- Speaker #0
Ce qui est pertinent, c'est qu'on vit la plus grande révolution technologique de notre époque. Il faut revenir à minima à l'invention de l'électricité, vivre quelque chose qui va avoir un impact aussi fort. Et le deuxième élément, c'est que c'est cependant une technologie qui se diffuse à un rythme jamais vu, avec tous les impacts que ça a. C'est-à-dire qu'on a une technologie qui s'est déployée de manière massive avant même qu'on ait appris à la maîtriser. Et c'est la première fois qu'une révolution technologique arrive par le bas.
- Speaker #1
Pas une conférence, un événement autour de l'intelligence artificielle sans que son nom ne soit cité. Cela ne fait plus aucun doute, Cyril de Sousa Cardoso s'est imposé ces derniers temps comme le « Monsieur IA Breton » . Il faut dire que cet ingénieur statisticien, entrepreneur dans l'âme, auteur et conférencier, a très tôt eu l'intuition que l'arrivée de l'IA à les transformer le monde du travail et la société dans son ensemble. Un précurseur donc dans un univers aux multiples inconnus. Que change l'IA dans nos vies, nos entreprises, notre quotidien ? Comment concilier des injonctions qui paraissent a priori contradictoires, celles de limiter notre impact écologique, sans rater le virage de l'innovation technologique ? IA et éthique peuvent-elles aller de pair ? Voilà autant de questions que nous nous posons. toutes et tous aujourd'hui et auxquelles Cyril de Sousa Cardoso a accepté de répondre. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Synaps, le podcast de l'agence brestoise Hippocampe.
- Speaker #0
Moi je suis un ingénieur déjà en data à la base, donc j'ai été bercé dans cet environnement-là très tôt. Et je crois que notamment mes lectures de science-fiction m'ont toujours un peu guidé dans mon... Mon cheminement, j'ai toujours été attiré par l'innovation technologique et effectivement très tôt j'ai perçu que les technologies conversationnelles, il y a plus de dix ans, allaient fondamentalement transformer notre rapport au numérique et au digital. On ne parlait pas encore d'IA générative, mais j'avais cette perception que inévitablement, si on était capable de converser avec la machine, qu'on était capable de lui poser des questions et qu'elle était capable ensuite de venir nous apporter des réponses au regard d'éléments. préalable qu'on lui aurait apporté, on transformerait à la fois notre rapport au digital et au numérique, et plus globalement, tout notre rapport aux tâches dites cognitives. Et ça, je crois que c'est une intuition que j'ai eue très tôt, ce que j'appelais moi les interfaces conversationnelles. Et quand cependant l'IA générative arrive, moi je la découvre à partir de 2020, je dois dire que je n'avais pas anticipé que tout ça aille aussi vite. Et depuis maintenant 2022, la sortie de Chat GPT et tout ce qui s'est passé. depuis je dois dire quand même qu'avec beaucoup d'humilité à la fois j'avais eu l'intuition qu'effectivement il se passait quelque chose dans ce champ là mais jamais j'aurais pu imaginer que tout ça aille à la fois aussi vite et aussi loin puisque effectivement avec l'invention des transformeurs qui a un algorithme particulier dans l'univers des réseaux de neurones en 2017 va s'ouvrir la création de ce qu'on appelle les modèles de fondation qui sont qui va donner naissance donc à ces fameux chat jpd mistral gemini perplexity qui se fondent sur le principe que ces machines ont appris de manière quasiment autonome sur la base de grands volumes de données qu'on leur a données, textuelles, images, vidéos, pour ensuite être capables de reproduire de la connaissance, en tout cas statistique. Et donc si je l'utilise dans le bon environnement de connaissance, effectivement je suis capable de produire tout ce que chacun d'entre nous désormais voit quotidiennement autour de lui.
- Speaker #2
Voilà, donc on a presque l'impression que la machine a dépassé l'homme et c'est là que finalement on peut se sentir dépassé soi-même.
