- Speaker #0
Bienvenue dans cet épisode de Ta Pause Sexy, je suis Anne-Elisabeth, ta coach en sexualité, et je t'accueille dans cette nouvelle saison accompagnée de mes invités, qui comme moi sont convaincus qu'il serait temps de créer un monde où l'on parle de sexualité de manière beaucoup plus libérée. Je ne vais pas t'en dire plus et je te laisse découvrir ton nouvel épisode. Bonne écoute ! Dans cette pause aujourd'hui, nous allons parler des tabous autour de la sexualité et notamment comment ils impactent notre quotidien sans même qu'on s'en rende forcément compte. Avant de commencer cet épisode, je te rappelle que le meilleur moyen de me soutenir, c'est soit de t'abonner au podcast sur la plateforme de ton choix, mettre 5 étoiles et aussi aller mettre un commentaire sur Apple Podcast. Grâce à ça, le podcast va pouvoir continuer de grandir et je vais pouvoir continuer de te proposer des épisodes de qualité. Et en parlant de qualité, aujourd'hui, je reçois une invitée qui est nulle autre que la papesse de la censure sur les réseaux. Elle est community manager et spécialisée vraiment dans l'accompagnement des comptes sexaux et je veux bien sûr parler de Marie Brassel. Bonjour Marie.
- Speaker #1
Bonjour Elisabeth. Comment ça va ? Ça va, c'est un vrai plaisir d'être avec toi, de partager ce moment.
- Speaker #0
Écoute, pour moi aussi parce que je sais que tu es une fervente auditrice du podcast, donc ça me fait encore plus plaisir de te faire passer de l'autre côté du micro et de pouvoir aussi entendre ta voix sur ce sujet passionnant qu'est la sexualité.
- Speaker #1
Avec grand plaisir pour échanger. Et puis c'est vrai, comme tu l'as dit, la censure, c'est mon dada. C'est vraiment mon cheval de bataille, mon poney. Enfin bref, tout ce qui est licorniste, comme tu me connais.
- Speaker #0
Je sais ce que j'allais dire. Est-ce que ça ne serait pas plutôt ta licorne que ton poney ?
- Speaker #1
Non, l'anti-licorne, parce que la censure, c'est la noirceur. Et moi, j'ai ce côté lumineux, paillette de la licorne. Donc anti-licorne, censure anti-licorne.
- Speaker #0
ça fait une parfaite transition je pense que moi je te connais on a travaillé ensemble et tout donc j'ai bien une idée de ce que tu fais mais pour les personnes qui ne te connaissent pas est-ce que je vais te laisser te présenter écoute je suis community manager,
- Speaker #1
social media manager coach insta et business spécialisé dans le domaine de l'intime donc en gros moi ma mission c'est d'aider tous les pros de l'intime que ce soit les sexos, les coachs en sexualité les love store, les créateurs de contenu créatrices de contenu... à pouvoir parler librement de sexualité sur les réseaux sociaux, mais toujours de manière éthique, bienveillante, et aussi, quelque part, c'est un peu le nerf de la guerre, leur faire gagner de l'argent grâce à Instagram et à leur communication.
- Speaker #0
Ok ! Bon, moi, c'est un peu dans ce cadre-là que j'ai rencontré Marie. Du coup, elle m'a pas mal aidée, notamment dans le lancement de toute mon activité. Et du coup, on a beaucoup discuté, elle et moi, de Instagram, cette superbe plateforme sur laquelle on fait beaucoup de choses, plein plein plein de contenus autour de la sexualité. Bon après il y a d'autres plateformes, mais c'est vrai qu'il y a une politique qui est quand même très stricte en matière de sexualité sur les réseaux. Et la première question sur laquelle j'ai envie qu'on discute, ça serait vraiment de comprendre pourquoi ces sujets sont encore si tabous et pourquoi en fait on n'arrive pas encore à craquer, on a encore vraiment des problèmes de censure sur les réseaux sociaux, sur les sujets de la sexualité.
- Speaker #1
C'est vraiment assez compliqué à comprendre. Moi, j'avoue que même cet obscurantisme, cette invalidation du discours sur la sexualité est problématique. On est à l'époque de la libération de la parole. Les mouvements MeToo s'enchaînent les uns après les autres. Aujourd'hui, on est dans le MeToo hospital. Donc vraiment, on voit que ça continue à prendre de l'ampleur. La libération de la parole est super importante. Mais les réseaux sociaux prennent les choses à contre-courant quand on va faire de l'éducation à la sexualité. la variante pour les enfants, éducation à la vie affective et sexuelle, est censurée. D'autant plus que c'est une décision très hypocrite. Il existe de nombreux contenus problématiques sur Instagram et sur les plateformes de manière générale qui, eux, vont pouvoir passer. Donc, ce blocage qu'ont subi nous, les pros de l'intime, sur les réseaux sociaux, non, ce n'est pas normal, ça ne va pas avec l'air du temps. Et il est grand temps que les plateformes évoluent et nous laissent enfin parler librement puisque c'est vraiment un... fondamentale de la société, le droit à parler de sexualité librement.
- Speaker #0
Et selon toi, ça vient d'où, en fait, ce tabou vraiment autour de la sexualité ? Comment on se l'explique aujourd'hui qu'on n'arrive pas ? Parce que, comme tu le dis, il y a vraiment un double et un contre-courant qui est la parole se libère, aussi beaucoup avec la parole féministe, où les femmes s'expriment de plus en plus, donc les sujets de sexualité sont de plus en plus mis à l'ordre du jour, etc. Donc on a l'impression qu'on est en train de vraiment libérer plein de choses et s'autoriser beaucoup de choses autour de la sexualité, mais dans un autre pan, on se retrouve quand même beaucoup censurés. Donc je ne sais pas, comment tu l'expliques, qu'on puisse vraiment avoir cette dichotomie entre les deux mouvements ?
- Speaker #1
Une de mes hypothèses, c'est une hypothèse, ce n'est pas prouvé, et puis les services de presse des plateformes jamais infirmeront ou confirmeront, c'est que les politiques de modération des contenus liés à la sexualité suivent les grandes tendances politiques en cours. Il ne faut pas oublier que Meta étant une plateforme américaine, on sait ce qui se passe aux États-Unis depuis toutes les nouvelles lois sur l'avortement, sur aussi le transban en Floride. les difficultés que peuvent avoir les personnes justement à avoir accès aux professionnels de santé, à pouvoir accès à l'avortement. On se rend compte que depuis 2019 ces politiques se sont endurcies à l'échelle nationale pour les États-Unis et internationale finalement et depuis 2019 on voit aussi un resserrement de la censure avec une possibilité de parler moins librement. Donc une de mes hypothèses c'est qu'en fait les censures, la modération et la filtration des contenus s'alignent aux politiques sociales internationales. Et après, il y a cette espèce de fausse pudeur de la place de la sexualité dans la société. C'est honteux, c'est caché, on ne le partage pas, c'est l'intime, mais c'est complètement une absurdité sans nom. Et en fait, les réseaux sociaux aujourd'hui continuent à poser des tabous et à empêcher le développement de la santé sexuelle à l'échelle internationale.
- Speaker #0
En fait, selon toi, c'est vraiment le reflet de la société aujourd'hui où on est encore… assez bloqués sur le fait d'avoir une sexualité qui soit, je ne sais pas comment on peut l'appeler, mais libérée ou diversifiée, ou en tout cas qui sorte un peu des codes de ce qu'on aurait pu nous vendre, de ce qu'est la sexualité en fait. C'est un peu ça la problématique.
- Speaker #1
Oui, et puis en fait, quand j'en parle avec la modération Instagram, pas l'espace modération, le service client, il m'explique, oui, mais les contenus doivent être conformes à ce qu'un enfant de 13 ans peut recevoir. C'est une hypocrisie sans nom, puisque déjà un enfant de 13 ans ne devrait pas être sur les plateformes de réseaux sociaux, et encore moins les consommer seul sans avoir une certaine forme d'accompagnement. Donc voilà, c'est complètement fou. Et puis il y a quand même une tendance très très sexiste dans les politiques de modération et de censure, donc malgré tout on continue à véhiculer le mauvais usage des réseaux sociaux, la place des femmes dans le monde, le sexisme, la discrimination, puisque les comptes aussi qui vont promouvoir... les mouvements, les communautés, la santé LGBTQIA+, sont aussi les premiers à être coupés par la censure. Et l'extension aujourd'hui, ce qui fait d'autant plus peur, c'est qu'aussi les comptes parlant de fertilité, de santé menstruelle, commencent eux aussi à être de plus en plus censurés. Donc on voit bien que malheureusement, ce n'est pas forcément des problématiques très masculines qui sont mises en jeu, mais des problématiques concernant les femmes et la communauté LGBTQIA+.
- Speaker #0
Je n'avais pas conscience que les comptes qui faisaient vraiment de la santé sexuelle, les comptes de fertilité, etc., étaient aussi hyper soumis à la censure. Ça me paraît aberrant parce qu'en fait, on est dans une politique... Là, on vient de voir en France, on commence à se dire qu'il y a explosion de certaines IST parce que les gens ne se protègent plus. Donc, il y a l'accès beaucoup plus facile aux dépistages, etc. Donc il y a vraiment un truc qui ne passe pas. Il y a même un problème de santé publique, visiblement, et quelque chose de... Non, il ne faut pas que le public soit au courant. Ça a l'impression de marcher sur la tête.
- Speaker #1
C'est des paradoxes, c'est tellement de paradoxes. On l'a vu, les jeunes de 15 ans utilisent quasiment... On va dire la moitié des jeunes de 15 ans n'utilisent pas le préservatif. Il y a une recrudescence des chlamydia. honoré, ce genre de réjouissance qui malheureusement en cours quand on a une activité sexuelle qui ne sont pas graves, pas honteuses, mais malheureusement on voit bien que le manque d'éducation sexuelle fait des ravages encore aujourd'hui. D'ailleurs le développement sexuel c'est un des piliers du développement durable de l'ONU. Donc l'ONU, cette institution internationale pour la paix et la santé valorise la notion d'éducation sexuelle et pas les réseaux sociaux, pas notre société donc c'est vraiment une... problématiques sociales et politiques, en fait.
- Speaker #0
Et comment ça s'est passé, toi, personnellement, tu vois, autour de ces tabous sur la sexualité, tu vois, dans ton propre parcours vraiment personnel ? Est-ce que toi, t'as eu aussi des difficultés dues au fait qu'il y a vraiment un tabou sur la sexualité ?
- Speaker #1
Alors, plus jeune, oui. Je fais partie de ces gens qui ne voulaient pas en parler. Ils n'osaient pas en parler, ils ne savaient pas trop à qui poser des questions. Je me souviens quand à 16 ans ma mère m'a posé des questions sur la sexualité, presque je me suis planquée sous la table. Et puis en grandissant, j'ai eu la chance d'avoir une amie qui m'a appris à parler de tout ça très très librement. Et puis j'ai fait mes études en histoire de la sexualité. Donc quand on commence à avoir 20 universitaires à qui il faut parler de sodomie, de sexualité, de prostitution, on finit par faire tomber le tabou et parler très librement, puisqu'en fait on est en train de parler de science, de recherche, d'histoire. Et c'est comme ça que ma parole à moi s'est complètement libérée. Bien évidemment, le mouvement MeToo a aussi été une libération pour moi. Pour beaucoup de femmes, j'ai été victime de violences. Et finalement, ces tabous... moins influencés, mais aujourd'hui, c'est tabou, c'est mon moteur pour faire changer le monde.
- Speaker #0
Ah, c'est hyper intéressant, parce que, tu vois, j'allais te demander si, aujourd'hui, ton combat, tu vois vraiment que tu mènes là sur les réseaux pour justement abattre la censure et tout, est-ce que parfois ça te renvoyait à des combats, en fait, personnels que tu as aussi envie de défendre aussi dans la société, tu vois ? Ça a l'air d'être sûr.
- Speaker #1
Bien sûr, et en bossant dans la sphère de la sexualité, j'avoue qu'en fait, mon boulot est toujours là. en train de frôler avec ma vie personnelle. Et finalement, ça finit par révéler des choses que je n'aurais pas forcément parlé. Par exemple, j'ai eu, j'ai subi, j'ai vécu, je ne sais plus trop comment le dire, mais un arrêt naturel de grossesse. Et finalement, ça a été une extension de combat pour me battre contre mon fausse couche, par exemple. Mais aussi, j'ai pu interagir avec des autrices qui veulent déconstruire. Tout ce silence, cet embargo autour du corps des femmes, de la grossesse, de la sexualité, finalement, c'est des choses qui sont liées les unes aux autres. Et c'est sûr que moi, ce genre de choses, et surtout quand en tant qu'entrepreneur pro, je vis des choses dans ma vie perso, ça a une résonance quotidienne, permanente dans mon travail quotidien. Donc, quelque part, oui, je ne sais plus toujours parfois comment dissocier le pro du perso, mais finalement, ça me fait grandir, ça m'aide. Et puis, mes clientes sont...
- Speaker #0
toujours là pour nous soutenir et ça fait qu'ensemble on a l'impression de faire quelque chose c'est hyper intéressant ce que tu dis parce qu'en fait on se dit souvent oui il faut dissocier le pro du perso mais c'est vrai que dans nos métiers le pro et le perso sont tellement intimement liés qu'au final tu peux pas faire abstraction et que l'un vient nourrir l'autre et moi je sais que tu vois personnellement je le vois aussi dans les moments où je vais entre guillemets je vais pas Tu vois, genre, je vais avoir un rapport non protégé. Voilà, exemple. Eh bien, dans ma tête, je vais me dire, non, mais alors, attends, tu ne peux pas faire ça. Tu te dois d'être exemplaire, tu connais les risques, etc. Et donc, en fait, ça m'a quand même fait changer aussi certaines de mes pratiques. Tu vois, moi, je travaille beaucoup avec des femmes où on travaille l'assertivité, le fait de pouvoir... savoir dire non, savoir imposer son consentement, ce genre de choses. Donc après, quand tu te retrouves dans ces situations, tu te dis Ah non, je ne peux pas me laisser avoir, je ne peux pas me laisser faire. Et en fait, c'est vrai que moi, j'ai bien l'impression de grandir aussi avec mes clientes dans ma vie de tous les jours. Et c'est vraiment l'un nourrit l'autre, mais en permanence, c'est clair.
- Speaker #1
Je te rejoins là-dessus, moi, j'ai l'impression que... Tout ce que j'ai appris sur la sexualité fait aussi de moi une meilleure personne. J'ai des meilleurs rapports aux autres, plus respectueux. C'est vrai que le consentement, on n'en a longtemps pas parlé. Et que même moi, qui suis quand même quelqu'un qui fait attention aux autres, assez empathique, j'ai pu commettre des erreurs. Et grâce à tout ça, je me suis remise en question, je m'améliore et je fais mieux. On ne peut pas être parfait. On est imparfait, c'est normal. Mais on peut toujours s'améliorer. Et comme tu dis, là je te rejoins, on grandit. en travaillant dans le milieu de la sexualité avec soi et avec les autres.
- Speaker #0
Oui, non, c'est moi, c'est vraiment le terme, tu vois, de me dire, en fait, c'est un apprentissage, c'est un apprentissage de tous les jours et surtout, on parle beaucoup de déconstruction dans la sexualité, on dit beaucoup, voilà, il faut être des personnes déconstruites, etc. Et en fait, pour moi, vu de là où on part, de l'éducation qu'on a eue ou pas d'ailleurs, du monde dans lequel on a grandi, etc., moi, je vois ça comme c'est quelque chose qui va évoluer toute ma vie. et je serai jamais complètement déconstruit, tu auras toujours des choses sur lesquelles j'aurais besoin de me faire peut-être violence parfois, peut-être aller combattre des peurs, ce genre de choses. Mais pour moi, c'est ça l'éducation sexuelle, c'est pas que quand on est jeune, au final, c'est vraiment dans toute notre vie et à tous les moments de notre existence, donc c'est ça qui est génial.
- Speaker #1
Clairement, et puis la sexualité, c'est pas une ligne droite. C'est... voyage, une découverte, on grandit avec sa sexualité, elle évolue, il y a des moments où on va aimer des choses et on ne va plus les aimer. Pour ça, l'éducation sexuelle, elle arrive à tous les moments de la vie, de la petite enfance jusqu'aux dernières heures presque, j'ai envie de dire, parce que la sexualité a cette richesse de ne jamais être la même et de toujours, toujours pouvoir évoluer et changer.
- Speaker #0
Mais du coup, si on reparlait à la moi de 16 ans qui était comme toi, à qui on ne pouvait pas parler de sexualité, pour le coup, j'avais un univers développé. Et d'ailleurs, j'ai fait tout un épisode. Là, le premier épisode du podcast est plutôt sur ma vie. Et donc, j'ai quand même dit des choses que je n'ai même pas dit à mes meilleurs amis. Je m'en suis rendue compte. Et donc, ouais, j'avais vraiment ce truc d'avoir un univers sexuel très développé, etc., mais d'en parler quand même à personne. Et donc, tu vois, si je me… Là, si on repart à la moi qui avait 16 ans, qui se posait quand même pas mal de questions, comment on fait pour s'informer en ligne aujourd'hui ? Comment on fait pour contrer un peu la censure et continuer de s'éduquer sexuellement quand on est un jeune adulte et qu'on se lance dans la sexualité ?
- Speaker #1
J'aurais tendance… Je vais vous donner un petit moment. en première intention à recommander de suivre les sexologues puisqu'en fait un des points du métier du sexologue que l'on oublie c'est qu'il est là pour éduquer à la sexualité il est pas là pour réduire peut-être que les problèmes de santé sexuelle vraiment sa première mission c'est de faire de l'éducation sexuelle donc j'aurais tendance à recommander d'abord de suivre les sexologues peut-être de chercher des influenceurs mais des influenceurs et influenceuses positives pas ceux qui sont dans l'injonction ceux qui font vraiment un travail de pédagogie peut-être par l'humour aussi puisque c'est un très très bon véhicule quand on parle de sexualité alors déjà on fuit les plateformes pour adultes s'il vous plaît on sort de ces salopes pardon
- Speaker #0
bip de plateforme il n'y a pas de censure sur le podcast l'avantage du podcast c'est qu'aujourd'hui on n'est pas du tout censuré donc tu peux dire ce que tu veux j'essaie de ne pas être trop vulgaire quand même donc en gros on évite la pandémie
- Speaker #1
On évite de se dire que ce qu'on voit dans les images pornographiques, c'est la réalité. Donc j'aurais tendance, oui, à chercher un peu des contenus, à se méfier aussi des résultats. Parce que quand on va chercher quelque chose, mettons sur Google, puisqu'en fait la majorité des recherches part sur Google et les réseaux sociaux, d'avoir assez l'esprit critique pour chercher plusieurs versions de certaines choses. De ne pas croire n'importe qui. Et surtout, peut-être, d'échanger entre amis. j'aurais tendance à dire, essayez de vous créer des groupes de paroles en mixité, en mixité choisie ou en non mixité, qu'importe et d'échanger entre vous, oser échanger sur ce genre de sujet, oser confronter vos points de vue pour simplement évoluer ensemble et puis en plus en cas de problème, ça fait un groupe de paroles pour se faire aider super,
- Speaker #0
bah ouais je ne peux que abonder en ton sens, en vrai En vrai, c'est hyper pertinent ce que tu dis. Et tu vois, ça m'a fait penser, je me suis dit, OK, je fais ça. Moi, tu vois, en tant qu'individu, je me dis, je vais aller me renseigner de cette manière, etc. Mais si je veux soutenir, tu vois, des comptes ou des plateformes qui proposent justement du contenu éducatif, etc., c'est quoi mes champs d'action aujourd'hui pour pouvoir contrer la censure en tant qu'utilisateur des réseaux sociaux ?
- Speaker #1
Vous avez partagé. Oser partager les contenus parce qu'il y a la réalité de la diffusion par l'algorithme qui montre à Jean, Pierre, Paul ou Jacques. Mais il y a aussi ce qui se passe entre nous, puisque les réseaux sociaux, c'est plein de petits humains qui interagissent les uns entre eux. C'est de se partager un contenu. Oser dire, tu as vu cette vidéo, il y a un point super intéressant, j'adore ce point de vue. Et surtout, ne pas se bloquer, ne pas se freiner à partager parce que, mon Dieu, c'est du cul. Vraiment, pourquoi pas partager ce genre de choses. Et puis, il y a aussi le revers quand on voit des contenus qui nous font, qui nous mettent mal à l'aise, qui nous gênent. Ne pas hésiter à les signaler. C'est vrai que moi, c'est quelque chose que j'enjoins un peu les gens avec qui je travaille, de faire ça, c'est de faire les cybernani sur Internet et de dire non, ça, c'est de la merde. Et ça, par contre, ça en vaut la peine une espèce d'éducation de l'algorithme pour lui expliquer ce qui vaut rien et vraiment ce qui est valorisable. Mais vraiment partager en story, par message privé si on est trop pudique pour parler de sexualité dans ces stories, c'est normal, ça peut se comprendre. Ou alors utiliser les fonctionnalités comme les amis proches, ou par mail en fait, tout bêtement, mais partager, partager, partager, partager. Parce que le partage entre deux personnes, ça contre l'algorithme et on peut valoriser d'une personne à l'autre une plateforme, une personne, un compte ou un projet. Donc c'est ça qui est plutôt cool.
- Speaker #0
C'est vrai que ce que tu dis, on oublie quand même que les réseaux sociaux, c'est du réseau et c'est social. Donc, on est censé échanger, discuter, partager, etc. En fait, c'est comme ça que ça a été créé. Le but, c'est de créer de l'interaction sociale. Donc, pas de rester chez soi juste derrière son ordinateur ou son téléphone. À se frôler, à se frôler, à se frôler. Mais aussi, en fait, en faire profiter, faire profiter au monde. C'est clair que... C'est clair que c'est ce dont on a besoin en tant qu'actrice des réseaux à produire du contenu. C'est vrai que ça aide énormément quand on voit son travail qui est valorisé, qui est partagé, qui est soutenu d'une manière ou d'une autre. Franchement, c'est vrai que ça fait plaisir et ça donne envie de continuer. Donc, je valide.
- Speaker #1
J'aurais une astuce aussi qui est hors réseaux sociaux, là on est dans la vie de tous les jours, quand on reçoit des amis et que mettons on a lu un livre, tu sais un livre sur la sexualité, qu'on a trouvé bien, c'est pas forcément d'en parler genre à l'apéro, t'as vu j'ai lu ça, mais c'est de laisser le livre en évidence dans la zone où les gens se côtoient. Tu sais aller attiser la curiosité, les forcer un peu à ouvrir, et du coup il y a aussi ce média qui est encore assez génial, c'est le livre. Et partager des livres, c'est un bon moyen d'avoir accès à la sexualité en dehors de tous les aspects de la vie.
- Speaker #0
C'est drôle parce que quand tu as dit ça, je m'attendais à ce que tu dises oui, laisser les livres en évidence dans les toilettes parce que tout le monde y passe à un moment ou à un autre Mais non, en fait, c'est vraiment même plus sortir du côté caché, en fait, pour encore croire que ce ne soit pas une énième manière de créer un tabou, mais plus d'assumer un peu plus devant les autres, nos lectures, nos médias. Ok, mais je me note parce que tu vois, pour le coup, bon après, moi, mon entourage est bien au courant de ce que je fais. Donc en général, quand je fais une soirée, on arrive très rapidement à parler de sexualité. C'est un peu un passage obligé. Mais tu vois, je n'avais jamais pensé, ouais, le fait de recommander des livres ou même juste de laisser des livres en évidence. En effet, ce n'est pas un truc qui m'était déjà venu en tête, mais c'est une super idée. J'aime beaucoup. J'aime beaucoup. C'est quoi les grands défis des professionnels de la sexualité aujourd'hui sur les réseaux ?
- Speaker #1
Déjà, la censure, on en a assez parlé. C'est un défi qu'on va pouvoir poser un instant de côté. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, les professionnels de santé sexuelle ou les gens liés à la sexualité sont obligés de se démultiplier en termes de professionnels. C'est-à-dire qu'il faut être non seulement pro dans son domaine, pro en com, consacrer du temps à sa communication, interagir avec sa communauté, avec au-delà de ça aussi gérer tous les aspects d'une entreprise, la compta, des travaux sur SAF, on va éviter de parler du florilège, des trucs chiant à faire en tant qu'entrepreneur, mais c'est vraiment ça, c'est être multi casquette, être capable de faire plein de choses et surtout de voir tout faire sans se laisser déborder. Il y a aussi je pense en challenge, je sais que c'est quelque chose qui est ressorti aussi c'est que parfois on a peur de s'afficher en tant que pro de l'intime pourquoi ? Parce que société.com diffuse nos informations et qu'on n'est jamais à l'abri je sais que c'est une crainte pas mal dans les pro de l'intime, surtout féminin de voir des gens débarquer chez eux ou chez elles donc ça c'est un autre enjeu auquel on ne pense pas il y a aussi la réception des grands privés parce qu'il faut parler autour de soi. Moi, comme toi, ma famille est très au courant de ce que je fais. C'est génial parce qu'ils commencent à me recommander des projets, à parler de moi. Je suis super fière d'eux et super fière qu'ils me fassent confiance comme ça. Mais il y a aussi quand ça se passe mal. Il y a les bons vieux haters. Aucune affection pour ces gens-là. Il y a ça à affronter. Il y a la critique. Et aussi, comme on disait, quand la vie perso et le pro frôlent, faire ensemble et que ça ne va pas, il faut faire ensemble. il faut aussi être capable de savoir se déconnecter, s'éloigner de notre domaine d'expertise pour se recentrer sur soi et ne pas se faire plus de mal que la situation me l'est déjà.
- Speaker #0
Oui, et puis, tu vois, si on veut parler de la sphère pro-perso, moi, je vois, je suis une femme célibataire en ce moment dans le dating, mais mon Dieu !
- Speaker #1
Ne lance pas sur ce sujet-là !
- Speaker #0
Mais si, parlons-en ! En fait, je trouve que c'est aussi beaucoup le reflet de la société. Tu vois, ce moment où tu vas te montrer à l'autre, essayer de rentrer dans le cadre de la séduction, etc. Moi, je me retrouve quand même assez souvent face à des gens que ça fait flipper. Et je trouve que c'est aussi vraiment très symptomatique de la place qu'a la sexualité dans notre société, la manière dont on la voit. Voilà, donc moi je suis une femme hétéro, donc je vais dater des hommes hétéros, principalement on va dire. Et c'est vrai que ce côté de oh mon Dieu, mais en fait, une nana qui s'expose, qui va parler de sexualité, qui est décomplexée sur le sujet, qui va savoir plus de choses que moi, parce qu'il y a aussi ce côté très performatif de tout ça, ça met quand même des situations. ultra tendue pour ne pas dire gênante et je trouve que le monde de la rencontre est aussi très symptomatique de tout ce tabou qu'il y a autour de la sexualité alors qu'en fait je ne sais pas qu'on se rencontre forcément que pour ça mais ça fait quand même partie des choses qui vont avoir lieu dans le cadre d'une rencontre et qui du coup viennent apporter de la complexité moi j'avoue...
- Speaker #1
Je ne suis pas une très bonne élève parce que les applications de rencontres, je n'y arrive pas, ce n'est pas mon mode de fonctionnement. Et puis, c'est vrai que d'avoir une vie pro très, très connectée, la rencontre, je préférerais qu'elle se passe en dehors. Mais encore faudrait-il que j'ai une vie sociale pour ça. Mais sinon, c'est vrai que c'est assez rare que, en première intention, je parle de ce que je fais. Déjà parce que je n'ai pas envie de recevoir des chibrax genre Salut, est-ce qu'il est normal ? Je m'en fiche, Jean-Michel, range tes outils. Mais aussi, tu vois, il y a ce côté où parfois quand la discussion amorce sur l'aspect sexualité, je me rends compte que je suis en train de faire un cours de sexualité aux personnes. Après, ce que ça m'apporte de bosser en milieu de sexualité, c'est que je suis capable de voir là où il y a des limites, là où il y a des red flags, et dire non, mais là, écoute, interdit de me parler comme ça. Donc, voilà. Mais c'est vrai que... étant un peu cliente, et puis c'est vrai, je date pas trop, j'ai pas une grande vie sociale, il serait temps que je m'en occupe, mais ça va venir. Je sais aussi que, voilà, j'ai une réserve à parler de ce que je fais parce que j'ai l'impression de me mettre en danger et dans quel monde il faut que mon travail me mette en danger juste parce que je suis community manager de l'intime ? Enfin, sérieusement, c'est trop dur à gérer, en fait.
- Speaker #0
Non, mais je... Déjà, il n'y a pas de jugement. On date si on a envie. Enfin, déjà, tranquille. Et... Et aussi, tu parlais des applications, mais moi, quand je te parle de rencontres, même dans la vraie vie, parce que moi, je peux faire les deux, il n'y a pas de sujet, mais moi, je suis comme toi. Je ne vais pas parler de premier abord de ce que je fais, de mon métier, etc. Parce que je prends quand même conscience. Je pense que je le sais déjà, mais c'est plus... Oui, il y a cet aspect de la sécurité, comme tu parles. Et il y a aussi le côté où, il ne faut pas se mentir, c'est encore quelque chose de tabou. En fait, j'aimerais bien me dire qu'en fait, le tabou autour de la sexualité est en train de se lever et tout. Et je trouve qu'en plus, les réseaux sociaux ont tendance à me montrer que c'est ça, mais parce qu'en fait, l'algorithme ne fait que valider ce que je vais consommer. Donc, on va avoir l'impression d'être dans un monde où, en fait, c'est de moins en moins tabou. Les gens sont de plus en plus libérés, vont de plus en plus en parler, etc. Et une fois sortis des réseaux... Et en se remettant dans la vraie vie, je me rends compte que non, en fait, le tabou est toujours là et que les gens n'ont pas forcément l'habitude de pouvoir en parler de manière aussi libre. Et donc ça, c'est un vrai apprentissage aussi, je trouve, du fait qu'on n'est pas les esclaves des algorithmes, mais bon, quand même, et que du coup, ça nous crée des mondes un petit peu virtuels. Mais en fait, non, ce tabou, il existe, il est encore bien, bien, bien présent. Et même si toi comme moi, sur des manières complètement différentes, on travaille pour que la sexualité soit moins un tabou, en fait, il y a encore énormément, énormément de chantier, de travail sur le sujet.
- Speaker #1
Ok, oui.
- Speaker #0
Et si là, je veux me lancer dans le domaine de la sexualité, ce serait quoi tes meilleurs conseils ? que tu donnerais à un pro, cette fois-ci, un futur professionnel dans la sexualité ? Alors, je vais ouvrir un love store, une marque de lingerie érotique, enfin, peu importe. Ça serait quoi, en fait, les premières choses qu'il faudrait que je prenne en compte pour justement contourner un peu toute cette censure, ce tabou, etc., pour commencer à me lancer ?
- Speaker #1
Alors déjà, je ferais une mise en garde. Je déteste commencer comme ça, mais je ferais une mise en garde. Il faut bien comprendre que ce genre d'initiative professionnelle ne reçoit pas. peu ou pas de financement. Donc il faut avoir bien bien conscience qu'on va se confronter à des difficultés financières. Donc il faut avoir un business plan qui soit quand même bien verrouillé. Ensuite, si on veut se lancer par rapport à la censure, tout simplement c'est de réfléchir à la manière dont on parle. Beaucoup de gens pensent que parler sexualité c'est transmettre des photos explicites par exemple. Parler sexualité c'est utiliser le nom des pratiques.
- Speaker #0
Sauf que on peut le faire différemment. Donc en fait, il faut déjà réfléchir à cet environnement-là, se préparer mentalement. Donc ça, c'est la préparation mentale. Ensuite, toujours savoir avec qui on veut travailler. Toujours. Là, tu me connais, il y a des trucs sur le marketing, je suis très très très casse-pieds. Mais la cible, tu sais, cette notion de cible qui est finalement si humaine en fait. C'est une notion marketing, mais c'est un melting pot de tous les humains avec qui on a envie de travailler. Donc vraiment travailler sur cet aspect-là, savoir qui on veut aider. ensuite comment on veut les aider et après oser se lancer c'est pas grave de toute façon au début on sait qu'on n'aura pas forcément des résultats on sait qu'on tâtonne spécifiquement sur les réseaux sociaux il faudrait mentalement avoir 50 abonnés pendant 6 mois peut-être parce qu'on ne sait pas mais après ce que j'ai envie de dire c'est n'hésitez pas à vous lancer, ne pas se freiner en fait, ne pas se freiner, dire je le fais pas parce que le regard des autres Je ne le fais pas parce que, tu sais, c'est réussi, une excuse débile, mais vraiment oser se lancer, oser affirmer des valeurs fortes, ne pas jouer le jeu de l'hétérosexualité absolue, du couple, de l'hétéronormativité, sortir de ces schémas et vraiment essayer d'apporter sa pierre à l'édifice, ne pas avoir peur de la concurrence, parce que moi, j'essaye de travailler de manière à ce qu'il n'y ait pas de concurrence, mais de la solidarité. Oser, en fait. quoi qu'il arrive, il faut oser, mais il faut quand même avoir un peu les mises en garde. Financièrement, c'est difficile. La censure, c'est difficile. L'investissement en termes de temps et d'espace mental, c'est difficile, mais c'est possible. Aujourd'hui, c'est encore possible. Le marché de la sexualité va sur des projections à des milliards de dollars. Donc, il y a toujours une petite place quand on a envie de se faire une place.
- Speaker #1
Oui. Quand on parle de milliards de dollars, il y a toujours une petite place, en effet. Mais oui, en effet, il faut avoir conscience des limites. Et je pense que c'est ultra pertinent, tu vois, le côté, la difficulté d'avoir des financements. Alors moi, je n'en ai pas spécialement fait les frais parce que mon activité ne m'a pas forcément demandé d'avoir des financements énormes, etc. Mais c'est quelque chose qu'on m'a dit un peu tard, tu vois, quand je me suis lancée sur le fait que... Si un jour je voulais lancer un projet à grande ampleur, etc., ça allait être beaucoup plus compliqué que sur d'autres secteurs d'activité où on trouve des investisseurs, des financements de manière beaucoup plus simple. Et ça, c'est vrai que pour les entrepreneurs, ça fait partie aussi du jeu et des choses sur lesquelles il va falloir réussir à contourner. C'est un très bon point. Écoute, on va commencer à arriver vers la fin de cette discussion. Déjà, j'adore. J'adore. De toute façon, moi, j'adore parler de sexualité. Donc, le podcast était de toute façon bien amené. S'il n'y avait plus de censure demain, qu'est-ce que tu penses que ça serait ? Ça aurait quoi comme impact ? Tu vois, un, sur l'éducation sexuelle globalement, sur la sexualité même. J'allais dire des adultes, mais en fait, on se les dit. Tout le monde continue de s'éduquer, mais tu vois ce que je veux dire, c'est les personnes qui sont déjà dans une vie sexuelle active. En fait, tu vois, si tout ça commençait à disparaître et qu'il y avait une parole beaucoup plus libérée, comment tu penses que ça aurait un impact sur notre monde en général ?
- Speaker #0
C'est quelque chose que j'ai toujours prôné et valorisé. L'éducation sexuelle, c'est une solution contre les violences. contre tout ce qui va être des discriminations aussi. Ça favoriserait probablement une meilleure entente dans les cadres professionnels, sociaux, urbains. Ça protégerait énormément de monde, de savoir, rien que le droit à dire non. Après, ça permettrait aussi que si on fait tomber la censure, ça veut dire que ce n'est plus un tabou et un sujet qui n'est plus tabou est discutable à l'envie. En fait, on oserait en parler beaucoup plus. dans les médias, dans la rue, en famille. Pour moi, c'est une solution à la violence, aux problématiques qui sont liées justement à tous ces tabous, aussi aux aspects patriarcaux de la société bien évidemment. Mais sans censure, on libérerait le droit à la sexualité. Par contre, je ne suis pas pour une absence totale de la censure, je suis pour une modération en fait des contenus. Malheureusement, on ne peut pas compter sur les grandes plateformes pour faire une bonne modération, mais ce serait quand même une modération des contenus problématiques qui véhiculent des fausses idées. Le principe de la fake news, ça existe avant la sexualité. Mais moi, j'aimerais bien un monde où la sexualité, on en parle librement, où mes clients et clientes arrêtent de galérer autant, ce serait super cool. Et puis justement, je pense qu'il y aurait plus de fonds d'investissement, de mécénat, d'argent pour des projets qui ont vraiment une valeur de santé publique. Donc, libérer la sexualité, c'est prendre soin des autres, c'est prendre soin de soi-même et de prendre soin de la société.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu as envie de répondre aux gens qui disent Ouais, c'est bien beau, mais en fait, moi, je n'ai pas envie que mes enfants soient exposés à du contenu qui ne soit pas adapté à leur âge. Ça, c'est ce qu'on peut tout à fait entendre. On parlait tout à l'heure de pornographie. quand on voit les chiffres et l'accès, à quel âge on commence à avoir accès à de la pornographie, on se dit quand même qu'il faut une certaine forme de censure. Qu'est-ce qu'on répond à ces personnes qui disent en fait, je suis pour que le contenu sexo soit censuré parce que je ne veux pas que mes enfants soient exposés En fait,
- Speaker #0
c'est qu'il faudrait une classification des contenus en fonction de l'âge des personnes. D'autant qu'en fait généralement beaucoup de gens qui réagissent comme ça, pas la majorité, j'ai pas de chiffres exacts à donner, mais ils réagissent comme ça parce qu'ils n'ont pas d'éducation sexuelle et qu'ils veulent absolument pas se retrouver genre maman ça veut dire quoi fellation ? Maman c'est quoi ce gros machin rose dans ton tiroir ? Il y a aussi, enfin au papa, parce que papa aussi peut en parler, mais il y a aussi ce retrait des parents à dire je ne veux pas parler de santé sexuelle avec mes enfants, je ne suis pas confortable, je ne suis pas à l'aise. Après, je pense qu'une classification des contenus, puisqu'en fait l'éducation sexuelle et affective, ça commence au plus jeune âge, le consentement du corps, ça doit être disponible. Après, c'est vrai qu'il y a le grand combat des réseaux sociaux. Sortez vos gamins des réseaux sociaux, enlevez les photos de vos enfants des réseaux sociaux, parce qu'en fait, oui, nous on fait des contenus typés sexualité, qui vont parler de sexualité, sauf que pourtant, à côté, vous voyez des photos des enfants qui sont récupérées par... les plateformes problématiques. Et du coup, finalement, c'est une dichotomie. Parce que vous autorisez d'un côté que l'image de votre enfant soit utilisée par les pires personnes de l'univers, et de l'autre côté, vous vous battez contre l'éducation à la sexualité. Oui,
- Speaker #1
qui est là, en fait, juste...
- Speaker #0
C'est pas correct....église,
- Speaker #1
quoi. Et puis,
- Speaker #0
en fait, plutôt on en parle, plutôt on donne les clés aux enfants de savoir qu'ils sont vraiment... L'identité de genre, elle se construit, son orientation. Chacun en a une à un moment et la découvre. avoir un accompagnement hyper bienveillant qui permet aux enfants de se poser les bonnes questions au bon moment, c'est qu'au fur et à mesure, en fait, il n'y aura pas consulté des contenus problématiques parce que les vraies questions qui se posent, on y aura répondu. Je pense que la fréquentation par les enfants ou les plus jeunes, les ados, des plateformes mainstream type porno adulte, il y en aura moins parce qu'en fait ils ont besoin de réponses, ils cherchent des réponses, ils ont personne vraiment pour les aider. l'éducation scolaire en termes de sexualité, les profs font de leur mieux mais l'Etat ne fait vraiment rien. Donc oui ça doit circuler librement mais il faut de toute façon cet appareillage méthodologique qui vient des parents, qui vient de l'Etat, des institutions et qui diffuse en fait la mise en garde. Mais il faut que ce soit pas à double vitesse parce que sur beaucoup de sites tu dis oui j'ai 18 ans et c'est bon, c'est le monde.
- Speaker #1
Le monde est ouvert.
- Speaker #0
La chibrosphère s'ouvre à toi,
- Speaker #1
quoi. La chibrosphère. Ah, ben écoute, je crois qu'on va finir sur la chibrosphère. Ben écoute, Marie, c'est hyper intéressant comme conversation. Merci beaucoup. Si on veut en savoir plus sur toi, ton travail, ce que tu fais, on veut travailler avec toi, où est-ce qu'on te retrouve ?
- Speaker #0
Je suis principalement sur Instagram, c'est tout simple, c'est marie.bracel, B-R-A-C-E-L. Je fais partie de ces gens qui ne cachent pas leur nom, je m'en fiche, c'est mon nom, j'en fais ce que je veux. Sinon, si on veut travailler avec moi, on m'envoie un petit message, un petit mail, un petit coucou, un petit commentaire et je réponds, on s'en parle et on se met en action. Je peux travailler avec tous les pros de l'intime, tous domaines confondus, santé, sex-toy, sexo, bref. Je suis là pour tous ceux qui veulent faire de la sexualité un sujet comme un autre, finalement.
- Speaker #1
Trop bien. De toute façon, je mettrai toutes tes infos dans la description de cet épisode. Comme ça, on pourra te retrouver facilement. Et je vais te poser la dernière question que je compte poser à tous mes invités. Qui est-elle ? Si la sexualité était un animal, quel animal choisirais-tu et pourquoi ?
- Speaker #0
Tu te doutes de ma réponse ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors pour moi si la sexualité est un animal c'est la licorne. parce que c'est fantastique, c'est lumineux, c'est plein de paillettes. Et voilà, tel que je conçois, la sexualité sans la violence, sans les difficultés, sans les douleurs, c'est qu'avec les bonnes personnes, avec les bonnes connaissances, c'est vraiment un moyen de s'épanouir, de s'ouvrir à soi, de s'ouvrir vers les autres. Et je voudrais aussi préciser, au même titre, s'il y a des personnes asexuelles, eh bien, pour moi, c'est aussi une expression de la sexualité. Donc c'est multicolore et c'est tout doux, hyper positif. Et voilà, c'est 100% licorne en fait, paillettes, douceur, fun et découverte. Et puis les licornes aussi ont un côté un peu plus combatif et aventureux. Donc ça correspond à toutes les sphères de la sexualité.
- Speaker #1
Ben écoute, merci beaucoup pour cette réponse ultra complète. Je suis ravie d'avoir partagé ce moment avec toi.
- Speaker #0
J'ai partagé.
- Speaker #1
Trop bien. Et puis, on se retrouve pour d'autres aventures sur les réseaux.
- Speaker #0
Avec plaisir, quand tu veux.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Marie.
- Speaker #0
Avec grand plaisir.