Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc. le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.m TCA. Très belle écoute ! Salut salut, bienvenue dans ce nouvel épisode d'un pas de côté. Ce pas de côté que je vous propose de faire avec moi le lundi matin. C'est donc un nouvel épisode où je suis partie marcher et j'ai envie de réfléchir à un sujet avec vous. Et ce sujet n'est autre que l'acceptation de grossir. Nous sommes au mois de janvier et c'est souvent le début d'une période plus complexe pour moi, qui perdure souvent jusqu'à l'été. Je m'observe d'année en année et je me laisse aussi la possibilité de voir que les choses évoluent différemment d'une année sur l'autre. Mais j'observe quand même que le mois de janvier est souvent très difficile pour moi. Ce que j'observe, c'est que je crois que j'ai un très très gros besoin de ralentir et qui entre en contradiction totale avec tout ce que nous impose notre société. Et le fait d'être toujours dans un rythme égal de production, d'activité, de plein de choses... Mais je crois que je suis dans un fonctionnement très archaïque, qui me semble normal, avec des journées qui sont très courtes, avec le froid... avec l'humidité et tout ça qui fait que j'ai plutôt envie d'être chez moi à pas faire grand chose et donc j'observe d'année en année que plus je lutte pour me fondre dans le moule, plus c'est compliqué pour moi donc déjà je vous donne là une piste si c'est votre cas peut-être une piste de réflexion et puis une possibilité d'agir en se disant que dans la mesure du possible parce qu'on est tous et toutes soumis à pas mal d'obligations Dans la mesure du possible, d'accepter de ralentir. Peut-être de travailler moins, peut-être de gagner moins d'argent. Voilà encore une fois dans la mesure du possible. Et donc pour me sentir mieux, mais pour revenir au cœur de notre sujet, l'idée c'est que j'observe qu'en janvier il y a ça qui commence, mais souvent il y a vraiment une période très compliquée pour moi autour du printemps. Je ne sais pas pourquoi. Mais ce que j'observe, c'est que c'est normal, c'est un tout. va avec ça un besoin plus élevé de manger par réconfort et donc ça va passer par des envies qui vont être un peu différentes avec aussi des syndromes prémenstruels qui sont plus marqués, plus forts et qui peuvent durer un peu plus longtemps. Et donc dans mes syndromes prémenstruels c'est vraiment, par exemple ce sont les seuls moments du mois où moi je mange de la pâte à tartiner et j'adore ça dans ces moments là et donc c'est complètement ok, c'est cool. Mais du coup, avec le fait d'avoir besoin d'en manger peut-être plus souvent, peut-être plus, avec des moments dans la journée où je vais ressentir le besoin de manger quelque chose par pur réconfort, ce qui en dehors de tout ça est assez rare pour moi. Donc mon comportement alimentaire se transforme un peu. J'observe aussi que j'ai plus le besoin de me sentir bien remplie au niveau de l'estomac. Je peux aussi dans ces périodes-là avoir plus de difficultés à stopper le repas. Encore une fois, c'est un tout. C'est pour ça que je vous précisais ce qui se passe pour moi cette période-là. C'est qu'on ne peut pas dissocier le comportement alimentaire de tout ce qui se passe autour dans la vie. Et du coup, forcément, si c'est plus difficile pour moi, si j'ai plus une tendance à me sentir déprimée, si je me sens un peu plus démotivée, si je ressens plus de frustration, moins de plaisir dans mon quotidien, bon ben forcément ça va jouer des choses sur mon comportement alimentaire et sur le plaisir que je vais rechercher dans mon alimentation. Donc voilà, tout ça c'est très clair en fait sous mes yeux et donc je ne suis pas en lutte contre ça. Mais du coup comme je ne suis pas en lutte... Je sais une chose, c'est que c'est une période où je vais prendre du poids. Alors, si vous me suivez depuis des années, sans doute vous allez dire « Bah attends, oui en même temps, c'est quand même pas une grosse prise de poids parce que moi je l'ai pas vue, je te suis depuis des années sur Insta, bon même si je suis pas là à m'afficher en souhaitement au maillot de bain sur Insta. » Voilà, peut-être que vous pourriez vous dire ça. Et donc effectivement, mais quand même, m'est venue ce matin cette réflexion de me dire « Mais... Finalement, peut-être que j'ai toujours traversé ces phases là quand j'avais des troubles alimentaires. Mais comment ça se passait pour moi ? Bah en fait c'est simple, j'étais incapable de faire ce pas de côté justement et de me dire ben c'est ok je vais prendre du poids. Pourquoi j'en étais pas capable ? Parce que ma valeur était extrêmement reliée à l'image de mon corps, parce que j'avais l'impression que c'était le pire truc qui puisse m'arriver mais surtout, et je pense que ça va vous parler, parce que... J'avais peur que ça ne s'arrête pas. Il y avait cette idée que si je commence à grossir, quelle garantie j'ai qu'à un moment donné, ça va s'arrêter ? Est-ce que ça ne va pas continuer comme ça ? Ad vitam aeternam. Et d'ailleurs, j'avais même plutôt cette sensation-là que soit je contrôlais tout ce que je mangeais, soit je grossissais sans m'arrêter jusqu'à peut-être même en mourir, j'en sais rien, ça va peut-être paraître extrême comme réflexion, mais pour moi c'était vraiment ça. Et donc, aujourd'hui, c'est ça qui est très différent. Et c'est très différent parce que j'ai expérimenté. J'ai expérimenté le fait que mon corps bouge au fil des saisons et que ce corps-là, il bouge en lien avec une façon d'habiter ce corps aussi au fil des saisons, c'est-à-dire une façon de vivre émotionnellement, de traverser la vie, d'être plus ou moins bien, heureuse, épanouie, enfin il se passe plein de choses. Et que forcément, mon corps, il suit, puisque le comportement alimentaire bouge. Et que ce n'est pas un problème. Et que c'est le fait d'arrêter d'être en lutte et d'accepter ça qui me permet de traverser ça. Et puis, j'ai envie de vous préciser quelque chose. Moi, je ne sais pas à quoi ressemblera mon corps demain, dans 5 ans, dans 10 ans. J'en sais rien du tout. J'avance avec une forme de confiance, même si dans le fond, j'en sais rien. Peut-être que cette fois-ci... Je vais me mettre à prendre du poids et puis que ça va plus s'arrêter. En fait, j'en sais rien. De toute façon, on n'a jamais la garantie de rien. Mais c'est ok pour moi d'accepter de prendre du poids. Je ne suis pas en train de dire que ce sera forcément agréable, mais c'est ok. Parce que le corps change, le corps bouge et c'est normal, tout bouge. Moi je suis contente à 40 ans de plus être la personne que j'étais quand j'avais 16 ans, 20 ans, 25 ou même 30 ans. Alors pourquoi est-ce que je voudrais à tout prix avoir un corps figé d'une telle époque ? Mon corps, c'est aussi le reflet de qui je suis, de comment je vis dedans, de comment je bouge, de comment je me nourris, de comment je dors, de si je bois de l'alcool ou non, de tout ça, Et c'est vraiment aussi le reflet de... Ouais, en fait, je me répète, mais de comment je vis dedans au sens aussi pensée, au sens relâchement ou crispation sur certaines choses. Donc ouais, j'avais envie de vous transmettre ça parce que ça m'a fait un peu un tilt ce matin quand je pensais à ça, quand je réfléchissais à ça. Je me disais mais en fait c'est vraiment ça la différence fondamentale avec avant quand j'avais des troubles alimentaires. C'est le fait de se dire... Je ne sais pas si vous entendez les petits oiseaux, c'est trop mignon. C'est le fait de se dire ok, j'ai le droit, c'est ok et je laisse la possibilité à mon corps... de grossir, de prendre plus de place, si à ce moment-là c'est ce dont j'ai besoin, ce dont il a besoin. Et c'est complètement ok en fait. Et c'était ça qui était... Je suis sûre que je traversais déjà ces phases-là, à l'époque quand je souffrais de troubles alimentaires. Je suis sûre que... En fait j'ai pas trop de traces écrites de ça, faudrait que je fouille quand même, mais je serais pas étonnée de voir que les pires périodes de crise... C'était dans ces phases là en fait, j'ai l'impression que ce truc cyclique il me suit depuis très très très longtemps J'arrive pas trop à mettre de sens. Peut-être qu'il y a des événements que j'ai oubliés, ou je sais pas, qui font qu'il y a un truc... Parce que je me sens un peu à l'inverse des autres gens, où j'ai plutôt l'impression que c'est à l'arrivée de l'automne et au tout début de l'hiver, donc plutôt octobre, novembre, décembre, où les gens sont comme ça. Mais moi, pas du tout. Ces phases-là, c'est plutôt généralement des bonnes phases pour moi. C'est plutôt à des gringolades autour de janvier, et puis après, Et puis après, avec un gros pic aussi en mars-avril. Donc voilà, je vous raconte ma life. Mais je ne serais pas étonnée de constater que finalement, quand j'avais des troubles alimentaires, les pires moments étaient aussi à ces mêmes phases. Et puis que j'avais peut-être des moments plus d'accalmie. Peut-être même où j'avais l'impression que ça y est, finalement c'est bon, c'est réglé. Dans des phases qui sont toujours aujourd'hui plus simples. Et que finalement, la différence entre à l'époque et aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas de crispation en fait. Il y a de la flexibilité. Et bien c'est ok, j'accepte que ça fait partie de ma vie. Et je me suis dit que c'était intéressant de vous parler de ça aussi. J'ai l'impression que c'est un peu un épisode fourre-tout. Mais j'avais envie aussi de faire un épisode, je le ferais quand même peut-être un jour plus poussé là-dessus. Sur le fait qu'accepter de remanger tout, accepter de manger, ce n'est pas dans le but d'être sûre de ne plus en manger après. Des fois, j'ai l'impression que c'est ça. Ah oui, bon, j'ai bien vu qu'il fallait que j'accepte de manger du chocolat. Ok, je vais en manger plein, mais moi, mon but derrière, c'est de ne plus en avoir envie. Ben non, en fait, je veux dire, le truc, c'est que tu vas guérir des troubles alimentaires, tu ne vas plus être obsédé par le chocolat, mais tu vas avoir besoin et envie d'en manger, et peut-être régulièrement. Et en fait, c'est ça. Aujourd'hui, il y a une forme d'acceptation, de flexibilité, et que, ben voilà... Ça permet que ça parte plus en crise, ça permet que ça se fasse quand même dans un équilibre global en fait et une prise en soin de moi-même aussi globale. Il y a un petit chat qui me miaule dessus. Oui c'est pourquoi ? Bonjour ? Petit chat tu voudrais parler à mon micro ? Le petit chat n'a pas voulu vous parler. Sur ce je pense que je vais terminer ma petite balade là-dessus. J'espère que cette petite réflexion, ce petit pas de côté que j'ai eu envie de faire et que j'ai eu envie de vous inviter à faire aura pu vous éclairer ou faire naître peut-être des petits questionnements dans votre esprit, puisque c'est le but, bien évidemment. N'hésitez pas à me faire vos retours ou à me donner des thèmes, des envies, des choses que vous aimeriez entendre sur le podcast ou voir sur Instagram. Je vous retrouve bientôt avec plaisir et puis d'ici là... vous le savez, prenez soin de vous autant que possible Bye