Speaker #0Bienvenue dans l'émission Sursum Corda, le podcast qui vous fait redécouvrir les trésors de la foi chrétienne, semaine après semaine. Je suis l'abbé Mathieu Raffray, prêtre et théologien, et je vous propose à chaque épisode de plonger ensemble dans le catéchisme de l'Église catholique, l'occasion d'éclairer les grands problèmes de notre temps, les grandes questions de tous les temps, à la lumière de l'enseignement de l'Église. Ce podcast est proposé chaque jeudi à 17h30 sur Radio Courtoisie, puis il est disponible le dimanche à midi sur toutes les plateformes d'écoute. Soutenez-le, faites-le connaître autour d'eux. Épisode 17, la Vierge Marie. Nous avions étudié la semaine dernière les conséquences de l'incarnation en Jésus-Christ, à savoir l'unique. personne du Verbe divin qui, se faisant homme, assume la nature humaine. Et donc il y a une personne avec deux natures, la nature divine et la nature humaine, une seule personne en deux natures. Nous avions vu aussi les conséquences de cette union hypostatique, comme on dit dans le langage théologique, pour l'intelligence et pour la volonté, pour la liberté de Jésus-Christ. Nous avions vu aussi qu'il avait... assumer un corps véritable et non pas simplement l'apparence d'un corps. Et puis, on pourrait, avant de poursuivre, continuer notre réflexion ou mener une réflexion sur l'incarnation et sur sa centralité dans le mystère chrétien. Vous voyez, le christianisme, c'est la religion de l'incarnation, à savoir de Dieu qui vient vers les hommes, qui vient au milieu des hommes. Et donc, le Dieu universel, parfait, transcendant, lointain, se fait homme parmi les hommes. Ce qui est très intéressant et pour nous très significatif, il me semble, c'est le fait que Jésus-Christ entre ainsi dans le temps et dans l'espace. Il choisit un moment pour l'incarnation, il choisit un lieu pour s'incarner, avec toutes les conséquences que cette particularisation peut avoir pour lui et donc pour nous. Je veux dire par là que Jésus-Christ n'est pas un homme neutre dans le sens où il n'aurait pas de détermination. Au contraire, il choisit de s'incarner dans un temps et un lieu, dans un peuple, dans une histoire, avec des racines, avec des parents, avec des grands-parents, en étant l'héritier de quelque chose, et en particulier, évidemment, de tout le peuple juif qui a été formé, conformé par Dieu pour... donner l'essence, pour permettre la naissance du Messie au milieu des hommes. Notre religion, c'est là où je veux en venir, notre religion est une religion de l'incarnation, et donc la vie spirituelle, notre vie spirituelle à nous aujourd'hui, ne doit pas être détachée d'un ancrage dans une réalité naturelle. Nous sommes tous des héritiers, nous sommes tous appartenant à un peuple, à une époque, à un lieu, à une nation. à une famille, nous portons un nom de famille, nous sommes les héritiers de ce que nos prédécesseurs ont fait, nos ancêtres ont fait ou n'ont pas fait d'ailleurs, et il me semble tout à fait important d'assumer cela dans le sens où notre christianisme ne détruit pas ses particularités. Il y a une façon chrétienne de vivre quand on est breton, quand on est polonais, quand on est italien, quand on est portugais ou africain. Le christianisme, j'avais parlé de la question du protestantisme et de son incompréhension de la rédemption, de la justification suite au péché originel. Et bien de la même façon, vous voyez, j'avais dit, cet adage très célèbre dans la théologie catholique, la grâce ne détruit pas la nature, mais elle la guérit et elle la surélève. Et bien de la même façon, la grâce et la spiritualité... du christianisme ne détruit pas nos particularités naturelles, notre identité, nos identités aussi multiples soient-elles, mais elle vient les surélever, les corriger lorsqu'elles sont abîmées par le péché originel et les surélever jusqu'à la