Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Très contente de vous retrouver pour un nouvel épisode et pour cette nouvelle année que l'on va à nouveau passer ensemble sur TCA, etc. Pour commencer cette année, j'ai décidé de répondre à l'une de vos questions. L'une d'entre vous m'a écrit sur Instagram. et m'a posé cette question. A priori, si on a fait des années de yo-yo, de la boulimie, de la restriction calorique genre 1000 calories, on a déréglé nos signaux, déréglé les messages de la gréline ou l'heptine. Il est difficile de s'écouter si tous les messages de notre corps sont faussés, non ? Merci pour cette question, je crois que beaucoup d'entre vous se la posent, pas forcément en ces termes-là, puisque là, c'est un peu technique, entre guillemets, puisque la personne nomme les hormones, et qui ne permettraient pas du coup de pouvoir écouter ces signaux. Et donc on se retrouve un peu dans un truc sans fin où on tourne en rond parce qu'on nous dit qu'on doit écouter nos signaux pour sortir des troubles alimentaires. Sauf qu'on se dit bah oui mais on a tout cassé, on a tout dérégulé. Donc on va faire cet épisode en plusieurs étapes. La première étape c'est qu'on va revenir sur ce que c'est que la gréline et la leptine. Ce sont deux hormones qui ont un rôle important dans la régulation de notre appétit mais pas que. dans la régulation également de notre poids, du maintien de notre poids à un poids d'équilibre, mais aussi de la régulation hormonale sexuelle et du coup également de notre densité osseuse en tant que femme. Là je parle bien en tant que femme parce que sur cette question des hormones sexuelles, pour les femmes ça passe par la leptine et le tissu adipeux, je vais revenir un peu plus là-dessus, alors que pour les hommes... Ça passe plutôt par le tissu musculaire, donc là je parle bien pour les femmes. Bon, commençons par la gréline. Finalement, la gréline, c'est plutôt ce qui va stimuler l'appétit. Et donc, effectivement, quand on fait des examens sur une personne qui souffre d'anorexie, on va pouvoir trouver des taux anormalement élevés de gréline. Les recherches sont toujours en cours sur ce qui se joue en interne. Parce que quand on voit ce taux hyper élevé de gréline, finalement, les chercheurs peuvent avoir plusieurs façons de l'interpréter. La première hypothèse, c'est qu'il pourrait y avoir une sensibilité à l'hormone, à la gréline, qui est diminuée chez les personnes qui souffrent d'anorexie, mais diminuée de manière potentiellement transitoire, simplement. Et selon la seconde hypothèse, on pourrait penser que cette hormone joue un rôle actif dans la maladie. et que finalement cette concentration très très élevée de ghrelin pourrait contribuer à une forme d'aversion alimentaire. Alors là ça devient un peu technique, ça ça passerait par la stimulation chronique de structures cérébrales et la libération de neurotransmetteurs qui sont responsables du vécu d'anxiété des patients lors de la prise alimentaire. Je me suis basée sur un article de l'Inserm qui date d'il y a quelques années, qui est récent, mais qui est quand même de 2020. Donc, je n'ai pas trouvé d'info plus récente sur les recherches qui sont en cours. Peut-être qu'il y en a et que je n'ai simplement pas trouvé. Si c'est un sujet qui vous intéresse, je vous invite à mener les recherches de votre côté. Je vais bien évidemment mettre à disposition, en lien, en description de cet épisode, tous les articles, toutes les choses que j'ai trouvées sur ce sujet et qui m'ont semblé vraiment intéressantes. Donc normalement, la gréline, c'est une hormone qui va stimuler l'appétit, qui va appeler à la prise alimentaire, et puis qui, une fois que la prise alimentaire est faite, et avec un poids suffisant, va être inhibée, et en fait on a un cycle comme ça qui travaille en interne pour nous. La leptine, c'est la même chose, mais à l'inverse. La leptine, c'est l'hormone qui va plutôt amener à la satiété. Pour rappel, ce qu'on appelle satiété ou satiation, c'est le fait de ne pas avoir faim. Ce n'est pas tant une sensation qu'une non-sensation. En gros, je n'ai pas faim, je suis satisfaite entre deux prises alimentaires. On parle tout le temps de la satiété comme étant ce qui permet de s'arrêter de manger. Ce n'est pas tout à fait vrai. Finalement, la satiété, c'est plutôt une sensation de non-faim. Ce qui fait qu'on arrête une prise alimentaire, c'est plutôt le rassasiement. Mais ce n'est pas l'objet de cet épisode. Donc la leptine, c'est l'hormone de la satiété. La leptine, elle est très dépendante de notre tissu adipeux. Le tissu adipeux, ce sont les graisses de notre corps. On a découvert dans les années 90 que, loin d'être simplement un lieu de stockage des graisses, le tissu adipeux avait un vrai rôle méga important à plusieurs niveaux. Je le disais tout à l'heure, il y a le fait que ça va réguler nos prises alimentaires. réguler notre poids, mais aussi ça a un rôle hyper important dans la production d'hormones sexuelles. Et donc là, dans les troubles alimentaires, on voit bien qu'une personne qui mangerait en dessous de ses besoins, forcément à un moment donné, à terme, va perdre du poids, perdre du gras et donc se retrouver avec de moins en moins de production de leptine, donc une faim qui a du mal à s'éteindre puisqu'en fait... C'est la leptine qui va permettre d'arriver à cette satiété et finalement de faire taire un peu la gréline, si on doit le dire comme ça. Et donc, en fait, il y a une satiété qui n'arrive jamais. Donc, en fait, un besoin de manger qui va beaucoup, beaucoup s'exprimer. Mais il va y avoir d'autres conséquences parce qu'en fait, comme il n'y aura plus suffisamment de production de leptine, eh bien, en fait, il n'y aura pas suffisamment de production non plus de FSH et de LH. Et donc, c'est là qu'on va avoir l'aménorée qui arrive, donc l'arrêt des règles. Mais il y a plein d'autres conséquences. En fait, on parle du cycle hormonal, on parle souvent des règles, sauf qu'en fait, il y a plein d'autres conséquences. Notre production d'hormones sexuelles ne sert pas que à ça. C'est aussi protecteur dans notre qualité osseuse, mais on sait que la leptine joue un rôle aussi très important au niveau plasticité neuronale. Il y a quand même plein de choses qui sont hyper importantes. Il faut savoir aussi qu'au-delà de la prise alimentaire, c'est-à-dire on ouvre l'envie de la prise alimentaire, le besoin de la prise alimentaire, ou on le referme selon que ce soit la gréline ou la leptine, il y a aussi un enjeu métabolique, de dépense calorique en fait. La présence de la leptine va normalement plutôt couper le besoin de manger, donc être plutôt à satiété, et va augmenter la dépense calorique. Alors que la gréline va plutôt ouvrir le besoin de manger, envoyer des signaux de faim et stopper plutôt la dépense calorique. Tant qu'il n'y a pas d'aliments qui rentrent, on met le corps un peu en pause, on stoppe la dépense calorique. C'est important de le préciser parce que c'est aussi comme ça que le poids se régule sur du long terme. Et en fait, si on observe les animaux, la majorité des animaux sont à des poids très stables tout au long de leur vie. Alors qu'ils ont un accès à la nourriture quand ils sont à l'état sauvage, qui peut être très variable, mais en fait, s'ils sont à ce poids stable tout au long de leur vie, c'est grâce notamment à ces hormones de gréline, de leptine, et au fait que ça va venir jouer sur notre dépense calorique. Donc on sait qu'une personne qui mange en dessous de ses besoins, notamment dans le cadre de l'anorexie, mais pas que, va diminuer ses dépenses caloriques. Souvent je dis que le corps se met en sécurité, moi j'aime bien le dire comme ça, c'est à un moment donné, ok, j'ai pas tout ce qu'il faut pour fonctionner, je vais mettre un certain nombre de choses en pause, en fonctionnement minimum. Une personne qui va faire des compulsions alimentaires dans lesquelles il n'y a pas de purge, notamment derrière, va se retrouver avec un taux de leptine plus élevé et du coup il va y avoir potentiellement une dérégulation de la faim, va avoir moins faim dans les repas. en dehors des compulsions alimentaires, va dire facilement qu'elle ne ressent plus la faim parce que la leptine est venue amoindrir, voire stopper, ces signaux de faim. C'est intéressant aussi de parler de cette histoire de métabolisme et de dépenses caloriques en interne dans le corps, parce que ça explique aussi que des personnes s'arrêtent de maigrir alors qu'elles maigrissaient, maigrissaient, maigrissaient. Certaines, bien sûr, ça continue, mais... On voit des mécanismes où on s'arrête de maigrir, et en fait c'est aussi un mécanisme protecteur en lien avec la gréline. Et puis à l'inverse, on voit aussi qu'il y a plein de gens qui, sans rien changer à leur prise alimentaire alors qu'elle grossissait, grossissait, ne prennent plus de poids. Il y a quelque chose qui se stabilise parce que le corps trouve le moyen, en lien avec ses hormones, de stabiliser les choses. Donc, Oui, il peut y avoir des dérégulations et c'est ce qu'on voit. Et d'ailleurs, je voudrais faire une petite parenthèse, même si ce n'est pas spécifiquement le sujet et que je ne suis clairement pas la personne la mieux placée pour parler de toutes ces histoires d'hormones. Je pense qu'il y a des personnes qui étudient ça de très près, donc c'est la spécialité où ce serait intéressant de se tourner vers elle. Mais en tout cas, il faut savoir qu'on étudie la résistance à la leptine dans le cas de l'obésité. Parce qu'on se rend compte que, je vous disais que chez les personnes, par exemple, souffrant d'anorexie, il va y avoir un taux de gréline très très élevé. Eh bien, on se rend compte que chez les personnes en obésité, il peut y avoir un taux de léptine très élevé. Et que ce soit dans un cas ou dans l'autre, on est toujours en recherche pour voir un peu qui de l'œuf ou de la poule. Est-ce que c'est une conséquence de l'état, en fait ? C'est-à-dire que, est-ce que le taux de gréline élevé, c'est la conséquence de l'anorexie ? puisque... le taux de léptine hyper élevé, c'est la conséquence de l'obésité ? Est-ce que ces taux de gréline et de léptine élevés, dans chacun des cas, sont une des causes, parce que des causes, il y en a toujours plein, qui ont pu amener à l'anorexie, à l'obésité de l'autre côté ? Donc, c'est assez complexe. Dans ce que je lis, c'est compliqué de trouver des réponses. En fait, on sent bien que la recherche se poursuit dans ce domaine-là, et on ne sait pas trop. Faire la différence entre cause et conséquence. En tout cas, ce qu'on observe, c'est qu'il y a une forme de résistance à la leptine dans le cadre de l'obésité. Ce qui me semble important à préciser ici, dans cet épisode, c'est que dans la majorité des cas, a priori, les choses reviennent à un fonctionnement normal. C'est-à-dire que oui, bien sûr, c'est pas sans conséquence de... d'avoir un comportement alimentaire complètement dérégulé. Et on voit bien qu'au niveau du corps, il se passe plein de choses. Alors, il se passe plein de choses au niveau psychologique, ça c'est quand même un peu le sujet que j'aborde le plus souvent, mais là c'est intéressant de voir aussi qu'au niveau hormonal, ça entraîne des dérégulations. D'un autre côté, on appelle ça dérégulation, mais moi j'ai l'impression que c'est surtout le corps qui essaie de s'adapter comme il peut à ce qui est en train de se passer. Et que finalement, ça peut revenir à la normale. et que quelque part... Si je suis dans le cas où je ne mange pas assez, c'était l'exemple de la personne, tu vas te retrouver avec un taux de gréline très élevé. Donc logiquement avec une faim relativement présente, voire incessante. Il y a plein d'autres mécanismes en lien dans l'anorexie et c'est ça qui est compliqué aussi. Il y a beaucoup de déni et puis on le disait aussi, je le lisais un peu plus tôt dans un article, les chercheurs sont en train d'essayer de faire des liens entre ce taux élevé et peut-être une aversion alimentaire. On sait aussi que c'est très en lien avec l'anxiété qu'on va ressentir dès qu'on se retrouve face à de la nourriture. Donc tout ça c'est à l'étude, mais en tout cas, on voit bien que si on commence à répondre un peu plus aux besoins du corps, alors il y a quelque chose qui va pouvoir se remettre en place. Et dans les études que je lisais aussi, il était bien précisé qu'au moment où la personne reprenait du poids, et donc il parlait d'un IMC, je n'ai pas envie de citer les chiffres, l'IMC, mais en tout cas, quand la personne commence à reprendre du poids, et qu'il y a un tissu adipeux qui revient progressivement avec la production de l'heptine, alors les choses se remettent en place, et on voit un certain IMC dans 9 cas sur 10, par exemple les règles revenir. C'est important de le dire, ça veut dire que le corps reprend ses fonctions. Donc si le corps reprend ses fonctions à ce niveau-là, on peut imaginer qu'il reprend ses fonctions aux autres niveaux aussi. Alors, sachant que c'est toujours plus complexe que ça, c'est-à-dire que si tu te remets à manger un peu plus normalement, un peu plus en lien avec tes besoins, la leptine va faire son retour. Et donc tu pourrais dire, super, la leptine va faire son retour et va me permettre d'être à satiété. et va me permettre de m'arrêter de manger. Et donc, il n'y a pas de raison que je sois dans la faim extrême. Oui, mais ça, c'est le côté hormonal. Après, il y a tous les autres côtés, qu'ils soient psychologiques, physiologiques. Il y a plein d'autres choses en lien. Et vous avez été plusieurs à me demander un épisode de podcast sur la faim extrême. Donc, c'est quelque chose que je vais vous préparer pour soit fin janvier, soit au mois de février. On va en parler aussi. Mais voilà, il y a d'autres choses qui peuvent revenir. mais à terme... Ça se régule. Donc ça me semble important de le dire, c'est vraiment l'objet de mon épisode, c'est de dire oui, il y a des dérégulations et c'est bien normal, mais encore une fois, je préfère parler d'adaptation, voire de suradaptation du corps qui fait bien ce qu'il peut au milieu de tout ça pour maintenir la vie, tout simplement. Et quand on revient à quelque chose de plus normal, entre guillemets, la régulation a lieu. Il faut aussi s'armer de patience. Votre corps, c'est une merveilleuse machine, mais il faut accepter que ça prenne un peu de temps aussi pour retrouver cette régulation. Donc ça, c'était la première partie de l'épisode qui me semblait importante, de faire un petit détour par c'est quoi la gréline, c'est quoi la leptine, à quoi ça sert, et puis de quelle manière ça se retrouve un peu dérégulé. L'autre chose qui me semblait importante à dire, c'est que vous êtes relativement nombreuses à vous poser ces questions et à avoir l'impression que c'est un peu une équation impossible, puisqu'on vous dit que pour aller mieux et être une mangeuse à nouveau régulée, il faudrait écouter vos signaux alors que vous avez l'impression que vos signaux, c'est juste un énorme bordel. Oui, c'est pour ça qu'il s'agit d'un processus. C'est comme si vous me disiez, ok, on m'a dit de me déplacer de tel endroit à tel endroit avec ce vélo, sauf que moi, je ne sais pas faire du vélo, donc je me sens complètement bloquée avec ce truc-là. Ben oui, c'est un processus, ça s'apprend. Et c'est un processus qui s'apprend dans le mouvement et dans le fait d'essayer. Si tu ne grimpes jamais sur ton vélo, j'aurais beau t'expliquer comment fonctionne l'équilibre, comment ça se passe, comment tu vas mettre tes jambes, tes mains, tout ça, si tu ne montes jamais dessus, tu vas continuer d'être morte de trouille, alors... Alors peut-être que le fait que je t'explique tout ça va t'aider, surtout pour certains fonctionnements qui ont besoin de tout comprendre, de comprendre la logique, d'y adhérer avant de se lancer. Ça c'est clair et j'ai l'impression que vous êtes assez nombreuses dans ce cas-là à souffrir de troubles alimentaires et à fonctionner comme ça. Donc ok, très bien, pourquoi pas avoir besoin de tout comprendre, de comprendre la logique. C'est aussi le but de mon podcast, de transmettre tout un tas d'informations. Mais à un moment donné, il faut y aller. Il faut y aller et il faut expérimenter. et vous ne retrouverez vos signaux qu'en expérimentant, tout comme vous ne pourrez apprendre à faire du vélo qu'en faisant du vélo. Donc à nouveau, quand j'entends que l'alimentation intuitive ou que ce processus de retrouver ses signaux, il n'est pas fait pour tout le monde parce qu'il y a des personnes qui n'ont plus de signaux, oui, si, justement, c'est complètement fait pour les personnes qui n'ont pas de signaux. Le but, c'est de les retrouver. Mais une bonne professionnelle ne va pas t'accompagner en te disant le premier jour, bon, ben voilà. Là, ce qu'on va faire, c'est que la semaine prochaine, vous allez manger quand vous avez faim et puis vous allez vous arrêter de manger quand vous n'avez plus faim. Enfin, voilà, ça n'a aucun sens. C'est des choses qui se réapprennent et qui se réapprennent petit à petit. On est bien d'accord qu'une personne qui serait en anorexie sévère n'est pas concernée par ça. Il faut passer par la renutrition. Oui, je sais que c'est violent. de se retrouver hospitalisé et de voir que les soignants sont tous focus sur la renutrition. Mais c'est la base. C'est très rare de pouvoir conserver des capacités cognitives qui vont permettre de réfléchir, de lutter contre les pensées parasites, de comprendre pourquoi on en est là aussi psychologiquement, si on est complètement dénutri, si on est complètement en sous-poids. Donc en fait la base ça va être la renutrition. Donc espérer retrouver des signaux à ce moment-là, c'est impossible. Je refais le lien avec la gréline qui pète les scores dans le cas de l'anorexie. En fait, il y a une dérégulation très forte. S'il n'y a plus du tout de tissu adipeux, alors il n'y a plus du tout de leptine. Donc il n'y a plus la possibilité d'être assatiété entre deux prises alimentaires. Vous voyez bien qu'il faut se renutrir et il faut à un moment donné reprendre un minimum de poids pour ensuite continuer ce chemin-là. tout en travaillant sur l'aspect très psychologique, très cognitif des choses. Mais c'est une première étape. Donc là, quand je parle du fait de retrouver les signaux, ça s'adresse à toutes les personnes qui seraient en hyperphagie, en boulimie et potentiellement dans une restriction, mais qui ne serait pas trop sévère et qui n'aurait pas entraîné une dénutrition sévère avec un poids et un IMC extrêmement bas. C'est important de le repréciser. Je trouve aussi que derrière cette question, et... peut y avoir le fait de ne pas faire confiance à son corps. Un peu le « mais Flavie, comment je pourrais écouter mes signaux alors que tout est dérégulé et que potentiellement tout est cassé ? » Je le redis, dans la majorité des cas, les choses se remettent en place, reviennent à la normale. Votre corps, il n'est pas cassé et cette dérégulation, elle est protectrice. Votre corps s'adapte pour essayer de vous maintenir en vie, de sauver la peau, pourquoi ? Et donc, coup. Vous pouvez avoir confiance dans votre corps. Et oui, les signaux sont un peu dérégulés, et en sortie d'anorexie, on va avoir beaucoup faim. Mais ce n'est pas un piège, c'est juste un mécanisme de survie. Et dans le cadre d'une hyperphagie, par exemple, où il y aurait beaucoup de prises alimentaires au-dessus des besoins, avec potentiellement des compulsions alimentaires à certains moments, eh bien oui, ça va être compliqué de ressentir la faim. Et c'est pour ça que c'est super important de le mettre au travail avec un ou une professionnelle spécialisée dans les troubles alimentaires, parce qu'on peut retrouver ces signaux-là. Mais il va falloir apaiser la relation qu'on a à certains aliments. Puisque sans ça, ce sera impossible d'aller attendre la fin tranquillement. La fin, ça peut être aussi quelque chose de très flippant. Et là, on est dans un aspect totalement psychologique, avec une peur de manquer très très forte, avec la peur de mourir carrément quand on ressent la fin, quand la fin arrive. Donc tout ça, il faut pouvoir le mettre au travail avec quelqu'un qui va connaître ce mécanisme-là. Donc en fait, on ne peut pas... Enfin, cet aspect hormonal... il est important à entendre, à questionner. Le corps fait son job. Pour moi, ça, c'est le job du corps. Et votre job à vous, c'est de lui faire confiance pour faire son travail de son côté là-dessus. Et sur tout le reste, il faut avancer, petit pas après petit pas. Moi, je suis vraiment à fond là-dedans. J'adore la question des petits pas. Je ne suis pas une adepte du saut dans le vide. Je suis plutôt une adepte de « on y va tranquillement » . et on fait en sorte de ne pas faire flamber l'anxiété sur le chemin de guérison. Et donc votre job, à vous, ça va être de faire ce travail-là tout doucement sur des aspects plutôt psychologiques, de comportementaux, de comportements alimentaires pour avancer vers plus de confiance dans votre corps, dans la nourriture. Parce qu'en fait, c'est ça, aujourd'hui, les signaux de votre corps sont dérégulés, vous avez l'impression que vous ne pouvez pas lui faire confiance, alors que Encore une fois, je sais que je me répète, mais je crois que c'est important. Il est protecteur. C'est une dérégulation adaptative qui se passe. Donc vous pouvez lui faire confiance et vos signaux vont revenir. Simplement, il faut œuvrer pour ça. Et donc dans un premier temps, effectivement, on ne va pas vous demander de manger selon vos signaux. Un ou une bonne professionnelle va pouvoir vous guider par rapport à ça. Bon, j'arrête de radoter. Je pense que j'en ai dit assez pour cet épisode-là. S'il y a des choses qui ne sont pas claires ou si vous avez des questions supplémentaires, je vous invite à m'écrire. Ce sera avec plaisir que je reviendrai dessus. Et puis, comme promis, de toute façon, je vais vous mettre tout un tas de liens en description de l'épisode qui vous permettront d'aller lire par vous-même certains articles. Et puis, n'hésitez pas à faire vos propres recherches si ce sont des sujets qui vous intéressent. Je trouve que c'est réellement passionnant tout ce fonctionnement corporel. Sur ce, je vous dis à très bientôt. Bye. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches, mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible, et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !