Speaker #0Bienvenue dans l'émission Soursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique, l'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h30 sur Radio Courtoisie, puis il est disponible le dimanche à midi sur toutes les plateformes de l'Église. Soutenez-le, faites-le connaître autour de vous. Épisode 16, Vrai Dieu et Vrai Homme Nous sommes donc maintenant au cœur du mystère de l'incarnation. A savoir de Dieu, la seconde personne de la Trinité, qui se fait homme, qui adopte la nature humaine. Pour expliquer cette affirmation du credo, il a été conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie. Alors nous avons vu la semaine dernière le sens du terme incarnation et la raison pour laquelle le Fils de Dieu s'est fait homme, à savoir pour sauver les hommes du péché et des conséquences du péché. Nous en arrivons maintenant à l'étude du mystère de l'incarnation en lui-même. Question 87. Comment Jésus-Christ est-il vrai Dieu et vrai homme ? Jésus-Christ est de manière indissociable vrai Dieu et vrai homme dans l'unité de sa personne divine. Lui, le Fils de Dieu, qui est engendré, non pas créé, de même substance que le Père, il s'est vraiment fait homme, notre frère. sans pour autant cesser d'être Dieu, notre Seigneur. Voilà donc un aspect tout à fait fondamental de ce mystère de l'incarnation. Dieu, en devenant homme, en devenant l'un d'entre nous, en adoptant la même nature humaine que chacun d'entre nous, ne cesse pourtant pas d'être Dieu. Lui qui a été engendré de toute éternité, de la même substance que le Père. Bien sûr, il n'a pas été créé comme homme. mais sa personne, donc c'est la personne divine, l'unique personne divine, qui, tout en restant Dieu, adopte la nature humaine. Alors, évidemment, au cours de l'histoire, ce mystère a donné lieu à des controverses et même à des condamnations, puisque, dans un sens ou dans l'autre, souvent, il y a eu des hérésies, c'est-à-dire des... Hérésie, ça vient du grec aereo, je choisis, c'est-à-dire des gens, des théologiens, des auteurs, des... des évêques qui ont insisté sur tel ou tel aspect au détriment de tel ou tel autre. Et donc le rôle du magistère de l'Église, comme on l'avait expliqué au début de ce cours de catéchisme, le rôle du magistère de l'Église est d'enseigner la foi véritable, de garantir la foi véritable, et donc de condamner les erreurs qui s'opposent à la rectitude de la foi, de l'enseignement, de la révélation. Alors, qu'enseigne à ce sujet, au sujet de l'incarnation ? Le concile de Chalcédoine en 451, qui est le grand concile après le concile de Nicée et de Constantinople, qui sont plutôt des conciles trinitaires, qui règlent les questions sur la Trinité, en particulier sur l'égalité des personnes en Dieu. Et bien les conciles suivants, le concile d'Éphèse en 431 et le concile de Chalcédoine en 451, sont des conciles plutôt christologiques qui vont répondre à la question, ainsi que le concile de Constantinople évidemment, qui vont répondre à la question... aux erreurs au sujet du mystère de l'incarnation. Alors qu'enseigne à ce sujet le concile de Chalcédoine ? Le concile de Chalcédoine enseigne à confesser un seul et même fils, notre Seigneur Jésus-Christ, parfait en divinité et parfait en humanité. Le même vraiment Dieu et vraiment homme, composé d'une âme rationnelle et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantiel à nous selon l'humanité. Il cite l'Épître aux Hébreux, au chapitre 4, semblable à nous en tout, à l'exception du péché. Il est engendré du Père avant tous les siècles, selon la divinité, et en ces derniers jours, pour nous et notre salut, né de la Vierge Marie, Mère de Dieu, selon l'humanité. Alors voilà la complexité et en même temps, j'allais dire, la simplicité, tellement ce mystère est élevé, dans l'unique personne du Christ. se rejoignent deux natures, la nature divine sans aucune diminution, sans aucune ombre, et la nature humaine sans aucun changement, sans aucune altération, si ce n'est le péché. Évidemment, le Christ n'a pas été touché par