- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien, sur Flavie.m TCA. Très belle écoute ! Bienvenue dans un nouvel épisode de TCA etc. Aujourd'hui est un jour particulier, attention roulement de tambour, puisque je discute pour la première fois, je crois, avec un proche. Donc, une personne qui a vécu les troubles alimentaires à côté de quelqu'un, auprès de quelqu'un. Je dis à côté, mais on va en discuter. Peut-être que ça ne te semblera même pas assez exact de parler de à côté. On va voir. Est-ce qu'on a l'impression de les vivre dedans, à côté ? Tu vas nous dire. En tout cas, merci Yacine d'être présente et de ta proposition de témoigner sur le podcast.
- Speaker #1
Merci à toi. Tous les auditoristes. Je suis très content. J'ai peut-être perdu le fil. Je ne pensais pas être le premier à être un proche témoignant. Et ça me touche.
- Speaker #0
En fait, j'ai eu un couple. Inès, quelqu'un d'assez connu, était venue. Ils avaient parlé à mon micro. Donc, j'ai eu un couple qui a témoigné ensemble. Donc, effectivement, j'ai déjà eu un proche. Après, un proche qui vient tout seul. raconter, c'est pas tout à fait la même chose, je pense. Et en plus, ce qui est assez drôle, je vais le préciser quand même pour les personnes qui nous écoutent, c'est que ta compagne est passée sur le podcast. Là, au moment où on enregistre, c'est pas encore sorti et c'est vraiment très drôle parce que moi, j'ai fait le montage hier, donc... Dis-toi que je suis vraiment... Je suis dans votre histoire, là. J'ai fait le montage de l'épisode avec Benisha hier et du coup, il va sortir vendredi, mais donc toi, au moment où l'épisode sortira, ce sera... On sera début mi-avril, donc l'épisode sera sorti un mois et demi avant. Mais effectivement, tu es donc le compagnon de Manisha qui est venu témoigner au micro. Est-ce que c'est OK pour toi si je te propose de commencer par te présenter ? Tu nous dises un peu qui tu es en nous disant ce que tu as envie de partager.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Du coup, moi, j'ai... Je partage ma vie avec Manisha. C'est Yacine, j'ai 38 ans, j'habite en Suisse et je suis développeur web à mon compte. Dans mes temps libres, j'aime faire de la musique et aussi du sport. La course à pied et depuis deux ans maintenant, j'ai un peu crocheté à l'escalade. Oui, voilà, en gros, dans les grandes lignes.
- Speaker #0
OK. Et donc, comme je l'ai dit tout à l'heure, tu es ici pour venir témoigner en tant que proche d'une personne ayant vécu les troubles alimentaires. Et comme je l'ai dit, tu es le compagnon. Enfin, voilà, vous vivez ensemble. Ça fait combien de temps que vous vivez ensemble ?
- Speaker #1
Ça a marché il y a quelques semaines.
- Speaker #0
Wow, bravo. Merci.
- Speaker #1
Donc ça fait pas mal de temps, pour un jeune couple en fait. Et on a traversé l'épreuve des troubles alimentaires il y a à peu près, il y a plus de 10, il y a 3 ans je dirais. Et ça a duré 2 ans environ. Donc, on avait déjà bien l'habitude de partager notre quotidien.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas arrivé en début de relation, ça.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et ça a peut-être son importance, d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'on avait un lien déjà super solide à ce moment-là. Et à mon avis, ça nous a beaucoup aidés.
- Speaker #0
Avant qu'on rentre dans le vif du sujet de la pathologie, j'aimerais bien que Tu me dises comment toi tu vois Manisha ? Si je te demandais de la décrire en trois mots, comment tu décrirais la femme qu'elle est ?
- Speaker #1
Pour moi, elle a toujours représenté quelque chose d'assez libre. Je pense que de par son éducation, le parcours qu'elle a eu, elle se donne toujours les moyens d'aller au bout de ses rêves. Autant par ce qu'elle a fait avec les chevaux, elle a fait une méga aventure. dont elle a peut-être parlé, je ne sais pas.
- Speaker #0
Oui, elle n'en a pas parlé.
- Speaker #1
Pas du tout, elle n'a pas pu se raconter ça. Donc, elle a vraiment cette force-là d'aller au bout des choses. Et oui, la liberté, elle a une grande sensibilité aussi à son monde environnant, à la nature, aux gens. Donc, oui, je dirais que c'est surtout ça.
- Speaker #0
Ok. C'est intéressant, dans ce que tu viens de décrire d'elle, est-ce que toi, de ta place, tu vois des liens avec la maladie ou des caractéristiques de sa personnalité qui auraient pu faire une accroche pour le trouble alimentaire ? Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
je pense que cette force qu'il faut d'aller au bout des choses au bout d'un projet autant Autant sur le côté épanouissant, c'est quelque chose qui la pousse. Et peut-être dans la maladie, c'est aussi quelque chose qui lui a donné... qui l'a fait aller loin. Et je ne sais pas comment dire, mais il faut une certaine... Il faut tellement... C'est tellement fort comme modification de comportement. Pour tenir à elle, à un moment, j'ai l'impression que c'était trop dur pour elle d'aller plus loin là-dedans. Et tant mieux, en fait, au final. Parce que je pense que ça sauve aussi.
- Speaker #0
Oui, mais cette ténacité, finalement... aurait pu un peu... C'est quelque chose qui peut desservir les personnes.
- Speaker #1
Oui, il faut une telle force de conviction de soi-même. Je pense que ça desserre.
- Speaker #0
Est-ce que tu sais, est-ce que tu te sens en mesure de décrire le type de trouble alimentaire dont elle a souffert, Manisha ?
- Speaker #1
Oui. Elle a fait des... des crises d'anorexie et d'autres de boulimie. Surtout ça.
- Speaker #0
Tu te souviens, toi, comment ça a commencé ? Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit « Attends, il y a un truc qui tourne pas rond, il y a un truc qui cloche avec la nourriture. »
- Speaker #1
Oui. En fait, je ne me suis pas aperçu moi-même parce que je pense que c'est peut-être trop discret au commencement. Moi aussi, je souffre d'un handicap visuel assez fort. Donc peut-être je suis moins sensible au changement du corps et je pense tant mieux aussi pour ça. Donc non, je n'ai pas vu, c'est elle qui m'en a parlé la première fois, elle s'est confiée parce que c'était trop de garder ça pour elle toute seule. Donc voilà.
- Speaker #0
Donc c'est elle qui est venue t'en parler ? Est-ce que tu sais depuis combien de temps déjà elle vivait avec ça quand tu en as parlé ?
- Speaker #1
Oui, je pense que ça faisait quelques mois, je dirais trois ou quatre. Sauf que c'est possible que je me trompe, mais pas plus en tout cas.
- Speaker #0
Ok. Comment tu as reçu ça, accueilli ça, toi ? Est-ce que ça a été surprenant pour toi ? Est-ce que ça t'a fait flipper ? Comment t'as vécu ?
- Speaker #1
Franchement, tout. Et je me suis senti assez démuni par rapport à ça. J'ai l'impression que j'étais vraiment pas prêt. Et ça m'a fait beaucoup d'angoisse, de peur. Au début, peut-être que j'ai pas saisi l'ampleur vers quoi on allait. Très vite, quand elle m'en a parlé, elle m'a confié qu'elle se faisait vomir. C'est vrai que se projeter là-dedans, s'imaginer dans cette situation, moi ça m'a... C'était vraiment horrible. Et ouais, du coup à ce moment-là, moi je ne sais pas quoi vraiment faire ni penser. C'est vraiment quelque chose d'inattendu et auquel on n'est pas préparé. Donc mon premier réflexe ça a été... je ne sais pas si c'est un bon ou un mauvais... une mauvaise façon de trouver des solutions à ça. Mais pour moi, l'essentiel, ça me semblait être que justement, je pouvais entendre peut-être son rapport dysfonctionnel au corps, mais j'avais l'impression que c'était trop malsain de se faire vomir. Et du coup, moi je me rappelle lui avoir dit, mais peut-être que tu dois faire plus d'exercices, ou trouver un truc qui fait que tu vas trouver un équilibre qui te convienne, si quelque chose ne va pas. Évidemment pour moi, à aucun moment, ça me semblait légitime ou pouvait avant d'envisager de perdre du poids. C'était pas quelque chose de con ça pour moi. Moi, vis-à-vis d'elle, vis-à-vis de ce que j'imaginais être un moment où on pourrait être en nécessité de vouloir perdre du poids. Pour moi, elle ne remplissait pas ses cases, même si après, en écoutant ton podcast, je pense qu'il y a peut-être très peu de gens, on concerne beaucoup moins de gens concernés par cette... « nécessité » de perdre du poids que ce que je m'en faisais à l'époque.
- Speaker #0
En tout cas, si je comprends bien, tu te dis qu'elle n'est pas censée perdre du poids, mais que tu entends un peu l'obsession qui est la sienne à ce moment-là, et tu te dis « tout sauf se faire vomir. » Ok, elle est dans son truc, elle veut perdre du poids, peut-être que... On peut chercher ensemble d'autres moyens pour éviter qu'elle se fasse vomir. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
À ce moment-là, est-ce que l'un comme l'autre vous parlait de troubles alimentaires ? Est-ce que, en tout cas, toi, dans ce dont tu te souviens, est-ce que toi, tu te dis « Ah ouais, putain, il y a quelque chose de grave, il y a une pathologie » ou pas trop finalement à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ça, effectivement, je pense que c'est… J'ai plus vite mis le mort dessus qu'elle. Peut-être qu'elle préférait se le cacher. Mais j'ai l'impression qu'au début, quand je lui ai dit que peut-être elle souffrait d'anorexie, de troubles alimentaires, Elle disait que non en fait parce que d'après elle, elle n'était pas assez loin dans ça et les témoignages qu'elle pouvait, qu'elle avait pu écouter ne reflétaient pas sa réalité. Et c'est vrai que moi très vite, quand elle m'a témoigné de cette détresse, j'avais déjà entendu parler de couple de pauvres. des conduites alimentaires. Mais vaguement et un peu de loin, du coup j'ai été un peu rechercher plus de documentation sur les canaux que j'utilise en général quand j'ai envie de creuser un sujet légèrement. Ce qui était du coup à l'époque je pense l'appli Radio France. Et c'est vrai que les témoignages que je trouvais ou les reportages là-dessus, ils étaient aussi assez déconnectés de ce qu'elles vivaient, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Pourquoi ? qu'elle fait en fait ? Qu'est-ce qui semblait si loin de sa réalité ?
- Speaker #1
L'aspect plus extrême. J'ai l'impression que ce qui, elle aussi, lui a coûté peut-être de ne pas l'accepter plus vite, c'est que en fait, elle n'a jamais eu l'impression d'être suffisamment Merci. Malade, on va dire. Et du coup, c'est comme si on négligeait complètement le spectre qu'il peut y avoir entre une personne qui doit nécessiter une hospitalisation, peut-être, ou peut-être pas, je ne sais pas, qu'est-ce qu'on appelle la pratique, mais où vraiment le pronostic vital devient engagé et Manisha qui était peut-être au début d'une... une perte de poids qui commençait à devenir inquiétante mais mais mais pas suffisamment pour le prêtre de son point de vue en tout cas un problème ou une maladie et même un peu plus tard dans le processus je crois que c'est Je ne sais plus si c'est elle qui est allée d'office à une rencontre dans une ville pas loin de chez nous. Mais à chaque fois, elle ne voulait pas y aller parce qu'elle ne s'est jamais sentie légitime de ça. Et du coup, je savais que c'était tous les mois. Ce n'est pas que je la forçais, mais je le rappelais. Et deux fois, je suis allé avec elle. Juste, déjà aussi moi, me confronter à d'autres visions, d'autres réalités, et en fait l'aider un peu à s'y confronter. Donc, je pense qu'elle a mis plus de temps que moi finalement à accepter, enfin plus de temps que moi disons, à dire vraiment qu'elle avait un problème avec l'alimentation.
- Speaker #0
Oui, mais c'est tellement important ce que tu dis, parce que ce sentiment d'illégitimité à se dire malade, à demander de l'aide, tout ce qu'un diagnostic peut importer, parce que finalement, un diagnostic, ça ne reste qu'un diagnostic, mais ça ouvre des portes autour du soin, de s'autoriser certaines choses. Et le problème, c'est quand on ne veut voir le trouble alimentaire que sous le prisme du poids, ce qui n'a aucun sens. C'est-à-dire que, bien sûr, tu parlais de l'anorexie et tout, c'est important d'avoir, il y a des IMC, et donc, oui, on va prioriser, je veux dire, comme en temps de guerre, tu es à l'hôpital, et il faut trier les blessés, quoi. À un moment donné, il y a plus ou moins urgence A. Donc, il y a plus ou moins urgence, et les hôpitaux, étant ce qu'ils sont, étant saturés, il y a cette réalité autour de l'anorexie où on va prioriser les IMC les plus faibles, parce que là, il y a besoin de renutrition en urgence. Cependant... peut-être que son poids à ce moment-là n'était pas si flippant que ça, mais les comportements, eux, ce qu'elle vivait avec la nourriture, les vomissements répétés, l'obsession, tout ce qui se passait dans sa tête et la place que ça prenait dans sa vie, ça, pour le coup, a priori, il n'y avait aucun doute sur la gravité du problème. C'est intéressant parce que... Je refais le lien avec ce que tu disais au début de l'épisode, quand il s'agissait de parler de qui elle est. À la fois, c'est une capacité d'aller au bout des choses. Et puis parfois, c'est peut-être aussi un peu une prison. Peut-être qu'il y a de ça aussi, presque un perfectionnisme même dans la maladie. Non, ce n'est pas assez finalement. Bon, forcément, c'est un peu biaisé, notre échange, mais en même temps, c'est cool aussi, parce que je sais déjà certaines choses, puisque j'ai déjà discuté avec Manisha. Mais du coup, ce que je sais, c'est qu'il y a eu quand même une accélération, enfin qu'à un moment donné, ça a pris vraiment beaucoup de place, parce que là, on parlait du début, quand elle est venue t'en parler, ça faisait 3-4 mois, mais en fait, ça ne s'est pas arrêté là. Finalement, elle a continué de s'enfoncer dans les troubles alimentaires. Est-ce que... Toi, tu le voyais, tu le percevais ? Comment tu as vécu les choses, toi, à côté ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr que de vivre ensemble, en fait, c'est rien. C'est quasi impossible à cacher. Encore, les vomissements, c'est une chose, c'est toujours fait à l'écart. Mais l'incapacité de manger au-delà d'une certaine quantité, tout le stress qu'il y avait autour de la nourriture, il y a un manque. J'étais au premier loge et en fait, j'ai un peu essayé de trouver un juste milieu entre... Enfin, pour moi, c'était trop compliqué de... De toute façon, je n'avais pas les codes pour l'aider à sortir de ça. C'était au-delà de mes compétences, mais... J'avais l'impression que tant qu'on pouvait quand même garder un peu un lien, on passe tellement de temps à manger finalement sur une journée, c'est pas forcément nécessaire, mais disons, c'est pas forcément obligé que ce soit central de se retrouver autour des repas. Mais ouais, j'avais l'impression que c'était important qu'on garde ce... ces moments-là. Et c'était super compliqué. Donc, il faut réussir à faire des compromis entre adapter un peu la cuisine qu'on peut faire, séparer du gras, par exemple, parce que c'est vraiment trop dur. Et je sais, moi, au fond de moi, que ça sonne faux pour moi d'être autant flippé par certains types d'aliments. Et en même temps, je... C'est impossible de la forcer dans des moments où les petites choses qu'on peut réussir, les toutes petites victoires du fait de partager un moment ensemble et juste manger ensemble une assiette de légumes, c'est déjà génial. Et si moi je préfère mettre un filet d'huile d'olive dessus, je ne veux surtout pas... Il ne faudra surtout pas que je lui l'impose à ce moment-là. Après, évidemment, plus j'ai été documenté en écoutant surtout ton podcast, plus ça me semblait évident qu'il fallait qu'elle puisse aussi faire la paix avec tous les aliments. mais oui de partager le quotidien évidemment qu'on voit tout ça on voit tout c'est la balance qui est cachée les choses qui ouais les petits des petits gestes les tout tout et toute l'attitude qui est complètement complètement différente et aussi au niveau de la l'énergie à faire les choses. C'est tellement... C'est un tel nuage dans la tête qui prend vraiment toute la place, toutes les pensées systématiquement envahies par cette obsession que forcément, en tant que proche, on le ressent à tous les instants.
- Speaker #0
Tu la trouvais changée ?
- Speaker #1
Pour moi, oui. Oui, il y avait une forme de tristesse quand même de manière générale, aussi par notre client qui n'a pas été cassé, mais où nos interactions étaient aussi... Je suis vachement orienté autour de ça, même s'il y a la vie à côté, mais ça prend une telle place en fait, que ça change. Après il y a des moments de, peut-être plus d'euphorie aussi, quand elle se sentait bien, parce qu'il y a des moments où elle se sentait bien. qui sont souvent les moments où en fait elle a juste réussi à... C'est une telle lutte pour réussir à se priver à ce point qu'en fait quand on y arrive, elle en tout cas était heureuse. Mais ça ne dure pas du tout et c'est d'autant plus dangereux. Oui,
- Speaker #0
c'est ça qui est particulier. C'est ça, c'est qu'en fait toi en tant que proche, tu dis que tu vois la tristesse chez elle. Et finalement, les moments où cette tristesse est moins présente, elle est plus dans l'euphorie, mais c'est une euphorie reliée au fait d'avoir réussi à ne pas manger. Donc finalement... C'est ça. Tu dis que ça prenait beaucoup de place. Est-ce que vous arriviez à avoir d'autres choses que ce sujet-là ? Est-ce que vous partagiez encore d'autres choses ? Ou est-ce qu'à un moment donné, tu as eu l'impression que tout était parasité par ça ?
- Speaker #1
je pense qu'on faisait quand même encore on a toujours partagé le quotidien mais le certaines activités on adore mais c'est plus sûr sur des sur des temps de vacances par exemple on va marcher en montagne on s'évade vraiment bien on va faire une semaine de randonnée avec les chevaux ont On partageait... finalement, au-delà du quotidien et de la vie à deux, peut-être un peu moins de choses. Et c'est vrai qu'elle a exprimé quelques fois que peut-être on pouvait commencer une activité ensemble, par exemple. Après, je n'ai pas l'impression que ça avait beaucoup changé par rapport à avant. On a toujours, en fait, quand on a un moment ensemble, on profite de le passer ensemble. On ne fait pas une activité en soi. On ne va pas chanter ensemble. Ça arrive qu'on le fasse, mais on n'a pas une activité régulière qu'on partage ensemble au-delà de juste aller voir des amis. profiter de se faire une balade. Pas de projet en fait. À ce moment là en tout cas on n'avait pas de projet ensemble. Mais on venait, en fait on avait, ça faisait à peu près un peu moins de deux ans qu'on avait lancé une activité ensemble de boulanger. où on vendait notre pain au marché. On avait juste une production par semaine, mais c'est un projet qu'on avait un peu entamé ensemble. On a à la base arrêté, parce qu'en fait pour elle ça devenait trop, et le rythme était hyper intense, mais les TCA sont venus s'ajouter à ce rythme qui était déjà extrême. et parce qu'on avait aussi des jobs à côté, elle et moi. Et du coup je dirais que les TCA nous ont forcés à faire une pause en tout cas et à prendre du recul sur cette activité qui était chouette, qu'on partageait, mais qui était en fait peut-être pas viable à... À ce moment-là, elle n'était pas vraiment viable. Et voilà, ça a un peu tout rebrassé. Donc non, au niveau de l'activité, je pense qu'on partageait peut-être un peu moins de choses.
- Speaker #0
Oui, mais ça n'a pas l'air si flagrant que ça. Par contre, je n'ai pas l'impression qu'il y a un switch entre eux. Beaucoup de partage entre vous, et puis tout d'un coup, plus rien. Il n'y a plus que l'anorexie au milieu de votre relation. J'ai l'impression que vous avez... réussi à continuer de partager d'autres choses.
- Speaker #1
Oui, je pense après de manière un peu légèrement différente, mais oui, on a continué.
- Speaker #0
Comment tu décrirais ton positionnement avec elle ? Tout à l'heure, tu as dit que tu n'avais pas les compétences de toute façon pour l'accompagner, mais j'entends aussi que tu t'es beaucoup adapté quand même. Tu parlais des repas et tout, tu disais... C'était important pour toi de maintenir ces moments aussi, qui sont des moments de partage finalement, l'alimentation aussi dans un couple, et que donc tu t'adaptais. Comment tu décrirais la place que tu as pu prendre ? Peut-être qu'en plus, cette place, elle n'a pas toujours été la même, que ça a évolué selon les moments de la maladie. Est-ce que tu essayais de... de rester un peu en retrait en me disant je ne suis pas son soignant ? Est-ce qu'au contraire, tu essayais de... J'ai entendu aussi que tu te renseignais beaucoup, donc est-ce que tu essayais de mettre en place des choses que tu avais pu entendre ? Ou est-ce que tu lui partageais aussi ce que tu entendais, ce que tu lisais ? En fait, elle aussi, elle écoutait ton podcast. C'est d'ailleurs elle qui me l'a envoyé. Et à ce niveau-là, oui, on parlait des fois de ce qu'on entendait, soit des témoignants, soit de tes conseils, en fait, de ton approche. Et du coup, on en parlait, elle me... Moi, je lui disais ce que je comprenais, elle me disait ce qu'elle ressentait. Et de ce partage, on arrivait peut-être à avancer un peu là-dedans. Après, à aucun moment, je lui ai dit, essaye de faire ça parce que je suis trop éloigné de ça. Mais je pouvais au moins avoir une espèce de... de grilles de lecture, de compréhension de ce qui se passait pour elle. Et je pense que d'en avoir finalement quand même pas mal parlé avec elle, et avec d'autres personnes que j'ai aussi d'autres amis malheureusement qui ont été touchés par cette maladie. Est-ce qu'on peut parler de maladie ou de trouble ?
- Speaker #1
Ouais, on peut parler, les troubles alimentaires sont répertoriés dans le DSM, tu vois, le DSM-5 ou la SIM-10, donc en fait on est dans des pathologies mentales, quoi.
- Speaker #0
Et du coup, ouais, par rapport à la façon dont je la...
- Speaker #1
Ouais, ton positionnement, en fait, mais quelque part, j'ai déjà un peu ma réponse, tu vois, je me dis... Peut-être que c'est difficile de mettre un terme. Tu vois, on n'a pas d'échelle non plus de graduation du positionnement des proches. Ce n'est pas vrai.
- Speaker #0
Ce qui est sûr, c'est que non. J'étais quand même là pour l'écouter et pour essayer de l'aider à bonne échelle. Et déjà, de juste avoir une oreille et essayer de comprendre. je pense que ça lui faisait du bien à elle. Après il y a clairement un moment où pour moi c'était sûr que c'était trop et il fallait qu'elle trouve quelqu'un qui puisse l'aider, quelqu'un de professionnel. Et il a fallu un petit moment mais elle a fini par entreprendre les démarches. et la première personne qu'elle a vue, elle l'a peut-être un peu aidée mais elle a aussi eu des des remarques qui étaient assez déplacées qui lui ont fait du mal aussi et qui n'ont pas... au final je pense qu'elle a moins aidé que la veste et du coup ça a été compliqué après elle a réussi à... a trouvé une psy avec qui elle était bien et bon malheureusement c'est tragique moi sa psy est décédée donc elle a eu cette déchirure aussi de ne plus avoir de suivi en fait et de ouais c'est pour elle ça a été extrêmement dur et mais au final d'avoir cette oreille extérieure qui pouvait l'aider. Pour moi, ça faisait déjà un soulagement pour ma position.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a été trop ? Tu dis qu'il y a un moment donné, ça a été trop et il fallait qu'elle se tourne vers le soin.
- Speaker #0
Je pense que ça devenait trop dur. émotionnellement de porter ça et de parce que moi finalement j'étais pas concerné directement mais ça ça détresse finalement risqué comme sur moi et et et en fait je pense que ce qui m'a aussi inquiété c'est que j'avais entendu que le nous on allait loin dans le dans la maladie, plus le cerveau commençait à développer des mécanismes qui étaient vraiment compliqués à démêler et j'avais peur en fait par rapport à ça. qu'elle soit plus vraiment elle-même. En fait, il y a des moments où j'ai l'impression de ne pas parler, de ne pas échanger directement avec Manisha, mais avec la maladie. Et ça, oui, je n'avais pas de solution, je n'avais pas de prise dessus. Donc c'était... En fait, on est dans une telle... C'est une telle spirale qu'on est obligé de trouver des clés pour s'en sortir. Donc pour moi, le suivi psychiatrique, ce stade-là, il était obligatoire.
- Speaker #1
Tu l'as invité à trouver un suivi. C'est quelque chose que tu as verbalisé. Tu as essayé de la pousser un peu vers ça.
- Speaker #0
Oui, oui. Bon. Pour moi, ça restait son choix. Mais en fait, je lui ai dit que pour moi, je pouvais, j'allais rester là pour la soutenir. Mais c'était clair qu'elle avait, de mon point de vue, besoin d'une aide extérieure. Et je pense que c'est ça aussi qui a fait qu'elle a accepté d'y aller. Elle l'a plus fait pour moi que pour elle, en fait. Pour moi ou pour nous, disons. Parce qu'elle voyait aussi la tristesse qu'elle pouvait m'infliger, sans que ce soit une charge en plus, parce qu'elle est déjà en lutte. Mais c'est une lutte aussi, j'ai l'impression, tellement... vicieuse d'un côté on a l'impression pas c'est comme si pour elle en fait il n'y avait pas de problème oui il ya beaucoup de déni d'associer à ouais exactement donc il ya si pour elle n'y a pas de problème n'y a pas de raison d'aller aller consulter quelqu'un qui peut aider à résoudre à résoudre quoi même si au final on donc en fait le problème elle le ressentait dans mon reflet. De voir à quel point ça me stressait ou ça m'angoissait. En fait, ça l'a poussé à prendre des devants.
- Speaker #1
Mais il n'est pas rare que les personnes, notamment dans l'anorexie, je dirais que c'est quand même un peu différent dans la boulimie et surtout dans l'hyperphagie. Mais dans l'anorexie, ce n'est vraiment pas rare que les personnes se tournent vers le soin. pour quelqu'un d'autre, en fait. Tu vois, qui est cet enjeu-là. C'est très compliqué d'y aller pour soi parce que, comme tu le dis très justement, il y a tellement de déni d'associer à la maladie une impression presque de surpuissance, tu vois, de contrôle absolu. Tant que tu arrives à maintenir le contrôle, tu te sens un peu au-dessus du monde, quand même. Au-dessus du... Donc, comment... toi t'en as parlé un peu là parce que tu parlais de cet effet miroir en fait et qu'elle pouvait voir aussi ta détresse mais moi ça m'intéresse aussi de savoir justement de quelle manière toi ça t'a affecté t'as en plus un peu de recul maintenant sur tout ça de quelle manière t'as l'impression que ça t'a impacté à la fois sur le moment mais est-ce que aussi aujourd'hui t'as l'impression qu'il reste des traces quoi de tout ça chez toi ? Oui. Sur le moment,
- Speaker #0
ça a impacté mon quotidien. Je dirais que le plus fort, c'est tous ces moments de sociabilisation qu'on perd. Elle, elle était dans un truc d'isolement et de telle angoisse vis-à-vis des éléments que je ne sais pas si je peux dire que c'est un moment où je me suis dit que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux pas faire de la vie et que je ne peux faire de la vie et que je ne peux faire de la vie et que je ne peux faire de la vie et que je ne peux faire de la vie et que je peux faire de la vie Je ne sais pas, aller manger chez ses parents, ça devenait très dur. Ou avec des amis. Alors que c'est des moments, généralement, de joie, de retrouvailles, de partages, qui font partie des plaisirs qu'on a. Et ça, en fait, moi, j'ai été impacté par ça parce que... ça nécessitait de mettre en place des petites stratégies, peut-être pour que ça fonctionne, pour qu'on puisse quand même conserver ces moments-là. Ça n'a jamais été un tabou pour moi et pour elle. Moi, si j'en sentais le besoin vraiment de parler aux proches, je pouvais le faire pour essayer de leur expliquer. Écoutez, on vient volontiers manger chez vous, mais peut-être pas une fondue au fromage, peut-être une soupe et du pain, et ce sera déjà très bien. Et ça, du coup, c'est un impact un peu direct aussi, le fait de... Quand elle travaillait, je lui envoyais juste un SMS pour lui demander si elle voulait manger à la maison, s'il la comptait ou pas dans le repas. C'était tout de suite extrêmement... Pour elle, en fait, elle ne pouvait pas me répondre parce que ça la projetait directement dans un futur hyper angoissant de devoir manger son assiette. Donc ça, c'est des petites choses qui... Merci. Ce sont des effets collatéraux de la maladie qui m'ont impacté aussi directement. Après, du fait d'avoir beaucoup écouté de contenu à ce sujet, évidemment que mon rapport, mon regard sur la société dans son ensemble a beaucoup changé. je pense que j'ai une chance c'est d'avoir un handicap de vue qui fait que je suis pas trop confronté aux affiches dans la rue, peut-être à l'hyper minceur mise en place tout autour de nous mais par contre de manière plus proche tout ce qui est du rapport à l'alimentation Toutes ces mini-réflexions qu'on entend constamment, « Ah, je mange un bout de gâteau ce soir, mais demain j'irai courir, du coup c'est OK » , tous ces réflexes, et en fait, j'essaie de… c'est vraiment trop pour moi de manifester, de dire non, écoutez… c'est pas possible de... essaye de calmer par rapport à ce rapport-là. Tu manges ce qui te fait plaisir et il va t'ouvrir si ça te fait plaisir aussi, mais ne sois pas dans ce rapport de constante compensation. Et du coup, autant par rapport aux proches en général que par rapport aux... aux parents et à la famille de Manisha, ou de me positionner là en tant qu'accompagnant, en fait, toutes ces réflexions, on les ressent, et moi, elles me font souffrir, parce que je remarque l'impact que ça a eu sur Manisha. Je pense qu'il n'est vraiment pas négligeable. Ce rapport au poids, son père quasiment systématiquement, et quotidiennement, il est super, il est génial, je l'adore, mais il finit toujours par dire « Ah, j'ai trop mangé ! » « Ah ben alors dis donc, là c'est bien ! » Alors qu'on a mangé normalement. Et sa mère qui questionne constamment son ventre, qui est trop gros, qui est... Et moi, c'est à chaque fois que j'entends ça... Je ne peux rien faire, je suis désarmé. Et en même temps, je sens que j'ai cette crainte que ça se répercute sur les petits-enfants aussi. Nous, on n'a pas d'enfants avec Manisha, mais sa sœur a trois enfants maintenant. Et moi, j'ai une peur de ça. Ils sont baignés là-dedans tellement... Oui, tellement à la merci de tous ces commentaires que je ne sais pas. J'essaie d'amener une nuance quand j'entends ce genre de propos, mais j'ai l'impression qu'en fait, si on n'a pas été confronté directement à ça, on ne comprend pas. Mais ouais, donc ça évidemment ça m'a impacté à ce niveau-là. Et moi aussi ça m'a questionné par rapport à mon propre rapport au corps. Et comme je disais en intro, je fais de la course à pied et d'escalade, et j'ai besoin en fait de... d'avoir cet équilibre de sport et de, des fois juste de piger un être en fait dans ces pratiques-là. Et du coup, j'étais obligé en fait de me dire, mais est-ce que je suis dans un rapport déréglé par rapport à ça ? Est-ce que, aussi de manger végétarien ? et des produits que je cuisine, je cuisine tout, j'essaie. Je n'ai aucun problème, disons, à, par exemple, justement, manger une fondue ou une ratette ou des choses comme ça. À aucun moment, je ne me dis rien. En même temps, je trouve quand même un peu intense de manger ce genre de plats, même si d'une partie, ils font plaisir, et d'une autre, en fait, ils sont tellement écœurants. Et en fait, est-ce que moi-même, je n'étais pas finalement dans une forme de contrôle ? La question reste ouverte. J'ai l'impression que non, parce que ça ne m'obsède pas. Parce qu'en fait, là actuellement, ça fait trois semaines que je ne peux pas faire de sport parce que j'ai une entorse à la cheville. Et ce n'est pas grave en fait, je ne suis pas en train d'angoisser. Et je ne me suis jamais privé de manger quelque chose parce que ça me semblait être trop gras. Et je sais que si je mange trois fois des pizzas à la suite, je vais en avoir marre. Jamais je ne pourrai manger une quatrième. Tout ça, tout ce questionnement, je pense qu'il a du fait d'être autant confronté à... sa maladie à elle, en fait, ça m'a aussi... ça m'a fait me poser ces questions par rapport à moi. Et surtout que, encore plus je pense, parce que au départ de... je pense vers 25 ans, avec un ami, on s'est dit tiens, on commence à avoir un petit bidon, pourquoi on commencerait pas à aller faire du sport ? Donc on a commencé à aller courir ensemble, et en fait... Moi j'ai pris goût à aller courir et j'y suis allé, j'irais deux à trois fois par semaine, bref plutôt deux. Et en fait ça me faisait du bien et basta. Mais est-ce que, ouais, je trouve des fois délicat d'entre deux. Oui, le trouble est juste un comportement qui nous fait du bien et qui nous permet d'avoir son propre équilibre. Moi, c'est ce que je recherchais, c'est ce que j'ai trouvé.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord avec toi. Ça rejoint la notion de prisme qu'il y a autour du trouble alimentaire, c'est-à-dire qu'il y a le trouble alimentaire qu'on peut diagnostiquer parce qu'il coche des cases. Et puis, il y a le spectre de l'alimentation troublée. Et puis, quand on s'éloigne encore un peu, il y a plein de comportements qui sont normalisés. Dans l'exemple que tu donnes, de base, il y a quand même une histoire de « tiens, on a pris du ventre » . Il y a un peu un truc de « du coup, c'était quoi ? » Est-ce que c'était simplement de se dire « tiens, c'est marrant, je vois une modification sur mon corps. Est-ce qu'il n'y a pas une modification, du coup, au global de mon équilibre de vie ? » comment je peux retrouver un équilibre satisfaisant global pour mon corps, ou est-ce qu'il n'y a pas un peu le « je commence à avoir du ventre » , c'est disgracieux au sens de, tu vois, pas tout à fait dans les normes, donc je me lance dans le sport. Après, derrière, dans ce que j'entends, c'est que cette pratique de course à pied t'a amené plein d'autres choses et participe d'un équilibre global, autant physique que psychique, mais de toute façon, on est tous imprégnés. Tu le disais aussi très justement, on est imprégné d'une culture de la minceur très très forte et du contrôle de son corps, d'une espèce de maîtrise de son corps dans ce qu'il renvoie beaucoup de l'apparence. Et c'est intéressant, quand tu parlais du handicap visuel, moi j'ai eu l'occasion d'accompagner une jeune femme atteinte de cécité et qui pour autant avait développé des troubles alimentaires. Et c'était intéressant parce que d'ailleurs, il faudrait que je lui aie, elle pourrait venir témoigner sur le podcast, ce serait trop trop chouette, on a fini de travailler ensemble. Et en fait, moi j'aurais pu imaginer qu'il y avait peut-être plus facilement un détachement avec l'image du corps, sauf qu'en fait, elle, elle se sentait vachement dépendante. de l'appréciation des autres sur son corps pour savoir à quoi elle ressemble, tu vois. Encore plus qu'une personne qui voit. Donc, en fait, je pense que l'influence, effectivement, de cette société et je suis d'accord avec toi, cette influence sociétale, elle passe avant tout par nos familles. C'est notre premier lieu de socialisation et c'est énorme l'impact familial et toutes ces normes qu'on transmet au sein de la famille. En tout cas, de ce que j'entends chez toi, je trouve que l'impact que ça a eu, c'est quand même une grande lucidité. Tu as par une recherche beaucoup de remise en question, de questionnement et une forme de lucidité sur... les impacts de la société, les enjeux autour du corps, de l'alimentation, de choses dont tu n'avais pas conscience avant.
- Speaker #0
Oui, je pense que pour moi c'est une richesse de savoir ça, parce que je suis sûr que une société libérée de cette pression constante sur les corps des individus, c'est... c'est bénéfique au final et ça crée en fait ça laisse la place à beaucoup plus de liberté d'expression de temps pour faire des activités qui peuvent être plus enrichissantes c'est tout ça d'économiser en fait sur sur des parcours de vie qui sont après brisé par une... Cette obsession de rentrer dans une norme, d'aller plus loin que cette norme, et trop loin. Au final, ce n'est pas que le trouble vis-à-vis du corps, c'est aussi vis-à-vis de la confiance en soi, ce rapport à sa propre personne. J'ai l'impression que ça ne vient pas tout seul, le trouble alimentaire. Ça vient aussi avec beaucoup de doutes vis-à-vis de soi-même, d'angoisse, de plein d'autres effets qui sont un peu… poussées en avant par le trouble alimentaire et qui, peut-être, on arrive à vivre avec pendant un temps, mais les troubles vont vraiment les révéler, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Est-ce qu'avec le recul, il y a des choses que tu ferais un peu différemment ? Mais j'ai aussi envie de poser la question de l'aspect positif également avec le recul. Est-ce qu'il y a des choses où tu te dis « Ah ouais, j'ai... » Si c'était à refaire, je referais de la même manière. Je pense que ça, ça a été vraiment important et aidant pour Manisha. Est-ce qu'il y a des choses comme ça qui t'apparaissent comme particulièrement aidantes ? Et puis d'autres trucs où tu te dis, là, j'aurais peut-être pu m'abstenir de tel truc. Parce qu'en fait, c'est évident, si tu veux, qu'il y a sûrement eu un peu de tout et que tu as fait comme tu pouvais, avec les outils qui étaient les tiens à ce moment-là.
- Speaker #0
Ouais, je pense qu'on est presque obligé de faire faux. C'est quasiment impossible de juste trouver les mots juste tout le temps. Et même le même mot un jour, le lendemain, va pouvoir être faux. Et donc, en fait, c'est... Je n'arriverai pas à dire. Là, j'étais peut-être trop pressé ou je l'ai trop confronté. Je ne me rappelle pas d'un moment où ça a été le cas. Je ne saurais pas dire si je pourrais améliorer. Je pense que c'est un chemin qui est surtout fait par la personne qui souffre. des troubles, mais par contre c'est important de rester là et d'être le plus à l'écoute possible et de faire l'effort en fait, d'essayer de comprendre. chose qui est au-delà de ce qu'on peut imaginer. En fait, je pense que c'est obligatoire d'écouter d'autres témoignages, de discuter avec d'autres gens qui en souffrent, pour, si on n'est pas concerné, avoir un semblant de compréhension de ce que c'est. Et je pense vraiment d'essayer de garder au possible ce lien avec la personne. À mon avis, c'est crucial. À part rester à ses côtés et essayer de l'accompagner comme possible, c'est le plus important.
- Speaker #1
Est-ce que tu as l'impression d'avoir retrouvé Manisha ? Est-ce que... C'est un peu bizarre comme question, parce qu'à la fois tu disais que finalement vous avez réussi à maintenir votre relation, mais tu dis aussi qu'il y a des moments où tu t'adressais finalement plus, tu avais l'impression de plus dialoguer avec la maladie qu'avec elle. Aujourd'hui, est-ce que vous avez retrouvé votre relation telle qu'elle était avant la maladie ? Est-ce que tu as retrouvé Manisha telle qu'elle était avant la maladie ? Ou est-ce que tu dirais non ? elle en est sortie, mais tu as l'impression que finalement, il y a des choses qui ont été transformées, à la fois chez elle et dans votre relation ?
- Speaker #0
Oui, je trouve qu'on a clairement, à mon avis, on s'est enrichi de cette épreuve. Moi, je pense qu'elle a... elle est redevenue un peu comme avant mais avec cette nouvelle nouveau savoir en fait sur elle même et et souvent on s'en rend on s'en réjouit en fait du fait qu'on veut que fait ce soit une époque qui est qui est derrière maintenant mais il dont parler moi j'ai l'impression que quand on quand on était tellement au centre de tout ça ça me paraissait impossible d'en sortir et finalement maintenant avec le recul j'ai appuré je m'en rappelle encore mais c'est derrière le fait de se dire ah ouais je devais je devais faire attention à comment je lui parlais, ce que je lui proposais que tout ça soit du passé je trouve fou et c'est hyper réjouissant Et je pense qu'on a cette force d'être plus vigilant aussi par rapport à maintenant, comment ça fonctionne. Et de pouvoir éviter ces travers. En fait, je ne peux pas dire si, oui ou non, elle est totalement guérie. Moi, j'ai l'impression que oui. Mais est-ce que tout d'un coup, dans deux ans... Elle aura de nouveau une crise existentielle qui fera qu'elle retombera dedans. J'espère que non, évidemment, mais au moins on a cette connaissance en plus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et hyper-vigiance. Et elle, elle en a tellement souffert qu'elle est… J'ai l'impression que c'est impossible qu'elle puisse repartir là-dedans.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vraiment. Donc, je pense qu'au final, clairement, ça a consolidé le lien et ça nous a permis de grandir dans notre relation. Oui, elle est un peu différente, mais pour le bien, pour le positif.
- Speaker #1
Tu as réussi, toi, à retrouver ton naturel ? La question m'est venue en t'écoutant, là, quand tu disais, « Ouais, attends, je me souviens quand il fallait que je fasse attention à tout ce que je dis, sur ma manière de parler. » te proposer à manger ou quoi, j'imagine que de toute façon, la guérison, elle ne se fait pas du jour au lendemain comme un switch on-off. Mais du coup, tu as aussi pris des habitudes de fonctionnement pendant toute cette durée de la cohabitation avec le trouble alimentaire. Et aujourd'hui, tu dirais que tu as retrouvé cette fluidité, un peu cette légèreté dans la rotation.
- Speaker #0
Oui, pour moi, c'est... C'est vraiment du passé maintenant et en fait tous ces petits aménagements de langage, de l'assiette, tout ça c'est... Et derrière, évidemment, toujours, si c'est moi qui sers les assiettes, je veux le dire, je lui sers ce qui me semble raisonnable, puis je lui dis de me dire stop. Mais ce n'est jamais un problème. Si elle a assez mangé, après 4 ou 5e de son assiette, on s'en fiche, on remet pour le lendemain. Pour moi, c'est complètement redevenu naturel. Autant d'aller chez des gens que la pratique du sport, par exemple, ou que la bouffe à la maison, c'est vraiment hyper... C'est comme si ça n'avait jamais existé, j'ai l'impression. Donc, c'est assez fou.
- Speaker #1
Mais oui, c'est clair. Oui, je pense aux gens qui nous écoutent. et à qui ça peut aussi donner beaucoup d'espoir et à qui ça peut paraître complètement fou, mais tu le disais aussi, genre quand vous étiez en plein cœur du TCA ça te paraissait insoluble en fait tu voyais pas comment vous alliez pouvoir sortir de ce truc là, donc j'ai envie de dire aux personnes qui nous écoutent qui sont en plein cœur du TCA, gardez en tête que quand on est en plein dedans, c'est normal en fait de pas en voir le bout, de pas voir une porte de sortie finale à tout ça, mais... pourtant, effectivement, ça peut exister. Moi, justement, j'aime bien terminer le podcast en proposant à mon invité de s'adresser aux personnes qui nous écoutent. Étant donné que toi, tu fais partie des proches, j'aimerais bien te proposer de t'adresser aux proches, aux personnes qui sont peut-être actuellement dans la place que tu as occupée pendant ces deux ans. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire, toi ?
- Speaker #0
de de l'épisode pour moi c'est vraiment crucial de garder le l'espoir et le lien avec l'autre et d'essayer de faire ce qu'on peut pour le comprendre pour la comprendre et je pense que se questionner déjà soi-même sur son rapport à l'alimentation et au corps, qu'est-ce qu'on rejette sur la personne ? Parce que j'ai l'impression que je ne lui faisais pas porter une culpabilité. À un moment, je lui ai dit… trop grosse ou va faire du sport français ou dans ou ou dans des choses plus plus insidieuse plus discrète mais je pense déjà si on peut bannir tout ça c'est hyper c'est le point de départ numéro un et puis ensuite ensuite vraiment ouais c'est de comprendre et et pas hésiter à Après, il faut que la personne soit prête à en parler, mais bien écouter en fait, et faire un maximum de preuves d'empathie par rapport à ce que l'autre vit. Et clairement, pour Manisha, ce qu'elle dit qui a sûrement permis de sortir de là relativement vite, c'était de... de voir justement la souffrance dans laquelle elle nous mettait nous deux Et si la personne du coup si moi j'avais été plus détaché on fait démerde toi avec ça moi ça me concerne pas ça aurait pu être délétère elle aurait pu aller plus loin elle il y a des moments où elle avait et je voulais par exemple partir habiter au camping parce qu'elle voulait plus que j'ai apporté ce poids. Et même si à ce moment-là ça aurait été peut-être un soulagement pour moi en surface, parce que j'aurais peut-être eu cette charge un peu loin de moi, mais... au final, elle, ce qu'elle cherchait, c'était un endroit où elle pouvait aller au bout, à fond dans son trou. Et pour moi, c'était hyper anxiogène. Et du coup, heureusement, elle l'a fait quand même une fois, mais pas plus parce que pour moi, ce n'était pas possible. Donc, clairement, je disais... Tout sauf ça, rester à la maison, et on traverse ça ensemble, en fait. Et je pense que, ouais, le fait d'être entouré, c'est quand même super important.
- Speaker #1
Oui. Eh bien, merci beaucoup pour ce témoignage précieux, je pense. Merci aussi, c'est peut-être un peu bizarre, mais moi, j'avais envie de te remercier de... Alors, tu viens en parler, en témoigner. mais je suis aussi très touchée par la posture que tu as adoptée. Et aussi parce que je la sais pas si commune d'aller prendre des infos. Alors, pas si commune, mais ça veut pas dire inexistante. Effectivement, j'ai déjà eu, moi, un jeune homme qui avait même pris rendez-vous avec moi à l'époque pour me poser plein de questions, parce que sa copine souffrait de boulimie vomitive et il avait envie d'avoir un positionnement ajusté. Mais je vois aussi plein de familles. Et tu vois, pas forcément les conjoints, mais aussi les parents qui, finalement, se renseignent pas trop, ne lisent pas de livres sur le sujet, n'écoutent pas de podcast, ne s'investissent pas dans les thérapies, les thérapies familiales, par exemple, quand il y a un conjoint. Il y a aussi plein de familles qui s'investissent, mais c'est hyper intéressant, mais ça demande beaucoup de... comment dire ? En fait, le mot qui me vient, c'est courage, mais je le trouve un peu faiblard pour décrire ce que je voulais dire, mais... Une forme de courage aussi, ça nécessite forcément d'aller se questionner. Soit, tu l'as dit aussi au cours de l'épisode, tu es allé regarder ton rapport au corps, à ton corps à toi, mais au corps des autres, aux réflexions qu'on fait comme ça et qui passent comme ça de manière anodine. Tu t'es questionné sur tous ces trucs-là. Eh bien, ça, c'est forcément un peu inconfortable. C'est-à-dire que déjà, on a quelqu'un qui va mal, mais en plus, on se met soi-même en position d'inconfort en allant questionner ce qu'on... pensent être des acquis, des vérités. Et je pense que ça a été hyper riche pour votre relation, pour Manisha, pour toi aujourd'hui, vous en tirez plein de choses. Mais du coup, merci. Merci et bravo à tous les deux, et à toi. Et merci de venir témoigner de tout ça.
- Speaker #0
Merci. Je ne l'ai peut-être pas assez dit, mais pour moi, en fait... Ton podcast m'a quand même beaucoup soulagé. Je pense que tout à coup, j'ai eu l'impression que c'était presque scientifique de se dire qu'il y a des actions qu'on peut faire, pas à pas. Justement, il est arrivé à un moment où... ça donnait une vision sur une porte de sortie et c'est sûr que ça a grandement participé de la guérison. J'aurais presque eu besoin aussi d'échanger peut-être avec une spécialiste comme toi, mais en fait, la... Moi, j'ai un rapport peut-être compulsif au podcast, mais quand j'en commence un et que le contenu m'accroche, je peux avoir une tendance à vraiment le binger pendant des heures. Et clairement, c'est une mine d'or pour tout le savoir qu'il y a. Et par rapport au proche, c'est vrai que... Les parents de Manisha sont deux personnes géniales et souvent, c'est pas qu'ils ne voulaient pas comprendre, c'est qu'ils n'arrivaient pas. Et en fait, souvent, son père m'a dit, mais on ne comprend pas. Pourquoi ? Mes parents aussi, pareil, ils me disaient, mais c'est bizarre Manisha, comment elle peut avoir des problèmes avec la nourriture, elle est tellement fine et tout. et internet. Oui, en fait, c'est une vraie maladie qui existe avec ses vrais symptômes. Mais en fait, tout ça, c'est documenté et c'est accessible. Et en fait, il faut faire cet effort. Et je ne dis pas qu'ils ne voulaient pas faire cet effort, mais en fait, oui, il y a un moment où il faut quand même trouver les bonnes ressources. Donc, merci beaucoup pour… Écoute, avec plaisir.
- Speaker #1
c'est très touchant pour moi aussi de savoir que j'ai eu une place tu vois c'est à la fois je trouve ça drôle de me dire ah vous m'avez tous les deux écouté et à la fois c'est très très touchant de savoir que j'ai eu une place dans ce parcours là pour chacun d'entre vous pour vous deux C'est trop chouette, mais j'avais envie de souligner aussi que, ben ouais, c'est cool et je suis très contente de savoir que mes contenus aident et que tout ce que je mets à disposition, ça a une vraie valeur. Mais encore faut-il avoir envie d'aller la chercher, cette valeur. Et donc, c'est ça que je voulais souligner. C'est que, voilà, on me demande souvent comment agir en tant que proche. Et c'est une question qui est trop vaste. Tu vois, je ne peux pas juste dire, ah ben, il faut se comporter comme ça. Parce qu'en fait, c'est toujours... que de la nuance, c'est-à-dire que je ne suis pas sûre que trop en faire, ça peut être aussi délétère pour la relation, et je crois que ça, moi je l'ai beaucoup entendu dans ce que tu as dit, tu as parlé de protéger la relation, prendre soin de cette relation, et prendre soin de la relation, c'est aussi faire exister autre chose que le trouble alimentaire. Ça c'est trop dur. Mais en même temps, à un moment donné, je pense qu'en tant que proche, il faut qu'il y ait une forme d'investissement. Ça dépend de la place qu'on a envie de prendre. Mais quand les gens viennent me dire comment me comporter, c'est qu'ils veulent. Et l'investissement, il va passer par le fait d'aller se nourrir en dehors de la relation. Aller chercher des infos au soi, aller se questionner sur soi. Mais je le redis, tout ça, ça peut être très inconfortable. Et c'est pour ça que plein de gens ne le mènent pas jusqu'au bout. Parce que ça nécessite de sortir de son champ de croyance, de... tu vois là quand les gens disent mais je comprends pas, elle est fine, pourquoi elle a des TCA, tu vois ça montre qu'il y a une grosse méconnaissance du trouble donc il faut aller chercher, mais en tout cas voilà je vais pas me répéter mais merci, merci merci à vous deux parce que c'est aussi une démarche, enfin vous venez témoigner chacun de votre côté sur le podcast et du coup c'est pas rien non plus ça Donc, merci à tous les deux. Et voilà, aujourd'hui, merci à toi pour le temps que tu m'as accordé, pour la confiance, la confiance aussi que tu m'as accordée en écoutant mes contenus pour t'aider, mais la confiance que tu m'accordes en venant livrer aussi ces morceaux de vie qui ne sont quand même pas faciles.
- Speaker #0
Avec plaisir. Et pour moi, c'était un peu le... C'est presque le minimum que je puisse faire de te rendre ça, en fait, qui est un témoignage que je...
- Speaker #1
et s'il permet d'enrichir tous tes contenus et d'aider d'autres après c'est super c'est une super plateforme que tu as merci beaucoup et merci de soutenir le podcast de cette manière là je trouve que c'est très chouette aux personnes qui nous écoutent n'hésitez pas si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez des questions ou si vous avez exactement comme Yacine c'est genre le podcast vous aide vous dites ah j'aimerais aussi pouvoir redonner quelque chose bah ouais un témoignage c'est une belle façon de redonner aussi parce que c'est clair que ça amène de la richesse chaque histoire est tellement différente que voilà n'ayez pas peur de venir témoigner et garder en tête que vraiment ce moment l'échange qu'on a là ensemble bah derrière c'est de l'aide apportée à plein de personnes ça c'est trop beau quoi Merci. Merci beaucoup, en tout cas,
- Speaker #0
et à bientôt.
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches, mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible, et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !