu'on apprend durant nos études. Donc avoir un outil non médicamenteux, c'est intéressant.
- Speaker #1
C'est une grande part de mon travail, notamment sur ce podcast, c'est de parler des INM, des interventions non médicamenteuses. de tout ce qui fait du bien, ce qui est sous-côté, ce qui apporte plus de bénéfices que d'inconvénients. Et je t'avoue que je n'ai pas rencontré beaucoup de profs à l'université qui m'ont branché sur l'hypnose, en tout cas jusqu'à présent. Mais tu fais partie d'une génération de gens qui popularisent ça et c'est excellent.
- Speaker #3
Ça me paraît important que notre parole de médecin puisse rayonner, en fait. Tu vois, qu'on puisse apporter un gage de sécurité, qu'on puisse valider ce qui se passe durant nos séances. Donc, ça me paraît important qu'on se positionne par rapport à ça. Et puis, il y a des gens qui conseillent à émerger. des professeurs, des médecins qui se mettent un petit peu en première ligne par rapport à tout ça. C'est très bien. C'est très bien et tant mieux que ça bouge. C'est important que ça bouge.
- Speaker #1
Exactement. Est-ce que tu peux me partager, Nicolas, un exemple concret pour qu'on puisse se faire une idée de cet outil, de l'hypnose ? Un exemple dans lequel l'hypnose t'a permis d'observer des transformations chez un de tes patients ?
- Speaker #3
Waouh, alors là, il y a tellement eu de cas, tellement de réussites aussi, tu vois, un peu étonnamment, de gens où je ne pensais pas du tout que ça pourrait aider à ce point-là. Quelques échecs, mais pas tant que ça au final. Après, si tu me demandes des cas précis, j'en ai deux anciens qui me viennent en tête. C'est une... Une patiente qui avait des douleurs de jambes après une chute de ski et qui a eu des douleurs qui se sont senties au fil des mois. J'ai fait des buts dans tous les sens, des PET scans, des IRM, des médecines internatures pour être épluché des pieds à la tête et puis zéro réponse, zéro soulagement, elle a été sous morphine, sous l'Erica, tout ça. Et puis un jour elle me dit je peux plus vivre comme ça, c'est pas possible, je peux plus faire mon métier, je peux plus faire de sport, je veux trouver une solution. J'ai dit écoutez moi j'ai pas d'autres solutions que ce qu'on a fait sauf l'hypnose. Elle m'a dit je m'en fous, je suis prêt à tout. Et on a fait deux séances d'hypnose. Et au bout de deux séances, il n'y avait plus de douleur à la jambe. Alors, elle a fait des liens, elle a compris des choses avec son histoire aussi. Mais cette douleur s'est levée. Et aujourd'hui, j'apprends régulièrement, c'est une patiente que je vois souvent et qui me remercie régulièrement. Je lui dis merci docteur parce que j'étais dans une situation très compliquée et il m'avait, je ne dirais pas le mot, sauvé. Mais c'est ce qu'elle emploie, en tout cas elle. Donc ça, c'est intéressant. J'aime bien citer aussi, alors c'était le... C'était un peu le thème d'un article que j'avais rédigé par rapport à l'hypnose que j'avais fait en avion. J'ai eu deux cas où il y a eu une première fois une crise d'angoisse, un jeune qui fait une crise d'angoisse en plein vol, donc ce n'était pas forcément super cool pour tout le monde. Et là, avec des techniques d'hypnose, j'ai réussi facilement à le rassurer et à le calmer. Et une fois plus compliqué, c'est une jeune fille qui avait une maladie de Crohn, elle avait une poussée de Crohn en plein vol. Donc là, elle se relait par terre à crier, donc là, tout le monde était en panique. C'était en pleine nuit en plus, donc ce n'était pas forcément évident. Et là, j'étais un petit peu démuni, je me disais, qu'est-ce que je peux faire ? Cette jeune fille qui est là, je n'ai pas de médicaments, je n'ai rien. Elle est sortie de l'hospital il y a 15 jours d'ailleurs pour ça, et là je suis un peu, c'est compliqué. On m'a demandé s'il fallait poser l'avion ou pas, je dis non, on va continuer le vol, et j'ai trouvé autre chose, j'ai trouvé l'hypnose, qui était mon couteau suisse dans ma poche. Et là on a la technique assez habituelle en fait, on a réussi, j'ai réussi à la calmer, à la soulager, et puis elle s'est endormie, elle a dormi tout le vol. Et le lendemain c'est un moment avec un grand sourire qui m'a remercié. Plus récemment, c'est intéressant aussi, j'ai eu le cas d'une aide soignante qui bossait en rire durant le Covid. Et durant le Covid, elle a commencé à consommer des benzos, des hypnotiques pour dormir, et là elle m'était adressée par un médecin. pour l'aider à mieux dormir. Et elle a fait une séance d'hypnose, je l'ai revue la semaine dernière. Et elle m'a dit je ne comprends pas, j'ai fait une séance avec vous, la première nuit j'ai mal dormi comme pas possible, mais le lendemain j'ai retiré les médicaments et maintenant je le ressens. C'est la première fois depuis trois ans. Intéressant aussi. Puis je vais finir sur une autre patiente que j'ai vue il y a très peu de temps aussi, une jeune femme qui avait des difficultés avec son papa, a vécu un peu difficile. On l'a accompagnée par rapport à ça, je l'ai aidée, elle a changé de regard par rapport à son père, elle a rédigé une lettre à son papa qui était en fin de vie. Et le soir même de la dernière séance, elle m'a dit j'étais le voir Et cette lettre, je l'ai lue et je lui ai dit tout ce qui est sur le cœur. Et il est mort la nuit qui a suivi. Et elle est venue me voir avec une boîte de chocolat. Elle a dit grâce à vous, j'ai pu me libérer d'un poids. Je n'aurai plus de groseille par rapport à sa papa Donc tu vois, il y a toute une démarche globale, holistique, à la fois psychothérapeutique, par rapport aux douleurs, par rapport aux difficultés psychologiques. Mais il y a tellement de cas, d'exemples, qu'il a envie de continuer, d'accompagner les gens. Et souvent, j'ai plus de reconnaissance parfois par l'hypnose. que par la blouse de médecin prescripteur qui ordonne quelque chose à faire. Et que le fait d'accompagner les gens en hypnose, c'est une belle réussite. Et franchement, c'est beau.
- Speaker #1
Ça fait en tout cas incroyablement envie de pouvoir maîtriser. On a l'impression que tu décris un super pouvoir parce qu'en plus, tu n'as besoin de rien physiquement à part ta présence, ton cerveau, ta bienveillance.
- Speaker #3
Il y a beaucoup de temps de formation quand même. Il y a beaucoup de temps de formation quand même. Il y a eu beaucoup de temps de lecture, de formation. On est sur le podcast Superdocteur, mais il n'y a pas de super pouvoir. C'est que l'hypnose, il n'y a pas de magie. C'est vraiment de l'accompagnement avec des techniques. C'est le patient qui est acteur dans tout ça. Nous, on l'encourage. Il faut aussi rester très humble. Des fois, on pourrait croire qu'on a vraiment des pouvoirs tragiques, comme tu dis, mais en fait, tout ça, c'est juste un accompagnement, mais qui parfois lève des vrais blocages. C'est vraiment intéressant.
- Speaker #1
C'est passionnant. Nicolas, avant de te libérer, que nous lui disons au revoir, est-ce que tu peux me toucher un petit mot sur l'auto-hypnose ? Pour les patients, est-ce qu'on peut, par exemple, les initier à cette pratique ? Est-ce que tu peux peut-être me donner quelque chose de pratique qu'on puisse appliquer dès demain au cabinet pour donner à nos patients ?
- Speaker #3
Ok. L'auto-hypnose, on la fait tous au quotidien. Lorsqu'on a des loisirs, des plaisirs, qu'on se rende du sport, qu'on va au cinéma, on écoute de la musique, c'est un temps de ressources qui est en fait très naturel, très habituel. Quand on fait de l'hypnose, on propose aux patients de faire de l'auto-hypnose pour renforcer le travail qui est fait en consultation. D'accord. Ça paraît être un outil nécessaire pour aussi perpétuer ce qui est fait et rendre autonome le patient par l'aspect. Donc auto-hypnose, oui, c'est important. Moi, je le prescris. C'est pas une blague, j'ai vraiment une ordonnance où je marque auto-hypnose et puis il y a tout un petit protocole à suivre pour guider les patients. Il m'arrive parfois, soit avant, soit après, les séances de donner ces petits supports radio que j'ai faits pour aider le patient à faire l'auto-hypnose. Mais ça paraît nécessaire. Il n'y a pas de résultat d'hypnose au cabinet sans l'auto-hypnose à côté. Ça paraît un peu étonnant, mais c'est quand même ça fonctionne. C'est une sorte d'équilibre. L'auto-hypnose, c'est aussi montrer au patient que c'est lui qui a, non pas les super pouvoirs, mais cette capacité à être acteur de sa guérison. L'auto-hypnose passe aussi pour autre une hygiène de vie. l'autohypnose par rapport à faire du sport, mieux manger, se détoxifier de médicaments, d'alcool, de tout ce que tu veux. Donc l'autohypnose, oui, c'est important. Je ne sais plus trop ta question qui m'a été tournée, mais en tout cas, c'est quelque chose qui est nécessaire dans notre pratique du quotidien, en disant, voilà, vous avez un outil, je vous l'ai montré, on a travaillé un petit peu ensemble sur comment il faut faire, et chez vous, il faut continuer à entretenir tout ça. Tu vois, cette hygiène de vie psychocorporelle, il faut l'entretenir. Oui, c'est important, l'autohypnose. Après, tu auras sur les supports audio, Spotify, Deezer ou sur YouTube. tu as plein de trucs d'auto-hypnose. Il y a différentes écoles, différentes techniques, mais ça reste intéressant en tout cas que chaque patient qui a fait de l'hypnose en soins continue à en faire chez lui. Ça paraît essentiel.
- Speaker #1
Nicolas, je te remercie infiniment. J'ai passé un délicieux moment en ta compagnie. J'ai appris énormément de choses et je suis sûr que cet épisode va permettre d'évoquer non seulement la curiosité, mais peut-être même des futures passions, des formations chez nos confrères. Et nos consoeurs ?
- Speaker #3
De s'ouvrir un petit peu à autre chose. Je dis souvent aux étudiants qui sont avec moi qu'il faut des fois élargir le champ des connaissances et de conscience, et des possibles, et qu'il y a plein de choses magnifiques qu'on peut faire avec les patients, au-delà des médicaments, c'est un super outil, qui redonne le sourire, j'ai envie de dire, ou qui redonne l'envie de s'ouvrir, j'ai envie de dire aussi, au monde intérieur qui est le sien, et au monde extérieur qui nous entoure. C'est une petite conclusion que je peux faire, si ça peut bien résumer les choses.
- Speaker #1
Merci Nicolas, à bientôt.
- Speaker #3
Merci à toi.
- Speaker #1
Félicitations,
- Speaker #0
vous êtes bien arrivés à la fin de cet épisode du podcast. S'il vous a plu, si vous avez appris des choses utiles et que vous souhaitez que je poursuive ce travail, vous pouvez vous abonner à ce podcast et en parler à un de vos confrères ou une de vos consoeurs. Et si vraiment vous voulez m'aider, vous pouvez me laisser une note de 5 étoiles sur vos applis et un petit avis sympa pour référencer ce podcast. Pensez également à vous abonner à la newsletter. Je vous envoie chaque mois un mail à haute valeur ajoutée pour la médecine générale. Vous trouverez le lien dans les notes de l'épisode. À bientôt !