- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mizzono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes,
- Speaker #1
et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.m TCA. Très belle écoute.
- Speaker #0
Bienvenue dans un nouvel épisode de TCA etc où à nouveau c'est un témoignage et donc aujourd'hui je reçois Nila que je suis très contente d'avoir à mon micro parce qu'on se connaît un peu, on a fait un bout de chemin ensemble mais il y a déjà longtemps. Donc c'est aussi l'occasion pour moi d'avoir un peu plus de tes nouvelles, Nila, donc je suis très contente de t'accueillir aujourd'hui.
- Speaker #1
Bah écoute, de même, c'est super de pouvoir... c'est un peu la boucle est bouclée, j'ai envie de dire. Ouais,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
Donc ouais, c'est super, je suis très contente aussi d'être là.
- Speaker #0
Ce que je te propose, c'est de commencer par te présenter, t'es libre sur la manière de le faire, mais de façon à ce que les personnes qui nous écoutent aient une petite idée de qui tu es.
- Speaker #1
Ok, alors, je suis Mila, j'habite dans le nord de la France et je suis en première année de licence de psychologie. J'ai donc souffert de TCA et je suis une ancienne patiente de la vie. C'est pour ça que, comme tu disais, si joliment, on a fait un petit bout de chemin ensemble. Et aujourd'hui, je voudrais devenir psychologue spécialisée dans les TCA. Du coup, j'essaye de m'engager comme je peux, d'avoir déjà un peu des impacts à ma petite échelle. Pas forcément très... Je ne peux pas forcément me permettre de faire tant de choses que ça, mais j'essaye, notamment grâce à Focus Corps et au Body Project, de pouvoir m'engager un petit peu. Donc voilà.
- Speaker #0
Trop cool que tu en parles. Ça va nous permettre de faire un peu de pub, tant qu'à faire. si ça vous intéresse je ne peux que vous encourager à aller prendre des infos sur le body project donc c'est plutôt à destination des professionnels mais pas que parce qu'en fait finalement n'importe qui peut choisir de se former au body project c'est bien la preuve et en fait derrière ça peut permettre donc c'est un outil de prévention des troubles des conduites alimentaires à destination plutôt des jeunes d'entre 15 et 25 ans mais c'est aussi un outil qui peut tout à fait être utilisé je pense notamment à des professionnels de la... accompagnement, qui auraient envie d'avoir un outil pour mieux accompagner les personnes sur la question de l'insatisfaction corporelle, c'est super utile. Moi-même, j'espère en 2026 lancer des groupes aussi pour mes patientes. Donc voilà, et Focus Corps, pareil, je vous invite tous et toutes à aller voir sur le site internet, mais c'est une association qui a pour but de promouvoir une image corporelle positive, et Nila et moi sommes toutes les deux bénévoles au sein de cette association. Donc voilà. Donc, c'est trop cool. Donc, tu œuvres déjà, tu minimises, tu dis, à ma petite échelle. Je veux dire, tu es étudiante et c'est déjà hyper prenant, en fait, d'être en licence de psycho et tu donnes de ton temps. Donc, c'est déjà énorme.
- Speaker #1
Écoute, franchement, ça me fait plaisir. Je pense qu'on aura l'occasion de en reparler, mais c'est aussi quelque chose qui est venu un peu comme une évidence pour moi après tout ça. Et donc, franchement, ça me fait plaisir. Et c'est aussi cohérent avec le parcours de psycho. Ça veut dire que quand je m'absente, faire des formations... quand je dis à mes profs je suis désolée je serai pas là je serai au body project c'est pas eux qui vont me contredire donc ça me fait aussi plaisir c'est pas du tout quelque chose que je vois comme une corvée en plus l'engagement
- Speaker #0
peut même être quelque chose qui arrive sur les parcours de guérison je trouve et là on parle des troubles alimentaires mais c'est un truc que j'ai pu voir aussi chez les personnes qui avaient été victimes de violences sexuelles et de mettre de l'énergie dans l'engagement, de devenir militant, militante. Souvent, c'est quelque chose qui est hyper aidant sur le parcours. Et quand on va mieux, c'est quand même souvent. De toute façon, toutes les personnes qui accompagnent les TCA, tu choisis rarement cette spécificité, je vais le dire plutôt comme ça, par hasard.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Surtout, les TCA, ça paraît niche quand même. Ça ne l'est pas parce que... Quand on voit la prévalence, ça n'est pas niche, mais pourtant, l'approche que je trouve, on essaye de revendiquer tous un peu au sein de Focus Corps, c'est un peu niche quand même.
- Speaker #0
Oui, carrément. Mais tu dis un truc tellement important là, c'est hyper niche alors que ça ne l'est pas. C'est-à-dire que ça semble complètement absent de tous les programmes de formation de diététiciens, de psychologues, de tout ça, comme si c'était un tout petit truc, alors que c'est énorme, la prévalence est énorme.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est-à-dire que moi, l'année dernière, j'étais encore au lycée. Même encore aujourd'hui, à la fac, c'est un carnage. J'avais fait un espèce de mini-sondage l'année dernière dans ma classe. J'avais sondé notamment les filles. Sur 18 filles, je crois qu'il y en avait... En plus, je n'aurais pas toutes demandées, mais j'en avais déjà eu 12 ou 13 qui m'avaient dit qu'elles avaient eu plus ou moins des TCA. En plus, je sais qu'elles minimisent, je sais que tout ça... Et je sais que je pense que je n'avais pas eu les 17. Donc, on est quasiment sur du 100%. c'est fou et pourtant je sais qu'en licence de psycho on a deux sans prendre l'option TCA, L3 et tout on a deux heures de cours sur les TCA.
- Speaker #0
Ça fait l'âge sur une formation Bon et pour revenir à toi plus spécifiquement puisque ça va être le sujet de cet épisode la première question que j'aime bien poser aux personnes que je reçois c'est de faire un petit retour dans l'enfance Et j'aimerais bien que tu nous parles de ce dont tu te souviens, toi, de ton rapport au corps et à l'alimentation quand tu étais une petite fille.
- Speaker #1
Ouais, alors, comme aussi je l'ai dit plusieurs fois dans les diverses formations, etc., moi, j'ai beaucoup moins de recul que potentiellement tes autres invités, etc., parce que j'ai 18 ans. Donc déjà, ce n'est pas forcément pareil que quand même dans les formations. La majorité des personnes ont 35-40 ans et donc pour elles, 18 ans, c'est déjà leur enfance. Moi, du coup, j'ai quand même vachement moins de recul et il va falloir que je remonte beaucoup plus tôt pour avoir un truc un peu pertinent. Mais je pense que, comme tout le monde, j'ai été une mangeuse intuitive très jeune. Je sais que, on me l'a raconté, c'était ma mère qui m'avait dit que j'ai eu quand même des périodes de forte sélectivité alimentaire. Après, Je ne pense pas que c'était forcément anormal dans le sens où ça a inquiété, etc. Mais ça s'est quand même résorbé tout seul, assez rapidement, dans le sens où mes souvenirs que j'ai à partir de 6-7 ans, à partir de la primaire, c'était normal. Donc je pense que c'était plutôt les périodes de néophobie courantes des enfants. Surtout qu'en fait, je mangeais les aliments que les enfants, ils mangeaient. Des féculents, des crêpes, du chocolat. Mais donc c'était... Je pense que ce n'était pas plus alarmant que ça. Et après, je ne saurais pas vraiment dire quand. Je me rappelle qu'à mon avis, il y a eu un petit basculement vers une forme d'hyperphagie. Alors, pas forcément de l'hyperphagie au sens comme on l'entend, mais peut-être plus une forme de suralimentation, un peu d'alimentation émotionnelle. Je pense que c'était un peu... Disons que j'ai grandi dans une famille où l'alimentation est vraiment une grande source de plaisir. de partage, c'est quelque chose de très présent. Et donc, je pense que déjà, j'associais beaucoup ça au plaisir, au positif. Et donc, assez vite, je me suis mise à manger un peu par habitude. Un peu, voilà, et je me rappelle, notamment, je dis ça aussi parce que je sais que régulièrement, il y a eu une période de ma vie où tous les jours, le soir, j'avais l'impression d'être un peu trop remplie, d'avoir un peu trop mangé, etc. Et donc, je ne m'en inquiétais pas plus que ça, mais je pense qu'assez jeune, je dirais fin de primaire, donc vers peut-être 9-10 ans, j'avais déjà ce truc de manger peut-être un peu plus que mes besoins. Et donc, je ne sais pas exactement ce qui m'avait décentré de l'alimentation intuitive, justement. Je pense qu'il y avait un truc comme ça.
- Speaker #0
Ok, tu ne sais pas en fait ce qui a créé ça ?
- Speaker #1
Pas vraiment, non. Moi, j'ai le souvenir de... que l'alimentation c'était vraiment un truc qui rythmait ma vie. C'était quelque chose de très routinier, c'était mes sources de plaisir régulières. Mais dire ce qui vraiment a généré le fait que j'avais cette source de plaisir-là presque un peu trop présente, ou en tout cas qui me déconnectait de mes sensations alimentaires, je ne sais pas dire comment c'est venu, ni vraiment quand c'est venu. Mais je pense que j'étais jeune, je devais avoir, je te dis, 8 ans peut-être. Neuf ans.
- Speaker #0
Et dans ton rapport au corps, de quoi tu te souviens ?
