Speaker #0Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation Peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute ! Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode du Pas de Côté. Il y a peu, on a parlé du fait de finir son assiette, de la difficulté à ne pas finir son assiette que certaines d'entre vous, un grand nombre je pense d'entre vous, rencontrent. Et à un moment donné, j'ai abordé dedans la question du gaspillage alimentaire. Effectivement, pour un certain nombre d'entre vous, cette question éthique et qui me semble presque plus que jamais d'actualité... est un vrai sujet sur le fait de ne pas vouloir gaspiller et de aussi terminer son assiette pour cette raison. J'avais envie qu'on s'arrête là-dessus et qu'on creuse l'éventail de possibilités, enfin l'éventail que ça ouvre finalement quand on s'arrête sur ce sujet-là. Déjà, une première chose. Je vais... Allez, je choisis d'aborder le truc d'abord sous cet angle-là, peu importe de l'ordre que je prends. Première chose, c'est que... La question éthique dans l'alimentation, elle existe et elle est importante. Néanmoins, si vous souffrez d'un trouble alimentaire, j'ai envie de vous rappeler une chose, c'est que c'est une vraie pathologie. Une pathologie psy qui est nommée dans ce qu'on appelle le DSM-5. Vous pouvez aller voir si vous ne connaissez pas ce document. C'est un document de classification des pathologies mentales. Et donc voilà, j'avais envie de juste reposer ça et dire que Il ne s'agit pas d'un manque de volonté, d'un petit problème comme ça, passager. Il y a une vraie problématique. Une vraie problématique qui nécessite peut-être une vraie prise en charge et qui nécessite aussi peut-être de mettre en relief l'importance de différentes choses dans votre vie. Et c'est là où je veux en venir, c'est que toutes les considérations éthiques, écologiques, Elles sont aussi très importantes, bien sûr, parce que ça vous permet de vous sentir aligné avec vos valeurs, et on sait ça, à quel point c'est important. Pour autant, si ça vient en confrontation avec la guérison de votre trouble alimentaire, ça peut me sembler opportun de faire le choix de mettre certaines choses un peu de côté. Je vais vous donner un exemple qui n'est pas en lien avec le gaspillage alimentaire. La question de... des choix alimentaires et d'être végétarien ou vegan. En l'occurrence, j'ai un exemple en tête d'une jeune femme que j'ai accompagnée il y a quelques années qui était vegan et voilà, c'était un choix éthique important pour elle. Néanmoins, en faisant le point avec elle, je me rends compte que nombre de crises de boulimie se faisaient avec des aliments d'origine animale, donc notamment du beurre, du fromage. Et du coup... Dans le travail de guérison, ça a été important, ça compose l'importance que ça avait pour elle, éthiquement parlant, de faire ces choix-là alimentaires, mais aussi des conséquences que ça pouvait avoir sur son comportement alimentaire. Et l'idée, ce n'était pas de lui dire « tu es obligé de remanger ci ou ça » , c'est de mettre les choses dans la balance, de réfléchir à comment on peut faire, et de voir quelle flexibilité on peut amener. Ça peut être aussi une flexibilité temporaire, c'est-à-dire que ce n'est pas nécessairement se dire « Ah bah tiens, maintenant toute ma vie je vais être obligée de m'asseoir là-dessus et donc de consommer des produits d'origine animale. » Non, ça peut être de se dire « Là, j'ai quelque chose qui me semble prioritaire dans ma vie, c'est d'apaiser mon comportement alimentaire. » Eh bien peut-être que sur un temps donné, je peux mettre certaines choses de côté et même si ça me coûte un peu, j'accepte de remanger des produits d'origine animale le temps d'apaiser mon rapport à l'alimentation et je verrai ensuite. Je pense que c'est un peu pareil pour le gaspillage alimentaire et de pouvoir se dire que c'est important pour moi pour autant je sais maintenant que pour apaiser mon rapport à l'alimentation et pouvoir retrouver une régulation et nous pas me sentir sans cesse prisonnière de comportement comme le fait de toujours finir mon assiette, peut-être qu'il va falloir que j'accepte de créer des restes qui pourront peut-être pas toujours être consommés derrière et donc qui ne seront pas « valorisés » parce que ça peut aussi aller au compost, il y a aussi une forme de valorisation comme ça, ou si vous avez des poules ça peut être donné aux poules. Ça aussi c'est des manières de se décaler de cette histoire de gaspillage alimentaire. Donc, voilà, ça c'est un premier point qui me semble important de pouvoir peut-être aussi se dire, ok, là j'ai un vrai problème avec l'alimentation, et dans ce problème-là, il y a aussi le fait de systématiquement finir mon assiette, me sentir prisonnière de ça. Bon, est-ce que je peux temporairement faire preuve de flexibilité par rapport à cette histoire de gaspillage alimentaire ? Ensuite, bon... On ne va pas aller dans tous les trucs pratico-pratiques. Vous pouvez vous faire un tupperware et utiliser les restes pour le lendemain dans un autre plat, j'en sais rien. En fait, je sais que vous savez faire ces trucs-là. Mais en même temps, c'est important peut-être de vous poser avec ça. Parce que si l'argument, oui, mais le gaspillage alimentaire est quelque chose qui sort tout de suite, peut-être que c'est un argument facile, entre guillemets, dans le sens où ça empêche d'aller creuser le reste. Mais du coup, il faut pouvoir lui répondre à cet argument-là. Il y a une chose aussi que vous avez peut-être déjà entendue, qui vous aura parlé ou non, mais que j'ai envie de dire ou redire, c'est que j'entends le fait que vous n'ayez pas envie de mettre les aliments à la poubelle. Et en même temps, j'ai envie de vous demander si du coup, ce ne serait pas un peu vous la poubelle. C'est-à-dire qu'en mangeant un aliment, alors que vous commencez à sentir que c'est assez. que le goût s'est modifié, donc vous n'avez plus trop de plaisir, vous n'en avez plus trop envie, vous n'avez plus faim. Mais il faut le finir, parce que, ben non, on ne va quand même pas mettre ça à la poubelle. Je me demande si là vous n'êtes pas en train de vous traiter comme une poubelle, c'est-à-dire que vous forcez votre corps à ingurgiter ça, quitte à être peut-être ensuite dans une forme d'inconfort, quitte à entretenir cette dérégulation aussi de vos mécanismes de régulation, je ne trouve pas d'autres mots. de la fin de la satiété, du rassasiement. Voilà, j'ai envie aussi de vous amener à faire un pas de côté par rapport à ça et à vous questionner sur, ok, cette valeur forte, cette règle, je ne mets pas à la poubelle. On vous l'a sans doute inculqué, ok, mais finalement, comment est-ce que vous vous traitez, vous, quand vous êtes obligé de finir cet aliment ? Et puis, pour finir sur cette question du gaspillage alimentaire, bon, je vais finir sur des trucs un peu... un peu plus pratico-pratique, mais qui peuvent être utiles. S'il y a un vrai truc qui se joue par rapport à ça chez vous, gardez aussi en tête qu'il y a des petites choses qui peuvent être modifiables en amont, et notamment sur votre manière de vous servir. Sur le fait, par exemple, de couper votre assiette habituelle en deux, ou en trois, ou en quatre, et de vous servir les portions. les unes après les autres. Pourquoi ? Le truc, c'est que ça permet de revenir à vos sensations alimentaires, où est-ce que vous en êtes, sans... Laisser dans votre assiette, sans dire ah ouais mais je gaspille, il reste que ça quand même, je vais pas laisser ça. Du coup ça vous permet peut-être d'être plus fine, plus en lien avec vos sensations alimentaires, sans vous confronter à ce truc difficile de ah ouais mais en fait je gaspille quand même, c'est pas chouette. Après, grosse précision importante, l'idée là c'est pas de manger le moins possible, parce que cette technique, je serais pas étonnée qu'elle soit aussi utilisée en mode restrictive. Ah bah t'en mets moins dans ton assiette, ça tu mangeras moins, ça t'oblige à te relever pour te servir. C'est pas du tout le sens de mon propos. C'est vraiment avoir des moments de pause pour revenir à vos sensations et gagner en finesse en fait. Mais l'idée c'est pas du tout de moins manger. Et donc l'idée pour que tout ça, ça fonctionne et que ça vous aide, c'est d'être dans une autorisation inconditionnelle de manger la portion entière et même d'autres si vous avez encore envie. Mais c'est plutôt des petits tips pour revenir à vous et puis peut-être éviter ce truc de je suis face à mon assiette, il en reste un peu, j'ai pas envie de gaspiller, j'ai pas envie de jeter. Bon bah voilà, là si du coup votre portion elle a été divisée en deux ou en quatre, et bien peut-être que quand vous aurez mangé votre troisième portion sur quatre, là bah c'est pile la quantité sinon vous auriez été tenté de laisser et du coup bah voilà, ça n'allait pas arriver dans votre assiette. Et vous n'avez pas à vous confronter à ça. Voilà, tout ça pour dire que finalement, il y a plein de façons de contourner le problème, parce que c'est ça, on le contourne. Alors, on peut aussi le creuser, le traiter, entre guillemets, genre d'où vous vient cette croyance ? Est-ce que vous avez envie de continuer à la faire vivre ? Mais bon, la réponse parfois, ça peut être oui, c'est une valeur, une croyance qui me vient de ma famille. Mais oui, c'est important pour moi et j'ai envie de continuer à la faire vivre et la transmettre à mes enfants parce que le gaspillage alimentaire, on doit y faire attention encore plus maintenant en 2026. Et oui, carrément. Et c'est pour ça que finalement, je ne vous ai pas proposé des trucs pour aller en frontal avec ce truc-là, mais plutôt avec des outils qui vous permettent d'être un peu plus flexible peut-être là-dessus, au moins temporairement, et puis sinon aussi de contourner. quelque part le problème, si c'est un problème pour vous. Voilà, sur ce, je vais vous souhaiter une bonne fin de journée, nuit, quoi que vous soyez en train de faire, et quel que soit le moment où vous m'écoutez. Et puis je vous dis à très bientôt, et surtout d'ici là, prenez soin de vous autant que possible. Ciao !