- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres, bien dans leur basket. Augmentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue dans un nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, j'ai une invitée avec moi. qui va se présenter après. Je suis très contente, c'est une personne que j'ai eu la chance d'accompagner pendant quelques mois et là ça fait quelques mois finalement que j'ai eu quelques nouvelles par WhatsApp mais on ne s'est pas reparlé depuis quelques mois donc ça explique aussi que je sois d'autant plus contente. Bienvenue Élodie.
- Speaker #1
Bonjour, alors je me présente, je m'appelle Élodie, je vais avoir 46 ans dans quelques jours et je suis une maman de... trois filles qui ont des besoins particuliers. Et je suis mariée. Et voilà. Je ne sais pas quoi dire d'autre.
- Speaker #0
Et je crois que vous avez aussi un autre membre dans la famille depuis peu.
- Speaker #1
Oui, on a un chien depuis trois mois. Mais c'est comme si elle faisait partie de la famille depuis toujours. Alors voilà. Elle aussi, elle est particulière.
- Speaker #0
C'est vrai ? Décidément ?
- Speaker #1
Oui, en fait, on a pris une race de chiens hyperactifs. Donc voilà. C'est génial.
- Speaker #0
C'est quoi comme race de chien ?
- Speaker #1
Instaphi.
- Speaker #0
Ok, je ne connais pas du tout, mais j'ai entendu parler d'autres chiens, je m'y intéresse en ce moment, et de chiens qui auraient beaucoup, beaucoup, beaucoup de besoins, effectivement, donc je me renseigne. Et vous le saviez avant de l'adopter ?
- Speaker #1
On savait, mais on ne savait pas que c'était autant, en fait.
- Speaker #0
Puis après, il y a le caractère propre de l'animal, bien sûr.
- Speaker #1
Oui, elle s'est très bien intégrée à la famille, parce qu'elle correspond quand... complètement au caractère des gens d'ici.
- Speaker #0
Tout le monde est comme ça.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Si tu es venue vers moi il y a quelques temps, je ne me souviens même plus quand c'était maintenant, c'est que tu rencontrais des difficultés avec l'alimentation, notamment, et aussi avec ton corps. J'aime bien commencer mes interviews par remonter dans l'enfance et j'aimerais bien savoir de quoi tu te souviens, toi, quand tu étais petite. Quel souvenir tu as dans ton rapport au corps et à l'alimentation ?
- Speaker #1
En préparant ce podcast, j'ai beaucoup réfléchi justement. Et en fait, quand j'étais enfant, je n'avais aucun problème avec mon corps. Même, j'ai une petite anecdote, c'est que j'ai une sœur qui a deux ans de plus que moi. Et quand on allait faire les magasins, ma mère nous habillait pareil. Et elle mettait du 10 ans parce qu'elle avait 10 ans et moi je mettais du 12 ans alors que j'en avais 8. Et pour moi, ce n'était pas du tout... grave en fait de mettre des tailles au-dessus. Je pensais que c'était par rapport à la maturité. Donc, comme on me disait toujours que je faisais plus âgée que ma sœur, j'étais persuadée qu'en fait, je m'étais du 12 ans parce que je faisais plus âgée que ma sœur.
- Speaker #0
Mais c'est génial ça !
- Speaker #1
Et donc, moi, j'ai toujours été ronde. Je le sais parce qu'on me l'a dit, mais dans mon corps, ça allait très très bien. Je n'avais aucun souci. Et après, par la suite... Je ne me suis pas rendue compte que je commençais à avoir des troubles alimentaires. Et c'est à 13 ans, ma mère m'a emmenée pour la première fois chez Wet Witchers pour me mettre au régime. Et c'est à partir de là que je suis devenue omnubilée par la nourriture.
- Speaker #0
Et avant ça, tu te souviens du rapport que tu avais avec la nourriture ?
- Speaker #1
Oui, en fait, je t'ai envoyé un message il y a quelques jours pour te dire que j'avais compris quand est-ce que mes troubles alimentaires avaient commencé. Et en fait, ma maman a eu une maladie d'une semaine ou deux où elle n'a pas pu s'occuper de nous. On était cinq enfants et il y avait mon père. Et moi, j'avais huit ou neuf ans et je savais faire toutes les tâches ménagères de la maison. Donc, c'est moi qui ai pris son rôle tout le temps où elle était malade. Et suite à ça, je pense que j'ai commencé les troubles alimentaires parce que... Mon début de vie était compliqué. Je voulais vraiment que mes parents m'aiment. Je faisais tout pour que mes parents m'aiment. Je suis devenue une fille d'intérieur. Je faisais tout avec ma mère. Elle fasse attention à moi. Et après cet épisode, comme rien n'a changé, je pense que j'ai commencé à beaucoup manger. Je me cachais pour aller chercher de la nourriture le soir. Je mangeais dans la salle de bain en secret, dans ma chambre en secret. Et voilà.
- Speaker #0
Et tu dis qu'on te disait, quand tu parlais du rapport au corps tout à l'heure, tu disais qu'on te disait que j'étais trop ronde. Mais moi, je me sentais bien. Qui est-ce qui te disait ça ?
- Speaker #1
Ma famille. Parce que je suis née dans une famille de gens qui ont des problèmes avec leur physique et leur alimentation. Donc en fait, pour eux, c'était un problème d'avoir des enfants gros. Et voilà, c'était verbalisé, clairement.
- Speaker #0
Ok. Oui, ce qui peut expliquer le lien que tu faisais en voulant à tout prix leur plaire et correspondre. Et du coup, Weight Watcher a 13 ans alors ?
- Speaker #1
Oui, je m'en souviens très bien. On a passé toute la séance et puis en sortant, ils avaient parlé de nourriture pendant une heure. J'avais qu'une envie, c'était d'aller manger. Donc, j'ai demandé à ma mère d'aller à la boulangerie et ça ne lui a pas plu.
- Speaker #0
Tu m'étonnes. Elle t'emmène pour commencer un régime et toi, tu sors et tu demandes la boulangerie. Et du coup, tu te souviens comment ça s'est passé par la suite ?
- Speaker #1
En fait, j'ai beaucoup grossi tout au long de ma vie. Et... À 18 ans, je faisais du 54 en vêtements. Et pendant tout ce temps, ma mère a essayé plein de choses pour essayer de me faire perdre du poids.
- Speaker #0
Et elle, elle essayait des trucs et toi, tu essayais aussi ?
- Speaker #1
Ah, mais moi, je jouais le jeu. Mais bon, c'était... Par exemple, les gâteaux de régime, pour moi, c'était un gâteau comme un autre. Donc, j'avais ma journée plus les gâteaux de régime qui étaient censés remplacer les repas, les choses comme ça.
- Speaker #0
Ah oui, ce que tu appelles les gâteaux de régime, c'était des barres ou des trucs qui étaient censés... Oui,
- Speaker #1
les substituts de repas.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'était très à la mode, ça, à l'époque. Il y avait les sachets en poudre aussi.