- Speaker #0
Ça c'est une réalité, et 2025 a été vraiment un moment important là-dessus. L'IA a quasiment, et attention le diable se cache dans les détails, mais nous a quasiment dépassé sur l'intégralité des benchmarks cognitifs. En réalité, il reste peu de tâches cognitives où l'être humain possède en tout cas un avantage. Et ça, c'est perturbant, je le dis souvent en conférence, pour celles et ceux qui étaient inquiets d'être dépassés par la machine, je l'indique souvent, je dis ne soyez plus inquiets, ça y est c'est fait. Donc du coup, on peut se libérer de cette peur-là. La problématique, c'est quoi ? C'est plutôt la manière dont on a conçu ou en tout cas approché l'intelligence humaine en la réduisant en gros au QI. Et bien, effectivement, si on réduit l'intelligence humaine au QI, alors effectivement, cette intelligence-là, elle est en passe d'être dépassée par l'IA. Mais si on prend un pas de recul, notre intelligence, elle est beaucoup plus large. Elle est celle de notre corps, elle est celle de nos interactions humaines, elle est celle du temps long. Et dans ces champs-là, l'IA ne va pas nous remplacer. Donc au contraire... L'IA est là pour venir nous augmenter cognitivement, mais absolument pas pour venir nous remplacer, en tout cas en termes d'intelligence. Et j'insiste sur ce point-là. La Silicon Valley aime à déclarer l'obsolescence de l'être humain, mais aucun d'entre eux n'est capable de définir ce qu'est l'intelligence humaine, ce qu'est la conscience. Et moi, je pose toujours cette question en termes d'ingénieur, comment on dépasse un système qu'on ne comprend pas ?
- Speaker #2
L'IA ne nous remplace pas, elle peut nous augmenter, encore faut-il savoir. s'en servir et c'est là tout l'enjeu aujourd'hui du monde du travail mais pas seulement la culturation.
- Speaker #0
Il y a une fausse accessibilité de ces machines parce que c'est facile de poser une question à Chachibiti, les gens ont très vite eu l'impression qu'ils savaient utiliser ce type d'outils. La réalité c'est que se former à ce qu'on appelle le contexte engineering, la manière dont j'alimente la machine en informations, en données et le prompt engineering, la manière de formuler mes interrogations, j'ai besoin de me former pour venir en tout cas m'emparer de cette vague technologique. Le deuxième élément, c'est que toutes ces technologies n'auront aucune utilité si je ne suis pas capable, au sein d'une entreprise, de l'interfacer avec des données de qualité. Et la donnée de qualité, elle fruit... de processus interne, de l'organisation, du management de la donnée et d'une culture de la donnée. Et je crois qu'il est très important de comprendre que désormais, le sujet de l'IA et de la data, c'est le sujet de chacun. Chacun doit avoir cette obsession, bien avant même l'IA, de savoir comment la donnée de qualité est construite et regroupée au sein d'une organisation, parce qu'ensuite, venir interfacer de l'IA par-dessus, c'est simple. Mais l'enjeu, c'est la donnée de qualité et donc la culturation sur le sujet.
- Speaker #2
Finalement, tu nous rassures d'un côté, mais il y a quand même du travail. Tout ne va pas se faire sans réflexion, sans travail.
- Speaker #0
Alors ça, c'est le grand danger. Les différentes personnes avec qui je travaille, mes associés, mais aussi mes collaborateurs au sein du groupe Polaria, ont tendance à pester contre moi parce que moi, je viens souvent faire des conférences et faire « wow » , les gens m'ont connu comme ça, moi je fais un peu le spectacle, je montre l'état de l'art technologique, et c'est très facile parce que moi, je n'ai aucune contrainte sur scène, je fais ce que j'ai envie. Et ensuite, il y a un effet un peu magique. Les gens m'ont vu sur scène, ils m'ont dit « c'est facile, il suffit d'aller sur tel outil » . Et ensuite, j'ai mes équipes qui arrivent dans les organisations. Et là, il y a un effet des fois un peu déceptif qu'ils prennent de face, qui est qu'à un moment donné, les gens s'aperçoivent qu'on commence à les former, à les organiser. Ils disent « mais en fait, ce n'est pas si automatique que ça. Il n'y a effectivement pas d'IA magique. » À un moment donné, il faut penser sa stratégie, penser les process. Il va falloir aussi comprendre qu'on ne pourra pas intégrer la plus grande vague technologique de notre époque. Un, sans investissement en temps et en argent. Deux, sans iso-organisation. Il va falloir revoir nos processus, le management, l'organisation. Et ça, effectivement, ce n'est pas simple. L'IA, ce n'est pas juste un petit plugin que je viens rajouter par-dessus ma boîte. L'IA, ce n'est pas une fonctionnalité, c'est une infrastructure. Et la question, c'est comment je réorganise mon activité autour de cette infrastructure.
- Speaker #1
Quid de l'impact environnemental et sociétal de l'intelligence artificielle ? En entreprise, comment concilier stratégie RSE et déploiement de cette nouvelle technologie incontournable ? Écoutons ce qu'en pense Cyril de Sousa-Cardoso.
- Speaker #0
Je pense que le déploiement de l'IA a fait abandonner une grande partie des entreprises, alors aussi pour des raisons économiques, géopolitiques, leur stratégie RSE, la réflexion sur leurs impacts écologiques, je crois qu'on a. un peu écarté, je crois qu'on est en retrait désormais sur ces questions-là. Et moi, je le regrette parce qu'il faut absolument s'en réemparer. Et effectivement, il y a une sorte d'injonction paradoxale, mais c'est le propre d'ailleurs de l'innovation, entre effectivement cette volonté d'avoir une responsabilité sociale, environnementale, qui est nécessaire à notre époque, et en même temps, cette nécessité d'être dans l'innovation. Et on le voit bien au niveau géopolitique. Si désormais, la France et l'Europe souhaitaient... uniquement centré sur les sujets RSE écartés, par exemple l'utilisation de l'intelligence artificielle, on a un danger majeur, c'est d'être soumis aux prédateurs mondiaux que représente désormais la Russie, bien sûr la Chine dans son style, et désormais on l'a découvert à nos dépens les États-Unis. Et donc on a cet enjeu de continuer à exister dans l'univers de l'innovation, tout en même temps, et c'est je crois le rôle de la France et de l'Europe, de venir faire, en tout cas, valoir nos valeurs. qui sont humanistes, qui sont effectivement responsables, écologiques. Et donc on a une troisième voie, nous, à construire dans cet univers-là. Et ça va passer par cette question de comment on vient aider nos organisations à penser des stratégies IA responsables. Et quand je dis responsables, c'est responsables sous langue essentielle et environnementale, mais c'est aussi responsables dans le devoir d'innovation qui doit être le nôtre. Et pour faire ça, il n'y a pas de baguette magique. Je n'ai pas la réponse définitive à cette question parce que j'y réfléchis beaucoup et je souhaiterais d'ailleurs potentiellement en tout cas continuer à travailler beaucoup sur ce sujet. Je fais en sorte que notre écosystème travaille sur cette question-là. Mais l'élément central, c'est de bien comprendre qu'il ne faut pas opposer en gros l'IA et l'écologie, la high-tech et l'absence de technologie. Je crois que c'est plutôt de se dire qu'il va falloir repartir d'un bon sens humain, comprendre effectivement que l'IA a un impact, comme d'ailleurs toutes les activités humaines, mais qu'il va falloir décider ce qu'on fait et ce qu'on ne fait pas. Décider lorsqu'on a besoin, parce que c'est pertinent, de placer de la high-tech à certains endroits, décider aussi à certains endroits peut-être que de la low-tech. est à la fois plus pertinente pour des dimensions écologiques, mais aussi potentiellement de performance, d'efficacité, et aussi des espaces, ce que j'appelle moi la no-tech, où on n'a pas besoin de technologie, on n'a pas besoin d'être dans l'injonction systématique, en tout cas à l'IA. Et je crois que ce triptyque-là, high-tech, low-tech, no-tech, devrait guider notre manière de procéder pour ne pas tomber dans l'injonction à l'IA, ou à la technologie, à l'innovation, mais plutôt pour la replacer au service du sens qui doit être le nôtre.
- Speaker #2
Donc ne pas foncer tête baissée et bien spécifier ses usages. Donc tu n'es pas favorable à du 100% IA partout, n'importe quand, pour n'importe quoi.
- Speaker #0
Alors si on devait commencer à définir une troisième voie européenne, moi c'est ce que j'appelle l'humanisme technologique, on doit absolument faire en sorte que l'IA ait une capacité d'augmentation de l'être humain. une capacité d'augmentation de l'intelligence collective, de la collaboration. Mais la clé des processus de créativité et d'innovation, et c'est le travail que j'ai conduit ces dernières années dans mes différents ouvrages, dans les différentes choses que j'ai portées, c'est de démontrer que la relation humaine est la clé de la créativité et de l'innovation. Donc toute innovation qui conduirait à une réduction de l'interaction humaine, elle ne pourrait pas être considérée comme un progrès. La technologie devient un progrès si elle participe à une amélioration de notre relation à nous-mêmes, de notre relation aux autres et de notre relation à notre environnement. Et je crois qu'il va falloir qu'à un moment donné, on repolitise au sens noble du terme la notion même d'innovation parce qu'il faut y venir, y porter en tout cas nos valeurs et nos regards. Mais ça pose plein de questions. Ça pose plein de questions sur la souveraineté technologique française et européenne. On parle tout le temps de souveraineté désormais pour l'IA. mais j'invite chacun à s'interroger et de se dire que si jamais donald trump souhaitait et bien coup l'accès aux adresses mail gmail et outlook combien de français n'auraient plus quasiment accès au numérique et au digital et la sensibilité que ça a pour nos entreprises on est devenu malgré nous une colonie numérique américaine il va falloir qu'on repense cet environnement là ça veut pas dire non plus tomber dans l'injonction de plus de technologies étrangères mais en tout cas de se dire comment on est capable de créer des en tout cas des solutions secondaires des plans de de résilience. Parce que ça va commencer par là. Donc c'est le numérique et le digital de manière générale. Notre rapport à la donnée, nos réseaux sociaux, si on se plaint, on essaie de légiférer sur les réseaux sociaux aujourd'hui, c'est parce qu'effectivement les algorithmes sont devenus prédateurs. Mais c'est avant tout parce qu'en France et en Europe, on n'a pas su créer ces plateformes qui nous permettaient à la fois d'être dans l'interaction et qui en même temps respectaient justement en tout cas nos données.
- Speaker #1
Et puis il y a aussi la notion d'accélération qui peut parfois nous donner l'impression que tout va trop vite et qu'on aura toujours un temps de retard.
- Speaker #0
Moi je cite régulièrement un sociologue allemand qui s'appelle Armoud Rosa et qui a bien avant l'ère de l'IA générative posé une analyse sur ce qu'on appelle les phénomènes d'accélération. En réalité on est pris depuis déjà très longtemps et c'est le propre d'ailleurs de la société humaine dans des phénomènes d'accélération. Accélération technologique, accélération sociale, accélération du rythme de vie. qui fait qu'aujourd'hui... On n'a jamais eu autant d'outils au service de la productivité et du gain de temps. On n'a jamais d'ailleurs parlé autant de ces dimensions-là. Et pourtant, on n'a jamais eu autant de burn-out, autant de personnes qui ont l'impression de manquer de temps. Et ça, c'est l'enjeu de notre époque. Et je crois que derrière ce sujet de l'accélération se trouve en réalité celui notamment de l'écologie. Et il y a une dimension chez Armoud Rosa qu'il pose comme étant la résonance. Alors il le place au niveau d'ailleurs individuel. Mais c'est comment je retravaille. une présence au monde, une présence aux autres, une présence à moi-même, une présence à mon environnement, en acceptant de ne pas tout contrôler. Être ce surfeur qui vient surfer des vagues, qui a des objectifs, c'est la créativité, l'innovation, la performance, mais qui accepte aussi de ne pas tout maîtriser dans son environnement. Et comment je vais être capable de transformer notre rapport au temps ? Je crois, et c'est ma conviction, que l'intelligence artificielle, si elle est bien utilisée, peut réduire... le bruit numérique peut venir réduire un certain nombre d'éléments qui aujourd'hui nous ont enfermés dans des processus incroyables qui sont ces mécaniques de notification sur les réseaux sociaux, sur nos portables, l'accélération du nombre de mails, toutes ces choses là. Effectivement si j'utilise l'IA pour répondre plus vite à mes mails, pour envoyer plus de mails, bon ben en face de moi j'ai des gens qui vont faire la même chose et on aura plus de mails globalement et une partie d'entre eux il faudra les traiter à la main et à la fin j'aurai donc utiliser l'IA pour globalement publier plus de messages qui seront traités pour une grande partie d'entre part de l'IA. Je n'aurais pas réduit globalement le volume d'emails que moi je traite, sauf que je paierais plus cher. Donc quel est le sens de tout ça ? De la même manière, si je peux faire plus de PowerPoint, à quoi ça sert ? Est-ce que je peux envoyer plus de PowerPoint ? Les gens utiliseront l'IA pour résumer ce PowerPoint. Il y a des mécaniques là où l'IA est un danger parce qu'elle va participer à ce phénomène d'accélération. Par contre, si effectivement l'IA quotidiennement vient réduire le bruit numérique, vient nous aider... à notre présence cognitive, réduire la charge cognitive, alors je crois qu'on a la capacité d'avoir une IA qui va être au service du progrès. Et encore une fois, la clé, c'est celle de la relation humaine. Parce que c'est la clé de la créativité et de l'innovation, c'est ce dont on a besoin en France et en Europe, quels que soient les environnements, c'est pas réservé à certains acteurs. Dès que la créativité et l'innovation, il faut l'entendre au sens large, la clé c'est la relation humaine. Et donc, si l'IA est utilisée pour réduire... nos charges globales, et plutôt au service de nos différentes relations multiples avec un S, alors j'aurai une IA qui sera au service du progrès. Et je crois que c'est la France et l'Europe le bon espace pour penser ça.
- Speaker #2
Finalement, c'est de philosophes dont on a besoin aujourd'hui ?
- Speaker #0
Moi, je suis très clair sur le sujet. Bien avant la vague de l'IA, dès 2019, dans nos environnements, j'ai commencé à recruter d'abord une philosophe pour participer à notre équipe de design qui visait à... pensait justement ces fameux chatbots. Alors c'était encore très sommaire à l'époque, mais j'avais placé les sciences sociales, philosophiques, anthropologiques au cœur. Puis plus récemment, j'ai recruté Fanny Paris, qui dirige déjà en mai la chaire de recherche manager, qui est une anthropologue. Et donc, je crois qu'il ne faut pas laisser la technologie entre les mains des ingénieurs. Et je fais partie de ces ingénieurs-là. Je crois qu'il faut que la technologie soit replacée dans le débat public, dans le dialogue social dans les entreprises. Et effectivement, on a besoin partout de placer des philosophes, des anthropologues, des sociologues, parce que la problématique de la technologie, c'est encore une fois toujours cette phrase un peu commune, qui est de dire que science en conscience n'est que ruine de l'âme. La problématique, c'est qu'on est en phase de technologie qu'on est en train d'implémenter sans anticiper encore bien tous les impacts. On ne les anticipera pas tous. Par contre, il faut être capable, de manière régulière, de s'interroger sur ce qui est en train de se passer. Ça ne veut pas dire d'avoir des injonctions. contre par exemple la performance économique, l'innovation d'un côté et la responsabilité sociale et environnementale de l'autre. Au contraire, le philosophe, l'anthropologue, le sociologue, il est là pour en tout cas éclairer les choix. Faire en sorte qu'à un moment donné, je ne fasse pas semblant de faire des choix technologiques et découvrir dans quelques années des impacts que ça aurait eu sur mon entreprise, sur mes salariés, sur la société, et dire « Ah ben je ne savais pas » . Non, je crois que notre responsabilité, c'est en quotidien de venir éclairer nos choix. Parfois, il faudra faire des arbitrages. mais on doit le faire en conscience. Je pense qu'on est dans une période passionnante, parce que c'est une période de challenge, donc on n'a pas de spleen à avoir, on a plein de choses à faire, on a des enjeux à relever, et on a, je crois, par l'intelligence collective, la capacité en tout cas à le faire. Je crois qu'il faut se débarrasser de certaines peurs, parce que oui, il y a des choses qui vont disparaître, il y a des choses qui sont en train de se transformer, mais en étant focalisés uniquement là-dessus, on oublie une chose. c'est de regarder toutes les opportunités qui sont en train de s'ouvrir. Aujourd'hui, les chefs d'entreprise pensent beaucoup l'IA à travers l'efficience opérationnelle. C'est bien, il faut le faire. Mais la question qu'il faut qu'ils se posent, c'est en quoi l'IA représente une opportunité pour la transformation de mon business model, pour le développement de nouveaux produits et services dont on a besoin pour répondre aux enjeux de l'époque.
- Speaker #1
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