Speaker #1Dans cette pause aujourd'hui, nous allons discuter des relations non-exclusives. Bon alors tu peux avoir l'impression que c'est un peu un effet de mode parce qu'on en parle de plus en plus aujourd'hui, mais c'est des types de relations qui existent depuis bien plus longtemps que tu ne le crois. Les premières orgies remontent à la Grèce antique et à l'Empire romain, la polygamie et la polyandrie sont des formes qui ne sont plus officiellement retrouvées en France ni même en Europe, mais qui existent aussi depuis très longtemps. Donc pour cet épisode, quand je te parle de relations non-exclusives, on va parler des plus connues, à savoir le polyamour, le couple libre. Et on va aussi parler un petit peu de libertinage. Mais il existe d'autres formes, comme le troupe, le quator, etc., que je ne vais pas forcément détailler aujourd'hui. Donc avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens quand même à te rappeler que là, on parle de statut de relation. Donc au même titre qu'être en couple ou être célibataire, ce sont des formes de relation qui s'appliquent à toutes les orientations sexuelles. Donc commençons par un petit peu de définition. Donc il y a déjà deux manières de voir les choses quand on parle de non-exclusivité. C'est une non-exclusivité qui peut être affective et ou sexuelle. Donc sur le plan plutôt affectif, on va plutôt parler de polyamour. Donc c'est une forme de schéma relationnel où chacun des membres de la relation est en liberté de vivre des relations amoureuses et ou sexuelles avec d'autres personnes. Donc à la place du couple, on va plutôt parler de polycule dans ce cas-là. Parce qu'en fait... En théorie, et après ça dépend quand même des règles fixées, mais en théorie, il n'y a pas vraiment de hiérarchie entre les différentes relations. Mais après, ça dépend, ce n'est pas forcément une vérité absolue. Je te prends un petit exemple. Donc on a trois personnes, A, B et C, qui sont en relation ensemble. Donc A en relation avec B, B en relation avec C, A en relation avec C. Par contre, tu as le membre D qui va être en relation uniquement avec A. et le membre E qui va être en relation uniquement avec B. Et donc A, B, C, D et E font former ce qu'on va appeler un polycule. Donc c'est un ensemble de personnes qui sont en relation sexuelle ou affective ensemble, et le fonctionnement de cet ensemble est basé sur des règles qui sont associées à ce groupe de personnes, et qui vont être vraiment propres aux situations, aux relations, aux moments de vie. Donc entre plusieurs polycules polyamoureux. tu peux avoir des règles qui vont être différentes parce que c'est vraiment chacun qui le fait en fonction aussi de qui il est, de ses besoins et de ses moments de vie parce qu'il peut y avoir des polyamoureux qui vont avoir des enfants etc et donc ça met des règles supplémentaires, il peut y avoir des mariages donc vraiment les règles sont très spécifiques et sont définies par tous les membres du polycule Ensuite, on va parler d'une deuxième forme, ça va être le couple libre. À la différence du polyamour, la non-exclusivité est uniquement sexuelle, elle n'est pas affective. Donc, tu as vraiment un couple de référence, deux personnes, et qui vont être libres d'aller vivre tout ou partie de leur sexualité en dehors de ce couple. Ces expériences se font aussi dans le respect de certaines règles, et ces règles sont fixées à deux, donc par les deux membres du couple. Et les règles sont aussi propres à chaque couple. Une autre forme de relation non exclusive va être le libertinage, qu'on a aussi entendu parler, comme l'échangisme. Donc là, on est plus en fait sur un ensemble de pratiques sexuelles. Et donc parmi les plus connus, il va y avoir le triolisme, donc le fameux plan A3, donc l'échangisme que je mentionnais juste avant, le candolisme, ou même les gangbangs, si on veut aller dans quelque chose de plus extrême. Donc, on peut être en couple libre, par exemple, et vivre des expériences libertines en dehors de son couple. Ou, quand le couple vit ses expériences libertines à deux, là, on va vraiment parler d'un couple libertin. Donc, maintenant que tu y vois un petit peu plus clair, enfin, en tout cas, j'espère que j'ai un peu clarifié les choses pour toi, je suis sûre que tu te demandes, bah, comment on fait ? Si, aujourd'hui, je me dis, ça m'intéresse et j'ai un peu envie de me lancer, qu'est-ce que je suis censée faire ? Regardez. pensées, etc. Donc je te dirais si c'était dans ce cas que la première question à te poser, c'est le pourquoi. Pourquoi tu veux te lancer là-dedans ? Et c'est important de le comprendre. Et d'autant plus si c'est un sujet dont tu n'as pas discuté avec ton partenaire, si tu es dans un couple établi. Si tu n'es pas dans un couple établi, c'est plus un peu pour toi, pour définir en fait qu'est-ce qui va plus te ressembler et vers quelle direction tu as envie d'aller. Et après, ça sera d'expérimenter. Mais si tu es dans un couple établi et que tu n'en as pas parlé à ton partenaire avant, c'est bien de te demander qu'est-ce que tu as envie de vivre pour pouvoir, derrière, pouvoir en discuter. Et si tu es dans un couple établi, sache que, et que vous n'en avez jamais parlé avant, ça va être un peu toi le porteur du projet et le leader. Tu vas devoir accompagner et aider ton partenaire à comprendre et à lui proposer aussi des... des explications, etc. Donc c'est important que toi tu sois bien au clair sur ce que tu voudrais vivre. Au moment de passer à l'action, moi j'ai quand même tendance à dire qu'il vaut mieux y aller doucement. On l'a vu juste avant, chaque type de format de relation non exclusive a des règles. Et donc j'ai quand même moi tendance à dire que quand on pose ces règles au début, quand on se lance, c'est mieux d'avoir des règles qui sont très strictes. Vraiment pour le départ, parce que ça permet de rester dans un cadre qui est sécuritaire et c'est plus facile de relâcher des règles qui sont strictes que de faire marche arrière quand on est allé un peu loin, parce que le fait d'aller un peu loin, ça peut entraîner le fait de se blesser et du coup, ça peut abîmer aussi la relation. Donc j'ai tendance à dire, bah, vaut mieux commencer un petit peu plus strict, y aller pas à pas et commencer doucement, et voir jusqu'où on est prêt d'aller, que d'y aller trop vite. Faut quand même pas oublier qu'on a grandi dans un univers de couples exclusifs, où il y a des normes, où il y a des règles qui sont hyper implicites, dont on n'a même pas forcément conscience, et qu'il va falloir déconstruire, et ça c'est vrai pour tout le monde. Après, ce ne sera pas le même niveau de difficulté en fonction des personnes, mais on va tous avoir... à déconstruire ses règles pour pouvoir se lancer. Et donc, ce n'est pas forcément simple et ça peut vraiment ressurgir à des moments où on n'attendrait pas au moment de l'ouverture. Et c'est aussi pour ça que je préconise souvent d'y aller plutôt doucement. Et enfin, la dernière chose que je te conseillerais si tu veux te lancer, c'est vraiment de se faire accompagner. Ça fait ma petite pub et j'en suis tout à fait consciente. absolument assumé, mais en vrai, nous les pros, on est quand même là aussi pour vous aider à mettre en place des plans qui soient respectueux de votre rythme et de vos besoins, et aussi aider à traverser le cas échéant les émotions négatives. Et là, je fais mention de ce que je disais juste avant sur le fait qu'on a grandi dans un monde où les couplets sont exclusifs, et donc il y a des règles implicites qu'on a intégrées et qui vont pouvoir ressurgir. Et notamment, on va parler sur un dernier point, sur le fait de la jalousie. Donc déjà, si tu es une jalouse maladive, ce n'est pas que c'est impossible de se lancer dans une relation non exclusive, mais ça va quand même te demander beaucoup de travail, de travailler sur toi pour pouvoir bien vivre ce type de relation. Donc écoute-toi si tu rencontres quelqu'un qui te propose de la non-exclusivité et que tu ne le sens pas, parce que ça va être dur. Comme la jalousie est ancrée pour toi, ça va te demander un travail... un peu conséquent. Et enfin, on peut être non-exclusif et quand même ressentir de la jalousie. Ce n'est pas parce que je suis non-exclusif, c'est une émotion, un sentiment que je ne connais plus. Non, ce n'est pas ça. On peut très bien ressentir de la jalousie dans des situations qui vont être données, spécifiques, parce que ça peut être contextuel. Une personne qui va nous mettre en plus en insécurité qu'une autre, ça peut être... un moment de vie où on est moins sécure avec nous-mêmes et donc aussi dans nos relations, il peut y avoir aussi des choses qui viennent un peu nous titiller, qui viennent nous faire ressentir de la jalousie. Et si ça arrive, c'est la communication qui va vraiment aider et c'est des formats de relations qui nécessitent quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de communication. Et notamment sur les règles et tout ça, pour être bien sûr qu'on est toujours dans un cadre. de consentement, de respect, de respect des besoins et pas être dans quelque chose d'abusif ou qui nous insécurise.