le péché, il est l'innocence même, et comme il n'a pas été touché par le péché, précisément, on y reviendra, parce que la Très Sainte Vierge Marie, parce qu'elle-même n'avait pas été préservée du péché, alors elle n'a pas été touchée par le péché. Elle a transmis la nature humaine à son fils sans la blessure du péché. Vous me direz, ça ne fait que reculer le problème, mais on y viendra en parlant dans le prochain épisode de la Vierge Marie et du mystère de l'Immaculée Conception. Toujours est-il que le Christ, c'est ça notre sujet aujourd'hui, est totalement Dieu et totalement homme. Alors, au fur et à mesure de l'histoire, il y a eu un certain nombre d'erreurs à ce sujet. Certains ont dit qu'il n'avait que l'apparence de l'humanité ou certains autres ont dit que c'était un homme qui est devenu Dieu, qui a été adopté par Dieu. Eh bien non ! Il ne faut tomber ni d'un côté ni de l'autre. D'ailleurs, la réflexion très importante en théologie et en particulier en christologie, la vérité n'est pas le contraire de l'erreur, mais la vérité est un sommet entre deux erreurs opposées. C'est très important de bien comprendre ça. Les hommes ont de tout temps eu la tendance à vouloir répondre à une erreur en exagérant dans le sens opposé. Donc malheureusement, ils tombent dans l'erreur opposée. C'est vrai. dans beaucoup de choses et dans la situation actuelle de l'Église, il ne faudrait par exemple pas répondre à l'hérésie progressiste, car c'est une hérésie, clairement, il ne faudrait pas répondre à l'hérésie progressiste en tombant dans une forme de traditionnalisme, au sens de retour à l'ancien, comme si tout ce qui était avant était forcément mieux. Alors, bien sûr, il faut être traditionnel, et tout catholique est traditionnel, il faut être attaché à la tradition, et je pense que j'ai assez développé ce point. dans le troisième épisode, en particulier sur la tradition, mais il ne faudrait pas, vous voyez, tomber dans un anti-progressisme qui ne serait finalement que l'erreur opposée à l'hérésie progressiste. Donc la vérité est un sommet entre deux excès, et puis entre deux défauts, entre deux ravins, et il faut rester sur la ligne de crête, et c'est vrai en particulier en matière de christologie. Alors, question suivante, comment l'Église exprime-t-elle le mystère de l'incarnation ? Elle l'exprime en affirmant que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, avec deux natures, divines et humaines, non pas confondues, mais unies dans la personne du Verbe. Néanmoins, dans l'humanité de Jésus, tout, les miracles, la souffrance et la mort, doit être attribué à sa personne divine, qui agit par la nature humaine qu'elle assume. Voilà. Alors, j'hésite à me risquer dans des commentaires. Il faudrait plutôt s'en tenir à ce qui est enseigné ici, parce que dès qu'on essaie d'entrer dans des commentaires, on risque de se tromper, justement, soit de se mélanger les pinceaux, soit même de dire des bêtises et des erreurs sur ce mystère. Et donc, il faut en rester là, à savoir qu'il y a une unique personne de la Trinité, le Verbe divin, qui unit dans sa nature et la divinité et l'humanité. sans qu'elles soient confondues et sans néanmoins que l'une ou l'autre perde quoi que ce soit de ce qu'elle est. Alors Jésus-Christ donc est totalement homme et totalement Dieu et on verra que puisqu'il est une unique personne, eh bien on peut dire lorsque Jésus-Christ mange, lorsque Jésus-Christ souffre, lorsque Jésus-Christ meurt, eh bien on peut dire que c'est la personne divine qui mange, qui naît, qui souffre et qui meurt. Tout est attribué à la personne divine puisque c'est vraiment une personne dans le sens de la définition de la fameuse définition de bohèse de la personne, selon laquelle la personne c'est une substance rationnelle qui est pleinement accomplie, qui a la totalité de ce dont elle a besoin, à qui rien ne manque en quelque sorte. Donc substance individuelle de nature rationnelle, c'est ça la définition de bohèse que je cherchais. Et bien donc c'est vraiment la personne à la fois divine et humaine qui a agi en toutes choses et en particulier... dans le monde qui agit par la nature humaine qu'elle assume. Alors le catégisme ici ajoute une prière qui est tirée de la liturgie byzantine de Saint Jean Chrysostome et que je vous lis parce que ça me semble très très très très belle tout simplement. Ô fils unique et Verbe de Dieu, étant immortel, tu as dénié pour notre salut t'incarner de la Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie. Toi qui es un de la Sainte Trinité, « Glorifiez avec le Père et le Saint-Esprit, sauve-nous. » Donc voilà le mystère de la Trinité. C'est vrai qu'on n'a pas insisté sur cette question, mais pourquoi est-ce que Dieu choisit de s'incarner ? Alors, on pourrait discuter beaucoup, c'est une partie des questions principales de la Christologie de saint Thomas d'Aquin. Est-ce que si l'homme n'avait pas péché, Dieu se serait incarné ? La réponse de saint Thomas d'Aquin est non. C'est-à-dire que dans la volonté de Dieu, dans les décrets divins, l'incarnation est nécessaire pour la rédemption. Donc c'est une conséquence du péché originel. Alors évidemment, il dit que Dieu aurait pu sauver les hommes. D'une autre façon, Dieu aurait pu sauver les hommes par une pure décision. D'ailleurs, on peut répondre à cette question. Alors pourquoi est-ce que Dieu se fatigue à se faire homme ? Et bien précisément, je crois, pour nous montrer qu'il est investi dans notre salut, notre salut personnel et dans le salut de tous les hommes. Il n'est pas un Dieu lointain qui nous regarde de loin, qui nous donne des lois et qui nous dit maintenant débrouillez-vous. Il n'est pas un Dieu séparé. Évidemment, il garde toute sa transcendance parce que Dieu reste Dieu et il ne perd rien de ça. de sa divinité, de sa perfection, de son éternité, de sa toute-puissance lorsqu'il s'incarne. Mais il veut nous dire, en quelque sorte, à chacun d'entre nous, j'ai vécu ce que vous avez vécu. De sorte que personne ne puisse jamais lui dire, tu ne sais pas ce qu'est ma condition humaine. Tu ne sais pas ce qu'est souffrir, mourir, être déçu, être trahi, être méprisé, être désespéré. Personne ne peut lui dire ça parce qu'il nous répondra, si je le sais, parce que je suis venu parmi vous pour l'expérimenter. On peut dire que d'une certaine façon, c'est une preuve incroyable, infinie de l'amour de Dieu pour les hommes que de choisir ce mode de rédemption, c'est-à-dire de se faire homme. Et c'est la raison pour laquelle certaines autres écoles théologiques, par exemple les franciscains, en la personne de Saint Bonaventure, qui était contemporain de Saint Thomas d'Aquin, répondait à la question que je viens de poser en disant, oui, même si le péché originel n'avait pas eu lieu, le Verbe se serait tout de même incarné. parce que le Christ est le sommet de la création. C'est comme la dernière touche, où Dieu est tellement satisfait de sa créature, de sa création, qu'il entre, il prend forme, il prend de la nature humaine pour être l'un parmi ses créatures. Mais c'est une vision, j'allais dire, plus poétique des choses. Et il me semble que saint Thomas d'Aquin, et l'école thomiste est plus logique sur cette question, c'est que Dieu entre dans le monde, dans le monde des créatures et dans le monde des hommes, pour... signifier l'amour qu'il porte aux hommes et pour s'engager personnellement. Vous voyez, ce serait comme, c'est une comparaison un peu, évidemment, analogique et tout à fait symbolique, mais vous voyez, ce serait comme un général qui voit que ses troupes sont en difficulté et qui prend un bouclier, une épée, enfin, qui prend les armes et qui va au milieu de ses soldats, non seulement pour les guider, parce qu'il est plus fort, pour les soutenir, pour les aider et pour les mener à la victoire. Voilà. Alors que le soldat qui est comme... On imagine Napoléon en haut de sa colline qui regarde au loin avec une longue vue. Eh bien, le soldat qui est dans le combat peut dire, il ne sait pas, il nous donne des ordres, mais il ne sait pas ce que c'est que de mener le combat, d'être au corps à corps, de risquer notre vie et d'être au milieu de la bataille. Et le chef là-bas, là-haut, de haut, qui donne des ordres, eh bien, il ne sait pas ce que sont nos souffrances. Eh bien, imaginez Napoléon qui enlève son chapeau, qui revêt un casque, ou que sais-je, je ne suis pas un spécialiste. des armements, et qui va se mêler au combat. Et évidemment, ce ne serait pas très prudent de la part d'un général, parce que s'il est blessé ou tué, c'est toute l'armée qui va en pâtir. Mais là, c'est un super général qui ne craint rien. Enfin, qui ne craint rien dans le cas du Christ. Il a un peu craint, puisqu'il a expérimenté la bagarre, la bataille, les souffrances, jusqu'à mourir. Donc vous imaginez, je file la métaphore. Imaginez le général qui descend au milieu de la bataille pour sauver ses troupes et qui se fait tuer au milieu des hommes. Alors ça semble être un échec total. Mais on le verra, ce qui semblait être un échec était finalement la victoire, évidemment, de Dieu au milieu des hommes. Je reviens aux considérations plus conceptuelles, plus théologiques, mais vous avez compris le sens de l'incarnation. Alors, question 90. Le fils de Dieu fait homme, avait-il une âme avec une connaissance humaine ? Alors on rentre ici. très très très légèrement, dans un tas de problèmes liés à la christologie, qu'on étudie au séminaire, qu'on étudie dans les manuels, que les spécialistes, les théologiens, les christologues étudient. Parce que quelles sont les conséquences pour la nature divine ? Alors bon, ça c'est assez rapide. Il y a en effet un certain nombre de théologiens qu'on appelle des théologiens de la kénose, des théologiens kénotiques, qui affirment que Dieu dans l'incarnation, eh bien, perdrait de sa divinité. abandonnerait sa divinité pour se faire l'un des hommes, l'une de ses créatures. Mais c'est une erreur, c'est une erreur grave, parce que d'une part Dieu ne peut pas cesser d'être Dieu, et sinon il n'aurait jamais été Dieu, et d'autre part, s'il avait cessé d'être Dieu, alors il ne serait fait que l'un des nôtres, en perdant les moyens de nous racheter et de nous sauver. Donc il faut maintenir que le Christ est vraiment homme, mais qu'il est véritablement Dieu. La question étant, quelles sont les conséquences pour sa nature humaine ? A savoir, est-ce que ça signifie qu'il y avait une âme qui... pouvait connaître, est-ce qu'il devait apprendre ? S'il était Dieu, il savait tout. S'il était Dieu, il connaissait tout à l'avance. Et donc, est-ce qu'il pouvait faire des choix ? Quelques-uns ont-ils de sa connaissance, de sa liberté, etc. Alors voilà quelques éléments que l'on trouve ici dans le catéchisme, dans l'abrégé de Benoît XVI. Le Fils de Dieu fait homme avait-il une âme avec une connaissance humaine ? Le Fils de Dieu a assumé un corps animé par une âme humaine raisonnable. Avec son intelligence humaine, Jésus a appris beaucoup par l'expérience. Mais aussi comme homme, le Fils de Dieu avait une connaissance intime et immédiate de Dieu son Père. Il pénétrait également les pensées secrètes des hommes et connaissait pleinement les desseins éternels. qu'il est venu révéler. Alors, voilà l'un des points qui a donné lieu à beaucoup de discussions, mais Dieu se fait homme, et donc Jésus, la personne divine, le fils de Dieu, assume un corps animé par une âme, puisqu'un homme, c'est un corps et une âme. Nous en avons parlé dans un épisode précédent. Et donc, Dieu, non seulement prend un corps, mais il prend aussi l'âme qui va avec. Évidemment, s'il n'avait pas eu d'âme, il n'aurait eu qu'un corps, ce serait l'apparence d'un homme. La moitié d'un homme. Et donc cette âme, qu'est-ce que c'est que l'âme ? C'est le principe de vie, de vie humaine. Et en particulier, comme nous l'avions dit dans l'épisode 13, c'est le principe des opérations supérieures, à savoir l'intelligence et la volonté. Donc la personne divine, en assumant la nature humaine, a une âme humaine avec l'intelligence que n'importe quel homme peut avoir. Mais cette intelligence, elle est, pour ainsi dire, surélevée par... la divinité, la nature divine qui est dans cette même personne. Donc, d'une part, Dieu a une connaissance, une intelligence divine. Il connaît tout le mystère de Dieu comme Dieu connaît les choses. Mais d'autre part, il a véritablement une intelligence humaine. Alors, qu'est-ce que signifie cette intelligence humaine ? La thèse thomiste, alors ici, si je ne me trompe pas, enfin, non, je ne veux pas exagérer, vous allez comprendre. Donc, on affirme, c'est la thèse thomiste, que Jésus avait trois types de connaissances humaines. Une connaissance expérimentale, donc oui, il apprenait des choses, ou plutôt, il réapprenait les choses qu'il connaissait déjà, de la façon dont les hommes les connaissent ou les apprennent par apprentissage progressif. Vous voyez, c'est comme si vous pouvez apprendre un théorème mathématique, vous connaissez la conclusion, mais une fois que vous avez démontré, que vous avez mené la démonstration, eh bien, vous connaissez le théorème mathématique de deux façons. D'une façon, parce que vous avez une connaissance de la chose. Et de deuxième façon, parce que vous avez fait le parcours démonstratif pour arriver à ce théorème comme conclusion. Donc ça ajoute quelque chose. Et donc il y a une croissance dans la connaissance humaine que Jésus-Christ a des choses. Vous voyez, de façon assez triviale, il y a des choses qu'on apprend parce qu'on nous les a transmises, on nous les a dites. Mais une fois qu'on les découvre par nous-mêmes, qu'on les expérimente, eh bien ça ne change pas la nature de la chose, mais ça augmente notre connaissance, ça donne un autre aspect, un autre reflet. d'une autre dimension à notre connaissance. Donc la thèse thomiste, je reviens là-dessus, il y a dans l'intelligence humaine du Christ trois dimensions, trois aspects. La connaissance expérimentale, puis une connaissance infuse, une science infuse parce que les motifs... Il fallait que Jésus-Christ ait aussi la perfection de l'intelligence humaine parce qu'il était un homme parfait. Il connaissait toute chose en ayant reçu de Dieu cette connaissance. Et puis, ce qu'on appelle la science béatifique. C'est-à-dire qu'il avait la vision béatifique. Jésus, oui, Jésus pendant toute sa vie, y compris pendant la Passion, et y compris, ça va être un peu délicat, mais y compris lorsqu'il dit « Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? » , eh bien, possède cette vision de Dieu. Je disais tout à l'heure que, je ne sais pas trop quelle est la thèse défendue par Benoît XVI ici, parce qu'il dit qu'il avait une connaissance intime et immédiate de Dieu son Père. Donc il dit immédiate, mais il faut parler avec saint Thomas d'Aquin de vision béatifique. Oui, Jésus-Christ avait la vision béatifique. Alors, beaucoup parmi les théologiens contemporains ont nié cette thèse, parce qu'ils disaient, il faut que Jésus ait la foi, puisqu'il est le premier de ceux qui ont la foi, il nous montre l'exemple de la foi, et donc si on croit en quelque chose, c'est qu'on ne le voit pas. On ne peut pas avoir la foi en quelque chose que l'on voit, puisque la croyance, c'est le fait d'adhérer à quelque chose que l'on ne voit pas. Alors ils ont nié la vision béatifique, mais ce n'est pas du tout la thèse traditionnelle. Alors sur cette question de l'intelligence, vous voyez, il y a un certain nombre de débats, mais la thèse classique, c'est que... Jésus avait une connaissance humaine sous ses différents aspects. Deuxième question dans ce sens, comment s'accordent les deux volontés du Verbe incarné ? Jésus a une volonté divine et une volonté humaine. Dans sa vie terrestre, le Fils de Dieu a humainement voulu ce qu'il avait divinement décidé pour notre salut avec le Père et l'Esprit-Saint. C'est très beau ça. Le Fils de Dieu a humainement voulu ce qu'il avait divinement décidé avec le Père et l'Esprit-Saint. Sans résistance ni opposition. La volonté humaine du Christ suit la volonté divine. Mieux encore, elle lui est soumise. Donc Jésus-Christ a une véritable volonté. humaine, et donc d'ailleurs une liberté humaine. Lorsque Jésus meurt sur la croix, il donne sa vie comme il le dit dans l'évangile de Saint Jean. On ne l'apprend pas, c'est moi qui la donne. Évidemment, c'est sa volonté divine, mais c'est aussi sa volonté humaine. Et la volonté humaine obéit à la volonté divine. On dirait qu'une volonté qui obéit tout le temps, elle n'est pas libre. Grave erreur sur la conception de la liberté. La liberté, ce n'est pas de choisir son motif. La liberté, ce n'est pas de faire ce qu'on veut, contrairement à ce que racontent un certain nombre de gens et de fausses philosophies de la liberté. La liberté, ça consiste à bien faire, à choisir les bons moyens pour atteindre sa fin. Celui qui doit aller dans une direction, sa liberté consiste à choisir les bons moyens pour y aller selon les différentes circonstances. Mais celui qui partirait dans l'autre sens ou qui n'atteindrait pas la fin, non seulement n'est pas libre, mais en fait, il deviendrait esclave et il perdrait. Le sens de sa destinée, le sens de sa nature, le sens de sa vie. Donc la liberté, celui qui obéit en toute chose à la volonté de Dieu est le plus libre des hommes. C'est un peu difficile à concevoir pour les esprits modernes, mais c'est pourtant la vérité. Alors je conclue sur ces questions. Le Christ avait-il un vrai corps humain ? Alors oui, bien sûr. Le Christ a assumé un vrai corps humain par lequel Dieu invisible s'est rendu visible. Pour cette raison, le Christ peut être représenté et vénéré au moyen d'images saintes. J'avais mentionné le fait que souvent les musulmans ne comprennent pas le mystère de l'incarnation, justement parce qu'ils ne comprennent pas que Dieu se rend visible en Jésus-Christ. Et tout le mystère de notre foi repose dans cette personne, et donc dans les actes et les paroles du Christ, parce qu'on voit bien que c'est Dieu qui se rend visible. Jésus n'est pas... Un être comme les autres n'est pas un homme comme les autres. Je conseille d'ailleurs souvent aux musulmans de lire la vie du Christ. Et ils constatent très aisément que, contrairement à Mahomet, Jésus n'a tué personne, Jésus ne s'est battu avec personne, Jésus n'a pas eu de femme, Jésus n'a pas du tout été un conquérant ni un guerrier, évidemment. Jésus était un être humain d'une dimension divine. Enfin, dernier point, que représente le cœur de Jésus ? Jésus nous a connus et aimés avec un cœur d'homme, son cœur transpercé pour notre salut et le symbole de l'amour infini avec lequel il aime son Père et tous les hommes. Voilà, nous arrêterons pour aujourd'hui sur cette question du cœur de Jésus. Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes, dit Jésus dans une apparition à Sainte-Marguerite-Marie-à-la-Coque, à Paris-le-Monial. Ce cœur qui a tant aimé les hommes. Jésus a eu des sentiments. Il a eu des sentiments humains, comme les hommes, mais des sentiments humains les plus nobles. Et donc il nous montre, il nous enseigne à aimer en nous montrant son cœur. Et qu'est-ce que ça signifie ? Il nous enseigne à aimer en nous montrant que aimer, c'est se sacrifier, c'est donner sa vie, c'est s'offrir en sacrifice pour ceux qu'on aime. Voilà peut-être l'enseignement principal du cœur de Jésus et donc de ce qui a fait battre le cœur du Christ, c'est-à-dire le cœur de la vie de Jésus-Christ. Et donc... Le cœur est le centre de notre vie chrétienne. Comme toujours, prions l'Esprit-Saint pour nous éclairer, afin de mieux comprendre, mieux intégrer dans notre vie cet enseignement de l'Église. Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et vous renouvellerez la face de la terre. Prions. Ô Dieu qui avais instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, afin de jouir sans cesse de ces divines consolations, par Jésus-Christ notre Seigneur, ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Et surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, je prie pour vous. Et que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sourdsous.