Speaker #0Vous avez été diagnostiqué à plus de 40 ans, 50 ans, 60 ans, c'est de plus en plus courant. Et encore plus tard, ce que vous ressentez, c'est un drôle de mélange entre la colère, la frustration, l'incompréhension et le soulagement. C'est tout à fait normal, ça porte même un nom, ce que vous vivez n'est pas exagéré, ce n'est pas anormal. On parlera ici dans la série de deux épisodes de tout ce qu'on peut ressentir. déjà la difficulté d'avoir Le diagnostic, une fois que le diagnostic est posé, tout ce qu'on peut ressentir, la légitimité de nos émotions et puis la difficulté d'en faire part aux autres, le regard des autres et le regard qu'on porte sur nous-mêmes. Et dans une deuxième partie, on se posera la question, quoi faire une fois que ce diagnostic est posé, quelles conséquences ça aura sur ma vie et par où je dois commencer tout simplement. Si vous êtes une femme au profil TDAH et que vous en avez marre de culpabiliser, TDAH au féminin, le cocon, est fait pour vous. Je suis Nora, professionnelle de la santé depuis plus de 17 ans et spécialisée dans le TDAH au féminin. Revenons un petit peu en arrière avant ce fameux diagnostic. Si on prend un peu de recul et qu'on analyse les choses, vous vous dites, toute ma vie, on m'a dit que j'étais peut-être trop sensible. que j'étais peut-être trop anxieuse, trop distraite, ou mon caractère tout simplement. Vous, vous pensiez que tout le monde vivait ce que vous viviez aussi, que c'était normal. Donc vous avez forcé, vous avez compensé, vous vous êtes tué, vous avez explosé. En tout cas, vous n'aviez pas encore eu le fameux déclic. Puis un jour, le déclic arrive, que ce soit avec le diagnostic de son enfant, ça arrive de plus en plus souvent. ou à un post Facebook, ou un podcast, un témoignage, ou une émission TV, et là vous êtes dit, cette petite voix vous dit, et si c'était ça ? Tiens, je coche toutes les cases. Puis il y a des détracteurs qui postent juste en dessous du fameux post, ou en commentaire, ah ben c'est l'effet de mode, tout le monde a le TDAH, comme c'est pratique. Donc, sauf que vous, vous vous engagez là-dedans, vous faites un premier pas, le combat commence. Mais le combat, c'est déjà de prendre un rendez-vous. Déjà, on procrastine, on doute. C'est déjà une première montagne. Puis, la deuxième montagne, c'est le budget, le temps d'attente, se renseigner, savoir où prendre rendez-vous, comment, quand, les temps d'attente. Et là, c'est déjà une deuxième montagne énorme. Avec tout ça, vous ajoutez votre fatigue chronique tout le déséquilibre dans votre vie. Quand vous y arrivez, si vous y arrivez, après ce diagnostic, là, c'est une autre paire de manches. Vous devez digérer, avaler la pilule. Et là, c'est compliqué. Donc, vous avez une période de doute, vous remettez même en question ce fameux diagnostic. Est-ce que le TDAH existe ? Est-ce que tout le monde n'est pas un peu comme ça ? Puis quand vous arrivez à l'accepter et que les doutes commencent à se dissiper, là vous rentrez dans une période particulière où vous relisez un petit peu toute votre histoire et vous commencez à vous demander si les différents événements de votre vie n'ont pas été amplifiés par ce fameux profil TDAH. comme à l'école, les études, le couple, job, famille, etc. Et là, vous commencez à comprendre plein de choses. C'est comme un puzzle géant qui commence à se reconstituer sous vos yeux ébahis. C'est très compliqué, ça demande du temps, c'est vertigineux et c'est vraiment un changement énorme dans la vie d'une femme. Puis, il y a la deuxième étape où on se dit, comment je vais l'annoncer aux autres ? On redoute les phrases « Ah, encore un TDAH, ah l'effet de mode, ah t'as dû voir une émission ou un poste, etc. » « C'est encore une lubie de tes lubies » ou « C'est simplement une excuse pour ton bazar » . Et ça, ça fait mal, c'est un coup de couteau qu'on reçoit en plein cœur. C'est extrêmement difficile à vivre parce qu'on est déjà dans une période de remise en question. On doit digérer et on vient avec des phrases comme celle-ci. Je vous expliquerai dans un deuxième temps qu'il ne faut pas leur en vouloir parce que ça restera leur avis, leur point de vue. Si on essaye de changer les autres, tout devient plus compliqué. C'est déjà compliqué de se changer nous-mêmes, de nous aligner nous-mêmes. Si on doit rentrer dans la tête des gens et essayer de les convaincre, ce n'est pas notre job. Ça ne doit pas nous impacter. Le regard des autres reste quelque chose d'extérieur. Nous sommes les seuls maîtres de notre vie. Et les autres ne sont pas un miroir de ce qu'on est réellement. Si vous rentrez dans ce combat-là d'essayer de convaincre les autres, vous êtes perdante. Vous n'avez ni le temps, ni l'énergie. C'est le travail interne qui doit se faire. Le travail à l'extérieur, ce n'est pas votre job. Et puis, tant pis, tant pis. Alors, qu'est-ce que la science dit ? Donc, c'est très important de toujours se référer à des faits, à la science, comme le fait que le TDAH n'est pas une lubie. Le TDAH existe. Depuis plusieurs années, on a les preuves, des preuves IRM au niveau pharmaco. Ce n'est plus du tout quelque chose à prouver. C'est établi, c'est dans les manuels et la recherche avance tous les jours. Donc celui qui est sceptique, c'est simplement celui qui n'y croit pas, qui ne croit pas en la science, tout simplement. Et là, ce n'est plus votre problème. Donc, je vais vous donner une image qui est assez simple. Quand vous recevez un diagnostic tardif, c'est un peu comme si on avait le livre de notre vie entre les mains. Et dans ce livre, vous avez un grand titre, un sous-titre, une introduction. Pendant des années, vous avez lu le mauvais titre, le mauvais sous-titre. la mauvaise introduction, le mauvais résumé. Là-dedans, vous avez le mot paresseuse, bordélique, mauvais caractère, etc. Et le titre n'est pas adapté. Et vous relisez vraiment toute cette histoire. Cette histoire, elle doit se lire différemment. Votre livre doit changer de titre, de sous-titre, d'introduction. Vous relisez votre histoire, mais avec un œil différent. Je ne dis pas que parfois, ce n'est pas un défaut de caractère. qu'il n'y a pas l'une ou l'autre chose, nous ne sommes pas des anges, nous ne sommes pas parfaites, mais en tout cas, il y a plein d'événements dans notre vie, on doit le voir avec un prisme différent. Et là, ça change beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. D'ailleurs, les thérapeutes ou les coachs, quand ils accompagnent des femmes, ils décrivent vraiment un phénomène qui est particulier, surtout quand il y a un diagnostic tardive, c'est ce fameux mélange entre le soulagement, de se dire, finalement, ce n'est pas ce que je croyais. Et puis, il y a aussi un deuxième sentiment, c'est la colère et de la tristesse. De la tristesse parce que pendant des années, on s'est cru nul, idiot, incapable. Et tout ça nous revient comme un tsunami en plein visage. Donc, il y a plein de sentiments qui sont intermêlés, c'est tout à fait normal. C'est vraiment une période. très intense, c'est une période de deuil. C'est un véritable deuil de la personne qu'on était et la personne qu'on est et qu'on deviendra. Donc il y a vraiment un soulagement. Il y a un soulagement. Et le fait que vous ressentiez ça, de la colère, du soulagement, de l'incompréhension, il n'y a rien de plus normal. Et ça, vous devez l'entendre. C'est tout à fait normal de passer par cette phase-là. Le fait d'être soulagé, de pouvoir mettre un mot dessus, d'être très triste pour le passé, en colère pour le temps qu'on a peut-être perdu. Donc, on ressent plein de choses. C'est tout à fait normal et en même temps. On parle de diagnostic tardif. Les autres disent que c'est bizarre. Est-ce que ça a 40, 50, 60 ans qu'on va commencer à diagnostiquer ce genre de choses ? Et si c'était un effet de mode ? Et blablabla. Donc, il faut être clair. La science, les études l'ont mis en avant. Les femmes sont diagnostiquées. tardivement. Elles sont sous-diagnostiquées, on en a déjà parlé. Je vous renvoie à l'épisode numéro 1 du diagnostic de la femme adulte EDH et de ces critères sur lesquels on se base du petit garçon hyperactif. Aujourd'hui, la science et les études sont claires, les femmes sont sous-diagnostiquées. Elles sont diagnostiquées beaucoup plus tard. Vous n'êtes pas une exception si vous êtes diagnostiqué à 40, 50, 60 ans. Je dirais presque qu'on rentre dans quelque chose de tout à fait normal. Il faut bien comprendre aussi que ce n'est pas parce que vous avez un diagnostic tardif, un diagnostic qui arrive tard, que votre TDAH est récent. Je répète, ce n'est pas parce que votre diagnostic arrive tard que votre TDAH est récent. Ça veut simplement dire qu'il n'a pas été reconnu jusque-là. Donc vous n'avez rien inventé, ce n'est pas les réseaux, ce n'est pas les podcasts, ce n'est pas une mode, c'est là depuis des dizaines et des dizaines d'années, c'est prouvé scientifiquement depuis des dizaines et des dizaines d'années, donc il n'y a pas de nouveauté, il n'y a pas d'effet de mode, c'est peut-être plus visible, oui certes, mais ce n'est pas une nouveauté chez vous. Avant d'entamer la deuxième partie, Le deuxième épisode où on va vraiment creuser sur les questions de qu'est-ce que je fais maintenant, une fois que j'ai mon diagnostic, on va juste évoquer trois pistes à mettre en place le plus vite possible. La première piste, c'est s'autoriser tout simplement les émotions, les deux émotions, c'est-à-dire la colère et la gratitude. La gratitude d'avoir mis un mot dessus, la gratitude de se rendre compte qu'on a du potentiel, Et la colère, être furieuse pour toutes ces années en errance médicale, sans avoir eu un diagnostic, en mettant tout ça sous le compte du mauvais caractère, d'être bordélique, d'être paresseuse. Donc il faut s'autoriser ces deux émotions, elles peuvent cohabiter, et c'est ça faire le deuil finalement. Donc s'autoriser à ressentir tout ça et ne pas bloquer ses émotions. Vraiment aller au fond des choses et creuser, même si ça fait mal. La deuxième piste, c'est d'écrire. C'est prendre un carnet, de commencer avec tout ce qui est gratitude. Commencer doucement. Écrire la colère qu'on a, ce qu'on a au fond de nous. Et puis, réécrire un petit peu son histoire. Trouver le bon titre. Ne pas s'accuser. Ne pas dire, ah ben juste, voilà, c'était le TDAH. Il faut avoir une espèce d'honnêteté avec nous-mêmes. Certaines choses... ne sont pas à mettre sur le dos du profil TDAH. Ça peut être le caractère, ça peut être l'environnement, ça peut être des erreurs, ça peut être énormément de choses. C'est quelque chose qui se travaille en thérapie aussi, en accompagnement. Mais vous pouvez déjà faire ce premier pas, de faire le point un petit peu sur votre vie. Et comme je vous dis, être accompagné, c'est toujours beaucoup plus facile que de le faire seul, pour être guidé, pour pouvoir passer toutes ces épreuves sereinement. Et donc il y a beaucoup de femmes qui disent que seulement avec ce geste simple, ce journaling, ça permet un petit peu de poser et de réparer. Et d'avoir déjà des premières pistes et parfois juste en écrivant, il y a quand même des choses qui ressortent. Ce n'est pas un exercice facile, mais voilà. Vous avez d'ailleurs sur la page d'accueil de TDAH Focus, vous avez un e-book gratuit, plutôt un PDF gratuit que j'ai mis dans l'intro, qui s'appelle « Mon histoire » . où là vous avez une série de questions qui vous permet un petit peu de vous guider par rapport à ce parcours-là. J'essaierai de le remettre ici en commentaire. Sinon vous allez dans la page d'accueil de TDAH Focus, c'est tout au-dessus. Vous cliquez dessus, vous téléchargez. Et là vous répondez à une espèce de série de questions qui vous permet un petit peu de retourner en arrière, de faire le point. Et ça permet, c'est un exercice difficile qui fait remonter certaines émotions, mais qui a l'avantage... d'être structurée et de pouvoir creuser et de faire appel à quelqu'un pour vous aider au besoin. Et la troisième chose, c'est de vous dire que vous n'êtes pas seul. On est beaucoup à vivre ça. Différentes femmes de différents profils, différents âges, différentes cultures, différentes communautés. Et que finalement, on converge tous vers ce sentiment de deuil, de tristesse, de colère, d'excitation aussi pour le futur. Et on a plein de questions. on les partage, on en parle, on dépose. C'est pour ça que j'ai créé la communauté Le Cocon, le TDAH Focus au féminin, toujours sur le site TDAH Focus où vous avez la partie Le Cocon, où vous avez une communauté active, vous avez des groupes WhatsApp, vous avez des groupes Facebook, vous avez des outils, vous avez des articles, vous avez toute une communauté qui permet d'être entre personnes qui finalement ne se jugent pas, qui s'entraident. qui vivent la même chose. Et ça, c'est déjà beaucoup de savoir qu'on n'est pas seul, qu'on n'est pas une exception. Et juste entendre moi aussi, je, finalement, ça vaut de l'or. Il y a le sentiment de honte qui s'évapore. On se comprend, on s'entraide, on se tire vers le haut. Et ça, c'est vraiment la vocation du cocon. Et j'espère que ça aidera un maximum d'entre vous. N'hésitez pas à vous abonner, n'hésitez pas à partager et à nous laisser vos commentaires. J'essaierai de mettre toutes les informations en commentaire ici en dessous. Donc n'oubliez pas, avant le prochain épisode qui complétera celui-ci, c'est qu'un diagnostic tardif, ce n'est pas une étiquette à la mode, mais c'est plutôt un titre d'un livre qu'on aurait, notre propre livre, notre propre histoire, qu'on doit parfois réécrire et voir avec un autre prisme, d'autres lunettes. Faire un deuil, sentir un deuil, c'est tout à fait légitime. Il faut laisser s'exprimer vos émotions, en parler, se pencher dessus. Ça, c'est déjà le premier travail avant d'entamer la suite de votre chemin. Donc, je vous dis au prochain épisode. Merci de m'avoir consacré du temps. Merci pour vos retours. J'espère que cet épisode vous a aidé. N'oubliez pas de vous abonner pour recevoir les nouvelles notifications des nouveaux épisodes. Et je vous dis à très bientôt.