Speaker #0Ouh les geekouniou, on vient chercher les mangas qui foutent les chocottes, vous êtes au bon endroit. En cette période de grands frissons, je vous ai choisi 3 de mes mangas d'horreur favoris, et comme je suis sympa, je vous ai fait carrément une vidéo. Et pour commencer cette sélection spéciale Halloween, je vais vous parler de Nuisible, un manga en 3 tomes, écrit par Masaya Okazono et dessiné par Yuu Satomi. En vrai, je trouve que... dans le manga, en général, l'horreur est vraiment l'un des genres les plus originaux. Mon avis est peut-être un peu biaisé parce que c'est aussi l'un de mes préférés. Mais en tout cas, Nuisible fait partie de ces mangas vraiment étonnants. On suit Ryoichi, un lycéen qui fait des rêves particulièrement chelous, dans lesquels apparaît une magnifique jeune demoiselle qui se transforme en monstre carnivore. Et évidemment, une nouvelle élève du nom de... Kikuko débarque dans sa classe et le petit loustique reconnaît immédiatement la fille de ses cauchemars. En même temps, Tokyo connaît une canicule inhabituelle, pire que celle qu'on a vécue cette année, et les insectes deviennent de plus en plus agressifs. Il y a carrément des animaux domestiques qui se font dévorer et des morts mystérieuses commencent à inquiéter la flicaille. Autant vous dire que l'ambiance n'est pas franchement rassurante. Déjà, les couvertures Elles sont incroyables, je les trouve dingues, c'est vraiment quelque chose. Elles sont absolument magnifiques. D'ailleurs, dans cette sélection Halloween qui fait peur, vous allez voir que les trois mangas ont des couvertures assez folles. Bref, décors remplis d'insectes, des rêves presque prophétiques, des fourmis qui dévorent des animaux de compagnie. Pauvre bête. Il y a quelques planches qui me rappellent Junji Ito, notamment Tomie. Et ça, forcément, ça pouvait que me plaire. Mais ce qui me marque le plus... c'est vraiment le dessin de Yus Atomi. Le trait est fin, pas toujours très assuré, et je trouve justement que c'est ce qui fait tout son charme. C'est délicat, parfois presque fragile, tout en restant suffisamment détaillé pour nous mettre franchement mal à l'aise, et surtout, il y a les yeux quoi. Notamment ceux de Ryoichi, je les trouve magnifiques, avec cette manière de laisser transparaître une frayeur presque palpable. Faut quand même pas avoir peur des petites bestioles. ni des jolies filles qui vous regardent d'un air de mort comme si elles allaient vous maudire. Mais en même temps, c'est Halloween, c'est aussi ça qu'on recherche. Et on n'aime pas non plus les égouts dans ce manga. Ceux qui ont lu savent. Ce que je trouve assez fascinant, c'est que malgré toute cette horreur, il y a une certaine poésie, que ce soit dans les dessins sublimes de Satomi ou dans l'histoire imaginée par Okazono, il y a de l'amour. Et c'est presque ça que je trouve le plus dérangeant. Cette capacité à mélanger quelque chose de profondément horrible avec une certaine beauté, voire de la tendresse. On passe de l'émerveillement au dégoût en quelques cases, et franchement, j'adore ça. C'est une œuvre dérangeante, mais tout aussi fascinante, parce que c'est pas la peur ou le dégoût qu'on retient, mais cette capacité à nous mettre, nous, le lecteur, mal à l'aise tout en étant attiré par ce qui arrive. L'horreur ne consiste pas... uniquement à faire sursauter ou à montrer des choses dégoûtantes, cracra dégueu. Et vraiment, quand je lis Nuisible, j'ai parfois l'impression de regarder une œuvre d'art. Et c'est clairement son aspect graphique qui retient le plus mon attention, même si, attention, le scénario tient largement la route, même si je trouve qu'il devient un chouï trop explicatif à un moment, mais il a surtout une fin qui m'a séduit, et ça, pour moi, c'est vraiment ultra important. Ces trois tomes, dispos depuis 2017 chez Cana, et ça arrive à rendre le monstrueux magnifique. Et rien que pour les dessins de Yusatomi, je trouve que ça vaut largement le détour. On passe à mon prochain manga, et alors là pour moi, c'est un véritable petit bijou. Shigaime, 5 tomes, écrit et dessiné par Hirohisa Sato, et publié chez Mangetsu depuis février 2022. Encore une fois, les couvertures sont incroyables, le dessin est sublime, mais cette fois, on passe des petites bébêtes rampantes. aux vampires séducteurs. Enfin, séductrices ici. On n'est pas loin de l'hérogouraud, s'il y a quand même une dimension érotique non négligeable. Même si ça ne va jamais trop loin dans cet aspect, visuellement, il y a quand même une fesse ou un tété de temps en temps qui pointe le bout de son nez. Mais cette sensualité est présente tout au long de l'histoire, et c'est même le socle du récit, même si en même temps... Est-ce que ce ne serait pas le socle de toutes les histoires de vampires tout court ? On suit Osamu Hirota, un jeune lycéen qui trouve sa vie franchement banale, jusqu'au jour où il va se retrouver pris dans les filets de la sublime miwako. Elle a de grandes dents, une silhouette pour le moins attirante, et une aura envoûtante qui fait perdre la tête à notre petit héros. Et pas que, parce que oui, il y a dans l'équation un certain Soichi. Ça rappelle encore un personnage du grand patron de l'horreur. Bref, Soichi est le familier de notre vampire bien-aimé, et il s'occupe notamment de lui trouver de la nourriture, à savoir des cœurs frais version compote. Mais lorsque Miwako décide de faire d'Osamu son nouveau serviteur, Disons qu'une certaine rivalité va s'installer. Et devenir un familier, ça implique du changement de physique bien dégueu, et ils arborent des costumes tout aussi effrayants. D'ailleurs, une bonne partie du manga, ce sera les affrontements entre les différents familiers, les serviteurs, et pas seulement ceux de Miwako. Ce qui donne des combats très graphiques et assez plaisants, mais aussi cradingues. Et Soichi, c'est pas simplement le petit jaloux de service, c'est aussi un type Merci. qui a beaucoup souffert du rejet des autres et qui a trouvé auprès de la belle et effrayante Miwako une forme de reconnaissance, même si leur relation est loin d'être vraiment très saine. D'ailleurs, la relation entre Miwako et Osamu est tout aussi ambiguë. On va dire que c'est entre domination, cruauté, fascination, et on se demande parfois ce qui relève du désir ou de l'emprise, en vrai. On ajoute à tout ça Chika, la petite copine de notre cher Osamu, qui finalement représente son attachement à une vie normale, à son humanité, enfin, si je peux dire sans trop en dire. Et ce que je trouve intéressant, c'est que notre héros, qui s'ennuyait dans son quotidien, va finalement chercher à préserver cette existence qu'il trouvait si banale au début. Parce que derrière tous ces personnages et ces mâchoires pleines de dents pointues, il y a des relations assez tragiques ou l'amour La jalousie, la possession finissent tous par se mélanger. Et où ceux qui semblent les plus monstrueux ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Je pense que je peux dire que l'amour devient presque aussi dangereux que les vampires eux-mêmes. Bon là, c'est bien plus trash que nuisible, qui était déjà pas mal. Les dessins sont toujours aussi dingues. Vraiment, c'est hyper détaillé. Certaines planches sont presque féroces. Encore une fois, on passe du magnifique à l'horreur la plus crade en un millième de seconde. C'est ultra sanglant, c'est dérangeant. On a des mecs avec des masques qui sont tout aussi effrayants que la dame au croc acéré. Et on se demande quand même comment notre lycéen va réussir à s'en sortir dans cette nouvelle vie qui n'a plus grand chose de commun. Alors là, on a des bains de sang, des cœurs brisés, mais aussi des cœurs arrachés parfois. Et encore une fois, on a une fin qui se tient. et une fin déchirante, mais qui donne justement tout son intérêt au récit. Shigaime, ces cinq tomes d'une horreur aussi sensuelle que brutale, avec des dessins absolument magnifiques, pour moi, c'est un petit bijou du genre. Et pour terminer, on part dans le monde des rêves, ou plutôt des cauchemars. On va sonder l'esprit humain, avec tout ce qu'il a de plus tordu et signeux. Je vous parle de Bibliomania, un one-shot écrit par... Orval, dessiné par Machiro et publié chez Mangetsu depuis 2023. Ici, pas d'insectes, pas de vampires, mais une réalité qui se tord dans tous les sens, des monstres et des décors complètement hallucinants. On suit Alice, une adorable petite fille qui se réveille dans la chambre 431 d'un étrange manoir. Elle est accueillie par un serpent du nom de Office. Déjà, chelou de se réveiller et de taper la causette avec un serpent. Et notre reptile sans pattes déconseille fortement à la petite Alice de quitter sa chambre, mais elle en a strictement rien à foutre et elle part à l'aventure. « Ouais, ouais, la même chose que là, mais j'en ai rien à foutre. » Elle décide de traverser les pièces les unes après les autres, dans l'espoir d'atteindre la porte triple zéro, qui devrait lui permettre de retrouver le vrai monde. Le monde extérieur, en tout cas. Sauf que chaque chambre renferme son propre univers, avec des personnages plus ou moins inquiétants, qui vivent dans une sorte de réalité façonnée par leurs désirs, leurs souffrances et surtout leurs peurs. Et notre petite Alice, toute choupie, avec son air parfaitement innocent, dénote complètement avec ce monde désenchanté. Alors, si eux le s'appellent Alice, c'est parce que le manga s'inspire du célèbre conte de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. D'ailleurs, une bonne partie de la com' autour de Bibliomania s'était faite sur ce rapprochement avec l'œuvre de Carole. Et pour tout vous dire, c'était même comme ça que j'avais entendu parler du manga et que je l'ai découvert. Et des réinterprétations d'Alice, on en a mangé peut-être un petit peu trop. Certaines sont très bonnes et d'autres sont complètement à fuir. Mais celle-ci, franchement, je la place dans le haut du panier. Même si, de mon point de vue, je trouve que Bibliomania s'inspire plus de l'œuvre de Carole qu'il ne cherche réellement à la réécrire. On retrouve l'idée d'un voyage dans un monde absurde, peuplé de personnages complètement extravagants et plus horrifiques. mais ça possède quand même sa propre identité. Et perso, je trouve que le rapprochement a parfois été un peu trop mis en avant par rapport à ce que ça raconte réellement dans le manga. Ça, je vous laisse le découvrir si vous êtes curieux. Et puis franchement, faut parler de l'objet, parce que là, au-delà de la couverture, c'est carrément l'édition de Mangetsu qui est folle. Une relure façon vieux bouquin cartonné, rouge sang, avec des reliefs, c'est magnifique. Franchement, c'est un superbe objet. Et les dessins sont tout aussi impressionnants. On a vraiment trois mangas avec des dessins phénoménaux. Machiro propose des planches extrêmement détaillées, avec des créatures cauchemardesques et des décors parfois complètement surréalistes. Plein de petits détails. Mais ce que je trouve particulièrement réussi, c'est cette dissonance entre Alice, toute mignonne, presque candide, et l'univers monstrueux qu'elle traverse. Et c'est d'autant plus étrange qu'elle semble jamais vraiment effrayée. parce qu'elle a sous les yeux. À croire que ce monde horrible ne l'impressionne pas tant que ça. Alice passe donc de chambre en chambre sans vraiment écouter les avertissements de son copain le serpent. Et plus elle avance, plus elle s'éloigne de sa pièce à elle, plus son corps se transforme et la fait souffrir. Et découvre petit à petit qu'un monstre terrorise tout ce petit monde. Enfin, ce vaste monde. Et en y réfléchissant, ça me fait un petit peu penser au Jabberwocky. Cette créature monstrueuse imaginée par Lewis Carroll, c'est pas dans Issa au pays des merveilles, c'est dans l'autre côté du miroir, mais bon, c'est l'univers d'Alice. Donc finalement, on peut peut-être y voir un autre lien avec cet univers, qui a un sacré twist dans cette histoire, mais je vais m'arrêter là pour ne pas trop vous en raconter. De mon point de vue, elle est autant la petite fille du conte que le lapin blanc ou même le chat de chéchir, voire d'autres personnages. Mais je vous laisse découvrir ça par vous-même. Mais au-delà de cette histoire de fuite et de découverte, j'ai surtout l'impression d'assister à une forme de voyage initiatique, une introspection au milieu des peurs, des désirs et des travers ignobles des êtres que nous sommes. À croire qu'il n'y a finalement rien de plus effrayant que l'esprit humain. Bref, bibliomania, c'est sublime, c'est un one-shot, c'est bien barré comme on aime, et ça rend super bien dans une bibliothèque. Et voilà mes petits démons de la geekance. J'espère que cette petite sélection vous aura donné quelques frissons. Si jamais vous voulez continuer à vous faire peur, j'ai sorti en même temps une vidéo version comics qui vous fera tourner la tête, voire la fera tomber dans son panier. On se retrouve bientôt, mes petits geekouniou. Et d'ici là, regardez bien sous votre lit ou dans votre placard, parce que je crois qu'il y a quelqu'un...