- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, moi c'est Agleï et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Table Verte, le podcast où l'on parle d'alimentation végétale. Aujourd'hui on va parler d'un moment de vie très particulier, la maternité. Plus précisément la grossesse et l'allaitement. C'est une période où le corps change, où les questions s'accumulent et où il est facile d'avoir peur de mal faire pour soi ou pour son bébé. Dans cet épisode, notre objectif est simple, explorer comment vivre cette période de manière sereine tout en prenant soin de soi et de son bébé. Pour ça, j'ai le plaisir d'accueillir... Émilie qui va nous partager son expérience, ses découvertes, ses moments de doute, mais aussi ses astuces pour rester bienveillante envers soi-même et profiter pleinement de ses moments précieux. Alors installez-vous confortablement, prenez une boisson chaude si vous le souhaitez et partons ensemble découvrir comment accompagner cette période de vie avec confiance et douceur.
- Speaker #1
J'étais beaucoup mieux préparée à l'après dès ma première grossesse que pendant. Il n'y a pas de risque à avoir une alimentation végétale que ce soit sur la maman et sur le bébé tant qu'on l'adapte bien.
- Speaker #0
Cet épisode vous est proposé grâce à Sojade et Soun qui accompagnent celles et ceux qui choisissent le végétal, même dans les moments clés comme la grossesse ou l'allaitement. Leurs produits au soja bio et français pour Sojade et à base d'avoine, d'amande, de riz, de noisette ou de chanvre pour Soun permettent d'apporter de la variété et de la gourmandise au quotidien, tout en s'adaptant aux envies et aux besoins de chacun. Et maintenant, place à la discussion ! Bonjour Émilie, je te souhaite la bienvenue autour de cette table verte, je te remercie d'être avec nous aujourd'hui. Comment tu vas ?
- Speaker #1
Je vais bien, merci Aglaé, je suis contente d'être ici. ou parler maternité, partager mon expérience et peut-être débunker quelques croyances qu'on peut encore avoir.
- Speaker #0
On espère. Avant de rentrer dans le vif du sujet justement, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Je suis Émilie, j'ai 40 ans, je suis végane depuis 5 ans maintenant. Je suis la fondatrice de Petit Mévégie, c'est un compte Instagram au départ, puis un site internet et maintenant des programmes d'accompagnement que j'ai conçus avec Astrid Prévost que tu as reçu aussi, qui est diététicienne et qu'on a conçue pour... informer, rassurer et vraiment aider concrètement les parents et futurs parents qui souhaitent donner une alimentation végétale sereinement à leur enfant.
- Speaker #0
Et donc, tu nous disais que ça fait un petit moment maintenant que tu as une alimentation végétale. Donc, tu avais cette alimentation végétale avant ta première grossesse ?
- Speaker #1
Alors, en fait, avant ma première grossesse, je ne mangeais plus d'animaux terrestres depuis mes 12 ans. Et à 30 ans, j'ai arrêté les produits laitiers et les œufs. Par contre, du coup, je consommais encore... des animaux marins, des poissons et des produits de la mer. J'ai pu avoir une consommation assez importante, mais quand même, la plupart de ma vie, j'étais une vraie flexitarienne qui consommait des animaux deux, trois fois par semaine. Et voilà, en tout cas, jusqu'à ma grossesse, je n'avais pas remis ça en question.
- Speaker #0
Et donc, du coup, justement, comment s'est passée ta première grossesse ?
- Speaker #1
À ma première grossesse, je ne m'intéressais pas tellement. à la nutrition ou à l'alimentation. Mais je savais quand même quelques petites choses et notamment que les poissons, le saumon, les poissons qu'on appelle les poissons gras, contenaient des métaux lourds et notamment le mercure qui est un neurotoxique pour le foetus et les jeunes enfants. Donc ça, je le savais. Du coup, au moment où j'ai appris que j'étais enceinte, j'ai arrêté complètement d'en manger. Et du coup, je me suis retrouvée avec une alimentation déséquilibrée pour le coup puisque je ne savais pas vraiment comment l'équilibrer. Et quand je suis allée voir mon médecin pour faire les premières prises de sang et puis regarder, justement, je revenais avec une prise de sang et j'étais anémiée. Et ma médecin qui m'a dit une phrase qui a vraiment été le début de tout, c'était qu'on devait manger de la viande rouge et des abats au moins une fois par semaine, voire à chaque repas quand on était enceinte. Et moi, ce que j'ai ressenti à ce moment-là, déjà j'étais anémiée, donc forcément j'étais un petit peu fatiguée. Et puis, j'avais eu vraiment très peur de mal faire pour mon bébé. C'était une époque où, contrairement à maintenant, je le disais, je n'étais pas très bien renseignée ni sur la nutrition, ni sur l'alimentation. Et je pensais que c'était moi le problème à ne pas manger de viande. Je pensais que c'était moi qui étais trop sensible, mais qu'on en avait besoin. Et du coup, j'ai écouté son conseil. Alors, j'ai limité au minimum, puisqu'elle m'avait dit une fois par semaine. J'en ai mangé quand même une ou deux fois par semaine, plutôt des steaks. J'essayais de cuisiner quand même de manière à ce que l'on sente. pas trop le goût de la viande, mais ça a initié chez moi vraiment un dégoût profond. Et un jour, en fait, je me suis dit mais c'est pas possible, en fait, je sais qu'il y a des végétariens qui ne mangent pas de viande depuis des années et qui se portent très bien, en fait, je le sais. Et là, j'ai commencé à m'enseigner. Et donc, c'est à partir de là où j'ai vraiment approfondi mes recherches, je me suis formée en nutrition végétale, donc j'ai passé plusieurs formations, je suis devenue végane. J'ai voulu que mon enfant le soit aussi. Alors, il est passé par une phase végétarienne, parce que quand même, les informations sur les enfants, elles n'étaient pas forcément très disponibles. C'est aussi pour ça que maintenant, j'en fais toute mon activité. Et puis, un petit peu plus tard, quelques mois après, mon compagnon est devenu végane aussi. Et puis, mois après, j'ai fini par quitter mon emploi. J'étais en CDI dans une grosse boîte. Et je me suis dit non, que je voulais vraiment aller plus loin. Donc aujourd'hui, je travaille aussi pour l'Association végétarienne de France. Et voilà, c'est ce qui... Finalement, la phrase, l'injonction, le jugement de cette médecin, ça a été vraiment le début d'une remise en question totale, d'abord de mon alimentation, mais aussi de mon mode de vie, et finalement de ce que je voulais faire dans ma vie pour participer à changer ce que j'avais découvert.
- Speaker #0
Et donc, du coup, tu nous as parlé d'un deuxième enfant, donc il y a eu une deuxième grossesse, j'imagine. Comment elle s'est passée, celle-ci ?
- Speaker #1
Alors, ça s'est passé beaucoup mieux en termes nutrition, on va dire, puisque là, forcément, je m'étais formée. Et puis, je fais encore, et évidemment, j'avais fait beaucoup de recherches pour comprendre, en fait, ce que dit la recherche aujourd'hui déjà, ce qu'on sait, l'impact que ça peut avoir. Donc, en fait, j'étais complètement rassurée. Et grâce au régime alimentaire que je suivais, j'ai eu aucun souci pour ne pas être anémiée.
- Speaker #0
Du coup, nos parcours est plutôt... intéressant pour une maman qui nous écouterait puisque tu as connu finalement les deux grossesses, donc une avec un régime omnivore forcé et une autre avec un régime vegan complètement contrôlé de ta part. C'est quoi les changements les plus importants que tu as ressentis sur ton corps ?
- Speaker #1
Alors c'est déjà la digestion. Moi pour mes deux grossesses, la digestion était quand même un petit peu compliquée et la viande, c'est pas facile à digérer. Surtout la viande rouge, c'est riche en graisse saturée, c'est c'est C'est compliqué à digérer. Donc, de ne pas manger ce type d'aliments, déjà, ça fait que ça va un petit peu mieux. J'ai aussi eu, comme désagrément personnellement, beaucoup de constipation. Et ça, la constipation, il faut bien s'hydrater. C'est aussi physiologique, parce que les hormones font que le système digestif ralentit. Mais de consommer des fibres, évidemment, ça aide à ne pas être constipé. Et des fibres, il n'y en a pas dans les produits animaux. Forcément, on va avoir moins de fibres que si on centre son alimentation sur des légumineuses, sur des produits végétaux.
- Speaker #0
Donc là, tu nous parles un peu des choses auxquelles tu as fait attention. Est-ce que justement, pendant la grossesse, il y a des choses de ton alimentation auxquelles tu as fait attention pour te sentir bien et pour soutenir le développement de ton bébé ?
