Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sous-soum-corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique, l'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast vous est proposé chaque jeudi à 17h30 sur Radio Courtoisie, puis il est disponible sur toutes les plateformes d'Époux le dimanche à midi. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Épisode 19, la vie publique de Jésus. Nous en étions restés la semaine dernière... Au baptême du Christ, sur les bords du Jourdain, par saint Jean-Baptiste, avec cette théophanie, cette apparition du Dieu trinitaire, puisque lorsque le Christ se fait baptiser par saint Jean-Baptiste, le Père apparaît sous la forme d'une voix qui dit « Celui-ci est mon fils bien-aimé » et le Saint-Esprit lui-même apparaît sous la forme d'une colombe. Donc c'est une théophanie, une manifestation, une épiphanie, une manifestation visible extérieure des personnes de la Trinité. Ce baptême marque donc le début de la vie publique du Christ et de sa courte vie, finalement trois ans de prédication et d'action, de miracles qui vont transformer le monde. Ce qui est très intéressant, c'est que juste après son baptême, la première chose qu'il advient à Jésus-Christ, ce sont ces épisodes de tentation au désert. dont il est question au numéro 106, que nous révèlent les tentations de Jésus au désert. Les tentations de Jésus au désert récapitulent celles d'Adam au paradis et celles d'Israël dans le désert. Satan tente Jésus dans son obéissance à la mission confiée par son père. Le Christ nouvel Adam résiste et sa victoire annonce celle de la passion, obéissance suprême de son amour filial. Voilà donc le Christ qui... part au désert pendant 40 jours, le nombre 40 évidemment étant un nombre symbolique. On se rappelle des 40 jours et 40 nuits de pluie au moment du déluge, où le monde avait été puni, la méchanceté des hommes avait été punie par Dieu. On se souvient aussi des 40 années passées par le peuple hébreu dans le désert avant d'entrer dans la terre promise. Donc ce nombre 40 est toujours un signe dans la Sainte Écriture, dans l'histoire du peuple juif. C'est un signe d'épreuve, de préparation, et c'est la raison évidemment pour laquelle notre carême catholique aujourd'hui dure 40 jours. Alors le Christ part dans le désert, seul, pour prier, pour méditer et pour être tenté. Il va affronter le premier combat du Christ, la première action publique du Christ va être d'affronter les tentations du démon. Ces tentations récapitulent, comme le dit le catéchisme, celle d'Adam au paradis et celle d'Israël dans le désert. C'est-à-dire que le Christ prend sur lui, parce qu'il est nouvel Adam, il prend sur lui le combat spirituel de tout homme et il va être vainqueur de ce combat, là où Adam et à sa suite tous les hommes s'étaient laissés tenter et avaient perdu ce combat contre les forces du mal. La réponse du catéchisme poursuit. L'Église s'unit à ce mystère, tout particulièrement dans le temps liturgique du carême. Et donc, cela tombe tout à fait bien pour ceux qui écoutent ces épisodes en direct, puisque nous sommes dans la semaine de la Passion, et que nous allons entrer dans la semaine sainte d'ici quelques jours. Ce temps de lutte est tout à fait symbolique, puisque la vie chrétienne est un combat. La vie chrétienne est un combat. On l'oublie malheureusement trop souvent. Et c'est un combat d'abord. contre le démon, contre le mal et contre les tentations du démon. Donc c'est un combat contre nous-mêmes, contre le péché en nous-mêmes, contre ses racines et contre ses expressions extérieures. La vie chrétienne consiste à mener ce combat et comment est-ce qu'on le mène ? En restant fidèle à Dieu. Donc voilà comment le Christ répond au démon. Il dit tu ne tenteras pas ton Dieu, tu obéiras à Dieu seul, tu adoreras Dieu seul. Le démon... propose au Christ de lui donner du pouvoir sur le monde entier, de lui donner un tas de succès, de satisfaction du monde, dans le monde. Mais évidemment, le Christ refuse parce que la seule chose qui a de la valeur, c'est la fidélité et l'obéissance à Dieu lui-même. Parce que le seul capable de nous donner du bien, un bien véritable, c'est Dieu. Question suivante, numéro 107. Qui est invité à faire partie du royaume de Dieu, annoncé et accompli par Jésus ? Jésus invite tous les hommes à faire partie du royaume de Dieu. Même le pire des pécheurs est appelé à se convertir. et à accepter l'infinie miséricorde du Père. Déjà sur la terre, le royaume appartient à ceux qui l'accueillent d'un cœur humble. C'est à eux que sont révélés ces mystères. Alors, pourquoi est-ce qu'il est question ici du royaume de Dieu et de l'appartenance au royaume de Dieu ? Évidemment parce que ce que le Christ vient prêcher, c'est la venue du royaume de Dieu. Dieu est maître du monde, il est le roi du monde, et le Christ, parce qu'il est Dieu, évidemment, mais aussi parce qu'il a... Il va acquérir cette royauté, en plus de l'avoir de droit, il va la mériter par sa passion et par sa mort et sa résurrection. Le Christ est roi. Et ce que vient réaliser le Christ dans le monde, c'est affirmer et récupérer d'une certaine façon, reprendre la royauté qui est due à Dieu. Voilà pourquoi on appelle Dieu notre Seigneur, on appelle le Christ notre Seigneur, notre Seigneur Jésus-Christ. Et finalement, ceux qui sont sauvés. Ceux qui sont membres de l'Église, ceux qui font partie du royaume de Dieu, sont ceux qui se reconnaissent comme étant sujet de cet unique roi de l'univers qu'est Dieu. On insiste malheureusement trop peu aujourd'hui dans un monde individualiste où l'individu se veut le seul maître de sa vie. Et c'est ça finalement la grande rébellion de la modernité, c'est que l'homme prétend, il se fait Dieu, en quelque sorte, par la révolution, il se fait Dieu parce qu'il veut être le seul maître de sa vie. Comme le démon lui-même avait désobéi, on l'avait étudié. Il y a quelques épisodes, il avait refusé cette royauté de Dieu. Eh bien, le Christ vient nous enseigner l'humilité, l'obéissance à son Père. Et comme on le verra dans la Passion, s'il accepte de mourir, de souffrir, c'est toujours parce qu'il accepte la volonté de Dieu. Volontairement, il accepte de prendre sur lui ses peines et la mort, de l'accepter. Il le dit dans l'Évangile de Saint-Jean, « Personne ne me prend ma vie, c'est moi-même qui la donne. » Et il le fait par obéissance au Père. Voilà ce que vient nous apprendre le Christ, c'est que pour faire partie du royaume de Dieu, il faut simplement être un sujet de Dieu, reconnaître la royauté de Dieu sur le monde. Et qui est appelé ? Tous les hommes, même le pire des pécheurs. Chacun des pécheurs, évidemment. Il y a des péchés plus graves que d'autres, évidemment. Mais même le pire des pécheurs, évidemment, il y a les péchés scandaleux, publics, dramatiques, qui ont fait beaucoup de mal. Et puis il y a les petits péchés. Vous savez, la répétition de ces actes que personne ne voit, mais qui sont des misères de la nature humaine et qui finalement font de nous aussi l'objet de la miséricorde, appellent la miséricorde de Dieu. C'est comme si vous faites tomber une goutte, goutte à goutte sur une pierre. Eh bien, évidemment, chaque goutte, ce n'est pas grand chose. On dit que c'est rien, mais à la fin, ça peut faire un trou dans la pierre. Ça peut même la casser. Donc, nous sommes tous pêcheurs, évidemment. Et. Et le royaume appartient à ceux qui accueillent ce royaume, c'est-à-dire à ceux qui accueillent cette royauté de Dieu, à ceux qui accueillent Dieu comme maître, seigneur et roi de l'univers, d'un cœur humble. Question 108. Pourquoi le Christ manifeste-t-il le royaume par des signes et des miracles ? Alors effectivement, comment est-ce que le Christ prêche, comment est-ce qu'il manifeste ce royaume de Dieu ? Principalement par son enseignement, on y viendra. juste après, et ensuite par les miracles qu'il réalise. Alors ces miracles, on pourrait en parler longuement, je m'arrêterai d'ici quelques instants sur les noces de Cana par exemple, mais on peut se demander justement pourquoi le Christ manifeste le royaume par des miracles. Alors réponse du catéchisme, Jésus accompagne sa parole de signes et de miracles pour attester que le royaume est présent en lui. le Messie. Bien qu'il guérisse certaines personnes, il n'est pas venu pour éliminer ici-bas tous les maux, mais avant tout pour libérer les hommes de l'esclavage du péché. La lutte contre les démons annonce que sa croix l'emportera sur le prince de ce monde. Voilà, c'est dit de façon très précise, pourquoi est-ce que le Christ fait des miracles ? Pour attester que le royaume est présent en lui, le Messie. C'est-à-dire qu'il n'agit pas par une force extérieure. par une puissance qui ne serait pas la sienne, mais par la puissance de Dieu. Donc, évidemment, il prie son Père, mais le Père et moi, nous sommes un, dit-il. On a longuement déjà discuté de l'identité, de la divinité du Christ, en tout cas. Pas d'identité entre le Père et le Fils, on est bien d'accord, mais de la nature divine de Jésus. Et donc, c'est Dieu qui agit dans le monde. Voilà ce qu'est un miracle. Un miracle, c'est lorsque quelque chose dépasse le cours naturel des choses. Lorsque, souvent... Vous voyez, on me dit, les gens qui vont voir le prêtre en disant « oui, qu'est-ce qui s'est passé ceci ? Est-ce que c'est un miracle ? Est-ce que c'est le démon ? » Je ne sais pas quoi. C'est-à-dire que ce n'est appelé surnaturel ou préternaturel que ce qui manifestement va au-delà des puissances de la nature. Un miracle, par exemple, à Lourdes, il y a eu énormément de guérisons, des centaines, peut-être même des milliers de guérisons. mais ne sont reconnus comme miracles officiellement par l'Église que les cas tout à fait précis étudiés par la science qui montrent que la science n'explique pas le phénomène qui est advenu. Par exemple, une personne qui était aveugle et qui voit, mais la personne voit sans nerfs optiques. Ou alors un nerf optique qui va repousser en un instant. Donc ce sont des choses qui dépassent les lois de la nature. Ce n'est pas simplement un phénomène naturel qui aurait pris une ampleur soudaine ou un heureux hasard qui aurait causé un événement inhabituel. Le miracle au sens strict, il faut une puissance divine car une puissance qui dépasse les capacités même de la nature. Donc voilà, le miracle du Christ. prouve que Dieu est présent en lui, donc qu'il est Dieu. Et alors, précisément, c'est aussi une réflexion très intéressante, il y a cet épisode où on amène au Christ un homme paralytique. On trouve cela au chapitre 5 de Saint Luc. Jésus, donc, enseigné. Et voici que des gens portant un lit, sur un lit, un homme qui était paralytique, Donc il cherchait à le faire descendre et à le placer sous ses regards. Mais comme il ne savait pas par où, comment l'approcher de Jésus, eh bien il monte sur le toit, il enlève les tuiles et il le descend par une ouverture avec son lit au milieu de l'assemblée. Et alors Jésus a cette phrase étonnante. « Hommes, tes péchés te sont pardonnés. » Alors les scribes et les pharisiens se mettent à dire, mais qui est-il ? Ils profèrent des blasphèmes. Qui peut pardonner les péchés si ce n'est Dieu seul ? Donc les juifs, les pharisiens comprennent très bien que Jésus affirme sa divinité. Quand certains disent oui, Jésus n'a jamais affirmé sa divinité. Si, mais quand il dit tes péchés te sont pardonnés, c'est évidemment qu'il prétend être Dieu. Alors les pharisiens évidemment, qui refusent de reconnaître cette divinité du Christ, déchirent leurs vêtements. Et le Christ alors, connaissant leurs pensées, Alors ce qui est très intéressant de ce miracle, c'est que, première chose, le Christ ne guérit pas le paralytique. Voyant la foi de cet homme, il lui dit « tes péchés sont pardonnés » . Le Christ n'est pas venu supprimer toutes nos infirmités. Ça c'est très important lorsqu'on prie, on demande à Dieu « délivrez-moi de ceci, délivrez-moi de cela, enlevez-moi telle tentation, enlevez-moi telle épreuve » . Le Christ nous répond « tes péchés sont pardonnés » . Il nous propose bien plus que de supprimer nos épreuves, il nous propose la vie éternelle. Il nous propose l'amitié de Dieu dans une vie parfaite après la mort. Il nous propose la vie, une vie grandiose, éternelle, sans mal, sans l'existence de mal. Alors qu'ici-bas, le mal, le péché, la souffrance existeront toujours. Il n'y a rien de parfait ici-bas. Et il me semble que c'est très intéressant d'apprendre cela, justement lorsqu'on prie, on demande quelque chose avec ferveur à Dieu. Eh bien, si Dieu ne nous le donne pas, c'est pas qu'il ne veut pas nous le donner, c'est qu'il nous donne bien plus, comme au paralytique. Et s'il fait un miracle ici, c'est pour prouver qu'il est bien Dieu et qu'il peut, qu'il veut. nous pardonner nos péchés et donc nous ouvrir le ciel. Donc de la même façon, on peut dire que si Dieu ne nous guérit pas de nos infirmités ici-bas, que ce soit des infirmités physiques, morales, des faiblesses personnelles, des faiblesses psychologiques, etc. ou des événements du passé, des blessures profondes. S'il ne nous en guérit pas, c'est parce qu'il veut nous donner bien plus et faire de nos faiblesses, de nos blessures, l'occasion de manifester sa grandeur. L'occasion de manifester qu'il est bien plus grand que cela et que finalement nos faiblesses et nos petitesses à ses yeux ne sont rien parce qu'il nous aime. infiniment et qu'il veut nous donner bien plus. Alors, comme je disais, on pourrait évidemment discuter longuement sur chacun des miracles, par exemple la résurrection du fils de la veuve de Naïm, qui est absolument un évangile qui est absolument saisissant et émouvant, qui est magnifique. J'aimerais simplement dire un mot sur les noces de Cana, parce que dans les noces de Cana, c'est le premier miracle public de Jésus-Christ. Et Et dans les noces de Cana, la passion elle-même est déjà annoncée. Cela se trouve dans l'évangile selon saint Jean au chapitre 2. Un jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manquait de vin. La mère de Jésus lui dit, ils n'ont pas de vin. Jésus lui répond, femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. Je poursuis la lecture, je reviendrai là-dessus. Sa mère dit à ceux qui servaient, tout ce qu'il vous dira, faites-le. Or, il y avait six jarres de pierre, etc. Donc, le Christ dit, remplis de ses dos, ses jarres. Et il opère ce miracle de l'eau transformée en vin. Alors, pourquoi est-ce que j'ai lu ce premier passage ? Parce que ce que je trouve tout à fait passionnant dans ce court récit, c'est, en trois phrases, il y a un tas de choses à dire. Donc, d'abord, le fait de manquer de vin. L'attention de la mère de Jésus qui dit « ils n'ont plus de vin » . Et Jésus lui répond « femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue » . On a l'impression, à une première lecture, que Jésus répond avec insolence à sa mère en lui disant « mais de quoi tu mêles ? Mon heure n'est pas encore venue » . Mais en fait, si on lit la phrase suivante, donc sa mère dit à ceux qui servaient « tout ce qu'il vous dira, faites-le » . Ce qui signifie que la Sainte Vierge a compris immédiatement qu'il allait faire un miracle. Donc non seulement elle n'a pas été vexée de cette réponse, mais au contraire, elle a compris dans la réponse. qu'il allait faire le miracle. Donc, lorsqu'il dit « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Ça ne signifie pas du tout « C'est pas le moment. » Ça signifie « Que me veux-tu ? Pourquoi me demandes-tu cela maintenant ? » Ou plutôt « Puisque tu me le demandes, je vais le faire. » Alors, que signifie cette phrase « Mon heure n'est pas encore venue ? » L'heure n'est pas, dans cette phrase du Christ, le moment de faire le miracle. L'heure est son heure avec un grand H, c'est-à-dire le sommet. de la réalisation de son œuvre, à savoir sa mort sur la croix. Donc lorsqu'il dit à la Sainte Vierge, femme que veux-tu, mon heure n'est pas encore venue, il dit, ce n'est pas encore le moment de ma passion. La Sainte Vierge, encore une fois, comprend qu'il va faire un miracle, et ce miracle qui annonce la passion. Je m'explique, l'heure du Christ, et on trouve cette référence, cette notion d'heure du Christ dans d'autres passages de l'Évangile, l'heure du Christ, c'est donc sa mort sur la croix et sa résurrection. Ce que signifie... Ce miracle de Cana, c'est évidemment premièrement la puissance de Dieu. Le fait de transformer l'eau en vin est une annonce déjà de l'Eucharistie, où le vin sera transformé dans le sang du Christ. Donc c'est déjà une annonce. C'est aussi une annonce de l'Église, du sang et de l'eau qui coule du côté du Christ. Donc il y a dans l'image de l'eau transformée en vin à Cana, déjà contenue, en tout cas c'est comme ça que la Sainte Vierge le comprend, déjà contenue. l'heure finale du Christ, à savoir le don de sa vie, le fait qu'il verse son sang et qu'il donne son sang comme nourriture, comme breuvage pour les hommes qui ont soif, soif de la grâce. Donc l'image de Cana, c'est déjà une annonce de l'Eucharistie, c'est-à-dire le sang du Christ qui va donner la grâce, qui va donner l'eau vivante, l'eau de vie, de la vie éternelle, l'eau du baptême aussi évidemment aux hommes. Donc en trois phrases, en fait, est déjà contenu l'ensemble du mystère de la Passion, de la mort, de la résurrection et de la grâce. que le Christ donne dans le monde. Très brièvement, mais on pourrait le développer, et j'aime beaucoup lorsque l'occasion se présente dans une prédication du dimanche, prêchée sur cet évangile qui est absolument magnifique. Alors avançons sur la question suivante. Dans le royaume, quelle autorité confère le Christ à ses apôtres ? Jésus choisit les douze, futurs témoins de sa résurrection. Il les fait participer... à sa mission et à son autorité pour enseigner, pour pardonner les péchés, pour édifier, pour gouverner l'église. Dans ce collège, Pierre reçoit les clés du royaume et occupe la première place avec la mission de garder la foi dans son intégrité et de confirmer ses frères. On reviendra bien sûr là-dessus lorsqu'on parlera de l'Église, lorsqu'on parlera de Saint-Pierre et du Pape. Mais ce qui me semble intéressant dans cette prédication du royaume, c'est principalement le fait que Jésus ne limite pas son œuvre à sa vie propre, mais il fonde quelque chose qui doit perdurer, qui doit continuer après lui, au-delà, après sa mort, et qui doit continuer son œuvre jusqu'à aujourd'hui. Alors c'est l'œuvre de la prédication justement. Là encore, on pourrait longuement développer. Simplement, je souligne le fait que l'enseignement du Christ a été un enseignement progressif. Il n'est pas arrivé dès le départ, justement, au noce de Cana, il n'a pas dit « je vais mourir, je vais mourir sur une croix et tout le monde va m'abandonner » , etc. Non, il dit les choses avec patience. Le meilleur exemple étant, je reviens sur la question d'ailleurs de l'Eucharistie, dans l'évangile du pain de vie au chapitre 6 de Saint Jean où le Christ annonce bien avant sa mort, il annonce qu'il va donner sa chair comme nourriture et son sang comme boisson. Et les disciples, tout le monde s'en va en disant « Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Cela est trop dur à entendre. » Donc, si vous voulez, il y a une progression pour faire comprendre au peuple hébreu, aux gens qui l'écoutent, même à ses plus proches, à ses amis les plus proches, aux apôtres, progressivement, la grandeur du mystère. Et ça, ça me semble très intéressant aussi, surtout pour ceux qui... qui nous écoutent, qui sont nouveaux dans la foi ou récents dans la foi, qu'il y a tout un parcours à suivre, un parcours intérieur, pour s'approcher petit à petit, pas à pas, vers le mystère du Christ. Et on peut être chrétien depuis 10, 20, 30, 50, 70, 90 ans, et bien on n'a jamais fini d'avancer vers la grandeur, la beauté du mystère du Christ. Dernière question, alors il y a une question sur la transfiguration. À la transfiguration apparaît... Avant tout la Trinité, le Père en sa parole, le Fils dans son humanité, l'Esprit dans la nuée de lumière, comme dit saint Thomas d'Aquin. En évoquant avec Moïse et Élie son départ, Jésus montre que sa gloire passe par la croix. Il anticipe sa résurrection et son retour dans la gloire, qui transfigurera notre corps mortel à l'image de son corps glorieux. Il y a effectivement dans cet épisode de la transfiguration une annonce de la contradiction qui va se réaliser entre la mort du Christ et sa glorification. Et... et sa divinité par sa résurrection, la manifestation de la puissance de Dieu dans sa résurrection. Mais je voulais terminer sur la question 111. Comment advient l'entrée messianique à Jérusalem ? C'est ce qu'on va célébrer au dimanche des Rameaux. Donc, au temps fixé, Jésus décide de monter à Jérusalem pour souffrir sa passion, mourir et ressusciter. Comme roi messie qui manifeste la venue du royaume, il entre dans sa ville sur le dos d'un petit âne. Il est accueilli par des enfants. dont l'acclamation est reprise dans le sanctus de la messe, « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, Hosanna, béni tous qui vénit in nomine domini » . La liturgie de l'église commence la semaine sainte par la célébration de cette entrée à Jérusalem. Effectivement, cette entrée à Jérusalem, qui est à la fois une entrée majestueuse, parce qu'elle reprend l'entrée du roi David dans la ville de Jérusalem, donc le fait d'être assis sur le petit d'une anesse, sur un anon, avait été prophétisé. Il reviendra le Messie assis sur le petit d'une annaise. Donc le fait que le Christ entre assis sur cette anne, eh bien, est une preuve qu'il accomplit, il est en train d'accomplir ce qui était promis dans les Écritures, dans les prophéties, du Messie qui allait rentrer dans Jérusalem pour sauver le peuple juif. Et voilà pourquoi les enfants et tout le peuple viennent à sa rencontre en disant « mais voilà le Messie qu'on attendait depuis tant » . Donc la foi sincère de la majorité des... Les juifs disent qu'il accomplit, celui-là est en train d'accomplir ce qui nous avait été annoncé. Et alors, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. C'est cette phrase que l'on répète dans le Sanctus de la messe, juste avant le canon de la messe où va être renouvelé le sacrifice du Christ, de la même façon que les enfants le disaient sur le passage du Christ le dimanche des rameaux, juste avant que commence la semaine sainte et la mort du Christ. avant sa résurrection. Voilà donc ce qui advient, comment commence cette grande semaine de la Passion, par la manifestation de la venue du royaume. Le Christ revendique d'être roi, le nouveau roi de Jérusalem, de la Jérusalem, la grande Jérusalem, la Jérusalem céleste, donc le chef de l'Église, et donc le chef, la tête, de cette nouvelle humanité que Dieu vient restaurer. de cette nouvelle humanité que est l'Église et tous les membres de l'Église, tous ceux qui vivent de la grâce, tous ceux qui vivent de l'amour de Dieu, cette nouvelle humanité, une humanité restaurée par Dieu, qui a vaincu le mal, le démon et le péché. Alors, nous voilà donc aux portes de Jérusalem pour suivre le Christ pendant cette semaine sainte. Ceux qui nous écoutent à l'entrée de cette semaine sainte, je vous souhaite de vivre ces événements pas à pas à la suite du Christ, jusqu'à sa mort sur la croix et surtout jusqu'à sa résurrection, dans la nuit de Pâques qui nous ouvre cette vie nouvelle par l'eau du baptême, l'eau de la grâce et des sacrements. Terminons cet épisode comme toujours par une prière au Saint-Esprit, en lui demandant de nous éclairer pour mieux comprendre et mieux intégrer dans nos âmes cet enseignement de l'Église. Venez, Esprits saints, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, Donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine, au cœur de la semaine sainte, pour un nouvel épisode de Sursum Corda.