- Speaker #1
Non, ça, elle n'a pas essayé. Surtout, elle m'achetait des gâteaux à goût citron. C'était vraiment horrible. On aurait dit du carton, des choses comme ça. Mais en fait, moi, comme je n'avais pas l'envie de perdre du poids... J'avais l'envie esthétiquement parce que je ne ressemblais pas à mes copines. Mais en vrai, souvent dans ton coaching, tu demandes, quand on aura perdu du poids, qu'est-ce qu'on ferait de plus ? Moi, j'ai toujours tout fait. Mon corps ne m'a jamais empêchée de rien faire. Donc, c'était vraiment que l'esthétique mon problème.
- Speaker #0
Ok. Et cette envie esthétique, elle prenait beaucoup de place ou pas ? Comment tu te souviens, toi, de ces années-là où finalement... Si je comprends bien, entre 13 et 18 ans, tu n'as cessé de prendre du poids.
- Speaker #1
Moi, j'avais envie de perdre du poids parce que ça paraissait important pour ma mère. Mais en vrai, moi, je le vivais bien. Je n'avais pas de critique en dehors de ma maison. Jamais à l'école, on m'a fait des remarques sur mon poids, sur mon physique. Donc, si les gens à l'extérieur me prenaient comme je l'étais, pourquoi ? Pourquoi changer, en fait ?
- Speaker #0
Et comment ça a continué d'évoluer, alors, pour toi, tant dans le rapport au corps que le rapport à la nourriture dans les années qu'on suivit ? Notamment, quand tu es partie de chez tes parents ?
- Speaker #1
Alors, j'ai raté mon bac quand j'avais 17 ans. Et ma deuxième année de terminale, j'ai énormément pris du poids. Et quand j'ai eu mon bac, ma mère m'a dit qu'on faisait un petit régime pour perdre du poids. Et j'ai dit, OK, allez, on se lance. Franchement, j'étais motivée. Nouvelle vie, tout. Et je suis tombée plutôt dans l'anorexie. C'est-à-dire qu'en une journée, je mangeais un pain pleumousse, un sandwich wet wetcharts, je pense que beaucoup connaissent, avec le pain de mie, le jambon, et un bol de soupe. Voilà. C'était mes seuls aliments pendant... Ça a duré deux mois. Et je suis passée de la taille 54 à la taille 42. et personne n'a fait de remarques en fait. Pour eux, j'étais la même personne. Donc en fait, moi je me voyais maigrir, je me voyais changer et d'après les autres, il n'y avait pas de changement. Donc voilà, ça a été plutôt difficile. Et moi, j'étais toujours chez mes parents. Je suis partie de chez mes parents juste pour aller chez mon mari. Je n'ai pas vécu seule. Donc pendant mes études... Ça a été une grande aventure ces années-là, et du coup je suis descendue à la taille 38. pour remonter à la taille 52. Voilà, en 4 ans. Et après, j'ai rencontré mon mari.
- Speaker #0
4 ans, c'est incroyable. Tu te rends compte de ce que le corps est capable d'endurer. C'est faux.
- Speaker #1
Oui, surtout qu'en fait, je ne me sentais pas mieux dans le 38. C'était une période tellement difficile pour moi, psychologiquement, moralement, qu'en fait, je ne me sentais pas belle. Et je n'ai aucune photo de moi de cette période.
- Speaker #0
personne ne m'a jamais prise en photo ce qui est fou dans ce que tu racontes déjà ça m'a surprise tout à l'heure quand tu disais mais moi j'avais aucune critique à l'école c'était que à la maison souvent c'est un peu l'inverse normalement on est censé grandir dans un environnement où tu vois c'est censé être safe à la maison et souvent on subit des moqueries plutôt à l'école et puis aussi tu disais quand tu as maigri c'est comme s'il ne se passait rien personne n'a rien dit Merci. Alors ça, c'est fou, parce que moi, j'entends tout le temps l'inverse. Dès qu'il y a une perte de poids, tout le monde félicite, etc. Non,
- Speaker #1
pas du tout.
- Speaker #0
Et donc, ce que tu dis, c'est que là, on est sur un bon exemple de yo-yo quand même. Donc, tu t'es baladée à différents poids, différentes tailles de vêtements. Mais ça, c'est pareil. Autant, il y a des personnes qui ont tendance à romantiser les phases d'anorexie, de grande perte de poids, en mode, ah là là, c'était tellement bien, juste parce qu'elles sont minces et en oubliant. toute la souffrance, toute l'horreur et tout ça, toi, à l'inverse, c'est une mauvaise période. C'est comme si tu avais voulu un peu la rayer de ta vie, cette période.
- Speaker #1
En fait, j'ai été mince deux fois dans ma vie, et deux fois dans ma vie, il m'est arrivé des choses horribles. Donc, en fait, j'ai associé le fait d'être mince au fait qu'il m'arrive quelque chose d'horrible. Donc, c'est pour ça qu'être mince, ça n'a jamais été vraiment mon envie. Moi, mon rêve, c'est d'entrer dans n'importe quelle boutique et m'habiller. Ce n'est pas de faire un 38.
- Speaker #0
Oui. Et ta mère ne faisait pas non plus de réflexion ? Elle n'a pas valorisé ta perte de poids ?
- Speaker #1
Non. Non, je n'étais jamais assez mince.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Mais c'est dû à son histoire.
- Speaker #0
C'est dur quand même. Oui. Ok. Et tu dis, tu es passée de chez tes parents à vivre avec ton mari ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que la rencontre de ton mari, le fait de vivre avec lui, ça a changé des choses dans ton rapport au corps, à l'alimentation ?
- Speaker #1
Non, en fait, quand je l'ai rencontré, je me servais de mon corps pour me détruire. Je ne sais pas si certaines personnes ont vécu ça. En fait, c'est un peu un appel à l'aide. On fait n'importe quoi et on espère que tout aille bien. Moi, je l'ai rencontré via une appli de rencontre. Et j'avais mis une jolie photo de moi, 20 ans, mince, blonde aux cheveux longs. Sauf que le jour de la rencontre, il y avait presque 30 kilos de plus. Il n'y avait plus de cheveux. Et j'ai toujours dit à sa place, je serais passée. Et j'aurais fait semblant de ne pas avoir vu la personne. Après, un petit message, je ne t'ai pas vue. Et en fait, il s'est arrêté. Et on a passé une très bonne soirée. On ne s'est plus jamais quitté, en fait. ça m'a fait comprendre que lui que je sois la fille sur la photo ou la fille en vrai il s'en fichait en fait et bon je lui ai fait vivre l'enfer pendant, ben ça va faire 20 ans qu'on est mariés et ça fait 20 ans que je lui fais vivre l'enfer par rapport à la nourriture c'est à dire ? ben j'ai fait beaucoup de régimes donc en fait les petits restos à l'improviste c'était horrible Merci. Parce qu'en fait, je m'en prenais à lui parce que je n'avais pas pu anticiper d'aller au restaurant, de manger plus, les choses comme ça. Après, quand il voulait faire à manger, il y avait toujours trop de matière grasse, trop de calories. Comme c'est une personne qui mange quand elle a envie, il y avait souvent des gâteaux, des trucs comme ça à la maison. Et pour moi, tout était de sa faute. Il ne faisait aucun effort pour m'aider à perdre du poids.
- Speaker #0
Oui, il sabotait ta perte de poids.
- Speaker #1
Oui. Je me privais toute la semaine pour lui faire plaisir le week-end et aller au restaurant. C'était ça, je lui faisais payer.
- Speaker #0
Et vous avez eu des enfants ?
- Speaker #1
Oui, trois filles. J'ai eu deux grossesses où j'ai pris 25 kilos. Je me faisais gronder par le médecin. Et une grossesse où j'ai pris 5 kilos seulement. Et la différence c'est que la grossesse où j'ai pris que 5 kilos, c'est la grossesse où je me suis restreint au maximum.
- Speaker #0
Ah ouais, d'accord.
- Speaker #1
J'ai vraiment fait un énorme effort pour ne pas prendre de poids. Et j'ai réussi, mais beaucoup d'efforts.
- Speaker #0
Tu as été au régime toute ta grossesse. Oui. Et du coup, tu te retrouves maman à devoir nourrir toutes ces petites bouches. Ce n'est pas simple quand soi-même, c'est compliqué avec la nourriture.
- Speaker #1
Oui. En fait, pour ma première, ça a été très facile parce que... Elle mangeait sans se poser de questions en fait. Moi je lui proposais, elle mangeait, elle mangeait pas, c'était pas un drame. Et j'ai fait ça avec les deux petites après parce qu'entre la grande et la deuxième, il y a 7 ans d'écart. Donc quand les deux petites sont nées, j'ai fait pareil, sauf que ma deuxième a pris beaucoup de poids à la naissance de sa sœur. Et on a été voir un médecin qui m'a dit qu'il fallait que je la mette au régime, elle avait 3 ans quoi. Et j'ai eu le réflexe de changer de médecin plutôt que de la mettre au régime. Mais malheureusement, cette idée est restée dans ma tête. Et je crois que sans le vouloir, je l'ai mise au régime à ma manière en fait. Et c'est pour ça que je suis venue te voir. C'est parce que je me suis aperçue que j'avais été trop loin avec elle. Et voilà, elle a énormément pris de poids. Et je pense que c'est malheureusement... le reflet de ce que je pense et ce que je ressens qui l'a fait devenir comme elle est aujourd'hui.
- Speaker #0
T'es venue vers moi il y a un peu moins d'un an, c'était début décembre 2025, tu t'en souviens ? Tu te souviens dans quel état d'esprit t'étais ? Comment c'était à ce moment-là à la maison pour toi avec la nourriture mais aussi avec ton mari, avec tes filles ?
- Speaker #1
En fait... Souvent, les gens prennent des décisions au jour de l'an. Moi, c'est toujours à mon anniversaire. C'est le jour de la rentrée des classes, mon anniversaire, et donc, c'est le retour des vacances. Et jusqu'à maintenant, vacances, prise de poids, donc, au 4 septembre, régime, et on y va, c'est parti !
- Speaker #0
Allez, super !
- Speaker #1
Sauf que l'an dernier, pour mon anniversaire, au lieu de me mettre au régime, j'ai appelé une diététicienne en lui disant, voilà, je vais arrêter de grossir, je vais arrêter de maigrir. Je voudrais savoir comment est-ce qu'on mange normalement ? Donc on a discuté sur les portions dites normales pour une femme et tout ça, et je me suis aperçue que je mangeais toujours pas assez. Et c'était ça mon problème. Et bon, l'année passe, j'essaye des petits trucs, ça marche pas. Et le jour de mon anniversaire, j'avais entendu parler de tes podcasts et de l'alimentation intuitive, et j'ai dit à la famille, on lâche tout le placard à gâteau. On fait tomber le verrou parce que j'avais mis un verrou pour que personne ne mange. Je dis on laisse tomber et on mange ce qu'on veut quand on veut et voilà, on y va. Et en plus, à la rentrée, on a accueilli un jeune homme qui cherchait un lieu pour un stage près de chez nous. Donc c'était un jeune de 18 ans qu'on ne connaissait pas. Donc on a fait tout ça. Avec lui, ça a été très compliqué parce qu'en fait, moi manger devant quelqu'un que je ne connais pas déjà, ce n'est pas facile. Et en plus, on était en train d'expérimenter un truc de fou. Et quand j'ai vu que je prenais du poids, je me suis dit, tu n'as pas tout compris, il faut te faire aider. Et je t'ai contactée. Mais mon mari m'a toujours suivie. Lui, c'est une bonne patte, alors il ne dit jamais rien.
- Speaker #0
Après, il y avait quand même des... Je me souviens que pendant le processus, en tout cas, il y a eu des échanges avec ton mari, plus par rapport à votre fille, en fait.
- Speaker #1
Oui. Oui, parce qu'en fait, peu de temps avant que je te contacte, notre médecin traitant nous a proposé d'intégrer une association pour les enfants en obésité pour faire maigrir notre fille. Et je me suis dit, pourquoi pas ? Ça peut être une bonne solution. Je pensais qu'ils allaient proposer quelque chose de sympathique. et en fait on a été voir la diététicienne elle nous interroge sur comment on mange et la seule solution ça a été moi je ne peux rien te proposer à part le fait de manger moins vite et là j'ai compris que ma fille elle n'avait pas vraiment de problème c'est à dire qu'on mange correctement il n'y a pas de malbouffe entre guillemets à la maison, on ne mange pas au McDo tous les jours le problème c'était vraiment environnemental plus qu'alimentaire Donc, on a quitté l'association. Et puis, voilà. J'ai fait le travail avec toi.
- Speaker #0
Qui, nécessairement, influence la vie de famille au complet. En fait, on bosse toutes les deux. Alors déjà, tu venais me voir pour toi. Mais dès le début, tu m'as parlé de ta fille. Ça, c'est sûr, parce qu'il y avait beaucoup d'inquiétudes par rapport à ça. Et du coup, le travail que tu faisais pour toi, forcément, étant donné que tu es la mère de famille qui gère beaucoup les courses, la nourriture, tout ça, forcément, ça a modifié vos habitudes. Est-ce que tu te souviens de comment ça s'est passé, justement, au début, ces modifications-là ? Parce que c'était quand même des gros changements par rapport au placard à gâteau mis sous verrou, tout ça.
- Speaker #1
Ça a été très dur parce qu'en fait, moi j'avoue, depuis le 1er septembre, j'ai pris une petite dizaine de kilos parce que je suis passée d'une restriction totale à zéro restriction. Donc avant de te contacter, j'avais déjà pris 5 ou 6 kilos et ça me déprimait parce que pour une personne qui veut perdre du poids, en prendre, c'est difficile. Et en fait, à force de faire les exercices... Et surtout de m'apercevoir que je suis née féministe. Parce qu'en refaisant tout mon parcours de vie, je m'aperçois que depuis que je suis petite, il y a plein de choses qui me font réagir, en fait, sur comment on traite les femmes. Et bien, voilà, je vis très, très bien maintenant. Et j'assume de manger tout. C'est vraiment génial, quoi.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a eu des blocages de ta famille ?
- Speaker #1
Alors, mon mari a continué à faire des réflexions sur la nourriture, mais je pense que beaucoup de gens sont comme ça. Quand on mange un peu trop, ils se permettent de le dire. Quand on prend du poids, ils se permettent de le dire, alors que ça ne les concerne pas. Mais... Jamais envers moi. C'est-à-dire qu'il n'a jamais été critique envers moi, mais envers notre deuxième fille tout le temps. Elle prend 200 grammes, ça y est, il est au bord du gouffre en train de se demander comment on va faire pour lui faire perdre ses 200 grammes. Quand elle mange trop vite, il lui fait des réflexions. Et en fait, parce que moi je vivais ce changement, je lui ai fait plusieurs fois la réflexion, mais arrête en fait. C'est comme si tu mettais la tête sous l'eau à quelqu'un qui est en train de se noyer. C'est plus tu la laisseras tranquille et plus elle y arrivera parce que moi je le vis et que j'ai besoin que tu arrêtes ce genre de commentaires. Et pareil pour le physique, quand on allait à la piscine pendant les cours de nos enfants et qu'ils regardaient les femmes passer en disant « Ah là là, celle-là, elle est mieux quand elle est habillée, elle est en maillot » . Et je lui avais fait la réflexion « Mais tu te rends compte de ce que tu viens de dire ? » Ça change quoi qu'elle soit habillée, qu'elle soit en maillot ? Il ne se rendait pas compte que parfois, il faisait des réflexions qui étaient vraiment déplacées.
- Speaker #0
Je crois me souvenir de ta fille. Ce n'était pas des Kinder Bueno, non ?
- Speaker #1
Ah si, j'en ai acheté des kilos. Moi, mon petit truc, c'était les fondants au chocolat.
- Speaker #0
Ah oui, les fondants au chocolat, ça c'est vrai.
- Speaker #1
J'en ai fait beaucoup et puis j'en avais plein mon congélateur. et du coup moi en fait j'en ai mangé que 4 je sais pas combien que j'ai fait et j'ai ma dernière qui est devenue fan donc elle en mange tout le temps et en fait j'ai compris que je pouvais la laisser faire il y a des jours où son petit déj c'est des fondants, son dîner c'est des fondants et que ça passe au bout d'une semaine ça sera lasagne et puis elle va manger des lasagnes pendant une semaine et ainsi de suite grâce à toi j'ai compris que si j'ai Si on se braque et qu'on dit « Non, non, t'as pas gros fondant, faut que tu manges ta soupe, tes pâtes et tout » , en fait, personne n'est heureux. Oui,
- Speaker #0
toi, c'était les fondants, c'est vrai.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui. Et du coup, ça avait été super vite pour les fondants.
- Speaker #1
Mais oui, parce que...
- Speaker #0
C'était tout un truc, mais finalement, hyper vite, le fait qu'ils soient là.
- Speaker #1
Mais parce que j'ai essayé plusieurs fois de... sans me rendre compte de faire ce que tu proposes, mais en fait, quand on est seul, si ça ne marche pas dès la première seconde, on se dit, mais non, ce n'est pas la bonne méthode, il faut passer à autre chose. Et c'est pour ça qu'en fait, j'étais prête à réintroduire plein de choses parce que je savais que c'était la bonne solution.
- Speaker #0
Et du coup, dans la relation à ton corps et à la perte de poids, Comment ça s'est passé au cours de toutes ces semaines ? Parce que j'entends que finalement, au tout début, toi, tu étais bien dans ta peau quand tu étais gamine, mais tu avais des réflexions, il fallait que tu maigrisses, tu suivais les régimes plus ou moins finalement quand même, d'ailleurs plus que moins. pour convenir, pour plaire à ta mère, pour faire ce qu'il fallait. Mais j'entends qu'une fois adulte dans ta vie de couple, tu as continué les régimes. Tu as continué cet objectif de « il faut que je maigrisse » . Quelque part, c'était devenu un truc ancré chez toi.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, comme je n'ai pas été voulue et que je suis un accident de la vie, pour moi, faire partie de la famille, c'est faire comme les autres.
- Speaker #0
C'est faire des régimes.
- Speaker #1
Oui, je n'ai pas réussi à me... à me libérer de tout ça avant de te rencontrer, en fait. Et cet été, j'ai encore eu droit à une réflexion de ma mère, comme quoi j'avais pris du poids, il fallait peut-être que je recommence les régimes. Eh bien, je l'ai envoyé chier. Pour la première fois de ma vie, je lui ai dit que ce n'était pas une solution et qu'il était hors de question que je réessaye un régime.
- Speaker #0
Et alors, c'était comment ?
- Speaker #1
Pour moi, jouissif, mais pour elle, pas du tout.
- Speaker #0
Ah ben, pour elle, ça, on n'en sait rien. Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est de savoir pour toi.
- Speaker #1
En fait, c'était le seul truc qui bloquait encore quand on a arrêté le coaching. C'est vraiment mon rapport avec ma famille, ma mère, mes frères et sœurs. Je ne les vois pas souvent parce qu'il faut monter sur Paris pour les voir. Mais à chaque fois, je me frite avec quelqu'un parce que j'en ai marre d'essayer de correspondre à ce qu'ils veulent. Et puis, on a tous des petits commentaires. Tu dis que parfois, on se parle mal et que s'en rendre compte, ça peut déjà changer les choses. Chez ma mère, on a des rondes serviettes de couleurs et le mien, il est transparent. Et j'ai toujours dit, moi, de toute façon, je suis transparente. Et c'est vrai. En fait, je suis la personne qui s'écrase le plus, qui s'écrasait le plus dans ma famille. Celle qui se plie en quatre pour faire plaisir à tout le monde, quitte à... à y laisser sa santé, parce que j'y ai déjà laissé un peu ma santé parfois. Et en fait, c'est fini tout ça. Maintenant, c'est moi, mon bien-être personnel, le bien-être de mes enfants, et après, tant pis.
- Speaker #0
Et comment ça a évolué ? Même comment tu vas maintenant, tu vois, dans le rapport justement à ton corps et l'envie de perdre de poids ?
- Speaker #1
Alors, mon rapport à mon corps, Pareil, j'avais pris le A-Body que je n'ai jamais fait.
- Speaker #0
Ah bah bravo, je ne te félicite pas.
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, je me suis aperçue que je n'avais aucun problème vraiment avec mon corps. Pendant le coaching, tu m'as dit de regarder les parties de mon corps que je n'aimais pas. Et j'ai toujours su en fait, ce n'est pas vraiment tout mon corps que je n'aime pas, c'est quelques parties. Et ça, ça m'a permis de faire la paix. Alors oui, j'ai envie de perdre du poids parce que... Je ne rentre plus dans mes vêtements d'avant. Et je sais que mon anniversaire arrive. Donc pour moi, c'est une période très critique là-dessus. Donc j'ai fait quelque chose que tu n'aimes pas. J'ai téléchargé une application pour compter les calories, mais pas pour maigrir. Pour être sûre que je mange suffisamment, en fait. Pour ne pas retourner dans mes travers. Parce que c'est trop facile de se retrouver avec une journée à 1200 calories pour moi. Que rester à 2000 calories dans la journée, c'est chaud. Oui,
- Speaker #0
je me souviens de la tisane le soir, que des salades le soir, les fameuses salades, pendant que les autres mangent des bonnes lasagnes faites maison par toi.
- Speaker #1
Oui, mais je continue à manger des salades, mais parce que j'en ai envie, en fait.
- Speaker #0
Mais oui, ben oui.
- Speaker #1
C'est mon corps, le midi, je mange un bon plat, et d'ailleurs, mon plat du midi a doublé de volume. Et le soir, je mange une salade. parce que comme je sais que j'ai rarement des légumes dans mon assiette le midi, je mange mes légumes le soir tranquillement.
- Speaker #0
Et ça ne te fait pas peur d'avoir téléchargé cette application même si j'entends bien que la volonté n'est pas du tout la même, mais tu vois, il y a quand même une sorte de surveillance, de comptage. C'est un truc que tu t'es dit, je le fais pendant quelques temps autour de mon anniversaire et après j'arrête. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Je t'avais expliqué, là au mois de mai, j'avais été voir mon médecin pour... des antidépresseurs parce que ça n'allait pas. Et je me suis dit que dans le même style, en fait, cet appli pouvait être mon garde-fou. Je sais que du 15 août au 15 septembre, c'est une période très critique pour moi. Donc voilà. Mais d'ailleurs, je n'arrive même pas à rentrer mes données dedans tellement ça me saoule. Donc je l'aime, mais je ne m'en sers pas vraiment. Il y a des jours où je m'en sers parce que je sais que j'ai toujours cette petite voix qui me dit « Allez ! » On va manger un peu léger, il y a les tecs qui arrivent, mais non.
- Speaker #0
Mais je pense que j'aurais toujours envie de perdre du poids parce que oui, j'ai des kilos en trop. Et je le ressens dans ma façon de vivre. Là, j'ai repris le sport et avec 20 kilos de plus, c'est chaud. Donc voilà, là, je me dis, ouais, perdre du poids parce que tu souffres pendant les séances de sport, ça, c'est OK.
- Speaker #1
Après, reste la question qu'on a longuement abordée. toutes les deux. Parce que c'est pas tant le problème... Enfin, si, c'est quand même... Ça peut être le cœur du problème, le pourquoi tu veux perdre du poids, mais même si c'est pour de bonnes raisons, entre guillemets, reste la question de bah oui, mais par quoi ça passe, en fait, tu vois ? Et qu'est-ce que tu mets en place ?
- Speaker #0
Ben, pour l'instant, rien.
- Speaker #1
Ben oui, mais parce que la perte de poids volontaire, on sait que même chez quelqu'un qui n'a jamais eu de TCA, elle peut dérégler le comportement alimentaire. Donc, chez quelqu'un qui a un passif de trouble alimentaire, c'est d'autant plus vrai.
- Speaker #0
Oui, mais c'est peut-être... Je pense que les personnes qui sont guéries des TCA, ils doivent se dire parfois qu'ils sont sur la brèche parce qu'il y a toujours un moment où on se dit « J'aimerais perdre du poids. » Et après, il y a la petite voix qui dit « Non, mais laisse tomber. » « T'es bien comme ça. » Et en fait, on vit sur cet équilibre de « J'ai envie de perdre, j'ai pas envie de perdre. » Et c'est ça. Moi, je sais que je souffre aux séances de sport, mais en dehors du sport, le poids, il ne me gêne pas du tout.
- Speaker #1
Et puis, les séances de sport, si tu reprends des séances de sport, c'est peut-être aussi pour ça qu'il y a de la souffrance. Alors, bien sûr, faire une séance de sport, tu fais exactement la même. Et puis, quelques temps après, tu refais cette même séance avec 20 kilos de plus. Je ne vais pas dire, ah non, ça ne compte pas. Bien sûr, ça compte. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi l'entraînement du corps au niveau du cardio. tu vois, les muscles, tout ça. Donc, normalement, ça devrait aller de mieux en mieux en séance de séance. Oui,
- Speaker #0
oui, normalement, j'espère.
- Speaker #1
Normalement, voilà, le fait de reprendre l'habitude devrait améliorer les sensations pendant que tu les fais. Et du coup, avec l'alimentation, comment ça se passe aujourd'hui pour toi ? Déjà, dans un premier temps, puis après, au niveau familial aussi, je veux bien que tu me dises.
- Speaker #0
Alors, pour moi, petit exemple que je donne à tout le monde, le paquet de M&M's j'ouvre, je le mets dans un bol et c'est un M&M's par jour quand j'ai envie d'une touche sucrée à la fin du dîner ou à la fin d'un repas si j'ai envie d'une touche sucrée je mange un M&M's et je pense que très peu de personnes sur cette planète réussissent cette épreuve et
- Speaker #1
toi avant c'était comment avec les M&M's ?
- Speaker #0
ah bah moi devant les gens je mangeais un M&M's rien que pour expliquer quand ma numéro 2 est née, je savais que j'avais des amis qui allaient venir à l'hôpital et j'ai pris un bocal avec des fraises Tagada et un bocal avec des M&M's pour offrir, bien sûr, aux gens qui venaient me rendre visite. Bon, le lendemain de la naissance, il ne restait plus que les fraises Tagada.
- Speaker #1
Et ce n'est pas les gens qui les avaient mangées ?
- Speaker #0
Ben non, parce que, ben oui, devant tout le monde, je mangeais un M&M's. Et puis, dès que la porte était fermée, je mangeais tout le paquet. Parce que toute la journée, j'y avais pensé. Je m'étais dit, non, non, surtout pas. Et en fait, je finissais par le manger.
- Speaker #1
Ça en dit beaucoup sur ta personnalité, l'exemple que tu viens de donner. Il n'y a quand même pas beaucoup de personnes qui vont pour accoucher à l'hôpital et qui disent, oh là, il faut que je prévoie d'acheter des bonbons DM&M's pour les gens qui vont me rendre visite. C'est aux gens de t'amener des cadeaux. Tu viens de donner naissance à un enfant.
- Speaker #0
Non, mais j'ai fait pire que ça. Mes enfants et mon mari ont eu des cadeaux tous les jours où j'étais absente.
- Speaker #1
Oh, trop mignon.
- Speaker #0
Mais voilà, c'est... Moi, j'en parle avec mes collègues parce que, comme tu as remarqué, je parle très facilement de tout. Les gens sont au courant de presque toute ma vie. Et au travail, je parle beaucoup de cet épisode du M&M. Et quand ils me disent « Ah, tu as une volonté » , je dis « Mais arrêtez, ce n'est pas du tout une volonté. C'est que j'ai plaisir à en manger un, deux, mais ça ne me fait pas plaisir de manger de paquets. »
- Speaker #1
C'est tout l'inverse de la volonté. C'est ça que les gens n'arrivent pas à percevoir, en fait.
- Speaker #0
Ce n'est aucun effort. On m'avait dit il y a quelque temps... pour arrêter les TCA, c'était d'autres coachs, tu as des bonbonnières pleines de bonbons et de chocolat sur ta table et comme ça, tu n'auras plus envie. Jusqu'à ta rencontre, je les dégommais régulièrement, je les re-remplissais, il n'y avait pas de souci. Et là, maintenant, je m'achète des chocolats et quand j'ai envie, je mange un chocolat et ça me fait un mois, une semaine, je ne sais pas trop en fait.
- Speaker #1
Oui. Et quand tu donnais l'exemple tout à l'heure d'M&M's, tu dis... Tu disais que tu les dégommais dès que tu étais toute seule parce que tu y avais pensé toute la journée et tout. Ça, c'est pareil. Comment c'est aujourd'hui par rapport à la place de la nourriture dans ta tête ?
- Speaker #0
Au début du coaching, tu dis que normalement, on doit penser à la nourriture que quand on commence à avoir faim. C'est un des premiers symptômes de la faim. Je m'aperçois que je ne pense à la nourriture, oui, que quand j'ai faim. C'est-à-dire que je passe une vie sereine. Je disais ça hier, ah non, c'était ce matin, la personne qui me fait les ongles. Moi, je me levais le matin, je faisais un planning du mois à venir, ce que je vais manger. Comment je vais pouvoir anticiper un repas sur l'autre, une sortie, quelles courses on peut faire, quelles recettes on peut échanger pour que ce soit plus léger. Vraiment, je prévoyais la vie de famille sur des jours, des mois.
- Speaker #1
Et tu prévoyais ça la nuit, d'ailleurs on va en parler après. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. Et maintenant, j'avoue que depuis trois mois, mon frigo est tout en vide. Et au moment du repas, je fais bon, on fait quoi à manger ? Je n'ai plus d'anticipation, tout est à la one again. En fait, je ne me reconnais plus du tout parce que comme je n'ai pas faim, comme je ne pense plus à la nourriture, c'est au moment où j'ai faim que je m'aperçois que je n'ai rien à manger chez moi.
- Speaker #1
Donc tout le monde, résultat, merci Flavie, tout le monde crève de faim à la maison, il n'y a rien à manger.
- Speaker #0
Non, on ne mange plus souvent des pâtes. Chose qui était interdite avant, parce que les pâtes, ça fait grossir, bien sûr.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Non, mais c'est fou. Moi, ce que je trouve hallucinant avec les troubles alimentaires en général, mais avec tout ce qui se met en place, c'est qu'il y a des choses, on a l'impression que c'est identitaire. Par exemple, le fait de tout anticiper à l'avance et tout. Alors oui, clairement, tu es quelqu'un qui anticipe. et on sent qu'il y a vraiment la gestionnaire de la vie de famille. Mais surtout ce qui se passe autour des repas, quand on voit comment ça a basculé, on se rend compte que finalement, là, ce n'était pas tant ta personnalité qui s'exprimait, c'était de l'anxiété, de la volonté de contrôler cette partie-là à fond.
- Speaker #0
Oui, il fallait qu'il y ait toujours dans mon placard ou dans le congélateur, un plat light pour moi. Parce que sinon, je bouffais tout le monde. Si quelqu'un mangeait mon plat, ça devenait dramatique pour moi.
- Speaker #1
C'est cool de pouvoir remanger comme tout le monde si on le souhaite.
- Speaker #0
Et même maintenant, quand on va au restaurant, avant, je prenais toujours le plat le plus calorique parce que quitte à payer, autant payer pour un truc qu'on ne mange pas à la maison. Maintenant, je prends le plat qui me plaît. Et même parfois, je me retrouve dégoûtée au bout d'une certaine quantité parce que j'ai plus faim qu'avant. Comme je ne mangeais pas du tout par plaisir et je ne me rendais pas compte de ce que je mangeais, j'étais capable de dégommer le plat, prendre un dessert et finir malade.
- Speaker #1
Et donc, on parle des nuits aussi quand même parce qu'au tout début, moi où je t'ai rencontrée, Tu avais quand même des gros problèmes d'insomnie. D'ailleurs, il y avait beaucoup de crises qui avaient lieu la nuit. Oui. Et tu « travaillais » pour ton job familial, on va dire ça comme ça. Tu organisais la nuit. C'était fou, quoi.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, toujours par rapport à ma mère, ma mère est insomniaque. J'ai une de mes sœurs qui est insomniaque. Donc, moi, je m'étais dit, c'est héréditaire. C'est comme ça. Tu ne feras jamais tes nuits. Tu ne dors jamais tes nuits ? Non, mais c'est ça.
- Speaker #1
Comme un bébé, tu sais.
- Speaker #0
Moi, ça faisait dix ans, en fait, depuis la naissance de ma numéro deux, que je n'avais pas fait mes nuits parce qu'elle dormait quatre heures par jour. Donc, en fait, la nuit, je m'occupais d'elle et puis c'était devenu vraiment habituel. Donc, je me suis dit, voilà, c'est ta nature. Tu ne dors pas, autant en profiter. Et oui, j'organisais toute ma vie de famille la nuit. Je mangeais beaucoup. Et tu m'as dit qu'on ne pouvait pas bien dormir si on n'avait pas bien mangé. Donc, j'ai commencé à manger plus le soir. Et maintenant, je passe des mauvaises nuits quand je n'ai pas assez mangé ou quand j'ai trop mangé. Oui.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Mais en fait, maintenant, mes insomnies, c'est les insomnies qui font partie de mon cycle féminin. Mais sinon, il n'y a rien du tout. Je dors très bien.
- Speaker #1
Alors ça, moi, ça m'avait marquée. Parce que vraiment... Et puis moi, tu te présentes comme quelqu'un d'insomniaque. Je ne prétends pas. Je ne suis pas une experte en sommeil. Rien. Donc, je ne prétendais pas régler ce problème-là, si tu veux. Mais je me souviens que tu m'avais dit aussi que quand même, avec ton mari, vous alliez régulièrement vous coucher en ayant faim.
- Speaker #0
Oui, mais c'est normal. Combien de fois on m'a dit ben oui tu dois sortir de table avec la faim au ventre parce que sinon c'est que t'as trop mangé donc moi j'avais intégré le truc et avec mon mari comme on était tous les deux à avoir faim c'est que c'était normal s'il y avait eu que moi je me serais dit bon il y a un truc qui cloche mais voilà du
- Speaker #1
coup moi ça m'avait un peu choqué déjà cette phrase elle me choque, c'est comme si on me disait tu dois sortir des toilettes avec encore l'envie de faire pipi quoi enfin tu vois je Pour moi, ça n'a aucun sens. On est censé répondre à un besoin. Donc, ce besoin, il doit se taire. Et de se coucher la faim au ventre, c'est terrible. C'est quand même compliqué de passer des bonnes nuits.
- Speaker #0
Ah oui. Et puis moi, en plus, avec mes troubles alimentaires, j'ai toujours scanné tout ce qu'il y avait dans ma maison. C'est-à-dire que je réfléchis à tout, mon garde-manger, mon frigo, mon congélateur. Qu'est-ce que je peux manger de pas trop calorique, mais qui calme ma faim ? Bon, au final, je mangeais la moitié de ce qui traînait chez moi.
- Speaker #1
Enfin, pas mal de changements, quoi, du coup. Et donc, oui, on n'a pas parlé... Ça, c'est plutôt pour toi, personnellement et familialement.
- Speaker #0
Alors, familialement...
- Speaker #1
Comment ça se passe ? Comment, tu vois, les repas, les uns et les autres, comment ça se passe aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, ma grande, qui n'a jamais eu de problème de poids et qui aime son corps, elle le dit ouvertement. Par contre, je lui ai demandé... combien de calories une personne dite normale devait manger. Et en fait, je me suis aperçue qu'elle était déjà un peu victime de tout ce qu'on dit parce qu'elle pensait qu'elle devait manger 1500 calories par jour. Donc, je lui ai dit que non, ce n'était pas une bonne chose. Mais elle, en fait, elle a des périodes où elle grignote beaucoup, des périodes où elle ne mange pas beaucoup. Je lui ai juste demandé de faire attention si elle perdait trop de poids, comme par exemple au moment du bac, elle a perdu... En deux mois, elle a perdu 5 kilos. Voilà. Ça n'allait pas. Beaucoup de stress. Je lui ai dit, par contre, là-dessus, je vais vérifier parce que moi, je vois. Ce n'est pas la balance, en fait, qui nous a alertés. C'est que ses vêtements étaient devenus trop grands et ça n'allait pas du tout. Donc, elle, tout va bien. La numéro deux, par contre, le souci, c'est que malgré les changements qu'il y a eu chez moi, elle vit dans un environnement à l'extérieur où il y a beaucoup de critiques. en fin d'année scolaire elle a été repoussée par plusieurs camarades parce qu'elle est en surpoids parce qu'elle ne compte pas ses calories alors on parle d'enfants qui sont en CM2 oh la la j'avais pas envie de dire ça quand elle m'a dit ça, ça m'a fait de la peine parce que c'est des c'est un petit village, on se connait tous et je me dis que bon, si en CM2 elles savent déjà comment on compte les calories Et c'est pour ça qu'elles ne veulent pas que ma fille fasse partie du groupe, parce qu'apparemment, c'est la seule qui ne compte pas ses calories dans l'histoire. Et puis là, elle a passé des vacances chez ma mère, qui ont été catastrophiques aussi, niveau nourriture. Parce que ma mère, depuis que Jade a commencé à prendre du poids, elle est tout le temps derrière la critique, tout le temps en train de regarder ce qu'elle mange.
- Speaker #1
Elle reproduit ce qu'elle a fait avec toi. De toute façon, si elle n'a pas pris de recul là-dessus...
- Speaker #0
Oui. Et là, cet été, elle lui a acheté des vêtements parce qu'on voit ses bourrelets et que c'est inadmissible. Et puis, parce que ce n'est pas que je mente à ma fille, mais en fait, je n'achète pas les vêtements par rapport à une taille. Je ne sais pas ce qu'elle fait comme taille de vêtement. Je prends ses mesures et j'achète en fonction des mesures. Comme ça, elle est bien dans son corps et on s'en fiche de l'étiquette. et ma mère lui a fait la remarque mais attends tu mets une grande taille j'ai été obligée de t'acheter du M des choses comme ça donc déjà ça passait pas quoi mais je pense qu'il va falloir que je fasse un gros travail sur Jade pour qu'elle mange sereinement mais comment elle va,
- Speaker #1
elle en dit quelque chose de tout ça ? que ce soit ses copines ou avec ta mère ?
- Speaker #0
Non, c'est une petite qui me fait beaucoup penser à moi parce qu'elle est extraordinaire, elle a un super caractère, mais elle veut faire plaisir à tout le monde. Donc en fait, elle ne dit jamais ce qu'elle pense, elle répond toujours aux questions en fonction de ce que tu veux entendre. Et je sais que ça la touche son corps parce qu'elle se prend des réflexions, elle me dit que tout va bien. Mais un jour, j'ai repéré dans sa chambre un petit plan pour faire régime. Donc, je sais que ça ne va pas.
- Speaker #1
Oui, donc peut-être qu'effectivement, malgré ce qu'elle dit, peut-être qu'elle a besoin d'une aide spécifique pour elle. Mais quand je dis ça, je ne pense pas forcément diététicien, diététicienne, même pas du tout. Je pense plutôt psy ou tu vois...
- Speaker #0
Le problème, c'est que je n'ai pas trop confiance dans les psychologues parce que pendant le Covid, elle avait 5 ans et elle a fait une fugue, chose pas très normale. Et on a été voir quelqu'un pour savoir ce qu'on pouvait faire pour elle parce que c'était quand même pas normal. Et on nous a dit que non, c'était tout à fait normal et que voilà. Au revoir, bon courage, grosso modo. Donc, je n'ai pas envie de la faire retourner chez des gens qui vont peut-être l'abîmer ou peut-être rien faire pour elle.
- Speaker #1
Après, il y a évidemment qu'il y a malheureusement de tout dans les professionnels. Et moi, je ne connais pas, enfin si, je ne connais pas mal de psys, mais dans les gens que je recommande vraiment les yeux fermés, il y en a... Pas énormément, mais il y en a en qui j'ai vraiment une confiance, mais totale, totale, et il y a des psychologues dedans. Donc, je pourrais peut-être te donner leur nom.
- Speaker #0
Je veux bien, oui. Parce qu'elle a d'autres problèmes, entre guillemets. C'est-à-dire qu'elle souffre d'un TDAH. Et il est connu que chez les TDAH, il y a deux types. Il y a ceux qui oublient de manger parce qu'ils sont hyperactifs. Et il y a ceux qui recherchent le plaisir dans la nourriture.
- Speaker #1
Ben oui,
- Speaker #0
Et elle, elle est plutôt le plaisir de la nourriture. C'est-à-dire que... Quand on va au restaurant, elle choisit un plat et elle me demande de choisir un autre plat qu'elle voudrait manger pour qu'on fasse moitié-moitié pour être sûre de pouvoir goûter de tout.
- Speaker #1
Mais en fait, le fait qu'elle aime manger, qu'elle recherche ce plaisir-là, c'est pas du tout antinomique. Et tu le sais aujourd'hui avec tout un travail sur les sensations alimentaires, sur comment habiter dans son corps et tout. Et je me dis que ce serait sans doute trop bien. Après, encore faut-il qu'elle... Parce que nous, on est là, on a toutes les deux adultes en train de faire des points. Et elle, elle va peut-être dire, mais en fait, foutez-moi la peine. Non, je veux pas, quoi. J'ai pas envie ni besoin, ou pas tout de suite, quoi. Ce sera peut-être aussi son timing, quoi.
- Speaker #0
Oui. Non, mais c'est pour ça, je garde cette histoire sous le coude. Je voulais en parler, mais pas frontalement avec elle à la rentrée, quand... la vie sera repartie et puis voir aussi comment elle se sent parce qu'en fait elle a un style bien particulier elle s'habille vraiment comme elle a envie elle sait jamais dans sa façon de vivre on n'a pas l'impression qu'elle est complexée par son corps donc si moi je mets mon grain de sel je vais peut-être créer des complexes qu'elle a pas mais je veux pas être comme ma mère ça j'ai bien compris je crois que t'as quand même pas grand chose à voir avec elle au final oui mais quand on a souffert de troubles alimentaires on a toujours peur en fait de transmettre ça à nos enfants et c'est la seule qui physiquement correspond à un enfant qui a des problèmes et c'est pour ça on se focalise dessus et c'est nous qui créons en tant qu'adultes tous
- Speaker #1
ces problèmes oui mais rappelons aussi une chose que ce soit elle ou que ce soit toi il y a aussi une morphologie de départ qui n'est pas la même pour tous les enfants Et que le problème, c'est qu'il y a des adultes et des adultes du soin, du corps médical, qui se focalisent sur des corps qui ne seraient pas comme il faut et qui créent du trouble alimentaire. Parce qu'en fait, de base, le corps, il n'est peut-être pas dans les normes statistiques, parce qu'en fait, on ne devrait même pas appeler ça des normes dans les carnets de santé, c'est des statistiques qu'on a.
- Speaker #0
Quand je la regarde, je vois tout à fait moi physiquement, enfant. Mais j'avais un père médecin, et du coup, on n'a jamais été voir le médecin. On n'a jamais eu de balance à la maison. Donc en fait, je pense que si la balance n'existait pas chez nous, elle serait peut-être heureuse. Si personne pointait le fait que oui, elle a un IMC trop important parce qu'elle pèse du plomb sur la balance, tout irait bien. Et son corps ne l'empêche à rien. Elle joue avec ses copains, elle joue avec ses copains, elle a fait du foot, de la natation, elle fait plein d'activités. Et elle se dénude à la piscine sans aucun souci. C'est vraiment les autres qui ont un regard méchant.
- Speaker #1
Non, mais en fait, moi, d'extérieur en tout cas, je trouve que ton attitude semble hyper adaptée. C'est-à-dire qu'on a l'impression que c'est toi, plus petite effectivement, parce que toi aussi, ça t'empêchait en rien de vivre. Et du coup, c'est plutôt l'extérieur et toi, l'extérieur proche, la famille qui est un peu abîmée, tout ça. Mais elle, elle a la chance déjà d'avoir des proches qui lui font pas de mal avec ça. Et proche, proche, je parle de vous, je parle pas de ta mère, voilà. Et du coup, je trouve que tu as une certaine vigilance de ce qui pourrait se passer en lien avec les copines, en lien avec d'autres. Tu restes en vigilance et prête à l'aider, la soutenir si besoin.
- Speaker #0
Mais ça, c'est grâce à toi. Parce qu'en fait, tu parles dans tes podcasts et le suivi du vocabulaire que les gens utilisent, des choses comme ça, des choses qui peuvent paraître anodines pour des gens qui n'ont pas de problème et qui n'ont pas essayé de les régler. Alors que moi, maintenant, j'entends le mot « calories » dans la bouche d'un enfant, je me dis « zut ! » C'est plein de vocabulaire comme ça, où en fait, je suis très attentive pour pas que ça arrive à d'autres.
- Speaker #1
Mais c'est une chance pour elle. Pour elle, pour elle. Je mets un S à elle.
- Speaker #0
Oui, mais c'est difficile après de faire comprendre aux gens qu'il y a un malaise. Combien de fois je pense qu'on entend « mais oui, mais c'est normal » . Non, ce n'est pas parce que toi tu trouves ça normal que c'est la normalité. Ça ne devrait pas exister.
- Speaker #1
Et puis ce n'est pas parce que c'est hyper fréquent que ça le rend normal. Parce que le comportement alimentaire, il suffit de se promener sur les réseaux, d'observer autour de soi, il y a quand même plein de gens qui sont en galère avec ça. Ce n'est pas parce que plein de gens, voire la majorité sont en galère, que c'est normal. C'est ça qui me semble aussi important de dissocier, parce qu'en fait, je trouve qu'on glisse vers des trucs qui, pour moi, flirtent avec le pathologique quand même. Je veux dire, à quel moment on estime qu'on est dans un trouble alimentaire ? Des fois, on n'est pas loin sur des comportements qu'on va dire normaux. Enfin, des gamines en CM2 qui comptent leurs calories, je trouve ça effroyable.
- Speaker #0
Mais moi, j'ai mis du temps à comprendre que j'avais un trouble alimentaire. Parce que pour moi... mon comportement était normal. Il y a tellement de gens qui m'entourent qui ont le même que pourquoi j'aurais été anormale ?
- Speaker #1
Bon, écoute, on a bien balayé, je pense, tout ton parcours. Est-ce que, avant que je te pose la dernière question que j'aime bien poser à mes invités, est-ce qu'on a fait à peu près le tour ? Ou est-ce qu'il y a une chose ou des choses que tu aurais aimé dire et qu'on n'a pas été amené à nommer ?
- Speaker #0
Non, je pense que j'ai tout dit par rapport à notre suivi, par rapport à tout ce qui s'est passé dans ma vie ces derniers temps. C'est tout bon.
- Speaker #1
Du coup, la dernière question que j'aime bien poser aux personnes, c'est de savoir ce que tu dirais aux femmes, hommes, peu importe, qui nous écoutent et qui sont en pleine guerre, en pleine tempête de troubles alimentaires. Peu importe que ce soit plutôt du côté anorexie, boulimie, hyperphagie, on s'en fiche, mais les gens vraiment, peut-être qu'ils ne vont pas bien et qu'ils ne voient pas trop le bout du tunnel.
- Speaker #0
En fait, j'ai entendu dans un podcast que tu as fait avec quelqu'un, je crois que c'est l'épisode 66, la personne disait qu'elle avait compris qu'elle était légitime de vivre. Et en fait, c'est ça, moi, qui m'a fait un titre, c'est que... jusqu'à il n'y a pas très longtemps, je pensais que je n'avais pas eu le droit de venir sur Terre, je n'avais pas le droit de vivre et donc mon combat serait pour la vie jusqu'à ma mort en fait. Et t'avoir rencontrée, ça m'a permis de comprendre que celle que j'étais, elle était cachée au fond de moi et que maintenant, elle n'est plus du tout cachée au fond de moi. Je suis celle que je suis, je parle franchement avec les gens, il y a des gens qui s'appelaient, des gens qui ne s'appelaient pas. En tout cas, moi, ça me fait beaucoup de bien parce que c'est ça qui m'a sauvée.
- Speaker #1
Chouette. Merci beaucoup.
- Speaker #0
De rien.
- Speaker #1
Merci de m'avoir accordée. Merci pour ta confiance, déjà, parce qu'en fait, tu m'as fait confiance. On a travaillé ensemble. Et voilà, c'était très chouette. Et merci en plus de m'accorder du temps pour venir parler sur le podcast. C'est trop bien. il y a eu plein de moments où tu disais des choses où je me disais oh là là et ça je sais à quel point ça va résonner chez plein de personnes tu vois donc je pense que c'est un épisode qui pourra faire du bien à plein de gens le problème c'est qu'on a envie de s'en sortir mais on a peur et c'est ça si
- Speaker #0
mon témoignage pouvait aider une personne et cette personne témoigne et aide une autre voilà ça serait génial pour tout le monde c'est trop bien ça fait une petite chaîne comme ça oui c'est toujours comme ça il faut donner parce que si tu donnes en fait cette personne va donner à son tour et on vivra dans un monde meilleur et ben belle conclusion merci beaucoup Elodie de rien
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important, c'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors si mon contenu t'apporte de l'aide, d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast. Ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible. Et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !