Speaker #0J'ai chaud, tu peux ouvrir la fenêtre s'il te plaît ? Ah j'ai froid ! Ah j'ai re-chaud ! Ferme la fenêtre, j'ai froid ! Bienvenue dans le monde merveilleux de la ménopause. Un délicieux moment dont vous pourrez profiter quelques années si vous avez de la chance. La ménopause, on sait vaguement que ça va arriver. On voit ça comme un truc lointain et totalement abstrait pour les vieilles. Et comme jusque très récemment c'était un sujet tabou, Quand ça commence, on ne comprend pas tout de suite. On a des symptômes même pas identifiés puisque tout le monde s'en fout, donc peu d'études ni d'accompagnement sur le sujet. On apprend sur le tas. Bienvenue dans « T'as changé » , le podcast des femmes qui arrêtent de s'excuser. Je suis Célia, je suis coach, et mon sujet de prédilection, c'est la transition et ou le changement de vie. Et en termes de transition, la ménopause... ça se pose là. Donc aujourd'hui, j'avais envie de vous parler des femmes qui arrêtent de s'excuser, bah, d'être des femmes justement. Donc je le disais, quand les premiers signes de la ménopause arrivent, on met ça sur le compte du stress, de la fatigue, voire de la canicule, comme en ce moment. Bref, on n'a aucune idée de ce qui se passe. Heureusement, ça bouge. Il semblerait qu'on s'aperçoive que la ménopause concerne 100% de la moitié de l'humanité, même si c'est pas celle qui compte le plus. Il y a quelques temps, j'ai donc eu l'agréable surprise de recevoir un mail de l'assurance maladie. Je vous le lis, c'est pas très long. Bonjour Célia. La ménopause est une phase de changement que toute femme rencontre dans sa vie. Après une période de transition hormonale avec des cycles souvent irréguliers, les règles s'arrêtent définitivement autour de 50 à 55 ans. Certaines femmes ressentent des bouffées de chaleur, de la fatigue ou une sécheresse intime, tandis que d'autres traversent cette période avec des symptômes moins visibles qu'elles ne relient pas forcément à la ménopause. Ce qui compte, c'est d'écouter son corps et d'agir selon ses besoins. Ne minimisez pas ce que vous ressentez et parlez-en sans tabou à votre professionnel de santé, gynécologue, médecin généraliste, sage-femme. Il pourra vous accompagner pour vivre au mieux cette période. Ah bon ? On va en parler de l'accompagnement. Je reprends. La baisse hormonale peut avoir un impact sur la fonte des muscles, la fragilité des os, les risques cardiovasculaires. Des habitudes de vie adaptées peuvent aider à limiter ces effets. Restez active en bougeant régulièrement dans la journée. Pratiquez une activité physique plusieurs fois par semaine. Privilégiez une alimentation équilibrée, riche en protéines, en calcium et en vitamine D, mais limitée en sucre. Recherchez un sommeil de qualité avec des horaires réguliers, surtout au lever. Buvez 1,5 litre d'eau chaque jour. Évitez alcool et tabac. Merci l'assurance maladie ! Ces conseils avisés arrivent malheureusement... trop tard pour moi. Je viens de traverser 4 ans d'enfer, de bouffées de chaleur et de brouillard mental. Dommage, parce que si j'avais su qu'avec du sport et un régime alimentaire sain, j'aurais beaucoup mieux vécu tout ça. Bref. Alors c'est mieux que rien, je salue l'effort. Mais ça m'a un peu mise en colère aussi. J'ai trouvé le ton du mail un peu condescendant, voire un peu culpabilisant. Tu manges mal, tu dors pas bien, c'est de ta faute si tu vis mal la ménopause. Mais comme on n'a rien d'autre à proposer, on vous refile la patate chaude. C'est à nous d'avoir une bonne hygiène de vie, de nous prendre en charge pour contrer les symptômes. Ça ressemble quand même fortement à n'importe quelle campagne de com lambda, la canicule, buvez de l'eau, l'aménopause, essayez de bien dormir. Sauf que ça marche pas comme ça et je trouve que c'est un peu court. Au-delà de la petite campagne de com, je me pose la question. Comment se fait-il qu'on nous laisse galérer comme ça ? Parce que moi ce que j'attends c'est, on a enfin trouvé un traitement efficace pour lutter contre les bouffées de chaleur. Et qui accessoirement ne nous refilera pas un cancer ou autre derrière. Vous savez ce que c'est une bouffée de chaleur ? C'est pas un petit coup de chaud genre je suis au soleil, je me mets à l'ombre et hop c'est tout bon. Non, c'est passer de zéro à un ressenti de 300 degrés en 10 secondes. Et c'est... incontrôlable. Ça vient quand ça veut, ça prévient pas. Il y en a qui en ont le jour, d'autres la nuit. Moi, c'est les deux petites chanceuses que je suis. Alors quand l'assurance maladie me dit de rechercher un sommeil de qualité, j'aimerais bien savoir comment en fait. Parce que c'est compliqué quand vous êtes réveillé toutes les deux heures en nage. Et donc le mail nous encourage aussi à parler sans tabou aux professionnels de santé. Moi quand j'ai vu ma gynéco au début des symptômes, donc elle a constaté que la ménopause approchait et elle m'a dit « Si vraiment les symptômes sont insupportables, on verra pour un traitement hormonal. » Ok, très bien. Et pour les bouffées de chaleur, vous me conseillez quoi ? Bah, vous pouvez acheter de l'homéopathie, ça marche pas, c'est pas remboursé, mais ça vous soulagera toujours de 20 balles. Nouvelle consultation l'année d'après. Je lui dis que j'ai vraiment du mal avec les bouffées de chaleur et les réveils nocturnes. Et là, changement de programme. Ah ouais mais non, les traitements hormonaux c'est pas top en fait, vaut mieux éviter. Ok d'accord. Alors j'ai trouvé l'arme fatale, un truc hyper high tech, je vous partage le tips. Un éventail ! Le bon vieil éventail de mamie qui heureusement revient un peu à la mode en cette période de canicule. Tout le monde n'a pas les mêmes symptômes, les miens ont été costauds. Et ça donne de grands moments de solitude. Ma coiffeuse qui me dit, je comprends pas, ça fait une demi-heure que j'essaie de te sécher les cheveux, t'as chaud ou quoi ? Bon, heureusement qu'elle est passée par là, qu'on discute et que donc elle sait. Et je lui dis, ben non, ça fait un quart d'heure que j'ai une bouffée de chaleur monumentale. Bon, ben je vais te faire un séchage à froid. Oui, voilà, c'est ça, merci. Mais le pire, c'est quand même au boulot. De toute façon, dans la vie d'une femme, tout est source d'angoisse. Avant, quand on avait nos règles, pendant une réunion, on se demandait si on n'avait pas une fuite. Et on se disait, si je me lève et que j'ai une grosse tache de sang, je vais juste mourir de honte. Avec la ménopause, ma pire angoisse, c'était la bouffée de chaleur en pleine réunion. Ça m'est arrivé, forcément. On est, je sais plus, 10, 15 dans une salle avec une température tout à fait normale. Et tout d'un coup, je sens la chaleur monter, comme si vous aviez une chaudière interne qui s'enclenche. Là je deviens toute rouge, je transpire et évidemment un de mes collègues le remarque. Ah bah la chaussée, Lya ! Euh oui, voilà voilà ! Et là tu peux pas dire bah ouais j'ai des bouffées de chaleur c'est insupportable, excusez-moi je sors de minute. En tout cas moi je m'auto-censurais. Impossible de leur dire oui bah je suis en pleine ménopause, j'ai chaud. D'ailleurs c'est intéressant ce réflexe qu'on a de ne pas oser dire les choses et de souffrir en silence. Les femmes plus jeunes ont moins de mal, j'espère, et j'ai l'impression à s'exprimer, et c'est tant mieux. J'ai repensé une réaction peu glorieuse que j'avais eue avec une collègue de boulot il y a quelques années. On discutait, elle avait sorti son éventail, justement, en disant « Ah j'ai chaud, c'est la ménopause ! » et ça m'avait carrément choquée. Limite, mais qu'est-ce qu'elle nous parle de ces problèmes de bonne femme, quoi ? Ouais, je sais, vraiment, vraiment pas glorieux. Mais je vous partage ça pour vous dire à quel point j'avais intégré des réflexes pourris comme beaucoup de femmes en fait. Parce que c'est quoi le problème au fond ? Pourquoi est-ce qu'on a toujours ce petit fond de honte en nous dès qu'il s'agit de nos petites variations, petites ou grandes variations hormonales ? Pourquoi est-ce qu'on a toujours ce petit fond honteux quand il s'agit de notre fonctionnement de femme ? Faut dire que tout au long de notre vie, nos petites contraintes hormonales ne sont pas toujours associées à des choses positives, loin sans faux. Par exemple, évidemment, les règles, c'est sale. Faut dire qu'après tant d'années à regarder des pubs pour les serviettes hygiéniques sur lesquelles se déposait un joli petit liquide bleu, on a bien intégré que le sang, ça fait pas propre. Qui n'a pas entendu non plus cette petite question bofissime ? Qu'est-ce qu'elle a ? Elle est de mauvaise humeur ? Elle a ses règles ou quoi ? Alors que nous, on est là, vaillantes, à bosser alors qu'on n'a qu'une envie, se mettre au lit avec une bouillotte sur le bille. Donc les règles, c'est pas bien. Et ben la ménopause, non plus. Quand on a nos règles, on est chiante. Quand on les a plus, on est des vieilles peaux aigries. Vous vous souvenez de ce mec qui avait traité Sandrine Rousseau de Greta Thunberg ménopausée ? Je sais qu'on en a beaucoup parlé, mais c'est vrai que c'était l'insulte ultime. Non seulement la nana elle sourit pas, elle est pas marrante, mais si en plus elle est ménopausée, c'est la fin des haricots. Pas marrante et périmée, elle est hop poubelle. Et y'a pas que les hommes qui sortent des grosses conneries. Il faut quand même souligner que certaines femmes devraient réfléchir deux minutes avant de parler. Si vous connaissez Julia de Funès, vous savez qu'elle a un souci avec le coaching et qu'elle ne rate pas une occasion de dézinguer la profession. Elle a écrit l'année dernière un article pour dire tout le mal qu'elle pense des coachs, et entre deux citations de philosophie telle une copie de bac, elle parle de cette amie, je cite, « fraîchement ménopausée » qui se reconvertit dans le coaching. Je ne vois pas bien le rapport, mais bon, elle aura peut-être envie de devenir coach quand elle passera du côté obscur de la force, qui sait ? Mais je me suis sentie complètement insultée. Donc si je résume, quant à tes règles, t'es chiante, quand tu les as plus, t'es chiante aussi. De toute façon, le corps des femmes est scruté et commenté tout au long de notre vie et c'est insupportable. Oh, elle commence à avoir de la poitrine ! Ah c'est bien, elle a une bonne corpulence, ni trop maigre ni trop grosse. Bah dis donc, t'as grossi, va falloir faire un petit régime si tu veux un petit copain. C'est juste merveilleux quand même tous ces gens qui commandent ton physique alors que tu leur as rien demandé. Le seul moment où on glorifie en fait un peu ton corps, c'est quand t'es enceinte. Là tu te reproduis donc c'est bien. C'est à peu près la seule période de ta vie où on te fout à peu près la paix. Quand tu peux plus avoir d'enfants, tu redeviens poussière. J'ai jamais compris en quoi le fait de ne plus pouvoir procréer fait de toi une demi-personne. Oui, les hommes peuvent devenir père très tard. Forcément, c'est plus simple pour eux. Je doute qu'ils se lèvent la nuit pour changer le bébé. Et c'est tellement sympa d'avoir un papa qui change sa couche en même temps que celle de son bébé. Perso, je n'ai aucune envie d'avoir un enfant après 50 ans. On aimait nos posés, et bien la nature est bien faite. Il est temps de passer à autre chose. On a notre deuxième vie qui commence, mesdames. Profitez-en, vous allez pouvoir vous réinventer, professionnellement, personnellement. Il y a un nouvel horizon qui s'ouvre à vous. Ne vous laissez pas voler ce moment de votre vie. Oui, avant que la ménopause ne s'installe définitivement, ça peut être dur physiquement, émotionnellement, moralement. Mais après, qu'est-ce qu'on est bien ! On a encore tellement de temps devant nous, on est libérés de pas mal de contraintes, profitez ! Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à le partager à une amie qui souffre en silence ou à un homme qui se demande comment accompagner sa compagne pendant cette période. Je vous souhaite un bel été. Et comme l'été, c'est aussi la saison des amours, je sens que je vais aborder le sujet dans le prochain épisode. A très vite !