- Speaker #0
La thématique du jour sur Ta vue avec ton comptable, c'est optimiser sa demande de crédit. Quelles stratégies et quelles erreurs à éviter ?
- Speaker #1
Création, reprise d'entreprise, etc. C'est déjà un chef d'entreprise qui se prépare. Ce n'est pas un entretien RH, le banquier, mais c'est presque pareil. C'est-à-dire qu'il faut être convaincu de son projet. Aujourd'hui, sur le marché professionnel, c'est clairement le sujet. J'explique mon chiffre d'affaires actuel, si c'est une entreprise que je reprends, mais on sait tous que la reprise... ne couche jamais de source.
- Speaker #0
Quand nous, on est amené à effectuer un prévisionnel, ce qu'il faut, c'est que ce soit vraiment limpide dans la constitution et la reconstitution du chiffre d'affaires. Tu parlais en effet de nombre de clients jour, de panier moyen. Il faut vraiment avoir une formule mathématique avec des hypothèses, d'ailleurs haute, basse, moyenne.
- Speaker #1
C'est comme le bon budget de la ménagère. C'est-à-dire que vous avez un salaire de 30 000 euros à l'année, regarde ce que vous faites avec 30 000 euros. Demain, si vous allez créer une entreprise, vous allez peut-être passer à des recettes de 300 000 euros. Donc, ce n'est quand même pas rien. Donc la banque, c'est rien déjà. privé, vous avez des difficultés à gérer vos deniers, elle se dit demain avec 300 000 euros suivi d'affaires, qu'est-ce que va faire le chef d'entreprise ? Mais la banque se base sur des éléments factuels au moment de l'étude du dossier. Et on aura beau discuter, présenter le meilleur de son projet, elle dira, oui ben vu les rejets sur le dernier mois, c'est même pas la peine.
- Speaker #0
C'est un peu la même chose que sur un examen scolaire, il faut que ça soit simple à corriger, il faut que ça soit limpide, lisible. Et c'est pareil, le dossier bancaire que tu déposes à la banque, il ne faut pas que le mec il se tire les cheveux en lisant tous tes éléments, il faut que ça soit clair.
- Speaker #1
Arrivé avec un prévisionnel où on a la première année, la deuxième année et la troisième année en perte, vous allez voir le banquier, vous avez un refus catégorique.
- Speaker #0
La banque cherche bien évidemment à se couvrir contre le risque que tu ne rembourses pas. La garantie, elle peut être personnelle. On vient de le dire, si jamais ton entreprise ne rembourse pas, je viens chercher le dirigeant à titre perso. Tu as des organismes, soit publics, la BPI, soit des organismes propres à la banque, qui peuvent se porter garant caution, sauf que bien évidemment, ils se payent là-dessus, ce n'est pas gratuit. Ça sert à rien de s'acharner à négocier un méga taux d'intérêt super avantageux si jamais tu te fais dégommer avec une garantie. Avec des garanties. Ou tu me blagues. Avant de plonger dans ce nouvel épisode, deux minutes pour vous parler de notre partenaire ACD qui nous accompagne cette année encore pour une nouvelle saison. ACD, c'est bien plus qu'un logiciel. C'est une véritable philosophie alliant interopérabilité, sécurité et indépendance. Et le mieux, vous pouvez l'adapter à votre façon de travailler. En SaaS ou on-premise comme on dit. directement sur votre serveur. Grâce à son ouverture avec plus de 100 partenaires techno, ACD vous permet de créer une solution sur mesure, parfaitement adaptée à vos besoins et à ceux de vos clients. Leur gamme collaborative permet aussi de centraliser tous vos échanges. Bref, au cabinet Bell Eden, on utilise ces modules pour garder un contrôle total sur nos données et notre relation client. Et quand on parle des grands défis de la profession, comment passer à côté de la facturation électronique ? Avec ACD, pas de stress, le module e-facture et leur plateforme agréée permettent de gérer les factures de bout en bout, réception, validation et règlement. Alors si vous souhaitez en savoir plus, contactez l'équipe commerciale de notre part. Elle sera vous guidée et vous présenter les solutions adaptées à vos besoins. Maintenant, installez-vous confortablement et place à l'épisode. nous présenter un petit peu ton savoir-faire aux équipes. Et c'est justement suite à ça que je me suis dit que ce serait intéressant de t'inviter sur Ta vue avec ton comptable pour que nous ne conservions pas tout le savoir que tu nous avais transmis de façon égoïste, mais que nos auditeurs sur Ta vue avec ton comptable puissent en bénéficier. Alors, je te laisserai te présenter dans la foulée, mais toi, tu bosses chez Artemis Courtage. Tu aides les gens à obtenir des prêts dans de bonnes conditions. Tu courtiers.
- Speaker #1
Exactement. Courtier en financement.
- Speaker #0
Voilà. Donc la thématique du jour sur ta vue avec ton comptable, c'est optimiser sa demande de crédit. Quelle stratégie et quelles erreurs à éviter ? Bon, le titre est un petit peu pompeux, mais on comprend derrière tout ça que tu vas nous donner un petit peu les clés pour justement les chefs d'entreprise, les porteurs de projets qui nous écoutent pour que leur demande de crédit se passe bien. Voilà. Donc j'ai quelques sous-questions comme d'habitude qui vont guider notre échange. Et avant de rentrer dans le vif du sujet, dis-nous juste en deux trois phrases ce que tu fais au quotidien et où tu le fais.
- Speaker #1
Alors ce que je fais au quotidien, donc en bon ancien banquier, je garde toujours ma même méthode qu'auparavant. Donc aujourd'hui je suis bien un courtier en financement, je suis l'intermédiaire, c'est-à-dire que l'intermédiaire entre le porteur de projet et les établissements bancaires de la place. Je suis sur l'ensemble de la Vendée, je travaille un peu en limitrof sur des besoins ponctuels. J'ai un dossier sur le Calvados par exemple et un autre que j'ai fait il n'y a pas longtemps sur Cannes. quand il y a des besoins et des missions spécifiques. Et on est aujourd'hui en Vendée, Artemis Courtage, implanté sur les Sables d'Olonne, place du Général Collineau et à la Roche-sur-Yon, rue Paul Baudry, où j'ai des collègues qui sont aussi sur la partie privée, particulier, pré-immobilier, et moi sur la partie professionnelle, donc création, reprise d'entreprise, achat de parts, entreprises, SCI, croissance externe, et aujourd'hui, un peu plus en ce moment malheureusement, sur la partie trésorerie des entreprises. où je cherche des solutions bancaires directes, ou sinon je me mets en relation avec des partenaires financiers extérieurs.
- Speaker #0
Ok, très clair. Alors tu rentres direct dans le vif du sujet. C'est vrai que quand on va chercher du crédit, c'est vrai que globalement ça peut être pour deux, trois choses. Soit j'ai envie de racheter une entreprise, soit j'ai envie de développer, soit j'ai envie aussi de consolider, pallier. C'est un peu l'aspect que tu citais là, reconstitution de la trésorerie. C'est peut-être d'ailleurs, je ne veux pas faire trop de digressions pour qu'on suive notre trame, mais C'est peut-être des dossiers un petit peu plus touchy à défendre, les recherches de trésorerie, de BFR ?
- Speaker #1
Ce n'est pas les plus simples. En règle générale, malheureusement, c'est soit on passe après l'expert comptable qui n'a pas donné nécessairement de solution. Ce n'est pas une mauvaise pub, ce que je dis par là. Mais disons que le besoin est détecté tardivement. Les banquiers aujourd'hui ont... Il n'y a plus forcément la logique des crédits de campagne, des billets de trésorerie, etc. Que ce soit pour un établissement de restauration pour la partie hivernale, que ce soit pour un concessionnaire aujourd'hui qui voit le marché de l'auto, de la VO, qui commence à devenir compliqué, mais qui a du stock, comment il peut le mettre en action, comment il peut le mobiliser pour avoir un crédit de trésorerie sur le moment, qui lui permette de continuer d'investir, de continuer à chercher des véhicules à forte marge. Parce qu'aujourd'hui, c'est le nard de la guerre, malheureusement, vu le contexte. Donc ça, c'est des dossiers qui sont compliqués. Mais quand l'entreprise va bien, que les ratios vont bien, que le chef d'entreprise a les arguments pour batailler sur cet item-là, ça veut dire que je ne parle pas des entreprises qui, malheureusement, sont en souffrance économique, déjà en état de cessation de paiement. Donc là, effectivement, je n'ai pas de solution à part un soutien.
- Speaker #0
On va y revenir, justement. Ça, c'est intéressant. Oui, c'est intéressant. C'est malheureusement quelque chose auquel on est un petit peu plus davantage confronté en cette période un peu troublée. Première question pour bâtir large et après descendre notre sujet. Comment construire un dossier, une demande de financement solide ? Comment bien préparer son dossier et structurer sa demande pour maximiser les chances que ça aboutisse ?
- Speaker #1
Sur le volet professionnel, donc création, reprise d'entreprise, etc., c'est déjà un chef d'entreprise qui se prépare. Parce que ce n'est pas un entretien RH, le banquier, mais c'est presque pareil. C'est-à-dire qu'il faut être, un, convaincu. de son projet, c'est-à-dire convaincu de sa viabilité économique, qui témoignera de sa viabilité financière, en lien avec l'expert comptable qui va réaliser un prévisionnel. L'expert comptable va reprendre des chiffres, qui sont souvent des moyens de secteur et autres, mais l'expert comptable va surtout attendre de son porteur de projet, de son client, et du coup, du mien, indirectement, s'il vient solliciter un courtier, c'est expliquer son chiffre d'affaires. Aujourd'hui, sur le marché professionnel, c'est clairement le sujet, et le marché entreprise également, c'est j'explique mon chiffre d'affaires actuelle, si c'est une entreprise que je reprends, mais on sait tous que la reprise ne coûte jamais de source, il y a toujours des surprises, des éléments de modification, etc. Donc si je prévois 20% de chiffre d'affaires supplémentaire, comment je le fais ? Combien d'heures je passe dessus ? Combien de salariés je mets dessus ? Comment je réorganise l'entreprise pour optimiser aussi la génération de chiffre d'affaires, mes équipes commerciales, comment je les motive, etc. Et sur une création, là c'est le pire, surtout sur une création ex nihilo, une création de rien, comment je fais pour justifier aux banquiers, aux comptables, déjà de base, qui fait le provisionnel, et ensuite aux... aux banquiers que j'ai croisés pour leur dire voilà, moi je vais créer par exemple un restaurant, je vais faire 500 000 euros de chiffre d'affaires. Comment je le fais ? Eh bien, le nombre de couverts, le panier moyen, ma carte, comment je la présente, etc. Et donc bien présenter son dossier en banque, c'est déjà d'avoir une situation personnelle qui soit satisfaisante, c'est-à-dire qu'il n'y a pas des rejets de paiement sur le compte perso, qu'on ait une bonne gestion, alors c'est toujours facile à dire, mais une gestion, on dirait à l'ancienne, mais en bon père de famille sur ses comptes perso. Peut-être aussi autre compte professionnel quand on a aussi d'autres entreprises, c'est-à-dire que tout se passe bien. Une situation patrimoniale qui soit là, des avoirs financiers surtout aujourd'hui, y compris après opération. C'est-à-dire qu'on ne se lance pas avec zéro aujourd'hui dans le monde de l'entrepreneuriat. Il faut avoir des billes, de l'épargne. Et dans le dossier, faire son business plan, faire son étude de marché quand on peut le faire. Mais déjà, témoigner aux banquiers qu'on a regardé un peu le marché, le comportement du marché. Je prends l'exemple d'un restaurant. Je veux faire 500 000, ok, sauf que le camembert, il existe déjà. Il s'est peut-être rétracté et on ne peut pas prendre 500 000 au concurrent parce que je vais faire 500 000 de plus et les autres vont faire 500 000 de moins.
- Speaker #0
Tout à fait. Tu viens d'écrire deux choses intéressantes. Tout au long de l'épisode, on va quand même s'attacher à parler du pro, des entreprises. C'est un peu nos auditeurs et les cibles qui nous intéressent. Mais quand bien même on est sur du pro, tu viens de le rappeler à très juste titre, le banquier, il va également analyser la partie perso et le dirigeant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc tu peux avoir une belle expérience professionnelle, une belle entreprise, si jamais ta gestion patrimoniale perso elle est catastrophique, ça va quand bien même ne pas être un bon indicateur pour le banquier. Et puis le deuxième truc dont tu parlais qui est intéressant, c'est cette histoire de justification du chiffre d'affaires. Quand nous on est amené à effectuer un prévisionnel, en effet on discute chiffre d'affaires avec le repreneur, le porteur de projet pour qu'il nous indique... quel chiffre d'affaires il estime faire, mais ce qu'il faut, c'est que ce soit vraiment limpide dans la constitution et la reconstitution du chiffre d'affaires. Tu parlais en effet de nombre de clients jour, de panier moyen. Il faut vraiment avoir une formule mathématique avec des hypothèses, d'ailleurs haute, basse, moyenne, qui permettent de dire, si j'arrive à envoyer tant de couverts, globalement, mon chiffre d'affaires arrivera à tant. Et puis, on intègre également la saisonnalité, plein de choses. Et deuxième chose, qu'on voit de moins en moins d'ailleurs je trouve, c'est les études de marché en effet, c'est de dire sur ce projet là, sur cette entreprise mes concurrents locaux sont tant Le marché il est de temps, bon bah globalement il reste vraiment de la place, ou comme tu viens de le citer à l'inverse, ou dire bah non mais globalement ça va être vraiment meilleur que les autres, et c'est très compliqué de se présenter devant le banquier en disant je suis le cadre, il faut pas en tout cas. Il faut mieux éviter effectivement,
- Speaker #1
il faut y aller avec totale humilité au rendez-vous et de présenter un dossier c'est... Au fait c'est juste du bon sens, j'invente rien en disant ça, c'est-à-dire que quand on y va, après on a tous nos histoires personnelles, nos aventures professionnelles, etc. Mais un banquier, ça reste un interlocuteur. Aujourd'hui, on a tous plein d'histoires dans les oreilles d'expériences bancaires malheureuses et très heureuses. Mais quand elles sont malheureuses, c'est souvent effectivement qu'on y va avec une sérénité complète. Et en face, on a aussi des fois des interlocuteurs qui ne comprennent pas le métier. J'ai une toute petite anecdote très courte, mais j'avais un dossier sur des cartes commerciales valorisées à 200... Sur quoi ? Des cartes commerciales. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que tu représentes une marque sur un territoire. Ah oui, autant pour moi. Et donc, du coup, tu vends les produits de cette marque-là. On a échangé avec ma cliente, avec un directeur de banque et la conseillère. On expliquait le projet, etc. Puis il dit, au fait, vous êtes juste une vendeuse de fringues. Voilà. Pas vraiment, parce qu'en fait, je ne les achète pas. Il n'y a pas de stock. Il n'y a pas de stock, je n'ai rien. Je suis juste revendeur. C'est-à-dire que je vais voir tous les détaillants, tous les revendeurs indépendants, pour leur proposer le catalogue, entre guillemets, avec les vêtements en question. Et je leur vends. Et donc, il dit, mais ça, ça vaut 250 000 euros. Il dit, oui, c'est entre... Un an et demi, deux ans de chiffre d'affaires à peu près. C'est la valorisation moyenne des cartes commerciales. C'est un agent co. Un agent co, exactement.
- Speaker #0
Et puis là, tu vas le perdre. Tu dis en plus, tu sais quoi ? C'est du non commercial. C'est un BNC.
- Speaker #1
Exactement. Et là, il se dit, mais je finance quoi ? Je ne comprends pas. Comment ça se revend, etc. Et donc, on a juste expliqué. Et du fait qu'effectivement, ma présence a aidé à rassurer le banquier en disant, on ne finance pas n'importe quoi. C'est des choses logiques. Moi, j'en ai déjà fait quand j'étais banquier auparavant. Enfin voilà, des choses cohérentes.
- Speaker #0
Et puis, il y a une durée pour cette carte.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Très clair. Ok, alors tu as répondu en partie mais on peut en briller sur cette deuxième section, c'est la banque avec toutes les contraintes qui lui sont propres, comment elle analyse un dossier ?
- Speaker #1
Donc elle va regarder la partie perso premièrement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui la banque va regarder, c'est comme le bon budget de la ménagère, c'est-à-dire que vous avez un salaire de 30 000 euros à l'année, alors regarde ce que vous faites avec 30 000 euros. Demain si vous allez créer une entreprise, vous allez peut-être passer à des recettes de 300 000 euros. Donc c'est quand même pas rien. Et donc la banque, si elle regarde déjà à titre privé que vous avez des difficultés à gérer vos deniers, elle se dit demain avec 300 000 euros de suivi d'affaires, qu'est-ce que va faire le chef d'entreprise ? Est-ce qu'il va bien gérer la boîte ? Il ne va pas bien gérer la boîte, etc. C'est un des fois, c'est un gros raccourci, mais la banque se base sur des éléments factuels au moment de l'étude du dossier. Donc ces éléments-là, s'ils ne sont pas dans ce qu'elle attend, c'est un refus automatique. Et on aura beau discuter, présenter le meilleur de son projet, elle dira... vu les rejets sur le dernier mois, ce n'est même pas la peine.
- Speaker #0
Je rebondis sur un truc que tu viens de citer, des éléments factuels. Moi, je fais toujours le parallèle. Pareil avec l'achat-revente d'entreprise, il faut que les choses soient limpides. Quand tu lis le bilan, quand tu lis l'entreprise du vendeur, il ne faut pas qu'il y ait de questions. Il faut que ça soit clair, compréhensible. Il peut y avoir des questions par-ci, par-là, auxquelles on apporte des réponses très claires et précises, mais il faut normalement que ça soit limpide. Le comparatif est très... C'est bizarre, mais c'est un peu la même chose que sur un examen scolaire. Il faut en fait que sur la copie que tu rends pour ton correcteur, même si tout n'est pas juste ou bon, il faut que ça soit simple à corriger, il faut que ça soit limpide, lisible. Et c'est pareil, le dossier bancaire que tu déposes à la banque, tous les éléments que tu donnes, il ne faut pas que le mec se tire les cheveux en lisant tous tes éléments, il faut que ça soit clair.
- Speaker #1
En fait, c'est surtout que l'idéal, c'est quand on fait des rendez-vous, moi j'accompagne, on fait des rendez-vous bancaires, et que le conseiller à la fin dit bon, J'ai pas de questions. Là, on a remporté la mise. C'est-à-dire qu'on a réussi à bloquer le recruteur, entre guillemets. On parle d'entretien RH pour faire un équivalent, mais là, on l'a séché. Donc on a répondu à toutes ces questions. Pareil sur les problématiques de charge. Aujourd'hui, on monte une boulangerie. Si on discute pas du poste d'électricité ou du gaz dans la conversation, c'est-à-dire qu'on se donne pas le bâton pour se faire battre, mais presque. Donc il faut avoir déjà... sabrer un peu les questions problématiques, c'est-à-dire les anticiper. Et ça montre aussi la maîtrise du projet par le chef d'entreprise. Et donc derrière le banquier, quand tout est limpide, il a juste à se dire « Bon, ben en fait, qu'est-ce que vous attendez de moi au final ? » Et là, quand on arrive à cette question-là, on se dit « Bon, ben là, on a fait le boulot, on a fait le job. Le porteur de projet se dit « J'ai fait le job, je suis content, j'ai défendu mon dossier. Maintenant, on n'a plus qu'à lui répondre. En fait, il n'y a plus qu'à accorder le dossier, faire une meilleure proposition, puis on y va. »
- Speaker #0
Très clair. Alors justement, on embraye là, c'est quand tout se passe bien, entre guillemets, mais quand tout se passe mal. Alors je veux dire, quand tout se passe mal, c'est quelles sont les erreurs les plus fréquentes que tu as pu rencontrer ou que tu constates et qui font justement que la demande de financement qui normalement devrait passer, au final, c'est compliqué.
- Speaker #1
Souvent, la plupart du temps, c'est des conseils simples, type de toute façon, moi j'ai déjà eu un financement sans apport, tu peux y aller, les doigts dans le nez, etc. Sauf qu'on parle... de périodes totalement différentes dans le monde bancaire. Le monde bancaire, comme le monde économique, il évolue avec ses critères, ses standards. Et par exemple, aujourd'hui, les standards sont beaucoup plus durcis parce que le contexte économique est moins favorable. Donc, il y a plus d'apports demandés, etc. Là, j'ai un dossier, juste avant de venir, j'ai changé avec une bancaire de La Place et qui me disait, ben oui, on a été parti sur 3 000 euros d'apport, j'aimerais quand même qu'ils en mettent au moins 15. Je lui ai dit, bon, on est parti sur 20, déjà. Voilà. Donc, Eva m'a dit « Ah bah oui, ça change tout. » Parce qu'il est venu me voir et je lui avais dit non. Donc là, tu me reviens me voir en me disant « Là, en fait, tu mets 20. » Je dis « Oui, il les a, il les dispose, il a la sérénité de les mettre. » Et le projet, déjà, passe mieux, laisse plus de marge de manœuvre sur une analyse par l'excellent nombre d'exploitations ou par la capacité d'autofinancement d'entreprise, surtout que là, c'est une création. Donc là, avec la bancaire, on a échangé. Elle m'a dit « Oui, là, en fait, ça change le dossier. »
- Speaker #0
Petite question subsidiaire sur l'apport. Alors justement, on fait de l'apport en capital ou de l'apport en compte courant ? Préfère quoi les banquiers ? Toi, tu préfères quoi ?
- Speaker #1
Alors, il y a une logique derrière toute cette question. C'est souvent effectivement un point de blocage aussi pour les banquiers. Alors, ça dépend après le niveau de conseil qu'ils amènent avec l'interlocuteur qu'ils ont. Le capital social, quand on démarre avec peu, alors c'est facile. La réglementation le permet sur beaucoup de structures juridiques. Le problème, c'est que si la première année est une première année assez courte où on n'a que 12 mois et qu'on ne l'étale pas un peu plus long, jusqu'à 24 mois en fonction de quand on démarre l'entreprise, le banquier essaie d'avance qu'il risque d'y avoir une perte. et donc quand on a un capital social de 1000 euros c'est un peu bête à dire mais si on a une perte de 10 000 on va avoir des capitaux propres qui vont être à moins de 9 000 très bon conseil et donc là le banquier en toute logique va dire quand vous apportez 30 je préfère que vous mettez 10 en capital social et 20 000 en compte courant d'associés alors oui pour le porteur de projet il se dit je ne pourrais pas les récupérer dans les 7 ans ou dans les 10 ans donc ça m'embête mais d'un autre côté c'est un bon conseil pourquoi ? parce que demain s'il publie son bilan comptable et qu'il a la perte Merci. Alors ça ne va pas le dégrader au niveau de la Banque de France, parce qu'on ne va pas être technique, on ne va pas aller sur ce terrain-là, mais ça va le dégrader en interne à la banque. Oui,
- Speaker #0
et potentiellement même, on peut aller au bout des choses, potentiellement il va être en perte de moitié de capital, et donc là c'est formalité au greffe, tatouage sur le cabis,
- Speaker #1
c'est,
- Speaker #0
je ne vais pas dire dramatique, mais c'est quand même sérieusement pénalisant. Donc en effet c'est un très très bon conseil, et là on peut s'arrêter 30 secondes pour nos auditeurs et nos porteurs de projets qui nous écoutent. Ne prenez pas un capital social trop restreint qui aurait pour effet potentiellement de ne pas couvrir la perte de la première année et de vous mettre dans une situation qui au niveau de la notation bancaire et de la perte de moitié de capital vous mettrait en délicatesse. Et sachant que je le répète faire un premier exercice long pour se laisser le temps alors si c'est pour se laisser le temps de l'activité de démarrer tout ça me va bien. Si c'est pour éviter le tarif d'un bilan comptable, ce n'est pas une bonne raison. Il ne faut pas piloter à l'aveugle et se dire « non mais mon expert comptable, je le verrai dans 20 mois pour le premier bilan et comme ça, ça me coûtera moins cher » . C'est une méga erreur. J'espère qu'on a été clair, mais en tout cas, c'est un point intéressant que tu viens de mettre sur la table et je te remercie. D'autres écueils justement que cette problématique d'apport qui est insuffisamment estimée ? Il y a problématique.
- Speaker #1
problématiques d'apport, donc situation personnelle, il y a l'explication, l'élément principal, mais en règle générale, le comptable est passé avant, en établissant le prévisionnel, c'est-à-dire c'est la viabilité économique et la viabilité financière. Alors, arriver avec, mais bon, ça m'arrive encore d'en avoir, un prévisionnel où on a la première année, la deuxième année et la troisième année en perte.
- Speaker #0
Sur certains secteurs d'activité, vous allez voir le banquier, vous avez un refus catégorique, ce qui est logique. Il n'y a pas de sens à avoir ça, mais déjà ces éléments-là, c'est quand même important. Viabilité économique, c'est-à-dire que quand on va se lancer dans un projet, comme on disait tout à l'heure l'étude de marché, c'est aussi des cas d'écueil et d'erreur qui sont faites. C'est que c'est quelqu'un qui, dans la nuit, a eu un rêve sur une création d'entreprise, pour faire très simple, et qui se dit, ça y est, je me lance, j'y vais, et en fait le secteur est complètement bouché et il n'y arrivera pas. Et donc ça c'est aussi des erreurs et quand on va voir les banquiers, vous lui vendez comme on disait tout à l'heure le meilleur des mondes de ce que vous êtes, et les banquiers vont dire, il y a déjà cinq acteurs sur le territoire, c'est juste impossible. Donc là on a un refus, on comprend pas, on va retourner voir son expert comptable, qui étonnamment n'est jamais du secteur, d'ailleurs il est sur notre région géographique, et qui n'utilise pas non plus le tissu. D'ailleurs ça aussi c'est un très bon conseil à faire, prendre des comptables locaux. qui maîtrise le territoire, c'est aussi un moyen important d'éviter ce type d'erreur.
- Speaker #1
J'ai une amie, Marine, qui fait également des podcasts pour le CEG, le Club des Experts en Gestion, et qui a justement consacré un épisode pour l'ancrage territorial du conseil et de l'expert comptable. Et c'est vrai que connaître son territoire, et là je n'ai pas de manière complètement non modeste, nous le territoire on le connaît, c'est-à-dire qu'en effet, tel et tel fonds de commerce a tel et tel emplacement de rue, on sait que ça marche ou que ça ne marche pas pour telle ou telle raison. Oui. Et nous, le porteur de projet, justement, un mec qui ne serait pas du coin, qui arrive chez nous et qui dit « Tiens, j'ai vu ce truc à vendre, je vais le racheter. » Je dis « Ah non, mais il n'y a jamais un mec qui a réussi à s'en sortir à cet endroit-là. » Donc, sauf si c'est meilleur que tout le monde, why not ? Mais le banquier, pareil, il va avoir probablement la même analyse que moi.
- Speaker #0
Bon, ce n'est pas pour critiquer les experts comptables full online ou les startups qui sont lancées dans le domaine. Mais c'est autre chose. Mais on voit, ils ont raison d'exister et c'est chacun ses choix. Mais si c'était un conseil à donner, vraiment un conseil, quand on crée une entreprise, on veut la reprendre. Des acteurs locaux qui en plus de ça peuvent aussi se baser sur des chiffres locaux de leurs propres clients en interne permet d'avoir un prévisionnel qui est de la gueule, qui soit vrai, palpable, authentique quand on va voir le banquier que de faire quelque chose à moindre frais sur internet. Ou des fois on a un truc un peu vite fait et qu'on va voir le banquier et que le banquier va commencer à poser des questions sur le prévisionnel, le compte de résultat etc. On fait je sais pas pourquoi vous avez 20% de marge alors que la moyenne est à 30% ? je sais pas là on est sur la notion des ratios sectoriels ce sont des erreurs quand on est professionnel et qu'on se lance dans une entreprise les banquiers eux ils s'intéressent qu'aux chiffres ils vont regarder forcément l'activité comment elle se développe etc donc ça c'est le bébé du porteur de projet c'est là où il se défend, il va faire son job par contre sur les chiffres souvent c'est là où il y a une faiblesse où le banquier va venir chercher les informations va venir lire le professionnel et venir gratter et donc là quand il y a Je veux dire vulgairement, une erreur 404 sur la tête du porteur de projet et que là le banquier dit « Oups, il y a un raté » , ça ne lui donne pas envie forcément d'y aller. Oui, je comprends.
- Speaker #1
Pour aller un petit peu plus loin, et donc justement admettons le porteur de projet il est ok, le projet en tant que tel il a été bien chiffré, à peu près rentable et tout ça, on va avoir le prêt, le banquier il va suivre. Il y a différentes choses sur lesquelles, et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles on va faire appel à toi, sur lesquelles on va essayer de se battre ou de négocier, peu importe le terme qu'on met derrière. T'as cette histoire de taux d'intérêt, t'as aussi et surtout, et j'attire l'attention de mes porteurs de projets et de mes entrepreneurs là-dessus, les garanties qui sont demandées par la banque et également l'assurance qui est proposée avec le prêt. Est-ce qu'on peut revenir sur ces trois aspects-là ? Dans quelle mesure, toi, t'arrives à le négocier ? Quels sont les points d'attention ? Sur le taux d'intérêt, moi, de façon très... détaché, je dis souvent franchement les gars, vous ne battez plus sur le taux d'intérêt, c'est important on est d'accord mais quand on est dans une entreprise et que je rachète un fonds de commerce à 300 000 balles que j'ai un prêt à 3,70 ou à 3,80 c'est vraiment pas ce qui va changer la donne en termes d'intérêt parce que de toute façon ça va être déduit du résultat, voilà je vais pas être un enjeu, par contre les garanties qui vont être exigées, demandées parce que les garanties non seulement elles pèsent dans la tête du dirigeant mais elles pèsent également En euros, des fois, et je te laisserai expliquer ça. Et puis, il y a cette notion d'assurance également. Ok, dis-moi ce que tu penses là-dessus.
- Speaker #0
Alors, taux d'intérêt, c'est d'autant plus important quand même, parce qu'aujourd'hui, on a des établissements bancaires qui ont des politiques tarifaires, commerciales, qui sont différentes pour des problématiques purement internes. Aujourd'hui, il y a des gros établissements bancaires de la place, Pignon-sur-Rue, qui ont des problèmes de liquidité, des problèmes de dépôt, qui n'ont pas assez d'argent dans leurs comptes pour pouvoir prêter à leurs clients. Donc, ils font le choix volontariste d'avoir une politique commerciale haute, chère. souvent aujourd'hui pour quelques-uns, autour des 4%, quand d'autres banquiers de la place vont tourner, vont même pouvoir descendre jusqu'à 3%. Donc quand on a un écart à 1%, pour un châle entreprise qui se lance, moi je suis d'accord sur le fond, dans le compte de résultats ça rentre, c'est une charge déductible, il n'y a pas de débat. Mais quand on est sur un moment économique qui est un peu restreint, ou quand on peut gagner un peu d'annuité, parce que le banquier va regarder, les échéances annualisées face à un EBE, face à une CAF. Quand il va regarder ça, il va se dire, si on peut gagner un petit peu, on peut gagner. Mais ce n'est pas le sujet principal. Toujours, on s'y attache au taux, mais le taux, c'est rien. Parce que si vous avez un taux super sympa à 3% et que derrière, vous avez une assurance emprunteur de la banque qui coûte excessivement cher, vous regarderez du coup le TEG, le taux effectif global. Et là, vous n'êtes plus à 3, mais vous passez à 4, 5, voire 5%. Vous vous dites, il y a un problème entre les frais de garantie, les frais de dossier et l'assurance emprunteur. Et le débat aujourd'hui, il est plus sur l'assurance emprunteur, parce que c'est l'un des nerfs de la guerre pour les banquiers, sur lequel c'est une source de rentabilité importante, ce qui est normal, ce qui est légitime. Mais c'est aussi sur ce sur quoi les dirigeants aujourd'hui peuvent aller commencer à discuter sur de l'immobilier professionnel, comme au titre d'une résidence principale, d'aller discuter sur ce bout de gras-là, pour dire, je veux bien travailler avec vous, je veux bien vous donner mes flux d'activités, 300, 400, 500, ce qui intéresse aujourd'hui les banquiers, parce qu'ils gagnent de l'argent sur ça. sur chaque dépôt tous les soirs à la Banque Centrale Européenne, mais on a des arguments quand on est professionnel. En particulier, on a des salaires, on a un peu d'équipement, il vient de nous embêter sur l'assurance habitation, ce genre de choses. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai que cette notion de flux sur lesquels les banquiers se battent beaucoup, en effet, on a un mini pouvoir de négo en tant que professionnel, mais c'est vrai qu'à titre particulier, sauf avoir des salaires mirobolants, ça ne va pas chercher loin. C'est ça,
- Speaker #0
mais un professionnel a des flux. Et l'avantage, c'est que quand on parle de 300, 400, 500 000 euros à mettre sur la table, Il y a souvent des commissions d'éviteurs sur les mouvements d'éviteurs prises par la banque. Il y a une rentabilité qui lui est attachée. Donc elle va regarder tout ça. Et donc là, ça commence à parler. Et là, on peut commencer à discuter le taux, les frais de dossier. Et surtout, quand on a une belle situation personnelle, patrimoniale, etc., on peut parler de caution, on peut parler de nantissement de fonds de commerce, qui sont souvent des garanties qui coûtent peu. Mais la caution est un sujet dans une entreprise. Aujourd'hui, quand certains, malheureusement, vont au tas. la première chose que vous regardez, c'est l'offre de prêt professionnelle et vous regardez l'engagement de la caution. Et encore, il faut qu'elle soit solvable au moment où l'offre de prêt a été faite, au moment où on vient vous saisir, éventuellement. En dehors de ça, il y a les garanties usuelles, classiques, donc les organismes de caution interne des banques, qui sont souvent moins onéreux qu'une garantie, par exemple, de la banque publique d'investissement, la garantie BPI. Garantie création, transmission, cession, où là, on peut avoir des coûts, par exemple, sur 100 000 euros d'emprunt, on est sur une garantie qui est aux alentours des 4 000 euros.
- Speaker #1
Alors juste pour resituer et expliquer avec pédagogie, tu n'as pas ton portable qui... Ouais, on y est, impeccable, on va l'avoir. Qu'est-ce que je voulais dire ? Les garanties. En effet, pour bien comprendre, en fait, tu as un emprunt et la banque cherche bien évidemment à se couvrir contre le risque que tu ne rembourses pas. Tout à fait. C'est la garantie. La garantie, elle peut être personnelle, on vient de le dire, si jamais ton entreprise ne rembourse pas, je viens chercher le dirigeant à titre perso, très simple. Mais ce qu'il faut comprendre, et ça les moins aguerris ne le savent pas forcément, tu as des organismes, soit publics, la BPI, soit des organismes propres à la banque, qui peuvent se porter garant pour toi, sauf que bien évidemment ils se payent là-dessus, c'est pas gratuit, et c'est vrai que c'est une garantie qui, quand même, a un certain prix. Et tu viens de le dire, notamment pour la BPI. Alors, en plus, suivant la durée de la garantie, les montants, etc., les montants peuvent varier. Mais tout ça pour dire, ça ne sert à rien de s'acharner à négocier un méga-taux d'intérêt super avantageux si jamais tu te fais dégommer avec une garantie qui coûte une blinde. Retenez bien ça. C'est à retenir un truc dans l'épisode, c'est bien ça.
- Speaker #0
Surtout quand on a des arguments. C'est-à-dire qu'il y a certains... Certaines banques qui vont avoir des automatismes de garantie, il y en a certaines qui ne vont pas se couvrir quasiment, qui vont y aller en blanc, c'est comme ça qu'on dit dans la profession, ou d'autres qui vont se surgarantir et prendre toutes les garanties possibles et inimaginables, alors que par exemple un menuisé qui est installé depuis plus de trois ans va faire une croissance externe et tout va bien, la cible, tout va bien également dans la cible, et on va vous dire on va quand même prendre des pays pour 50% et là vous pouvez discuter avec le banquier en disant les pays vous exagèrent un petit peu, déjà le lentissement de fonds de commerce vu la valorisation de ce que je reprends, c'est quand même sympathique pour vous, si demain ça va au tas, Ma caution, elle est quand même satisfaisante. J'ai un bon patrimoine actuel, professionnel et privé. Et sur le reste, je pense que j'ai suffisamment fait mes preuves dans mes expériences professionnelles passées, dans ma boîte que je gère aujourd'hui, pour vous dire demain, BPI, on peut s'en passer. Et ça, c'est de la discussion. Mais c'est vrai que quand on est chef d'entreprise, on fait pleinement confiance au banquier. Et quand il nous dit A, discutez un peu le bout de gras pour dire B. Ou alors il va vous dire, ah oui, ça va être plus compliqué, il faut que je retourne voir les engagements, ou mon directeur de banque ou de caisse. Donc ça va pas être simple. Mais on a le droit de le discuter. Les garanties sont pas automatiques parce que vous avez demandé un financement. Elles sont discutables comme tout le reste. Tout est discutable avec le banquier.
- Speaker #1
Alors la transition justement est toute faite vers ma dernière question et mon dernier point. Tu viens de me mettre sur des rails. J'allais te dire, toi, quel est ton rôle ? Comment tu te positionnes ? J'allais te dire également, est-ce que tu sers vraiment à quelque chose ? Parce que j'ai l'impression qu'avec les banques, on peut plus négocier. C'est-à-dire qu'il y a des règles internes. qui sont ce qu'elles sont, et je ne les juge pas. Et en fait, c'est comme ça et ce n'est pas autrement. Il y a le comité de crédit qui dit, dans tel cas, c'est blanc, dans tel cas, c'est noir. Et pour reprendre l'exemple, je te taquine volontairement, mais pour exemple, j'ai toujours tendance à dire aussi, j'en ai marre de voir le bretel-ceinture. Et tu vois, on fait un dossier, il est propre, machin, et puis on nous demande une garantie, n'importe quoi, un entissement sur le fonds de commerce, et puis une caution personnelle du dirigeant, et puis ceci, et voilà. Dans quelle mesure, toi, et je te laisserai presque le mot de la fin là-dessus, dans quelle mesure tu arrives justement à influer sur ces décisions-là, à éventuellement, potentiellement, faire que la banque revoie à la baisse ses prétentions en termes de garantie, et que le porteur de projet te dit, merci Florent, grâce à toi, on a réussi à obtenir juste un cautionnement perso, moi ça me va bien, j'ai confiance dans mon projet, et puis je suis solvable, et puis comme ça, ça ne me coûte rien. Voilà, dis-moi tout.
- Speaker #0
Eh bien, alors, je dirais tout simplement, on sollicite un courtier pour, en général, deux possibilités. C'est soit, moi je dis, c'est assez rigolote, ça fait rire les gens, je le dis, mais c'est SOS courtier. Alors qu'en gros, j'étais voir mon banquier, il m'a dit non. Ou j'étais voir mon banquier, il ne m'a pas répondu. En fait, il ne sait pas me dire non, donc il ne me dit pas non. Tu sais quoi,
- Speaker #1
moi j'avais noté, est-ce que tu es courtier ou tu es avocat ? Et de la même manière, tu vas appeler ton avocat aussi. Tu sais, quand tu t'es fait arrêter par les flics, là, c'est le SOS courtier.
- Speaker #0
C'est SOS avocat comme on le fait pour pas me prendre tous les points et finir au tribunal de police Ou t'as le vrai avocat conseil et là tu vas être l'avocat conseil Et donc dans ce métier là il y a SOS courtier, c'est là qu'on revoit un peu les basiques le prévisionnel comme il a été établi, la situation perso, c'est peut-être pas le moment d'y aller, il faut peut-être attendre un petit peu etc, enfin voilà, tout ce sujet pour répondre aux besoins des banquiers ceinture bretelle et on a l'autre partie, l'autre volet de mon métier, où là, je suis plutôt un facilitateur. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce que je dis à certains dirigeants, il ne faut pas se faire l'économie du courtier quand on n'a pas le temps, déjà. Donc, en fait, je suis à des fois aussi un agent administratif, c'est-à-dire que je fais le recueil de tout ce qui est nécessaire, ce qui pompe l'air du chef d'entreprise. Et sur les créateurs, c'est aussi d'être un facilitateur. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, j'ai toutes les portes d'entrée chez toutes les banques de la place, ce qui évite de prendre rendez-vous avec tous les banquiers de la place où vous n'avez pas le temps, où vous êtes organisés différemment, etc. Et donc ça, je suis un facilitateur. Et après, j'ai envie de dire, mon rôle, je suis courtier. Donc théoriquement, le courtier, il est là pour optimiser les conditions de financement, trouver les meilleurs ou pas. Après, on n'est pas obligé de s'attacher qu'à ça. Il y a aussi l'humain qui joue un rôle important dans le choix de la banque. Mais sur les conditions, normalement, là où je dois m'éclater, c'est quand je fais le recueil de toutes les propositions des banques et que je fais un tableau récapitulatif avec, voilà ce que j'ai obtenu. Maintenant, tu n'as plus qu'à faire le choix. Avec le coût total à la fin, les garanties que j'ai négociées en même temps. En fait, je suis un vrai négociateur. parce que l'avantage c'est que le chef d'entreprise avec le comptable, l'avocat etc transfère la négociation sur moi et donc c'est à moi si je suis bon c'est là qu'on voit à la fin le résultat, c'est à la fin de la fois qu'on compte les bouses quand j'ai bien négocié et quand on les compte on se dit franchement Florent moi j'ai l'habitude sur ce type de dossier en général j'ai toujours ceinture bretelle là t'as réussi à sortir juste un dentissement et un cautionnement et là qu'on a ce résultat il me dit mais comment t'as fait ? on a juste discuté, on a juste mis en avant Je suis un peu un technico-commercial sur le crédit, c'est-à-dire que je viens défendre le dossier de mon client et je négocie ce que j'ai avec un jargon qui est compris entre le banquier et moi, parce qu'on parle la même langue. Et quand on parle la même langue, c'est beaucoup plus simple. On se comprend, c'est efficace, c'est simple. Et moi, je sais ce que je peux poser comme exigence, sans parler du professionnel, etc., en utilisant ces arguments-là. Mais j'ai les exigences parce que je connais le fonctionnement interne. Et là, après, on discute. Après, je dis au banquier, je lui dis, vous voulez y aller ? Vous voulez conserver votre client ou pas ? Si vous voulez le perdre, vous me le dites, dans ce cas on reste sur ça. Ah bah non, en fait, c'est vrai qu'on a pris BPI, mais on va enlever BPI. On le connaît bien, le client est bien coté chez nous, c'est vrai qu'on va se faire l'impasse. Et donc c'est économique, certains dirigeants le font aujourd'hui, parce qu'ils disent c'est mon banquier, je le connais, etc. Et aujourd'hui, j'ai des clients, je les laisse dans leur banque. Mais on les challenge. Après, avec le banquier, on discute en bonne intelligence. Eux, ils font ça pour beaucoup en automatisme, ils ont un paquet de dossiers mis au rebollant sur leur bureau, ils n'ont pas le temps, ils n'ont pas le temps de se poser. Il faut mettre des trucs, c'est les garanties classiques, il les rentre, etc. Et ça fonctionne comme ça. Et donc tout l'atout de passer par un courtier, en financement expert sur le pro, vraiment un courtier qui soit dédié à ça. Je défends aussi ma petite paroisse, mais notre spécialité, c'est qu'on sait de comment on parle avec les banquiers. On maîtrise le sujet, on fait une note de synthèse, je fais la même analyse que le banquier. Mon boulot aujourd'hui, quand je le valorise, par exemple pour mes honoraires, on est à 1,5% du montant sollicité auprès des banquiers. C'est valorisé par un travail. Un dossier pro, quand je m'y attache, c'est une demi-journée. Entre le recueil, l'analyse des documents, la rédaction de la note de synthèse et l'envoi du dossier en banque, avec l'interaction avec eux pour avoir une décision le plus rapide possible.
- Speaker #1
Pour terminer l'épisode et tenir le timing, je vais être un peu taquin, mais... Le fait que vous soyez encore en train de bosser aujourd'hui, que vous soyez sur la place et que vous soyez reconnu, montre bien quand même que vous avez un intérêt et que vous bossez bien. Je veux dire par là, il y a une époque où j'avais l'impression, on sait quand les taux étaient à 0,5%, il y avait quand même beaucoup de courtiers sur la place. De la même manière qu'il y avait beaucoup de mandataires immobiliers. Et j'ai l'impression quand même que depuis que ça s'est tendu au niveau de l'immobilier et que ça s'est tendu au niveau des taux et tout ça, il y a quand même beaucoup de banques, rappelons-le. qui ont squeezé leurs conventions avec les cabinets de courtage et qui disent non mais c'est niette, nous maintenant la marge on la veut pour nous, on passe en direct avec le client et il n'y a plus de courtier. Bon toi tu es encore sur la place, visiblement tu as du boulot quand même. Oui tout à fait,
- Speaker #0
heureusement d'ailleurs.
- Speaker #1
Donc ça montre bien qu'il y a du boulot, mais il faut apporter de la valeur ajoutée.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je ne veux pas mentir au public, les banques ont remis en place des conventions, d'ailleurs elles l'ont quasiment toutes refaites parce que c'est avant tout des banques commerciales. Elles sont là pour faire du business.
- Speaker #1
Quand tu dis qu'elles ont remis, c'est qu'elles avaient arrêté ?
- Speaker #0
Certaines ont fermé les robinets, c'est le sujet. Elles l'ont remis. Alors, elles l'ont remis, c'est juste risible. Ce n'est plus l'âge d'or du courtage. La période que tu évoques, c'est la période de la renégociation de crédit. C'est-à-dire que les personnes venaient avec des taux d'intérêt perso ou pro. D'ailleurs, dans les deux cas, on le faisait. Avec des taux à 5, 4, 3 %. Et quand on arrivait à un taux à 1 %, la marge était tellement importante à gagner. Les banquiers avaient faim et c'était un jeu de... Je suis au Crédit Agricole, je pars au Crédit Mutuel, je suis au Crédit Mutuel, je pars à la Banque Populaire, etc. Donc c'était un jeu de chasse et croisée de clients sur cette période-là.
- Speaker #1
Pas très sain d'ailleurs.
- Speaker #0
Pas très sain, mais les banquiers le savaient. Ils ont joué à ça. Après, en fait, c'était une grosse chasse. Il y a beaucoup d'acteurs en France. Il ne faut pas l'oublier. Il y a beaucoup d'acteurs bancaires en France. Donc la concurrence est très vive. Et donc quand vous commencez à perdre 10% avec la mise en vente...
- Speaker #1
Et si la concurrence est très vive, forcément les marges ne sont pas énormes. Les marges ne sont pas énormes. C'est pour ça qu'ils disent qu'ils ne gagnent pas d'argent avec les mains.
- Speaker #0
Voilà. Aujourd'hui, le crédit, c'est vraiment qu'un produit d'appel. C'est le produit tête de gondole du supermarché du coin. C'est comme ça qu'ils vous appâtent et après ils viennent travailler sur le reste. C'est pour ça qu'ils vous embêtent sur l'épargne salariale, qu'ils vous embêtent en ce moment sur la facture électronique pour vendre leurs produits internes, qu'ils vont vous proposer un paquet d'assurance, etc. Ils viennent faire que de la valeur ajoutée sur la relation, parce que le prêt n'est qu'un produit d'appel.
- Speaker #1
Oui, de la valeur ajoutée, de la vente additionnelle.
- Speaker #0
De la vente additionnelle, mais ils créent de la richesse supplémentaire sur le client, du chiffre d'affaires supplémentaire. Du cross-selling et des compagnies. Exactement.
- Speaker #1
Super. En tout cas, merci beaucoup d'avoir partagé avec nous derrière le micro, tu as vu avec ton comptable, tous ces bons conseils. Franchement, c'est un sujet récurrent. Qu'on soit primo installant ou qu'on soit créateur d'entreprise ou qu'on soit en pleine vitesse de croisière, de toute façon, le recours au crédit, hormis si tu restes locataire toute ta vie, de toute façon, aller chercher du crédit, ça t'arrive quand même régulièrement. Donc, super intéressant ces notions de travailler son dossier en amont, d'avoir un truc propre, de l'anticiper. pareil sur ces notions de garantie je pense que les gens auront pu bénéficier de petits conseils intéressants, merci beaucoup à toi merci de ton accueil et de l'échange si vous souhaitez contacter Florent, vous retrouverez toutes ses coordonnées bien évidemment dans les notes de l'épisode si vous voulez d'autres conseils utiles pour votre entreprise abonnez-vous à T'as vu avec ton comptable d'ici là, portez-vous bien bonne fin de semaine à tous et à bientôt Florent à bientôt, merci, au revoir Bravo, vous êtes arrivé au bout de cette capsule technique T'as vu avec ton comptable. J'espère que cet épisode vous aura plu, que vous aurez appris des choses et peut-être qu'il aura éveillé votre curiosité. N'hésitez pas à contacter l'expert qui m'accompagne aujourd'hui. Si vous avez des questions complémentaires ou d'autres sujets que vous aimeriez voir abordés dans le podcast, n'hésitez pas non plus à m'en faire part, par mail ou par message. Enfin, pour nous aider dans le développement de notre podcast T'as vu avec ton comptable, partagez cet épisode et mettez un commentaire ou 5 étoiles, ou même les deux. Allez, à très bientôt, portez-vous bien.