- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, moi c'est Aglaé et je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Table Verte, le podcast où l'on parle d'alimentation végétale. Aujourd'hui, on va aborder un sujet qui concerne énormément de familles, comment proposer des repas végétaux aux enfants, sans stress, sans pression, et surtout sans transformer chaque repas en champ de bataille. Parce qu'entre les goûts qui changent, les phases j'aime, j'aime plus, le manque de temps et les doutes des parents, ce n'est pas toujours simple. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Angélique, maman, qui a fait le choix d'une alimentation végétale pour sa famille et qui a accepté de partager avec nous son quotidien, ses astuces, ses réussites et aussi ses galères. L'objectif de cet épisode, c'est vraiment que vous repartiez avec des idées concrètes, simples, applicables dès ce soir si vous en avez envie. Alors installez-vous confortablement, on va parler cuisine, enfants et organisation.
- Speaker #1
À l'âge de 2 ans, patatras, l'arrêté de vouloir manger les fruits et les légumes. On n'est pas seul dans le bateau, on est beaucoup aramés et ramons ensemble. et se rappeler surtout qu'un enfant ne se construit pas sur un coton.
- Speaker #0
Cet épisode vous est proposé grâce à Sojade et Soune, qui accompagnent les familles dans la préparation de repas végétaux simples, gourmands et adaptés aux petits comme aux grands. Avec le soja bio et français de Sojade et les alternatives végétales de Soune, aux chambres, à l'avoine, à l'amande, au riz et à la noisette, chacun peut trouver le produit qu'il aime pour des repas qui régalent toute la famille. Merci à elles pour leur soutien et maintenant, place à la discussion ! Bonjour Angélique, je te souhaite la bienvenue autour de cette table verte. Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Aglaé, merci beaucoup pour l'invitation, je vais bien. Je suis ravie de pouvoir partager mon expérience.
- Speaker #0
Pour commencer, afin que les auditeurs te connaissent un peu mieux, est-ce que tu peux nous parler rapidement de ta famille, donc peut-être comment elle est composée, l'alimentation que vous avez ?
- Speaker #1
Nous sommes trois, donc mon conjoint, moi et ma fille de 11 ans maintenant.
- Speaker #0
Est-ce que toutes les personnes autour de ta table ont une alimentation végétale ?
- Speaker #1
Alors pas végétale, mais végétarienne.
- Speaker #0
Et ça fait combien de temps que vous avez cette alimentation ?
- Speaker #1
Alors moi je suis devenue végétarienne très tôt, j'avais 7 ans quand j'ai décidé de devenir végétarienne. J'ai rencontré mon conjoint il y a 17 ans maintenant, donc au début je ne lui avais pas forcément dit que j'étais végétarienne, ça a duré quelques temps et puis j'ai fini par lui en parler et finalement il a été très compréhensif. Et à partir de là on avait décidé, moi j'avais mon alimentation végétarienne et lui son alimentation omnivore. Et puis finalement avec le temps il a commencé à s'intéresser à ce qu'il y avait dans mon assiette. Et puis finalement avec le temps il est devenu végétarien aussi. Donc quand notre fille est née, c'était tout naturellement que l'alimentation principale devait être végétarienne. Du moins à la maison. Donc il y a une différenciation entre à la maison et en dehors. Tout à fait. Parce que ma fille maintenant va au collège. Il y a un repas végétarien par semaine, c'est déjà très bien. Mais après elle est confrontée. Disons que les choix au niveau de la cantine sont très vastes, très larges. Et elle est attirée naturellement par d'autres produits. Donc, je suis très souple là-dessus. Elle mange vraiment ce qu'elle veut. Donc, à la maison, c'est végétarien, elle le sait. Mais à l'extérieur, elle fait ce qu'elle veut. Et c'est aussi une marque de respect pour la personne.
- Speaker #0
Et donc, du coup, toi, tu disais que c'est depuis tes 7 ans que tu es végétarienne. Donc, ça a été une évidence, finalement, le régime végétarien pour toi.
- Speaker #1
Pour moi, c'était une évidence. Tout est venu tout simplement parce que je viens d'un petit village de Picardie. Et quand j'allais à l'école le matin, je passais devant des veaux, des moutons, des vaches, des cochons. Et le jour où j'ai compris que le mot viande n'était pas un mot à part, mais désignait la chair animale, et qu'en fait, les animaux que je croisais le matin pouvaient être dans mon assiette après, ça a été très compliqué pour moi, et donc j'ai fait le choix de devenir végétarienne.
- Speaker #0
Souvent, quand on parle d'alimentation végétale avec les enfants, le premier grand défi qui revient, c'est les légumes. Est-ce que toi, de ton côté, donc ta fille en l'occurrence, as toujours aimé les légumes ?
- Speaker #1
Alors, avec la diversification alimentaire, c'est assez simple. Au début, il n'y a que des fruits et des légumes. Puisque là, ma fille était très curieuse, donc il n'y avait aucune difficulté. à manger des fruits et des légumes. Et puis, à l'âge de 2 ans, patatras, elle a arrêté de vouloir manger des fruits et des légumes. Donc, ça a devenu une phase très, très compliquée pour moi. En tout cas, en tant que maman, je me suis posé beaucoup de questions. Qu'est-ce que j'avais mal fait ? Comment un enfant qui mange des fruits et des légumes depuis le départ refuse d'en manger d'un seul coup ? Donc, après, j'ai commencé à me documenter. Donc, on parle aussi parfois de néophobie alimentaire ou de choses comme ça. Et puis, il faut aussi composer avec l'enfant. Il a ses phases où il veut et les phases où il ne veut pas. Et donc, avec ma fille... Ça a été le moment pour moi de mettre en place d'autres façons de s'alimenter.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des légumes qui passent un peu mieux que d'autres aujourd'hui à la maison ?
- Speaker #1
Les brocolis. Elle adore les brocolis depuis qu'elle est toute petite, alors qu'en général, c'est le brocoli qu'on n'arrive pas à faire manger aux enfants. Étonnamment, moi, c'est la carotte. Elle n'aime pas les carottes et ça a été très compliqué pour moi de lui en faire manger.
- Speaker #0
Et du coup, comment tu as fait pour... Est-ce que tu as développé un peu des techniques pour essayer de lui faire aimer les légumes, justement pendant cette période où elle ne voulait plus du tout en manger ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Alors là, vraiment, ça a été pour moi, on va essayer d'aborder de manière différente un petit peu la façon de s'alimenter, tout en gardant une grosse part de légumes dans l'assiette, puisque c'est quand même le plus important. J'ai commencé à cuisiner des gaufres, par exemple, puisque les gaufres, c'est quand même, on va dire, la recette qui passe partout. On peut faire tout le long de l'année avec tous les légumes disponibles. Donc là, ça a été un succès. Et puis après, c'était aussi beaucoup de flancs et flancs de légumes. Je pense qu'il y a aussi un niveau de... Peut-être une approche différente au niveau de la texture. Peut-être que c'est ce qui l'a rebuté un petit peu à l'âge de deux ans. Parce qu'on passe quand même au niveau des morceaux, etc. Je ne sais pas si ça vient vraiment de là. Mais en tout cas, j'ai commencé à lui faire des flancs de légumes qu'elle mange avec appétit. Après, le plus important, je pense que c'est de ne pas cacher aux enfants qu'il y a des légumes dans leur assiette. En tout cas, moi, j'ai pris parti de dire à ma fille, tu as tel légume dans ton assiette. Il est cuisiné de telle manière. En général, elle goûte assez facilement. Après, c'est pareil, ça dépend des fois. Il y a quand même des jours avec et des jours sans. Mais de manière générale, elle est assez surprise et même elle est assez contente d'elle-même de dire qu'elle a pu manger un légume qui pouvait la rebuter ou alors qu'elle pensait ne pas aimer.
- Speaker #0
Donc tu as plutôt joué avec les textures et les formes. Donc tu nous as parlé de flan, tu nous as parlé de gaufre. Qu'est-ce qu'il peut y avoir d'autre ?
- Speaker #1
Alors je sais que par exemple, forcément le gratin pomme de terre, c'est un classique, ça passe assez bien. Donc j'ai pris le parti pris de cuisiner une béchamel en mixant du chou-fleur directement. Donc au niveau visuel, la couleur est identique. niveau goût, on sent un peu le chou-fleur, mais si on ne le dit pas à l'enfant, finalement, elle a été ravie de manger sa béchamel et elle m'en réclamait. Il y a une façon aussi, peut-être visuellement, d'attirer les enfants vers quelque chose qu'ils ne pourraient pas apprécier.
- Speaker #0
Donc là, par contre, tu ne lui disais pas qu'il y avait du chou-fleur dans la béchamel ?
- Speaker #1
La première fois, je ne lui ai pas dit, parce que j'avais vraiment peur qu'elle refuse le gratin. Et finalement, elle l'a mangé. Donc, c'est après, je lui ai dit, tu vois, tu as mangé du chou-fleur. Ce n'était pas forcément caché de manière vicieuse, en tout cas. C'était de lui dire, soit dès le départ, il y a tel légume, ou alors juste après, de lui dire, tu vois, il y avait tel légume et tu l'as mangé. Donc finalement, c'est quelque chose que tu peux aimer. Est-ce que tu as cuisiné différemment selon les âges de ta fille ? Je dirais que oui. Au début, je sais que j'ai joué beaucoup, beaucoup sur les formes. Donc par exemple, c'est tout bête, mais préparer des légumes en les découpant en forme d'étoiles, en forme de fleurs, pareil pour les fruits, en proposant des petites fleurs, des petites étoiles. En général, les enfants sont plus attirés par ce côté un petit peu ludique. Et sinon, au niveau de la nourriture, c'est pareil. Je pense qu'on est avec des flanges. J'avais acheté des moules en forme d'animaux ou de choses comme ça. Et voilà, c'était assez rigolo pour elle de manger de cette manière-là. Donc, je pense qu'aussi, il y a le côté visuel. Et puis ludique aussi, qui parle aux enfants.
- Speaker #0
Est-ce que tu as réussi à lui faire aimer les carottes de cette manière ?
- Speaker #1
Alors, les carottes, ça a toujours été un défi. Mais finalement, maintenant, elle accepte bien. Donc, les premiers temps, c'était des purées, des purées de carottes qui passaient quand même pas trop mal. Le flan, le flan de carottes qui a été un gros succès et que je continue à faire aujourd'hui. Et même là, depuis quelques mois maintenant, on va dire, elle accepte de manger de la carotte crue en bâtonnets, trempée dans du houmous par exemple. Mais pour moi, c'est une énorme victoire. Et comment ça se passe si elle n'aime pas ? Alors, je ne la force jamais à manger. Par contre, je l'oblige à goûter. Et si elle n'aime pas, elle peut laisser. Alors, parfois, on essaye deux, trois fois de la même manière. Il faut présenter parfois la même texture à l'enfant pendant quelques temps pour qu'il puisse l'accepter. Et si ça ne fonctionne toujours pas, effectivement, je passe à une autre forme, une autre texture, une autre façon de cuisiner. En tout cas, pour qu'elle puisse apprécier et qu'elle soit aussi fière d'elle de dire, j'ai pu manger tel légume, je pensais que c'était impossible, mais finalement, je l'ai fait.
- Speaker #0
Et dans l'alimentation végétarienne, il y a pas mal aussi de légumineuses. J'imagine qu'il y a aussi un peu de tofu ou ce genre de choses à table. Oui. C'est des goûts assez particuliers. Comment tu as fait pareil pour lui apprendre ses goûts, pour qu'elle goûte différentes choses ? Étonnamment,
- Speaker #1
elle a eu moins de problèmes avec tout ce qui est soja, tempeh ou légumineuses. C'est vraiment les légumes. Vraiment, chez moi, c'est vraiment les légumes qui ont bloqué.
- Speaker #0
Donc pour le reste, tu n'as pas forcément eu besoin d'avoir un peu des superfuges, d'essayer de faire des formes différentes ou ce genre de choses. C'est passé assez naturellement.
- Speaker #1
Tout ce que tu es là, oui, c'est vraiment le cheval bataille. C'est les fruits, les légumes.
- Speaker #0
Est-ce que tu as du coup des plats un peu... sécurité à la maison, dans le sens où tu te dis, bon, ben voilà, je sais pas, peut-être à une période où elle est un peu plus compliquée, tu te dis, bon, je vais faire ce plat-là, je sais que c'est une valeur sûre et ça passe toujours.
- Speaker #1
Après avoir expérimenté différentes façons de cuisiner, quand un plat lui plaisait, il venait dans les favoris et automatiquement, il les resservit régulièrement. Donc après, je peux l'adapter avec d'autres légumes si c'est faisable, etc. Mais oui, il y a des recettes sécuritaires qui reviennent presque, j'ai envie de dire, toutes les semaines. Pour commencer, je dirais les gaufres. Une fois par semaine, il y a des gaufres à la maison. Avec tous les légumes de saison, il n'y a pas de souci. Après, il y a le flan de légumes. Soit un flan de carottes, soit un flan de potiron. Ça passe plutôt bien auprès des enfants. Les soupes, au moins, on peut les manger toute l'année. Pareil avec tous les légumes. Et aussi des légumineuses qu'on peut éventuellement mettre à l'intérieur de la soupe pour l'enrichir. Tu parles d'enrichissement, ça me fait penser. On n'a pas vraiment parlé au niveau apport ou ce genre de choses.
- Speaker #0
Comment tu as fait pour te renseigner au début sur être sûre d'apporter tous les apports nécessaires à ton enfant, par exemple ?
- Speaker #1
J'ai lu pas mal de livres à ce sujet. Je me suis un peu documentée aussi sur Internet. Et puis, de toute façon, de manière générale, je pense qu'il ne faut pas se prendre la tête avec l'alimentation. Il faut aussi pouvoir composer. Chaque jour, le corps humain ne mange pas sur une journée. Il mange sur plusieurs jours. Il y a des jours où elle accepte plus facilement telle chose, je lui donne. Et puis, même si c'est un repas qui va être récurrent sur deux ou trois jours, ce n'est pas grave. Après, on lisse avec d'autres choses un peu plus tard.
- Speaker #0
Et on dit aussi souvent que pour que les enfants soient un peu curieux en cuisine et qu'ils goûtent ce genre de choses. Donc, tu disais, par exemple, il y a des livres qui permettent de les impliquer sur l'alimentation. Mais on dit aussi qu'il faut les impliquer un peu dans toute l'alimentation. Donc, par exemple, les courses ou faire la cuisine. Est-ce que c'est quelque chose que tu fais, toi ? Est-ce que tu cuisines avec ta fille, par exemple ?
- Speaker #1
Oui. Et depuis le départ, j'ai toujours cuisiné avec ma fille. Donc en plus, je m'étais dit, comme elle a des difficultés avec les fruits et légumes, aussi de pouvoir cuisiner avec elle, ça peut aussi l'aider peut-être à accepter certaines choses. Et je suis contente parce que je me dis que même si le chemin est long, à un moment donné, ça finira par faire un petit déclic. Puis au début, ce qui est bien, c'est pouvoir aller cueillir aussi les fruits et légumes dès le départ. Après, ne serait-ce que les laver ou après, quand on les découpe, montrer à l'enfant, le faire sentir goûter, parfois cru, ou alors juste déjà avec la texture, jouer avec les doigts. Déjà, c'est important. Donc dès le départ, oui, elle a toujours été... en cuisine avec moi et puis quand c'est possible, dès le départ dans le jardin.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois une différence lorsqu'elle mange quelque chose qu'elle t'a aidé à préparer ou lorsqu'elle n'a pas du tout participé à la préparation ?
- Speaker #1
Je dirais qu'elle est peut-être plus curieuse sur le fait de goûter, mais pas forcément appréciée. En tout cas, peut-être un peu moins rechignée sur le fait de goûter la préparation qu'elle a effectuée. Est-ce qu'elle participe aux courses également avec toi ? Je crois que c'est pareil. Dès le départ, en fait, elle venait faire les courses avec moi. Et puis... C'est pareil, selon la saison, je me souviens aussi quand elle était plus petite, par exemple, un grain de raisin qu'on chip directement et elle mangeait directement dans le caddie. Donc c'était une manière aussi pour elle de dire, regarde, il y a toutes ces choses qui sont autour de toi. Et puis aussi de dire, tiens, qu'est-ce qu'on cuisinerait bien ce soir ? C'est une manière aussi peut-être indirecte, mais de montrer à l'enfant, je prends en compte ce que tu veux, je prends en compte s'il y a quelque chose que tu préfères et on va essayer de cuisiner ensemble. de manière à ce que tu puisses apprécier le légume.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais te demander justement. Est-ce que parfois, tu lui laisses choisir le menu ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Donc de manière générale, on essaye de préparer le menu le vendredi ou le samedi avant d'aller faire les courses, donc le menu de la semaine. Et en général, elle accepte de dire, moi, je préférais manger ci, je préférais manger ça. Donc après, maintenant, en termes d'alimentation, je dirais que pour toute la semaine, elle a suffisamment de légumes. En tout cas, je ne sais pas ce qu'elle mange forcément à la cantine le midi. En tout cas, le soir, quand elle rentre à la maison, je sais qu'elle aura sa dose. C'est un petit peu bizarre de dire ça, mais elle a au moins sa portion de légumes à manger. Et elle est assez contente, elle est assez fière de dire. Donc, j'essaye de lisser sur la semaine de manière que ça soit un légume différent chaque soir.
- Speaker #0
Et tu l'as éduquée un petit peu à ce côté, ce que l'alimentation apporte à la santé et le fait que ce soit important d'avoir une alimentation équilibrée ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Là, c'est vraiment, j'essaie de faire en sorte qu'elle puisse comprendre. En plus... Aujourd'hui, les enfants sont quand même dans une société où l'alimentation a une énorme part, mais pas forcément de l'alimentation saine. On parle aussi de l'alimentation de manière générale. Et c'est vrai qu'elle est confrontée aussi à tous ces bonbons, ces chocolats qu'on trouve à outrance. Quand elle va forcément, quand elle va à l'école, je sais que depuis qu'elle est toute petite, je prépare tous ses goûters maison. Donc de manière aussi à pouvoir contrôler l'apport de sucre, par exemple. Et forcément, quand elle est à l'école, ah bah tiens, j'échange mon goûter contre le tien, etc. Et donc, elle s'est trouvée confrontée à cette alimentation qui n'est pas forcément la meilleure. Donc, j'essayais de lui dire, tu vois, tu pourrais peut-être t'autoriser à manger ce genre d'ingrédients si tu manges un peu plus de fruits et légumes, parce que c'est important de pouvoir équilibrer les deux.
- Speaker #0
Et tu l'as dit, en effet, c'est un gros sujet. Tu parles depuis tout à l'heure, depuis le début de cet épisode, tu fais bien la distinction entre l'alimentation qu'il y a à la maison et l'alimentation qu'il y a à l'extérieur. Comment ça se passe quand elle est à l'extérieur ? Par exemple, si on prend cas par cas, quand elle est invitée chez des copains, copines ? Est-ce qu'elle a des règles à respecter ou, comme à l'école, elle est assez libre ?
- Speaker #1
Elle est assez libre. De manière générale, je privilégie la souplesse. La souplesse à l'extérieur, elle fait ce qu'elle veut, entre guillemets. Après, bien sûr, je vais toujours lui demander ce qu'elle a consommé pour pouvoir lui dire, tiens, tu aurais peut-être dû augmenter plus ceci, plus cela. Mais de manière générale, ça reste une enfant. Donc, il ne faut pas les culpabiliser non plus parce que c'est important aussi. Je pense qu'il faut avoir ce côté à regard en tant que parent de pouvoir vérifier ce que les enfants mangent, mais aussi avoir le recul nécessaire pour dire, ce n'est pas grave. C'est pas grave, aujourd'hui t'as mangé ça, y'a pas de soucis. Alors pas forcément le dire à l'enfant, mais se le dire en tout cas, c'est pas grave, y'a pas de soucis. On va faire en sorte que les prochains jours soient un peu « meilleurs » . Et à l'inverse, comment ça se passe si elle a des copains ou copines qui viennent à la maison ? Les copains et les copines mangent végétarien, et je pense que c'est pareil, ils ne se rendent pas compte. Parce qu'on joue sur les formes ou des choses comme ça. Et c'est plutôt les parents qui derrière, quand ils viennent chercher les enfants, et on leur dit « y'a eu ça au repas, y'a eu ça » . Ah tiens, elle a mangé des légumes, je n'y aurais pas pensé. Donc finalement, on se dit qu'on n'est pas seul face à cette bataille et que parfois, juste en trichant ou peut-être le simple fait d'être en compagnie avec les copains ou les copines, ça peut aussi les aider à manger des choses qu'ils ne mangeraient pas habituellement.
- Speaker #0
Et donc, tu n'as jamais eu de remarques, on va dire plus négatives de la part d'enfants ou de parents en disant là, il manque quelque chose dans mon assiette ou ce genre de choses ?
- Speaker #1
Non, je dirais que de manière générale, j'ai pu s'être jugée peut-être. C'est un peu fort, mais... Plus, en tout cas, jugé peut-être par ma propre famille que par les parents des copains ou des choses comme ça.
- Speaker #0
Donc, quand tu parles de ta propre famille, c'est tes parents, du coup ?
- Speaker #1
Oui, vraiment, c'est mes parents. Mes parents qui ont vraiment eu du mal. Par exemple, quand ma fille va en vacances chez mes parents, je sais que des fois, c'est un peu compliqué. Ou alors, ils sont fiers de me dire, elle a mangé une tranche de jambon ou quelque chose comme ça. Alors, pourquoi ? Je pense que mes parents viennent... Voilà, c'est la campagne. Mes parents sont plutôt, on va dire, âgés quand même. Et donc forcément, il y a ce côté où on culpabilise le fait de ne pas manger de viande. Et finalement, mes parents, avec le temps, commencent à s'y faire aussi. Mais je sais que des fois, ils sont toujours assez contents de dire qu'ils ont réussi à faire manger une tranche de jambon en enfance. Après, je dirais, je pense que ma fille est quand même plutôt bien entourée. Je sais que j'ai rencontré déjà plusieurs parents de copains, de copines, qui sont assez sensibles quand même au sujet de l'alimentation et du végétarisme, et qui sont assez ouverts là-dessus, et qui ont même parfois tendance à me dire... Ah bah finalement, je vais peut-être manger plus de fruits et de légumes, avoir une alimentation au moins plus végétarienne, ou alors pareil, parler de certains substituts. Et ces substituts qui finalement sont découvertes par les parents et qui finissent par être adoptés. Je trouve que c'est plutôt une bonne chose.
- Speaker #0
On n'a pas trop parlé de ça, mais tout à l'heure tu parlais de l'école et des repas végétariens.
- Speaker #1
Est-ce que toi, par exemple, c'est une discussion que tu as eue avec l'école en disant « ma fille est plutôt végétarienne à la maison » ou est-ce que l'école n'est pas du tout au courant et tu n'en as pas parlé ? Le collège n'est pas au courant, par exemple, que ma fille est végétarienne, elle fait son propre... choix. Je sais qu'à l'époque, ça remonte plutôt quand elle était allée à la crèche, donc elle n'est allée qu'une année. Mais je me souviens qu'en ayant abordé le sujet avec les différentes personnes qui s'occupaient des enfants, ça a été quand même compliqué. Ils ne le comprenaient pas, ne l'entendaient pas. Donc je me suis dit, plutôt que de frustrer tout le monde, je me suis dit qu'il valait mieux que personne ne sache au final et que ma fille finisse par faire ses propres choix.
- Speaker #0
Quand on parle de tout ça, donc là depuis tout à l'heure, ça se voit, je te pose pas mal de questions que tu as dû te poser. Est-ce que je fais comme ci ? Est-ce que je fais comme ça ? On se rend compte que finalement, ça demande aussi pas mal aux parents d'avoir une alimentation végétarienne vis-à-vis de son enfant. Est-ce que tu t'es déjà sentie un peu sous pression sur ce sujet ?
- Speaker #1
Sous pression, non. Je pense que j'ai été jugée peut-être, comme je l'ai dit tout à l'heure par exemple, par les personnels qui s'occupaient de ma fille quand elle était à la crèche ou de choses comme ça. Mais je ne me suis jamais mis la pression. Ce que je me dis au final, c'est ainsi un choix. J'en ai discuté avec mon conjoint. J'en ai discuté aussi avec la petite quand elle a commencé à grandir. Voilà pourquoi on n'a peut-être pas ci ou ça à la maison. Et elle le comprend. Donc, pas de pression. Vraiment, la pression vient plutôt du fait qu'elle n'accepte pas de manger certains fruits et légumes. Et c'est pour moi plutôt... Ça a été une source d'anxiété par un temps. Oui, vraiment, ça a été une source d'anxiété. Maintenant, je lâche beaucoup plus prise et je la laisse un peu faire ses choix aussi. et puis prendre en compte aussi ces désidératas. Et quand tu dis que tu t'es sentie jugée, tu avais l'impression d'être jugée sur quel point, au final, par des gens qui ne savent pas trop et qui avaient peur,
- Speaker #0
par exemple sur les apports ou ce genre de choses ?
- Speaker #1
Oui, je pense que l'alimentation végétarienne, elle fait plus son chemin aujourd'hui, mais il y a certaines personnes qui sont quand même assez fermées là-dessus ou qui ne comprennent pas. Donc je pense que j'étais plus jugée de cette manière-là. Peut-être parce que oui, effectivement, les enfants ont besoin de viande pour grandir. C'est un impératif chez beaucoup de personnes. Alors qu'en fait, pas du tout. Il existe des substituts qui fonctionnent très bien et même des légumineuses qui font très très bien, qui ont un apport peut-être même parfois plus important que certaines autres viandes. Je pense que c'est juste une désinformation. Est-ce que le médecin qui suit ta fille t'a déjà posé des questions ou t'accompagne correctement sur ce sujet ? Je ne lui ai jamais dit. Et comme ma fille grandit normalement, je pense que c'est un sujet qui pour lui n'a pas d'importance. Je pense que tout est normal, j'ai envie de dire. Pendant la grossesse de ma fille, je n'avais même pas prévenu ma gynécologue que j'étais végétarienne. J'ai eu un suivi tout à fait identique, sans apport supplémentaire ni quoi que ce soit. Et pourtant, des prises de sang sont faites très régulièrement. Bien sûr. Sans aucune différence, en tout cas.
- Speaker #0
Oui, donc c'est que ton alimentation est bien équilibrée.
- Speaker #1
Apparemment.
- Speaker #0
Félicitations.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu dirais à une maman ou à un papa, d'ailleurs, qui débute, qui est lui-même végétarien, par exemple, et qui va avoir un enfant et qui ne sait pas trop comment s'y prendre ? ou à l'inverse, peut-être qu'ils ont eu des enfants sans être végétariens et qu'ils sont dans une réflexion pour devenir végétariens. Qu'est-ce que tu dirais pour les accompagner ?
- Speaker #1
Surtout de se faire confiance et de ne pas se mettre de pression. Vraiment, c'est accompagner l'enfant. Si ça vient de l'enfant, l'entendre, lui demander aussi pourquoi il fait ce choix. C'est important aussi de prendre en compte ce que l'enfant souhaite. Et de manière générale, si c'est aussi les parents qui décident d'avoir une alimentation plus végétarienne, je pense qu'il faut qu'ils se fassent confiance aussi. Après se documenter, je pense que c'est très accessible aujourd'hui, beaucoup plus en tout cas qu'à l'époque. C'est vraiment ne pas se mettre de pression et y aller à son rythme, même si ça prend plus de temps, parce qu'on n'est pas obligé de devenir végétarien du jour au lendemain. Ça peut se faire sur un repas la semaine, puis deux, puis trois. Et enfin, d'adapter différents repas ou de chercher aussi des substituts. Commencer aussi par essayer certains substituts. Et puis, ça se ferait naturellement. Je pense qu'il n'y a pas trop de questions à se poser. Vraiment, se faire confiance et laisser faire naturellement les choses.
- Speaker #0
Est-ce que tu as en tête des ressources qui, toi, t'ont aidé à l'époque ?
- Speaker #1
Finalement, quand on regarde sur Internet maintenant, il y a beaucoup, beaucoup de personnes qui ont des blogs de cuisine. Donc c'est aussi une manière de pouvoir se renseigner auprès d'autres personnes, de voir des choses qui fonctionnent, qui fonctionnent moins, de prendre des idées, les adapter aussi. Donc là, c'est pour le côté vraiment blog culinaire. Je pense qu'il y en a vraiment beaucoup, beaucoup. Et on est vraiment pas mal de parents quand même, avoir des enfants ou être végétarien. Là, il existe quand même pas mal de sites internet. Et après, il y a un livre aussi qui est très bien, qui s'appelle « Nourrir son enfant autrement » . de Sandrine Constantino. C'est un livre qui, je pense, peut aider beaucoup de parents qui sont justement en demande d'informations de ce type.
- Speaker #0
Et donc, dans ce livre, elle nous donne des techniques de comment faire manger des légumes, par exemple, ou sur les apports aussi, ce genre de choses.
- Speaker #1
Il y a surtout des conseils nutritionnels, des manières d'éviter aussi des aliments, par exemple, les aliments transformés, et aussi beaucoup de témoignages. Les témoignages, je trouve qu'ils sont importants aussi pour pouvoir justement se dire, on n'est pas seul dans le bateau, on est beaucoup à ramer et ramons ensemble.
- Speaker #0
C'est une belle phrase pour finir cet épisode, puisque ça va bientôt être l'heure de se quitter. Merci beaucoup pour toutes tes réponses. Je pense que ça va être très précieux pour les personnes qui nous écoutent. Avant qu'on se quitte, parce qu'on ne va quand même pas se quitter comme ça, je te pose quelques dernières petites questions, qui sont des questions assez simples, qui sont à répondre du tac au tac, et que j'ai posées à toutes les personnes qui sont passées autour de cette table verte. Dès que tu es prête, tu me dis.
- Speaker #1
Ah bah non, non.
- Speaker #0
Quelle est la recette que l'on peut voir le plus souvent à ta table ?
- Speaker #1
C'est une assiette composée, une assiette qui est même très complète. Ce sont des boulettes de lentilles avec une purée de brocoli et des frites de patates douces. Et donc vraiment celle qui a vraiment le grand succès chez moi, c'est la purée de brocoli. Si tu reçois une dizaine d'invités à ta table avec des régimes complètement différents, quel plat tu cuisines pour mettre tout le monde d'accord ? Je dirais un apéro dînatoire.
- Speaker #0
Ah, ça m'embête, c'est ma question d'après. Voilà. Ok, on va rester sur l'apéro dinatoire et je te demanderai après de le décrire un peu plus. Si je t'invite pour le goûter, qu'est-ce que je dois mettre sur la table pour être sûre que tu viennes ?
- Speaker #1
Un cookie.
- Speaker #0
Ok. Lorsque tu organises un apéritif dinatoire, qu'est-ce que l'on peut grignoter à ta table ?
- Speaker #1
Une de mes recettes phares, le beurre de champignons. Beurre de champignons à la noisette.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous le décrire un peu ?
- Speaker #1
C'est une recette toute simple, c'est une recette vraiment toute bête. On fait revenir des échalotes avec des champignons à la poêle avec un peu de persil, de l'ail. on les mixe avec une cuillère à soupe de purée noisette et on a un beurre de champignon prêt en quelques minutes seulement et qui fera l'unanimité
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a d'autres choses qu'on peut grignoter à ta table ?
- Speaker #1
Les blinis de sarrasin sans gluten qui font pareil l'unanimité et qui se marient aussi bien avec le fameux beurre de champignon mais aussi n'importe quel houmous
- Speaker #0
Et je te pose une dernière question pour finir Si tu n'avais aucune contrainte, à quelle table rêverais-tu de manger ?
- Speaker #1
Peut-être une table où justement il y aurait toutes sortes de fruits et légumes et toutes les textures possibles Merci.
- Speaker #0
Pas mal. Tu restes dans le thème en plus. Eh bien, merci beaucoup pour cet échange. Je trouve que cet épisode montre à quel point nourrir ses enfants, ce n'est pas juste leur donner à manger. C'est aussi leur transmettre une relation saine, détendue et joyeuse avec l'alimentation. Tu l'as dit plusieurs fois, ça ne doit pas être une contrainte et l'enfant doit être libre de ce qu'il fait. Il n'y a pas de parent parfait, mais il y a des parents qui essaient, qui ajustent, qui avancent et tu es un très bel exemple de ça. Je te redonne la parole une dernière fois si tu veux ajouter une petite phrase de conclusion à cet épisode.
- Speaker #1
lâchez prise pour tout le monde lâchez prise les parents on n'a pas de parents parfaits comme tu le disais il n'y a pas d'enfants parfaits non plus alors surtout ne pas viser la perfection avancez doucement acceptez les phases difficiles et se rappelez surtout qu'un enfant ne se construit pas sur un repas merci
- Speaker #0
beaucoup c'est très joli merci à toi merci aussi à vous de nous avoir écouté j'espère que cet épisode vous aura donné des idées du réconfort et l'envie de tester à votre rythme on se retrouve très vite pour un nouvel épisode de Table Verte D'ici là, prenez soin de vous et n'oubliez pas de vous amuser en cuisine.