Speaker #0Bienvenue dans ce nouvel épisode du Pas de Côté. Aujourd'hui, j'ai envie de vous proposer qu'on se décale des réseaux sociaux. Et ça, c'est pas nouveau, mais un peu plus particulièrement de ce que vous voyez sur les réseaux en termes de nourriture. J'explique un peu le contexte. Pourquoi j'ai envie de vous proposer ça aujourd'hui ? Eh bien, parce que là, c'est très d'actualité. Hier, j'ai fait des stories sur le... Un message qu'une personne m'a envoyé sur Instagram après avoir vu un de mes petits déj. Et qui du coup remettait en doute le fait que je puisse réellement être guérie des troubles alimentaires en voyant ce que je mange. Et bon, je ne vais pas revenir sur... Parce que les messages, là je ne les donne pas entièrement, mais le message était quand même assez violent pour tout dire. Et l'idée, ce n'est pas de revenir sur le contenu, revenir sur ce que j'en pense et ce que j'ai pu dire parce que j'ai déjà fait sur Instagram, mais c'est plutôt que ça m'a fait plus globalement réfléchir à ça. Sur le côté, je vois ce que mangent les autres sur Instagram, cette croyance-là. J'ai trouvé ça assez surprenant parce que je partage assez peu ce que je mange. où c'est des bribes par-ci par-là, genre là... Parce que c'était vraiment un truc particulier ce petit-déj. À d'autres moments, j'ai pu montrer aussi d'autres petits-déj justement pour casser des idées reçues sur le fait qu'on ne devrait pas manger sucré le matin et donc des céréales. Voilà, mais globalement, je ne partage pas. C'est-à-dire que vous ne verrez jamais les fameux contenus « What I eat in a day » sur mon compte. C'est vraiment un choix que je fais de ne pas montrer ça. Et du coup, voilà, on voit très peu. Et pour autant, cette personne... a cru pouvoir dire, ok, je vois ce que tu manges, je vois ce que tu manges et je sais ce que tu fais comme sport. Et là, c'est pareil, en sachant que je suis dans une phase où je partage quasiment rien sur la course à pied, et c'est volontaire, d'ailleurs, tout est réfléchi, c'est-à-dire que, vraiment, c'est ça le pire, c'est que c'est volontaire pour vous préserver, justement parce que je connais ce piège-là de tomber dans, ok, je sais comment elle vit, elle mange, elle bouge. Et donc quoi, je vais aller regarder son corps et comment elle est. Enfin, il y a quelque chose de très malsain derrière ça. Et en fait, j'avais vraiment envie de vous inviter à faire un pas de côté parce que vous avez beau être des adultes intelligentes, eh bien, je suis persuadée que parfois vous vous faites avoir par ces comparaisons sur Insta et par l'idée que vous pensez... Enfin, comment dire ? Savoir ce qui se passe ou... Vous pensez avoir accès à la vérité en regardant les réseaux. Ou pas forcément la vérité, mais en tout cas la totalité. C'est peut-être plutôt ça. En fait, on parle du biais beaucoup parasocial, qui est l'impression qu'on connaît les gens quand on les suit sur les réseaux. Moi, la première, ça me fait ça. Et je me rends compte que ça crée ça aussi chez vous, à mon égard. C'est-à-dire que vous me suivez sur les réseaux, vous m'écoutez sur le podcast, et donc vous avez l'impression vraiment de me connaître. Ce qui n'est pas complètement erroné, en réalité, puisque vous connaissez quand même une partie de moi. Et je dirais que via le podcast encore plus, vous connaissez plein d'opinions, vous connaissez des titres de langage, plein de choses chez moi. Mais ce n'est pas parce que vous voyez une sortie de course à pied ou un petit déj et puis un jour une photo d'un dîner au resto que vous savez comment je vis, comment je mange, quelles sont mes habitudes de vie. Et en fait, même si... Je suis sûre qu'en m'écoutant, vous vous dites « Oui, mais bien sûr, je le sais » . Ben oui, vous le savez, mais je pense que vous vous faites avoir. Je pense que cette personne-là, c'était un peu extrême, ses commentaires, mais malgré tout, elle représente quelque chose sur le fait qu'on voit des trucs qu'on généralise et on en tire des conclusions et surtout, derrière, on s'y compare. Et j'avais vraiment envie. de vous inviter à faire un énorme, énorme pas de côté avec ça, et à vous dire que non, vous ne savez pas comment mange une autre personne, et donc raison de plus de ne pas vous y comparer. Déjà, dans l'idéal, franchement, ne vous comparez pas par rapport à la façon de manger des autres, mais encore plus là, via les réseaux. Donc voilà, et... Ça, c'est vraiment une première partie de mon propos qui est, attention, en fait, vous ne voyez pas tout, etc. sur les réseaux. Et l'autre partie, c'est arrêter de chercher la normalité à l'extérieur, en fait. Parce que votre recherche derrière ça, c'est, attends, comment elle mange, elle ? Ah ouais, et elle fait du sport. Elle fait quel sport ? Et elle en fait combien de fois par semaine ? Et dans le but d'avoir comme des repères. Sauf que si vous êtes dans une relation... conflictuelles à l'alimentation et à votre corps, vous manquez sûrement de repères internes. Et ça fait sûrement longtemps que vous cherchez des repères externes. Des repères qui vont venir vous dire comment vous êtes censé manger, à quelle heure, en quelle quantité. Et recherchez ça sur les réseaux, regardez ce que mange une telle, une telle, pour savoir si vous êtes dans la normalité, si vous devriez ou non. C'est un énorme piège parce qu'en fait ça renforce une partie du trouble qui est le fait d'être complètement déconnecté de soi et de chercher tout le temps à se référer à l'extérieur. Donc ça me semblait aussi hyper important de vous le dire. Et puis aussi un autre rappel, et vous le savez si vous êtes sur les réseaux, c'est que vous allez tomber sur mille et un conseils différents. Si vous commencez à chercher dans les routines des autres, une influenceuse va vous dire « Ouais, c'est super, il faut surtout arrêter le sucre, notamment le matin. Moi, je mange des petits-déj protéinés. » Sauf que, parenthèse, mais si vous détestez ça ou si vous ne le digérez pas. Genre moi, si on me fait manger des... j'adore les oeufs, et genre j'adore les oeufs brouillés, mais si je mange ça au petit-déj, je ne digère pas. Après, je ne suis pas bien toute la matinée, j'ai ça sur l'estomac. Donc ok, super, c'est peut-être génial de manger un petit-déj protéiné le matin, mais en fait, ça dépend pour qui, comment, voilà. Donc déjà, il y a votre réalité à vous, en termes d'envie, de plaisir et de digestion. Et puis surtout, une autre influenceuse va venir potentiellement vous dire... complètement l'inverse. Donc méfiez-vous aussi de ça. J'ai l'impression que ça de le répéter souvent. Et puis en plus, je sais que je m'adresse à une catégorie de personnes « éduquées » dans le sens « habituées au réseau » . C'est-à-dire que vous êtes des personnes adultes et vous avez l'habitude de tout ça. Mais encore une fois, je l'ai dit plusieurs fois dans cet épisode, malgré ça, on, et je m'inclus dedans, on peut se faire vraiment avoir par tous les biais. dans lesquelles nous enroulent les réseaux. Donc voilà, rappelez-vous de ça. Le fait qu'on trouve tout et son contraire, et que si vous commencez à vous dire « ce serait cool que je suive les conseils que je trouve » , vous allez tomber folle, parce qu'en fait, il y aura tout et son contraire, et vous ne saurez plus comment faire. En plus de ça, ce n'est pas forcément ce qui va vous convenir. Et puis surtout... Si vous avez besoin d'apaiser votre rapport à l'alimentation et la relation à votre corps, vous avez besoin de revenir à vous et donc d'être dans une écoute et de suivre vos besoins, d'écouter ce que vous dit votre corps et de tester des choses pour vous. Pas de chercher des repères à l'extérieur et de vous dire ok qu'est-ce qui est normal, comment je suis censé faire, etc. Donc voilà, quand vous voyez du contenu, donc moi la première, c'est vrai que... Je ne mets jamais de ce que je mange sur toute ma journée, mais c'est vrai que parfois je vais poster une photo d'un McDo, d'un petit-déj, d'un... voilà. J'essaie de le faire avec parcimonie, mais ça me semble important de le faire parce que je veux normaliser certains aliments, des aliments notamment qui sont diabolisés, mais je ne veux pas non plus que poster ça. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas ça la guérison d'un TCA, je ne passe pas mon temps à manger gras sucré. Oui, je mange des aliments que vous pourriez qualifier parfois de healthy. Et bien sûr, c'est normal, mon alimentation, elle est très variée. Et du coup, je vois bien que si je publie ce genre d'aliments, alors là, d'un coup, on a peur que je sois en restriction, on se demande si vraiment je suis guérie. C'est intéressant de voir comme la binarité face aux aliments ressort tout de suite. Donc voilà, en fait... C'est important, je pense, de prendre du recul sur ce que postent les personnes, moi y compris. Et de vous dire qu'en voyant un plat, vous ne savez pas comment mange cette personne. Et je pense à des comptes de nanas, de fit girls, de personnes qui semblent quand même pas mal en restriction pour certaines. Ne vous fiez encore moins à ça, parce que les personnes, elles postent ça. Franchement, il n'y a aucune garantie qu'elles le mangent. Il n'y a aucune garantie qu'elles ne se fassent pas vomir derrière. Il n'y a aucune garantie qu'elles ne se soient pas privées pendant 24 heures pour manger ça. Enfin, vous voyez... C'est toujours complexe. Donc voilà, prenez du recul. Prenez ce qu'il y a à prendre, en fait. Voilà, comme pour tout, prenez ce qu'il y a à prendre. Dans le contenu des autres et dans mon contenu. Et laissez ce qui vous dérange et ce qui vous met mal. Et d'ailleurs, c'est valable pour tous les comptes, y compris le mien, vraiment. Si mon compte Insta vous met pas bien, bah franchement, désabonnez-vous, quoi. Ou mettez-le en sourdine, ou... Je sais pas, mais... Il ne faut pas se créer du mal-être avec des comptes Instagram. N'hésitez pas d'ailleurs aussi à me dire ce que vous en pensez de tout ça, de toutes ces questions de partage de plats, de repas, de nourriture. Est-ce que c'est quelque chose qui vous aide quand je le fais ? Ou est-ce que c'est quelque chose qui au contraire vous met mal à l'aise ? Je serais curieuse d'avoir vos retours par rapport à ça. N'hésitez vraiment pas. En toute bienveillance, bien sûr, je compte sur vous pour que ce soit des messages sympas et constructifs. Voilà, j'espère que j'ai réussi à vous transmettre ce que je souhaitais avec cet épisode de pas de côté sur les repas des unes et des autres sur Instagram. Et sur la nécessité vraiment de vous mettre au centre de tout ça. Et lâchez cette idée de convenir à une normalité en vous écoutant, en revenant vraiment à vous. Vous allez voir que vous allez pouvoir trouver un équilibre qui, étrangement, n'a pas besoin de se baser sur la voisine, l'instagrammeuse ou autre. Voilà. Sur ce, je ne sais pas si vous entendez les petits oiseaux chanter derrière moi. C'est très sympa, mais il fait super froid. Donc je vous remercie de m'avoir fait faire cette petite balade parce que franchement je ne serais pas sortie marcher aujourd'hui sans vous et sans la nécessité de faire ce pas de côté. Et je n'arrête pas de le dire à qui veut l'entendre que c'est important d'aller marcher. Donc merci à vous de m'amener cette petite routine. Et puis moi je vous dis à très bientôt. Merci pour votre écoute, vos commentaires, tout ça tout ça. Et puis prenez soin de vous autant que possible.