vie de la grâce. Alors, reprenons notre lecture du catéchisme avec cette explication de ... de cette partie du Credo qui dit « Il a été conçu du Saint-Esprit et est né de la Vierge Marie » . Alors, conçue par l'opération du Saint-Esprit, que signifie cette expression ? C'est la question 94 de l'abrégé du catéchisme. Elle signifie que la Vierge Marie a conçu dans son sein le Fils éternel par l'action de l'Esprit-Saint et sans le concours d'un homme. L'Esprit-Saint viendra sur toi, lui annonce l'ange, lui dit l'ange, l'ange Gabriel, à l'annonciation. Selon le texte du premier chapitre de l'évangile selon Saint Luc. Quand nous sommes chrétiens, nous croyons que, oui, miraculeusement, évidemment, l'enfant Jésus a été conçu par l'opération du Saint-Esprit. Et la question suivante, il est né de la Vierge Marie, pourquoi Marie est-elle vraiment la mère de Dieu ? Eh bien, Marie est vraiment mère de Dieu parce qu'elle est la mère de Jésus. En effet, celui qui a été conçu par l'opération du Saint-Esprit et qui est devenu vraiment son fils, et le Fils éternel du Père. Il est lui-même Dieu. » Cette question avait été tranchée, pour répondre à des controverses, au Concile d'Éphèse, en 431, avec cette expression qu'on utilise en théologie, qui s'appelle la communication des idiomes. C'est-à-dire que Marie a donné naissance à Jésus, mais Jésus... Nous l'avons étudié la semaine dernière et je l'ai répété en introduction. Jésus est véritablement homme, il est véritablement Dieu et c'est la personne divine. Donc quand on dit que Marie a donné naissance à Jésus, elle n'a donné naissance à personne d'autre que à la seconde personne de la Trinité, au fils éternel de Dieu. Et donc on peut dire au son strict que Marie est mère de Dieu. Évidemment, il faut comprendre le mystère, accepter le mystère en tout cas. Ça ne signifie pas que Marie aurait engendré Dieu dans l'éternité, puisque évidemment Dieu existe de toute éternité, alors que la Sainte Vierge n'existe pas de toute éternité. Mais puisque la naissance, Dieu comme Dieu ne naît pas, c'est en tant qu'homme par l'incarnation qu'il naît. Donc évidemment on peut dire que Marie est mère de Dieu, le fameux Théotokos qui avait été affirmé solennellement par le concile d'Éphèse en 431. Il nous faut maintenant approfondir un peu cette figure de la très sainte Vierge Marie dans son rôle théologique. Question 96, que signifie l'immaculée conception ? De toute éternité et de façon toute gratuite, Dieu a choisi Marie pour être la mère de son fils. Pour accomplir cette mission, elle a été immaculée dès sa conception. Cela signifie que par la grâce de Dieu et en vue des mérites de Jésus-Christ, Marie a été préservée du péché originel dès sa conception. Alors voilà une vérité de foi, puisque l'Immaculée Conception a été déclarée comme étant un dogme de foi par le pape Pie IX en 1854. D'ailleurs, le texte qui présente ce dogme de l'Immaculée Conception est... est tout à fait intéressant puisqu'il affirme bien que ce n'est pas une nouveauté, mais que ce n'est que l'affirmation dogmatique, la proclamation dogmatique d'une vérité qui a toujours été crue dans l'Église, même si elle a donné lieu à des discussions. Désormais, elle ne peut plus donner lieu à des discussions. La Sainte Vierge a été préservée du péché originel. Alors d'ailleurs, il y avait tout un débat parce que certains pensaient... Enfin, la difficulté... posée par l'Immaculée Conception, la première difficulté, est le fait que tout homme doit être racheté par Jésus-Christ. Et donc, la Très Sainte Vierge Marie, elle-même, doit être rachetée par Jésus-Christ, elle doit entrer dans le mystère de la rédemption, c'est-à-dire, elle doit faire partie du corps mystique de l'Église, elle doit faire partie du corps spirituel, puisque nous sommes tous membres. du Christ par le baptême, il faut que la Très Sainte Vierge, elle aussi, fasse partie de cet ensemble des croyants par la foi et par leur adhésion à Jésus-Christ. Et il aurait été inconvenant que tous les hommes en fassent partie, sauf la Sainte Vierge, mais si elle n'avait pas besoin d'être sauvée, puisqu'elle n'avait pas le péché originel, elle n'avait pas besoin d'être sauvée, évidemment. Alors, c'est pour cela qu'il y a eu beaucoup de discussions, y compris saint Thomas d'Aquin, qui affirmait bien sûr que la Sainte Vierge n'avait pas le péché. Mais il affirmait que la Sainte Vierge avait été sauvée du péché au moment de sa conception. Donc le péché originel l'avait touchée, mais qu'elle avait été immédiatement sauvée au moment de sa conception. Mais c'est un autre théologien de l'école franciscaine, il s'appelle Dunn Scott. qui a proposé une solution à cette difficulté, en disant que la Sainte Vierge, elle aussi, a été sauvée par le Christ, mais alors que nous sommes tous sauvés par l'effacement du péché originel au moment du baptême, eh bien la Sainte Vierge, elle, a été sauvée par l'empêchement du péché originel. C'est-à-dire qu'en recevant la nature humaine, elle devait recevoir le péché originel, comme tout le monde, et par un mystère de la rédemption, le Christ l'a préservé. Donc c'est le Christ lui-même qui a préservé. la très sainte Vierge du péché originel. Donc elle entre bien dans l'ensemble du corps du Christ et dans l'ensemble de tous ceux qui font l'objet de la rédemption, comme les autres hommes. Mais elle, contrairement aux autres, elle n'a pas été touchée par le péché. Alors en plus, nous en France, on est tout à fait liés à ce mystère et à ce dogme de l'immaculée conception, puisque, comme vous le savez, la sainte Vierge, lorsqu'elle apparaît à Lourdes, à Sainte Bernadette, elle lui dit, dans la langue locale, dans le patois, elle lui dit « Je suis l'Immaculée Conception » . Et donc, d'ailleurs, elle vient répéter ça aux prêtres sans savoir ce que ça signifie, et c'est cela qui fait comprendre à ses parents et aux prêtres que c'est sans doute une apparition véritable, puisque comment cette petite fille aurait pu connaître le terme d'Immaculée Conception ? Évidemment, la Sainte Vierge elle-même se présente comme l'Immaculée Conception. Néanmoins, ce n'est pas cette affirmation d'une révélation privée, même si elle est reconnue par l'Église évidemment, qui en fait un dogme. C'est évidemment la déclaration par le magistère de l'Église, par le pape Pie IX, qui en fait un dogme de foi. Alors, doté de ce privilège unique dans toute l'histoire de l'humanité, quelles sont les conséquences ? pour le rôle de la Très Sainte Vierge, dans le dessein divin du salut. Comment Marie collabore-t-elle au dessein divin du salut ? Par la grâce de Dieu, Marie est restée préservée de tout péché personnel durant toute son existence. Évidemment, puisqu'elle n'a pas le péché originel, elle ne commet pas de péché. Elle est pleine de grâce, dit Saint Luc. La Toute Sainte, quand l'ange lui annonce qu'elle mettrait au monde le fils du Très Haut, Elle donne librement son consentement dans l'obéissance de la foi. Comme dit l'Épître aux Romains. Marie s'est livrée totalement à la personne et à l'œuvre de son fils Jésus, acceptant de toute son âme la volonté divine du salut. Voilà ce que signifie le fameux fiat que répond la Sainte Vierge à l'ange Gabriel. Qu'il me soit fait selon sa parole. C'est cette acceptation du mystère du salut et de... de sa participation au mystère divin de la rédemption, qui fait de la très sainte Vierge, qui l'a fait mère de Dieu, parce qu'elle accepte d'être la mère de Jésus-Christ, mais c'est évidemment cette acceptation de la volonté divine qui en fait une mère pour nous et qui en fait un exemple pour toute l'humanité. Alors oui, la sainte Vierge aurait pu répondre non. Elle aurait pu choisir de ne pas accepter le dessein divin, le plan de Dieu pour elle. Évidemment, c'est le bon Dieu voyant à l'avance l'ensemble des choix des hommes. Sans doute, il savait ce qu'il faisait. Il connaissait bien le caractère et la foi et la générosité de la Sainte Vierge. Donc, c'est pour ça qu'il l'a choisi. Mais lorsque Dieu veut quelque chose, on en a déjà parlé, lorsque Dieu veut quelque chose pour nous, il ne contraint pas notre liberté. Il ne contraint pas notre volonté. Alors, que signifie la conception virginale de Jésus ? Elle signifie que Jésus a été conçu dans le sein de la Vierge par la seule puissance de l'Esprit-Saint, sans intervention de l'homme. Il est fils du Père céleste selon sa nature divine, fils de Marie selon sa nature humaine, mais vraiment fils de Dieu dans ces deux natures, étant lui-même une seule personne qui est divine. Il est important d'insister sur tous ces aspects de la double nature dans l'unique personne du Christ. Et nous l'avons déjà dit, c'est sans intervention de l'homme, évidemment c'est mystérieux, comment est-ce possible ? Le Dieu qui a créé le ciel et la terre, qui a créé chacun des hommes, peut bien réaliser un miracle pour... entrer lui-même comme homme dans l'humanité. D'ailleurs, c'est intéressant parce que ça signifie que génétiquement... Jésus est la copie conforme de Marie. Ça veut dire qu'il n'a d'autres gènes que ceux de la très sainte Vierge Marie. Ce qui fait que, d'où la beauté de la Sainte Vierge, d'où sa ressemblance parfaite avec le Christ. Vous voyez, c'est pas simplement le Christ n'a d'atome de gène, mais son corps humain vient tout entier de la Sainte Vierge. Donc on a déduit une ressemblance quasiment parfaite et aussi l'immense beauté de la Sainte Vierge et de Jésus-Christ. Alors, question 99. En quel sens Marie est-elle toujours vierge ? Réponse du catéchisme, dans le sens, et c'est une citation de Saint Augustin, dans le sens qu'elle est restée vierge en concevant son fils, vierge en l'enfantant, vierge en le portant. vierge en le nourrissant de son sein, vierge mère, vierge toujours. » Voilà cette insistance de saint Augustin, saint Augustin c'est le plus grand père de l'église latine, qui meurt au début du 5e siècle. Donc vous voyez, tous les chrétiens ont toujours cru en la virginité de Marie, non seulement avant la conception de Jésus, mais même après. Alors, d'ailleurs, le catégisme répond à cette objection qui vient des protestants. Cependant, quand les évangiles parlent de frères et sœurs de Jésus, il s'agit de parents proches de Jésus, selon une expression utilisée dans la Sainte Écriture. C'est vrai qu'à plusieurs reprises, il est dit à Jésus, tes frères et sœurs sont là. Et frères et sœurs, certains protestants ont dit, regardez, c'est la preuve que Jésus avait des frères et des sœurs. Donc, en fait, il a été le premier. d'autres enfants, donc la Sainte Vierge a eu d'autres enfants. Alors, la réponse est que c'est tout à fait faux. L'expression frère et sœur est une expression qu'on utilise d'ailleurs dans beaucoup de pays où on appelle frères et sœurs les cousins et les cousines et la famille proche. Donc, là-dessus, il n'y a aucun doute, c'est l'expression correspondante dans la Sainte Écriture. Non, non, il faut tenir, quand on est catholique, que la Sainte Vierge n'a pas eu d'autres enfants. Elle est restée vierge, elle s'est donnée entièrement. au mystère de l'incarnation. Alors, elle s'est donnée entièrement au mystère de l'incarnation, et bien sûr, il est possible, elle est un modèle évidemment de pureté, un modèle de virginité, et alors, pour répondre à une question qui me vient à l'esprit, une autre objection, oui bien sûr, comme je l'ai lu d'après ce passage de Saint-Augustin, la Sainte Vierge reste vierge même au moment de l'enfantement. miraculeusement aussi, comme l'enfant Jésus a été conçu de façon virginale, il naît de façon virginale. C'est un miracle, évidemment, un miracle qui s'ajoute pour préserver cette pureté de la virginité de Marie, qui est le signe d'un don total, absolu, à Dieu et au mystère, à la réalisation du mystère divin. Enfin, dernière question, de quelle manière la maternité spirituelle de Marie est-elle universelle ? Alors c'est là une grande question, une vaste question, vous allez le voir. Je lis d'abord la réponse. « Marie a un fils unique, Jésus, mais en lui, sa maternité spirituelle s'étend à tous les hommes qu'il est venu sauver. Obéissant aux côtés du nouvel Adam, qui est Jésus-Christ, La Vierge est la nouvelle Ève, la véritable mère des vivants, qui coopère avec son amour maternel à leur naissance et à leur croissance dans l'ordre de la grâce. Vierge et mère, Marie est la figure de l'Église, sa plus parfaite réalisation. Alors il y a ici de nombreux éléments. J'aimerais inciter tout d'abord sur le fait que, sur la maternité spirituelle qui s'étend à tous les hommes. Vous vous souvenez sans doute de ce passage, l'une des dernières paroles du Christ sur la croix consiste à dire à Saint Jean, ceux qui sont restés fidèles, la Sainte Vierge et Saint Jean au pied de la croix, et Jésus dit à Saint Jean « Voici ta mère » et à Marie « Voici ton fils » . Dans cet échange tout à fait étonnant, Jésus nous donne à tous, et dans la figure de Saint Jean, dans la personne de Saint Jean, en fait il donne. toute l'humanité, tous les hommes, tous ses amis, tous ses disciples, tous ses fidèles, il leur donne la très Sainte Vierge Marie pour mère. Alors qu'est-ce que ça signifie, cette maternité spirituelle ? C'est évidemment, il y a un aspect très sentimental et tout à fait noble et juste. Au mari, au mère, au chéri, comme chante un cantique, ou la bonne mère à Marseille. Tous les hommes, quelle que soit leur place dans la société, un jour ou l'autre doivent se mettre à genoux devant la Sainte Vierge et leur parler comme un enfant parle à sa mère en disant « aide-moi, regarde-moi avec miséricorde, avec bonté » . Nous avons tous besoin de cet aspect maternel du mystère divin. Dieu est père, évidemment, mais nous avons aussi besoin de ce côté maternel du mystère qui se complète, évidemment, sans se mélanger. Et nous avons tous besoin, à un moment, de nous jeter aux pieds de la Sainte Vierge comme un enfant se jette dans les bras de sa mère avec une confiance absolue. D'ailleurs, c'est très intéressant, j'entendais une pseudo-théologienne... protestante, qui parlait, qui disait que pour elle, Dieu était à la fois homme et femme. C'est une confusion, si vous voulez, dramatique. Dieu se présente sous la figure du Père. Et cette mentalité wokiste, vous voyez, qui veut détruire la figure du Père en luttant, soi-disant, contre le patriarcat, mais finit simplement par lutter de façon démoniaque contre la nature humaine et la nature telle qu'elle est. et qui voudrait faire de Dieu à la fois un homme et une femme, qui voudrait voir de la féminité en Dieu, eh bien c'est tout à fait opposé au message du Christ, à l'enseignement du Christ. Le Christ, bien sûr, la femme a tout son rôle, un rôle très important, et c'est pour cela que Jésus nous donne la Très Sainte Vierge comme mère. Mais il ne confond pas la féminité et la masculinité, ni en Dieu ni en lui-même évidemment. puisqu'il est Dieu, mais il ajoute ce mystère de la maternité, parce que nous avons tous besoin d'une mère, d'une mère spirituelle, d'une mère du ciel, et parce que cette complémentarité entre l'homme et la femme, entre le masculin et le féminin, est essentielle, non seulement dans la vie naturelle, parce que, contrairement à ce que racontent certains, il faut un homme et une femme pour faire un enfant, et même dans la vie spirituelle, il nous faut la paternité de Dieu avec la maternité. de la Très Sainte Vierge Marie. Alors, justement, ce mystère de la Très Sainte Vierge est très important, et c'est une réponse aux protestants, vous voyez, qui disent nulle part, il est écrit que la Sainte Vierge aurait un rôle particulier. Eh bien, je leur réponds, relisez tout simplement avec des yeux bienveillants l'évangile. Et la Très Sainte Vierge Marie est celle qui a donné Dieu au monde. Quel mystère incroyable ! C'est-à-dire que c'est par une femme que le salut rentre dans le monde. Et donc, tous ceux qui disent « oui, l'Église a méprisé les femmes » , c'est un pur mensonge, évidemment. Une attaque complètement absurde. Il n'y a pas d'autre religion qui ait tant manifesté le féminin, qui ait tant manifesté la féminité et la maternité et le rôle de la femme, puisque c'est par elle. Vous voyez, de la même façon, il y a un parallèle. Il y a un très beau texte de Saint Bernard sur cette question. De la même façon que c'est Ève qui avait donné le fruit défendu à Adam, Donc le péché était entré dans le monde sous la tentation de la femme. Et bien de la même façon, bienheureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur, nous en avons déjà parlé, on pourrait dire bienheureuse tentation d'Ève qui nous a valu une si grande mère pour nous donner le rédempteur. Donc cette erreur, ce péché d'Ève est racheté, il est largement dépassé par la femme, la nouvelle Ève. Donc Marie qui est la nouvelle Ève, comme Jésus-Christ, est le nouvel Adam. Donc vous voyez, cette nouvelle Ève, c'est la nouvelle mère de l'humanité, parce que Jésus-Christ est le nouvel Adam. Il est celui qui redonne une nouvelle humanité, un surcroît d'humanité, en nous donnant la grâce qui vient réparer l'humanité déchue par le péché, et la surélever à la divinité. au niveau de la grâce. Donc vous voyez, cette Marie, enfin, et la figure de l'Église, sa plus parfaite réalisation, dans le sens que l'Église est notre mère, puisque c'est l'Église qui nous nourrit de la grâce, qui nous donne la grâce, et comme une fois la Sainte Vierge a donné Dieu au monde, dans la nativité, et bien encore aujourd'hui, toutes les grâces que nous recevons, nous sont données par ou à travers la très sainte Vierge Marie. C'est bien sûr le Christ qui nous a obtenu les grâces, qui est l'unique médiateur. Mais comme il est médiateur, il veut qu'elle aussi soit à son tour médiatrice et qu'aucune grâce n'est donnée dans la vie des hommes sans passer par la très sainte Vierge Marie. Puisque tout est passé par lui et que lui est né de la Vierge, Dieu se donne au monde toujours à travers la très sainte Vierge Marie. Alors, allons vers elle avec... La confiance d'un enfant qui se jette dans les bras de sa mère. Vous connaissez cette scène qu'on peut imaginer, qu'on a tous vécu d'ailleurs, de l'enfant qui se fait gronder par sa mère, mais qui néanmoins se jette dans ses bras, parce qu'il sait très bien que même si elle est fâchée, jamais elle ne le rejettera. Et bien, de la même façon, courons, quels que soient les reproches que la Très Sainte Vierge pourrait nous faire, à juste titre, courons vers elle, car non seulement elle ne nous rejettera pas, mais elle nous consolera et elle présentera nos... Nos prières à son divin fils qui ne peut rien lui refuser. Alors comme toujours, prions en cette fin d'épisode. Je vous propose, puisque vous parlez de la Très Sainte Vierge Marie, de terminer pour une fois cette prière par une prière à la Très Sainte Vierge. La prière sans doute la plus simple, mais qui est la plus belle, le « Je vous salue Marie » . Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il. Merci à tous de votre fidélité et de votre écoute attentive de cet épisode. Faisons rayonner autour de nous ces belles vérités de la foi catholique. Et surtout, n'oublions pas de prier les uns pour les autres. Priez pour moi, et je prie pour vous. Que Dieu vous bénisse. C'était l'abbé Mathieu Raffray. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Sursum Corda.