- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mizzono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.m TCA.
- Speaker #1
Très belle écoute.
- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode de TCA etc qui est un nouvel épisode d'interview que j'adore évidemment parce que je découvre toujours de nouvelles histoires. Aujourd'hui c'est Florence qui est à mon micro. Bienvenue Florence.
- Speaker #1
Bonjour. Merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, je suis très contente qu'on ait ce petit temps ce matin pour discuter. Ce que je te propose, c'est de commencer par te présenter de la manière dont ça te vient, dont tu en as envie.
- Speaker #1
Oui, alors je suis Florence, j'ai 46 ans, bientôt 47. J'habite à Paris, je travaille dans l'audiovisuel et je suis intermittente du spectacle. Et je suis ravie d'être là.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Si tu m'as proposé de venir discuter avec moi, c'est que tu es, as été, on va le découvrir, concernée par des problématiques de relation à l'alimentation et à ton corps. Et donc j'aime bien commencer ce podcast par revenir un peu à l'enfance et savoir ce dont toi tu te souviens. de ton rapport au corps et à l'alimentation quand tu étais une petite fille ?
- Speaker #1
Eh bien, alors, chère Flavie, ceci remonte à il y a bien longtemps.
- Speaker #0
Oui, comme ça, on a le respect.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Alors, moi, je dirais que c'était même dès ma sortie, dès mon arrivée sur cette terre. En fait, ce qui m'a été rappelée et signifiée, c'est que j'étais un bon gros bébé de 4,2 kg et que c'était un petit peu compliqué ce moment-là à vivre, on va dire, parce que j'étais un gros bébé. Et donc, ça, c'est quelque chose que j'ai souvent entendu, notamment lors de mes anniversaires. Ah oui,
- Speaker #0
un petit rappel.
- Speaker #1
C'est le petit rappel des anniversaires. Ah oui, quel beau bébé, 4 kilos de sang, dis donc, tu faisais 4 kilos de sang. Et après, s'en est suivie pour moi une sacrée histoire au niveau du carnet de santé, parce que, en fait, c'était la courbe, surveiller le poids, etc. En gros, j'étais un gros bébé et je suis restée un gros bébé pendant un petit moment. Et donc ça, c'est quelque chose qui déjà, dans mes jeunes années, m'a assez perturbée, je pense. Enfin, je ne faisais pas attention, mais au final, si, j'ai fait attention. Parce que c'est quelque chose qui m'était répété, en fait.
- Speaker #0
Oui, mais tu avais quel âge dans ce dont tu parles, le carnet de santé, tout ça, quand tu dis mes jeunes années ? C'est quoi, c'était les années en primaire, tu dirais ?
- Speaker #1
Non, c'est avant. C'était quand j'allais chez le pédiatre, par exemple. Chez le pédiatre, pour moi, c'était... J'allais avant tout, j'allais me faire peser.
- Speaker #0
Ah ouais, d'accord. Il y avait de l'anxiété de la part de tes parents par rapport à ça ? ou anxiété, c'est peut-être fort, mais en tout cas, une inquiétude, une attention. particulière posée sur ton poids, la courbe de ton poids ?
- Speaker #1
Je pense oui, parce que comme c'était écrit, alors je te cache pas que j'ai ressorti mon carnet de santé pour vérifier un petit peu, je l'avais déjà ressorti il y a quelques mois déjà, mais je n'avais pas été voir jusqu'à vraiment mes toutes premières années, mais je pense que le fait que le pédiatre euh... Mettre sans cesse, surveiller le poids ou surcharge pondérale, je pense qu'au bout d'un moment, les parents, ils suivent même malgré eux.
- Speaker #0
Et puis l'autorité du médecin, ça pose quelque chose.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Donc l'alimentation, ça c'est plutôt du côté du corps. Et au niveau alimentation, de quoi tu te souviens quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Je me souviens qu'il y a des choses que je n'aimais pas manger. Mis à part les choses que je n'aimais pas manger. Je me rappelle, disons, au niveau de l'enfance, je sais que mes cousins avaient le droit de manger certaines choses, mais moi, non. Après, je n'étais pas toute seule. Il y avait mon frère aussi et ma sœur. Mais je n'ai pas regardé ce qu'eux, ils faisaient. Je regardais ce que moi, j'étais autorisée à faire ou pas. Mais je me rappelle que dans la famille, les cousins, ils avaient le droit de manger certaines choses et moi, je n'avais pas le droit. Que par exemple, ils faisaient des samedis après-midi pain perdu et je sentais l'odeur du pain perdu, par exemple. Et moi, je n'avais pas de pain perdu.
- Speaker #0
C'est dur. C'est dur.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Une petite fille, c'est clair.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Et donc, ils étaient contents parce qu'ils pouvaient manger leur pain perdu. Et tant mieux pour eux. Mais sinon, je ne me rappelle pas vraiment dans la jeune enfance. Je me rappelle surtout, je pense que quand j'ai eu 7 ans, ça a commencé à être assez marqué au niveau de mon alimentation. Parce que je pense que... Mes parents faisaient attention à ce que je puisse manger des choses entre guillemets équilibrées dès qu'ils ont pu, je dirais. Parce que je pense que quand j'étais petite, ils m'ont un peu lâché les baskets. C'est peut-être après que tout ce qui est régime, etc. Pour moi, ce qui a marqué tout ça, c'est les haricots verts. J'ai un truc avec les haricots verts. Les haricots verts, j'ai commencé à en manger très tôt, régulièrement. C'est-à-dire, je pense que vers 7 ans, je mangeais déjà des haricots verts et des petits poissons panés de manière très régulière. Et je pense que vers 7 ans, j'ai commencé à prendre conscience des choses que je mangeais.
- Speaker #0
Ouais, ok. Des choses que tu mangeais et des choses que tu ne mangeais pas, en tout cas de tout ce cadre qui s'installait autour de l'alimentation. Est-ce que tu avais conscience que c'était en lien avec ton corps ?
- Speaker #1
Je commençais, oui. Je commençais à prendre conscience de ça, oui. Déjà, comme je te disais, quand j'allais voir le pédiatre, pour moi, c'était... C'était déjà synonyme de « je vais être réprimandée parce que si ça se trouve, mon poids est plus élevé que la moyenne » . Mais je savais déjà que ça allait être un mauvais moment à passer parce que pour moi, c'était ça. En fait, les visites chez le pédiatre, c'était rien d'autre que ça. Ça et les petits vaccins avec plein de picots.
- Speaker #0
Non mais c'est fou parce que c'est se faire disputer, réprimander pour une chose à laquelle tu ne peux tellement absolument rien. C'est fou quand tu y penses.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Moi ça me fait connecter avec un souvenir de quand j'étais toute petite. Moi j'ai eu des lunettes dès mes trois ans en fait, donc j'étais vraiment toute petite. Et je me souviens d'une ophtalmo très dure, très... voilà. Et je me faisais engueuler à chaque fois que je ne voyais pas, tu vois, le truc. Je me faisais engueuler, mais c'est le principe, si tu veux, si j'ai des problèmes de vue. Et en fait, j'étais complètement terrorisée par ces visites-là. Et je me dis, ça me fait connecter à ça, quoi. Parce que quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, tu ne peux pas grand-chose, en fait, à ton poids et ta morphologie, tu vois. Encore plus quand tu es une toute petite fille. Et du coup, ça veut dire que tu te retrouvais... Enfin, tu vois, ça a dû ancrer quand même des choses importantes chez toi aussi, parce que c'est le milieu médical, c'est le soin. Et en fait, pour toi, c'était synonyme de... Je me fais réprimander, alors qu'en réalité, qu'est-ce que tu peux, quoi ? Tu vois, je trouve ça assez terrible.
- Speaker #1
Et ce qui est hallucinant, c'est que déjà dans mon carnet de santé, à deux ans, il y a marqué surcharge pondérale. Et régulièrement, il y a marqué attention au poids. Parfois, il y a une page toute blanche avec marqué juste conclusion surcharge pondérale. C'était à base de surcharge pondérale. C'était ça, en fait. Tout mon carnet de santé, c'est surcharge pondérale.
- Speaker #0
C'est fou, tu as regardé des photos de toi, petite, dernièrement, ou même en regardant le poids que tu faisais à ces âges-là, est-ce que vraiment tu explosais toutes les courbes ?
- Speaker #1
Non, honnêtement, pas du tout. Quand je vois des photos de moi, il y a des photos où je suis hyper menue, d'autres photos où je suis un petit peu plus enrobée, mais c'est très mignon. Je veux dire, c'est une petite... petite fille, quoi. Et non, j'ai commencé à prendre du poids, vraiment, de manière significative, on va dire, je pense vers l'âge de 7-8 ans. Je crois que 8 ans, ça commençait à être un peu problématique.
- Speaker #0
Finalement, un peu au même moment où il y a des, je sais pas si on peut parler de régime, mais en tout cas, des vraies restrictions alimentaires qui sont arrivées, quoi.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. je pense que c'est lié incontestablement en fait c'est lié, ça c'est sûr ok, et est-ce que tu sais pourquoi tu as pris du poids à partir de cet âge là avec le recul tu vois à quoi c'était lié alors je ne sais pas si ça a un rapport mais je sais qu'on m'a enlevé j'ai été opérée de l'appendicite quand j'avais 7 ans mais à part ça non honnêtement j'ai pas vraiment d'idée. Je crois que c'est vraiment né d'une restriction, en fait. Ma conviction, c'est que c'est né d'une restriction et d'un souci d'apparence, peut-être. Tu vois, peut-être que mes parents, ils voulaient que j'aie... que je ne sais pas, que je sois dans la norme et que du coup, je me suis mis cette petite graine dans ma tête qui fait que si je dois ressembler à mes petites copines, je dois faire des régimes, etc. Mais je ne vois pas d'autres raisons, en tout cas. J'ai essayé parce que j'ai fait un peu des... J'ai essayé la voie psychothérapeutique pour voir s'il n'y avait pas des troubles très significatifs dans mon enfance. Éventuellement, il y a des petites histoires de ma famille, des choses comme ça. En tout cas, rien qui ne m'ait impactée directement mon corps. C'est vraiment, je pense, psychologique. Des histoires de famille. Je pense que peut-être j'aurais pu me mener à certaines choses mais en tout cas pas de trauma physique ni autre chose que des restrictions dès le plus jeune âge.
- Speaker #0
Ce qui est déjà amplement suffisant. Est-ce que tu te souviens d'avoir eu des comportements de commencer à manger en cachette ou des choses comme ça ?
- Speaker #1
Ah bah oui, alors ça c'est typique. J'ai commencé à manger en cachette vers 7 ans je crois. Ouais, vers 7 ans. Je dirais que c'était un peu plus discret que les années après. Je pense vers 9 ans, là je commençais vraiment à manger en cachette. de manière un peu plus conséquente, jusqu'à ce que je mange en cachette régulièrement et que je grandisse en mangeant en cachette. Manger en cachette, c'était quelque chose de régulier. C'était beaucoup de manigance. Me retrouver toute seule, c'était trop bien parce que je pouvais manger. Je mangeais dans les toilettes. Au final, les toilettes, c'est devenu un peu 50% de ma vie après.
- Speaker #0
Le refuge, c'est aussi le lieu. Tu avais quel âge, tu dis, jusqu'à ce que tu grandisses ? Tu te souviens de toi, à quel âge ? Tu repenses à ça ?
- Speaker #1
Je pense vers 9-10 ans, j'étais aux primaires, je piquais aussi des trucs dans les épiceries, je piquais des barres de chocolat dans les épiceries, je traînais pour rentrer chez moi, je prenais mon temps pour pouvoir manger ce que j'avais soit acheté, soit piqué chez l'épicier, le pauvre, désolé monsieur l'épicier. Ouais, je prenais mon temps pour rentrer alors que honnêtement, l'école elle était derrière le pâté de maison donc quand j'étais en retard j'inventais des trucs, genre je suis tombée dans la rue des trucs n'importe quoi ça ne me faisait aucun sens, en fait c'était juste pour bouffer quoi sinon je m'achetais des paquets de gâteaux, je les mangeais dans ma chambre j'allais chez E.D. Alors, mes parents voyaient rien Ça, c'est la grande question. C'est la très, très grande question. Je me rappelle qu'un jour, ma mère avait découvert tout un amas de détritus sous mon lit et elle avait halluciné. donc ça, j'étais pas vieille non plus, je pense que je devais avoir 9-10 ans un amas de détritus sous mon lit et Et sinon, je ne pense pas qu'ils voyaient, mis à part cette découverte de ma mère, je ne suis pas sûre qu'ils voyaient tellement, je ne suis pas sûre en fait.
- Speaker #0
Et quand elle avait découvert cette fois-là, tu te souviens comment ça s'était passé ? Quelle avait été sa réaction ?
- Speaker #1
Oui, je me rappelle qu'elle était assez... Déjà, je pense qu'elle est tombée des nues. Et puis, elle s'est mise en colère parce que je pense qu'elle ne s'attendait pas à ça, tout simplement.
- Speaker #0
Oui. Ce n'est pas aller plus loin d'une recherche d'une compréhension en même temps.
- Speaker #1
Non, à ce jour, je leur ai caché tellement de choses à mes parents pour ne pas qu'ils découvrent ça. qu'à ce jour, ils ne le savent pas. Toujours pas, quoi.
- Speaker #0
Ah oui ? Oui, oui. On ne peut pas reparler ?
- Speaker #1
Non, j'ai abordé la boulimie avec ma mère. Il y a longtemps, c'était quand j'ai essayé de faire ma première psychothérapie en 2021. Non, en 2001, pardon. Je ne sais pas pourquoi je mets un 20 devant à chaque fois. 2001, oui, ça fait longtemps. J'ai abordé ça avec ma mère. Je lui ai offert un petit bouquin, peut-être pour faciliter le dialogue sur la boulimie. Après, il faut savoir que, bon, alors ma mère, bien sûr que j'aime et que je respecte, faisait très attention à son apparence physique et avait toujours une ligne impeccable, avait toujours... des compliments sur son physique. Et pour moi, c'était le modèle, le modèle physique. Et je pense que je ne voulais pas la décevoir. Je voulais rentrer dans ce schéma-là d'avoir une bonne apparence physique. de bien se présenter, de porter des vêtements, des jolis vêtements. Je ne sais pas, mettre du jacquardie. Mes copines, elles mettaient du jacquardie. Moi, je ne rentrais pas dans les fringues de chez jacquardie. Il y avait ça. Tout ça pour revenir... J'ai dévié, là. J'ai fait un petit...
- Speaker #0
Non, mais c'est très bien.
- Speaker #1
J'ai fait un petit pas de côté. Mais... Je pense que ma mère avait, elle aussi, Elle avait, parce qu'aujourd'hui, elle s'en fout, en gros. Et tant mieux. Mais je pense qu'elle avait beaucoup de restrictions aussi, ma mère. Elle s'imposait des restrictions alimentaires aussi. En tout cas, moi, je me rappelle qu'elle mangeait très peu. Alors peut-être que soit elle avait un tout petit estomac, soit... Soit elle faisait attention, mais en tout cas, je pense qu'entre le sport et garder la ligne, garder la ligne, c'était quelque chose de très important chez moi. Alors, il faut voir, ni mon frère ni ma sœur n'avions une ligne, on va dire, normale. Et mon frère et moi, à trois ans d'écart, on était, quand j'avais 12 ans et lui 15, non, 11 ans, moi j'avais 11 ans et lui 14. on était la même personne physiquement. C'est-à-dire, on était tous les deux hyper balèzes. Quand je dis balèzes, là, c'était vraiment... C'était du surpoids plus, plus, plus, quoi. On avait le même physique. Donc, lui et moi, on était deux costauds, quoi. On était deux costauds.
- Speaker #0
Est-ce que ton frère et ta sœur ont vécu un peu les mêmes... ont eu le même schéma parental, j'ai envie de dire. On a vécu des réflexions, un peu des restrictions.
- Speaker #1
Mon frère et moi, j'ai l'impression que moi, j'étais plus impactée, qu'on faisait plus attention à ce que moi, je mettais dans mon assiette que mon frère. Pourtant, on avait exactement la même apparence physique.
- Speaker #0
on devait peser le même poids faire la même taille peut-être que c'est lié au fait qu'on n'attend quand même pas tout à fait la même chose du physique d'un homme et d'une femme peut-être mais
- Speaker #1
en tout cas je sais il y a un truc très marquant dans l'histoire corporelle de mon frère mon frère aussi a été alors J'en ai jamais parlé avec lui. Il y a beaucoup de choses dont on n'a jamais parlé dans ma famille, à ce niveau-là. C'est que quand il a réalisé que son corps n'était pas celui qu'il souhaitait avoir, parce que lui aussi, visiblement, il était dedans, il a fait un régime, il a fait Atkins. Et attention... âme sensible s'abstenir on lui a ma mère lui a dit en gros chaque kilo que tu vas perdre tu vas gagner 100 francs il a perdu 10 kilos il s'est fait mille balles mais moi j'étais pas au courant donc quand j'ai découvert qu'il se faisait une courbe de poids tous les poursuit poursuivre sa perte de poids et qu'après il gagnait des thunes pour ça, j'étais bien énervée parce que moi, pendant ce temps, je continuais à... J'aurais bien aimé faire pareil, tu vois. J'étais déjà dans les troubles alimentaires, donc autant y aller à fond, quoi, tu vois.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il avait quel âge à ce moment-là ? Vous aviez quel âge l'un et l'autre à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, moi, je me rappelle, comme il avait 15 ans, c'est 15 ans, lui, c'est le moment où il est passé de gros à... mince. Voilà. L'image qu'on a de gros et l'image qu'on a de mince, il est passé de ça à ça. Et lui, il avait 15 ans, et moi, j'en avais 3 de moins. Et ça, c'est le moment où lui, il a perdu, il a commencé à perdre du poids, et après, pour la petite histoire, il a continué, après, il est devenu... Il a eu un travail en lien avec le sport et il est devenu... Disons que le sport et les finances le réunissaient dans le travail qu'il a fait après. Et il est devenu marathonien, il faisait de l'ultra-trail, il en fait... Il n'en fait plus beaucoup, il court toujours. Et moi, pendant ce temps, je me rappelle qu'à l'époque où il a commencé sa courbe, parce que c'était sur du papier millimétré, c'était vachement bien foutu. Je me rappelle qu'avant ça, on a une cousine qui travaillait dans les relations publiques, communication dans un... auprès de grandes marques alimentaires. Et elle nous avait filé à chacun une boîte, tu sais, les boîtes des magasins d'alimentation, des boîtes de Mars.
- Speaker #0
Ah ouais, d'accord. Des trucs énormes, quoi.
- Speaker #1
Des trucs énormes. Et des boîtes, quoi. Des boîtes à chaussures, mais remplies de Mars. Et c'était à l'époque... Le début des marques aux amendes, ça n'existe plus, je pense. Donc, mon frère, il a eu une boîte et moi, j'ai eu une boîte. Et lui, en gros, je crois qu'il me revendait ses marques.
- Speaker #0
Lui, vraiment, c'était prolifique, quoi. Je veux dire, la perte de poids chez lui.
- Speaker #1
Mais c'était... Non, mais je crois que ça a lancé un business à l'intérieur de lui, tu vois. C'est genre... C'était... C'était le début de son business, en fait. Et moi, pendant ce temps, je bouffais les Mars.
- Speaker #0
Et tu n'avais plus de thunes, en plus.
- Speaker #1
Et j'avais plus de thunes. Et cette cousine nous les a aussi emmenées faire une fois l'ouverture d'un McDo en région parisienne. Alors là, c'était open bar. On était contents. Et donc, mon frère et moi, honnêtement, on se goinfrait. On n'était pas juste... On ne mangeait pas, on se goinfrait.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais. Jusqu'au jour où lui, il a commencé à maigrir. Et moi, je me suis dit, c'est vachement bien ce qu'il a fait. Je veux faire pareil. Sauf que...
- Speaker #0
Et vraiment, ça a enclenché quelque chose pour toi ou pas ? Et combien de temps ? C'est ce que j'allais te demander. Est-ce que ce comportement-là, il est resté le même tout le temps jusqu'à aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a eu rupture et combien de temps ça a duré ?
- Speaker #1
Pour moi ?
- Speaker #0
Oui, pour toi.
- Speaker #1
Non, je pense que ça m'a motivée à perdre du poids. Mais attends, parce qu'avant, j'essayais déjà de perdre du poids. Oui. De toute façon,
- Speaker #0
visiblement, depuis...
- Speaker #1
depuis toujours mais c'est vrai que lui le fait qu'il fasse son truc vachement strict vachement bien étudié peut-être que je me suis dit je vais faire pareil parce que ça marche du tonnerre sauf que moi c'était quasiment au même âge Je suis partie en colo et j'ai en gros... Ouais non, c'était un peu plus tard, il avait 15 ans. Donc après, par réaction, je pense que je voulais le même corps que lui, au féminin. Et je pense que c'est à ce moment-là où je suis partie en colo et pendant trois semaines, j'ai quasiment rien mangé. Et quand je suis rentrée, j'avais perdu, je ne sais pas, deux tailles, voire plus de vêtements. Ouais, je suis partie. En fait, je suis partie, j'étais grosse et je suis rentrée, j'étais dans la norme, on va dire. Mais en trois semaines, je n'ai rien bouffé, ouais. J'ai bouffé deux fois. Et les animateurs... Les moniteurs, je ne sais pas ce qu'ils regardaient, mais ils ne voyaient même pas que je ne mangeais pas. Ceci dit, je suis rentrée, donc j'ai été transformée physiquement. Et ils faisaient, tu sais, à la fin du séjour, on partait en bus, on partait en autocar. Et là, c'était Italie-Gresse, donc on est parti en autocar jusqu'en Italie. et en Grèce. Et on revenait jusqu'à Paris en autocar aussi. Et donc, à la fin, ils faisaient une sorte de distrib alimentaire de tout ce qu'ils n'avaient pas consommé. Je me rappelle que j'avais passé le séjour à regarder des gens manger des Chris Prolls. Donc, j'ai pris un paquet de Chris Prolls que j'ai ramené avec moi. Et honnêtement, une des premières choses que j'ai faites en rentrant chez moi, c'était manger un Chris Prowl's, puis un deuxième, puis un troisième, puis un quatrième. Bref, j'ai mangé le paquet de Chris Prowl's. Et c'est là que j'ai découvert la fabuleuse méthode de se faire vomir après avoir mangé. Parce que pour moi, c'était inadmissible que j'aie mangé un paquet de Chris Prowl en entier, après avoir passé trois semaines à ne rien manger.
- Speaker #0
Donc, c'est à ce moment-là que j'ai essayé de me faire vomir pour la première fois. Parce que je ne voulais pas que mon corps change. Parce que c'était très bien ce que j'avais commencé à faire. Et je voulais continuer à faire ça. Ça, c'était la première fonte, on va dire. La première fois que j'ai fondu.
- Speaker #1
Ok, ça veut dire qu'il y en a eu plusieurs. Ça veut dire qu'il y a eu des reprises de poids, puis des reperdes de poids.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, tout à fait, ouais.
- Speaker #1
Là, du coup, en fait, ce qu'on comprend, c'est qu'il y a la mise en place de la boulimie vomitive. Est-ce que du coup, c'est un comportement qui s'est installé à la suite de ça, à la suite de cette première fois où tu te fais vomir ?
- Speaker #0
Ouais, Ça s'est installé. Alors, en fait, la boulimie est revenue un peu plus tard, mais ce qui s'est installé, c'est vraiment les restrictions débiles, en fait. Genre, ça, je ne le mangerai pas. Ça, je ne le mangerai pas. Ça, je ne le mangerai pas. Et alors, c'est marrant parce que j'étais végétarienne pendant très longtemps. Et je pense que la première fois que je suis devenue végétarienne, c'était juste pour m'imposer une restriction supplémentaire sur ce que je pouvais mettre dans mon corps. Honnêtement, c'est ce que je pense, là, avec mes yeux d'adulte de 46 ans, parce que ça fait sens. Ça fait sens, tout simplement. Et je suis devenue végétarienne juste parce que j'ai vu passer une émission à la télé où ils emmenaient des petits oiseaux à l'abattoir alors qu'ils étaient tout mignons. Et tout ça, c'est entre 13 et 14. Je pense que c'est vraiment le moment pour moi charnière où tout s'est joué à ce niveau-là. Donc, je suis devenue végétarienne. Il y a des choses que je refusais de manger. Donc, ouais, ça s'est mis en place. Il y a seulement les fois où j'étais avec mes amis, où je me laissais un peu aller, où je ne faisais absolument pas attention à mon alimentation parce que j'étais insouciante. Et c'était les meilleurs moments, en fait. Parce que tout le reste du temps, c'était... je me torturais, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est vraiment de la torture.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je trouve que le mot est juste.
- Speaker #0
Ouais. Ce jour, je ne le vois que comme ça, vu que c'est un tel soulagement quand cette torture s'en va, qu'on ne peut voir ça que comme quelque chose qui nous nuit. C'est une nuisance constante. Et donc, Boulimi m'a permis de réguler. L'hyperphagie que j'avais quand j'étais gosse, en fait.
- Speaker #1
Ouais. Enfin, disons que ça ne régule pas l'hyperphagie, mais ça maintient un poids dans la norme, quoi.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, tout à fait. Et à partir de 15 ans, j'ai commencé à avoir un corps normal, on va dire, sauf que j'avais toute mon image corporelle qui était déformée.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
En plus, 15 ans, c'est vraiment l'âge où on a envie de se planquer sous les fringues. Mais moi, je n'allais pas à la piscine, je n'allais pas à la plage, je ne me mettais pas en maillot de bain, je ne voulais pas me déshabiller devant les autres. Ça peut être normal, ça. Mais j'étais très pudique, je m'inventais une pudeur parce que je ne l'étais pas vraiment. Je ne t'ai pas pu dire que je me l'inventais comme excuse. Non, tout ça, je me le suis imposé. J'ai développé une allergie au soleil. J'avais de l'urticaire quand j'exposais ma peau au soleil. Donc, ça me faisait une super excuse pour me couvrir.
- Speaker #1
L'image de ton corps, c'était hyper compliqué. Oui,
- Speaker #0
c'était extrêmement compliqué.
- Speaker #1
Et la boulimie ? Donc là, on voit qu'il y avait... Il y a de l'hyperphagie qui s'est installée très tôt en lien avec des restrictions. Il y a ce moment où il y a vraiment des restrictions ultra-intenses pendant trois semaines, c'est le moins qu'on puisse dire, et qui continuent. Et donc, il y a la boulimie qui s'installe. Est-ce que le trouble a continué de muter au cours de ta vie ? Ou est-ce que globalement, c'est la boulimie qui est restée à partir de ce moment-là dans ta vie ? Comment ça a évolué ?
- Speaker #0
Oui, ça a muté un peu. Alors, les périodes hardos de boulimie, c'était... On était expats, moi et mes parents. Mon père a été muté et comme j'étais la plus jeune, je suis partie avec eux. Donc, en gros, de 15-16 à 18-19, j'ai fait mon lycée en Angleterre et après, je suis restée en... Je suis restée à l'université en Angleterre pendant trois ans, donc je suis restée six ans en Angleterre. Et quand je suis arrivée à Londres, c'était le début de mes pires années de boulimie, de trucs horribles que beaucoup d'auditrices et d'auditeurs peut-être ont vécu aussi. Le pire, c'est-à-dire que tout tourne autour de ça toute la journée, même si je suis au lycée, même si j'ai des leçons à apprendre, même si j'ai des amis, même si j'ai d'autres choses à faire dans ma vie. Tout le temps, c'était vivement que je rentre chez moi pour me faire une petite crise. Mais c'était les pires années de ma vie. Donc ça c'était... En boulimie, j'entends. Donc ça, ça a duré toute l'Angleterre. D'autant qu'après, j'ai habité seule pendant trois ans là-bas parce que j'étais étudiante. Et donc j'étais open bar sur ce que je voulais, en fait. Donc il n'y avait personne pour me regarder, personne pour me faire chier. Je faisais ce que je voulais. Avec l'alimentation. Et quand c'était pas la boulimie, ça l'était toujours au bout du compte. Même si je me faisais des légumes vapeurs, je pouvais pas les garder à l'intérieur de moi. Je ne gardais rien. Je gardais rien, quoi. Je gardais rien.
- Speaker #1
Ouais, donc tu dis boulimie, et finalement, ça flirte avec l'anorexie.
- Speaker #0
Oui. Oui,
- Speaker #1
parce que s'il n'y a plus aucun repas qui est gardé, et même si des légumes vapeurs, ce n'est pas supportable de les garder, on est plus proche de l'anorexie.
- Speaker #0
Je me disais, tiens, ça je vais le manger parce que c'est sain et je pourrais le garder à l'intérieur de moi, mais en fait, je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais pas, donc bye bye. Ça plus le sport, je me levais à 6h du mat' avant d'aller en cours pour aller courir pendant une heure avant de commencer les cours. Et pour moi, c'était tout à fait normal de faire ça. Et sachant que j'ai été dispensée de sport pendant quasiment toute mon enfance et mon adolescence, ça m'arrangeait bien. Je n'avais pas envie de faire du sport.
- Speaker #1
Et j'étais dispensée.
- Speaker #0
J'étais dispensée, donc pas de sport. Et après, je me suis mise à faire du sport, comme ça, un jour. C'est comme quand il commence à courir un jour, c'était la même chose. J'ai commencé à courir tous les jours, jusqu'à 25 ans, tous les matins. Après la mutation, c'était quand j'ai rencontré mon mari, mon ex-mari. J'étais dans la boulimie, ça c'était en 2003. J'étais rentrée en France, j'avais fait une équivalence à l'université en France. Et j'ai rencontré mon mari là-bas, et avec lui, j'ai oublié ce trouble. Je l'ai oublié, je l'ai mis de côté. Donc, petit bémol, c'est que lui, c'était un bon mangeur. En plus, Tunisien, donc il faisait des trucs bien balèzes à manger. Et aussi bien lui que sa famille, que ses amis faisaient des choses excellentes à manger. Et donc là, je pense que là, j'ai dû prendre 20 kilos. Et là, pour le coup, un jour, je me suis regardée devant la glace et je me suis dit, c'est pas possible. Je ne peux pas. Pareil, ça s'est redéclenché dans l'autre sens. Je ne peux pas garder ce corps. C'est pas possible. Et mon mari me disait, mais il m'encouragait, c'est-à-dire qu'il voulait aller dans mon sens et me dire, écoute, si tu veux maigrir, je te soutiendrai, on fera... On fera attention ensemble, tout ça. Mais ouais, c'est redevenu une sorte de... Ça y est, mon corps, je le revois et je m'aperçois que j'ai pris 20 kilos et que c'est pas... Non, je veux retrouver le corps que j'avais avant. Je ne m'étais pas aperçue, je m'en apercevais parce que je m'habillais avec des jeans hyper grands, enfin des tailles hyper grandes, mais je ne m'étais pas, petit à petit j'étais insatisfaite de mon corps parce que je ne m'habillais pas comme je voulais, je ne mettais pas des robes, des robes je n'en ai pas mis jusqu'à... Je ne sais pas, 2021, quoi. De l'âge de 7 ans jusqu'à l'âge de 22 ans, je n'ai pas porté de robe. Bref, donc, j'ai refait, donc, pendant que j'étais mariée, j'ai essayé White Watchers. Une fois, deux fois, trois fois. Après, je me suis motivée pour aller voir un médecin nutritionniste qui, là, m'a fait des tests sanguins pour voir un peu où on était, métaux, d'hormones, de je ne sais pas quoi, de trucs mûches. J'ai réussi à trouver avec elle une sorte de stabilité, ne serait-ce qu'au niveau des aliments que je mangeais, des aliments complets. des portions d'huile, de matière grasse à respecter, mais ce n'était pas des portions restrictives, c'était des portions fonctionnelles, on va dire. Parce qu'elle me disait, pour que votre corps fonctionne bien, il faut qu'il y ait un apport suffisant en matière grasse, il faut que ça fonctionne, il faut que le métabolisme puisse fonctionner sans heurts. Et ça, ça m'a fait perdre du poids de façon saine. Je devais quand même faire attention, mais disons que c'était un comportement adoptable et adaptable. C'était à ma portée et ça ne m'imposait pas tant de restrictions que ça, parce que ça me permettait aussi de manger des choses que je n'avais pas mangées depuis des lustres. Et je dirais que pendant mon mariage, ce qui me faisait prendre du poids, c'était les excès. Et pas tant, c'était, je pense que l'hyperphagie, c'était... un peu réinstallé.
- Speaker #1
C'est intéressant que tu en viennes à dire ça, parce que je voulais t'interpeller là-dessus, parce que tu disais, en fait, le trouble, je l'ai un peu oublié quand j'ai rencontré mon mari. Et tu expliques que tu prends 20 kilos et qu'à un moment donné, il y a un déclic et que tu te vois, parce que c'est comme si tu ne te voyais plus, et que de là se réinstalle un trouble. À mon sens, le trouble, il était là, juste sous une forme différente, mais... C'est pas normal, entre guillemets, de prendre 20 kilos et de ne pas avoir son corps. Tu vois, il y a une dissociation. Il y a un truc dans le rapport à ton corps qui témoigne de quelque chose de complexe. Et puis, on ne prend pas 20 kilos en mangeant, en étant à l'écoute de soi, tu vois.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tu vois, je pense que... Alors, si, on peut, si on part d'un poids extrêmement bas, parce qu'on est en sortie d'anorexie, qu'on s'entende bien, mais si on est à un poids qui est à peu près, qui n'est pas trop loin de notre poids d'équilibre, prendre 20 kilos, tu vois, sur la longueur comme ça, oui, je pense qu'il y avait quelque chose du trouble un peu hyperphagique. En fait, moi, ce que je me dis en t'écoutant, c'est que t'es partie sur des bases, quand même, tu t'es construite avec l'idée que... ton corps n'était pas comme il faut depuis toute toute petite et que donc tu ne pouvais pas lui faire confiance et que quelque part c'est comme si on t'avait appris à ne surtout pas écouter ton corps tu vois ce que je veux dire, comme s'il fallait toujours aller contre, aller contre tes envies aller contre ta faim, aller contre ce qui au final t'a fait prendre du poids en reperdre, en reprendre machin mais tu vois j'ai l'impression qu'il y a quelque chose de de un peu séparé, quoi, d'un truc, le corps d'un côté et la tête de l'autre. Je ne sais pas ce que tu en penses.
- Speaker #0
Oui, c'est possible quand tu dis que... Cette notion d'avoir oublié m'a peut-être menée dans un certain... Laisser aller, quoi, une sorte d'insouciance. Et jusqu'à ce que je vois... Le résultat, un jour, j'ouvre les yeux et je vois le résultat.
- Speaker #1
Oui, mais si tu dis ça, alors tu restes dans l'idée que si tu es insouciante, c'est dangereux. Alors que pour moi, l'insouciance alimentaire, c'est de l'alimentation intuitive. Un enfant qu'on ne fait pas chier avec son poids ou son alimentation, il est complètement insouciant, il va manger exactement en lien avec ses besoins. Un enfant, il est capable de laisser un demi-bonbon, la moitié d'un gâteau, un truc, tu vois, alors que c'est du sucre, alors que... Ça, c'est l'insouciance. Là, est-ce que réellement tu étais insouciante ? Je ne sais pas. Est-ce que ce n'était pas plutôt en lien avec ce de quoi tu sortais ? Tu sortais quand même de restrictions hyper intenses où tu ne t'accordais rien, où il ne fallait surtout pas grossir, et donc du coup, il fallait te faire vomir et tout ça. Et peut-être que tu t'es un peu lâché la grappe là-dessus sur le fait de « ok, c'est bon » . je vais pas me faire vomir tout ça pour autant le rapport à ton alimentation est-ce que réellement il était insouciant en tout cas je me permets de te dire ça parce que je me dis c'est dangereux de rester accroché à cette idée ça veut dire que si l'insouciance te fait prendre 20 kilos alors t'as quoi comme choix bah être tout en le contraire de l'insouciance c'est être soucieux et se soucier de donc en fait il faut toujours se soucier de l'alimentation et il faut toujours faire attention à ce qu'on mange sinon on prend 20 kilos tu vois oui Je ne sais pas où tu en es aujourd'hui. Donc, tu vois, mais...
- Speaker #0
Il n'empêche que quand je me suis séparée de mon mari, j'ai... J'ai refait des crises de boulimie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et j'ai essayé toutes les nouvelles restrictions que j'ai pu essayer. Des trucs laissent tomber. J'ai fait crudivore aussi.
- Speaker #1
Le truc, une sorte de gourou crudivore qui disait « ne bouffez que des jus de légumes » .
- Speaker #0
J'ai fait ça.
- Speaker #1
Je crois qu'il s'est fait réprimander parce que c'était un peu sectaire, son truc.
- Speaker #0
C'est revenu très vite. Après ma séparation, tout ça, c'est revenu très vite. Le contrôle sur mon alimentation, c'est revenu FISA. Et là, je me suis dit, c'est là que j'ai commencé à me peser tous les jours au secours. Je crois que depuis 2015, je me suis pesée tous les jours.
- Speaker #1
C'est encore le cas aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non, ça y est, j'ai balancé la balance au mois de septembre. Je l'ai rangée dans un tiroir. mais je me pesais tous les jours tous les jours, tous les jours, tous les jours et je faisais une courbe aussi j'avais une courbe le truc de la courbe j'avais vraiment envie de faire la même que mon frère il me fallait une belle courbe et alors c'est marrant parce que les premières courbes je crois que je les ai faites quand j'avais fait Weight Watchers parce que c'était j'entendais quelqu'un parler de ça dans une de Merci. j'étais dans un de tes entretiens, le sort de praise, tu sais, quand tu montes sur la balance et que les gens te félicitent parce que tu as perdu 1,5 kg en une semaine. C'était ça, en fait. C'était la courbe, quoi. Et on avait des étoiles. Tu sais, il y avait... Moins 3, tu avais une étoile. Moins 5, tu avais une étoile. Et du coup, tu avais ton petit carnet avec des étoiles dedans. Et j'ai... Je crois que tout le monde pourra en témoigner. Je pense que chaque personne qui a fait Weight Watchers, je l'ai lu dans les forums de Weight Watchers, c'est que les gens font Weight Watchers, ils perdent 10 kilos, ils s'en vont, ils reprennent 10 kilos, ils reviennent, ils reprennent 5 kilos, ils s'en vont, ils reprennent 10 kilos, ils reviennent, ils reprennent 3 kilos, ils s'en vont, ils reprennent 15 kilos, ils reviennent et là, ils arrivent. plus à perdre de poids. Ils sont complètement paniqués. Aidez-moi, je ne sais pas comment faire. Mais si, vous devez manger des flocons d'avoine à volonté et du skier à volonté. Alors voilà, donc White Watcher, ça m'a fait devenir, en gros, ça m'a refait tomber dans l'hyperphagie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire l'hyperphagie des aliments à zéro. Tu sais qu'il y avait des aliments à zéro ? À une époque, c'était les pommes de terre. À une époque, c'était les flocons d'avoine. À une époque, c'était le maïs.
- Speaker #1
Les fruits et les légumes, à part l'avocat, la banane et je ne sais plus, les cerises.
- Speaker #0
Voilà, mais je me gavais de flocons d'avoine au skier. C'était dégueulasse. C'était dégueulasse, honnêtement. Les flocons d'avoine avec du skier.
- Speaker #1
Horrible.
- Speaker #0
Tu fais du plâtre !
- Speaker #1
À la limite, tu peux refaire ton salon avec, mais il ne faut pas les manger.
- Speaker #0
Tu peux endur les murs. Ah non, mais c'était immonde. Et ça, la dernière fois que je me suis inscrite à Weight Watchers, mon dernier prélèvement date de... Parce que j'ai arrêté, mais j'avais un prélèvement qui continuait pendant dix mois, donc j'étais obligée de me coltiner le prélèvement. et de me rappeler que j'avais ça à payer, tu vois. Mais mon dernier prélèvement, il date de ce mois-ci, je crois. Votre dernier prélèvement a eu lieu. Et là, j'ai fait, oh, trop bien.
- Speaker #1
Symboliquement, c'est la libération des fucking régimes.
- Speaker #0
Mais honnêtement, ça, ça m'a refait... Ça, ça m'a... C'est gargantua, quoi. C'est le truc... Tu bouffes, Tu n'as plus faim, mais tu manges quand même. Tu perds tous tes signaux de satiété. Tu te sens... Tu te dis, dès qu'il y aura un petit creux de dispo, je vais pouvoir aller rebouffer un peu de flocons d'avoine. Trop bien, génial.
- Speaker #1
Oui, puis tu diabolises, tu continues de diaboliser à fond tout un tas d'aliments, tu vois, les aliments qui coûtent le plus de points. C'est les aliments qu'il faut surtout éviter. En fait, vraiment, ça n'a rien d'anodin comme régime. En fait, ce n'est pas du tout...
- Speaker #0
Non, non.
- Speaker #1
Enfin, oui, vraiment, c'est le régime par excellence, quoi, avec tout ce qui va avec. Effectivement, comme tu dis, ça te fait perdre tous tes signaux alimentaires, ça te fait diaboliser certains aliments, avec le côté yo-yo. Tu sais, même l'ancien PDG de White Watchers s'était exprimé sur la question, avait fait une interview. où il avait dit que le business model de Weight Watchers reposait sur l'échec. En fait, non mais bien sûr, c'est leur business model. Si ça fonctionnait, tu vois, au bout d'un moment, alors oui, tu te dis, bon, le temps qu'il y ait tous les humains qui y aient accès, mais eux, en fait, leur but, c'est de faire un max de blé. Bon, le blé, ils le font sur le fait que ça ne fonctionne pas et que tu es toujours obligé d'y revenir. C'est incroyable. Le business de la perte de poids, c'est des milliards et des milliards. C'est ultra florissant et ça l'a toujours été. Et puis maintenant, on est sur les nouveautés. Maintenant, on est sur des injections. Les injections que tu vas devoir continuer à vie parce que quand tu les arrêtes, ça y est, on a les premières études qui... qui sont nombreuses et qui vont toutes dans le même sens et qui disent, si tu arrêtes les injections, là, je n'ai pas envie de donner de marque, mais en fait, tu reprends le poids, c'est deux à trois fois plus vite que quand tu arrêtes un régime alimentaire. C'est encore pire. C'est genre la fusée. Du coup, tu es obligé de faire tes injections à 400 euros par mois toute ta vie. Voilà. Je dis 400 euros, je ne sais pas si c'est le vrai prix, mais il me semble que c'est quand même assez cher.
- Speaker #0
C'est quoi comme injections ? C'est des injections de quoi ?
- Speaker #1
Tu sais, c'est des dérivés, c'est des médicaments à la base pour les personnes diabétiques. Et ils se sont rendus compte que ça créait des pertes d'appétit. Ah oui ! Donc maintenant, il y a eu une pénurie. Les personnes diabétiques n'avaient plus accès à leurs médicaments à cause de ça. Et maintenant, il y a des labos qui se sont lancés dessus et qui ont créé un truc similaire, mais vraiment dédié perte de poids. Et du coup, ça y va. Tout le monde fait ses petites injections. Nous, en plus, en France, n'importe quel médecin. de prescrire, même si t'es pas spécialisé sur cette question. Et voilà, et en fait, il se trouve que ce qu'on observe, c'est que c'est pas sans conséquence pour le corps, il y a quand même des choses qui sont en suspens, parce qu'on a quand même peu de recul, on a un peu de recul pour avoir des études, mais on en a assez peu. On sait que, par exemple, le pancréas potentiellement, il prend cher avec ce genre d'injection. Je trouve ça délirant. On va vers un truc où maintenant, on va dire aux personnes considérées en surpoids ou en obésité, on va leur dire « Oui, c'est bon, plus d'excuses. Tu fais tes injections, tu peux être mince si tu veux. Oui, ça va peut-être te foutre en l'air le pancréas, le foie ou que sais-je, mais au moins, tu ne pourras pas arrêter tes injections. Si tu les arrêtes, tu regrossis. » Là, c'est ce que nous montrent les études.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
C'est un peu une aparté, mais le business de la perte de poids... continue de faire des milliards et des milliards et de laisser des tonnes de gens sur le carreau complètement avec la santé mentale la santé au global mais la santé mentale aussi complètement dans les chaussettes tu détestes ton corps, t'as plus de signaux corporels t'es complètement paumé je trouve que c'est ce qui ressort aussi dans ce que tu dis tu vois la santé mentale c'est au centre de tout ça en fait bah oui
- Speaker #0
C'est une charge mentale hallucinante. Oui.
- Speaker #1
C'est ce que je me disais, c'est même fou que tu aies réussi à... Quand tu parlais de tes années lycéennes et étudiantes, je me dis « waouh, mais tu as réussi en fait » . Et puis ensuite, tu as eu un travail et tout ça. Et en fait, on sous-estime quand même la force qu'il faut pour mener tout ça de front, parce que ça prend tellement de place. Tellement, tellement, tellement de place. Il est fou de réussir à vivre à côté, en fait, quand on y pense.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est clair, c'est clair. Mais c'est comme si on pouvait partitionner son cerveau, quoi. Genre, cette partie-là, je sais que vous en avez beaucoup parlé, toi et tes intervenantes, etc. Cette capacité au perfectionnisme et au focus sur des objectifs professionnels, par exemple, ou bien sur des goals à atteindre. Il y a une sorte de parallèle entre pouvoir contrôler son corps et son alimentation et atteindre des objectifs professionnels ou extra-professionnels de manière très sérieuse et très acharnée. Et je pense que pour les études, moi j'étais genre... Je veux briller dans mes études. Et il y a peut-être une corrélation, mais peut-être briller dans mes études et briller de par mon aspect physique et donc le contrôle de mon alimentation, c'était complémentaire, en fait, tu vois. Pouvoir... Le succès, en fait. Le succès, tu vois. Je suis belle et successful, quoi. Je suis... Je suis un modèle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je pense que les personnes qui ont des... ce genre de contrôle sur leur alimentation et sur leur corps ont également une sorte de capacité à exceller à côté. Parce qu'il y a ce truc de « je veux briller » , tu vois, une sorte de « je veux » . Je veux être un modèle. Et tu vois, si tu veux être un modèle, c'est même plus... Il y a le paraître d'un côté, mais il y a aussi la satisfaction personnelle de l'autre. Tu vois ? Ça engendre une sorte de satisfaction de se dire, tous les objectifs que je veux atteindre, je vais les atteindre. Et quand je les aurai atteints, je serai la reine du monde. Je ne sais pas dans quoi je m'embarque, mais je m'embarque en tout cas.
- Speaker #1
Comment tu vas aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, aujourd'hui, quand j'ai réalisé l'année dernière, en fin d'année, que j'avais fait deux crises de boulimie en 2025, même trois. J'ai réalisé que c'était toujours là. Et qu'il y avait toujours quelque chose.
- Speaker #1
Il y avait toujours un problème.
- Speaker #0
Et là, je me suis dit, dis donc, il va me falloir une autre. Parce que je me pesais encore. Je me pesais encore. Donc jusqu'à septembre, début septembre, je me pesais encore et le poids conditionnait toujours mes journées. Parce que mon poids conditionnait mes journées, je ne pouvais pas sortir dans la rue si je pesais. Par exemple, j'avais un poids charnière, c'était 71 kilos. Je fais 1m68. Et je sais qu'en dessous de 70, je ne pouvais pas faire du dating sur les applis, tu vois.
- Speaker #1
parce que en dessous ou au dessus ?
- Speaker #0
en dessous de 70 je pouvais pas rencontrer de mec tu vois pour moi 70 c'était la limite c'est à dire que si je faisais 70.1 interdiction d'aller sur les applis de rencontre c'est tellement con quand on y pense Il fallait que je pèse moins de 70 kilos pour choper, en gros. C'était ça.
- Speaker #1
Oui, d'accord. J'avais l'impression que tu disais l'inverse, que si tu étais en dessous de 70, tu ne pouvais pas.
- Speaker #0
Non, après, oui. 69,8,
- Speaker #1
ça marche.
- Speaker #0
Oui, ça marche.
- Speaker #1
69,2,
- Speaker #0
no way. Non, non, ça, c'est hors de question. Hors de question. 70,0, c'est vraiment exceptionnel, honnêtement. Et donc, je me pesais toujours tous les jours et j'avais encore une courbe. Enfin, je relevais mon poids tous les jours. Je crois que j'ai un relevé de mon poids. Si tu me demandes combien tu pesais le temps 2021, je peux te dire que je pesais 63 kilos. 63 kilos, c'était vachement bien ça parce que je pouvais porter des... Je pouvais porter le petit pantalon que j'aimais bien. Tu vois, j'en reçois 63, c'était bien. Et puis à l'époque, j'avais été sur un mec magnifique. C'était vraiment n'importe quoi. Donc voilà, je peux, si tu me dis, va chercher cette date-là, je peux te sortir combien je pesais à cette date-là, ce que je mangeais, ce que j'avais mangé la veille. Je peux tout te dire. Et donc, la dernière crise de boulimie, je pense que c'était fin août 2025. Et ce n'était pas une crise. Enfin, si, c'était une crise. N'importe quoi. Parce que ça part de rien, en fait. Ça part d'un excès.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
ça part d'un surplus. Tu vois, ça part d'un trop-plein. Et le trop-plein, ben... soit c'est un trop-plein et juste tu vomis parce que tu as un trop-plein, soit il y a cette petite anticipation qui te dit « tant qu'à faire, va t'acheter un pain au chocolat et une génoise, des trucs. » Et donc, j'ai fait ma dernière crise, je crois que c'était au mois d'août, fin août 2025. Et je me suis dit, déjà, c'est exceptionnel, c'est-à-dire que ça ne va plus se reproduire. Les rechutes, c'est possible. C'est pas grave, il faut que je sois bienveillante avec moi-même, que je me pardonne de ça, etc. Mais j'ai également eu la bonne idée de rechercher... Je me dis si je veux perdre du poids, parce que c'était encore ça, je veux perdre du poids. Je devais peser 71 kilos. Si je veux perdre du poids, il faut que j'aille voir un spécialiste de la perte de poids. Donc je retombe dans le même truc, tu vois. Donc je commence à chercher sur Internet une diététicienne ou un diététicien qui soit différent de celui que j'ai vu avant ou bien différent de la nutritionniste que j'avais par ailleurs revue il y a un an et demi et qui avait constaté que... que j'avais perdu beaucoup de poids depuis la première fois où j'étais allée la voir en 2013. Et donc je me remets en quête d'une diététicienne, et là, de fil en aiguille, je tombe sur une autre piste, qui était celle de l'hypnose. Et je me dis, oui en fait, si ça se trouve, j'ai juste pas besoin de maigrir, j'ai juste besoin de régler quelque chose de beaucoup plus ancré à l'intérieur de moi. Alors oui, c'est hyper récent. C'était au mois de septembre 46. Je vais avoir 47 ans cette année. Et là, je me suis lancée sur cette piste, en tout cas, de l'hypnose. C'est là que j'ai... découvert une sorte d'hypnothérapeute spécialisée dans les troubles des conduites alimentaires qui m'a qui avait une approche un peu commerciale à mon goût mais le fond était assez pertinent et je suis allé creuser de ce côté là donc j'ai profité de toutes les vidéos qu'il a mis à dispo sur youtube je le mis à ce qui était gratos en gros J'ai profité des audios qu'il a mis à dispo aussi. J'étais déjà à fond dans l'auto-hypnose parce que j'ai un site de MP3 d'hypnose qui peut solutionner tous les problèmes de la vie en une seule écoute. C'est merveilleux, c'est vraiment un site merveilleux, c'est de l'IFHE, si je peux faire un peu de pub, c'est l'Institut français de l'hypnose érectionnienne qui met ça gratuitement à disposition sur Internet. C'est merveilleux, c'est quelque chose de merveilleux qui m'a énormément aidée à tous les stades de ma vie depuis que j'ai découvert ce truc. Et ils n'avaient pas spécialement une auto-hypnose consacrée à la perte de poids. ou bien celles qu'ils avaient n'étaient pas adaptées à mon cas. Et donc je me suis penchée sur la méthode, enfin l'approche, pas la méthode, de cette personne-là sur laquelle je suis tombée au mois de septembre. Et une des premières choses qu'il recommandait, c'était juste de mettre la balance de l'oublié en fait. Et ce conseil, je l'ai pris, je l'ai... Je l'ai vraiment suivi sans même réfléchir. Je trouvais que c'était génial et je me suis dit, c'est vrai pourquoi je me prends la tête. Si chaque journée de ma vie est conditionnée par mon poids, je n'aurai plus de conditionnement de mes journées en mettant la balance dans un tiroir. Donc j'ai mis cette balance dans un tiroir depuis, je ne l'ai pas ressorti. Je ne me suis pas pesée depuis et je ne sais pas si j'ai pris ou perdu du poids, je suis incapable de le savoir. Je sais que j'ai un pantalon dans lequel j'étais un peu serré, qui est un peu moins serré maintenant. pour continuer sur l'hypnose. Donc, j'ai suivi un peu son truc à lui. Mais en fait, je ne voulais pas me lancer dans son programme parce que c'était un peu onéreux, même si je trouvais que c'était vachement bien. Il y avait des choses que je n'aimais pas non plus. Donc, ça ne m'a pas dérangée plus que ça. Il y a des choses que je ne cautionnais pas trop dans ce qu'il disait non plus. Donc, ça m'arrangeait bien d'aller voir ailleurs, on va dire. Et donc j'ai décidé tout simplement d'aller voir une hypnothérapeute et de lui exposer le problème et de voir si on pouvait faire quelque chose ensemble pour essayer d'apaiser mon mental par rapport à ça. et juste avant Noël, j'avais réussi à... à m'apaiser en fait, m'apaiser totalement par rapport à ça. Donc j'ai pu faire des fêtes de Noël de manière très sereine. Je n'avais pas peur des repas en famille, je n'avais pas peur d'aller au resto avec mes neveux, je n'avais pas peur de... de les emmener manger un truc auquel je m'exposais, genre fast-food, des trucs comme ça. Je n'avais plus peur d'être confrontée à un choix par rapport à mon alimentation. Je n'avais pas peur des répercussions physiques que ça pouvait avoir sur mon corps. Et donc, j'ai passé les fêtes de Noël, je pense que... J'ai passé le Noël le plus serein de ma vie à ce jour, par rapport aux réunions familiales, tout ça. Et là, depuis le mois de janvier, je suis un peu plus... comment dire ? Je prends avec des pincettes ma phase de guérison parce que j'ai eu beau m'apaiser, je ressens quand même quelque chose par rapport à la quantité de nourriture que je mange. Je suis encore consciente de certaines choses, c'est-à-dire que je n'arrive pas à... encore être totalement sereine par rapport à tout mais je je prends les choses avec beaucoup plus de beaucoup plus objectivement et avec beaucoup plus de deux chez pas de maturité j'ai envie de parler de maturité parce que parce que euh C'est quelque chose que j'ai vécu toute ma vie, donc ça va prendre un temps, tu vois, pour...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je m'accorde cette soupape, tu vois. Je me dis, c'est normal d'être encore un petit peu troublée par rapport à les quantités que je mange. Peut-être... Alors pas les horaires parce que je mange véritablement quand j'ai faim, peut-être un petit peu au-delà de ma faim. Et ça, je suis en train d'essayer de le jauger en fait. Je suis en train de jauger ça et je sais que le fait de le jauger, ça veut dire que je suis encore en train de réfléchir un petit peu, tu vois. Je ne suis pas totalement libre. Je suis beaucoup plus libre par rapport Ausha que je fais. C'est-à-dire, je mange ce que j'ai envie de manger. Par exemple, j'ai recommencé à manger de la viande, du poulet principalement. Parce que j'étais, comme je t'ai dit, j'étais végétarienne pendant longtemps. Et genre, il y a plein de trucs qui me faisaient envie. Tu vois, ma mère, elle est réunionnaise, elle cuisine du rougail-saucisse. Je voyais le rougail-saucisse passer devant moi et j'étais là, j'ai très envie de manger ce rougail-saucisse. Mais je ne le mangeais pas parce que j'étais végétarienne. Mais si t'es végétarienne mais que t'as envie de manger de rougail-saucisse, ça veut dire que t'es pas tellement végétarienne. Peut-être que tu préfères manger un peu des végétaux la plupart du temps, mais... T'as quand même envie de taper dedans, là.
- Speaker #1
Ce que tu dis, ça parle de flexibilité, c'est intéressant. Par rapport à ce que tu dis sur le fait de te poser la question, par exemple, tu sens que t'es un peu dans la suralimentation, et du coup, tu te questionnes là-dessus, et du coup, le fait de te questionner, si j'ai bien compris, te fait dire, ah, c'est pas encore complètement réglé, j'y mettrais un peu de bémol, dans le sens où... Je pense que ce n'est pas forcément anormal de se questionner sur notre façon de manger et surtout de repérer... C'est-à-dire qu'il y a plusieurs choses. S'il y a eu une fois où tu manges au-dessus et que tu en fais tout un plat et que tu te prends la tête alors que ça arrivait une fois, effectivement, on peut se dire « Ouh là, c'est encore un peu tendu » . Mais si tu observes un comportement récurrent de suralimentation un peu systématique, pour moi, le fait de s'arrêter dessus et de se dire « Tiens, Qu'est-ce qui se passe pour moi ? Et peut-être d'aller chercher à être au plus proche des goûts des aliments, au plus proche de ta sensation de rassasiement, du plaisir que tu prends et de sentir le plaisir qui descend, parce que c'est tout ça, le travail sur le comportement alimentaire. En fait, pour moi, ça ne veut pas dire que tu es encore dans un TCA. Le fait d'y prêter attention et de potentiellement vouloir y faire quelque chose, pour moi, vraiment, de mon point de vue, aujourd'hui, ça ne veut pas dire que tu es encore dans un TCA. parce que je trouve aussi que le comportement alimentaire, ça peut être une sonnette d'alarme vachement intéressante quand on a eu des troubles alimentaires pendant longtemps. Ça peut être potentiellement le premier truc qui se dérégule, tu vois. Genre, je ne sais pas, tu as accepté beaucoup trop de missions au taf, tu es surchargé, machin, mais parce que tu es toujours perfectionniste, tu veux, nanana. Et en fait, finalement, le premier signe que tu vas voir, ça va peut-être être de chercher beaucoup de réconfort dans la nourriture, de te suralimenter systématiquement. Et du coup, c'est intéressant de le voir, le truc s'installer, d'avoir ce recul et de dire, attends, mais je mange beaucoup en ce moment, j'ai l'impression que tous les jours, je mange beaucoup. C'est étrange, comment c'est dans ma vie en ce moment ? Est-ce que je me sens à l'équilibre ? Comment ça va ? En fait, le fait de le voir et d'y prêter attention, ça veut pas forcément dire, ah ouais, en fait, il y a encore un problème. Pas du tout pour moi. Ça dépend si... c'est obsessionnel ou si c'est disproportionné. Si on prêtait à fond attention à un truc qui, en fait, ça peut être disproportionné, mais je ne sais pas si tu perçois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Je ne suis pas sûre que ça veuille forcément dire que le TCA est encore là. Après, dans ce que tu dis, j'entends que tu ressens le besoin de consolider peut-être certaines choses.
- Speaker #0
Et peut-être aussi Je pense que ne serait-ce que de mettre un nom sur ça, de l'exprimer, de chercher des infos, des témoignages, des informations, ne serait-ce que d'avoir trouvé ton podcast. Je pense que ça fait aussi partie du process. Je voulais juste revenir là-dessus parce que, en termes de où est-ce que j'en suis aujourd'hui, c'est-à-dire que, tu vois, par exemple, je pense que je n'aurais pas cherché des infos sur des TCA. et que je ne serais pas tombée sur ton podcast si je ne me posais pas encore des questions. Tu vois, j'ai encore... Oui. J'ai encore des... Maintenant, je sais que je suis en voie d'être, on va dire, complètement libre, mais j'ai encore besoin de m'alimenter, mais cette fois d'alimenter mon cerveau en termes de connaissances en la matière. Et de mécanisme. Et de... Là, il y a un truc qui m'a fait halluciner. Quelque chose que tu abordes régulièrement, c'est le patriarcat. Je trouve que c'est génial. Parce que c'est quelque chose que... Ça ne m'avait jamais effleuré l'esprit, quoi. Tu vois ? Mais tout ça... Être juste... Être bien pour soi, avec soi. dans son corps. Tout ça, c'est des choses qui, pour moi, sont un work in progress. C'est-à-dire, je me sens mieux, je me juge... Je me juge beaucoup moins, considérablement moins. Maintenant, quand je regarde mon reflet dans le miroir, plutôt que de focus, je fais plutôt du flou. T'assembles.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. T'es partie.
- Speaker #0
Exactement. Et je suis... Tolérante aussi. Je pense que j'ai de la tolérance maintenant opposée à avant, je n'avais aucune tolérance par rapport à, genre, je ne sais pas, le bout de gras sur ma cuisse, tu vois.
- Speaker #1
Au secours !
- Speaker #0
Tu vois, le bout de gras sur ma cuisse. Si moi, je n'y suis pas tolérante, Comment est-ce que quelqu'un d'autre va y être tolérante ? C'est-à-dire, par exemple, si je me retrouve à me mettre en maillot de bain à la plage, comment est-ce qu'un œil externe pourrait accepter quelque chose que moi je vois comme un défaut ?
- Speaker #1
La réalité, c'est que l'œil externe m'accepte bien mieux que toi. Parce que l'œil externe, il est focus sur son bourrelet à lui ou son bout de grappe. et que c'est la même chose pour tout le monde mais que l'œil externe il est certainement beaucoup plus sympa que tu ne l'es avec toi-même ouais c'est clair tu sais si tu écoutes souvent le podcast j'aime bien terminer l'épisode par une question où je demande à la personne de s'adresser aux gens qui nous écoutent mais en fait j'ai envie à toi de te poser une question différente pour clore ce podcast j'avais envie de te proposer de t'adresser à la petite fille que tu étais, peu importe l'âge. C'est toi qui choisis à quel âge tu as envie de t'adresser, mais j'aimerais bien savoir ce que tu aimerais lui dire à la petite Florence.
- Speaker #0
La petite Florence.
- Speaker #1
La petite, la jeune, peu importe l'âge qui te vient quand tu y penses, mais qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #0
J'aimerais lui dire de se faire beaucoup plus confiance. De ne pas faire attention à ce que les autres disent. Que le plus important, c'est qu'elle soit heureuse, qu'elle rigole, qu'elle s'amuse, qu'elle fasse des pieds de nez aux gens qui la font chier. Qu'elle fasse ce qui lui plaît, en fait. Qu'elle fasse ce qui lui plaît, quitte à ce que ça déçoive les autres, quitte à ce que ça déplaise aux autres. Voilà. Qu'elle soit pleine de vie et qu'elle ne se soucie pas de ce qu'on va dire d'elle. Voilà. Ma petite Florence.
- Speaker #1
Ma petite Florence. Merci à la grande et à la petite Florence, parce que les deux ont été avec moi aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, elles sont très contentes d'avoir été avec toi aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ton témoignage, qui je n'en doute pas créera certaines résonances chez les personnes qui nous écoutent.
- Speaker #0
Oui, écoute, merci de m'avoir accueillie, de m'avoir donné la parole. et j'espère que ce podcast résonnera en ces personnes là comme les podcasts que j'ai écouté de toi et des autres ont résonné en moi merci
- Speaker #1
beaucoup un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode comme je te le dis souvent, ton soutien est super important c'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !