Speaker #0Peut-être que vous le pensez vous-même sans qu'on vous le dise, mais il y a une chose qu'on ne comprend pas toujours, c'est comment une femme brillante, créative, compétitive, pleine de compétences finalement, peut oublier des rendez-vous très importants, comment elle peut passer à côté de choses qui paraissent simples, comment ces petits couacs peuvent faire de sa vie un véritable enfer. Aujourd'hui, on va essayer de répondre à ça sans détour. Le but étant de vous soulager. Vous écoutez TDAH, au féminin, le cocon. Je vous accompagne dans ce deuxième épisode de la série « Quand mon cerveau déborde » . Dans le premier épisode, on a vu que dans notre cerveau, on avait une centaine d'anglais ouverts. Aujourd'hui, on va voir pourquoi ils ne se referment pas. Et au menu, on va essayer de comprendre pourquoi tout semble urgent, pourquoi vous avez ces couacs. et comment les recadrer tout ça. Dans un dernier épisode, on abordera les pistes concrètes et on passera à l'action. Donc, il y a une véritable contradiction entre ce que vous vivez peut-être tous les jours, c'est-à-dire au travail, vous portez des projets entiers sur vos épaules, vous gérez des choses super complexes, vous avez un cerveau, une pensée en arborescence, vous êtes peut-être... Au-dessus du lot. Les gens vous font donc confiance, vous êtes rigoureuse, en tout cas vous avez envie de bien faire, même trop bien faire. Et pourtant, vous avez tendance à oublier le petit mot de l'école, à le signer. Vous avez tendance à oublier ce fameux rendez-vous ou à répondre à un mail important ou un message ou oublier votre dossier du jour. Beaucoup de contradictions, des contradictions qui peuvent ronger et on tire souvent une fausse conclusion. Généralement, on s'autoflagelle pour ça et on a tendance à culpabiliser. On se dit quelque part, si j'oublie, c'est que finalement je suis quelqu'un qui s'en fiche ou si j'oublie ma fille ou son petit mot ou le goûter dans son cartable, je suis une mauvaise maman et en plus ça va se voir. C'est complètement faux et c'est surtout profondément faux. La vérité, c'est que vous oubliez justement les choses qui comptent. Alors, je m'explique. Les rendez-vous que vous attendez depuis un an, l'anniversaire d'un proche, tout ça, ça va nourrir cette petite voix de « tu es nul, tu n'y arriveras jamais » , ce qui fait que ça met une très très grosse pression. Vous êtes en train de compenser pour des... petites choses de tous les jours, des petites choses qui vous rongent, qui n'ont pas vraiment d'importance, des broutilles, des choses du quotidien. Pensez au repas, pensez à sortir le chien, pensez à ci, à ça. Ce sont des petites choses qui, chez le profil TDAH, demandent beaucoup d'énergie, qui a l'air complètement facile et basique pour d'autres. Votre cerveau a tendance à partir d'antan. tous les sens, avoir une pensée en arborescence qui est très adaptée aux pensées complexes, aux pensées schématiques. On arrive à penser dans la globalité. Donc pour les projets complexes, pour les choses, les grands schémas, c'est beaucoup plus facile plutôt que d'être dans le quotidien à gérer les détails. Là, c'est beaucoup plus compliqué. Donc on a un vrai potentiel pour des choses plus complexes que d'autres ne voient parfois même pas. Et dans les choses extrêmement simples de tous les jours, dans les choses automatiques, certains profils TDAH parlent de choses ennuyeuses, répétitives, plates, sans créativité. Là, c'est un vrai supplice. Donc on voit vraiment une espèce de paradoxe. Encore une fois, je fais des grandes généralités. Chacun est différent, chacun a un mode de fonctionnement différent, mais je vous parle de l'expérience terrain et de ce qui ressort le plus, c'est de mon propre vécu. Donc on a tendance à stresser et à vérifier des petites choses. Des petites choses, finalement c'est comme un petit peu la piqûre du moustique. Ce moustique, il vient vous embêter la nuit, vous piquer, piquer. Il est tout petit, il est sans importance, mais pourtant il peut faire de votre vie un véritable cauchemar. Donc il y a un réel potentiel, il y a des réelles capacités, mais dans le quotidien, ça peut se traduire en succession de catastrophes. Et alors donc, parfois, en voyant tout ça, en constatant tous ces couacs, on peut se demander réellement si on a un problème, si on est bête, finalement, si on a les capacités de faire ce qu'on fait. Et alors, on rentre dans un cercle vicieux d'interrogations. d'interrogation, d'anxiété, de procrastination et même d'abandon. Derrière tout ça se cache quoi ? On va faire appel à la science pour essayer de nous éclairer un petit peu. Si on reprend un peu la mémoire de travail, comme je vous l'ai dit, c'est une mémoire vive. Donc elle sert à quoi ? Elle sert à garder une info active, à la maintenir, le temps de l'utiliser. Ça c'est la mémoire vive. Dans le profil TDAH, pour simplifier les choses, elle a moins de place. Donc dès qu'un onglet est ouvert, entre guillemets je simplifie... un autre pourrait se refermer tout de suite sans prévenir. Et donc, on passe d'une chose à l'autre. Donc, c'est pour ça qu'on a tendance à oublier. Donc, l'information n'a jamais été vraiment sauvegardée. D'ailleurs, je vous ai dit, le cerveau n'est pas fait pour garder trop d'informations. Elle est juste passée, l'information. Et du coup, on peut se retrouver dans des situations où vous ouvrez le frigo. Ça m'est déjà arrivé, ça m'arrive encore pour prendre... Une viande, quelque chose dans le frigo, puis je me fais interpeller par ma fille, puis je suis allée vaguer à mes occupations ou aller aider ma fille à faire ses devoirs et j'ai complètement oublié le frigo ouvert. C'est comme si l'onglet précédent s'était fermé instantanément. Et alors ça peut mener à des situations cocasses ou parfois même dramatiques. Un peu comme un message qu'on lit puis qui disparaît. Ce n'est pas que vous vous en fichez, c'est que l'info n'a pas été enregistrée sur un disque, on va dire, fiable. Et le problème, c'est que vous comptez trop sur votre mémoire vive. Or, la mémoire, ici, ce n'est pas l'outil de confiance. C'est ce qu'il faut retenir. Deuxième chose, la priorisation. Donc, pour beaucoup de cerveaux avec un profil TDAH, tout a le même niveau d'importance. C'est le même niveau d'alarme. Un mail urgent ou la chaussette qui traîne par terre crie aussi fort dans votre cerveau. Il a du mal à prioriser, même si on ne s'en rend pas toujours compte. Donc c'est pour ça qu'on peut se retrouver à faire des choses vraiment sans importance à un moment critique où on devrait faire autre chose. Du coup, le cerveau, il ne sait plus quoi attraper en premier. Et quand tout semble prioritaire, finalement, plus rien ne l'est vraiment. Et alors, on se fige. C'est ce qu'on appelle la paralysie d'action. Ça vous est sûrement déjà arrivé d'être complètement paralysé face à des moments où on est censé être en pleine activité, en pleine agitation. En fait, il y a trop de choses. On est paralysé et on se rend bien compte que tout a l'air d'être important. Et finalement, on procrastine, on se pose dans son canapé, on regarde Netflix ou on ne fait rien. Ou alors on commence à se poser un milliard de questions et c'est là où rien ne va plus. Et puis il y a le démarrage. Les chercheurs parlent souvent du « task initiation » . Ça veut dire vraiment que c'est la difficulté à enclencher, à démarrer. C'est aussi une question de dopamine dans le cerveau. Le neurotransmetteur du démarrage, c'est un peu comme si le moteur était calé, qu'on avait du mal à le lancer. Encore une fois, ce n'est pas parce qu'on manque de dopamine, c'est qu'elle est dysrégulée. Donc elle peut être trop forte à un certain moment. avec des freins qui ne fonctionnent pas bien, donc être dans l'impulsivité, comme les achats impulsifs, ou d'autres fois, on a du mal à se lancer sur un projet, mais dès qu'on est lancé, parfois on n'arrive même pas à s'arrêter, on rentre en hyper focus. Donc c'est vraiment doser entre l'accélérateur et le frein. C'est vraiment ce qui est caractéristique d'un cerveau profil TDAH. Et encore une fois, ça n'a rien à voir avec de la paresse-paresse, mais c'est plutôt un mécanisme du cerveau. Alors écoutez bien, ce qui est très important, c'est que rien de tout ça n'est une question d'intelligence pure, rien. Et c'est là que se font les fausses croyances. Donc ce n'est pas une question d'intelligence, mais c'est une question de fonction exécutive, comme je vous ai dit, dans votre cortex préfrontal. C'est vraiment le chef d'orchestre, ce n'est pas les musiciens. Donc les compétences, elles sont là. Vous avez les compétences, vous avez sûrement une intelligence qui est là. Il ne faut pas en douter, voire plus haute que la moyenne, mais c'est vraiment une histoire de coordination, d'exécution, de planification et de hiérarchisation. Et vous avez besoin de ce coup de pouce, vous avez besoin de ce coup de main. Et on l'a vu, le coup de main, c'est les aménagements, c'est le fameux deuxième cerveau, comme je l'explique dans la formation Sortez du chaos, la formation d'organisation que vous retrouverez sur le site, c'est vraiment... se construire un cerveau externe. C'est vraiment une béquille externe fiable sur laquelle on peut compter. Comme la recherche, elle le résume très bien. On ne vous demande pas plus de volonté. Ce n'est pas une question de volonté, mais c'est une question de système plus fiable. D'ailleurs, la volonté, elle finit par se fatiguer. On peut être motivé un jour et pas le jour suivant. Donc, si on compte sur notre motivation, sur notre volonté, sur la fluctuation de la dopamine, et je vous renvoie aux épisodes sur les hormones, Il y a certains jours du mois, surtout quand vous avez une chute d'oestrogène, où la motivation n'est plus vraiment là. C'est une question hormonale aussi. Puis vous avez les périménopause, la ménopause. Vous avez plein de moments dans votre vie où la biologie va jouer un petit peu contre vous. Par contre, ce qui est fiable, c'est le système. Lui, il reste, peu importe. Que ce soit agenda, que ce soit numérique, digital, peu importe. une fois que vous avez... construit un système, c'est lui qui travaille pour vous. Et aujourd'hui, on a pléthore d'outils, mais comme je le disais dans l'épisode précédent, le gros challenge et le gros risque, c'est d'aller essayer d'en faire trop, d'utiliser trop, de trop complexifier. Plus vous avez d'outils et plus ça demande de l'attention et plus ça vous bouffe de l'énergie. On verra dans un troisième épisode comment faire efficace et simple. Donc il y a une nuance, toujours, n'oubliez pas que si vos oublis s'accompagnent d'une grande détresse morale, de bouleversements dans votre sécurité au quotidien, là on dépasse le cadre simplement de ce que je vous raconte. Quand les émotions sont trop fortes, quand on a des idées noires, quand on ne sait plus, quand on étouffe, là il faut vraiment consulter un professionnel, un médecin, et faire un bilan, voir... s'il n'y a pas un symptôme dépressif, s'il n'y a pas de l'anxiété généralisée. Et là, voilà, c'est autre chose. Pour le reste, quand c'est encore gérable, que vous avez un travail de fond à faire et que vous vous rendez compte, vous faites le bilan un petit peu de votre vie, que vous vous rendez compte que comme ça, vous ne pouvez pas continuer et que vous avez la force d'entamer ce nouveau chapitre, à ce moment-là, on peut mettre des choses en place, des aménagements et trouver des solutions. Donc attention, quand il y a des idées noires, on garde en tête qu'il faut absolument partager, déposer avec un professionnel de la santé. Donc, gardez cette petite alarme dans votre tête. Puis, les pistes. J'ai consacré un épisode spécifique aux pistes, c'est le dernier épisode de la série, mais on peut déjà... Pour un premier recadrage, c'est se dire j'oublie, c'est une chose, ce n'est pas une mauvaise volonté, ce n'est pas que je m'en fisse, ce n'est pas un défaut de caractère, mais c'est simplement le signe que ma mémoire de travail, elle est saturée. Et donc la prochaine fois que vous avez un couac, que vous oubliez, que vous êtes face à une situation gênante, le bon réflexe... c'est, au lieu de se dire « je suis nulle, j'ai encore foiré, je ne sers à rien » , comme j'ai déjà entendu, c'est plutôt que « tiens, l'information n'a pas été sauvegardée au bon endroit, et donc mon système ne fonctionne pas, et c'est à ce moment-là que je dois ajuster » . Évidemment, on a toujours notre part de responsabilité, mais entre ce que j'entends, c'est « je suis nulle, je ne vaux rien, ils avaient raison » , et l'autre version, « tiens, je dois travailler sur un système » . de cerveau externe, je dois me prendre en main, je dois chercher, je dois m'outiller, je dois apprendre. Vous voyez, il y a un fossé. Donc, on ne juge pas d'autres personnes, mais on juge plutôt les outils et notre façon de faire. Mais pas notre propre personne. C'est important de faire la distinction. Donc, on n'est pas nul, c'est simplement le système qu'on a qui ne convient pas. Surtout qu'on est dans une société qui demande beaucoup, Et ça, il faut le rappeler. Donc, on est dans une société compétitive. Il y a le regard des autres. Il y a les réseaux sociaux qui nous donnent une image à l'abri d'Undercamp à laquelle on doit ressembler, être la femme parfaite, la maman parfaite, la bonne copine. Et tout ça, faire du sport, bien manger, avoir une carrière. Donc, tout ça, c'est énorme. Profil TDAH ou pas, les standards. de la société actuelle sont très hauts. Ce qui explique qu'il y a beaucoup de cas de dépression, de burn-out, etc. Donc c'est très important de dédramatiser. Deuxième chose, quand je vous parle de deuxième recadrage, c'est que si tout vous semble urgent, ce n'est pas vous qui dramatisez. C'est le signe qu'à ce moment-là, votre cerveau est en surcharge. C'est ces moments typiques où vous avez l'impression que vous n'avez pas passé ce coup de fil, vous n'avez pas payé votre facture d'électricité, que tout arrive en même temps. que c'est un drame, vous vous mettez à pleurer. Parfois, on peut vous dire, mais nos stress, c'est pas grave. Tu as juste oublié le goûter de ton enfant, tu as juste oublié un dossier. Ça peut arriver à tout le monde. Sauf que chez vous, vous le redoutiez. Vous le redoutiez. Et en plus, vous avez travaillé pour éviter ce couac là. Vous êtes toujours sous tension. Et le fait de quand même avoir ce couac là, vous êtes extrêmement déçus. extrêmement déçus et vous avez l'impression que les autres... vous juge par rapport à ça. Mais vous, vous mettez la pression. Donc, deuxième chose, tout vous semble urgent. Troisième chose, et c'est peut-être le plus utile, on en reparlera, une information ou un rendez-vous, une information écrite, c'est une info qui est sauvée. Donc c'est comme une promesse mentale. Donc c'est vraiment une info qui ne sera pas A partir du moment où on l'externalise de notre cerveau, qu'elle est physiquement présente, qu'elle soit notée dans un agenda ou dans un système ou une notification, c'est comme si vous la déchargiez de votre cerveau, vous libérez de la bande passante et elle existe vraiment, elle est matérialisée. Après, si on ne fait pas attention au rappel, si on ne relie pas son agenda, c'est autre chose. Mais la première étape, c'est vraiment de ne pas le garder en tête. d'avoir un système dans lequel on a confiance et de le noter. Le fait de le noter, ça existe vraiment, ça se matérialise. On va voir que pour le cerveau, il y a vraiment quelque chose qui se fait. Donc ça, c'est les trois premières pistes. Et dans le prochain épisode, on abordera vraiment une espèce de process, une boîte à outils. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à dire, c'est pour ça que je fragmente les choses. pour pouvoir justement essayer de libérer cette bande passante et d'arriver finalement à trouver votre propre système de fonctionnement. Encore une fois, chacun est différent. Ce qui marche pour l'un ne marche pas pour l'autre, mais fondamentalement, ce sont les mêmes bases, c'est-à-dire un cerveau externe, un système fiable, un système qui est adapté à notre profil, à notre énergie, etc. C'est un peu ce qu'on fait dans le programme Sortez du chaos. enfin organisées. Je vous mettrai le lien en description. Et une fois qu'on a ce système fiable, qu'on a nos aménagements, qu'on a nos outils, c'est à ce moment-là que la bande passante se libère et qu'enfin, on peut trouver vraiment un équilibre. Donc, voilà, tout ça n'est pas un manque d'intelligence, c'est pas de la paresse, c'est une question neurobiologique, c'est une question de mémoire de travail. Et dans le dernier épisode, donc dans un instant, on va voir comment construire cette solution. Un système simple, fiable, fixe, qui tient dans le temps et qui vous libère de la bande passante. Si vous avez aimé cet épisode, n'oubliez pas de vous abonner au podcast pour avoir les notifications à la newsletter. Et je vous invite sur le site tdahfocus.com où vous trouverez le TDAH au féminin, le cocon, c'est l'espace pour les femmes profil TDAH pour déposer ce... transformer, se transcender plutôt et se construire sa vie idéale. Donc je vous dis à tout de suite. Merci pour votre attention. Si vous êtes une femme au profil TDAH et que vous en avez marre de culpabiliser, TDAH au féminin, le cocon est fait pour vous. Je suis Nora, professionnelle de la santé depuis plus de 17 ans et spécialisée dans le TDAH au féminin.