- Speaker #1
Alors, dans mon rapport au corps, c'est marrant parce que du coup, j'y réfléchissais. ces derniers jours, etc. Et justement, en précision, tout ça. Et en fait, alors, je me rappelle que j'ai toujours été plus ou moins plus enrobée que les autres, on va dire. Et je pense que mon internalisation de la minceur, c'est bien, etc. n'était pas forcément faite avant peut-être. Et c'était assez marrant de constater ça. Par exemple, je me rappelle que j'étais peut-être en CE1. 16 ans, donc j'avais 7 ans. Et je me rappelle qu'il y avait des... J'avais un ventre d'enfant bien moins plat que celui des autres enfants de mon âge. Mais je pense qu'à l'époque, ça ne me dérangeait pas. Et je me rappelle que j'avais des copains et des copines qui trouvaient ça rigolo, en fait. Et du coup, c'était plus un jeu, une boutade qu'autre chose. Et moi-même, ça ne me dérangeait pas, je me rappelle. Donc ça, c'était à 7 ans. Donc à 7 ans, je n'ai pas encore internalisé l'idéal de minceur. Et je me rappelle d'un truc, c'est assez marrant, j'ai un flash, donc je pense que c'est venu un petit peu avant, mais je me rappelle d'un flash où j'ai 9 ans, et où en fait c'était ma mère qui aidait beaucoup à l'école pour les spectacles de fin d'année, les costumes, les machins, et donc ma mère commence à prendre toutes nos mensurations pour les costumes, et en fait je me rends compte que j'ai le plus grand tour de taille de tous ceux à qui elle a pris. Et c'est là, je me rappelle que c'est un peu l'un des premiers souvenirs de « Ah bah tiens, en fait je suis... » pas comme les autres et c'est pas exactement j'ai pas le même corps que tout le monde et je pense que c'est peut-être que c'était là avant et que je n'ai pas c'est un peu la première fois que je conscientise ce truc de bah tiens je suis pas pareil quoi je
- Speaker #0
suis pas dans la norme tu te souviens de ce que ça t'a fait ressentir ?
- Speaker #1
pas spécialement je pense que sur le moment c'est pas forcément très émotionnel sur le coup Merci. juste le constate dans un premier temps et c'est après qu'en fait tout va se connecter et je vais dire ah ouais idéal de minceur machin je pense que j'ai déjà internalisé des trucs sur la nutrition un petit peu etc parce que ma mère elle essayait de me transmettre un peu des bonnes bases c'était très sain quand même enfin c'était pas du tout restrictif ou quoi au contraire ma mère avait plutôt tendance à avoir un petit peu peur que tu ne manges pas assez. Mais, donc, voilà. Par exemple, le goûter, c'était un fruit, un laitage, un féculent. Enfin, voilà, c'était ce genre de truc. Mais du coup, je me rappelle que je commençais déjà un peu à avoir des trucs de me dire, ah tiens, aujourd'hui, je vais manger cinq, ce genre de truc, que je me dis après coup, peut-être qu'à 8-9 ans, c'est un peu jeune quand même pour avoir ce genre. Ouais.
- Speaker #0
Je me dis ça aussi. Donc, c'est un peu jeune.
- Speaker #1
Mais après, après... spontanément le corps, je sais pas exactement, je sais qu'il y a eu une période où assez jeune j'ai commencé à vouloir rentrer mon ventre moi je pense que je devais avoir moins de 10 ans mais mais est-ce que c'est venu tout de suite je sais pas, enfin je pense que c'est venu petit à petit mais je pense que clairement à 10 ans j'avais totalement cette conscience là du corps du fait que j'étais en même temps j'étais CO très jeune aussi donc c'était une fin Fallait bien que l'internalisation se fasse tôt. Mais je pense qu'à 10 ans, j'avais déjà cet aspect-là de mon corps n'est pas exactement dans les normes et je suis plus grosse et ce n'est pas bien.
- Speaker #0
Oui, il y a le « ce n'est pas bien » . C'est-à-dire qu'il y a plusieurs étapes. On entend bien qu'il y a des constats qui se font, mais qui sont à peu près neutres finalement. Tout comme de se dire « tiens, je suis la plus grande ou la plus petite finalement » . Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Et à un moment donné, il y a un truc qui vient dire que ce n'est pas comme il faut. Est-ce que tu as une idée de qui, quoi, comment ça a pu se transmettre, ça ?
- Speaker #1
Pas spécialement. Je sais aussi que j'étais une petite enfant qui ne bougeait pas du tout, du tout, du tout. J'étais très cérébrale, très dans l'intellectuel. Donc, j'étais très, très peu mobile. Donc, forcément, par exemple, je sais que quand j'étais au sport, à l'école, j'étais vraiment toujours la dernière, la dernière à être choisie. Et ça déjà, alors je ne sais pas si je le reliais déjà avec le corps, l'apparence, etc. Mais je sais que déjà ça, c'est quelque chose d'un peu questionnant pour moi, avec presque une forme de honte ou de culpabilité, je ne sais pas trop. Mais un truc un peu comme ça de me dire, pour le coup, le sport, ce n'est pas mon truc. Allez, next. Et je me rappelle aussi, je viens de me rappeler d'un truc. C'est que quand j'étais en primaire, j'avais des fois des... Je pense que c'était en CE2CM1. J'avais peur que certaines profs me jugent par rapport à mon poids. Donc, si, c'était quand même jeune.
- Speaker #0
Ah ouais !
- Speaker #1
CE2CM1, j'avais peur que certaines profs... Notamment, j'avais aussi des profs qui avaient eu des chirurgies bariatriques ou ce genre de trucs. Et j'avais peur que les profs aient peur que je devienne comme elles.
- Speaker #0
Donc, il y avait quand même quelque chose.
- Speaker #1
Oui, il y avait quand même quelque chose très tôt. Mais oui, je sais qu'il y a eu ça. Je sais que j'avais… Justement, cette prof-là m'avait conseillé à un moment donné de faire de la danse. Parce que j'étais au-delà d'être toujours la dernière en sport, etc. J'avais des grandes difficultés. psychomotrice, on sentait que mon corps c'était pas, c'était pas, j'étais pas, enfin voilà, je j'avais du mal à bouger, à me repérer dans l'espace, tout ça, donc elle m'avait conseillé de faire de la danse, un club très très bienveillant dans ma petite ville, il n'y avait pas de souci là dessus, mais je me rappelle que je suis allée chez le médecin, donc j'avais, j'allais sur 10 ans, parce qu'il fallait un certificat médical et que le médecin m'a dit que j'étais trop je cite Ton poids est trop élevé par rapport à ta taille. Est-ce que tu veux qu'on y fasse quelque chose ? » Donc, il avait quand même eu la bienveillance, enfin, bienveillance relative aujourd'hui, mais par rapport au médecin, c'est déjà pas mal de me demander. Il ne m'a pas dit « On va faire un régime. » Mais bon, je sais que je l'ai assez mal pris et que je suis ressortie en pleurant. Mais donc, je sais qu'il y a eu ça, mais je pense que c'était déjà là avant. Et c'est d'ailleurs pour ça que je suis ressortie en pleurant. c'est parce qu'il a dit trois mots et tout de suite je l'ai pris contre moi. Alors que si je n'avais pas eu déjà totalement internalisé, je ne l'aurais pas forcément pris pour moi.
- Speaker #0
Tu en parlais à tes parents à ce moment-là ?
- Speaker #1
Mes parents m'ont parlé. C'est-à-dire que je sais que mes parents ont été eux-mêmes un peu hors normes, pas de manière démesurée, mais plus gros, plus enrobés que la moyenne jeune. Et qu'ils ont été quand même assez moqués, et que mes parents, eux, avaient peur. que je subisse les mêmes moqueries et que des fois c'est mes parents qui prenaient les devants pour dire bah est ce que tu veux qu'on fasse un régime est ce que tu veux je sais pas si parler de régime mais ce que tu veux qu'on fasse attention c'était souvent ça les phrases ben moi j'avais 10 ans je comprenais à ce moment là que que j'avais une possibilité de modeler mon corps etc et en même temps disant est ce que tu as envie de faire attention bah bof quoi
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Donc, du coup, à chaque fois, j'étais souvent prise, quand j'avais cette question-là, dans une ambivalence de me dire, d'un côté, si on me demande ça, c'est que probablement ce serait bien, et d'un autre, non, en fait, je n'ai pas envie de faire attention. Donc, du coup, c'était toujours un petit peu cette ambivalence-là. Et après, je me rappelle d'une période, un petit peu, je pense que c'était fin de primaire, début collège, en sixième, où je savais que... Je ne m'empêchais pas encore de manger, je ne me restreignais pas encore, etc. Mais je savais que j'étais plus grosse que la norme. Et puis à chaque fois que... Je ne sais même pas si à cette époque-là, j'étais encore plus grosse que la norme. Parce que peut-être... Ouais, fin de primaire, oui. Mais je me rappelle que quand mes parents disaient « Ah, on va aller au restaurant, etc. » Je me disais « Ah bah ouais, c'est cool. Bon, je vais encore grossir. Mais bon, tant pis. Allez, c'est pas grave. » Et donc, il y avait quand même toujours cette arrière-pensée de me dire, bon, bah, tant pis, quoi. Et donc, il y avait quand même ce truc de... Je n'étais pas du tout encore dans l'idée de me restreindre, mais il y avait ce truc de, bon, bah, voilà, quoi.
- Speaker #0
Oui, j'entends qu'il y avait de la culpabilité. En fait, la culpabilité s'est émissée tranquillement, quand même. Oui,
- Speaker #1
c'est ça, tranquillement.
- Speaker #0
Comment tu qualifierais le rapport de tes parents à leur alimentation et à leur corps ?
