Speaker #0Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation Peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue dans un nouvel épisode du Pas de Côté. Aujourd'hui... J'avais envie d'aborder le sujet de la grossophobie et le sujet de la grossophobie internalisée et de comment ça impacte tout le monde ou non. En fait c'est un truc que je vois passer régulièrement. Disons qu'il y a des militantes anti-grossophobie qui sont... elles-mêmes des femmes grosses qui, à juste titre, militent sur le sujet et amènent plein d'infos très intéressantes. Et puis, sous les postes de ces personnes-là, je peux voir des précisions, des commentaires qui viennent dire « Oui, mais attention, tout le monde en souffre, de la grossophobie, puisque c'est aussi à cause de ça, par exemple, que... » On va développer des troubles alimentaires parce qu'on a tellement internalisé la grossophobie que du coup, on a trop peur de devenir gros et qu'on veut maigrir et on développe des TCA. Et donc finalement, quelqu'un qui souffre d'anorexie souffre aussi de la grossophobie ambiante. Et en fait, je vois certaines militantes... anti-grossophobie, qui sont des femmes grosses, qui ne sont pas d'accord avec ce discours. Et c'est vrai que je vais avoir du mal à dire je suis d'accord, je ne suis pas d'accord. Et puis je ne suis pas une femme grosse, donc je ne suis pas la mieux placée pour en parler. Mais justement, de ma place d'alliée, de femme qui n'est pas grosse, mais qui cherche vraiment à être une alliée de cette question-là, j'ai envie d'en dire quelque chose. En fait... En tant que personne mince, non grosse, on internalise effectivement l'agrossophobie et ses normes. Donc en fait, on la fait sienne et on la prend comme quelque chose de normal. C'est ça, internaliser finalement, c'est qu'il y a des choses qui sont dites dans notre société et on les fait nôtres. On a internalisé le fait qu'être gros, ce n'était pas bien. C'est un peu nul de dire ça comme ça, c'est pas bien. Mais vous voyez ce que je veux dire ? Être gros, soi-disant, problème de santé, manque de volonté, blablabla. Donc, ok, on internalise ça. On ne fait pas que l'internaliser. Une fois qu'on l'a internalisé, on le diffuse autour de nous. On participe à une forme de grossophobie. Quand on s'autocritique face à nos enfants ou à des proches parce qu'on aurait grossi ou je ne sais quoi, on est en train de diffuser. de la grossophobie autour de soi. Bon. Certes, le fait d'avoir internalisé ça, on peut se dire que c'est chiant, ça complique la vie, ça apporte une forme de... Comment je pourrais dire ça ? Moi je trouve pas mieux que de dire que ça complique la vie, c'est clair. Voilà, c'est chiant d'avoir internalisé ça. Mais, si on n'est pas une personne grosse, alors, est-ce qu'on peut dire... Qu'on subit nous aussi la grossophobie, est-ce que c'est pas un peu délirant quand même de dire ça ? Et c'est en ça où j'avais envie de vous emmener avec moi dans cette réflexion, à ce qu'on essaie ensemble de faire un pas de côté et de regarder ce truc-là. Vraiment, j'arrive pas avec une réponse toute faite, vraiment pas. Ni l'envie de vous imposer une réponse qui serait une forme de vérité. C'est vraiment l'idée de réfléchir ensemble à ça. En fait, moi, le parallèle que je fais, et c'est sans doute pas la première fois que vous m'entendez le faire, c'est le parallèle avec la couleur de peau et le racisme. Je veux dire, on a tous internalisé... malheureusement, une forme de racisme. Mais qu'on le veuille ou non, vous pouvez bondir de votre chaise et dire « Non mais ça va pas, moi je suis pas raciste, nanana » Mais putain, en tant que personne non racisée, en tant que personne blanche, on a internalisé des normes racistes. Le truc c'est que aussi, en tant que personne racisée, mais tout comme si je prends encore un autre exemple, la misogynie, la misogynie ambiante d'une société patriarcale. On l'a aussi internalisé. Et on a beau être une femme, on a internalisé de la misogynie. Exemple, on va dans les milieux médicaux, mais même en dehors, on va toujours partir du principe qu'une femme est plus douillette, entre guillemets, supporte moins bien la douleur. Ça a des grosses conséquences parce que dans les gens à l'hôpital, on va moins facilement donner des antalgiques aux femmes parce qu'on a ces biais-là et on part de ce principe-là. On va peut-être avoir internalisé que les femmes conduisent moins bien, alors que clairement ce sont les hommes qui sont largement responsables des accidents, des graves accidents. Je vous donne ces exemples-là, pris complètement au hasard, c'est ceux qui me viennent en tête, mais pour vous dire qu'on peut être une femme et avoir internalisé de la misogynie. On peut être une personne racisée et avoir internalisé du racisme. Et on peut malheureusement être une personne grosse et avoir internalisé la grossophobie. Et ça va jouer sur la façon dont on se parle à soi-même. Mais, mais, mais, mais, mais, être une personne grosse, ça fait de soi une personne qui va en souffrir de la grossophobie. Être une personne racisée, ça fait qu'on va en souffrir du racisme. Une personne blanche ne va pas souffrir du racisme. Elle n'a aucune idée de ce que c'est de le vivre dans ses tripes. Elle peut l'observer de loin. Elle peut essayer de se déconstruire, d'observer ses biais racistes. Mais elle ne saura pas ce que c'est que de vivre le racisme. Être un homme ne permettra pas d'expérimenter la misogynie ambiante dans laquelle on vit, on grandit en tant que fille et femme. Donc en fait, j'essaie de faire ces parallèles-là pour amener à réfléchir, parce que pour moi, il y a des choses qui sont inévidentes. Par exemple, le racisme, je trouve que c'est très très évident. Et du coup, je me dis, moi ça m'aide en tout cas de faire le parallèle entre racisme et grossophobie pour essayer de mieux comprendre quoi. et de comment on est censé se positionner en tant qu'allié. Et moi qui suis thérapeute spécialisée dans les troubles alimentaires, bien sûr que je sais que c'est la grossophobie, et la grossophobie comme étant quelque chose qui découle du culte de la minceur, bien sûr que c'est tout ça aussi qui crée des troubles alimentaires à tour de bras et tellement de difficultés pour énormément de femmes. Mais il n'empêche que ces femmes... Si elles ne sont pas grosses, alors elles ne vivent pas cette grossophobie ambiante et quotidienne qu'une femme grosse est obligée de vivre. Ou un homme gros, bien sûr. Je dis femme parce que je m'adresse principalement aux femmes. Et voilà, ça me semble important de vraiment peser nos mots et de faire attention à ce qu'on peut amener. En fait, je crois que la grossophobie, c'est un fléau, vraiment un putain de fléau. Je crois que c'est quelque chose qui nous pourrit la vie à tous, mais comme le racisme, comme la misogynie. Le racisme, ça pourrit notre planète, ça pourrit nos rapports humains. Donc oui, le racisme, s'il disparaissait, ça ferait du bien aussi aux personnes blanches, tout comme si la misogynie disparaissait, ça ferait aussi du bien aux hommes. Petite parenthèse, le féminisme, c'est pas vouloir détruire les hommes, c'est vouloir réussir à vivre différemment ensemble, en fait. Et je pense que, je vais bientôt refermer cette parenthèse, mais si on ne vivait pas dans une société patriarcale comme la nôtre, tout le monde s'en porterait mieux, y compris les hommes. Eh bien, voilà, bien sûr que si on lutte contre la grossophobie, ça fera du bien à tout le monde, entre guillemets, aussi aux personnes qui ne sont pas grosses, aux personnes minces. Mais les personnes qui subissent la grossophobie, ce sont les personnes grosses. Et si on a intérêt à lutter, c'est pour le bien commun. Mais c'est, j'ai envie de dire, avant tout pour stopper ces discriminations qui sont vraiment inacceptables. En fait, ça me donne envie de refaire un épisode long sur le sujet. Donc, je vais réfléchir. Peut-être que cette fois-ci, je partirai sur des témoignages de vous toutes qui m'écoutez, toutes les femmes grosses qui m'écoutent, et qui auraient envie d'amener des morceaux de témoignages de c'est quoi en fait la grossophobie du quotidien, et c'est quoi aujourd'hui, encore en 2026, de vivre dans un corps gros. Voilà, parce que je pense que c'est important qu'on... Qu'on s'instruise sur le sujet. J'ai l'impression qu'on minimise, mais tout comme je refais une dernière fois ce parallèle, je crois qu'on minimise énormément le racisme. Mais d'ailleurs, j'en ai pas parlé là, j'aurais pu aussi, la lgbthophobie. Il y a plein de discriminations encore ultra présentes dans notre société qui sont largement trop minimisées. Et je pense que pour conclure sur cet épisode, je crois qu'il est de... Notre responsabilité à tous de faire attention à la manière dont on aborde la question de la grossophobie, parce qu'il ne s'agit pas de prendre la place de l'autre dans les luttes, avoir l'impression de comprendre ce que vit l'autre et du coup de parler de sa place, parce que c'est ça en fait le glissement, c'est que du coup quoi ? Il va y avoir plus que des personnes minces qui parlent de ce que vivent les personnes grosses. Tout comme il y a beaucoup de personnes blanches qui parlent de ce que vivent les personnes racisées, je pense qu'il faut faire très attention à ça. Et c'est pour ça que le choix des mots et la nuance, ça me semble important. Et donc je viendrai vers vous, je pense, incessamment, sous peu, pour vous inviter à parler de grossophobie en tant que personnes concernées. Mais déjà, si vous m'écoutez et que ça vous donne envie, que ça vous parle, Vous avez envie de... Balancez vos témoignages, je dis balancez, c'est pas pour rien parce que j'imagine aussi potentiellement la haine, la colère qui peuvent animer dans ces cas-là. N'hésitez pas à m'écrire sur Instagram ou à écrire sur l'adresse mail du podcast que vous trouverez en description, podcasttca.com. Bon sur ce, je vais arrêter là, j'ai vraiment l'impression que cet épisode était brouillon. pardonnez-moi, c'est aussi le jeu de ces épisodes du Pas de Côté qui ne sont pas préparés, genre des fois le sujet il me vient 30 secondes avant et je pars marcher et je parle comme si j'étais en train de marcher avec vous et qu'on cherchait à discuter de ça n'hésitez pas à me faire vos retours, à venir vers moi si vous souhaitez témoigner et puis d'ici là, bien sûr prenez soin de vous autant que possible, ciao