- Speaker #1
Alors du coup, je vais parler de ma deuxième grossesse. Mais déjà, je vais le dire, une grossesse végétale, donc avec une alimentation végétale bien planifiée, c'est sans danger pour la maman et le bébé. position officielle de l'Academy of Nutrition and Dietetics américaine, elle le dit depuis longtemps, une alimentation végétale est viable à tout âge de la vie, y compris pendant la grossesse, l'allaitement, la petite enfance, etc. C'est pas juste cette académie-là qui le dit, les études aussi le montrent. On a plusieurs études qui sont sorties, certaines vraiment avec des centaines de femmes, et ce que ça montre, c'est qu'une alimentation la plus végétale possible, c'est protecteur. On a certaines pathologies qui vont être réduites, par exemple la pré-éclampsie, qui est une maladie très grave qui peut mener à la mort de la maman et du bébé. Donc les risques sont réduits de pré-éclampsie, mais aussi de diabète gestationnel. Et après, on a aussi une prise de poids qui peut être moindre. La prise de poids, je pense qu'il ne faut pas mettre la pression trop au futur maman, mais parfois, c'est quand même plus agréable de ne pas prendre trop de poids. Et puis, ça peut entraîner aussi des... un impact sur la santé du bébé s'il y a une prise de poids qui est trop importante. Donc globalement, ce que les études constatent, c'est qu'avec une alimentation végétale, on prend moins de poids. Et à la naissance, ce qu'on voit, c'est que les bébés sont en bonne santé. Il n'y a pas de risque à avoir une alimentation végétale, que ce soit sur la maman et sur le bébé, tant qu'on l'adapte bien. Et donc du coup, j'y viens, il y a quelques bonnes habitudes qui sont à prendre. La première, ça va être en supplémentation quand même. parce que comme toutes les femmes, on recommande de se supplémenter en acide folique. Alors même si l'alimentation végétale est plus riche en acide folique, donc c'est la vitamine B9 qu'on trouve notamment dans les légumes verts, il faut quand même se supplémenter. C'est important pour éviter d'avoir une maladie du tube neural de l'enfant qui fait que ça peut être une grosse pathologie. La vitamine B12, évidemment. C'est vraiment indispensable pour la maman, pour le bébé. qu'on soit végétarienne ou végétalienne, donc on se supplémente. Il y a aussi les oméga-3. Alors, j'en ai parlé pour les poissons, puisqu'en fait, les poissons... contiennent du mercure, mais ils contiennent aussi des oméga-3. On sait que ça a un vrai intérêt pour le développement cognitif de l'enfant, mais aussi pour limiter les risques de dépression postpartum de la maman, les oméga-3 DHA. En fait, les autorités sanitaires, aujourd'hui, recommandent aux femmes enceintes ou même dans certains pays en âge de procréer, de continuer à manger du poisson, mais les petits poissons qui contiennent moins de mercure, notamment les harons, les sardines. Parce que les bénéfices des oméga-3 seraient supérieurs au risque neurotoxique du mercure. Moi, la solution, c'est de ne pas manger les poissons, de prendre directement les oméga-3 en supplément via les micro-algues. Parce qu'en fait, il faut savoir que les micro-algues, c'est l'alimentation des petits poissons. Ils les mangent, et puis après, les gros poissons les mangent, et puis la bioaccumulation fait qu'on retrouve des oméga-3 dans les poissons. pas besoin des poissons, on peut se supplémenter directement. Et le gros bénéfice, c'est qu'on n'a pas de métaux lourds, ni les autres polluants à l'intérieur. En plus, il faut aussi consommer des oméga-3 dans l'alimentation qu'on trouve. Alors, c'est un autre type d'oméga-3, mais qu'on peut trouver dans les noix de Grenoble, les graines de lin ou les graines de chat. Mais c'est recommandé, en fait, de se complémenter directement en oméga-3 DHA, parce que le corps sait synthétiser les oméga-3 DHA à partir des oméga-3 D végétaux. Mais ils synthétisent qu'une partie et donc c'est plus sûr de supplémenter. On a les besoins en iode qui augmentent aussi. La part aujourd'hui d'apport en iode pour les Français, elle vient des produits laitiers. Alors ce n'est pas parce que les vaches passent du temps en bord de mer, non. C'est parce qu'on nettoie les pieds des vaches avec une solution iodée qui se retrouve dans les produits laitiers et qu'on mange. Mais même pour les futures mamans végétariennes, C'est important de supplémenter en iode parce que les besoins augmentent. Pour être sûr de ne pas aller en dessous du seuil dont on a besoin. Le fer est indispensable et en plus les besoins sont augmentés parce que le volume sanguin augmente et que le bébé en a besoin pour se développer. Donc on a besoin de consommer des aliments riches en fer. Alors il y en a plein, ça c'est la bonne nouvelle. Il y a plein d'aliments qui contiennent beaucoup de fer dans les végétaux. On a les légumineuses, on a les oléagineux. On a les produits issus du soja et ce qui va être important pour bien l'assimiler, ça va être de consommer un aliment riche en vitamine C au même moment, éventuellement de faire tremper les légumineuses. Il y a plein d'astuces comme ça qui permettent de mieux assimiler le fer. Il y a aussi comme nutriments auxquels il faut faire attention, le calcium. Les besoins ne sont pas augmentés parce qu'on l'assimile mieux, mais il faut avoir suffisamment de calcium dans son alimentation. Là, on peut en trouver dans certains fruits, les légumes verts. On peut aussi utiliser des laits végétaux qui sont déjà enrichis en calcium ou les supplémenter à la maison avec un supplément en calcium. Le zinc fait aussi partie des nutriments dont les besoins augmentent. On retrouve le zinc un petit peu dans les mêmes aliments que le fer. Quand on fait attention au fer, en principe, les besoins en zinc sont aussi comblés.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses qui doivent être adaptées au fur et à mesure de la grossesse ?
- Speaker #1
Oui. pas les mêmes besoins en fonction du stade de la grossesse. Alors, je dirais, le premier trimestre, on mange ce qu'on peut. Franchement, ça peut être très difficile. Alors, je l'ai vécu, que ce soit à cause de la constipation pour ma première grossesse, ou vraiment, en fait, c'était la constipation, moi, qui me donnait des nausées, parce que c'était complètement bloqué, en fait, ou les nausées, ça, il y a énormément de femmes qui ont des nausées au premier trimestre. C'est le moment où les besoins ne sont pas forcément augmentés. Ça va augmenter après, je vais en parler. Mais à ce stade-là, il faut faire attention plutôt à ce qu'on peut manger pour être suffisamment hydraté et avoir un minimum d'énergie, mais aussi à ne pas consommer tout ce qui va être toxique pour le bébé. Ça va être là qu'il va falloir éviter vraiment. Tout ce qui est sanitaire, c'est des conseils classiques pour les femmes enceintes. On évite de consommer par exemple dans les végétaux des graines germées qui peuvent contenir des bactéries. On évite évidemment si on consomme encore des animaux, mais la viande mal cuite, pas cuite, les œufs crus, etc. Tout ça a des risques sanitaires et ça va être un stade vraiment important pour le fœtus qui peut être plus important qu'après, même s'il ne faut jamais en consommer. Ça va être vraiment s'adapter à ce qu'on peut manger, ce qu'on a. envie de manger aussi. Je fais un petit aparté sur les envies de grossesse, parce que c'est souvent au premier trimestre qu'elles se manifestent. Et des femmes végétariennes peuvent avoir des envies de viande. Et en fait, on croit à tort que c'est parce que le corps a besoin de faire de protéines, que sais-je, et que c'est pour ça qu'on a envie. de certains aliments. Et la recherche, en fait, ne montre pas du tout ça. La recherche montre que les femmes se dirigent plutôt vers de la nourriture réconfort. Et le truc, c'est qu'on a souvent été élevées dans une famille omnivore et le repas du dimanche, c'était peut-être le poulet rôti ou un rôti de veau. Et en fait, ça va être un petit peu la nourriture réconfort vers laquelle on va avoir envie d'aller pour se sentir mieux. Un seul besoin qui est reconnu et qui... qui est un petit peu somatisé, c'est quand on a une carence en fer. Là, on peut avoir ce qu'on appelle le syndrome de pica, et on peut avoir envie de manger de la glace, du papier, de la terre, des trucs qui n'ont pas de nutriments, mais c'est vraiment le seul qui est reconnu. Et à l'inverse, je parlais de toxines pour le bébé, il y a beaucoup de femmes omnivores, justement des aversions pour la viande rouge ou pour les viandes qui peuvent être toxiques. Et ça, pareil, la recherche montre que... Ça peut être ce qu'on a développé pour se protéger de certaines toxines qui sont contenues majoritairement dans les produits animaux. Après, on a au deuxième et troisième trimestre, les besoins en énergie, en protéines, en fer et en zinc qui sont largement augmentés. Et là, l'idée au deuxième et troisième trimestre, ça va être pour combler ces besoins en énergie, en protéines. et en certains nutriments, de densifier un maximum les repas. Pour les densifier, on va chercher des aliments qui sont très nourrissants, comme les fruits à coque, les oléagineux, les produits issus du soja aussi, le tofu, le tempeh. C'est vraiment très intéressant. Les yaourts, c'est très intéressant puisque ça contient beaucoup de nutriments et c'est plutôt pauvre en fibres. Donc, on va plutôt se diriger vers ça. On va essayer de se faire des recettes qui peuvent combiner un petit peu tout. Je sais que les porridge, par exemple, c'est ce que j'ai beaucoup utilisé, c'est ce que je recommande pas mal. On peut tout mettre dans du porridge. On peut mettre du lait végétal à base de soja avec des flocons d'avoine. Les flocons d'avoine, c'est riche en fer. C'est vraiment dense en nutriments. Puis dedans, on peut y rajouter des graines de lin. On peut y rajouter éventuellement des graines de chia. On peut rajouter des fruits, donc riches en vitamine C pour bien intégrer le fer. Et ça se prépare à l'avance. En plus, c'est super pratique. Et puis, je disais, les oléagineux, purée d'oléagineux en tartine, ça, c'est vraiment des aliments qui sont hyper pratiques et qui répondent à plein de besoins.
- Speaker #0
Est-ce que tu as deux, trois autres idées de recettes comme ça, qui peuvent un peu aider les futures mamans ou les mamans actuellement, peut-être, qui allaitent, par exemple ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai beaucoup utilisé les recettes que je donnais à ce moment-là à mon fils, qui avait donc deux ans et demi, trois ans. Et qui était en pleine période de néophobie, sélectivité. Pour le coup, il est encore sélectif, mais il a eu une grosse période très, très sélective. Et pour les enfants sélectifs, typiquement, on recommande des aliments qui sont danses en énergie et en nutriments. Vraiment, l'idée, c'est de densifier un maximum. L'idée, à court terme, il y a plein de choses à faire. Après, ce n'est pas le sujet, mais en tout cas, à court terme, c'est de densifier l'alimentation. Et c'est vraiment ce que j'ai fait pour moi. Donc, j'ai mangé un peu comme lui, quoi. Vraiment. J'ai une recette que j'aime beaucoup, que je mangeais, parce qu'il y a aussi ça pour gérer un petit peu plus tout ce qui est nausées ou vomissements, de multiplier les repas. C'est beaucoup mieux pour gérer les nausées, pour avoir un petit peu moins envie de vomir, et donc de manger des snacks, c'est super. J'ai plein de recettes de snacks qui sont super efficaces. J'en ai une que j'appelle ça des cookie balls. à base de pomme. pois chiches et en fait on mixe des pois chiches avec des dates et de la purée de l'ail gineux typiquement de la purée de cajou qui est très bien avec des pépites de chocolat ou éventuellement des mûres blanches pour ajouter aussi plein de nutriments ça c'est un truc que moi j'ai mangé toute ma grossesse et que j'avais toujours dans le congélateur pour après.
- Speaker #0
Tu le disais justement qu'on allait peut-être parler du après, en effet après la grossesse il y a une partie qui est tout aussi importante qui est le postpartum Une période qui est souvent intense, déjà physiquement mais aussi émotionnellement. J'aimerais qu'on parle un petit peu de cette période, du point de vue de la maman. Toi, comment tu as vécu les premières semaines après l'accouchement, donc déjà physiquement et émotionnellement ?
- Speaker #1
Moi, je pense que j'étais beaucoup mieux préparée à l'après, dès ma première grossesse, que au pendant. Je savais beaucoup mieux à quoi m'attendre, même si, pas tellement sur le point de vue alimentaire, même si j'avais eu le bon conseil déjà pour ma première grossesse. de cuisiner et de mettre au congélateur des repas. Donc, je n'avais pas eu les bons conseils que je t'ai donnés là de préparer des snacks. Je trouve ça beaucoup plus pratique parce qu'une fois que bébé est là, on n'a pas le temps de se faire des gros repas. Donc voilà, j'ai vu le conseil. En tout cas, j'avais préparé pas mal de choses au congélateur et de savoir, de connaître la physiologie du corps, les bases bien sûr. Mais de connaître tout ça, j'ai trouvé que c'était beaucoup plus facile à gérer. J'ai vraiment imposé un petit peu les choses. Alors, assez facilement, mon compagnon, il a été hyper soutenant dès le départ. Et je lui avais dit, après l'accouchement, je vais rester allongée le plus possible pour permettre à tous mes organes de se remettre. Et l'idée, ça va être quand même que moi, je vais m'occuper de mon bébé et toi, tu feras tout le reste. Tout ce que j'avais à faire, c'était réussir à allaiter mon bébé. Alors, grosse pression quand même, parce que pour mon premier, ça a été... hyper difficile. Pour l'allaitement, je voulais voir quelqu'un qui finalement n'était pas dispo, ça a vraiment retardé. Et ça a été très très difficile de mettre en place l'allaitement pour moi. Mais une fois que ça, ça a été possible pour mon premier bébé, après c'était beaucoup plus simple. On peut... Je trouve en tout cas que d'allaiter un bébé, c'est beaucoup moins fatigant que de donner un biberon. Parce que du coup, vu que ça ne marchait pas au début, c'était un petit peu en mix, donc on lui donnait un biberon. Mais vraiment, si une future maman hésite à aller tout au pas en se disant « j'ai entendu que c'était plus fatigant » , non, non, vraiment, c'est... En fait, le biberon, il faut se lever, il faut aller le préparer, il faut faire la vaisselle, il faut aller l'acheter. Alors que l'allaitement, on a juste à donner le sein, en fait.
- Speaker #0
Et donc, du coup, est-ce que pendant toute cette période, donc tu le disais, c'est quand même une période de fatigue, c'est une période où c'est beaucoup de choses nouvelles aussi. Est-ce qu'il y a des choses... pour lesquelles tu as fait attention à ton alimentation à ce moment-là. Tu parlais un peu des petits snacks que tu préparais. J'imagine que c'était des sources d'énergie, comme tu le dis. Est-ce qu'il y a d'autres choses qui t'ont aidé sur un peu te réapproprier ton corps, on va dire, après l'accouchement ?
- Speaker #1
Sur la fatigue, je vais revenir encore sur l'allaitement, mais c'était beaucoup plus simple de récupérer quand on allaite. On a des hormones qui sont sécrétées la nuit, si on allaite la nuit. c'est même pas si on a lait la nuit, c'est que les premiers mois on va laiter la nuit, bébé en a besoin et on a des hormones qui permettent de se rendormir beaucoup plus facilement l'autre chose qui m'a permis moi de bien gérer le sommeil en fait et donc la fatigue qui va être liée parce que l'alimentation est bien sûr importante je vais en reparler mais laisser le sommeil en premier qui évidemment fait qu'on est fatigué et donc de dormir avec son bébé en cododo Ouh ! ou dans le même lit, alors bien respecter les règles de sécurité, mais ça permet de, la nuit quand il se réveille, de le mettre au sein, et puis de se rendormir tout de suite. Après, pour l'alimentation, pour le postpartum, il y a déjà le fait d'avoir été ou non animé, carencé, etc. pendant la grossesse. Parce qu'il faut savoir que pendant la grossesse, les besoins vont d'abord pour le bébé. Tout ce dont le bébé peut avoir besoin, en fait, il le prend dans le corps de maman. Et si maman n'a pas assez, c'est maman qui va être carencée. Et après, c'est là où on doit reconstituer un petit peu ces stocks qui ont été puisés par bébé. Donc même s'il n'a pas tout puisé, mais en tout cas, il faut avoir conscience que l'alimentation, pas seulement pour la fatigue immédiate, mais pour tout l'avenir finalement de la maman, elle est super importante. Et donc quand on prend ça et qu'on a une alimentation équilibrée dès le départ, Et qu'en plus, on sait que les besoins en protéines sont plus importants en postpartum parce qu'on peut avoir besoin éventuellement de cicatriser et de se dire qu'on a besoin de récupérer des stocks éventuellement de fer, de zinc, etc. Donc de centrer son alimentation sur certains des nutriments, ça permet d'éviter ce genre de situation. Si on allaite en plus, là, les besoins en protéines vont être plus importants. Les besoins en énergie aussi vont être plus importants. Et en ça, je leur dis, les snacks, en plus des repas, c'est une très bonne manière de fournir cette énergie dont on a besoin. Et avec des snacks qui sont denses en nutriments, donc qui vont contenir du fer, qui vont contenir du calcium et tous les nutriments qui vont être importants dans une alimentation végétale, quand on allaite, ils restent importants. Il y a aussi un nutriment dont les besoins augmentent pendant l'allaitement, c'est la vitamine A. On va la trouver dans les fruits et légumes colorés, tout ce qui est orange. Tous ces aliments-là, les épinards, ce n'est pas orange, mais il y en a aussi. En fait, en plus de se centrer sur certains nutriments, on va essayer de manger l'arc-en-ciel. On l'entend souvent dans une alimentation végétale, mais c'est important d'avoir plein d'aliments qui sont de couleurs différentes, et notamment orange, les carottes aussi, qui contiennent de la vitamine A, quand on allaite.
- Speaker #0
Et donc là, tu viens de nous dire un peu tout ce dont on a besoin quand on allaite. Il y a aussi des mamans qui font le choix de ne pas allaiter, en effet, ou qui, des fois, d'ailleurs, n'ont pas le choix. Est-ce que tu as des recommandations sur les laits infantiles, par exemple, si on veut avoir une alimentation végétarienne ou végane ?
- Speaker #1
Il y a plusieurs laits infantiles végétaux qui existent. Il y en a un seul qui est vegan et bio d'ailleurs. Le bio, personnellement, je recommande. De manière générale, ça permet aussi d'avoir moins de pesticides dans le sang. Je recommande dès la grossesse, avant, dès qu'on peut, si on a les moyens. Et donc ce lait infantile, il n'est pas facile à trouver parce que la réglementation a changé en France en 2024. Il s'appelle le Préminat. Il est disponible sur certaines pharmacies, parapharmacies en ligne. Et il est très bien. En fait, il faut savoir que la réglementation européenne impose un cahier des charges pour tous les laits infantiles et que, évidemment, les laits infantiles végétaux respectent ce cahier des charges et qu'en fait, les nutriments, en fait, il y a... dont bébé a besoin, sont respectés. Donc ce sera toujours moins bien que l'allaitement maternel, mais ils sont aussi bien que les laits infantiles d'origine animale. Donc il y a ce lait Préminat, qui est vegan et bio. Il y en a d'autres qui existent, qu'on peut trouver un peu plus facilement en pharmacie. Ils sont végétaux, il y a le Modilac Rie par exemple, mais c'est la vitamine D qui va être d'origine animale dans ce lait.
- Speaker #0
Maintenant qu'on a parlé de la grossesse, de l'allaitement, je te propose qu'on apporte de manière très succincte, puisque je sais qu'il faudrait limite un épisode pour le traiter en entier, mais la partie qui arrive après qui est la diversification alimentaire. Est-ce que tu peux nous dire en quelques mots les choses importantes à savoir sur ce sujet ?
- Speaker #1
Alors déjà, je le redis, une alimentation végétale est viable à tout âge. Et notamment pour les bébés et les enfants après, il y a des bénéfices. à avoir une alimentation végétale. Il y a des études qui ont été menées et qui le montrent. Les bébés ont moins de risques d'obésité. Les bébés ont aussi une moindre exposition aux antibiotiques que les animaux peuvent avoir été amenés à consommer. Aux métaux lourds, il n'y a pas d'études qui montrent forcément l'impact quand on est vegan ou pas, mais clairement, s'ils ne mangent pas de poissons qui contiennent des métaux lourds, ils n'en auront pas. Globalement, ils ont un meilleur profil cardiovasculaire et euh... inflammatoire. Donc, quand l'alimentation végétale est bien menée, elle est bénéfique pour la santé dès l'enfance. Que bébé soit omnivore, végétarien ou vegan, bébé a besoin d'une alimentation qui est dense en énergie et en nutriments. Tous les bébés sont pareils. Ils ont un petit estomac et ils ont un besoin énergétique et en certains nutriments qui est très, très important. Notamment, les besoins en fer sont très, très importants. On n'a jamais autant besoin de fer par rapport à son poids que Merci. les 6 premiers mois, de 6 mois à 12 mois. Donc, ils sont très, très importants. Et évidemment, on peut les remplir avec une alimentation végétale, mais c'est important de centrer l'alimentation justement autour d'un aliment qui est riche en fer. L'autre chose, ça va être d'apporter un aliment qui est riche en vitamine C, parce que la vitamine C, je le disais tout à l'heure, ça aide à mieux absorber le fer. Donc, à chaque repas, on mange, on donne à manger. Un aliment qui est riche en fer, un aliment qui est riche en vitamine C et on va apporter aussi un aliment qui est dense en énergie. Et après, dans le cadre de la diversification, ce qu'on cherche, c'est aussi à faire découvrir à bébé le plus d'aliments possible. Donc, en plus de tout ça, on va apporter un aliment qui ne répond pas forcément à ses critères. Par exemple, un légume vert, je ne sais pas, une courgette, un morceau de courgette. Mais ça va permettre l'exposition aux aliments et faire que ça construit. le panel alimentaire de bébés dès le départ. L'idée, ce n'est vraiment pas d'apporter des calories, c'est de faire découvrir, surtout si bébé est intéressé. Aujourd'hui, c'est ce qu'on dit d'ailleurs, c'est qu'on commence quand bébé montre de l'intérêt. Il faut commencer entre 4 et 6 mois, mais clairement, si bébé ne regarde pas ce qu'on mange, il ne cherche pas du tout à ouvrir la bouche, on attend qu'il y ait un intérêt. On ne va surtout pas essayer de forcer. parce que le pédiatre a dit qu'il faut absolument commencer la diversification à 4 mois.
- Speaker #0
J'ai l'impression que tu nous as donné pas mal d'informations dans cet épisode et que ça va servir à beaucoup de monde. Pour terminer, pour résumer un petit peu ce que tu viens de dire, je te propose qu'on conclue par peut-être des ressources que tu pourrais conseiller qui pourraient accompagner les futurs mamans et peut-être si tu as des conseils sur les professionnels de santé qui t'ont accompagné.
- Speaker #1
Oui, alors déjà, je pense sur les professionnels de santé. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un médecin généraliste lambda n'a pas de connaissances particulières en nutrition. Un professionnel de santé, il a son domaine d'expertise. Et pour le coup, si on a un doute, on va voir un diététicien ou une diététicienne qui est formée. J'insiste, ce qui est formé en nutrition végétale.
- Speaker #0
Pour la femme enceinte, pour la maternité, et puis pour les enfants, pédiatrique. Parce que pareil, ce ne sont pas les mêmes besoins, ce ne sont pas les mêmes stratégies qu'on peut adopter. Mais un diététicien, normalement, c'est son métier. Moi, j'ai développé avec une diététicienne des programmes d'accompagnement pour les parents. Donc on a vraiment toute l'expertise d'une diététicienne spécialisée en nutrition végétale. Moi, il y a aussi mon vécu en tant que maman, toutes les recherches que j'ai pu faire et puis ce que j'ai voulu concevoir pour faciliter la vie des parents. Les programmes d'accompagnement qu'on propose, vraiment, ils donnent toutes les informations, tout ce dont on peut avoir besoin dans le cadre d'une diversification, disons, normale. Et puis vraiment, tout ce qui a trait à l'alimentation végétale, les besoins nutritionnels et comment y répondre quand on ne mange pas de produits animaux. sinon il y a aussi pour la grossesse pour moi il n'y a pas aujourd'hui de livre ou de complet on va dire sur la préconception, la grossesse le postpartum, moi je travaille sur quelque chose mais je sais que Juliane Acnine qui a le compte Instagram Végranola elle a un ebook sur toute la partie grossesse végétale donc là pareil on peut On peut aller l'acheter dès aujourd'hui. Et pour toute la partie grossesse, ça va quand même apporter beaucoup de réponses.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cette réponse. Je te propose qu'on clôture l'épisode de manière un tout petit peu plus légère avec cinq questions que je pose à toutes les personnes qui sont passées autour de cette table. Dès que tu es prête, tu me dis.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Quelle est la recette que l'on peut voir le plus souvent à ta table ?
- Speaker #0
Le houmous.
- Speaker #1
Si tu reçois une dizaine d'invités à ta table avec des régimes complètement différents, quel plat tu cuisines pour mettre tout le monde d'accord ?
- Speaker #0
Je... pense à un curry de pois chiches ou à un dalle.
- Speaker #1
Si je t'invite pour le goûter, qu'est-ce que je dois mettre sur la table pour être sûre que tu viennes ?
- Speaker #0
C'est pas très difficile niveau goûter, moi. Du moment que t'es végane... Ouais, non, j'ai... Franchement, il y a peu de choses que j'aime pas en sucré.
- Speaker #1
Dès qu'il y a du sucré, c'est bon pour toi. Lorsque tu organises un apéritif dinatoire, qu'est-ce qu'on peut grignoter à ta table ?
- Speaker #0
Du houmous.
- Speaker #1
Comme quasi toutes les personnes qui sont passées autour de cette table. Et pour finir, si tu n'avais aucune contrainte, ni de temps, ni d'argent, tu peux inventer des gens, peu importe, à quelle table rêverais-tu de manger ?
- Speaker #0
Je rêverais de manger à la table de nos politiques, avec notre président, pour lui faire comprendre à quel point la politique envers les animaux, elle est délétère pour, évidemment les animaux mais ça ils s'en ficheraient, mais d'un point de vue économique, santé et environnement. Je ne sais pas, j'essaierai de lui faire comprendre avec tous les moyens qu'on a, puisqu'il y en a tellement d'épreuves. Voilà, je le coincerai et je lui montrerai tout.
- Speaker #1
Eh bien, merci beaucoup, Émilie, pour ton témoignage, pour tes précieux conseils également. La grossesse et l'allaitement sont des périodes uniques et c'est important de rappeler qu'il est possible de les vivre sereinement tout en restant vegan, avec les bons repères et un peu d'organisation. Et il ne me reste plus qu'à vous remercier, vous, qui nous écoutez. J'espère que cet épisode vous a plu et surtout, j'espère qu'il vous sera utile. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Table Verte. En attendant, prenez soin de vous et surtout, n'oubliez pas de vous amuser en cuisine !