- Speaker #1
Alors... Ma maman, je pense qu'elle a fait des formes d'hyperphagie. Hyperphagie, on a une image très... Mais je pense qu'il y avait quand même une alimentation émotionnelle. Je ne sais pas parce que je n'aime pas non plus dire alimentation émotionnelle parce que c'est mal connoté aussi. Mais en tout cas, je pense qu'il y avait, quand j'étais plus jeune, des trucs de restriction. Ma mère, elle est née dans les années... elle est née dans les années 70, fin des années 70, donc forcément, ma grand-mère a leur Weight Watcher et tout, et compagnie, et voilà. Et puis, ma mère avait toujours des arrières-pensées, mais mangeait quand même, donc beaucoup de restrictions cognitives, beaucoup de... Voilà. Et donc, c'est après, quand elle m'a vue faire des cheminement, qu'elle a lu les livres que j'ai lus, qu'elle a fait tout ça. que maintenant aujourd'hui je pense qu'elle est dans une alimentation intuitive mais à l'époque c'était beaucoup de la restriction cognitive mon père c'est aussi un peu particulier c'est à dire que par période il va être plutôt mangeur intuitif mais mais mangeur intuitif du genre à pouvoir oublier de manger quoi. Et en même temps, il y a aussi eu des périodes un peu plus bizarres où il ne mangeait pas le matin, il ne mangeait pas le midi. Du coup, le soir, forcément, il avait très faim. Et donc, il pouvait manger un paquet de chips, une demi-baguette de pain, un repas, un dessert. Donc, je me disais, c'est bizarre. Pourquoi ? Je sais que mon père se trouve toujours… Enfin, ça fait peut-être 5-6 ans que mon père me dit qu'il grossit. Bon, voilà. Voilà, si ça faisait vraiment 5-6 ans qu'il grossissait, ça se serait vu quand même. Là, ça ne s'est pas vu outre mesure. Après, c'est aussi normal qu'avec l'âge, le corps change. Mais bon, voilà quoi, pour rentrer dans une taille S, allez, à la rigueur, un M. Mais voilà, c'est vrai que le rapport au corps de mon père m'a toujours beaucoup questionné. Je pense que c'est assez ambivalent, même chez lui. Il n'est pas au clair avec lui-même et il ne souhaite pas avancer là-dessus. Donc voilà. Mais c'est vrai que ça m'a toujours pas mal questionnée. Donc ce n'était pas quelque chose de catastrophique. Mais ce n'était pas non plus 100% un petit peu.
- Speaker #0
Puis en fait, je pense que les personnes qui nous écoutent auront capté un peu quelques bribes déjà de qui tu es et de ton fonctionnement. Et tu l'as dit toi-même tout à l'heure que tu étais une petite fille très cérébrale. je ne peux qu'imaginer à quel point tu étais dans l'observation et l'écoute de tes parents, et tu as ce côté éponge aussi qu'on retrouve chez les enfants, et finalement ce rapport chacun à leur manière un peu conflictuelle de tes parents à leur propre alimentation, alors sans forcément, tu l'as dit, sans forcément être dans des troubles alimentaires avérés qui empêchent les gens de vivre une vie normale, en fait il y a des tas de gens qui sont sur le prisme des TCA. sans pouvoir cocher toutes les cases d'un diagnostic pur et dur d'hyperphagie, mais qui pour autant ont un rapport conflictuel avec leur corps, avec l'alimentation. Et mine de rien, c'est compliqué de ne pas du tout le transmettre à ses enfants, qu'on le veuille ou non. Parce que les enfants observent, parce que les enfants grandissent et apprennent par mimétisme.
- Speaker #1
Et encore plus, je dirais, quand on n'a pas conscience que c'est conflictuel. Parce qu'on est dans une société où le... Le fait de faire attention, le fait d'être en restriction cognitive, etc. est tellement normalisé que c'est presque normal pour les parents de le transmettre aux enfants.
- Speaker #0
Et oui, et je crois me souvenir que ton papa fait beaucoup de sport aussi.
- Speaker #1
Par période. Il y a ces périodes de semi-marathon où il va faire ses trucs. Et puis, il y a quelques années, je crois, il y a pas si longtemps, il me disait « Ah bah là, aujourd'hui, je me suis arrêtée, je voyais des étoiles » .
- Speaker #0
qu'est-ce qu'il m'a encore fait lui mais c'est vrai que quand j'étais petite c'était questionnant aussi il en fait beaucoup mais il en fait jamais assez ouais mais ça aussi c'est très valorisé par la société l'écoute de soi, le repos c'est pas des choses qui sont très valorisées ah non ça c'est sûr bon du coup ça brosse un peu ton portrait de quand t'étais une petite fille et tu l'as dit en préambule de cet épisode tu as souffert de troubles alimentaires. Et finalement, quand est-ce que c'est arrivé ? Même si souvent, ce n'est pas tac, un jour, tout d'un coup, je souffre de TCA. Mais quand est-ce que tu as eu l'impression que ça a glissé dans le pathologique ?
- Speaker #1
J'étais, comme je disais, en sixième, sixième, etc. J'étais un peu toujours dans ce truc de, bon, tant pis, je vais manger et je vais encore grossir. Et puis, on arrive, j'arrive, c'était en 2020. Donc, je suis en cinquième, j'ai 12 ans. et Notre cher confinement arrive et donc déjà c'est compliqué parce que je pense qu'on a tous les trois, moi et mes deux parents, je suis fille unique, la chose fait une sorte de Covid qui n'a jamais été diagnostiquée parce qu'à l'époque on ne testait que les gens à l'hôpital. Mais on a fait quand même des trucs qui n'étaient pas... Enfin moi j'ai fait à 12 ans, j'ai fait une espèce de grosse bronchite avec quand même pas mal de fièvre. J'ai mis genre trois semaines à me remettre. Enfin surtout que j'étais jamais malade avant. Donc c'était fort. Mon père, lui, on a hésité quand même à appeler le 15 à certains moments parce qu'il faisait des tests en ligne et on le disait d'appeler le 15. Ils avaient des difficultés respiratoires. Mes parents, ils se montaient à plus de 42 fièvres pendant des jours et des jours. Donc déjà, la période n'était pas forcément simple. Et puis, on entendait partout « Ah là là, pendant le confinement, on va grossir parce qu'on ne va plus bouger, on va être chez nous, on va manger. » Donc, on va grossir. À l'époque aussi, je suivais depuis déjà longtemps. une fille girl dont je pense que tout le monde, enfin voilà, a vu sa notoriété. Et en plus, ce qui était assez marrant, c'est que je la suivais avant. Je suis même pas fou de moi d'ailleurs. J'ai probablement trop d'internalisation de tout ça. Et en plus, évidemment, elle a souffert de TCA aussi. Puis je pense qu'elle est encore dedans, même si elle dément. Et donc, je me rappelle que souvent, mon père me disait « Ah bah c'est fou, tu regardes une fille de gueule, mais du fitness, t'en fais jamais, c'est quand même bizarre. » Et bon, ça, ça s'est internalisé aussi. Et donc, pendant le confinement, je me suis dit « On va limiter la casse. » C'est vraiment ce que je me suis dit. C'était « Je vais essayer de pas regrossir encore pendant le confinement. » Sachant qu'à ce moment-là, je ne le vois pas encore, mais je l'ai vu sur les photos. il y a encore même quelques jours de ça, j'avais déjà perdu du poids, j'étais déjà revenue dans un corps qui était vachement plus dans la norme. Et à cette époque-là, déjà, je ne le vois pas. Mais j'essaye de limiter la casse, alors je fais un peu de sport, je me dis « ah ben là, je ne vais pas manger ça » . C'est très insidieux au début, en plus comme je suis en mode lune de miel, je ne le vois pas. Et donc je commence à d'abord, je vais aller marcher, puis après, je vais faire une vidéo. Ce fameux couple d'influenceurs. Ah, puis ça, puis ça, puis ça. Puis un jour, ma mère, elle dit, on va faire des burgers. Et puis, je me retrouve à faire des burpees dans ma salle de bain. Et puis, petit à petit, comme ça. Et puis, en fait, on est déconfinés. Et puis, il y avait mes proches qui ne m'avaient pas vu deux mois, trois mois. Et là, ils me disent, mais ça te va trop bien, t'es trop belle. Et là où peut-être, je ne sais pas. Mais je me dis peut-être, si ça se trouve, qu'on aurait été déconfinés et j'aurais repris ma vie normalement, j'aurais pu eu cette peur. Alors peut-être que les comportements étaient déjà trop importés pour que, peut-être que je me serais dit, ah bah je vais continuer comme un petit peu et puis comme ça, voilà. Ou peut-être que je me serais juste dit, bon bah voilà, la vie reprend, la vie reprend et bah là, tout le monde me dit, ah ça te va super bien. Beaucoup de gens aussi me disent, mais comment t'as fait ?
- Speaker #0
Et moi,
- Speaker #1
sur le coup, je leur dis, bah je sais pas. Ah oui, c'était aussi une période où... Je veux limiter ma consommation de viande parce qu'à cette époque-là, j'ai déjà conscience des animaux, de l'écologie. Je fais aussi une petite crise d'éco-anxiété au passage, gratuit. Et puis, du coup, je veux limiter ma consommation de viande. Je ne remplace pas forcément non plus par autre chose. Donc forcément, ça fait un déficit énergétique, tout ça, tout ça. Et donc, les gens me disent « mais comment tu as fait ? » Moi, je ne sais même pas spécialement, surtout qu'en plus, je suis dans un déni. magistrales. Donc, je leur dis, et du coup, en fait, qu'est-ce que j'internalise ? Ah bah donc, il ne faut surtout pas que je reprenne mon poids.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Après, j'ai eu des événements familiaux assez incongrues, on va dire, qui ont fait qu'en plus, ça a rajouté... Ah, moi, j'étais complètement perdue, je ne savais plus du tout. Donc, je pense que... J'ai dit, hop ! Une piste, un truc où au moins je contrôle. Donc, je me suis encore plus engouffrée dedans. Et puis, l'été 2020, c'était bon. Entre le confinement et ça, la fin de l'été, c'était bon.
- Speaker #0
Quand tu dis que c'était bon, c'est que ça y est,
- Speaker #1
tu étais bien dedans. Je ne sais pas vraiment dire à quel moment j'étais... C'est toujours difficile de donner, comme tu disais, un point d'arrêt. mais Je sais que fin de l'été, j'étais à fond dedans. Et je pense que c'est arrivé avant. Mais voilà, ça a glissé petit à petit pendant le confinement. Puis après, entre le confinement et la fin de l'été.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tes parents, eux, se sont alertés à un moment donné ?
- Speaker #1
Oui, ils se sont alertés, mine de rien, assez vite, je trouve. Enfin, assez vite parce que bien avant moi, forcément. Moi, j'étais dans un défi magistral, évidemment. Mais je pense qu'ils se sont alertés. J'étais en début de quatrième. C'est-à-dire qu'en plus, en quatrième, je me suis retrouvée dans une classe où j'étais très seule, où moi, je me suis toujours sentie en décalage avec les autres de mon âge. Aujourd'hui, ça va mieux. Mais à l'époque, c'était très compliqué. Je me retrouve en quatrième, je suis seule. Il n'y a personne avec qui je m'entends. Donc, je m'engouffre encore plus dans mes trucs. Et donc, là... C'est là que mes parents ont commencé à se dire « tiens, c'est étrange, peut-être qu'il y a un petit peu de ça » . Et petit à petit, ils essayent de mettre ça dans la tête. Je suis restée encore dans le déni un bon bout de temps. Mais après, j'ai vu, ils se sont dit « tiens, on va contacter une espèce de coach qui, soi-disant, était spécialisée en TCA, qui était en fait très psychanalytique, qui pensait qu'elle allait me guérir à coup de numérologie » .
- Speaker #0
et d'astro... de... je sais pas quoi, de signes astrologiques et de... et de trucs. J'ai fini par arrêter au bout de tête, je sais pas. Bon, j'en ai fait longtemps, quand même, de la numérologie. Mais, ce n'a pas été miraculeux, la numérologie.
- Speaker #1
Ouais. Ah bon, sans blague, je suis étonnée.
- Speaker #0
Sans blague. Franchement, c'est...
- Speaker #1
Et du coup, tu adhérais, toi, parce que là, j'entends que tes parents s'inquiètent, te propose un suivi. bon, au final, qui n'a pas trop porté ses fruits, mais en tout cas, eux, il y a une inquiétude et l'envie de t'emmener vers une forme de soin. Toi, tu dis que tu es dans le déni, mais quand même, tu acceptes d'essayer ça parce que... Est-ce que ça fissure un peu ton déni quand même à ce moment-là et tu prends conscience de ta façon de vivre ?
- Speaker #0
En fait, je le minimise. C'est-à-dire que, enfin, je ne sais pas exactement à quelle période, je sais qu'en tout début, quand je rentre en quatrième, je suis encore dans le déni. Et puis, je pense que... octobre, novembre 4e, ça fissure un peu mon déni. Et donc, je suis dans un déni de me dire que je ne suis pas assez malade pour que ce soit vraiment problématique. Mais bon, j'ai un petit problème, on va aller le régler. Et puis, ça ira mieux. Mais c'est vrai qu'à coup de certaines grosses inquiétudes de mes parents, on a réussi un peu à fissurer le déni petit à petit. Mais je suis encore bien loin de me rendre compte de l'ampleur de la chose. J'ai aussi vu à ce moment-là une diététicienne, n'importe quoi. Elle a voulu me faire un plan alimentaire. Je crois qu'il est encore plus restrictif que mes restrictions. Enfin bon, voilà. Donc à chaque fois, moi, je mets de l'espoir dans la nouvelle solution en me disant, bon, comme ça, ce sera réglé. Puis en fait, je me rends compte que c'est pire que mieux. Et donc du coup, voilà. Mais c'est vrai que mes parents ont un peu fissuré mon déni. Donc je commence à me rendre compte. qu'il y a un petit truc embêtant, mais sans plus.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Là, tu es en mode « Ouais, ça va » . Est-ce qu'il y a un moment où tu te dis « Non, c'est plus vivable » ? Est-ce qu'à un moment, tu en prends vraiment conscience, toi, de ce qui s'est installé, de la gravité et du fait que je crois que c'est ça aussi qui est important parce que c'est une forme d'anorexie que tu as fait, de prendre conscience que contrairement à ce qu'on croit, on ne maîtrise pas. et qu'on est pieds et poings liés dans le truc.
- Speaker #0
Pour moi, ça arrivait très progressivement. Il n'y a pas un moment où j'ai pris conscience. Ça arrivait vraiment très, très, très, très progressivement. Il faut savoir aussi qu'à ce moment-là, par exemple, mes parents me disaient on va aller voir un médecin. Bon, déjà, je n'avais aucune envie de retourner voir l'autre médecin auquel j'avais vu la dernière fois pour qu'ils me disent que j'étais trop grosse. Moi, je me vois, j'ai une dysmorphophobie monstrueuse. Je me dis mais il va juste me dire que j'ai rien, que je suis normale et que faut que je retourne chez moi. Moi je me dis que je vais pas être prise au sérieux du tout. Mes proches sont au courant mais moi je refuse catégoriquement de leur en parler parce que je me dis que personne va comprendre, tout le monde va me dire que j'ai une corpulence normale alors qu'au final elle était peut-être pas si normale que ça. Mais à l'époque je ne le vois pas. Et donc, à ce moment-là, je suis bien dans mon truc. Et puis, j'essaye de trouver des solutions pour que ce soit un peu moins restrictif. Alors, je me lance dans des comptages de calories en me disant, bon, comme ça, je passe d'une forme d'orthorexie, orthorexie bien restrictif quand même, mais à un truc de dire, bon, c'est bon, tant que je suis en dessous du seuil de calories, ça va. Et puis, du coup, j'ai l'impression que c'est plus visible. Mais en fait, ce n'est pas plus visible. Et donc, ça vient vraiment très progressivement. Et je me rappelle que la première fois que j'ai parlé à quelqu'un d'extérieur de GDCCA, c'était en fin de seconde. J'étais déjà en suivi avec toi. Donc, c'est genre trois ans après. C'est la première fois que je me dis, là, je me sens presque légitime à dire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, c'est bien pour dire que le déni est plus ou moins resté longtemps, longtemps. Après... Petit à petit, quand même, j'en sortais et je me rendais compte que j'avais un TCA, que machin, que truc. Mais je suis quand même restée longtemps dans une forme de déni.
- Speaker #1
Mais j'entends que ton déni, il était lié à une forme de légitimité. Et ça me rappelle quelques souvenirs de travailler avec toi. Aïe, aïe, aïe, la question de la légitimité, je pense que c'est central. Et du coup, en fait, ce qui est fou, je trouve quand même dans ton histoire, c'est que il y a du déni, mais voilà, qui est plus sous une forme d'illégitimité parce qu'en fait, tu adhères quand même aux soins, assez vite. Il y a du soin qui t'est proposé et tu dis, ah ouais, bon, allez, je vais tester un truc. Peut-être ce sera un peu mieux, un peu plus vivable. Et ça, c'est assez incroyable quand même. Et sans doute que c'est ce qui a fait ta force aussi.
- Speaker #0
Ouais, après, je pense qu'assez vite, j'étais déjà très jeune, donc ce qui était bien, c'est que je voyais bien que ce n'était pas la norme encore. Au moins, je n'étais pas dans un... dans une tranche d'âge où la norme c'était... Enfin, il n'y avait pas encore beaucoup de TCA à 12 ans. La majorité des gens n'ont pas de TCA. Donc au moins, je voyais le décalage entre mon comportement et celui des autres, qui n'aurait peut-être pas été le cas si je les avais eus 5 ans plus tard. Mais, quoi que, ça dépend. Mais en tout cas, là, je voyais bien qu'il y avait un décalage entre mon comportement et celui des autres. Mes parents étaient quand même bien alarmistes. Je voyais bien que c'était compliqué. Donc, ouais, il y avait quand même... tout de suite ce truc de me dire, bon, j'aimerais bien que ça change. Bon, après, il y a eu un peu une phase où, après, la numérologue, là, je me suis un peu dit, bon, on va se débrouiller tout seul parce que manifestement, elles ne mettent pas l'autre. Entre la diététicienne et la numérologue, bon.
- Speaker #1
Et du coup, c'est quoi se débrouiller tout seul ? Ça ressemblait à quoi ?
- Speaker #0
Ça ressemblait à... Je me suis dit... Je sais faire des compromis. des compromis, des compromis tout le temps, donc c'était bon. Parce qu'il y a aussi un moment donné où très vite, je pense que c'était le cas pour vous, mais très vite, il y a aussi mon envie, peut-être pas en quatrième, mais vite en troisième, il y a mon envie de manger qui revient. Et j'ai l'impression d'être en conflit permanent entre deux parts de moi qui s'engueulent en permanence dans ma tête, et c'est même ce que je disais à mes parents. Mais j'ai l'impression qu'il y a deux personnes qui hurlent dans ma tête et qui s'engueulent en permanence. C'est assez... Et bon, souvent mes parents me conseillent de faire des compromis, justement. Bon, voilà. Mais voilà, c'est beaucoup des compromis. C'est de me dire, ah bah, je vais manger X calories. Il y a X de plus que l'année dernière, mais quand même X de moins que ça. Ou de me dire, ah bah, sauf qu'après, en plus, les calories, je les compte mal. Je les compte toujours à la hausse. Donc, bon, déjà... même rien qu'en comptant les calories ça n'importe quoi aussi et t'arrondissais au dessus parce que on sait jamais que ce serait plus que ce que je crois en plus il y a des vidéos sur internet les calories c'est plus que ce que vous croyez parce que la cuillère assaut en fonction de si vous vous arrêtez là ou là c'est un demi millimètre et donc à ce moment là je fais toujours des compromis mais toujours des compromis qui sont quand même plus du côté maladie que du côté guérison.
- Speaker #1
Ok. Et finalement, ça dure... Attends, combien de temps ça dure, ça ? Parce que 2020, c'est quand même le moment de la bascule. Donc, ça dure quand même plusieurs années, comme ça ?
- Speaker #0
C'est-à-dire être un peu...
- Speaker #1
Dans un entre-deux, comme ça, où finalement... quelque part tu limites la casse quand même c'est à dire que t'as une semi-conscience de ce qui se passe qui te permet et puis il y a aussi beaucoup de lucidité chez toi quand tu parles de ces deux parties en toi qui se hurlent dessus t'es capable j'ai l'impression que t'as pas non plus perdu le fil avec tes parents alors que c'est beaucoup le cas dans les troubles alimentaires de phase où il y a aussi une grosse distance qui se fait et finalement tout ce qu'amènent les parents est rejeté tu vois en mode Merci. Tout ce que vous voulez, vous, en fait, c'est me faire grossir, alors que moi, je ne veux surtout pas. J'ai l'impression que le contact ne s'est pas perdu entre vous.
- Speaker #0
Oui, il ne s'est pas perdu aussi, je pense, parce que j'étais très jeune, parce que j'étais très proche de mes parents, très obéissante. Et on s'engueule quand même beaucoup. Oui. C'est quand même un peu la guerre très souvent. Mais oui, en effet, ce n'est pas une rupture complète comme ça peut arriver à certains. Combien de temps ça dure ? Oui, ça dure quand même plusieurs années. Après, je ne suis pas sûre à un entrée. Parce que je me rappelle qu'à ce moment-là, j'étais en vacances. Je ne suis plus sûre si c'est l'année entre la quatrième et la troisième, ou l'année entre la seconde, entre la troisième et la troisième. Mais je crois que c'est entre la quatrième et la troisième que je vois sur Instagram les premiers comptes un peu... Bon, qui au début sont... Enfin, pour moi, il y a un peu deux mondes dans les comptes, un peu de guérison et de... Voilà, il y a le monde des professionnels. il fait ça bien, comme ton compte et compagnie. Et tu as un peu le monde des patients qui sont à moitié encore dedans et qui râment un peu. Mais au début, ce n'est pas forcément sur les bons que je tombe parce que je pense que l'algo ne favorise pas forcément les meilleurs. Je suis en premier malheureusement, surtout quand en plus moi je suis jeune donc forcément mon algo c'est un algo de jeune etc. forcément c'est pas sur cela que je tombe en premier mais donc je tombe quand même sur des comptes de personnes en guérison qui ont quand même des trucs qui sont pas trop... et c'est aussi ça qui me permet comme sur le coup je suis fascinée absolument parce qu'en fait ils disent ce que j'ai besoin d'entendre, à savoir que on peut manger comme on veut, qu'on va pas grossir indéfiniment, etc. Et bah, petit à petit, je suis fascinée, ça me fait un bien fou de le lire, et donc je commence à en lire, en lire, en lire, en lire, à longueur de journée. Et je me rappelle, j'étais en vacances à ce moment-là, et je passe mes vacances à lire ça à chaque fois qu'on a un moment off, et bon, l'algo, pour le coup, l'a m'a aidée, parce que du coup, je me suis retrouvée avec un constat que avec des professionnels comme ton compte, et plein d'autres. Ceux auxquels on peut penser avec des patients, certes pas toujours, mais aussi beaucoup de pros, très bien, les comptes de Zoé, les comptes de... Enfin voilà, je ne vais pas tous les citer parce que sinon on en a pour une heure et demie, mais ton compte, enfin voilà. Et donc ça, pour moi, c'est quand même un gros tournant de lui de me dire « Ah bah, il y a complètement une autre voie » . Mais à ce moment-là, je ne suis pas encore du tout dans le dire que je vais y aller. Non,
- Speaker #1
mais non. Chaque chose en son temps. Ça, c'est hyper important. Il y a besoin d'internaliser. C'est une nouvelle internalisation. C'est un nouveau discours qui vient à côté de l'autre puis qui, petit à petit, prend peut-être un peu plus de place que l'autre. Mais c'est un truc que je dis souvent. Pour moi, c'est une phase hyper importante, le niveau de compréhension intellectuelle. Et il faut le comprendre et y croire que ça fasse sens pour soi avant de pouvoir se lancer dans la pratique, en fait. Et du coup, est-ce que tu essaies de te lancer un peu dans la pratique toute seule ou est-ce que tout de suite, tu te dis non, j'ai besoin d'aide ?
- Speaker #0
En troisième, pas trop. En troisième, je suis encore dans... Enfin, voilà, c'est beaucoup, beaucoup les compromis avec moi-même de me dire bon, allez, on va faire ça. Mais du coup, ce sera encore en dessous, mais un tout petit peu au-dessus de ce que je faisais. Mais je ne suis pas du tout encore dans le paradigme de guérir. J'arrive en seconde. et en seconde, je me rappelle que c'était peut-être vers la moitié de la seconde, décembre, janvier, je me dis, bon, là, je vais me lancer, sauf que ce sera après Noël, puis ce sera après ça, puis ce sera après ça, puis ce sera après ça, puis là, je vais me lâcher, là, là, c'est bon, là, là, là, là, dans deux semaines, là, pendant les vacances, machin, c'est bon. Et puis, après les vacances, machin, donc... Du coup, évidemment, en prévention de tout ça, je me restreins comme une folle, etc. Parce que, mais ça va être là, là, là, là. Et puis, ce n'est pas là. Et donc, c'est à ce moment-là que je dis à ma mère, « Bon, maman, là, je lis des professionnels à longueur de journée qui m'ont l'air très, très bien. » Et oui, parce qu'à ce moment-là, j'ai une pensée très dichotomique. Il faut que j'y aille d'un coup. Et c'est vraiment ce que je pense. Dans ma tête, j'ai la vision de la méthode Olin. Et méthode Olin qui doit probablement très bien marcher. mais je pense qu'elle me décourage un peu parce que je me dis mais je vais jamais réussir à sauter de la falaise comme ça quoi beaucoup trop beaucoup beaucoup trop donc c'est vrai qu'à ce moment là que je dis à ma mère bah ce serait bien que voilà je lis des super pros à longueur de journée qui enfin les lire me fait énormément de bien il faudrait peut-être que pour le coup je me fasse accompagner parce que bon alors j'avoue que ma mère sur le coup quand je commence à lui lire je vais enfin j'aimerais bien aller voir à distance des gens que j'ai rencontré sur Instagram. Voilà, c'était absolument pas contre les professionnels. Mais vu comme ça de l'extérieur, sur le coup, elle n'était pas forcément ultra motivée. Elle me dit, ouais, alors je vais regarder. On va voir.
- Speaker #1
Ce qui est une bonne réaction quand même. Soit dit, je ne peux que conseiller ça à tous les parents. Ah oui, oui,
- Speaker #0
oui. Mais donc, elle regarde. Et puis comme mes parents ont beaucoup confiance... Et voilà, on se retrouve à faire un énorme tableau parce que moi, je disais, je l'envoie plein des profs, je ne sais pas lequel. J'adore. C'est gigantesque, avec le nom du coq, le nom de la personne, ce qu'elle fait, machin, le truc. Et c'était un truc. Et donc, petit à petit, on fait un peu par élimination. Lui, il n'y a pas de dispo. Il y en avait aussi beaucoup qui ne prenaient pas les enfants, en fait. J'ai fait une grosse élimination comme ça. Et donc finalement, on t'a contacté. Je crois qu'on en avait contacté d'autres aussi. Puis au final, c'est toi qui as été la plus réactive. Donc ça a été avec toi. Et puis au final, on a fait un appel et puis j'ai tout de suite senti que ça allait totalement le faire parce que contrairement aux autres, ah ouais, en avant j'en avais eu aussi d'autres, j'avais vu des neuropsychologues, des psychologues, machin, truc et tout, ils parlaient tout sauf de TCA, tout sauf d'alimentation en fait, parce que je pense qu'ils ne savaient pas le faire, ils ne comprenaient pas. Donc on me fait faire des tests psychométriques, on commence à me dire que mes TCA c'est parce que j'ai telle note en langage, ouais, sauf que ça me fait une belle jambe ça. ouais j'avais avancé avec ça j'ai aussi une sophrologue ah celle-là c'était quand même c'était la palme d'or ah bah au pire si t'as pas envie de manger mange pas alors là ça c'est wow j'aurais vraiment pas pensé sans vous là je je suis frappée par la lumière ah oui c'est aussi elle qui m'a conseillé de manger la même chose pendant trois semaines enfin bon bref À un moment donné où je ne croyais plus qu'un professionnel pouvait vraiment m'aider, je me dis « mais elle percute, elle me parle de TCA, qui est quand même ouf ! » Et tout de suite, je sens que ça va le faire. Et ce qui a tout changé, c'est qu'en fait, moi qui avais très peur de passer à la pratique, d'ailleurs, c'est ce que je suis arrivée, je t'ai dit « bon, je connais très bien la théorie, mais alors la pratique ! »
- Speaker #1
Je me souviens très bien de ce truc de « non, non, les prochaines vacances, j'y vais ! »
- Speaker #0
Exactement ! C'était exactement. Et donc du coup, je connais toute la théorie, mais alors la pratique, c'est totalement autre chose. Tu me fais lire aussi, et pour moi c'est un détail qui a son importance, tu me fais lire « Oser manger » de Jean-Philippe Vermati. Et bon, il n'y avait quasiment que des choses que je connaissais, mais le fait que tout soit rassemblé au même endroit, par un médecin connu, ça fait quand même son petit effet. En plus, du coup, je peux le faire lire à mes proches. Alors, proches qui sont généralement pas réactifs. Mais ma mère l'a lu. Pour elle, je pense que ça a changé beaucoup de choses aussi dans son rapport à l'alimentation, etc. Ma mère qui, encore, pendant que j'étais dans le TCA, me disait qu'elle avait envie de faire un régime mais qu'elle ne se lançait pas dedans parce que ça la saoulait mais qu'elle aurait bien voulu perdre du poids, etc. Là, elle change directement de paradigme. Je le fais lire à d'autres proches qui, bon, clairement, ne comprennent pas. Mais pour moi, c'est vraiment un changement. Et puis je me rappelle qu'on commence un défi. Et ça paraît bête, mais pour moi, ça a beaucoup de symbolique. Parce que dans ma tête, ça devait passer d'un truc très dichotomique. Et en fait, là, pour moi, je me dis, bon, ce que tu me demandes de faire là, je m'en sens capable. Ce n'est pas insurmontable. Et au final, je ne me rends même pas compte que je suis en train de switcher parce que je fais un truc bon. c'est un challenge, mais ça va pas être confortable, mais ça va pas non plus changer ma vie, quoi. Et puis j'en fais un autre, puis un autre, puis un autre, et en fait, ça a tout changé parce que je me passais de, ben en fait, il faut vraiment que je saute de la falaise à, ben en fait, on peut aussi redescendre tranquillement, y aller pas à pas, sans même forcément que je me rende compte vraiment du truc. Alors si, sur le coup, je me rendais bien compte des challenges et qu'une challenge est bien quand même. Mais en même temps, chaque challenge pris individuellement me paraît Merci. réalisable et faisable. Voilà, c'est ça, faisable. Et je me dis, bah, ça, ok. Ça, ok. Et petit à petit, comme ça, j'avance. Et puis en plus, j'ai les repères des premiers challenges que tu m'as donnés. Et en fait, mine de rien, ça me fait voir ma progression. Parce qu'en fait, je me rappelle des premiers trucs et je me dis, bah, ça va facile aujourd'hui. Et en fait, je me dis, ah oui, mais donc ça veut dire que j'avance. Et donc, ça marche. Et à un moment donné, je ne sais plus exactement quand est-ce que ça s'est passé. Je crois que j'étais en début de première d'être en septembre 2023 du coup, où en fait je sens que je change. Je pense que c'était à la jonction entre toi et Zoé, à peu près un truc comme ça. C'était soit la fin de toi, soit au début de Zoé. C'était vraiment au changement. Où là d'un seul coup, je sens que je change de paradigme et je passe de « en fait la nourriture va me faire grossir et elle est à éviter » à « la nourriture est… » Ne pas écouter la petite voix du TCA, mais en fait, ne pas écouter la petite voix du TCA, c'est la guérison. Ce n'est pas le mal, c'est le bien. Et c'est vraiment là que ça s'internalise et là, ça change tout. Parce qu'en fait, même s'il y a toujours de la peur, même s'il y a toujours des trucs, je sais que je vais dans la bonne direction. Alors, autant avant, c'était toi qui me le disais et c'était reposant aussi de me dire, bon, je me laisse porter. En fait, ce n'est pas moi qui ai la charge décisionnelle de le faire. On m'a demandé de le faire. je le prends comme je prendrais un médicament. Donc déjà là ça change, mais après il n'y a même plus besoin que ça se repose sur une autre personne, ça se repose sur moi. Et je sais que là, je vais avancer dans cette direction-là. Il n'y a pas besoin qu'on me dise, fais un pas dans la direction, machin. En fait, la direction, je la connais. Et les pas, je les fais moi-même parce que je sais que j'ai envie d'arriver à la destination. Enfin, pas très clair. Si,
- Speaker #1
je trouve ça très clair. Et c'est très juste. Pour moi, c'est des étapes qui sont importantes. Il ne faut pas oublier aussi que quand on a un trouble alimentaire, on a, comme tu l'as très bien dit, internalisé tout un tas de normes et de règles. Et nombre de personnes ont cumulé beaucoup de régimes et de conseils pour manger. Et il y a une forme d'infantilisation, on ne sait plus comment manger tout seul. Et en fait, ce que tu dis, je crois que beaucoup de personnes, enfin, c'est des choses qui m'ont déjà été renvoyées. J'ai vraiment l'impression que ce sont des étapes qui se répètent très souvent chez les personnes que j'accompagne. Le fait que, dans un premier temps, et c'est pour ça que, effectivement, la confiance, elle est hyper importante dans le soin, parce que, voilà, tu vois, la léance thérapeutique, elle est vraiment primordiale. Parce qu'en fait, tu t'es reposé sur moi en mode, tu m'as fait confiance. Ok, je suis ce qu'elle me dit. Et donc, tu fais le truc. Mais finalement, on reste dans quelque chose qu'on pourrait qualifier, pas d'infantilisant, mais tu vois, en fait, de prise en charge, vraiment. Pour tout doucement glisser par le biais de ces expériences, tu t'es rendu compte d'un certain nombre de choses. Tu as observé toi-même. Mais c'est pour ça que l'action ne remplacera jamais la compréhension intellectuelle. Enfin, non. la compréhension intellectuelle ne remplacera jamais la mise en action parce que l'action permet ça. Et du coup, c'est devenu ta croyance, ta façon de fonctionner. Ce n'est plus quelqu'un à l'extérieur, tu vois. À ce moment-là, la béquille du soignant était un peu moins importante. Oui,
- Speaker #0
c'est sûr. Et je me rappelle aussi que ce qui est assez perturbant, c'est que je ne me suis pas vue tomber dans les TCA, mais je ne me suis pas vraiment vue guérir non plus. C'est-à-dire qu'en fait, Il y a une forme de déni de la réalité de la descente dans les TCA, et il y a aussi une forme de « je ne me suis pas vue guérir » . À un moment donné, je pense que j'ai commencé à faire des espèces de… Je ne sais pas si on parle de compulsions alimentaires, parce que c'est toujours très débat, parce qu'il y a le truc de se dire… Mais c'était, je pense, des phases où je mangeais beaucoup, etc. Mais c'était mon corps qui… On sentait que mon corps voulait rattraper son truc. et voulait un peu me protéger et dire bon bah maintenant voilà je reprends le dessus mais du coup ces trucs là je les vois pas spécialement non plus et en fait bah c'est c'est que après coup en fait que je me suis dit bah tiens bah en fait j'ai quand même vachement avancé et même corporellement j'avais changé et ça c'est très marrant aussi et je pense qu'à l'époque si on m'avait dit ça ça m'aurait fait peur je me suis pas vu changer non plus dans l'autre sens ok je ne me suis pas vue regrossir après. Je pense qu'à l'époque, ça m'aurait fait très peur de me dire « Ouais, mais en fait, je vais reprendre du poids et je ne vais pas le voir. » Mais en fait, c'était génial, parce que du coup, à ce moment-là, je n'avais pas peur. C'est-à-dire que j'étais justement dans le truc inverse de « Je ne le vois pas tant que ça. » Enfin, je le voyais un petit peu, mais je le voyais... Enfin, j'avais une forme de dysmorphie dans l'autre sens. Et en fait, c'était génial, parce qu'au moment où j'en ai pris conscience, plusieurs mois que je vivais comme ça et que ça m'avait pas déranger dans ma vie et qu'au contraire je me sentais mieux alors que peut-être que si je l'avais vu sur le moment j'aurais paniqué en mode oulala qu'est ce qui va se passer et en fait là quand j'en ai pris conscience je me suis dit mais en fait ça fait déjà peut-être cinq six mois que je vis comme ça et qu'au final je me sens mieux donc c'est bien la preuve que c'est pas grave et que justement c'est bien parce que et que j'ai pas de problème avec ça que je me sens mieux et que je suis plus heureuse comme ça. Donc, en fait, c'est vraiment aussi un tournant important. Et au final, c'était très... Enfin, c'est assez perturbant de s'en rendre compte après, mais en même temps, je trouve que c'était très bien fait aussi, pour le coup, dans ce sens-là.
- Speaker #1
Et c'était plutôt protecteur, oui, carrément. Ça t'a permis d'avoir le cumul de tous les effets positifs au moment de la prise de conscience et de te dire, oui, OK, j'ai tellement gagné en... En vie, en légèreté, sans doute en plein de choses.
- Speaker #0
Et si j'ai réussi à même pas me rendre compte que mon corps avait changé, c'est que vraiment, c'est la dernière des choses qui est importante, en fait.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et donc, ça, ça change beaucoup. En plus, à cette même période-là, où je commence à me rendre compte un peu des changements, on a encore des trucs familiaux où, en fait, je me rends compte de la fragilité de la vie, de tout ça. Et là, je me dis, on a peint. A la fois, quand j'étais dedans, je comprenais très bien les préoccupations et machin, et à la fois, je commence à prendre de la hauteur et me dire « Mais qu'est-ce que la société a voulu nous faire croire qu'on allait se priver d'un besoin physiologique et que ça allait être super génial ? » Mais quand on prend deux secondes de recul, c'est l'univers ! Et là, ça me fait encore une prise de conscience. Je me dis, mais en fait, c'est complètement bizarre,
- Speaker #1
quoi. Oui, mais comme tu dis, quand on est dedans, ça peut paraître tellement futile et superficiel. Et en plus, je veux dire, les troubles alimentaires touchent malheureusement beaucoup, beaucoup de femmes. Mais les troubles alimentaires, je tiens à le dire, touchent beaucoup de femmes très intelligentes, très engagées par ailleurs, très profondes, tu sais, avec... vraiment quelque chose de fort en elle et qui vient tellement contraster et bon nombre de femmes se culpabilisent de ça. Ce matin, j'avais un rendez-vous individuel avec une femme que j'accompagne et on a eu ce sujet-là un peu d'une honte d'être dans une peur de grossir si forte alors que intellectuellement, même quand on est dedans, on est capable de se dire c'est pas si important mais c'est comme si c'était plus fort que tout quand on est dedans.
- Speaker #0
c'est une maladie, après c'est comme toutes les phobies, c'est comme... Et oui ! Enfin voilà, moi aujourd'hui je suis en psycho et on en voit des maladies, des maladies psy, des troubles psy, des phobies, des trucs comme ça, et c'est rarement rationnel, c'est bien ce qui fait le trouble psychique, si c'était rationnel on n'en aurait pas. Et d'ailleurs, les TCA sont peut-être l'un des trucs les plus rationnels dans notre société, complètement matrixés par la culture des régimes et la grossophobie internalisée. Au final, quand on vit dans la société dans laquelle on vit, c'est peut-être pas si irrationnel que ça d'être dans des TCA.
- Speaker #1
Oui, carrément. Comment tu vas aujourd'hui ? Comment tu décrirais le rapport que tu as à ton corps, à la nourriture ?
- Speaker #0
Ça n'a plus rien à voir. C'est quelque chose de très... Je ne vais pas dire qu'il ne reste pas de temps en temps une pensée, un truc, mais c'est une pensée, déjà, j'ai énormément de recul dessus, donc je peux totalement, direct... la défaire. En plus, j'ai aussi ce truc, et j'y pensais aussi quand j'étais justement à la formation du Body Project, ce truc de maintenant, et ça a été une grosse motivation, le fait de vouloir m'engager, ça a été une grande, grande motivation à me dire je sais que si je veux aider les autres, il va falloir que je sois guérie à 10 000%. Et donc, je dois le faire pour aussi les autres, et pour que ça n'ait pas été vain. Et donc, j'y pensais quand on était au Body Project et tu parlais de la haute responsabilité publique. Tu vas voir de quoi je parle. Je pense que tu l'as fait aussi. C'est le fait de se dire, quand on est face au monde, quand les gens ont un regard sur nous, ça nous donne une responsabilité qui fait qu'on ne va pas... Et moi, ça m'a fait un peu ça. C'est-à-dire qu'à un moment donné, j'ai commencé à changer un peu mon truc de me dire... dans une posture dédante face à ceux par rapport à ceux qui sont moins avancés que moi et du coup j'en ai rencontré quelques-uns des personnes qui étaient dans un TCA beaucoup plus dans une guérison beaucoup moins avancée que moi et à ce moment là je le faisais aussi pour eux, pour qu'ils voient que c'était possible etc et aujourd'hui c'est vraiment pour moi un accomplissement de fou de me dire bah aujourd'hui en fait voilà la boucle est bouclée et j'ai Merci. J'ai atteint ce stade où je vais pouvoir, ce n'est pas encore fait, encore une fois, à mon échelle, montrer l'exemple, entre guillemets, et puis m'engager. Et puis, encore une fois, que tout ça n'est pas servi à rien. Et franchement, mon rapport à la nourriture et au corps, il est très, très serein. C'est-à-dire qu'on est en période de fête, au moment où on tourne le truc. Et c'est vrai que j'y ai repensé il y a quelques jours, quelques semaines, et je me suis dit que j'aurais été en panique totale il y a deux, trois ans pour les fêtes. Et là, je m'en fous. Je veux dire, c'est un peu le dernier de mes soucis. Ce que je vais manger pendant les fêtes, c'est vraiment le dernier des trucs qui m'inquiète. Ce qui ne veut pas dire que ma vie est parfaite, mais ce qui veut dire que c'est un gros problème en moins quand même.
- Speaker #1
C'est clair. C'est clair.
- Speaker #0
Donc en fait, c'est vraiment une chance d'avoir ça. Et il y en a beaucoup aussi qui, même au Body Project et tout, me disent « t'as quand même vachement de chance parce que à 18 ans, t'as atteint le niveau de sérénité que certains mettent 40-50 ans à avoir. » Donc, tu as quand même vachement de chance là-dessus. Et j'en suis consciente et je suis hyper reconnaissante aujourd'hui d'avoir ce rapport au corps-là qui est plus apaisé. Je pense que celui de 99,9% des gens, quand on voit que même ceux qui n'ont jamais eu de TCA, généralement, ont plus de problèmes que ceux qui en ont déjà eu et qui sont bien guéris.
- Speaker #1
Ah, merci de toi aussi dire ça. J'ai l'impression d'être la seule personne au monde. Ça me saoule grandement d'entendre parler de fragilité, du fait qu'on ne guérit jamais vraiment. Je ne suis pas du tout alignée avec ce discours-là. Je pense que, moi, je pense qu'effectivement, quand on a eu un trouble alimentaire, en cas de déséquilibre dans notre vie, il peut y avoir une sonnette d'alarme qui s'allume de ce côté-là. Mais du coup, c'est une sonnette d'alarme. C'est-à-dire que si je me rends compte que j'ai besoin plus, plus, plus de me tourner vers toujours le même type de nourriture, que j'ai des pensées récurrentes qui reviennent sur mon corps, ça ne veut pas dire que je suis retombée dans un TCA. Ça veut simplement dire que... il y a peut-être un truc dans ma vie qui est plus compliqué, qui est un peu déséquilibré et qu'en fait, moi, je le prends comme une sonnette d'alarme. Je le dis avec plusieurs années de guérison derrière moi. Et ce que tu viens de dire, je suis 100% d'accord. J'observe autour de moi et je me dis, alors que pour le coup, moi, ça a duré très longtemps, j'ai eu des troubles alimentaires pendant plus de 20 ans et aussi fou que ça puisse paraître, je suis vachement plus tranquille que l'immense majorité des femmes et même une partie des hommes. que je vois évoluer autour de moi, avec mon corps, avec l'alimentation.
- Speaker #0
Carrément. Moi, je trouve... Alors, je suis très d'accord avec toi sur le côté sonnette d'alarme. C'est-à-dire que je trouve que quand on a eu des TCA, qu'on en est sortis, les pensées TCA, c'est un peu ouf. Ouf, là, il va falloir... Là, il y a un truc pas normal.
- Speaker #1
C'est ça. Qu'est-ce qui se passe, quoi ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui se passe ? Vite, il faut gérer. Parce que... Et ça ne veut pas dire qu'on va retomber dans des TCA, mais ça veut justement dire qu'il y a un déséquilibre et qu'il faut corriger. Comme un peu toute émotion désagréable, peut-être que d'autres, ça se porterait sur complètement autre chose. Peut-être que les personnes qui ont eu des TCA, c'est leur moyen de sonner d'alarme. Mais comme on a fait tout ce travail de déconstruction de fond derrière, que les autres n'ont pas fait, pour moi, on est beaucoup moins vulnérable dans le sens où on a toute la théorie derrière. Donc, la théorie va faire que, logiquement, on ne va pas se mettre dans la pratique et que ça en restera au stade de pensée. S'il y a, dans certaines périodes, vraiment des déséquilibres, mais il n'y a aucun risque pour moi qu'on reparte dans des comportements parce qu'on est tellement déconstruite. Et puis en plus, on sait ce qu'on a à y perdre. C'est-à-dire que je pense aussi que les gens qui rentrent dans les TCA, au début, ils ne comptent pas rentrer dans les TCA, mais ils pensent que repartir dans la minceur, le machin, le truc, ça va leur faire gagner. Nous, on sait très bien que ça ne va pas nous faire gagner et que ça va nous faire perdre. Donc, c'est vraiment quelque chose qui, pour moi, nous protège des TSA.
- Speaker #1
Oui, tu as totalement raison. Et puis, je voudrais même aller encore plus loin, ajouter quelque chose pour les personnes qui nous écoutent. Parce qu'effectivement, on est en période de fête et que peut-être que ça peut être des déclencheurs pour plein de personnes. Au-delà de la nourriture, c'est aussi des moments où on voit des gens qu'on est un peu obligés de voir et qu'on n'a pas forcément envie de voir. J'ai nommé certains membres de la famille. Et du coup, ça peut être un déclencheur de tout un tas de choses. Et je voudrais dire aussi aux personnes qui nous écoutent que ce n'est pas parce que si, par exemple, vous étiez du côté de la boulimie, ce n'est pas parce que vous refaites une compulsion, deux compulsions. Ce n'est pas parce qu'il y a un passage comme ça que ça veut dire que ça y est, vous avez rechuté, que c'est foutu, que voilà. Encore une fois, ce que je veux dire par là, c'est que ça peut dépasser le stade de la pensée, sans pour autant vouloir dire que tout est foutu. En fait, vraiment, tout peut se rattraper à n'importe quel moment. et puis Il ne faut pas hésiter à retourner voir le professionnel qui vous a accompagné ou un autre professionnel dans ces cas-là. Je pense que tout est toujours attrapable. Mais en tout cas, je suis complètement d'accord avec toi sur le fait que je ne me sens pas du tout plus fragile qu'une personne lambda par rapport à ça. Bien au contraire, mais ça va au-delà de moi. C'est-à-dire, quand je vois des femmes que j'ai accompagnées et qui vont mieux, c'est pareil. Il y a vraiment ce truc-là. Moi, j'ai bien envie que tu nous dises, c'est peut-être pas facile comme question, mais j'aimerais bien savoir ce qui t'a le plus aidée, finalement, sur ce parcours. T'es pas obligée de me répondre qu'une chose, ça peut être plusieurs trucs, bien sûr.
- Speaker #0
Alors déjà, encore une fois, il y a eu quand même pas mal les réseaux sociaux au début, pour me permettre de comprendre la théorie, même si on décrit les réseaux sociaux, même si... même si ils ont des effets très néfastes, pour le coup, pour moi, c'est eux qui m'ont ouvert la porte de cette Ausha. qui est quand même très efficace et très novatrice aussi, dont j'aurais probablement pas entendu parler sans ça. Et puis après, l'accompagnement par des pros spécialisés, c'est ça qui a pour moi fait toute la différence. Même si peut-être que si c'était arrivé deux ans avant, ça n'aurait pas eu le même effet parce qu'il faut être prêt. Pour moi, c'est quand même vraiment très aidant. Et franchement, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner si c'est possible, parce que c'est quand même très aidant. Et encore une fois, pour moi, après, le côté engagement, ça a été quand même quelque chose de très fort, parce que c'était une motivation sans faille, et un truc de me dire, maintenant, il n'y a plus que moi. Si je fais des bêtises, ce n'est pas juste moi. C'est qu'en fait, j'ai envie de tirer tout le monde vers le haut. Et ça, c'est mon petit côté ambitieux, optimiste qui parle. J'ai envie de tirer tout le monde vers le haut, j'ai envie de pouvoir aider, j'ai envie de pouvoir avoir un impact. Et en fait, je ne peux pas faire ça si je ne suis pas moi-même super à l'aise dans mon rapport à l'alimentation et au corps. Et donc, en fait, ce n'est plus que pour moi que je le fais, mais il y a aussi tout un truc derrière. Et un projet même, au final, au-delà de juste guérir, c'est d'en faire un projet derrière.
- Speaker #1
Oui, c'est un projet pro mais un projet de vie quelque part.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aurais envie de transmettre aux personnes qui nous écoutent et qui sont peut-être encore dans la tempête des troubles alimentaires ?
- Speaker #0
J'ai envie de leur transmettre que la guérison est possible, elle est belle même si elle peut faire peur. Elle aide aussi même toutes les sphères de notre vie parce que là, on en a parlé de… On parlait de beaucoup de TCA, etc. Mais après, je trouve que moi, le fait d'avoir traversé des TCA, etc., dans d'autres moments où je peux me questionner, etc., comme je te l'avais dit un petit peu aussi par message, des fois, je repense à ce parcours de guérison TCA un peu en escalier. Et puis, régulièrement, je me dis, ou même des fois, je vous entends, toi et Zoé, me dire « Ah ben, qu'est-ce qu'on pourrait faire de… » à la fois challengeant, qui nous fasse sortir de notre zone de confort, et de supportable. Et c'est une approche qui est très aidante dans la vie. Donc la guérison, elle peut faire peur, mais franchement, il n'y a que des trucs à y gagner. Et même si on peut avoir peur aussi dans la guérison de perdre des choses, moi je n'ai pas l'impression qu'on en perde, parce que même le rapport au corps ne se dégrade pas, parce que de toute façon, notre corps, on ne le voit pas tel qu'il est en période de TCA. Donc dans tous les cas, on ne le verra pas. Le rapport au corps, pour moi, ne se dégrade pas en guérissant. De manière très provisoire, ça doit arriver. Pour moi, il n'y a vraiment qu'à y gagner. Et c'est possible. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner, mais il faut y croire. Parce que la guérison, elle est belle.
- Speaker #1
Trop jolie. Est-ce que tu as l'impression qu'on a fait le tour ou est-ce qu'il y a une chose que tu n'as pas eu l'occasion de dire ? Est-ce qu'il y a des choses que tu aimerais ajouter ?
- Speaker #0
Écoute, je pense qu'on a fait le tour. Oui. C'est vrai qu'il y a beaucoup de choses et c'est riche. Mais oui, franchement, aujourd'hui, je suis hyper reconnaissante aussi des portes que ça m'a ouvert, respectivement. je serais pas en train d'enregistrer ce podcast avec toi si j'avais pas eu tout ça, je n'aurais pas fait plein de rencontres si j'avais pas fait ça, tout ça. Donc en fait, rétrospectivement, c'est bizarre à dire, mais j'ai presque... Enfin, si c'était à refaire, je le referais. Donc c'est fort aussi de se dire qu'après, ça peut devenir une expérience de vie très très forte, parce que probablement même que si je suis en psycho aujourd'hui, c'est grâce à ça. J'ai envie de dire grâce, parce que c'est...
- Speaker #1
Bye. Trop chouette. Je suis super contente qu'on ait enregistré cet épisode ensemble. Je suis super contente de te retrouver dans un autre type de relation aussi. On va se retrouver à mener des projets en commun et peut-être dans la vraie vie. Donc, c'est trop bien. Et c'est grâce à ça, d'ailleurs, aussi, que je me suis dit, attends, mais Nila, il faut qu'elle vienne nous raconter son chemin sur le podcast. Donc merci à toi, merci au Global du témoignage que tu viens de livrer aujourd'hui, mais aussi pour ton engagement, tout ce que tu fais déjà, comme tu dis, à ton niveau, mais qui... Parfait, qui est super. Pas de niveau spécifique à atteindre. Je trouve que c'est vraiment chouette. J'étais ravie de discuter avec toi. Encore plus ravie d'avoir de si belles nouvelles parce que finalement, c'est vrai qu'on ne l'a même pas précisé, mais moi, j'ai arrêté les suivis individuels. Du coup, c'était quoi ? 2023 ? C'est ça, septembre 2023. Et donc, on... C'est là où on a stoppé le suivi ensemble. Et je pense que c'est moi qui t'avais parlé de Zoé, j'imagine,
- Speaker #0
parce que j'avais orienté.
- Speaker #1
Zoé, en qui j'ai 1000% confiance.
- Speaker #0
Moi aussi. C'est aussi grâce à elle que je me suis retrouvée à faire des body projects.
- Speaker #1
Mais oui, c'est génial. C'est génial. Et du coup, ça faisait quand même longtemps que je n'avais pas eu de nouvelles. Et c'est grâce à l'association, tout ça, que... Nos chemins se croisent à nouveau. Mais toi, je trouve ça trop beau.
- Speaker #0
C'est super beau, je suis d'accord.
- Speaker #1
C'est génial. C'est vraiment top. Et puis, je trouve aussi que c'est la force de Zoé et Roxane qui sont à l'origine de cette association d'aller prendre les compétences, les forces de chaque personne là où elles sont. Sans dire, ah non, attention, c'est que les professionnels qui vont avoir peut-être tel diplôme. Tu vois, je trouve que, on l'a dit déjà en préambule de cet épisode, les TCA, il y a énormément de personnes qui se lancent dans l'accompagnement des TCA parce qu'elles ont eu des troubles alimentaires. Je ne suis pas sûre de connaître quelqu'un qui accompagne les TCA et qui n'en a jamais eu, mais en étant vraiment hyper spécialisé sur le sujet, tu vois. Peut-être que c'est le cas, mais qui n'a jamais eu de problème avec son alimentation, le rapport à son corps. Je serais quand même assez surprise. Et du coup, je suis la première aussi à dire que c'est hyper important de se former et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Ce n'est pas parce qu'on a vécu un truc que ça y est, on va s'auto-proclamer, que ce soit coach ou psychologue. Mais en même temps, dans cet assaut, et par le biais du Body Project aussi. moi je trouve ça fabuleux de dire mais tout le monde peut s'y former et l'animer mais oui mais s'il vous plaît en fait c'est un changement de société vers lequel il faut aller et pour ça il faut former le plus possible de monde en fait c'est notre projet à la fac moi ça
- Speaker #0
me fait mener des projets et c'est très très enrichissant pour moi notre projet au sein de ma fac c'est qu'on anime d'abord parce que maintenant j'ai trouvé une co-animatrice une petite doctorante Merci. qui fait sa thèse là-dessus, qu'on anime des body projects et qu'ensuite ceux qui veulent être formés à animer et qui animent à leur tour le fassent. Et c'est vrai que moi je suis arrivée dans l'assaut de Roxane et Zoé un peu en mode « bon alors j'ai très envie d'aider mais je ne sais absolument pas quoi faire » parce que voilà, moi je suis en l'air de psycho quoi. Vous étiez tous là à dire « ah j'ai 15 ans d'expérience » et tout ça. Et en fait au final, elle s'est hyper ouverte à… Est-ce que je sois là ? Oui,
- Speaker #1
mais tu m'étonnes en même temps. C'est juste génial. Mais oui, c'est vraiment, je pense, la force de ce type d'assaut et aussi de ce type de professionnel. Ce n'est pas n'importe qui qui a créé cet assaut. Donc, trop contente de t'avoir retrouvée par ce biais. Merci beaucoup d'être venue témoigner à mon micro. je sais d'avance à quel point ça va pouvoir être aidant, à quel point ça va venir résonner. C'est pas souvent aussi que quelqu'un de si jeune justement vient témoigner, et je crois que c'est important que ce soit le cas. Je sais qu'il y a aussi beaucoup de jeunes personnes qui m'écoutent. Donc ça va résonner différemment aussi pour ces personnes-là, donc c'est trop chouette. Donc merci quoi !
- Speaker #0
Merci à toi, franchement, c'était encore une super expérience. Merci beaucoup !
- Speaker #1
Et bah écoute,
- Speaker #0
à très bientôt dans d'autres endroits du coup.
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi. à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles notamment sur Spotify ou Apple Podcast ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible, et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !